Contre-matinale #12 | Violences obstétricales : le grand tabou ?
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Salut à toutes et à tous, salut à vous les amis du matin qui prenez le risque de renverser votre café sur votre écran en nous écoutant ou en nous regardant. Il y a bien des raisons en effet de s'énerver et de taper du poing sur la table quitte à tout faire valser surtout en ce moment. Salut à vous aussi les amis d'ailleurs dans le monde, nos matins sont souvent vos après-midi ou vos soirées selon vos fuseaux horaires. Et salut à vous qui nous regardez à l'heure et au jour qui vous plaît parce qu'après tout vous êtes des têtes dures et vous faites bien.
Alors petite parenthèse, j'ai lu dans les commentaires et dans le chat que certains ont pris au premier degré disons la blagounette hyper nulle que j'ai faite sur la France qui se lève tôt. Mais vous allez bien comprendre assez vite que je suis le spécialiste des blagues qui ne sont pas drôles. Et bon, ce n'était pas drôle, en gros c'était pour faire un peu d'ironie sur l'auteur de cette séparation entre Français, c'est-à-dire Nicolas Sarkozy. Ce n'était nullement pour glorifier les vertus du réveil matinal. Tout le monde ici sait que ce n'est pas non plus mon truc.
On teste en ce moment, on voit que nos possessions matérielles n'ont pas augmenté, tu vois, on n'est pas plus riche de se lever très tôt. Non, voilà, la France qui se lève tôt, c'était une escrocrie en fait.
Nous sommes le mardi 12 octobre 2021, la contre-matinale du Média, épisode 12, c'est parti. Aujourd'hui, je suis sur le plateau avec notre camarade Gémille, éditorialiste au Média. Il a une chronique à vous proposer, mais chute, c'est une surprise, Mathilde.
Oui, je préfère, moi, dévulier mon propre sujet, vous êtes chus.
Il est comme ça, notre Gémille. Restez en ligne. Ne partez pas, appelez les copains, ça va chauffer. Mais avant de t'écouter, nous allons faire notre petite titrologie et joindre par visio Daniel Simonnet, une amie du Média, conseillère de Paris, affiliée France Insoumise, qui va nous parler d'un de ses combats, un combat important contre les violences gynécologiques et obstétricales. Mais avant, titrologie. La question de l'énergie nucléaire et de la nouvelle marotte d'Emmanuel Macron, c'est-à-dire les petits réacteurs, se retrouve à la une de deux de nos quotidiens nationaux, la Croix et les échos. Nucléaire, la France y croit encore, écrit la Croix.
Selon le quotidien catholique, Emmanuel Macron devrait dévoiler un soutien financier supplémentaire au programme de construction de petits réacteurs dans le cadre du plan France 2030. Nucléaire, le pari français des petits réacteurs met en une les échos. Les échos font un focus sur Technique Atom, une pépite technologique, nous dit-il, qui peut changer la donne. Technique Atom est contrôlée par l'Agence des participations financières de l'État et par Naval Group, l'entreprise qui a gagné le marché des sous-marins dans l'Australie n'a finalement pas voulu, alors peut-être on lui offre un petit lot de consolation.
L'humanité évoque aussi le plan France 2030 d'Emmanuel Macron, dont les détails seront présentés aujourd'hui. Macron privatise l'avenir, marque-t-elle le quotidien fondé par Jean Jaurès ? Pourquoi ? Parce que des milliards seront livrés au privé sans contrôle. Mais pourquoi je ne suis pas surpris, Emile ?
Tu vois, c'est un peu une blague quand même, le coup de nucléaire serait l'énergie de l'avenir. Alors c'est sûr que ça ne pollue pas d'immédiatement là où c'est produit, mais il n'y a rien de français dans le nucléaire, il ne vient pas sur des arbres faits en France. Moi ça m'étonne toujours que, c'est quand même marrant que la croix, titre qu'on y croit encore, ce n'est pas une question de croyance de croire ou pas en l'énergie nucléaire, c'est un risque, en tout cas moi je pense que c'est le cas, parce que je lis ce que les scientifiques nous disent et ce qu'on voit dans le monde.
Donc c'est absurde, il faudrait miser sur les énergies renouvelables, mais là aussi sans aveuglément, puisque là aussi en développant cette énergie, on est dépendant, en gros il faut au moins moins consommer, c'est peut-être la meilleure des solutions.
Alors tu es peut-être décroissant, les décroissants c'est un peu comme les woke en ce moment, ce n'est pas bien d'être décroissant, Emile. L'opinion, quotidien pro-business, fait sa une sur la pré-campagne électorale des Républicains, présidentielle, Bertrand prend son risque, écrit-il. Le patron de la région Hauts-de-France décide de participer au Congrès des Républicains alors qu'il semblait vouloir contourner l'appareil du parti et d'éventuelles primaires pour se lancer. Selon l'opinion, la bataille qu'il engage, donc Xavier Bertrand, est risquée. Le Monde évoque le Covid-19 et affirme que l'efficacité de la vaccination est confirmée.
Mais le quotidien du soir fait aussi un focus sur les Français fragilisés par la crise sanitaire. Les 4 millions de nouveaux vulnérables, comme ils les appellent, connaissent des précarités en matière d'emploi, de logement, de finances, de santé. De son côté, Libération tense l'Église catholique après la déclaration du président de la Conférence des évêques sur le secret de la confession qui serait au-dessus des lois de la République. Des déclarations faites suite à la publication du rapport Sauvé sur des décennies d'actes de pédocriminalité. Au-dessus des lois, l'Église s'y croit, écrit Libé. Ça, c'est pour les quotidiens nationaux. Parce que je vais parler de la presse indépendante après.
Mais quand même, peut-être un commentaire sur ce que tu viens de dire là. C'est incroyable qu'une personne de l'Église dise ça et que ça fasse très peu de remous. Imaginons juste que d'un autre culte pour d'en si ponti des personnes que diraient la même chose. Ce serait terrible. Tout le monde serait vent debout en train de crier à l'horreur. Avec raison quelque part. Puisqu'on a quand même une personne d'Église qui nous dit que les lois finalement de croyance et de sa religion passeraient au-dessus de la République. C'est terrifiant.
