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interviewSénat (sur YouTube)· 5 juin 2026 61 min

Présidence du CNRS : audition de Thierry Dauxois, candidat

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Chers collègues, nous allons reprendre nos travaux. Nous sommes réunis cet après-midi un horaire un peu inhabituel pour notre commission pour auditionner monsieur Thierry Doxois que le président de la République propose de nommer pour un mandat de 4 ans en qualité de président du Centre national de la recherche scientifique le CNRS en application des dispositions de la la loi organique et de la loi simple du 23 juillet 2010 relative à l'application du 5e alinéa de l'article 13 de la Constitution. Conformément aux dispositions de cet article, les commissions compétentes des deux assemblées sont appelées à formuler un avis sur cette nomination.

Le président de la République ne pourrait pas procéder à la nomination envisagée si l'addition des votes négatifs de chaque commission représentait au moins 3/5e des suffrages exprimés dans les deux commissions. À l'issue de cette audition, nous nous prononcerons donc sur cette candidature par un vote habiletin secret sans délégation de vote. Et je précise que nos collègues de l'Assemblée nationale vous entendrons monsieur Dexois demain et procéderont de la même façon à au vote.

Je vous rappelle que le CNRS, établissement en public à caractère scientifique et technologique placé sous la tutelle du ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche est le plus grand organisme de recherche à caractère pluridisciplinaire en France comptant 34700 personnels doté d'un budget de 4 milliards d'euros implanté sur l'ensemble du territoire national rayonnant à l'Europe et à l'international. Le CNRS exerce son activité dans tous les champs de la connaissance en s'appuyant sur plus de 1000 laboratoires de recherche. Alors que vous occupez depuis 2021 le poste de directeur de l'Institut de physique du CNRS, je vais vous inviter, monsieur Doxois, à nous présenter votre parcours professionnel, à nous expliquer les raisons de votre candidature et à nous exposer évidemment les grandes lignes du projet qui serait le vôtre si celle-ci et votre candidature était retenue.

Je je vous propose d'intervenir pendant une dizaine de minutes. Après quoi notre rapporteur Stéphane Piednoir vous posera une première série de questions et puis bien sûr toutes celles qui le toutes celles et tous ceux qui le souhaitent pourront également vous interroger. Sans plus tarder, je vous cède la parole monsieur Doxois.

Monsieur le président, mesdames les sénatrices, messieurs les sénateurs, je vous remercie de mauditionner pour vous présenter ma candidature pour le poste de président directeur général du CNRS. Présider cet établissement serait un honneur. Je ne consacis par me présenter.

Je suis directeur de CNRS physique depuis 5 ans et aussi membre du collège de direction du CNRS au cœur des arbitrages de l'établissement. Je suis membre du conseil scientifique de l'OPEX avec certains d'entre vous. et cette année auditeur de l'IHDN.

Une expérience qui m'a ouvert à toutes les questions de souveraineté, de géopolitique et de stratégie. Mon parcours, j'en suis convaincu, m'a préparé pour ce moment à travers une carrière de 25 ans comme chercheur à la curiosité large, tourner vers l'international et la collaboration. Le premier tournant dans ma carrière a été de devenir vice-président recherche de l'UNES de Lyon, travailler sur l'ensemble des thématiques scientifiques pour elle-même et en articulation avec les autres dans une période difficile, le début du Covid a été très enrichissant et un plaisir.

Cela a renforcé ma conviction que l'action collective fait la différence. Ensuite, c'est au cours des années à CRS physique qui est né progressivement mon projet. Avec mon équipe, j'ai lancé des initiatives structurante.

La prospective scientifique avec toute la communauté, bien au-delà de l'institut, l'année de la physique avec 15 partenaires et une gestion de l'institut fondé sur le dynamisme, l'agilité et la concertation. Je parle en chercheur CNRS avec une vision large à l'intersection de la recherche du pilotage scientifique et de la politique scientifique au service de la France. En exerçant ces responsabilités, j'ai pris la pleine mesure de la puissance scientifique du CNRS mais aussi de l'énergie qui restait à libérer en son.

Alors pourquoi candidater aujourd'hui ? Le CNRS est un établissement exceptionnel dans un moment critique. Oui, le CNRS est vraiment exceptionnel. par la qualité de ses chercheurs et ingénieurs qui sont très reconnus à l'international, par son spectre disciplinaire unique et agile, par son réseau international sans équivalent au monde et par la révolution de l'innovation engagée sous- Antoine Petit.

Le CNRS est le premier bénéficiaire européen du Conseil de l'innovation européen et il a le CRS à l'origine de la création de start-up très prometteuse dont on pourra reparler. Le CRS est exceptionnel mais le moment est critique sur trois plans. Une recherche faiblement financée 2,2 % du PIB quand l'Allemagne dépasse 3 %.

Une trésorerie non fléchée absorbée en 24 mois qui la soutenabilité de l'établissement. Une confiance au sein de l'établissement qui s'est fragilisé pour des raisons internes et externes alors que la confiance est absolument décisive pour faire de la recherche de haut niveau. Ce n'est pas une crise de l'institution, c'est une crise du système dans lequel elle opère et mon ambition est de déployer la capacité d'agir du CNRS pour la France concrètement, rapidement et de l'intérieur.

Mon programme est en trois piliers que je vais présenter brièvement aujourd'hui. Le premier est une réforme structurante pour l'efficacité et la lisibilité du CNRS. Je propose de réduire le nombre d'instituts pour des raisons scientifiques avant tout.

Les frontières disciplinaires ont profondément évolué en 25 ans. Le découpage que je proposerai s'appuie sur des arguments scientifiques solides et présentes d'un point de vue opérationnel des avantages en terme de lisibilité, d'arbitrage et d'interdisciplinarité. Cela se ferait a priori sans toucher au contours des sections thématiques.

Dès ma prise de fonction, je soumettrai ma proposition au conseil scientifique du CNRS. Ce dernier s'appuera sur des consultations larges internes et externes au CNRS puisque les missions de tous les nouveaux instituts seront national et renforcé. J'y reviendrai.

Cette cette réforme permettra de rendre le CNRS plus lisible pour les partenaires extérieurs, plus agile, plus cohérent, plus efficace. Je suis j'en suis convaincu. Elle facilitera les mobilités thématiques, les éventuelles mobilités des agents et renforcera la cohérence scientifique de l'ensemble du CNRS.

