L'invité de Bourdin Direct : Éric Ciotti - 03/12
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 0:33OuverteRéponse directe
Il incarnait une France tournée vers le progrès, la modernité ?
- 1:08RelanceRéponse directe
Il a doublé le chômage en 7 ans, vous le reconnaissez ?
- 1:30RelanceRéponse directe
Couple infernal avec Jacques Chirac, c'est le tombeur du gaullisme ?
- 2:19OuverteRéponse directe
Libéral très pro-européen, c'est bien ça ?
- 3:59FerméeRéponse partielle
Vous pensez qu'il ne fallait pas imposer la vaccination ?
- 5:14OuverteRéponse directe
100 millions de doses précommandées par la France. Est-ce que vous sentez que la France est prête ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:28Invité politiqueFait
« Sa défaite en 1981 a marqué pour la France un tournant vers le déclin. »
- 1:08Invité politiqueChiffre
« Il a doublé le chômage en 7 ans. »
- 1:30Invité politiqueFait
« Valéry Giscard d'Estaing s'est toujours battu, il a toujours marqué son opposition au gaullisme. »
- 2:19Invité politiqueFait
« Libéral très pro-européen. »
- 2:24Invité politiqueFait
« Il voulait même présider l'Europe. »
- 4:39PrésentateurFait
« Certains propos ou certaines attitudes anti-vaccins venant de certains politiques, et encore pire de scientifiques, sont criminels. »
- 5:11Invité politiqueChiffre
« 100 millions de doses précommandées par la France. »
- 8:25PrésentateurChiffre
« Nos stocks stratégiques ont été divisés par deux. »
- 11:55PrésentateurChiffre
« Quatrième pays qui a le bilan le plus lourd en Europe. »
- 12:19Invité politiqueFait
« Mais vous contestez cette mesure, mais par exemple l'Autriche met en quarantaine 10 jours toutes les personnes venant d'une zone à risque. »
- 14:06PrésentateurFait
« Je ne fais pas partie de ceux qui prônent l'ouverture systématique de tout. »
- 16:55PrésentateurChiffre
« Les policiers, aujourd'hui, subissent chaque jour des agressions de plus en plus nombreuses. »
- 17:21Invité politiqueFait
« Interdire la diffusion de l'image des policiers, gendarmes, policiers municipaux, agents des douanes, sous peine d'une condamnation à 15 000 euros d'amende et à un an de prison. »
- 19:58PrésentateurFait
« Face à la paupérisation de la police, il adressait un très bon constat lundi, mais c'était terrifiant pour ses prédécesseurs. »
Temps de parole
- Présentateur78 %
- Éric Ciotti22 %
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Vous écoutez RMC. RMC Bourdin Direct, Jean-Jacques Bourdin.
Éric Ciotti, bonjour. Bonjour, député Les Républicains des Alpes-Maritimes. Le décès de Valéry Giscard d'Essin, il avait 94 ans. Il est décédé dans sa propriété d'Otton, dans le Loir-et-Cher. Vous avez écrit une immense intelligence à propos de lui. Un héros de la liberté et de la lutte contre le communisme. Sa défaite en 1981 a marqué pour la France un tournant vers le déclin.
Oui, il incarnait, je crois, une France tournée vers le progrès, vers la modernité. Il a incarné, je crois, une forme de modernité, modernité sociétale. L'IVG, le vote à 18 ans, c'était le divorce par consentement mutuel.
Un secrétariat d'État à la condition féminine.
Bien sûr, donc il a eu ce temps d'avance, ou cette volonté de donner à la France une ouverture. Le TGV, c'est aussi cette France du progrès qu'il incarnait.
Oui, en tournant vers le déclin, mais enfin, il a doublé le chômage en 7 ans.
Il a été aussi le président qui a subi la crise, puisque le choc pétrolier, 73-74, il y a fait face avec Raymond Barr, et je crois que si on compare la dette de son époque à aujourd'hui, il y a eu une légère dégradation, on va dire, pour être dans la modération.
Vous êtes gaulliste, couple infernal avec Jacques Chirac, finalement c'est le tombeur du gaullisme. Valéry Giscard d'Estaing s'est toujours battu, il a toujours marqué son opposition au gaullisme. Toujours, 1974 !