Moi, je pense qu'il y a surtout un problème de sensibilité. C'est-à-dire qu'effectivement, il a une foi, il dit ce qu'il croit. Mais c'est quand même dans un contexte où en fait, il y a eu ce rapport Sauvé qui a mis en lumière des dizaines, des centaines d'actes de pédocriminalité, des grandes souffrances. Il y avait des manières, disons, plus délicates de prendre en compte la souffrance des victimes avant de s'exprimer de cette manière. Mais bon, voilà, c'est fait. Et puis effectivement, il y a une réaction publique qui est plutôt faible par rapport, surtout dans le contexte de la loi séparatisme qui, manifestement, visait certains cultes. Alors, on parle donc de la presse indépendante.
J'ai voulu vraiment me rattraper sur l'étude de cette presse indépendante en ligne que j'ai trop peu évoqué hier. D'abord, cet article de Romaric Godin de Mediapart qui nous a accordé un entretien très intéressant que vous pouvez revoir sur Mediatv.fr ou sur notre chaîne YouTube. Alors, l'article de Romaric Godin dans Mediapart évoque le prix Nobel d'économie 2021 qui reconnaît les vertus du salaire minimum. Alors, s'il y a des guillemets autour du mot prix Nobel, c'est parce qu'il s'agit en réalité du prix de la Banque Centrale de Suède en mémoire d'Alfred Nobel. Ce n'est pas vraiment un prix Nobel.
Mais ce qui est important, c'est qu'il a été décerné cette année à trois chercheurs et que l'un d'entre eux, Daniel Card, a réussi à démontrer l'utilité du salaire minimum dans l'histoire de manière empirique, donc quasiment expérimentale, proche des sciences dures. Bien entendu, les économistes néolibéraux n'arrêtaient pas de dire que le salaire minimum était un frein au dynamisme du marché, du travail, de l'économie en général. Bon, c'était faux. On n'est pas surpris non plus. Un autre article très intéressant du site Rapport de Force dans l'esprit est de publier l'info pour les mouvements sociaux.
Rapport de Force produit une étude chiffrée qui tend à démontrer que les violences de l'extrême droite ont doublé cet été en France et je vous lis l'explication. Phénomène à peu près disparu depuis le début du mouvement des Gilets jaunes, les batailles de rues opposant extrême droite et antifascistes se sont multipliées cet été. Sur les 10 rixes que nous avons recensés, donc Rapport de Force a recensé en 2021, 8 ont eu lieu lors des manifestations anti-pass sanitaires. Une autre a eu lieu à Paris lors d'une manifestation contre la précarité étudiante en janvier opposant le groupuscule d'extrême droite, la cocarde à des militants antifascistes.
La seule rixe qui s'est déroulée hors d'une manifestation a été déclenchée le 28 juin par l'extrême droite lyonnaise dans un bar lors de l'Euro de football. Les militants s'opposaient cette fois-ci à des clients et l'origine raciste de l'affrontement est fortement soupçonnée. J'ai mis le fond de l'air hébrun et c'est préoccupant. Alors toi, tu as fait les manifs antifascistes sanitaires. Comment tu expliques ces affrontements-là, à ce moment-là ? Ces affrontements ne résument pas ces manifs.
Non, c'est sûr. Loin de là. La seule que j'ai pu voir de mes propres yeux, c'était à Nantes, 31 juillet dernier, où moi-même, j'ai été blessé non pas par rue mais par la police. À ce moment-là, c'est une autre histoire. Effectivement, l'expliquer, c'est difficile, hormis peut-être que de dire que c'est l'occasion qui se présente de ces personnes de se mobiliser, de taper sur leurs opposants politiques, enfin, ceux qui jugent être leurs opposants politiques. Donc voilà, il n'y a pas plus d'expectations que ça.
Peut-être à Lyon, c'est un peu différent, comme tu l'as dit à l'instant, où là, il y a une activité historiquement très présente qui fait qu'il n'y a pas besoin de manifs pour faire la fête, selon eux.
Faire la fête. Alors, je termine cette titrologie avec un article du mensuel CQFD, un compte rendu d'audience assez frappant. Il s'agit du procès en appel de l'employeur et du donneur d'ordre de deux cordistes décédés en 2012 d'un accident de travail dans un silo de sucre. Un procès difficile pour les familles et les proches des victimes. Un procès que CQFD présente comme chargé de violences sociales. Le patron et le donneur d'ordre, pour faire dépenser à leurs assureurs le moins d'argent possible, s'accusent mutuellement et accusent les morts, qui sont morts, on le rappelle, ensevelis sous des tonnes de sucre. Je lis un extrait de l'article.
Rescapé de l'accident, Frédéric Soulier est dans la salle. Il décrira comment il a vu mourir ses deux collègues, ses longues minutes d'horreur, de peur, de cris inentendus, le sentiment d'isolement au fond de ce piège. Il expliquera à son tour l'impossibilité de travailler en suspension. Il affirmera fermement à la cour qu'il n'était pas au courant que les trappes prévues pour permettre au sucre de s'écouler étaient ouvertes sous ses pieds. Avocat de carart service, donc l'entreprise, maître Bernheim, prétendra s'enciller, reprenant la fixette de son confrère. Comme dans tout accident de travail, les victimes ont oublié les consignes. Elles ont oublié de travailler sur corde tendue.
Puis, désignant Frédéric dans la salle, tout comme M. Soulier a oublié quand on l'avait informé que les trappes étaient ouvertes. « On retiendra le mot comme dans tous les accidents. » Enfin, l'expression, le bout de phrase, « comme dans tous les accidents de travail, les victimes ont oublié les consignes. » En gros, elles sont mortes et c'est bien de leur faute.
Terrible.
C'est terrible.