À chaque institut sera donc confiée une mission nationale affirmée dans l'animation de la recherche fondamentale de sa discipline avec des prospectives régulières et des conseils d'institut redéfinis comme de véritables conseils stratégiques de la discipline à l'échelle de la France. Mais c'est bien la concertation entre partenaires qui sera privilégié pas le pilotage par le CNRS. Je propose d'articuler ces instituts nationaux disciplinaires qui seront garant de la périnité de la recherche fondamentale avec les sep agences de programmes qui ont été créés récemment qui sont plus particulièrement orienté vers les priorités stratégiques nationales de court et de moyen terme.

Ça permettra de former un maillage couvrant l'ensemble du panorama scientifique et qui répondra aux attentes pour le CNRS. La recherche fondamentale, libre et exigeante nourrit les innovations, les innovations de rupture que les agences de programme contribuent à valoriser. Le deuxème point est qu'il faut rétablir la cohésion de l'enseignement supérieur et de la recherche.

Les tensions entre le CNRS, les universités et les grandes écoles nuissent à la crédibilité de la collective de la France. Il faut collectivement et urgemment normaliser et rééquilibrer ces relations. Il faudra aussi consolider la capacité d'expertise indépendant du CNRS qui a beaucoup progressé au service de la décision publique.

Enfin, une bonne intégration de la science dans la société passe par la capacité à traiter plus correctement des questions de sciences ouvertes, d'éthique, d'int d'intégrité scientifique, de questions vis-à-vis des du de des questions environnementales. Le CNRS doit continuer à être leader en la matière. Le deuxième pilier a pour en jeu de positionner le CNRS comme le comme le moteur de la compétition scientifique internationale pour produire les innovations de rupture qui feront les puissances de demain.

Ce sont en effet les découvertes fondamentales, libres et exigeantes qui donnent naissance au DIPTech, aux technologies critiques et donc aux avantages compétitifs durables pour la nation. Les prix Nobel le montrent chaque année, ne l'oublions surtout pas. Le CNRS est en position de leadership sur plusieurs fronts scientifiques décisifs qui structureront les équilibres scientifiques, économiques et géopolitiques des prochaines décennies.

Pour illustrer ce propos, je peux donner aujourd'hui 6 si exemples majeurs que je pourrais expliquer si expliciter si vous le souhaitez. l'intelligence artificielle, le quantique, les nouveaux matériaux, les climats et la biodiversité ensemble biologie et cerveau et société en transition. Pour garder ce ce leadership sur ses exemples et au-delà, il faudra continuer à attirer et à retenir les meilleurs talents.

Nous poursuivrons une politique ambitieuse d'attractivité internationale et nous déperons un accompagnement individualisé des parcours. Nous poursuivrons le rajunissement du recrutement pour comme levier de dynamisme scientifique et d'équité. Notons que recruter plus jeune ne défavorise pas les femmes.

Nous renforcerons enfin la parité tout particulièrement dans les postes de responsabilité. Il faut transformer la recherche fondamentale en un avantage compétitif durable et donc nous poursuivrons et renforcerons la politique d'innovation qui est un grand succès à consolider. Nous favoriserons les passages de relais entre découverte scientifique et valorisation industrielle notamment via les doctorants porteurs de l'aventure entrepreneuriale.

Enfin, nous amplifierons l'engagement des SHS, des sciences humaines et sociales dans la politique d'innovation, notamment via les projets à impact sociétal et environnemental. Il y a un vrai potentiel. Le troisème et dernier pilier concerne la science comme véritable levier d'influence et de coopération diplomatique.

Dans un dans un monde fragmenté, la science est l'un des rares espaces de dialogue et de confiance qui transcendent les alternances politiques. Il y a, je crois, trois dimensions dans la diplomatie scientifique. La diplomatie pour la science pour faciliter les coopérations et la mobilité internationale. la science dans la diplomatie qui intègre les preuves scientifiques dans la prise de décision internationale sur l'océan, le climat, la biodiversité, mais aussi la science pour la diplomatie pour maintenir des espaces de dialogue et de confiance entre nations.

Lorsque les canaux politiques sont fragilisés. Aujourd'hui où certaines frissances puissances mènent des offensives sans précédent contre la recherche et les libertés académiques, ces trois dimensions sont indissociables et la France doit vraiment réaliser la puissance de la science comme outil de soft power. Le CNRS et son principal instrument à la matière.

Donc il faut déployer le réseau international du CNRS comme outil d'influence. Nous consoliderons et amplifierons le réseau international du CNRS qui est un atout formidable et envié de par le monde. Il faudra d'une part tirer partie du recul de l'enseignement de l'engagement scientifique américain et trouver d'autre part le bon équilibre entre protection des savoir-faires nationaux et maintien des collaborations.

Ces trois piliers seront mis en place avec une méthode. Ma méthode sera de libérer immédiatement la capacité d'agir de l'intérieur. J'aurai deux principes simples de management : encourager le collectif et faire davantage confiance a priori sans sacrifier pour autant l'exigence scientifique.

Ma méthode repose sur trois leviers concrets activables sans délai. Le premier sera de simplifier pour libérer les énergies et redonner du temps à la recherche. Dès le début, je prendrai des mesures concrètes et visibles de simplification des procédures envoyant un signal clair de confiance a priori, la charge administrative mobilise aujourd'hui près de 30 % du temps des chercheurs.

La réduire significativement, c'est équivalent à recruter des milliers de chercheurs supplémentaires. C'est aussi redonner du sens et de la sérénité à des équipes qui en ont bien besoin. personnel de recherche comme personnel de soutien à la recherche.

Le deuxième levier sera de mieux mobiliser les ressources financières existantes. Le budget du CNRS est déjà beaucoup trop contraint. On ne peut plus promettre des économies supplémentaires.

En revanche, on peut mieux mobiliser les ressources existantes et aller en chercher davantage. Les fin, notamment au niveau de l'Europe, les financements sont ont une dimension collective dans la préparation que la la France et le CNR n'a pas suffisamment utilisé. Il faudra aussi réfléchir à une meilleure articulation des grandes entreprises avec la recherche publique.

Le troisème levier enfin sera une réorganisation pour être plus efficace. Je l'ai dit, la réforme des instituts est aussi un levier d'efficacité budgétaire. Moins de silos, moins de doublons, des périmètres cohérents.