Il a été ministre du général de Gaulle, il avouait lui-même que la personnalité qu'il vénérait le plus, c'était le général de Gaulle. Dans ses couples, il y a peut-être toujours un peu des incompréhensions, mais il a été ministre des Finances, là aussi dans la grande période gaullienne, et après c'est vrai qu'il y a eu ces différences. Avec le RPR... Moi je viens du RPR, j'ai été chérachien, donc on a eu des relations... Difficiles ! C'est une période que personnellement je n'ai pas connue en tant qu'élu, je l'ai connue en tant que militant RPR, jeune militant RPR, et c'est vrai que... Vous battiez contre lui ! Il y avait des convictions, il y avait de l'énergie.
Oui, oui, oui. Libéral très pro-européen. Très pro-européen. Il voulait même présider l'Europe. Révons d'Europe, disait-il.
Et il a porté aussi cette réforme, cette idée de constitution européenne, avec un point très important, que j'ai repris plus tard modestement, sous une forme de proposition de loi constitutionnelle pour la France, d'inscrire les racines chrétiennes dans la constitution européenne. Ce n'est pas neutre, parce que ça rappelle d'où nous venons, qui nous sommes, et peut-être où nous ne voulons pas aller. Et ça, c'est un point, malheureusement, il a échoué sur cette réforme, mais ça aurait été une avancée considérable. Et il a eu cette conviction et cette intuition. Et puis, un président incompris, un peu oublié des Français. Il a été élu en 1974 de justesse. Oui.
Et il a été battu aussi de justesse, en 1981. Donc, voilà, c'est une France... Une parenthèse, quoi. Non, je ne crois pas que ce soit une parenthèse. Je suis un peu dur, je suis un peu dur. Les deux fois, ça s'est joué à peu. Donc, il y avait une France divisée quasiment à part égale. Il y avait une aspiration aussi à l'alternance, au changement, qu'a incarné François Mitterrand en 1981. Mais je crois que cette modernisation du pays, ce qu'il a incarné, restera.
Il a permis l'alternance. Pardon, je suis un peu... Non ? Ben oui. Où il a subi. Où il a subi, bon. De son point de vue. Il est décédé du Covid-19. Alors, le Covid-19, on va parler de la vaccination. Stratégie du gouvernement sur les vaccins présentée aujourd'hui par Jean Castex. Vaccination non obligatoire. Vous pensez qu'il ne fallait pas imposer la vaccination ?
Écoutez, moi, je pense que la vaccination constitue une formidable espérance. Je considère qu'on sortira définitivement de cette crise grâce au succès des vaccins. Et il faudra que les Français aillent massivement se faire vacciner.
Oui, vous ne comprenez pas toutes celles et ceux jusqu'à des professeurs de médecine qui ne recommandent pas la vaccination et même s'insurgent contre les vaccins.
Non seulement je ne les comprends pas, mais je dis même que certains propos ou certaines attitudes anti-vaccins venant de certains politiques, et encore pire de scientifiques, sont criminels. Parce que le vaccin a sauvé des millions de vies dans le monde. Tous les vaccins, on est le pays de pasteurs. Et quand je vois quelquefois ce scepticisme que la France est le pays qui a le plus de doutes ou d'inquiétudes sur le vaccin, ça me choque parce que la solution, elle l'est dans le vaccin. Alors qu'il convienne de prendre toutes les précautions sanitaires naturellement, bien évidemment. mais avoir ces messages complotistes contre les vaccins, je le redis, pour moi c'est criminel.
Pour vous c'est criminel. 100 millions de doses précommandées par la France. Est-ce que vous sentez que la France est prête ? Que le gouvernement est prêt ? On attend ce que va déclarer le Premier ministre. Je l'espère.
J'ai posé la question à Jean Castex. C'était la dernière audition de la commission d'enquête dont j'ai été le rapporteur à l'Assemblée nationale. Il ne m'a pas répondu. J'en ai demandé. Bon, c'est assez normal. Il prépare son plan. Vous savez, sur cette crise, la première vague, on a un peu le sentiment qu'elle se résume à l'échec des masques, que la seconde se résume peut-être à un échec plus relatif, mais en tout cas des tests, avec la durée pour obtenir les résultats. Il faut que, pour éviter la troisième vague, parce que s'il y a troisième vague, ça sera l'échec du vaccin. Trop tardif. Donc il faut que...