Mais peut-être, je ne sais plus le nom du compte Twitter qui recense ces personnes qui n'ont même pas oublié, mais c'est des personnes à lesquelles on ne pense pas, finalement, une personne pas connue qui meurt. Alors que se meurent des dizaines de personnes par semaine dans le milieu du bâtiment, dans le milieu du travail physique. Il y a un compte Twitter peut-être que dans le chat, Corrie pourra le mettre. Mais c'est très important de penser à ces personnes qui font la France, ces personnes, des travaux essentiels qu'on applaudissait pendant le confinement, le premier confinement, et qu'avant et puis maintenant, après, on oublie malheureusement.
Alors, il faut aussi noter la série de reportages faites par Filippo Ortona sur le Média, en tout cas coordonnées par Filippo, qui s'appelle Morts au travail. Je ne sais pas si on peut aussi mettre le lien vers la playlist de cette série de reportages qui essayent de mettre en lumière la question des morts au travail qui a du mal à s'imposer à l'agenda médiatique. Et même quand ces morts au travail concernent les sociétés dont nous utilisons les services au quotidien, comme la RATP ou la SNCF, on en parle toujours très peu. On parle surtout des retards, des conséquences de la mort au travail et pas de la mort au travail en question. On l'a vu ces dernières semaines.
Bref, difficile de faire une transition après une telle histoire, mais on doit désormais joindre en visio Daniel Simonnet, conseillère de Paris au titre de la France insoumise. Bonjour Daniel.
Bonjour.
Alors, tu as regardé les titres d'aujourd'hui. Je suppose qu'il y a certains qui t'ont marqué.
Oui, forcément. Je veux dire, de voir que le gouvernement va encore donner un poignon dingue, les yeux fermés, à des grandes entreprises du CAC 40 alors qu'elles continuent à faire des bénéfices sans redistribuer leurs richesses et sans qu'on leur mette aucune contrainte écologique, oui, ça m'énerve.
Mais ça passe crème en plus.
Mais ça passe crème, tu vois. Ça passe crème alors que je pense que vraiment l'urgence sociale et l'urgence écologique exigerait par exemple qu'on fasse une année blanche sur les profits du CAC 40 pour au contraire redistribuer cet argent à toutes celles et ceux qui sont en train de subir la crise sociale et qui par contre, en termes d'investissement écologique, enfin d'investissement, on priorise la transition énergétique.
Par exemple, plutôt que de mettre du pognon dingue, encore une fois, pour essayer de faire survivre des centrales nucléaires qui se font saillir en fin de vie et alors qu'on sait que c'est une énergie dangereuse, on ferait bien de mettre au contraire tout cet argent-là dans les énergies renouvelables. On a une urgence d'engager la bifurcation écologique. Mais non, là, ce gouvernement, à chaque fois, on ferme les yeux et puis on distribue l'argent public aux grosses entreprises qui font des profits et qui licencient.
Alors, Daniel, aujourd'hui s'ouvre un nouveau Conseil de Paris et tu veux te servir de cette tribune pour faire voter un vœu destiné quelque part à rendre justice avant la justice à des dizaines de femmes qui ont accusé un gynécologue de l'hôpital tenant de viol et de violences sexuelles. Déjà, explique-nous ce que c'est qu'un vœu au Conseil de Paris. Raconte-nous cette histoire et explique-nous un peu ta démarche.
Je rassure tout le monde, je ne veux absolument pas rendre la justice avant la justice. Alors, un vœu, d'abord, qu'est-ce que c'est ? Rendre justice,
rendre justice, pas rendre la justice.
Je l'ai expliqué, t'inquiète pas, t'inquiète pas, je l'ai expliqué. D'abord, un vœu, c'est un texte qu'on a rédigé et qu'on soumet au vote de tous les conseillers de Paris pour que le Conseil de Paris, l'Assemblée parisienne, eh bien, prenne position pour, par exemple, soit interpeller le gouvernement c'est en fait mettre un sujet à l'ordre du jour parce qu'il n'était pas à l'ordre du jour. Et c'est vrai que la question des violences gynécologiques et obstétricales ne sont jamais à l'ordre du jour. Je veux dire, si la question des violences gynécologiques était une problématique d'homme, ça aurait sans doute été réglé depuis longtemps.
Mais comme c'est une problématique de femme, eh bien, ça fait longtemps que ça traîne et qu'on n'en parle pas et que c'est vraiment le sujet tabou. C'est comme l'endométriose. Si l'endométriose était une maladie qui concernait des hommes, je pense que la recherche aurait beaucoup plus accélérée. Alors, de quoi s'agit-il ? En fait, tu as un collectif qui s'appelle Stop Vogue, Stop aux violences obstétricales et gynécologiques, qui, mi-septembre, a publié un certain nombre de témoignages que le collectif avait reçus de femmes victimes de violences gynécologiques à l'hôpital Tenon de la part d'un médecin qui est vraiment un ponte de l'endométriose.
Et alors, ces témoignages, je t'assure qu'ils sont vraiment glaçants, terribles. C'est par exemple des femmes qui racontent qu'elles ont subi un doigté vaginal, un doigté anal sans qu'à aucun moment on ne leur ait demandé leur consentement, sans aucun moment que le médecin n'explique quels étaient les gestes gynécologiques qu'il allait opérer sur la patiente.
C'est aussi des étudiantes en médecine qui racontent qu'avec ce praticien, elles se retrouvent à être 6, 8, plus dans la salle d'une patiente et que le médecin va opérer ses gestes sur la patiente, va demander à tous les étudiants en médecine de faire le même geste sur la patiente sans qu'à aucun moment donné, la patiente, on ne lui ait demandé quoi que ce soit, son avis, son consentement. Donc c'est des faits très graves qui s'apparentent à des viols. C'est des violences physiques, c'est des violences aussi verbales et jusqu'à présent ces témoignages n'ont pas vraiment été pris en compte par la PHP, l'assistance publique ou plutôt de Paris.
