L'invitée de Bourdin Direct : Rachida Dati - 10/09
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Jean-Jacques Bourdin. Rachida Dati, bonjour. Bonjour. Merci d'être avec nous, maire du 7e arrondissement de Paris et membre des Républicains. Journée parlementaire des Républicains. Vous n'êtes pas parlementaire, mais vous n'êtes pas à Nîmes. Non, je n'avais pas à y être.
Non, tous les élus, les parlementaires, évidemment, c'est les journées parlementaires par définition, mais tout le monde est invité, comme vous avez pu le voir. D'ailleurs, hier, nous avons eu tous nos candidats à l'élection présidentielle, y compris ceux qui ne vont pas à la primaire, qui ne souhaitent pas la primaire. Ils ont dîné ensemble.
Oui, vous n'étiez pas à Nîmes.
Non.
Pourquoi ?
Parce que, comme je vous l'ai dit, je ne suis pas parlementaire, mais on a eu des réunions avec le parti, la veille, l'avant-veille, quasiment tous les jours.
Vous n'êtes pas candidate à la primaire. Vous ne serez pas candidate à la primaire.
D'abord, on ne sait pas s'il va y avoir une primaire.
Oui, ça, oui. Mais que sait-on de ce qui se passe chez les Républicains, d'ailleurs, Achida Dati, entre nous ? Parce que, quand on regarde le spectacle de l'extérieur, pardon... Lequel ? Quel spectacle ? Je ne sais pas, le spectacle d'une désunion, d'un manque de décision, de quoi ? Rien des décidés. Ça fait combien de temps que vous discutez d'une éventuelle primaire ?
Franchement, vous y allez fort en direct, je veux dire. Ah bon, le spectacle des Républicains ? D'abord, c'est le premier parti de France, en termes de militants et élus. Oui, non, mais ça, oui, justement, ça vous oblige. Ça ne vous intéresse pas, mais le programme et le projet a été rédigé, présenté aux jeunes le week-end dernier, mais ça n'intéresse pas les journalistes. Ça, c'est comme d'habitude. C'est faux. Non, mais comme d'habitude, peut-être pas vous, mais en tout cas, ça n'intéresse pas les journalistes. Donc, on a un projet, un programme qui a été rédigé, c'est deux ans de travail, sous l'autorité, évidemment, de Christian Jacob. C'est le premier point.
Le deuxième point, nous allons effectivement sur l'élection présidentielle et nous avons besoin d'un candidat unique. Donc, on a un projet, on a une 7 points, un socle idéologique.
Pardon, mais...
Peut-être que quand on se regarde, on s'inquiète, mais quand je regarde les autres, je me rassure. Vous avez eu l'État... Vous pouvez me dire ce que c'est, la République en marche ? Vous pouvez me dire où on est la gauche ?
Ah ben, vu qu'en marche, elle a son candidat.
Oui, d'accord. On est la gauche. Donc, moi, je vous dis, pour la droite, on a un projet. On a un patron du parti qui, effectivement, a fait travailler les élus, les militants, les adhérents de ce parti. Aujourd'hui, nous souhaitons un candidat unique à l'élection présidentielle. Donc, il y a effectivement la question de la primaire. Nous allons poser la question aux militants. Le 25 septembre, les militants, les adhérents, se prononceront et décideront de savoir est-ce qu'il y aura une primaire dans notre famille politique ou pas. Aujourd'hui, nous avons des candidatures, mais l'objectif de tout cela, le but de tout cela, c'est d'avoir un candidat unique pour l'élection présidentielle.
Alors, candidat unique pour l'élection présidentielle, donc primaire ou pas, la décision le 25 septembre, est-ce que s'il y a primaire, vous serez candidate ?
Non, mais de toute façon, aujourd'hui, c'est de savoir quels seront les autres candidats à la primaire.
Non, mais je ne vous pose pas la question sur les autres. Moi, je vous le demande, tout simplement.
Je reviendrai le 26 septembre, si vous voulez, ou le 27, et je vous le dirai à ce moment-là, en fonction de la décision...
S'il y a primaire, vous pourriez être candidate ?
Vous pourriez faire partie du débat. Aujourd'hui, les candidats ne sont pas totalement déterminés, parce qu'il peut y en avoir d'autres.