S'il y a troisième vague, c'est l'échec d'Emmanuel Macron.
Ça sera l'échec, en tout cas, du vaccin. Mais il ne faut pas connaître cet échec. Moi, je souhaite la réussite. Aujourd'hui, cette crise est terrifiante. Elle a emporté 54 000 de nos concitoyens, un million et demi de morts dans le monde. On est loin de la grippette, dont parlaient certains. Et on le voit, on a tous des amis, des proches qui sont partis.
Voilà, la grippette, c'était le professeur Raoul que vous avez soutenu un temps. Pardon, Éric Ciotti. Non, non, moi, je n'ai soutenu personne. Oui, enfin, vos amis aussi.
Pas vous, directement, mais vos amis de l'époque. Peut-être, mais moi, je ne suis jamais rentré. Vous ne trouverez de ma part aucune déclaration sur cette controverse scientifique. Qui avait beaucoup de mal, d'ailleurs. J'ai écrit dans mon rapport qu'elle était déplacée. D'ailleurs, c'est un sujet qu'on n'a pas traité dans ce rapport, parce qu'on n'avait pas de compétences pour le faire. Et moi, c'est vrai que là aussi, j'ai été choqué de voir des médecins s'écharper, se déchirer. Ça a altéré la crédibilité de la parole scientifique. Déjà qu'il y a un doute sur la parole publique, les Français croyaient en leur médecin.
Là, on a vu des débats qui, je pense, n'avaient pas lieu d'être, en tout cas dans leur virulence. Qu'il y ait des débats scientifiques, ils doivent être traités, tranchés. Un politique, il n'a pas la capacité de savoir quel est le traitement et le bon. Il n'y a pas de médecins ou de médicaments de gauche ou de droite. J'ai vu à un moment qu'il y avait ces débats, je les ai trouvés très réducteurs pour ma part. Et personnellement, je n'y suis pas rentré.
Vous êtes rapporteur de cette commission d'enquête parlementaire sur la gestion de la crise sanitaire, et notamment sur la première crise sanitaire, celle du printemps dernier. 130 heures d'audition, plus de 50 personnes auditionnées, 6 mois de travail. Rapport sur la gestion de l'épidémie, notamment la première vague. Alors, vous dites, pilotage défaillant de la crise sanitaire par le gouvernement, manque de préparation, multiples retards, les masques, ensuite les tests. La deuxième vague a été mal anticipée. Des fautes ou seulement des défaillances ?
Il y a, d'abord, c'est un constat sur l'état des lieux, mais il ne concerne pas que ce gouvernement. Quand je parle d'un manque d'anticipation face à une crise majeure, qu'elle soit sanitaire ou autre, ça pourrait être une catastrophe naturelle. On a établi très clairement qu'on a baissé la garde depuis 10 ans. Depuis une dizaine d'années, on s'est mal préparé. Nos stocks stratégiques ont été divisés par deux. Par exemple, les antiviraux, les antibiotiques qui sont stockés par l'état en cas de catastrophe, ça a été divisé de façon très dangereuse. On a vu le défaut de masques. Un milliard et demi de masques, en gros, en 2012, 97 millions, à peine au début de la crise.
Pourtant, il y a eu des alertes. Il y en a eu en 2018. Il y en a eu avant. Donc, on a, quelque part, il y a des raisons. Il y avait la menace terroriste. Peut-être qu'on allait reprocher en 2012 à Nicolas Sarkozy d'avoir trop fait. Donc, après, ses prédécesseurs ont pensé qu'il fallait un peu moins.
Est-ce qu'il y a des fautes ?
Est-ce que des responsables politiques ont voté ? Moi, j'ai toujours dit que le rôle de cette commission d'enquête n'était pas de faire un procès qui soit judiciaire ou un procès populaire. D'ailleurs, à quoi sert-elle ? Elle sert à faire des propositions aussi. À ce que ça ne se reproduise pas. Moi, j'ai tenu. Ce n'est pas forcément le rôle d'une commission. La commission d'enquête, c'est justement de faire la lumière sur ce qui s'est passé. On a établi des failles. Pas à nous, à dire s'il y a eu des fautes. D'autres autorités en sont saisies. Elles feront leur travail. Moi, ce que j'ai voulu, c'est qu'on formule aussi des propositions. Et j'ai formulé une trentaine de propositions.
