Le parti-pris : Mouvement lycéen, "Les méthodes violentes de l’ultragauche prennent le dessus dans ce mouvement de contestation" - 06/10
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Attaque 60 %Défensif 40 %
Questions et réponses
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- 0:19OuverteRéponse partielle
L'appel à rejoindre le mouvement de plusieurs syndicats, des profs et même des parents d'élèves, est-ce que ça peut calmer le jeu et éviter des débordements ?
- 1:06RelanceRéponse directe
Ça veut dire que pour vous, ce n'est pas un mouvement lycéen classique ?
- 4:26OuverteRéponse directe
Comment on fait pour distinguer, c'est ça ce que vous demandiez, la légitimité des lycéens à avoir des revendications et ce qui est en train de se passer ?
- 5:38OuverteRéponse directe
Est-ce qu'on doit apprendre à gérer ça différemment ?
- 5:55RelanceRéponse directe
la question des méthodes des forces de l'ordre, elles ne vont pas varier en fonction de la manifestation des gens qui y participent ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:51InvitéFait
« On les a retrouvés dans les émeutes en 2023, on les a retrouvés quand les mouvements d'ultra-gauche ont pris possession des Gilets jaunes. »
- 1:52InvitéFait
« moi je suis allé sur le terrain voir ce qu'étaient les gens qui s'attaquaient aux forces de l'ordre. »
- 2:11InvitéFait
« ils avaient de petites activités délictuelles. »
- 2:22PrésentateurFait
« Alain Boer hier disait qu'il y avait un certain nombre de narcos ou de petites mains du narco qui parfois se joignaient en effet aux casses, avec une idée aussi de guerre des territoires. »
- 3:02InvitéFait
« Elle décrit bien les modes opératoires, l'usage de l'intelligence artificielle pour faire des visuels. »
- 3:52InvitéFait
« Alors, ce ne sont pas au sens propre des black blocs, mais la technique du coucou, elle est toujours valable. »
- 4:04InvitéFait
« Les lycéens sont les boucliers humains de gens qui sont là pour pratiquer la violence. »
- 5:24InvitéFait
« un lycéen a une main arrachée par une grenade de désencerclement. »
- 8:07InvitéFait
« On devrait faire des bons offensifs réguliers. »
- 8:31InvitéFait
« ces petits narcos qu'on voit dans les manifestations et qui deviennent violents. Ils ne sont pas traités judiciairement. »
Temps de parole
- Invité53 %
- Présentateur26 %
- Auditeur7 %
- Invité 25 %
- Invité 35 %
- ?4 %
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Vous
écoutez RMC. Les lycéens espèrent une journée noire, les forces de l'ordre redoutent un embrasement des manifestations et des rassemblements aujourd'hui prévus un peu partout en France. Eric Delbecq, vous êtes toujours avec nous, expert en sécurité intérieure, auteur de La trahison des élites, c'est aux éditions Robert Laffont. L'appel à rejoindre le mouvement de plusieurs syndicats, des profs et même des parents d'élèves, est-ce que ça peut calmer le jeu et éviter des débordements ?
Je
n
'en
suis pas très sûr, je pense que dans une situation comme ça, plus il y
a
de participants, plus c'est dangereux et puis surtout qu'il n
'y
a pas grand chose de spontané.
Dans
ce mouvement, on voit bien qu'il est préparé, encouragé. Quand vous regardez
les
modes opératoires des éléments les plus violents, ça n'a absolument rien d'immédiat. Et c'est toujours à peu près les mêmes modes offensifs que l'on retrouve. On les a retrouvés dans les émeutes en 2023, on les a retrouvés quand les mouvements d'ultra-gauche ont pris possession des Gilets jaunes. Donc il y a quand même des récurrences sur lesquelles on devrait s'interroger.
Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que pour vous, ce n
'est
pas un mouvement lycéen classique ?
Non, d'ailleurs je m'interroge beaucoup sur la temporalité, si vous voulez, que ce soit juste après la venue du pape, qu'on ait un segment totalement contraire, on a rassemblé une quantité industrielle de gens sans qu'il
y
ait d'incidents. Et
là, sur ce mouvement
-là,
vous avez du mal à faire le tri entre les revendications et puis à pousser les revendications pour voir un petit peu de quoi est constituée la violence. Vous avez un tout autre panorama qui est donné. Et la conclusion que j'en tire en termes de sécurité intérieure et de maintien de l'ordre, c'est que ce mouvement-là, il est très clairement opéré. C'est-à-dire qu
'il n'est pas spontané. Ça veut dire qu'il est
téléguidé, il est organisé, il y avait une volonté que
ça casse assez vite.
Oui,
oui.
