Éducation : "Sous Macron, on a connu une politique à coup de com" (Elisabeth Allain-Moreno)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 0:00OuverteRéponse partielle
Pourquoi l'éducation nationale est-elle le premier poste de dépense de l'État ?
- 0:37OuverteRéponse directe
La France dépense-t-elle plus que la moyenne de l'OCDE pour les lycées ?
- 1:19OuverteRéponse directe
Le budget 2027 pour l'éducation nationale augmente-t-il ?
- 1:59OuverteRéponse partielle
Le problème de l'éducation est-il un problème d'argent ?
- 2:37RelanceRéponse directe
Quels sont les fléchages des moyens qui ne correspondent pas aux besoins ?
- 3:20OuverteRéponse directe
Est-ce un problème d'instabilité politique qui empêche le fléchage des moyens ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:37Chiffre
« la France, elle dépense quand même déjà pour les lycées hein, si on regarde par rapport aux autres pays de de l'OCDE, la France, elle dépense 24 % de plus que la moyenne des pays de l'OCDE. »
- 1:19Chiffre
« le prochain budget 2027 pour l'éducation nationale, a priori 64 milliards d'euros. On attend évidemment son vote définitif, c'est 1 milliard 2 de plus euh que le budget précédent selon le ministre de l'éducation nationale. »
- 2:37Elisabeth Allain-MorenoFait
« ces dernières années, les fléchages ne correspondent pas aux besoins et ça nous cessons de le dénoncer à l'un à chaque préparation de rentrée scolaire. »
- 3:20Elisabeth Allain-MorenoFait
« une vraie politique sous Emmanuel Macron qui s'est installée. Euh c'est donc je vais dire à coup de de com ou à coup de en tout cas de mesures à court terme. »
- 3:20Elisabeth Allain-MorenoFait
« les mesures des chocs des savoirs qui ont été mises en place. elles étaient pas satisfaisantes, elles ont été détricotées. »
- 4:02Elisabeth Allain-MorenoFait
« depuis en fait la dissolution, c'est très compliqué finalement de tenter de de de réformer le le système scolaire. »
- 5:20Fait
« la demande de non suppression aussi euh des de postes d'enseignien dans le prochain budget, ça aussi c'est difficilement tenable de de part et d'autres hein, aussi bien par pour ceux qui qui portent cette mesure, c'est-à-dire la gauche et notamment et lesfilli que pour ceux qui sont contre euh évidemment le le gouvernement et et ses alliés. »
- 6:00Elisabeth Allain-MorenoChiffre
« depuis la réforme des concours de Jean-Michel Blanquer, euh que les viviers se sont largement asséchés, quasiment à 50 % pour la plupart, que ce soit pour les postes de professeur des écoles ou d'enseignants du second degré. »
- 7:20Elisabeth Allain-MorenoFait
« cette mobilisation lycéenne qui euh converge pour partie avec des revendications que nous portons en tant que personnel de l'éducation nationale, elle montre à quel point un petit peu la colère a été contenue. »
- 7:59Chiffre
« la France est pas très bien classée. Euh on est 27e des gringoles et on a beaucoup beaucoup à apprendre nos voisins britanniques. »
- 8:33Chiffre
« la Grande-Bretagne dépense 80 milliards d'euros de pour son budget d'éducation nationale. On est à peu près dans les eaux du du budget français puisqu'en fait retirer des retraites, on est à peu près là-dedans. »
- 8:33Chiffre
« les Grandbretons font son 8e rang mondial et donc ont gagné sep places récemment en terme de science, 10e rang mondiale pour les mathématiques et 10e rang mondiale pour la compréhension de l'écrit. »
Temps de parole
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Euh Alisé, l'éducation nationale, premier poste de dépense de l'État. Expliquez-nous pourquoi et où va l'argent. Oh oui, d'abord évidemment vous avez raison, c'est le premier poste de dépense de l'État. Le budget de l'éducation nationale, il a augmenté ces dernières années. Ça c'est indéniable. Mais il faut bien se rendre compte que quand on parle du budget d'éducation nationale, il y a quand même une partie. Aujourd'hui, on a on approche les 90 milliards d'euros, mais il y a quand même plus d'un/art, donc 25 % qui permettent de financer les pensions des des fonctionnaire. Et donc, il y a une partie en fait de l'éducation nationale qui va directement au retraité, qui va pas dans la poche ou en tout cas dans les classes ou pour les les étudiants. Autre chose qu'on peut aussi mettre en
