Comptes publics : la défense de Bruno le Maire et de Gabriel Attal - reportage #cdanslair 08.11.2024
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Hier, c'était B.Le Maire qui était entendu. Son axe de défense: "Ce n'est pas ma faute." - B.Le Maire: Je ne suis plus en fonction, je ne suis plus parlementaire, je suis libre. - C'est avec ces mots que B.Le Maire a débuté son audition hier au Sénat.
Face à lui, la commission des finances et le rapporteur général du budget, tenace et incisif. - Ce n'est plus une tempête exceptionnelle, c'est plutôt un ouragan de longue durée. - Il y a quand même eu un dérapage. - Le gouvernement a péché par optimisme.
Il y a eu comme un phénomène d'aveuglement. Vous avez dit: "Le désendettement de la France a été mon obsession pendant 7 ans." Heureusement que vous le dites parce que les faits vous contredisent lourdement. - L'ancien ministre de l'Economie, accusé d'avoir laissé filer le déficit, a commencé par se dédouaner. - B.Le Maire: Il n'y a eu ni faute, ni dissimulation, ni volonté de tromperie.
L'ouragan dont vous parlez est lié à 80 % à une erreur d'évaluation des recettes sur laquelle le ministre ne se prononce pas. - Il a ensuite rejeté la faute sur le nouveau gouvernement. - B.Le Maire: Si toutes les mesures que nous avons préparées avec T.Cazenave en juin et juillet avaient été mises en oeuvre par le nouveau gouvernement, elles auraient permis de contenir le déficit pour 2024 à 5,5 %, sans augmentation d'impôts. - L'ancienne administration reconnaît une surestimation des rentrées fiscales comme la TVA pour expliquer un déficit inattendu qui atteindrait 6,2 % cette année.
Ce matin, c'était à G.Attal de passer sur le gril de la commission sénatoriale pour un face-à-face tendu. - Déjà, le budget n'est pas tenu.
Le sujet n'est pas de rentrer dans le détail... - G.Attal: Je pensais que c'était l'objet de cette commission. - Vous êtes dans une situation de déni... - G.Attal: Pas du tout.
On a eu une chute brutale des recettes. - Le dérapage des comptes publics ne cesse de s'aggraver. En juin, le Sénat lançait déjà une 1re alerte dans un rapport de 238 pages.
Un déficit à un niveau inédit hors période de crise et un gouvernement accusé de déni de réalité, voire de déni de démocratie. Un gouvernement qui, une année plus tôt, vantait encore sa trajectoire budgétaire. - B.Le Maire: Nous voulons ramener le déficit public à 2,7 % en 2027.
Nous accélérerons le désendettement de la France. - L'opposition, elle, règle ses comptes. - J.-P.Tanguy: B.Le Maire a quitté la scène, mais la tragédie budgétaire entre dans son acte final. - E.Coquerel: Il est essentiel que la France garde sa crédibilité sur l'annonce de ses prévisions économiques et budgétaires.
Sinon, je ne vois plus très bien qui pourrait avoir confiance dans notre pays. - L'ancien gouvernement s'est aussi mis à dos les élus locaux, accusés d'avoir creusé le déficit. Ils étaient des dizaines hier, de toutes les couleurs politiques, à manifester devant la préfecture de Haute-Garonne. - C'est pour dire notre colère, ce sentiment d'injustice que nous avons.
Nous avons été pointés comme responsables d'une situation dans laquelle nous ne sommes finalement pas pour grand-chose, voire pour rien. Les maires ne l'acceptent pas. - Le dossier est loin d'être clos pour B.Le Maire, qui sera auditionné à l'Assemblée nationale par une commission d'enquête parlementaire dans les prochaines semaines. - M.Lauqué: "Si c'était à refaire, je ferais la même chose", a dit B.Le Maire. - B.Boucher: Les sénateurs ont l'habitude de poser des questions directes et d'obtenir des réponses.
B.Le Maire est passé à la casserole avec un rapporteur général du budget des Républicains, son ancienne famille politique. Ils appartiennent aujourd'hui au même socle commun.
C'est assez amusant de voir qu'il est très challengé par l'institution. Ce qu'on lui reproche, c'est aussi que la représentation nationale a été tenue à l'écart de tout ça. Le gouvernement, l'administration...
Ils ont eu des notes en septembre, en décembre, mais ils ont gardé tout ça pour eux et après, ils ont fait des annonces à partir de février, où il y a eu des crédits de 10 milliards, la taxe sur l'électricité qui a été supprimée...
Les Français n'ont pas été officiellement tenus à l'écart. - M.Lauqué: C'est de la dissimulation? - B.Boucher: Ca ne veut pas forcément dire qu'il fallait agir à ce moment-là. - M.Lauqué: Il fallait communiquer? - B.Boucher: Est-ce qu'il fallait agir plus tôt?
Tout est à l'appréciation du ministre de l'Economie. - M.Lauqué: Il y a eu dissimulation? - F.Guinochet: Je ne pense pas.
B.Le Maire, sa défense, c'est de dire: "J'ai des notes de l'administration sur le fait que les recettes sont moins importantes, qu'il y a moins d'argent qui rentre dans les caisses." "On est en début d'année 2023, je suis allé voir Matignon et l'Elysée..." Il a demandé d'emblée à rectifier pour faire en sorte qu'à la fin de l'année, on n'ait pas 6 % de déficit.
Il dit qu'il a fait des propositions et qu'on lui a dit...
L'arbitrage politique... - F.Guinochet: Pourquoi Matignon et l'Elysée n'ont pas ouvert le débat au printemps?
On est quelques mois avant les élections européennes qui s'annoncent assez difficiles pour le socle et la majorité de l'époque. A ce moment-là, le choix est fait de ne pas alerter ou de pas mettre ça sur le tapis. Ca aurait voulu dire demander des efforts aux Français, aux retraités, aux ménages, des gens qui allaient voter quelques semaines après.
Est-ce que c'est un manque de transparence? C'est 2 logiques différentes qui se heurtent. On peut regretter, dans l'audition de B.Le Maire...
Il dit qu'il a transmis ces données à Matignon et à l'Elysée et qu'il ne les a pas transmises au Parlement. Ca pose la question du Parlement. P.Moscovici, ancien ministre des Affaires économiques et du Budget, est aujourd'hui à la Cour des comptes.
Il dit: "Peut-être qu'il faudrait une autorité indépendante pour le budget." Je ne sais pas ce qu'il faut, mais on voit bien...
Certains parlent de dissimulation, d'autres de manque de transparence. Lui dit qu'il a fait tout ce qu'il fallait et que son arbitrage n'a pas été retenu. On n'en a pas fini avec ce sujet. - M.Lauqué: Question. - E.Duteil: Il n'a pas dissimulé sciemment des informations. - B.Boucher: Pendant 6 mois, l'Assemblée nationale va enquêter et va aller chercher des documents.
On sait qu'il y a ces documents.
Bruno Le Maire