Et notamment, une qui me paraît essentielle, qui doit remettre du temps long dans la politique. Parce que ce qu'on vit, on le vit sur cette crise. Mais on le vit sur d'autres, sur la sécurité. On réagit aujourd'hui de plus en plus dans l'émotion. On réagit après que les événements interviennent. Donc, il se passe un drame. Il y a de l'émotion dans le pays. On fait un peu de communication. Souvent beaucoup d'agitation. Et puis après, il y a de la banalisation. Là, il faut avoir une vision stratégique.
C'est pour ça que j'ai proposé ce ministère de l'anticipation des crises, de la préparation du pays, qui dispose d'une administration, notamment du secrétariat général de la défense nationale, qui permette de gérer les stocks stratégiques, de relocaliser aussi. Parce qu'une des leçons terrifiantes de cette crise, c'est qu'on pensait que la France était le meilleur pays au monde en matière sanitaire. C'est la dépendance à l'étranger. On s'est vu que sur un produit aussi simple qu'un masque, on était incapable de le produire en France. Donc, il faut relocaliser tout ce qui relève d'un intérêt vital pour le pays. Et je définis une liste d'équipements et de produits d'intérêt vitaux.
Je dis qu'il faut au moins que ces produits à 50% soient produits en France. Donc ça, il faut engager ce travail. Il ne faut pas le faire après une crise. Ça se prépare 5-10 ans avant. Donc, il faut le faire.
Que pensez-vous des décisions concernant les stations de sport d'hiver ? Les remontées mécaniques fermées. Vous êtes dans les Alpes-Maritimes. Vous êtes concerné. Votre département est concerné. Qu'en pensez-vous ? Est-ce qu'il est logique de fermer les remontées mécaniques des stations de sport d'hiver pour Noël ?
J'ai l'impression qu'on est dans une mauvaise édition des bronzés fondusquilles. Quand je vois le Premier ministre qui souhaite qu'il y ait un contrôle à la frontière uniquement pour les skieurs. Et quand on regarde, c'est d'ailleurs un point que j'ai soulevé dans mon rapport, que la France a été sur le contrôle aux frontières totalement laxiste depuis le début de la crise du Covid. C'est d'ailleurs un des éléments qui peut-être ont fait que notre pays est un des plus touchés par cette crise.
Parce qu'il est moins aujourd'hui.
Quatrième pays qui a le bilan le plus lourd en Europe. On est 170 morts pour 1 million d'habitants en Allemagne, 700 en France. Donc ça veut dire que par rapport à l'Allemagne, qui est le bon élève, c'est souvent le cas, de la classe européenne...
Même si l'Allemagne aujourd'hui connaît plus de morts que nous.
Oui, mais elle est à 16 000, on est à 17 000, 54 000, donc à 3 000...
Mais vous contestez cette mesure, mais par exemple l'Autriche met en quarantaine, 10 jours, toutes les personnes venant d'une zone à risque. Mais il faut que ça s'applique à tout le monde.
Pourquoi on n'a pas fait ça ? Notamment, on a laissé, vous savez, au début de la crise, on l'a dit aussi, les vols depuis la Chine arrivaient sans quasiment aucun contrôle en France. Moi, je suis élu d'un département frontalier, les Alpes-Maritimes. C'est en Italie qu'est arrivée la première vague très très forte. On s'est battu, je me suis battu pour avoir un contrôle, au moins aux frontières, ou à l'aéroport de Nice pour dire qu'il faut prendre la température. Il n'y a eu aucune mesure pendant des mois. Et là, on va contrôler les pauvres skieurs français qui iraient en Suisse. Il n'y en aura pas des millions. Il faut être raisonnable.
Attendez, certains responsables de stations françaises trouvent que c'est une bonne mesure. J'ai vu le patron de je ne sais plus quelle station, La Plagne, je crois, qui dit que c'est bien. Ça va dissuader les Français d'aller skier. Oui, mais en même temps, le patron de La Plagne, j'imagine, qui demande la réouverture de La Plagne. Oui, évidemment, mais Eric Ciotti, est-ce que ce n'est pas un débat de privilégiés ?