C'est-à-dire que la PHP avait mis en place un système de médiation. Au mieux, les patients se sont retrouvés face aux médecins qui sont à la fois sauveurs et bourreaux pour elles, sans avoir le sentiment d'être vraiment entendus.
Donc là, maintenant, la situation s'accélère parce qu'avec les témoignages, du collectif Stonebox a libéré la parole et il faut savoir qu'on en est à, selon l'association, à plus d'une centaine de témoignages qui concernent le même gynécologue à l'hôpital Tenon mais qui concernent aussi ce gynécologue là où il exerçait dans d'autres hôpitaux auparavant et il commence à y avoir aussi d'autres messages sur d'autres médecins et il y a par ailleurs deux plaintes qui ont été déposées en justice dont une d'une mineure.
Donc là, l'enjeu pour moi, au Conseil de Paris, ça va être demandé qu'il y ait la suspension de ce médecin le temps de l'enquête interne parce que l'assistance publique au Conseil de Paris a fini par réagir, tu vas lui demander une enquête interne mais elle a pris une décision pour mettre en retrait le médecin gynécologue de ses fonctions de directeur de service mais il peut toujours avoir ses rendez-vous avec ses patientes. Donc nous, on souhaiterait d'abord protéger les patientes et c'est prévu dans l'administration hospitalière, c'est-à-dire qu'il peut y avoir une décision prise en urgence quand on estime qu'il y a un danger potentiel imminent vis-à-vis des patientes.
Donc, obtenir sa suspension le temps de l'enquête et puis on espère qu'enfin il va y avoir une réflexion dans ce pays sur les violences gynécologiques et obstétricales.
Alors, en quoi le Conseil de Paris peut-il avoir des leviers justement pour faire suspendre ce médecin à priori il travaille pour l'APHP ?
Alors, on n'a pas un levier direct c'est-à-dire que le médecin n'est pas sous la responsabilité ou l'autorité du Conseil de Paris. Par contre, d'abord, tout ce qui se passe sur Paris doit préoccuper le Conseil de Paris même si ces votes peuvent être symboliques, ça peut avoir une force politique dans la bataille. Mais en fait, on a aussi une spécificité, c'est que la maire de Paris, Anne Hidalgo, préside le Conseil de surveillance. Donc, le Conseil de surveillance de l'assistance publique au poteau de Paris. Donc, en tant que présidente du Conseil de surveillance, elle peut, dans l'assistance publique au poteau de Paris, engager et soumettre des choses à ce Conseil.
Et d'ailleurs, ce que moi, je porte aussi à travers ce vœu, c'est l'idée que, non seulement, il faut que ce médecin soit suspendu dans l'enquête, mais il faudrait absolument qu'une réflexion s'engage pour qu'il puisse y avoir des cellules d'écoute dans les hôpitaux, avec notamment les associations féministes, pour que les victimes de violences puissent être écoutées, entendues et accompagnées, parce qu'il y a vraiment un défaut dans le fonctionnement interne de la BHP sur leur système de médiation qui ne résout rien. Et il faudrait aussi une vraie réflexion pour un nouveau protocole, une charte de bonne pratique sur comment est-ce qu'on opère à l'hôpital dans les services de gynécologie.
C'est-à-dire qu'il n'est plus acceptable en 2021 qu'on puisse maltraiter les femmes et faire acte de violence dans un hôpital. Là, on est là pour au contraire prendre en charge la personne, la soigner et l'écouter. Donc, il faudrait absolument qu'il puisse y avoir avant tout entretien gynécologique une information patiente de ce qu'on va leur faire, une collecte de leur consensement et que tout ça puisse être aussi co-signé quelque part.
Ok, merci Daniel. Alors, ça va se passer soit aujourd'hui, soit demain, soit après demain.
Exactement. Le Conseil de Paris dure de mardi à vendredi. C'est encore un petit peu difficile de savoir dans l'ordre du jour à quel moment ce vœu va être soumis au vote. J'espère que j'arriverai à convaincre tous les groupes du Conseil de Paris parce que c'est un sujet important. En 2018, il y avait eu un rapport sur les violences gynécologiques et obstétricales qui, hélas, malgré toutes les recommandations qu'il avait faites, n'a été absolument pas suivi de mesures de la part du gouvernement. Donc, si le Conseil de Paris peut mettre la lumière sur ce scandale des violences gynécologiques obstétricales, tant mieux. Et je salue le courage des femmes qui ont pu jusqu'à présent témoigner.
Bravo à vous, soyez fiers. et je remercie également les étudiants en médecine qui ont assumé de parler parce que c'est vraiment très difficile. Et vraiment, j'encourage tout le monde à ce que cette parole se libère. Et j'espère que ce vœu sera adopté pour pouvoir donner un signal fort au gouvernement qu'il assume ses responsabilités. On est censé être sur la cause du quinquennat, tu sais, la lutte contre les violences faites aux femmes. Eh bien, il est temps de prendre en compte que la violence gynécologique obstétricale fait partie des violences faites aux femmes.
Alors, est-ce que les associations, est-ce que les citoyennes et les citoyens peuvent assister ou bien suivre les délibérations du Conseil de Paris et venir en secours, en soutien à la cause et comment ?
Alors, on peut venir assister dans le public au Conseil de Paris mais il n'y a pas énormément de place. Donc, il faut venir rue Lobot mais vous pouvez arriver et on vous dit ben non, il n'y a pas assez de place dans les gradins du public. Mais bon, c'est quand même une possibilité. Il faut venir avec sa pièce d'identité et une fois qu'on est dans les gradins du public par contre, on n'a absolument pas le droit de s'exprimer sinon on est expulsé enfin évacué des gradins. Par contre, on peut aussi suivre le Conseil de Paris en direct. Il y a un lien internet sur le site de la ville de Paris qui permet de suivre la séance qui donc dure quatre jours de 9h du matin à 21h le soir.
Merci beaucoup Daniel et bon courage donc pour ce combat.
et bravo la matinale continuez bien.