avant, c'est que la France, elle dépense quand même déjà pour les lycées hein, si on regarde par rapport aux autres pays de de l'OCDE, la France, elle dépense 24 % de plus que la moyenne des pays de l'OCDE. Donc c'est quand même important. Et pourquoi c'est un petit peu compliqué ? Ben parce que en France, on a quand même un coup qui est tiré notamment par les spécialités, par les options, par les voies professionnel. On a plein d'options, plein de voies différentes qui sont certainement très bénéfiques pour les lycéens, pour les jeunes, mais évidemment qui pèsent dans la balance. Ellisabeth Alain Moret, donc quand on voit justement le prochain budget 2027 pour l'éducation nationale, a priori 64 milliards d'euros. On attend évidemment son vote définitif, c'est 1 milliard 2
de plus euh que le budget précédent selon le ministre de l'éducation nationale. C'est un budget conséquent. C'est donc le premier poste de dépense de de l'État. On se pose la question ce matin, est-ce vraiment un problème d'argent, le problème de l'éducation et des lycées en France ? Alors, c'est un problème de moyen évidemment puisque aujourd'hui quand on manque de personnel comme on le constate au quotidien et je ne parle pas que des enseignants parce que nous manquons de médecins, d'infirmières, de psychologues de l'éducation nationale, d'équipe de vie scolaire euh qui nous permettent justement d'encadrer, d'accompagner, de former les élèves euh parce qu'il faut savoir qu'en France beaucoup de choses reposent sur l'école, ce qui n'est pas le cas d'autres pays. en France et c'est
tout un, je veux dire notre honneur de notre pays de d'essayer de donner toutes les mêmes chances à tous les tous les enfants quel que soi leur leur origine sociale, quel que soit leur territoire euh de pouvoir justement bénéficier de tout cet accompagnement qui est pluriprofessionnel. Aujourd'hui, les moyens sont insuffisants et ensuite il y a comme vous l'avez dit pas uniquement une problématique de de de volume de moyens mais d'utilisation de ces moyens aussi. Les fléchages sont importants et ces dernières années, les fléchages ne correspondent pas aux besoins et ça nous cessons de le dénoncer à l'un à chaque préparation de rentrée scolaire. C'est c'est-à-dire, dites-nous dans le détail, ces fléchages qui ne correspondent pas aux besoins parce qu'il n'y a pas de vision à long
terme du système éducatif alors qu'on ne peut pas justement concevoir l'école et donc l'avenir de nos jeunes de façon euh juste sur de ou 3 ans. Euh un enfant quand il rentre à l'école à 3 ans et qu'il y reste au moins jusqu'à 16 ans et au-delà euh on ne peut pas concevoir des plans qu'il s'arrêtent à 1 an 2 ans. Or ces dernières années, on a enchaîné, vous le savez énormément de ministres. donc avec beaucoup d'instabilité euh ministérielle et de pilotage et donc une incapacité justement à avoir des perspectives et avoir une une visibilité à long terme. Ça c'est une première chose. Et ensuite, il y a une vraie politique sous Emmanuel Macron qui s'est installée. Euh c'est donc je vais dire à coup de de com ou à coup de en tout cas de mesures à court terme. On en a vu la
le cas justement avec des les mesures des chocs des savoirs qui ont été mises en place. elles étaient pas satisfaisantes, elles ont été détricotées. Ça a été le cas aussi avec le pacte parce que euh face à une demande de revalorisation pérenne pour tous les personnels euh et ça a été rappelé fortement en début d'année justement euh par tous les candidats à la présidentielle qui avaient bien identifié le gros décalage qu'on avait par rapport à d'autres d'autres pays, les réponses se font à coup de prime, à coût d'indemnité qu'ils sont retirés quand il y a des mesures économiques comme c'est le cas. Donc il n'y a jamais d'utilisation réfléchie, pérenne et donc optimiser, je vais dire des moyens euh de l'argent public pour l'éducation nationale. Euh reste avec nous Antoine. Est-ce que