Donc, s'il y a primaire, ça vous intéresse, de faire partie du débat ?
Si, tout le monde est d'accord pour faire la primaire, pour avoir un candidat unique. Parce qu'aujourd'hui, à quoi on assiste ?
Mais Xavier Bertrand ne sera pas d'accord !
Non, mais je vous le dis, c'est pour ça que je vous dis, il faut qu'on appelle à la responsabilité des candidats, tous les candidats, y compris Xavier Bertrand, parce qu'aujourd'hui, vous avez des candidats qui sont candidats à la primaire, mais qui ne jouent pas à la présidentielle, des candidats, et il y a des candidats qui sont candidats à l'élection présidentielle et qui n'iront pas à la primaire. Donc, ça pose un problème.
Ben oui, ça pose un problème. C'est pour ça qu'il y a confusion totale.
Donc, nous devons régler ça, moi je considère, avant le 25 septembre, pour trouver le mieux d'avoir un candidat unique.
Donc, vous ne dites pas ce matin, non, je ne serai pas candidate à la primaire.
En tout cas, je participerai au débat, ça c'est sûr.
Mais vous ne dites pas non, je ne serai pas candidate.
Non, moi je ne serai pas candidate à l'élection présidentielle. Je participerai au débat.
Ah, vous ne serez pas candidate à l'élection présidentielle.
Non, parce qu'aujourd'hui, sur l'élection présidentielle, on a dévoyé cette élection. Enfin, ce n'est pas un casting. Ce n'est pas un casting. On a dévoyé, on a désacralisé cette élection présidentielle. On est passé de la présidence normale à la présidence type...
Mais vous savez, Bertrand est déjà candidat. Est-ce qu'il a tort, est-ce qu'il a tort aujourd'hui, de tenir la position qu'il tient ?
Il n'a pas tort d'être candidat. Moi, je considère qu'il puisse dire publiquement ce qu'il nous dit à nous, c'est qu'il est tout à fait d'accord avec nous, pour qu'il y ait un candidat unique. Et il s'englobe dans cela. Donc, il y en a bien un qui va se ranger derrière un autre.
Il dit, je suis d'accord pour qu'il y ait un candidat unique, mais il faut que ce soit moi. Voilà ce qu'il dit.
Non, il n'a pas dit... Il a dit, il faut un candidat unique. Il n'a pas dit, il faut que ce soit moi.
Enfin, c'est ce que tout le monde comprend. Pas vous, non ? Non, parce que moi, je ne lis pas encore... Je pensais qu'il est capable de se ranger derrière... Il est capable de se ranger derrière qui ?
Valérie Pécresse ? Je ne suis pas mentaliste, je ne lis pas dans son cerveau. Il a dit, il faut un candidat unique. Maintenant, il faut qu'il dise publiquement quelle est la configuration pour avoir un candidat unique. Si on va à la primaire et qu'il ne va pas à la primaire, dans quelle mesure il se range derrière notre candidat ou l'inverse ? Mais en tous les cas, il faudra un candidat unique. Sinon, M. Bourdin, je vous rends les clés. Enfin, je vous rends les clés. On rend les clés de la famille politique. Mais je veux dire, c'est la première fois, d'habitude, même pour une primaire ou pas d'une primaire, on avait des écuries. On était pour Sarkozy, pour Fillon, pour Juppé.
Là, il n'y a pas un engouement pour un candidat en particulier. Mais je veux vous dire, l'engouement, il est où ? Pour nos électeurs. L'engouement, il est pour la victoire. Ils veulent la victoire. Donc, celui qui ne se pliera pas à des règles du jeu, des règles collectives, pour avoir un candidat unique, pour aller à la présidentielle, parce qu'on a de fortes chances de la gagner, portera la responsabilité de la défaite.
Bon, je pense que Marine Le Pen ne sera pas au second tour. Après six semaines de campagne, je suis déjà à 50-50 avec Macron. Alors, choisissez-moi. On verra où on en sera dans trois mois. C'est Valérie Pécresse qui dit cela. Valérie Pécresse, la meilleure candidate ? Non, mais tout le monde peut dire ça. Oui, tout le monde peut dire ça.
On a quand même des candidats de qualité.
Bon, vous avez vu, en région parisienne, Valérie Pécresse candidate, Anne Hidalgo candidate, donc pas vous, pas candidate à la présidentielle. Anne Hidalgo va rester maire de Paris ? Logique ?