Non, je vous dis ça parce que le ski, ce n'est pas un débat de privilégiés. Vous savez, derrière, d'abord, il y a des Français qui aspirent à aller au ski. Oui, c'est normal. Il y en a des millions. Mais on peut aller au sport d'hiver sans faire de ski. Après une période qui est difficile, qui est dure, il peut y avoir des gestes de protection. Sur un télésiège, il peut y avoir un siège sur deux qui fonctionne. Il peut y avoir qu'un skieur ou deux sur un télésiège. Oui, mais tout ça, ça s'adapte. À partir du moment où certains établissements, où il y a un risque, j'en conviens. Vous savez, moi, je ne fais pas partie de ceux qui prônent l'ouverture systématique de tout.
Moi, je considère que la crise est très grave, qu'il faut sauver des vies et que l'urgence sanitaire, elle prime. Mais là, pour la montagne, à l'extérieur, je le dis très clairement. Voilà, moi, je soutiens la démarche qu'a engagée Laurent Wauquiez, par exemple. Dans notre département, en plus, nous, on a une forme de double peine dans les Alpes-Maritimes. Et on avait demandé un peu une spécificité. Il y a très peu de cas dans les Alpes-Maritimes. Nos vallées ont été terriblement touchées par les intempéries. Et là, alors qu'on avait besoin un peu de ce redémarrage, de recruter des gens, des jeunes de nos vallées qui sont touchés. Certains ont perdu leur emploi, leur entreprise.
On ne peut pas ouvrir, alors qu'il n'y a aucun cas. Et personne ne comprend. On voit, il y a des queues aujourd'hui dans les centres commerciaux. Hier, quelqu'un m'a envoyé une photo d'un centre commercial des Alpes-Maritimes, où il y avait 500 personnes dans une queue. Et on va dire, on ne va pas ouvrir nos stations. C'est un peu incohérent. Ce qu'il faut, c'est de la cohérence et de la justice dans ces mesures. C'est ce que ne comprennent pas les Français. Français, ils sont prêts à des efforts, parce qu'ils font primer la sécurité, mais ils veulent de la cohérence.
Éric Ciotti teste de masse avant les fêtes dans trois métropoles. C'est ce qu'a dit hier Jean Castex, ici même. Est-ce qu'il faut isoler, évidemment, les personnes affectées ? Est-ce qu'il faut prévoir des sanctions pour ceux qui sortiraient ?
Personnellement, j'y suis totalement opposé. Je crois qu'il faut, en effet, d'abord tester. D'autres pays d'Europe ont imposé des sanctions. Il faut tester, très clairement, et avec des délais de retour qui soient rapides. C'est pour ça que la deuxième vague part, parce qu'on teste massivement, peut-être trop massivement au départ, puisqu'il n'y a plus d'ordonnances, donc on teste tout le monde. Certains se font tester des dizaines de fois. Ça embolise les laboratoires, et il faut une semaine pour avoir les tests, donc la contagion se propage.
Donc, pas de sanctions ? Non, j'y suis opposé. Éric Ciotti, parlons sécurité. Pour terminer, la loi sécurité globale que vous avez votée sera réécrite par le Sénat. Le Premier ministre l'a dit hier, et puis ensuite sera reprise lorsqu'elle reviendra à l'Assemblée nationale. Dites-moi, est-ce que les sénateurs républicains adopteront le texte en l'État ?
Sûrement pas, sûrement pas.
Ils vont le réécrire ? Vous l'avez voté ?
Ils ont une grande liberté. Il est bien ce texte pour vous, puisque vous l'avez voté ? D'abord, ce texte n'est en rien à la hauteur des défis sécuritaires de notre pays. La violence n'a jamais été aussi élevée en France. On voit bien les tensions qu'il y a dans notre société. Les policiers, aujourd'hui, subissent chaque jour des agressions de plus en plus nombreuses. Les défis à l'autorité se posent. C'est un texte avec quelques mesurettes. Oui, mais d'accord, mais parlons de l'article 24. Vous le trouviez bien ? Vous aviez quelque chose à redire à cet article ? Oui, moi, je l'avais dit chez vous, d'ailleurs. C'était au mois de juin. Et le lendemain, vous aviez M.
Castaner qui s'y était opposé. Moi, j'ai été le premier à ouvrir ce débat. Proposition de loi. Proposition de loi.