Merci, merci. On rappelle que tu as soutenu la matinale notamment avant qu'elle se lance dans les campagnes de pétition. Merci beaucoup Daniel.
Et bonjour à Sémile. Bonjour à toi.
Alors on va continuer en tout cas avant de clore à ce sujet je voudrais vous proposer à vous tous de regarder un reportage du Média sur notre site internet ou sur notre chaîne YouTube. Le titre c'est « Accoucher autrement femmes et sages femmes veulent être considérées ». C'est un reportage de Marine Manastireanu qui évoque en filigrane ces violences gynécologiques. Je suppose que le lien sera publié dans le chat par notre cher Cori ou par quelqu'un d'autre. Une âme de bonne volonté. Et maintenant c'est le moment de la chronique de Jemil. Alors c'est vrai que c'est toujours difficile d'évoquer à la suite
des sujets aussi difficiles. Oui, d'enchaîner en fait finalement c'est compliqué. Ils le font très bien la télévision tu vois. Ils passent de la guerre en Irak comme avant là toutes les guerres et les restos du foot juste après. Mais nous c'est difficile puisque c'est pas que de l'information on ressent les choses il y a l'affect qui va avec. Bon, commençons cette chronique. Alors, bonjour Théophile je te dis bonjour. Ça va quand même ? Rebonjour Jemil. Mais oui, rebonjour à toi. Bonjour à tout le monde toutes les personnes qui nous regardent à cet instant ou en replay dans les deux cas n'oubliez pas de partager cette vidéo. Comment tu vas ? Ça va, ça va. Ça va ? Tant mieux. Moi aussi.
Ça pourrait aller mieux si je ne m'étais pas rêvé à 5h du matin.
Ça on va s'habituer à fortior. Ça y est, on va prendre le pli. Alors en tout cas moi ça va, tout bien. Nouvelle semaine qui débute, nouvelle histoire à raconter. Pour mon éditeur d'aujourd'hui, j'ai été inspiré par les murs. Les murs. Alors, non pas ces délicats petits fruits qui composent éventuellement la confiture sur vos tartines que vous dégustez ce matin avec le même appétit que mes mots. Non, pas ceci. Les murs, ceux-là, de pierres, de béton, de barbelés qui courent toujours plus loin, toujours plus haut sur les frontières, nos frontières de nos nombreux pays dans le monde. Alors, de 6 en 1989, nous sommes passés à 63 murs physiques selon le rapport édité en 2020.
Là, tout de suite, peut-être que toi et peut-être les gens qui nous regardaient pensent certainement à l'ex-délirant président étatsunien Donald Trump et son projet de méga mur entre son pays et le Mexique. Frontières ultra-militarisées, bien avant lui d'ailleurs, où même des civils y ont pour hobby de tirer à balles réelles sur des humains. Jouer à bonheur. Bon appétit, bien sûr. Mais inutile d'aller si loin pour observer cette violence absurde quand en Europe se dressent toujours plus de murs. Ce week-end, la RTS se faisait l'écho d'une actualité brûlante. La radio-télévion suisse. Exactement. Nos voisins. 12 pays de l'UE veulent des barrières contre les migrants, titre la RTS.
Alors que la Commission européenne prépare une réforme du Code frontière Schengen qui concerne 22 pays de l'Union, 12 d'entre eux, dont l'Autriche, la Pologne, le Danemark, la Grèce, Chypre, encore la Hongrie, souhaitent et réclament de l'argent à l'UE pour financer leur vision commune de ce qu'est la gestion des migrations humaines. Des barbelés partout et des murs partout. Comme sur cette photo que vous voyez à l'écran, prise sur la frontière polono-biélorusse en août dernier. Alors, ces 25 dernières années, ce sont pas moins de 1000 kilomètres de murs tout neufs, flambant neufs, qui ont été construits en Europe.
De quoi trancher avec l'image d'ouverture véhiculée par les accords de Schengen qui concernent avant tout les capitaux et ceux qui les détiennent. En quelques minutes, ce matin, je ne vais pas pouvoir vous résumer, vous énumérer les raisons qui poussent des humains à l'exil, abandonnant tout derrière eux et risquant leur vie pour traverser des déserts et autres mers sans aucune protection ni garantie d'y survivre. Je mise sur la confiance que je porte en vos têtes et vos cœurs pour comprendre et aborder surtout cette question complexe avec raison et humanité.
Une fois cela fait, Théophile et les gens qui nous regardent, nous ne pouvons que comprendre et constater que peu importe le mur, sa hauteur, les dangers, rien n'arrête un être humain qui fuit la misère ou la guerre et porté par un peu d'espoir de vivre des jours meilleurs ailleurs ou simplement de rester vivant.
En plus, c'est l'histoire de l'humanité, ce n'est pas maintenant que ça va s'achever.
C'est en nous, depuis toujours. La raison, à ce moment-là, nous pousserait alors à jeter un oeil sur ce qui cause ces conflits qui poussent des gens à l'exil. Aïe, aïe, aïe, parce que si on fait ça, c'est l'assurance d'une dissonance cognitive aiguë quand on réalise alors que notre mode de vie occidental, hautement prédateur de ressources naturelles limitées, entraîne nombre de conflits à l'étranger qui nourrissent alors tout un processus évident qui nous revient tel un boomerang en plein visage.
Alors qu'à cela ne tienne, des sommes folles se comptant par milliards d'euros sont dépensées tous les ans, enfin régulièrement, pour la construction de murs, de barricades, mais aussi pour le déploiement d'agents toujours plus armés et l'achat de matériel toujours plus dingue. Comme par exemple des caméras thermiques, des lunettes à vision nocturne, des détecteurs de bruit, des drones et puis des détecteurs de mouvements, etc. Il y a toujours des tas de trucs, je ne sais pas si tu avais suivi ce genre d'invention, il y a même des marchés autour de cela.
Alors en tout cas, pas de quoi résoudre le problème, ce n'est manifestement d'ailleurs pas l'objectif de l'industrie florissante de la sécurité qui tient des salons, des salons comme celui du mariage mais avec beaucoup moins d'amour.