Pour les mêmes euros investis, le CRS produira davantage d'impact. Donc le principe actif de ma candidature est une capacité d'action immédiate portée de l'intérieur. Le CNRS a a les talent la profondeur scientifique, la légitimité internationale et ce projet permettra de déployer la capacité d'agir du CNRS concrètement, rapidement et avec son personnel.

C'est un choix stratégique pour l'avenir scientifique et donc économique et politique de la France. Je vous remercie. Merci.

Première question de Stéphane Piedénoir, notre rapporteur. Merci monsieur le président. Bienvenue à vous monsieur Doxoir.

On se connaît un petit peu puisque vous l'avez dit, vous faites partie du conseil scientifique de l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques. Ça ne vous donne pas un avantage concurrentiel, mais je je tenais à le à le préciser néanmoins. En introduction, l'actuel président du CNRS, Antoine Petit, a alerté sur l'impasse budgétaire dans laquelle se trouve l'organisme, le CNRS, précisant qu'il ne, je cite hein, qu'il ne savait pas comment son successeur allait boucler le budget de l'an prochain. vous euh vous positionnez pour être ce successeur et quelle appréciation portez-vous donc sur la situation financière du CNRS et notamment sur quelques points alors certains que vous avez évoqué dans votre propos préliminaire, d'autres pas.

Premier point, l'évolution des subventions que lui verse l'État. euh les l'évolution des charges obligatoires non financées. Vous connaissez forcément ça déjà, mais euh on connaît la contribution au cas pension, la réforme de la protection sociale complémentaire, du glissement vieillesse, technicité, enfin de tout un tas de joyausetés comme ça qui vont être votre quotidien si vous accédez à ce poste.

L'évolution des ressources propres également du du CNRS, vous avez évoqué tout à l'heure le financement européen, des partenariats avec des entreprises. que vous pourriez développer un petit peu. Et dernier point, l'état de sa trésorerie, de son fond de roulement.

Voilà, globalement sur ce point financier. Comment comptez-vous aborder cette situation dégradée ? Vous l'avez dit tout à l'heure, concernant la gouvernance de l'écosystème de la recherche, quel regard portez-vous sur le développement des globalement des agences de programme et en particulier celle qui concerne le CNRS, celle que pilote le CNRS même qui s'appelle climat, biodiversité et société durable.

De votre point de vue, de quels avantages ou à l'inverse de quels inconvénients sont porteuses ces nouvelles instances ? J'aurais faire référence au euh à l'évaluation du récente du HRS sur le CNRS, faut pas se tromper de sigle, qui euh formulait notamment deux recommandations qui ont trait à la gouvernance. Mettre à jour le positionnement du CNRS dans ce nouvel écosystème et approfondir le partenariat dans les universités sont ces toutes ces recommandations.

Comment comptez-vous suivre ces recommandations ? 3è point, en matière de de simplification, vous avez dit que ça allait contribuer à libérer des énergies au sein de l'organisme. Quelle est votre position sur la gestion des unités mixtes de recherche ?

Et notamment, c'est une question que je pose assez régulièrement dans le cadre des des différents textes sur la recherche sur le régime des côtuteles, du nombre de cotutelles pour des UMR. Comment recevez-vous également la recommandation du HRS ? site lancer une opération commando pour répondre de manière urgente et décisive à la nécessité de simplifier les processus administratifs et de réduire le fardeau bureaucratif qui pèse sur la communauté du CNRS.

Fin de citation et fin de souffle. Euh 4e point, quelle appréciation portez-vous ? également sur la capacité des équipes du CNRS à mobiliser des fonds européens, mais vous l'avez évoqué les tout à l'heure.

Et enfin, comment abordez-vous à l'échelle du CNRS le défi de la souveraineté française et européenne en matière de de recherche, en particulier les leviers, s'agissant de l'hébergement des données de recherche, c'est un sujet particulièrement aigu depuis l'arrivée ou le 2e le second mandat de Donald Trump concernant la souveraineté française et européenne. Je vous remercie, je vais vous laisser répondre à cette première série de questions. Merci monsieur Piedénoir.

Donc sur le budget, la meilleure façon de défendre le budget du CNRS est de défendre la recherche et d'expliciter clairement le rôle capital de la recherche notamment dans le développement de des connaissances mais aussi dans les innovations technologiques et la souveraineté. Donc c'est le point essentiel à faire passer avant. Donc le le CLRS a effectuement effectuement accumulé une trésorerie euh impressionnante de l'ordre du milliard d'euros en raison de son excellence ou plus exactement en raison de l'excellence de ces agents qui sont extrêmement euh efficaces pour obtenir des appels à projet être laéat des appels à projet à l'Europe ou à la NR.

Les agents du CNRS représentent moins de 15 % du personnel d'enseignement supérieur de la recherche et ils ont récupéré 50 % des bourses versées de la France. Le problème, si l'on peut dire, consiste dans le rythme de versement des contrats. C'està-dire que l'Europe verse rapidement au cours des deux premières années la somme qui peut varier entre ou plus ou plusieurs millions selon le l'appel à projet. et le le décaissement se fait sur 5 ans.

Donc chaque année, il y a de l'ordre de 200 millions d'euros qui sont obtenus par les chercheurs et les chercheuses français du CNRS. Et cet argent-là, vu du ministère, vu de l'État français semble unisé. Mais cet argent-là est fléché pour faire des travaux qui ont été choisis par des comités extrêmement de haut niveau au niveau de l'Europe ou au niveau de la NR et que le PDG du CNRS ou ne peut pas utiliser.

Il y avait il y a eu une un contrendu de la Cour des comptes qui a été publié l'année dernière qui a fait état d'une gestion exemplaire du CNRS. entre 2014 et 2023. Dans les 18 derniers mois, effectivement la trésorerie non fléchée, donc pas celle dont j'ai parler tout à l'heure, la trésorerie non fléchée a plus ou moins disparu pour des raisons que vous avez évoqué ou des raisons qui ont été clairement clarifiées par Antoine Petit récemment.