Je rappelle qu'elle était cette proposition de loi, pour que tout soit clair. Interdire la diffusion de l'image des policiers, gendarmes, policiers municipaux, agents des douanes, sous peine d'une condamnation à 15 000 euros d'amende et à un an de prison.
Alors, vous avez oublié un mot, c'est diffusion de l'image identifiable. Identifiant, oui. Moi, ce que je souhaite, oui, mais tout est là. Oui, mais je voulais... C'est exactement l'article 24. Non, parce que moi, je voulais aller même... Je voulais qu'on floute. Je voulais qu'on floute. C'était assez simple. C'est ce qu'a dit Darmanin, à un moment donné. Oui, c'est vrai. Et ça ne met jamais en cause la liberté de la presse. Jamais personne... Tout le monde peut filmer, journaliste ou pas. Tout le monde peut diffuser, journaliste ou pas. Simplement, quand il y a une image identifiable, quand un CRS est casqué, masqué, on ne voit pas qui c'est.
Mais quand il y a un policier en intervention, en interpellation, qu'on reconnaît, exposer son image, c'est l'exposer lui-même. C'est le mettre en danger. Mais c'est ce que dit Gérald Darmanin, ce qui a été contesté. Je ne comprends pas. Je ne comprends pas. Vous ne comprenez pas ce débat. D'abord, il y a derrière une forte pression de l'extrême gauche, qui a des seins que l'on connaît. C'est déstabiliser la société, c'est attaquer les policiers, c'est en faire des cibles, déstabiliser tous les pouvoirs, pour qu'eux-mêmes prennent le pouvoir, ce qui serait terrifiant.
Et puis après, il y a une émotion légitime, mais peut-être sur une forme d'incompréhension, parce qu'on a pris le vecteur de la loi sur la presse, et les journalistes légitimement disent, attention, la liberté de la presse est en danger. Donc c'est là où il y a eu cette incompréhension.
Donc le Sénat va réécrire le texte, si j'ai bien compris, en s'inspirant de ce que vous aviez proposé.
Il y a aussi une idée que j'ai entendue, que le gouvernement, l'exécutif, la majorité, pourrait le faire dans le texte séparatisme, qui viendra sans doute avant, et qui contient aussi des dispositions pour éviter la propagation de la haine sur Internet. Je veux joindre les deux ? Écoutez, moi, ma conviction, c'est que le gouvernement va enterrer ce débat. Ah bon ? La commission... Mais le Sénat ! La commission, vous savez ce que disait Clémenceau, quand il y a un problème, on crée une commission pour l'enterrer. Oui, la commission, là... Moi, j'ai le sentiment, on peut faire le pari, mais c'est pas... Mais si vous voulez... L'enjeu est...
L'enjeu, j'allais dire, il est modeste, mais il est important pour les forces de l'ordre, mais je suis certain que là-dessus, le gouvernement va reculer, parce que je le disais tout à l'heure, on est souvent dans l'émotion. Et ce qu'il faudrait, je le dis au ministre de l'Intérieur, je lui ai dit en commission lundi, c'est que face à la gravité de la situation, face à la paupérisation de la police, il adressait un très bon constat lundi, mais c'était terrifiant pour ses prédécesseurs. M. Castaner, il a dû voir ses cheveux se hérisser. C'était une charge totale. M. Macron, qui est président de la République depuis trois ans et demi, c'était un bilan très lourd qu'adressait Gérald Darmanin.
Ce qu'il faut, c'est une grande loi d'orientation, de programmation. Et ce que nous a dit Gérald Darmanin, personne ne l'a relevé lundi, c'est qu'elle n'aura pas lieu dans ce quinquennat. Il a dit que c'est le futur président de la République, il a rajouté qu'il souhaitait que ce soit Emmanuel Macron, qui devrait appliquer cette loi de programmation. Il faut arrêter avec les déclarations, les fausses polémiques, parce que ça fait aussi du mal aux policiers. Les policiers, ils souffrent, ils doivent avoir le soutien de la population, parce qu'ils sont les remparts contre la tyrannie, la tyrannie politique ou la tyrannie de la violence.
Merci Éric Ciotti. 8h54, RMC et BFM TV.
Éric Ciotti