24 secondes de minute. On a une clientèle qui arrive des quatre coins de la planète et qui est bien sûr très intéressée par le côté sécuritaire de ce salon. Alors ici, nos clients viennent nous voir, c'est majoritairement des gendarmes, des policiers. Ils viennent ici pour des problèmes de surveillance, des problèmes de sécurité. C'est charmant tout ça.
Ah tu vois, toutes ces armes pour faire face à des êtres humains désespérés, hommes, femmes et enfants exilés, à peine équipés eux de chaussures et de vêtements. Ça fait un bon début de scénario d'un film catastrophe à succès mais la réalité a depuis longtemps rattrapé la fiction. J'entends déjà scander la fameuse phrase « On ne peut pas accueillir toute la misère du monde,
j'ai mille, j'ai mille, j'ai mille ».
Oui, oui, oui, certes mais ça n'a jamais été le projet, il faut leur rappeler à chaque fois qu'ils le disent. La France n'est de loin pas le pays qui accueille et encore moins dignement le plus de personnes exilées. Au contraire, les scandales de violence, de violation des droits humains sont courants et s'accumulent sur notre territoire de la vallée de la Roya jusqu'à Calais en passant par Paris. Alors Paris, justement, là où nous sommes, enfin, on est à Montreux mais la région parisienne, Paris où je vis est un théâtre d'horreur au quotidien dans la répression de tout ce qui sort du cadre travail, consomme et ferme ta gueule que vous connaissez sans doute vous qui nous regardez.
Manifestants de week-end, évidemment, mais aussi SDF et personnes exilées sont prises pour cibles par l'action politique que vient appliquer parfois avec zèle la police. Alors nous, aujourd'hui, nous sommes en direct ici au Média et pour me rendre sur ce plateau à 6h du matin, n'est-ce pas, j'effectue comme à chaque fois le trajet depuis chez moi en scooter. 20 minutes durant lesquelles, ce matin encore, j'ai compté plus d'une vingtaine, une vingtaine de corps allongés sur les trottoirs encore nocturnes de Paris. Une vingtaine de corps visibles, j'entends, parce qu'il y a des tas de gens qu'on ne voit pas.
Une fois le soleil levé, les vivants doivent bouger, chassés par la police qui tourne continuellement sans arrêt toute la journée. Impossible de s'installer en camp, d'où la prolifération de tentes solitaires ici et là ou en petits groupes partout dans la capitale. Enfin partout, surtout au nord et à l'est. Donc reprenons, manifestants et opposants politiques, personnes SDF ou exilées, mais aussi droguées, abandonnées à leur sort, sont toutes ensemble considérées et traitées par l'État comme des nuisibles à faire disparaître coûte que coûte.
Non pas en dialoguant avec les premières, hébergeant les secondes et soignant les autres, non, non, non, non, non, quand bien même cette méthode sociale est la seule raisonnable et qui a montré son efficacité partout dans le monde, dans plein de pays, comme on parlait de la Suisse tout à l'heure, dans ce pays-là par exemple. Non, les dirigeants français préfèrent la répression, souvent à des fins électoralistes, quitte à toucher à l'ignoble en construisant là aussi des murs en plein Paris.
Oui, c'est un véritable mur que vous voyez maintenant défiler à l'écran qui a été bâti fin septembre par la préfecture de police à la frontière entre le 19e arrondissement de Paris et la ville de Pantin pour y contenir quelques centaines de personnes consommatrices de krach déplacées et abandonnées ici en bordure du périphérique pour libérer les précédemment occupés jardins d'éol à Paris situés, eux, dans un quartier en voie d'embourgeoisement. Embourgeoisement.
Oui, Théophile, j'utilise ce terme à dessein car peu importe l'échelle mondiale, régionale ou ici locale, la prolifération de murs et de barrières est d'ailleurs pas toujours physique tente à illustrer un séparatisme organisé des populations selon, alors évidemment, des critères aux apparences variées mais finalement, très vite, axés sur les possessions financières déconcernées. L'argent conditionnant quasi systématiquement notre position sociale, il n'en faut pas plus pour y voir là ce qui n'est pas si nouveau en fait. L'organisation physique des classes sociales. L'exemple actuel de l'Afghanistan est flagrant. Regardez.
Alors que la Turquie communique à fond sur l'accélération de la construction de son mur sur sa frontière avec l'Iran qu'elle présente comme un rempart face aux exilés afghans lambda alimentant au passage l'imaginaire collectif de vision à la Walking Dead, les Etats-Unis organisent de leur côté une toute autre route migratoire à leur profit. Via le Kosovo et l'Albanie où quelques centaines de migrants afghans sont arrivés en septembre, non pas dans des camps indignes comme ailleurs, mais dans des hôtels cinq étoiles avec piscines et plages privées.
Les deux pays de l'Europe de l'Est, éternellement reconnaissants aux Etats-Unis suite à la guerre de Serbie, font de la sous-traitance à Washington en servant de sas de sécurité pour identifier les potentiels terroristes avant d'envoyer aux USA ces précieuses élites intellectuelles afghanes. Comme Mohamed Kassim, professeur d'université à Kaboul, logé avec son épouse et ses quatre enfants dans un de ses hôtels de luxe qui en témoignent à la RTS. Et je cite « L'accueil qui nous est réservé ici est unique au monde. Nos enfants sont scolarisés et ils bénéficient de cours d'anglais et d'albanais.
» Alors c'est sûr que c'est autre chose que de vendre ses reins pour aller traverser le désert en tongs et risquer de s'éventrer sur des barbelés pour finir sa course dans un camp de détention en Turquie, en Grèce ou dans un bidonville en France en étant harcelé jour et nuit par la police.
Camp de rétention. On dit camp de rétention et pas camp de détention. Je l'ai mis, tu fais du mauvais esprit.