Euh donc la trésorerie nonre fléchée est extrêmement réduite. Je mesure pleinement les contraintes et les efforts que doit faire l'État qui ont conduit à ces choix et à cette situation, mais je mesure aussi pleinement le l'effet sur la recherche en France et je mesure pleinement l'importance de la recherche fondamentale comme levier vers les connaissances mais aussi vers levier vers l'innovation et donc comme outil de vers la souveraineté technologique sur la gouvernance de la recherche. Vous avez évoqué les agences et notamment l'agence climat CBSD qui est, vous l'avez dit, vous avez utilisé le mot piloté par le CRS, je préfère coordonné par le CNRS et je souhaiterais qu'il y ait une modification de la manière de gérer ces agences pour qu'elles soient coordonnées par la le l'organisme qui lui a été attribué comme principal au service de l'ensemble de la communauté.

En tout cas euh j'essaierai de faire cela. Donc ces agences de programmes ont été créées en décembre 2023, ont été mises en place. Il y a sep agences de programmes.

Elles ne couvre pas l'ensemble des thématiques scientifiques. Elle ne couvre pas par exemple les quatre derniers prix Nobel de physique quantique ne sont dans aucune de ces agences. Ma proposition est donc de réduire le nombre d'instituts et de faire un un maillage transversal.

Donc on aurait les agences de programmes verticales, sep agences de programme dont une coordonnée par le CNRS et sep instituts nationaux de recherche fondamental coordonné par le CNRS au service de la recherche fondamentale. Il y a très bonne recherche fondamentale dans d'autres organismes de recherche au CVA, à l'INCERM, Alinre. La question n'est pas là.

Mais en revanche, que le CNRS coordonne me paraîtrait une euh quelque chose d'extrêmement important et ça permettrait de d'équilibrer le besoin de recherche, la première marche de l'échelle vers euh vers les TRL qui conduisent à la à l'innovation technologique dont on peut pas se passer. Sur la sur la sur le HRS. Euh vous avez parlé de la de la question de d'approfondir le partenariat avec les universités.

Donc je l'ai dit clairement, il faut changer le le relations avec les universités. Ça ça nécessite une évolution des deux côtés, des universités et des organismes de recherche. Je souhaiterais une vision plus apaisé, des discussions plus apaisées.

Je souhaiterais mettre en place très régulièrement des conférences justement stratégiques avec les universités probablement à chaque mandat pour que l'on puisse de manière coordonnée comparer les visions nationales du CNRS et les visions de sites des universités qui peuvent être complémentaires. Le CNRS a une vision nationale et peut aider les universités à choisir les meilleures orientations. En tout cas, ça n'est ma conviction.

Au niveau des UMR, vous avez évoqué pas évoquer pardon le nombre de cotutel. Oui, il y a des unités dans lequel le nombre de de côtutel est beaucoup trop large. Euh je pense que seulement si la confiance revient de davantage dans le système, mais c'est un travail collectif de remettre la confiance, on doit pouvoir euh faire peut-être deux catégories de de tuteles, des tutelles principales et des tutelles secondaires qui auront confiance dans les choix stratégiques pour les tutelles qui sont moins moins investis.

C'est des choses qui sont évidemment euh qui ont des conséquences. Euh mais il faut absolument alléger le fardeau administratif et s'en est sur la simplification du administratif du CNRS. En fait, cette amplification, elle est sur l'enseignement l'ensemble de de l'enseignement supérieur de la recherche, mais en fait, elle est même dans tout de l'organisation euh administrative française.

Euh j'ai parlé de l'IHDN tout à l'heure, j'ai beaucoup parlé avec des des des personnels des du monde militaire. C'est des choses qui sont voilà. Donc, il y a une véritable révolution à voir.

Je suis convaincu que la direction par intention, comme elle s'appelle dans certains domaines, permet de de faire évoluer la manière dont on traite les choses, réduire le nombre d'échelons, responsabiliser les personnes et ça va accélérer de fait le la prise de décision. Et en plus, chaque personne aura un vrai rôle. Il y aura pas 10 personnes qui successivement donnent leur avis sans vraiment avoir le le point.

Capacité à chercher les ressources européennes. Je l'ai dit, le CNRS euh est un très bon euh pas le CNRS, les agents du CNRS ont obtenu de très bons résultats. On peut mieux faire, même le CNRS, on peut mieux faire.

Je pense qu'un certain nombre de laboratoires ont compris, j'ai parlé de confiance, j'ai parlé de collectif. Certains laboratoires ont compris qu'on peut préparer une candidature à un ERC de manière collective au bénéfice ou porté par une chercheuse ou un chercheur et qui viendra animer la la dynamique scientifique au sein des laboratoires. C'est la les laboratoires qui font ça sont beau un bien meilleur taux de succès que les autres.

Donc il faut absolument faire cette révolution dans nos laboratoires pour préparer ces ces appels d'offre. 2e point, la France euh joue assez bien tire le Sénégal ti assez bien son rôle au niveau du pilier 1 de l'Europe, moins au niveau du pilier 2 et du pilier 3. Il y a beaucoup moins de candidatures.

Il y a des notamment au niveau du pilier 2, il y a des appels de au niveau de de collaboration et les les projets européens collaboratifs doivent être encouragés. Là aussi, il y a des laboratoires qui ont compris l'intérêt de ce travail qui est parfois plus en phase avec la dynamique des laboratoires français et qui répond mieux à cette structuration en en grandes équipes. Ça doit être généralisé sur les questions de souveraineté et d'hébergement des données de recherche.

Oui, c'est une prise de conscience qui est récente. Vous avez parfaitement raison, c'est un gros problème. Pour l'instant le les universités, le CNRS donnent toutes leurs données à qui il souhaiteraient les récupérer, mais certaines sont contrôlées ou été hébergées dans des pays dont l'évolution scientifi où le positionnement vis de la science a beaucoup évolué ces derniers temps.

Il y a une volonté de faire très attention à partager ces données qui sont extrêmement importantes, qui ont mis des décennies à être récupéré au service de de la recherche. Donc oui, c'est c'est un véritable enjeu. Une partie de ces réponses doit se faire au niveau de du CNRS, une partie au niveau de la France et je suis convaincu qu'une partie devra avoir lieu au niveau de l'Europe.

J'espère avoir répondu à la grande partie de de vos questions. Alors, on va continuer les questions. Je vais prendre toutes vos questions en commençant par celle de David Ross.

Merci monsieur le président et merci à Thierry Doxoi pour à la fois ses propos prééminaires et puis les réponses apportées au rapporteurs qui étaient très nombreuses. Euh alors je pense que lui acceptera aussi comme d'ailleurs Marie Permier le fait que ils vont se féliciter si le vote est positif, un mathématicien sera remplacé par un physicien. Je pense que c'est un élément important pour être pragmatique dans la gestion de cette belle maison qui CRS et dont vous êtes comme vous l'avez dit par votre parcours, un objet scientifique de la première heure.