justement aujourd'hui c'est c'est essentiellement la faute à l'instabilité politique ce problème de de de fléchage de de redéploiement des moyens à l'éducation nationale ? C'est ce que dit un petit peu le le gouvernement, en tout cas, c'est son c'est son argument, mais c'est aussi la faute, je pense, à la à la valce des ministres de l'éducation nationale. Vous rendez-vous compte le nombre de ministres de l'éducation nationale qui se sont enchaînés ces dernières années quand même dans dans le pays, hein, Jean-Michel Blanquer, Gabriel Atal, Améliou Castera, aujourd'hui Édouard Jeffrey et en fait tous essayent de de finalement lancer des réformes mais n'y arrivent pas en raison notamment de l'instabilité politique. Vous avez raison, depuis en fait la dissolution, c'est très
compliqué finalement de tenter de de de réformer le le système scolaire. Après, le mot réforme, ça fait très peur, hein. On a l'impression que que que l'objectif de d'un gouvernement ou d'un ministre qui qui souhaite réformer le système scolaire va tout va tout chambouler. C'est pas le cas. Mais ce qui est sûr, c'est que vous avez et d'ailleurs, c'est ce qui s'est passé dès hier soir en commission. Vous avez vu que le la partie recette du budget a été retoquée. Euh alors évidemment les les débats vont vont vont commencer du côté par le ban à partir de mardi, mais ça montre bien que finalement cette revendication des lycéens de 10 milliards d'une enveloppe de 10 milliards d'euros sur la table, on en est très loin. Ça va être très compliqué à porter. Il y a pas de
majorité aussi pour pour ça. Euh la demande de non suppression aussi euh des de postes d'enseignien dans le prochain budget, ça aussi c'est difficilement tenable de de part et d'autres hein, aussi bien par pour ceux qui qui portent cette mesure, c'est-à-dire la gauche et notamment et lesfilli que pour ceux qui sont contre euh évidemment le le gouvernement et et ses alliés. Donc voilà, on est on est sur euh finalement euh des des lycéens, une jeunesse qui est un petit peu prise en otage euh de par une instabilité politique qui perdure euh dans le pays, en tout cas au moins depuis la dissolution ratée de de 2024. Ellisabeth Alain Moreno, euh si enfin pour être précis aujourd'hui, le premier problème, c'est quoi ? C'est le manque de poste, le manque de candidats pour
les occuper ou la difficulté de envoyer ces ces enseignants là où on a besoin d'eux ? Bah c'est alors le manque de personnel, ça c'est évident puisque ça fait maintenant plusieurs années, notamment depuis la réforme des concours de Jean-Michel Blanquer, euh que les viviers se sont largement asséchés, quasiment à 50 % pour la plupart, que ce soit pour les postes de professeur des écoles ou d'enseignants du second degré. Euh mais on a également des suppressions de postes qui ont largement euh pénalisé, alourdi un petit peu le euh le la facture, hein. Euh donc, on a l'Île-de-Fance qui est très touchée, on a des disciplines aussi dans euh le second degré qui sont aussi touchées. Euh le lycée professionnel pâtisse aussi justement des manques de personnel et
des fermetures de poste, là où on a des élèves les plus les plus fragiles. Mais ça c'est ce sont des choix politiques, hein. les fermetures de poste. Ça fait des années maintenant que chaque rentrée par baisse de du nombre d'élèves, on nous justifie des baisses de profs. Or, on a oublié que euh en France aujourd'hui, on n' pas besoin uniquement de prof. C'est-à-dire qu'un prof, il peut pas être psychologue, il peut pas être infirmière, il peut pas être assente sociale. Euh il a besoin de de d'autres professions et d'autres compétences qui ne sont pas son métier pour pouvoir exercer et enseigner correctement et faire son métier. Et aujourd'hui, on manque cruellement de ces professionsl. Donc c'est vraiment tout un écosystème qui n'est pas regardé de façon macro euh et comme je le disais