Je suis désolé. C'est vrai, pardon. C'est d'ailleurs la première des batailles. Les mots, dire rétention au lieu de détention, ça change tout. Ça fait moins peur. Ça permet de voter pour ce projet sans avoir trop de culpabilisation en tête. C'est comme quand la police vient casser la gueule des exilés en plein Paris et détruire leurs biens en les mentant volontairement en danger de mort. On appelle ça une évacuation. Presque une mise à l'abri. Ce n'est pas du tout la même chose. Il faut avoir des nerfs bien accrochés quand même pour supporter cette novlangue.
Ce qui me permet, en parlant de novlangue, de finir cet édito avec la visite de notre GG national, toujours le même, avant-hier en Grèce. Sur son compte Twitter, Gérald Darmanin parle d'un projet responsable et humain pour qualifier un centre d'accueil de migrants à Samos.
Ils ont le droit de reciculer dans le reste de la structure mais pas de sortir. Et en moyenne, en rétention, il reste combien de temps ?
Oui, vous avez bien entendu. Enfin, j'espère que vous avez entendu. Voici un petit extrait pour vous écouter.
Et en moyenne, en rétention, il reste combien de temps ?
Voilà. Le ministre lui-même parle de rétention en contradiction avec son tweet qui parle de centre d'accueil. Ce n'est pas la même chose. Écoutez plutôt ce qu'en dit Médecins sans frontières.
Nous sommes venus ici aujourd'hui pour visiter ce nouveau camp qui a été construit pour les réfugiés qui sont actuellement dans le Samos. C'est le nouveau approche pour la migration en Europe où nous cherchons de criminaliser, de humilier et de punir les réfugiés et les réfugiés plutôt que de extender leurs droits. Les conditions ne sont pas bonnes à tout. Mais ce n'est pas une improvement. On va dire qu'on va marcher derrière de nombreuses de barbe-wire, d'avoir des enfants qui jouent ici, dans ce playground, comme une prison. C'est de l'un prison à l'autre. Ce n'est pas le type de réception que l'on peut attendre d'un pays européen.
C'est l'heure pour les leaders et les citoyens pour voir ce qui se passe avec leurs dollars et qu'il n'est pas d'investir dans ce genre de criminalisation, pour investir dans une approche dignifiée pour les réfugiés et les réfugiés qui arrivent à l'Europe.
C'est dur,
ces images. Ça fait penser d'ailleurs aux prisons-usines qu'on a en Chine depuis des années qui sont elles aussi construites très loin pour pas que les journalistes puissent en parler. Et pour finir, tout ça, ce sont des murs, des murs de béton avec barbelé ou et des frontières économiques, elles pas forcément visibles, sont dressées comme autant de barricades à l'échelle du monde comme à l'échelle de nos villes dans des quartiers divisés pour séparer les populations selon le montant inscrit sur leur compte bancaire. C'est ça, la réalité froide.
Comme ici, ces 1500 exilés, femmes, hommes et enfants qui ont été sauvés de la mort dans la Manche ce week-end alors qu'ils tentaient de fuir l'enfer de Calais pour rejoindre l'Angleterre. Aucun mot pour eux de la part de Gérald Darmanin présent au même moment à Calais. Ce métaux que vous voyez, donc non, il a préféré rappeler les Britanniques à l'ordre des 63 millions d'euros qu'ils doivent à la France. France, je cite le ministre qui tient la frontière pour eux. C'est pas en guerre quand même. Il n'en faudra pas plus à l'extrême droite française pour y voir là l'illustration de leur délire.
Alors qu'il nous faut une politique de secours sociale et humaine, nous avons celle de la guerre et du chaos garanti. Tout ça pour vivre dans un monde qui se parcelle de plus en plus en ghetto. Ghetto de riches d'un côté où se concentrent argent et pouvoir surprotégés par toujours plus de police militarisés face au ghetto de pauvres où règnent l'injustice et la misère. Est-ce vraiment ça l'idée qu'on se fait de l'avenir ? Un remake d'Elysium et de Banlieue 13 ? Bonne journée quand même. Bonne journée quand même.
Tu le dis mais quelque part le lien que tu fais entre les exilés et les pauvres qui sont dans les pays d'exil je pense qu'il est important parce que beaucoup d'entre nous refusent de faire ce lien considèrent finalement que nous avons nos pauvres à nous d'ailleurs ce sont des gens qui en général ne sont pas pauvres qui tiennent ce discours et qu'il y a les pauvres d'ailleurs qui viennent faire concurrence à nos pauvres en réalité ce que tu décris c'est une sorte de système économique qui finalement est sans pitié pour les pauvres quelle que soit leur carte d'identité ou leur passeport et où qu'ils se trouvent.