Je reviendrai pas sur les questions financement et et trésorique. Vous avez abordé notamment en réponse aux questions rapporteurs, ni sur les propos d'ailleurs d'Antoine Petit dont je tiens à saluer l'action qu'il a mené au cours de ces deux mandats mais de ses propos un peu en forme de testament en tribune dominicale récemment. Et donc je vais revenir sur les trois piliers que vous avez évoqués sur les réformes intérieures.

Donc vous avez parlé de d'agence de fusion un peu des agences de programmes et des instituts au regard d'un maillage scientifique. Est-ce que vous pourriez dire un peu plus de mots aussi sur le maillage territorial puisque il y a un lien évidemment de du CNRS avec les autres ONR et les universités et les situations sont pas les mêmes évidemment en fonction des endroits du territoire national. Or, il y a bien le mot N dans CNRS qui parle bien de ce maillage à la fois scientifique et territorial.

Le deuxième plier était sur l'attractivité. Or, il me semble que bah comme beaucoup d'instituts en tout cas d'organismes, vous allez être confrontés à la pyramide d'âge et donc à la fuite potentielle au départ à la retraite de compétence. Donc comment assurer une attractivité encore importante du CNRS vis-à-vis évidemment de l'international mais vis-à-vis des jeunes et en particulier des jeunes filles puisque la réforme du bac vient hélas confirmer ce qu'on avait déjà vu et Marie-Pierre Mouier posera peut-être une question sur ce sujet-là. sur la difficulté d'attirer les jeunes filles vers les sciences dures et pourtant nous en avons cruellement besoin.

Enfin pas cruellement d'ailleurs. Euh et notamment une question particulière sur la reconnaissance et la mise en valeur du doctorat. Et puis donc le troisème volet, vous avez parlé de sciences et diplomatie, c'est extrêmement intéressant et j'aimerais dans ce domaineel qui est un peu particulier notamment sur information, désinformation, décision vous entendre sur le rôle que vous comptez faire jouer à l'IA et le numérique qui est aussi une des perles portées par le CNRS.

Pierre Ououillas. Merci monsieur le président. Bonjour monsieur monsieur Doxois.

Moi, je voudrais aussi euh rendre hommage au travail de votre euh prédécesseur si euh vous avez la majorité des des suffrages. Antoine Petit est le premier PDG du CNRS qui est venu ici directement au Sénat défendre son budget dans une relation de confiance avec avec les parlementaires et et un échange qui je pense a a donné une autre image du CNRS mais aussi de la science au Parlement et je pense que c'est extrêmement important. Je ne doute pas que vous serez dans dans la continuité de ce qu'il a pu faire. dans la relation avec avec les avec les parlementaires.

Alors, c'est une continuité qui passe dans le pack de la première ligne à à la 3è ligne parce que tous les deux vous êtes vous avez été joueur de rugby et face à l'overdose de balleron, je me permets un peu d'oxygène d'ovali. Mais pourquoi cette parabole par le ruby ? parce que vous avez tous les deux le sentiment que les individualités ne comptent pas si elles sont pas au service des équipes, hein.

Et dans votre dans votre propos, j'ai retrouvé cette volonté alors de faire travailler des collectifs à la fois au sein du CNRS et c'est fondamental mais aussi à l'extérieur et notamment dans les relations avec avec les universités et avec les pouvoirs publics, avec les décideurs et le parlement. Je je cite souvent ce chiffre. Euh j'ai demandé au secrétaire général du Sénat combien il y avait de chercheurs CRS qui venaient régulièrement tous les ans euh exposer euh des leurs compétences dans des missions d'information, commission d'enquête.

Euh tout le monde avait dit très peu, c'est entre 80 et 100 tous les ans. Tous les ans. Voilà.

Et vous avez toujours quels que soient les sujets, un chercheur du CNRS qui est spécialiste de la question. Or, ça c'est pas valorisé et c'est inconnu de tout le monde. Et donc ma question, elle porte sur les critères de l'évaluation de vos de vos chercheurs.

Bien évidemment, c'est la production scientifique, mais je crois que pour rapprocher la science de la de la société, il faut que les chercheurs qui aujourd'hui font l'effort d'aller vers les décideurs publics et notamment au Parlement puissent être récompensés dans leur évaluation pour un travail qui est difficile, exigeant et qui font très souvent avec beaucoup de beaucoup de convictions. Voilà. Merci monsieur Doxois.

Jacques Operé. Merci monsieur le président. Merci monsieur Doxois.

Le C le CNR c'est le premier opérateur de recherche publique en France et et en Europe et joue un rôle central dans la valorisation de la recherche publique et dans la transformation des résultats scientifiques en innovation utile à l'économie. Mais dans un contexte de concurrence internationale de nécessité de souveraineté technologique et de contraintes budgétaires. Vous en avez parlé tout à l'heure, c'est un enjeu crucial en tout cas au niveau de cette audition.

Il convient de définir comment le CNR sent renforcer les liens avec l'industrie sans affaiblir la recherche fondamentale ni alourdir les procédures pour les laboratoire les entreprises. Donc j'aurai quatre questions. La première, comment envisagez-vous, si vous êtes nommé à la T du CNRS de renforcer les relations entre le CNRS et le monde industriel ?

Ma deuxième question qui en découle plus précisément, quelle place souhaitez-vous donner au transfert de technologie à la propriété intellectuel ? parce qu'on sait qu'à ce jour la question des licences et du partage des droits entre CNRS, établissement, partenaire industriel est un point de friction récurrent aux licences donc au partenariat de codéveloppement et à l'accompagnement des PME et des ETI sont les entreprises de taille intermédiaire parce qu'il y a peut-être une priorisation à voir, je ne sais pas entre les grands groupes ou peut-être les ETI. 3è question comment éviteriez-vous que cette politique de valorisation nous conduise à une logique trop courttermiste ? ou à une bureaucratie excessive.

Et enfin, comment garantiriez-vous que ces partenariats servent à la fois l'innovation industrielle, la souveraineté de la France et la liberté de la recherche fondamentale ? J'aurais peut-être une question subsidiaire, c'est le risque des départs de nos chercheurs vers l'étranger, notamment vers les États-Unis ou vers le secteur privé technologique qui est bien réel et que je n'ai pas trouvé véritablement de votre document stratégique. Je vous remercie.