Enfin...
Candidature...
Attendez, vous, vous trouvez que Paris est gérée ? Je ne le pose pas. Non, mais je vous le dis, Mme Hidalgo n'est plus là depuis un moment. Moi, je vous invite à lire l'article du Figaro aujourd'hui, qui annonce...
Elle annonce le chiffre de la délinquance et l'aviance de la sécurité.
Elle annonce le chiffre de la délinquance. Paris, on est dans le peloton de tête sur la délinquance, sur l'explosion de la délinquance, et notamment de la délinquance des mineurs. Nous sommes en France, Paris, et ça, c'est la responsabilité de Mme Hidalgo, elle est responsable de l'explosion de la délinquance des mineurs à Paris, dont la grande majorité de cette délinquance est imputable aux mineurs étrangers isolés. Enfin, mineurs, aux prétendus mineurs. Vous savez qu'il y a un dispositif national dans lequel nous inscrivons les mineurs étrangers. C'est-à-dire qu'on inscrit leur âge et leur minorité, ou en tout cas, la présomption de minorité.
Mme Hidalgo ne veut pas s'y soumettre, donc nous avons à Paris des mineurs de 45 ans, des mineurs de 32 ans, qui sont responsables de la majorité de la délinquance à Paris. Tous les arrondissements sont concernés. Cambriolage, braquage, atteinte aux personnes, le crack, la drogue, trafic de stupes, traite des êtres humains, aller dans le nord et l'est de Paris, la traite des êtres humains sur ces mineurs bat son plein. Trafic de stupes, vous avez bien vu, des quartiers entiers, des arrondissements entiers qui sont pris en otage. Je vous l'avais dit, y compris pendant la campagne, nous avons des zones de non-droit à Paris. J'ai fait campagne partout à Paris. J'y suis encore.
Est-ce que vous avez vu les habitants, les riverains ?
Dixième, dix-huitième, dix-neuvième, alors que faites-vous là-bas ? Que faites-vous dans ces arrondissements ?
On a confisqué des jardins publics pour y mettre des trafiquants de stupes et des toxicomanes. Voilà la vie parisienne.
Olivier Véran propose d'ouvrir, comme un Hidalgo, des lieux de prise en charge pour les consommateurs. Gérald Darmanin s'y oppose. Gérald Darmanin s'y oppose. Il a raison. Comme le préfet de police. Comme le préfet de police. Ils ont raison.
Comme le procureur de la République s'y est opposé dans le cadre d'une réunion. Pourquoi ? Ça veut dire quoi, salle de prise en charge ? Ça veut dire quoi ? Prise en charge de quoi ?
De la consommation et de l'aide à ceux qui consomment.
Non, parce qu'à Paris, Mme Hidalgo, pour lutter contre le trafic de stupes ou pour la toxicomanie, elle ouvre des salles de shoot. On conforte les gens dans les addictions. Ce sont des endroits où on donne des seringues pour prendre de l'héroïne. Donc, dans des endroits qui sont devenus des zones non-droits. Aux abords, ce sont des lieux de fixation pour tous les dealers. Mais alors, que fait-on ? Mais attendez, je vais vous dire ce qu'il faut faire. Et le crack, comme vous le savez, ce n'est pas du shoot. Donc, elle va ouvrir des salles de crack. Mais est-ce que vous avez vu l'état des individus qui sont drogués au crack ? Oui. Ce sont des gens qui ne sont plus eux-mêmes, qui sont les...
Moi, j'en rencontre. Avec l'association Aurore, Aurore, avec l'association Gaïa, on a fait des tournées. Je suis impliquée sur ces sujets depuis tant d'années, M. Bourdin. C'est un vrai sujet.
Mais alors, que fait-on ?