Et puis y compris quand vous regardez un petit peu les profils, moi je suis allé sur le terrain voir ce qu'étaient les gens qui s'attaquaient aux forces de l'ordre. Et ça,
c
'était particulièrement intéressant. Parce qu'on en a rapidement conclu et en me documentant et en parlant aux forces de l'ordre. Je me suis aperçu que certains, ils les connaissaient très bien. Et pourquoi ils les connaissaient très bien ? Parce que c'était une espèce de masse de manœuvres disponibles dont certains, par ailleurs, avaient des activités dans le stup, ils avaient de petites activités délictuelles. Donc c'est intéressant. Alors ils sont peut-être administrativement inscrits au lycée, j'en sais rien. Mais je ne pense pas que leur première occupation quotidienne
soit le lycée. Alain Boer
hier disait qu'il y avait un certain nombre de narcos ou de petites mains du narco qui parfois se joignaient en effet aux casses, avec une idée aussi de guerre des territoires. Emmanuel ?
On a l'impression que la mécanique a changé. En fait, d'habitude, les mouvements étudiants,
c
'était souvent un projet de loi. Du coup, les syndicats étaient mobilisés, appels nationaux, etc. Là, en fait, ça part d'un lycée de Créteil. Et puis tout de suite, il
y
a les réseaux sociaux. Donc ça, ça joue aussi quand même un rôle majeur. Et puis, effet d'imitation, etc. Et peut-être après ce que vous décrivez, mais on est dans une logique qui est quand même radicalement différente. Éric Delbecq ? Totalement. D'ailleurs, la note des services de renseignement qui est parue, je crois, notamment dans le Figaro, est intéressante. Elle décrit bien les modes opératoires, l'usage de l'intelligence artificielle pour faire des visuels. Enfin, tout ça, objectivement, n'a rien de spontané. Et quant à ce que disait Alain Boer, il a raison, bien sûr. C'est exactement ça.
Se mêlent
différentes luttes,
différents
publics ?
Alors, se mêlent différentes luttes, je ne sais pas si elles se mêlent. Si vous voulez, quelqu'un qui est dans le narco, on ne
peut
pas dire qu'il mène une lutte. Il mène surtout un business. En revanche, le fait qu'on mobilise des éléments qui n'ont pas grand-chose à voir avec le sujet au départ, ça, c'est évident. Ça sent sa préparation et ça sent son round préalable de test des forces de l'ordre avant que des échéances qui vont venir. C
'est-à-dire, vous
parlez d'une sorte de répétition générale, compris de la part de l'ultra-gauche
? Oui, et d'études, des modes opératoires, des forces de sécurité, parce que les modes opératoires des forces de sécurité doivent s'adapter. Et on voit bien dans ce genre de situation que c'est compliqué, parce qu'on est toujours... Alors, ce ne sont pas au sens propre des black blocs, mais la technique du coucou, elle est toujours valable. C'est-à-dire
que vous avez des éléments... La technique du coucou, c
'est s'installer dans le nid préparé par la...
C'est un bouclier humain.
Les lycéens.
Ce sont des boucliers humains. Les lycéens sont les boucliers humains de gens qui sont là pour pratiquer la violence.
Je voudrais qu
'on
donne la parole à Gérald, qui nous appelle de l'Essonne. Bonjour Gérald. Je
dis
Gérald, mais je sais que vous vous faites appeler Gégé. Mais je trouve que les conditions de ce matin ne permettaient pas forcément d'être dans cette spontanéité. Gérald, vous vouliez réagir, vous êtes fonctionnaire territorial. Comment on fait pour distinguer, c'est ça ce que vous demandiez, la légitimité des lycéens à avoir des revendications et ce qui est en train de se passer
? La
légitimité, c'est qu'ils peuvent manifester, mais le blocus, donc empêcher les autres de travailler, c'était une entrave. Moi, à l'époque où j'ai manifester, je l'ai déjà fait. On n'avait pas en cours, on embêtait le monde comme ça, mais on ne bloquait rien. On ne cassait pas les pieds au monde, on avait peut-être un respect un peu plus grand des institutions et de ce qui nous entourait. Et on obtenait les choses sans pour autant que ça se transforme en bataille. Maintenant, il y a des profiteurs, il y
en
a qui s'infiltrent dans les mouvements pour tout faire péter.
Mais
on les distingue, mais le problème,
c
'est que comme ils organisent leur blocus, il n
'y a
pas de service sécurisé parce qu'ils ne sont pas en capacité de le faire.
Alors,
il y
en
aura peut-être un petit peu plus aujourd'hui, puisque les syndicats rentrent dans la danse, c'est un peu plus cadré, un peu plus organisé. Peut-être un certain nombre de parents, mais effectivement, comment distinguer les lycéens de ceux qui viennent pour casser ? Arthur ?