Mathilde Olivier. Merci monsieur le président. D'abord m'excuser, j'ai pas pu monsieur Doxois entendre le le début de votre présentation dû à un conflit d'agenda.

Je voulais euh revenir euh euh d'abord sur le rôle symbolique fort de du CNRS vis-à-vis de la communauté scientifique nationale et internationale dans un contexte où depuis plusieurs années euh nous assistitons à une montée des attaques contre les scientifiques qu' s'agisse de harcèlement en ligne orchestré par des réseaux climatosceptiques ou de remise en cause de pont entier du savoir scientifique à des fins politiques. Les chiffres sont éloquents. Dans une enquête qui était qui a été menée auprès de 468 climatologues européens, 39 % déclarent avoir déjà été harcelé en raison de leurs travaux.

Ce chiffre monte à 49 % de chez ceux qui ayant publié plus de 10 articles scientifiques et à 73 % chez ceux qui s'expriment régulièrement dans les médias. Je pense notamment au climatologue Christophe Cassou, directeur de recherche au CNRS et auteur principal du 6e rapport du JC qui a été harcelé en ligne au point de suspendre momentanément son compte X. Mais ce n'est pas un cas isolé. des chercheurs du CNRS comme David Chavalaria étudient ces réseaux de désinformation et documentent eux-mêmes que les scientifiques ont sont harcelé dénigré accusé de servir des élites ou d'avoir un agenda politique.

Le climatoscope observatoire développé au CNRS depuis 2016 a enregistré et analysé près d'un demi milliard d'échanges toxiques sur Twitter représentant entre 500000 et 2 millions de tweets par semaine. Donc ma question est la suivante. Comment conce-vous concrètement le rôle de président du CNRS pour davantage protéger les chercheurs de l'établissement face à ces attaque d'une nouvelle nature ?

Envisagez-vous de renforcer ou de créer des mécanismes adaptés et anticipés pour que les chercheurs ne soient pas seuls face à ces pressions ? Merci. Laurence Garnier.

Oui, merci monsieur le président. Monsieur Doxois, merci pour vos propos et une question très courte. Vous avez parlé au début de votre propos du budget consacré à la recherche en France, 2,2 % du PIB, vous avez cité l'Allemagne qui est à 3 %.

Les chiffres, vous le savez, montrent que le différentiel se situe surtout dans la recherche privée et que si on si on se concentre uniquement sur la recherche publique, le différentiel est nettement moindre. Il existe encore mais il est nettement moindre. Euh ça c'est une un premier constat.

Un second constat également, je rejoins les propos de mon collègue David Ross sur la question des doctorants qui sont souvent bouddés par le secteur privé et qui sont, nous dit-ons, en tout cas souvent employé dans de moins bonnes conditions, y compris de rémunération que des ingénieurs sans parcours de recherche. Donc on a une question en France sur la recherche et en particulier sur la recherche privée. Comment est-ce que le CNRS qui en qui est le vaisseau amiral de la recherche française peut être une locomotive pour renforcer aussi cette recherche privée qui fait défaut dans ses financements mais aussi dans l'emploi de doctorants issus des meilleures filières de la recherche française.

Et enfin Marie-Pierre Monier. Merci monsieur le président. Alors, mon collègue a commencé à parler des de la place des femmes dans la recherche.

Nous avons fait un très beau rapport que je vous invite à lire à la délégation droits des femmes sur femmes, filles et sciences que d'ailleurs j'ai eu la chance de présenter devant mes collègues. Il faut savoir qu' en France, les femmes représentent au moins d'un tiers des chercheurs et chercheurs scientifiques, c'est un quart des ingénieurs, et qu'elles sont encore moins nombreuses à occuper des postes à responsabilité au niveau des laboratoires de recherche ou des départements des entreprises. Alors que c'est un gage, la mixité d'innovation, de performance, de qualité tant dans les laboratoires que dans les entreprises.

Est-ce que dans ce que vous allez faire, vous allez intégrer cela et prendre des mesures qui peuvent faciliter qu'elles y soi ? Et la deuxième chose aussi sur laquelle nous avons été alertés au cours de cette mission, c'est les violences sexistes et sexuelles qui peuvent s'exercer. Est-ce que vous serez vigilant dessus à la fois pour que les la parole puisse se libérer et ensuite que des mesures peuvent être mises en place pour qu'elles soient évitées et que ceux qui les ont commises soient punis.

Merci. Voilà, je crois que toutes les questions ont été posées. On va maintenant vous laisser y répondre.

Très bien. Je vais essayer de faire plus ou moins dans l'ordre. Donc monsieur David Rose avait parlé du mathématicien remplacé par un physicien.

Non non, c'est un PDG qui est remplacé par un autre PDG. Euh chercheur CNRS euh quelle que soit sa discipline lorsqu'il devient responsable d'un établissement comme l'Organisme national de recherche qui est le CNRS, il oublie euh sa discipline d'origine. Dans mon parcours scientifique, j'ai eu énormément d'interaction avec les mathématiciens, avec les géophysiciens.

J'ai fait de l'occénographie. Ma thèse était avec la biophysique. Donc j'aime beaucoup la science.

Je suis pas compétent et aussi compétent partout, mais je ne suis plus physicien à partir du moment où euh j'aurai la chance d'être nommé si c'est si c'est le cas. Euh vous avez parlé de vous avez utilisé le mot de fusion entre agences et institut donc j'ai du mal m'exprimer. Non non, je pense pas du tout que à des fusions.

Ma proposition est vraiment un maillage avec dans une dimension les agences et dans l'autre dimension les instituts. Les instituts sont responsables de la recherche fondamentale et les agences sont responsables de de l'innovation euh innovation technologique ou innovation vers la société et l'importance vers les petites publics. J'en parlerai tout à l'heure.

Donc c'est vraiment dans ce sens-là pour mieux couvrir le domaine scientifique parce que les la recherche fondamentale est vraiment la première marche vers vers les innovations sur la les questions de l'attractivité vis-à-vis des jeunes et vis-à-vis des femmes. Euh et ça rejoint la question de votre voisine de gauche à la fin. Oui, il y a un souci de recrutement au niveau de de la recherche française.