Moi, je vais vous dire, il y a sur le trafic de stupes deux aspects. Les dealers, les vendeurs, pour lesquels il faut une procédure très particulière. Et si vous voulez, on peut en parler. Sur les consommateurs. Les consommateurs. Vous avez le consommateur sur certains types de drogues. Il faut peut-être encore augmenter les amendes. Mais les consommateurs, les toxicomanes qui n'ont plus de libre arbitre, il ne faut pas pouvoir avoir une hospitalisation sous contrainte dans des lieux dédiés comme ça existe dans certains pays. Ce n'est pas ce que veut faire Mme Hidalgo. On a proposé que l'hôtel Dieu soit transformé.
du Val-de-Grâce puisse avoir des endroits dédiés de prise en charge de ces toxicomanes. Parce que, je veux vous dire, c'est aussi le cas en prison. Les psychologues ou les psychiatres vous disent qu'on ne peut pas soigner quelqu'un qui n'adhère pas au processus de désintoxication. Mais ces toxicomanes, ils ne sont plus eux-mêmes. Et donc, il faut pouvoir les prendre en charge avec des vrais moyens pour évidemment les désintoxiquer. Regardez quand vous avez des moyens pour les gens qui sont de conditions sociales très favorisés. Ils vont dans des centres qui coûtent très cher. Ils sont désintoxiqués. Ils font des livres. Ils disent « Formidable, je m'en suis sorti. » Et les autres ?
Tous ceux qui sont dans la rue. Qu'est-ce qu'on en fait ? Bah rien. Moi, je veux vous dire, vous voyez ces gens de gauche, ils sont généreux aux dépens des toxicomanes, des trafiquants de stupes, mais aussi des parisiens.
Rachida Dati, je voudrais revenir sur la politique et sur Éric Zemmour. Éric Zemmour voudrait participer à cette présidentielle. On ne sait pas s'il est là pour vendre son livre ou s'il est là pour préparer une candidature à la présidentielle. On le saura bientôt, enfin, parce que ça alimente évidemment tous les débats. Ce sera un candidat utile. Franchement. Moi, je ne veux pas comment... Il serait utile au débat démocratique ? Est-ce que sa candidature serait utile au débat démocratique ?
Ce qui est utile aujourd'hui, c'est de rétablir l'autorité, la sécurité et réduire les inégalités en France. Voilà ce qui est utile pour la France et les Français. Moi, je ne vais pas commenter des candidatures de témoignage ou des candidatures qui n'en sont pas vraiment ou qui n'en sont pas à ce jour. Donc, moi, je suis venue sur votre plateau pour parler de l'état de la France.
Mais je sais que vous ne voulez
pas parler d'Éric Zemmour. Pourquoi ? Parce que je ne veux pas commenter quelque chose qui je considère...
Lui qui vous a brocardé parce que vous aviez appelé votre fille Zora. Vous vous souvenez de cela ?
Oui, je m'en souviens. Il a appelé à ma démission du ministère de la Justice.
Démission du ministère de la Justice.
Parce que j'avais appelé ma fille comme j'ai donné le prénom de maman à ma fille. Maman qui était décédée.
La France bientôt sous le joug de la loi archaïque d'Allah, dit-il. Est-ce que vous croyez que la France sera bientôt sous le joug archaïque d'Allah ?
Quand on est dans l'excès, moi, je trouve qu'on n'est plus audible. Oui, on a des problèmes graves en France. L'islamisme, les inégalités, les violences, la criminalité, le trafic de stupes. Tout ça, ça fracture la France. Regardez, il n'y a pas un jour, pas un jour, où on n'assiste pas à des violences urbaines, je n'appelle même pas ça, à des tentatives d'homicide contre les forces de l'ordre. Monsieur Bourdin, j'ai été député européen. J'ai vu aucun autre pays européen ne connaît ce type de violence. Nous sommes le seul pays en Europe à connaître ce type de violence contre les forces de l'ordre. Est-ce que c'est normal ?
Chaque jour, on assiste à un affaiblissement de l'État et de l'autorité. Et on laisse faire. Et on laisse faire. Vous avez des policiers qui reculent tous les jours, qui reculent, qui ont peur, qui ont peur pour leur vie. Dans quel État ? On n'est plus, ce n'est plus un État de droit quand on arrive à cela. Aujourd'hui, l'urgence, c'est d'avoir une politique pénale claire et ferme. Une nouvelle crédibilité, donner une nouvelle crédibilité à la sanction pénale. Mais aussi, il faut donner de l'assurance à nos forces de l'ordre pour qu'ils puissent riposter. Aujourd'hui, la police a plus peur de la justice que les délinquants eux-mêmes ont peur de la justice. Vous voyez ce que c'est ?