Bien sûr alors c'est sûr qu'il y a une différence entre des SDF pas forcément parce que des SDF que tu sois afghan ou français désolé il suffit de vivre dans une grande métropole française pour voir que c'est pareil les personnes pour le coup il n'y a pas de discrimination ils sont tous logés à la même enseigne pas d'enseigne mais alors il y a quand même une différence entre moi français qui serait dans un peu dans la misère là tout de suite j'aurais plus de droits que la personne qui débarque mais ce que je veux dire par là c'est qu'effectivement au moment où les personnes viennent à s'exiler ou sont dans une précarité la plus totale les politiques pas politiciens les politiques mises en place sont les mêmes aussi violentes en fait et que là que ça soit comme je le disais les personnes droguées des Jordindéoles qui sont maintenant au nord de Paris que les SDF ou les exilés étrangers en France ou pas étrangers ou j'avais fait le lien avec les manifestants aussi on est traité de la même manière comme des pestiférés alors avec plus ou moins de violences mais de la même manière il faut nous rendre invisibles ou les faire disparaître de manière ou d'une autre parce qu'on le voit quand même des violences à Calais par exemple où on les met les personnes en danger de mort on veut qu'ils meurent et moi tous les jours encore une fois tout à l'heure j'en ai vraiment compté plus d'une vingtaine de personnes qui peut-être tout à l'heure ne se relèveraient pas vivantes tous les jours des gens meurent dans la rue on n'en parle jamais et il y a aussi
la technologie qui est utilisée contre les migrants et contre les dissidents c'est-à-dire on a vu ce salon Milipol où la technologie des technologies perfectionnées se mettent au service justement du contrôle des mouvements de ces migrants et il y a aussi des technologies avec tout ce qu'on a vu comme la loi sécurité globale toutes ces technologies ces drones qui sont censées contrôler empêcher le mouvement en fait de la colère au sein des grandes villes à Paris à Lyon à Lille etc brider briser empêcher la visibilité la mise en visibilité en tout cas de la colère de manifestants politiques
tout ce qui dépasse je dirais en fait d'où la reprise de travail consomme et ferme ta gueule qui est souvent les manifestants et manifestants scandent dans les manifestations souvent de gauche tout ce qui dépasse de ça on le voit en vivant à Paris que la promesse de Darmanin de voir plus de bleu dans la rue est tenue celle-ci au moins il y en a de la police et partout tout le temps encore plus les week-ends pour prévenir de cet ordre social qui est celui de la bourgeoisie à garder en place si tu te balades dans la rue avec un sac H&M, Zara ou McDo pas de problème si tu as une pancarte ou un gilet jaune et que tu es sûr de te faire arrêter t'es certain il ne faut pas que des choses sortent de ce cadre-là alors que ce soit des manifestants encore une fois ou des personnes qui parlent leur état que ce soit de santé ou comme les personnes à aider qui se droguent ou des SDF qui seraient trop nombreux dans un coin ou qui viendraient à faire du bruit à se faire voir tout de suite il y a les policiers qui sont envoyés pour écraser ça
alors il y a des ghettos de riches en plein Paris qui sont bien gardés qui ont leurs propres barbelés leurs propres murs qui les protègent eux par exemple la Villa Montmorency
oui dans le 16ème arrondissement alors c'est connu de beaucoup de personnes mais de bien plus encore pas du tout parce qu'on dit les murs sont loin etc on a parlé du mur entre Pantin et Paris tout à l'heure là c'est très moche parce que c'est chez les pauvres mais il y a des très jolis murs donc dans le 16ème arrondissement où a été privatisé on peut dire ça mais oui c'est ça l'espace public alors c'est pas récent c'est au 19ème siècle que cette ville-là a été créée où une centaine de maisons magnifiques hébergent du coup des familles très très connues comme Xavier Niel Mylène Farmer Vincent Bolloré les Sarkozy Céline Dion Arnaud Lagardère des gens comme de cette trempe-là ils ont vécu où ils vivent encore entre eux c'est vraiment un ghetto de riches alors on peut pas y pénétrer sans avoir été annoncé comme dans un grand hôtel par exemple ils ont même là de mémoire je le dis exigé à ce que le camion de poubelle soit électrique pour qu'il ne les réveille pas le matin tu vois donc il y a un niveau incroyable de foutage de gueule parce qu'eux ils vivent dans leur petite bulle et c'est de là en plus que le pouvoir se concentre et s'applique parce que je l'ai cité il y a quand même des gens qui maîtrisent des médias et aussi de la politique par Nicolas Sarkozy donc c'est quand même quelque chose de grave en fait peut-être que c'est là qu'on devrait manifester ah bah ça va c'est pas gagné c'est pas gagné on n'a pas le droit d'y aller mais voilà
en parlant des mises en visibilité des invisibilisations il y a des journalistes grecs et espagnols qui alertent sur le fait que les états leurs états les empêchent de plus en plus de raconter ce qui se passe sur les fameuses frontières
exactement alors même pour nous si on viendrait à y aller on aurait des difficultés d'aller sur ces territoires comme on l'a vu dans le reportage tout à l'heure de Médecins sans frontières et que j'ai fait le parallèle avec la Chine et ses usines prisons-usines c'est exprès en fait que ces bâtiments et ces murs soient loin des villes construits et isolés pour qu'on ne puisse justement pas aller les filmer et du coup effectivement les états s'organisent comme l'état grec l'état espagnol pour empêcher les journalistes de raconter leurs frontières et ces journalistes alertent sur Twitter etc mais jusqu'à quand le problème il est vraiment là médiatiquement je le rappelle souvent les choses si les médiatiquement ne sont pas couvertes elles n'existent pas c'est un drame
alors merci Jemille pour cette chronique stimulante comme toutes les autres bien entendu je vous rappelle que cette matinale et que ce média n'existerait pas sans vous alors pour nous permettre de continuer en nous renforçant vous pouvez nous faire un don mensualisé sur la plateforme OKPAL un don mensualisé c'est récurrent donc ça peut nous permettre par exemple de stabiliser le statut de certains de prendre des engagements vis-à-vis de travailleurs sans avoir trop peur un don mensualisé il est défiscalisé pour ceux qui payent des impôts vous pouvez aussi devenir sociétaire de la coopérative Le Média en faisant un tour sur lemediatv.fr slash soutien et vous pouvez aussi vous devez revenir ce soir à 19h sur Le Média sur notre chaîne YouTube ou alors sur notre site parce que nous diffuserons une interview que nous a accordée le journaliste Loris Guémard d'Arrêt sur image Loris Guémard a enquêté sur le traitement médiatique des origines du Covid-19 sur lequel il n'y a pas encore de certitude mais d'ores et déjà on peut déjà affirmer que les services de fact-checking sont allés un peu trop vite en besogne ont été un peu trop affirmatifs alors que les faits n'avaient pas été scientifiquement fixés de quoi s'interroger sur le fact-checking et ses limites revenaient à 19h sur l'antenne du Média ce mardi 12 octobre parce que c'est passionnant et on va vous dire au revoir
et bien avant de vous dire au revoir on peut rappeler que ce live c'est un replay donc on partage et on met des pouces et oui
on partage on met des pouces bleus on fait vivre une autre manière de voir l'info exactement
bonne journée
bonne journée au revoir on partage
on partage on partage
Danielle Simonnet