La question est difficile à faire évoluer. Euh vous êtes tous les deux bien conscients. Les chiffres sont assez bas de l'ordre du tiers, vous avez dit au niveau du CNRS, au niveau dit moins d'un/4 pour les ingénieurs.

En fait, je suis physicien théoricien jusqu'à éventuelle nomination, c'est la section où il y a le moins de femmes qui est autour de 20 %. C'est extrêmement faible, j'en conviens, c'est extrêmement faible en France. Oui, en Italie, il y a beaucoup plus de théoriciennes en physique par exemple.

Donc en fait, c'est un souci peut-être dû à l'enseignement supérieur à la recherche française, mais probablement un problème de société bien antérieur qui commence très tôt par des biais des parents, des maîtresses et des maîtres d'école et c'est un problème compliqué. Donc, a-t-on fait des progrès ? Ben, il suffit de de regarder la la l'indicateur de la proportion des femmes au sein de du CNRS.

Il y a une évolution, il a une évolution dans le bon sens. Dans les promotions, il y a eu des modifications de la procédure qui ont été proposée par l'équipe précédente d'Antoine Petit qui montre queon peut être très actif en faisant en demandant aux sections d'être très vigilante à promouvoir par rapport au viviers et non pas par rapport aux candidates qui sont les femmes sont beaucoup moins candidates que les hommes pour des raisons qu'il faudrait expliquer mais que dont je n'ai pas la la l'expertise scientifique pour le le faire devant vous. Euh est-ce que les femmes peuvent être des grandes scientifiques ?

Évidemment, j'en connais des de très nombreuses qui que j'admire. Donc c'est j'espère que c'était pas votre question. Euh est-ce qu'une jeune est-ce qu'une jeune femme va avoir des difficultés dans le laboratoire de recherche ?

Oui, je dois le dire, ça arrive. Ça arrive partout. J'imagine que ça peut même arriver au Sénat, je sais pas.

Euh donc c'est c'est un problème de société. Les choses les choses évoluent. les la prise de conscience a été très importante au dans les laboratoires dont le CNRS est cotituel et ça va évoluer dans le bon sens.

Mais il faut vraiment réaliser que que l'ensemble du système a des biais et que c'est bien antérieur à même s'il y a des difficultés. par exemple, il y a 30 % de doctorant dans les laboratoires de physique et je l'ai dit autour de d'une vingtaine de % dans les laboratoires de physique de de permanent. Euh donc c'est une question qui ne se pose pas que aux scientifiques mais qui se pose à l'ensemble de la société.

Est-ce qu'on ne doit pas être beaucoup plus attentif sur le mariage territorial des des ONR ? Monsieur Ross ? Donc une de mes propositions explicitement marquées dans le dans mon programme, c'est de faire mieux travailler les organisations de recherche ensemble, de créer l'équivalent de France université en un France ONR qui permettrait justement de mieux coordonner l'activité de ces organismes nationaux de recherche au niveau national au service d'une meilleure efficacité de la France.

Je serai une proposition que je ferai très vite aux différents présidents directeurs généraux si j'eni la la possibilité sur la mise en valeur du doctorat. Oui, c'est un sujet. C'est un sujet pour le CNRS, c'est un sujet pour les universités, c'est un sujet pour la France.

Une des une des évolutions des 20 dernières années, c'est l'évolution qui allait dans le mauvais sens. un recrutement comme sur des postes permanentes dans les universités et dans les organisations de recherche de plus en plus tard. Donc un chercheur devait faire une thèse de doctorat donc test + 8 à minima + 2 3 4 5 parfois 10 ans de postdoc.

Ça amène à des âges extrêmement importants. Certains étudiants quand j'étais directeur d'un laboratoire de physique à Lyon me le disent clairement. Thierry, il est hors de question que je m'engage vers un projet de de vie qui m'emmène pendant 5 8 ans pour peut-être être pris au CNRS.

Euh donc à mon arrivée au CNRS en 2021, dans ma lettre de candidature, j'avais clairement dit que je pousserais pour une un rajonissement du recrutement qui est un avantage du système français des années d'à 40 30 ans. Je me rappelle très bien de la première intervention de Jean d'allibar devant les nouveaux entrants en février 2022 où il annoncé qu'il est Jean d'Alibar médaille d'or de CNRS, un des très grands scientifiques français euh peut-être invité un jour en Suède qui disait qu'il était rentré au CRS à 24 ans. Il y a eu un bro énorme dans la salle.

Tous les nouveaux entrants avaient 10 ans de plus. Donc cette ce rajunissement a été compris, cette demande a été comprise par les les les sections du comité national. Ils ont compris que c'était un avantage du système français.

On a beaucoup de désavantages mais c'était un avantage du système français. Donner aux chercheuses et aux chercheurs suffisamment tôt la confiance d'un organisme qui mise sur eux pour faire de la recherche. La confiance en soi est extrêmement importante pour faire de la recherche de haut niveau.

Je l'ai déjà dit. La confiance en soi ce n'est pas l'arrogance. C'est se sentir capable d'attaquer des problèmes et de les résoudre alors que les voisins pendant des dizaines d'années n'ont pas réussi à le faire.

Donc c'est quelque chose qui est important. Donc euh c'est un point. Le deuxième point, c'est proposer des débouchés différents du milieu académique.

Euh proposer ouvrir valoriser la la thèse de doctorat, ça a été dit par euh une autre de vos de vos collègues vers les entreprises. Un chercheur une un scientifique recruté dans une une entreprise allemande s'il a une thèse à 20 % de plus de salaire. En France, parfois les doctorants cachent leur thèse.

C'est incompréhensible. C'est au détriment de de du savoir et de la souveraineté technologique de la France. la présence à la direction générale de l'École polytechnique ces quatre dernières années de Laura Chouard qui au-delà d'être brillante et charismatique avait une thèse est un signe très fort.

On met à la tête de l'école polytechnique une personne avec une thèse pour les étudiants d'école polytechnique. C'est une manière de dire la thèse est importante. Donc ce sont des éléments qui me semblent très importants sur le les questions de monsieur Ozouias.

Donc sur le vous avez fait un rapide hommage à mon prédécessaire Antoine Petit. Euh j'abonde exactement dans ce sens-là. J'ai eu énormément de plaisir de travailler avec Antoine.