Voilà ce qui est devenu aujourd'hui notre pays. Alors après, on va venir sur vos plateaux se gargariser. Oui, tous les indicateurs économiques sont au vert. Formidable. On a créé plus d'emplois qu'avant. La croissance est de retour. Mais moi, je ne me satisfais pas de ça quand on a une France de plus en plus inégalitaire, une France de plus en plus fracturée, une France où effectivement, la violence sont liées partout. Qu'on s'attaque aux forces de l'ordre. Partout. Partout. Que la police recule. Que la police recule. Donc, je ne me satisfais pas de cela. Ça veut dire que la République recule. La République recule. Mais à Paris même, au cœur de Paris, la République a reculé.
procès des terroristes présumés du 13 novembre 2015. Les faits, les témoignages. Vous avez entendu les rhodomontades, qu'est-ce que je dis, les provocations de Salah Abdeslam. D'ailleurs, les médias en parlent beaucoup, peut-être trop. Ça, c'est un autre débat.
Vous avez raison, c'est un point sur lequel j'aurais à revenir.
Alors, allez-y. Qu'est-ce que vous vouliez dire à ce propos ?
Ce procès, moi, je trouve qu'il est utile. Il faut qu'il se tienne. Et ce type de procès, il faut qu'il se tienne. Pourquoi ? D'abord, ça démontre la force de l'état de droit.
La force du droit.
La force...
De la démocratie.
De la démocratie sur la barbarie. Oui. Je veux dire, moi, je suis allée à Guantanamo.
Oui.
J'ai vu Guantanamo. J'ai vu les détenus qui étaient à Guantanamo. J'ai vu ceux qui ont été libérés et qui sont revenus au Yémen, en Arabie Saoudite, en Afghanistan, en Irak, Pakistan. J'ai vu tout cela. La France s'honore à obtenir ce type de procès. Et c'est vrai...
C'est mieux que Guantanamo.
Vous savez, vous avez vu que des personnes qui ont été détenues à Guantanamo font des procès pour obtenir des indemnisations colossales. Et donc là, il n'y a eu ni réparation, ni expression du droit. Alors, on est dans l'arbitraire, on n'est dans rien. Là, on a un procès, on a l'expression du droit. Moi, je pense aux victimes, aux familles des victimes, ceux qui ont perdu leurs enfants, leurs compagnons, leur mari, un membre de leur famille. Ils vont replonger pendant neuf mois dans la douleur de cette tragédie. Mais ce procès est nécessaire. Alors après, là où je vous rejoins, aucun écho ne doit être donné aux provocations, aux délires. Je vais dire aux délires.
Ça voudrait dire qu'il ne sait pas ce qu'il fait. aux propos de M. Abdel-Slam lors de ce procès. Parce que donner un écho à ces propos, attention qu'il ne soit pas érigé en martyr. Parce que ça peut avoir un écho chez d'autres individus. Et donc là, la presse a une responsabilité. Moi, j'ai fait...
Un huis-clos aurait été préférable.
Certains avancent. Je ne sais pas. Ça, c'est aussi... Certains avancent, oui. Oui, ça pourrait être une possibilité. Moi, j'ai tenu, comme vous le savez, j'ai été magistrat. Oui, c'est pour ça que je vous pose la question. J'ai eu des procès de preneurs d'otages, de criminels et de criminels très dangereux. Mais on n'a jamais fait écho des propos qui pouvaient être tenus dans le box. Mais c'était important qu'ils soient dans le box pour les victimes, les familles des victimes et pour le droit et pour la démocratie que nous sommes. Justement, on parlait du recul de la République. S'il n'y avait pas de procès, ça serait encore un recul de plus. Moi, je souhaite...
Vous savez, très sérieusement et avec beaucoup de solennité et de gravité, je souhaite que cette élection présidentielle moi, je le dis, y compris à M. Macron, l'État de la France, vous ne pouvez pas imaginer comme elle est fracturée. Elle est fracturée en raison de la crise sociale, des inégalités sociales, regardez l'école. Elle est fracturée par les trafiquants de stupes, cette criminalité organisée qui finance le terrorisme. Mais elle est fracturée aussi par cet islamisme qui a dévoyé l'islam, qui a instrumentalisé les musulmans, qui a pris aussi comme arme par destination des musulmans. Attention, attention à la dérive dans laquelle va notre pays.