Oui,
et
d'ailleurs, Eric Delbecq a quand même un fait ce matin, un lycéen a une main arrachée par une grenade de désencerclement. Il y a plusieurs lycéens blessés par la police, les enquêtes diront quelles sont les responsabilités. Mais enfin, entre nous, la jeunesse a toujours été politisée, casseurs, pas casseurs, les lycéens sont dans la rue. La police ne peut pas employer ce genre de méthode si elles aboutissent à de telles blessures. On ne peut pas vivre dans une démocratie comme la France, avec des lycéens qui ont des mains arrachées. Est-ce qu'on doit apprendre à gérer ça différemment ? Alors, changez de méthode.
Arthur Chevalier,
entre nous et pas entre nous, la question des méthodes des forces de l'ordre, elles ne vont pas varier en fonction de la manifestation des gens qui y participent. On confond deux choses. Un cadre légal, le cadre légal, il ne bouge pas en fonction des gens qui manifestent. On est dans un état de droit, donc le cadre légal ne bouge pas.
Donc, comme le disait Gérald, on n'a pas le droit de bloquer, normalement, officiellement, donc on est censé débloquer.
C'est le parallèle, voilà. Ensuite, dans ces cas-là, ce qu'on demande, c'est aux éléments de défense de l'ordre de faire preuve d'un discernement particulier. Après, moi, avant tout commentaire, j'aime bien regarder ce qu
'il
y
a
dans les dossiers. Alors, je veux savoir déjà
si
la personne en question,
elle
a ramassé ou pas la
grenade.
Deux,
effectivement,
récits sur
concurrence
pour l'instant, sans qu'on ait vraiment le fin mot de l'histoire. Un certain nombre de forces de l'ordre font savoir que la grenade serait tombée à terre et que le jeune l'aurait prise dans sa main. D'autres, et on a entendu notamment le témoignage de camarades qui étaient présents sur place, qui ont témoigné au micro DRMC, qui disent que la grenade, certes, ne visait pas le jeune homme, mais que pour autant, il ne l'a pas ramassée. On n'a pas encore le fin mot de l'histoire. Et évidemment, l'IGPN a été saisie et mène son enquête.
Voilà, donc on va attendre que l'IGPN fasse son travail. Généralement, elle le fait bien, malgré les critiques, à chaque fois, ça en court. Donc, encore une fois, on ne
va
pas changer les méthodes de maintien de l'ordre à chaque fois qu'il se passe un événement.
L'exercice, on essaie de comprendre. C'est vrai quand même que la police
française, elle a un arsenal plus important que les polices étrangères. Globalement, il
y
a le LBD,
il
y a toute une gamme
de grenades. En fait, on a l'impression de
revenir au gilet jaune dans les pires moments.
Alors, bon, déjà, il n'y a pas 40 techniques de maintien de l'ordre. Il n
'y
a pas 40 techniques de mode opératoire. Donc, on va forcément voir se dérouler les mêmes schémas. Après, la question, c'est qu'il faut toujours offrir aux forces, effectivement, un nombre suffisamment conséquent, une capacité de mobilité. Est-ce qu'ils en ont toutes les capacités ? Ce n
'est
pas certain. Et encore une fois, avec des adversaires qui apprennent. Et vu que ceux, je le répète, qui sont les plus coriaces, ne sont pas des lycéens, on a affaire à des gens qui sont extrêmement apprenants. Alors, qu'est-ce qu'il nous faudrait faire en termes de maintien de l'ordre ? On devrait faire des bons offensifs réguliers. Qu'est-ce que ça veut dire ? C'est-à-dire se projeter sur les éléments qui sont problématiques, et les extraire de la masse, et puis ensuite judiciariser. De la même manière, c'est intéressant ce que vous dites en disant, on
a
l'impression de toujours revoir la même séquence. Mais il faut aussi expliquer que si on revoit la même séquence, c'est parce que les gens qu'on a vus une fois, on ne les a pas traités judiciairement. Je vous parlais tout à l'heure, et vous me faisiez part de ce que disait Alain Bauer sur cette question, ces petits narcos qu'on voit dans les manifestations et qui deviennent violents. Ils ne sont pas traités judiciairement. C'est-à-dire qu'il ne se passe pas grand-chose. On
les arrête, on les relâche.
Qui ne sont pas vraiment sanctionnées.
Ils recommencent.
Merci beaucoup Eric Delbecq d'être venu ce matin. Vous êtes expert en sécurité intérieure, auteur de La trahison des élites.
C
'est aux éditions Robert Laffont.