avec beaucoup de visibilité à court terme et aujourd'hui on en paye vraiment les frais. Euh cette mobilisation lycéenne qui euh converge pour partie avec des revendications que nous portons en tant que personnel de l'éducation nationale, elle montre à quel point un petit peu la colère a été contenue. Aujourd'hui, elle est face à un gouvernement à qui ne reste que quelques mois. Donc forcément les solutions qui sont apportées, elles ne peuvent pas avoir du crédit étant donné qu'elles arrivent très tard. qu'elles arrivent peut-être trop tard et qu'il va falloir penser maintenant beaucoup plus à l'avenir et à l'apprès. Euh reste restez avec nous Anthony. Effectivement, il y a ce fameux classement Piza euh des pays de de de l'OCDO de l'OCDE pardon. Et ce que moi
qu'on pu dire, c'est que la France est pas très bien classée. Euh on est 27e des gringoles et on a beaucoup beaucoup à apprendre nos voisins britanniques. Oui, ça c'est incroyable. D'ailleurs quand on regarde les résultats de la Grande-Bretagne, don on imagine que c'est un système scolaire un peu plus inégalitaire que nôtre. Et bien pas du tout. Dans les faits, le système britannique est moins inégalitaire que le nôtre. Les jeunes issus des classes populaires ont plus de chance en Grande-Bretagne d'accéder à l'université, ensuite d'avoir et oui oui, c'est c'est tout à fait juste pour une raison. Ça s'appelle l'autonomie des établissements et des professeurs qui choisissent même le type de de de pédagogie qu'ils doivent adapter pour leurs élèves. Plus de moyens aussi
donnés au au dans les endroits les plus dans au lycée ou au aux écoles les plus défavorisées. Et puis enfin une une autonomie aussi très très large des professeurs d'établissement des professeurs pardon des des chefs d'établissement qui peuvent recruter leur leurs élèves. Alors je vous donne les résultats parce qu'ils sont spectaculaires quand même. Il faut savoir que la Grande-Bretagne dépense 80 milliards d'euros de pour son budget d'éducation nationale. On est à peu près dans les eaux du du budget français puisqu'en fait retirer des retraites, on est à peu près là-dedans. Et bien pour 80 milliardaires, pour le même budget avec la même population, le même type d'économie, à quelques dizaines de kilomètres de nos côtes quand même, les Grandbretons font son 8e rang mondial et
donc ont gagné sep places récemment en terme de science, 10e rang mondiale pour les mathématiques et 10e rang mondiale pour la compréhension de l'écrit. Je rappelle que Piza, c'est des élèves de 15 ans qui passent les mêmes épreuves dans le monde entier. Nous sommes 27 ou 28. Nous sommes 27 ou 28, très loin de la Grande-Bretagne qui a gagné en quelques années sep places sur les sciences, quatre places sur les mathématiques, trois places sur la compréhension de l'écrit. Donc, si je comprends bien Antoine par exemple, l'une des premières solutions, ce serait de commencer par une sorte de décentralisation de de l'éducation au final. Oui, absolument. Et d'ailleurs, quand vous regardez l'Espagne qu'Anthony connaît bien ou l'Allemagne ou même l'Italie, en fait euh tout est
décentralisé, c'est géré par les régions, par les lenders, par en fait chaque localité qui finalement peut gérer bah les lycées, peut gérer les collèges, les établissements scolaires. En France, en fait, les lycées sont gérés, vous savez, au niveau des compétences par les régions, mais il gère ça au niveau du bâtis scolaire, c'est-à-dire de la construction, du financement du bâtis scolaire. Mais c'est tout. Voilà, ça concerne pas les anciens, c'est le c'est les rectorats d'académie, c'est l'État. Et donc du coup euh ce côté très jacobin de notre pays, bah il peut avoir aussi des incidences directes. On parle souvent de la centralisation parisienne. Tout se décident encore à Paris alors qu'en Espagne et en et en Allemagne, c'est pas le cas. Je rappelle juste pour pour terminer que
l'Italie fait mieux que l'Allemagne, mieux que l'Espagne, mieux que la France, mieux que la Grande-Bretagne, c'est spectaculaire. Mais l'Italie aussi qui s'est réformé ces 10 dernières années justement pour accorder plus d'autonomie et plus de respiration à ces lycées et collèges. Merci à vous tous et merci Ellisabeth Alain Moro d'avoir été avec nous tous ce matin en direct dans 10 minutes info.
Édouard Geffray