Et moi, je sais que certains politiques disent c'est pas grave, on joue l'abstention, ça va favoriser soit la réélection de M. Macron ou réélire certaines personnes. Attention, l'abstention, c'est aussi une arme par destination contre la démocratie, mais aussi contre la République et les valeurs de la République. Vous savez, moi, j'ai écouté, j'ai lu l'interview de Benoît Hamon qui quitte la vie politique. Il avait des arguments assez forts en disant je quitte la vie politique parce que je me rends compte les fléaux contre lesquels je me battais, finalement, j'y arrive pas. En gros, c'est ce qu'il disait.
Moi, justement, je ne veux pas déserter la vie politique parce que si je suis face à vous aujourd'hui, c'est parce que j'ai combattu justement ce qui aurait empêché à ce qu'une femme réussisse, à ce qu'une enfant d'ouvrier réussisse, à ce que des gens comme moi puissent aussi être sur votre plateau aujourd'hui. Aujourd'hui, c'est l'avenir de la France. C'est pour ça que, quand vous me citiez les propos d'Éric Zemmour tout à l'heure, il y a peut-être une part de vrai, mais attention, l'excès fait qu'on n'écoute plus. Mais je pense qu'il y a une part de vrai.
Il y a un écho.
Il y a un écho. Mais il y a un écho dans les deux parties. C'est-à-dire que, attention à ne pas ériger certains en martyr qui se retournent contre la République. Mais attention à ne pas entendre.
Quand on décompte le temps de parole d'Éric Zemmour, le CSA a raison. C'est une bonne mesure. C'est logique. Moi, je trouve que ce n'est pas logique dès lors où il n'est pas encore candidat. Mais Montebourg, Barnier, Hidalgo, leur temps de parole est décompté.
Il va être décompté dès lors à l'annonce de leur candidature. Barnier et Montebourg sont déjà décomptés. Vous voyez, après, je ne le savais pas. Mais si, effectivement, soit on met tout le monde sur le même pied d'égalité, soit on fait part de la distinction. Certains disent
qu'on devrait mettre le président de la République.
Alors, c'est une question récurrente.
Oui. C'est-à-dire ?
Non, mais c'est une question récurrente de dire, attention, parce que c'est vrai qu'Emmanuel Macron est en campagne. Il ne faut pas prendre les gens pour des idiots.
Le président de la République est toujours en campagne.
Oui, en particulier, regardez, moi je vais vous dire, sur la lutte contre le trafic de stupes, ce n'est pas en donnant de l'argent qu'on va régler ce problème. Le problème, il est plus grave que ça. Moi, je pense qu'ils n'ont pas pris la mesure de ce qu'était le trafic de stupes. Je crois qu'aujourd'hui, il faut pouvoir créer un parquet avec des magistrats des pays pourvoyeurs de cette drogue, un parquet mixte, des équipes communes d'enquêtes mixtes pour lutter, évidemment, contre le trafic de stupes. Rappelez-vous, l'ETA. Nous avons éradiqué l'ETA grâce à une justice commune, France-Espagne, des équipes d'enquêtes communes, France-Espagne.
C'était à l'époque de Nicolas Sarkozy, alors que l'ETA, ça a été un terrorisme qui a miné l'Espagne et la France pendant des décennies. On y a mis fin par une vraie vision et une vraie organisation pour lutter. En tout cas,
le karcher de Nicolas Sarkozy n'a rien nettoyé en matière de trafic de stupéfiants. Achida Dadi. Pas plus que les successeurs.
Non, mais M. Bourdin, non, vous êtes très précis, vous, je vais vous dire. Alors, allez voir les chiffres. La délinquance a diminué entre 2002 et 2012, fortement diminué, y compris sur le démantèlement des trafics. Ça a explosé entre 2012 et aujourd'hui. C'est à des taux inédits. Vous pouvez vérifier les chiffres. Alors arrêtez de dire Nicolas Sarkozy, Nicolas Sarkozy, Nicolas Sarkozy. Entre-temps, il y a eu François Hollande pendant cinq ans. On semble l'oublier. C'est vrai que les Français veulent l'oublier. Et nous aussi, c'est pour ça que nous voulons gagner à la prochaine présidentielle.
Merci Rachida Dati. 8h55, vous êtes sur RMC BFM TV.
Rachida Dati