C'est un PDG qui a réussi à rénover complètement la vision de l'établissement et des chercheurs et des ingénieurs vis-à-vis de l'innovation. on va reparler euh qui a mis en place avec son équipe notamment Alain Chou et les équipes à à la direction Europe et internationale euh le réseau international qui est unique au monde. Euh j'ai eu beaucoup de plaisir, je l'ai dit, je me place dans la continuité des travaux d'Antoine.

J'ai pas toujours été d'accord avec Antoine euh en collège direction et des discussions importantes. il donnait l'autorisation de de dire quand on était pas d'accord si j'étais si je suis PDG, j'essayeraiit de faire aussi bien que lui en ce sens-là. Euh je viendrai quand vous le vous souhaiterez au Sénat avec Thomas Bourel qui m'a dit tout à l'heure qu'il accepterait de continuer avec moi si si je suis nommé.

Euh travailler avec les parlementaires est extrêmement important. les travailler sur les politiques publiques et implicitement dans le mandat du CNRS depuis les années 50 par une manière relativement à l'ambiquée de mais mais déjà suffisamment explicite et donc c'est extrêmement important. Donc ça m'a été posé par une pas par vous-même.

Ces questions sont désormais prises en compte dans l'évaluation. Le comité national de la recherche scientifique a été a changé complètement sa grille d'évaluation des chercheurs et des chercheuses. C'était entre 2021 et 2022.

Je sais parce que j'ai eu complètement à réécrire ma mon dossier pour des promotions auquel je demandais. On ne demande plus l'ensemble du nombre de publications et on demande aux chercheurs, aux chercheuses de bien déclarer le poids sur la recherche, le poids sur l'encadrement, le poids sur le l'animation, l'administration de la science, le poids sur l'intervention dans les politiques publiques et le chercheur ou la chercheuse peut clairement mettre en valeur ces poids-là. Vous avez dit qu'il y avait une demande de 80 à 100 personnes qui venaient au Parlement.

Je crois que même c'est par chambre. Il y en a 80 à 100 au Sénat et 80 à 100 à l'Assemblée nationale par an sur des questions euh très diverse. Il y en a beaucoup qui travaillent aussi sur euh avec le CE et les différents organismes de l'État français euh sur des questions économiques, sur la loi de loi de finance évidemment sur les questions liées à la biodiversité, au climat, le numérique, tout ce que l'on dit.

Oui, je suis joueur de rugby. Euh non, moi j'aime bien le foot, j'aime bien, je suis triathlète. Donc là encore, je pense qu'il faut être euh très ouvert et euh et la la question extrêmement importante pour moi seulement, c'est de d'essayer d'utiliser toutes les forces euh de notre euh de notre de notre nation, de nos chercheurs.

Euh j'aime beaucoup le cinéma, j'aime beaucoup la lecture. Je sais pas si j'aurai beaucoup de temps euh mais c'est quelque chose qui est qui est très important pour moi sur les questions de harcèlement. Je je n'ai je n'ai pas je n'ai pas parlé euh suffisamment.

Euh oui, il y a eu beaucoup de mesures pour euh défendre toutes les personnes harcelées qui ne sont pas forcément que des femmes. Euh même si c'est la très grande majorité. Le le CNRS est euh euh organisé, professionnalisé.

Je pense qu'on peut dire qu'il fait partie des organismes qui travaillent bien. Il y a une grande marge de progression. Il y a des lenteurs qui sont inacceptables pour les victimes.

Il y a des prises de décision en concertation avec les organisations syndicales. On peut mieux faire mais on fait déjà mieux qu'il y a et le point de l'atmosphère dans les laboratoires, le point que les jeunes femmes euh ou les femmes en général se sentent bien dans un laboratoire est essentiel. Le chercheur, l'ingénieur, la technicienne, l'ingénieuse sera bienvenue dans un laboratoire.

Euh en tout cas, je ferai tout pour cela pendant ma présidence si si je suis choisi sur les attaques sur les les chercheurs euh et les la question sur la la cohésion euh sur les chercheurs. Donc vous avez no cité Christophe Cassou euh que je ne connais pas personnellement mais dont je connais la qualité de ces interventions. C'est un climatologue de extrêmement brillant.

Vous avez parlé de David Chalarias que je connais beaucoup plus. Euh donc oui euh ces personnes ont été protégées par Antoine Petit par le CNRS et euh il y a d'autres personnes don je vais pas écrire le nom aujourd'hui pour pas réveiller des des des des problèmes. Le CNRS a vraiment joué son rôle, soyez-en sûr.

C'est pas forcément facile euh d'un point de vue au jour le jour d'un point de vue judiciaire, mais attaquer la science est un non sens pour moi. quelqu'un qui qui croit la science doit éclairer les débats de l'État. Euh la science n'est pas une opinion.

Euh c'est extrêmement important. C'est ce sont des idées qui sont extrêmement bien documentées par les sciences humaines et sociales et qui s'appliquent dans toutes les disciplines qui sont hébergées au CNRS. Et euh croyez-moi, je défendrai ces ces personnes-là de très près.

Euh madame Garnier, sur la différence euh entre les budgets, entre les États, vous avez raison. Euh il y a des un différentiel sur la partie euh privée, sur la partie publique. Le différentiel est important euh sur les deux.

Euh mais de toute façon, les tout ce qui est bénéfique à la recherche privée est bénéfique à la recherche publique et inversement. Donc c'est vraiment ça ce sont deux euh sources d'alimentation et tout ce qui pourra améliorer le le transfert et est très important. Donc euh vous avez dit 3 % pour l'Allemagne c'est 3,1 %.

Euh pour l'ensemble de l'OCDE c'est 2,7 %. La France est 2,2 %. Donc la France a identifié cette cet objectif dans la loi de programmation de la recherche.

Euh je connais les les conditions actuelles de du budget de l'État. J'espère que la la France euh vraiment prendra euh n'a pas n'a pas le choix actuellement et on doit actuer euh on doit vraiment financer la recherche pour être souverain et défendre l'État l'État français de du mieux que que l'on peut sur les questions de de recherche privée de locomotive. Donc j'ai mentionné dans ma dans mon propos préliminaire les doctorats.

Je crois beaucoup à à l'émission de la création de start-up par des jeunes docteurs. Je peux donner un exemple. Dans mon laboratoire, le il y avait Théo Peronin, le le créateur, le CEO de la start-up du quantique qui s'appelle Alice et Bob.

J'ai vu sa transition pendant sa thèse où il a commencé à expliciter son projet. ce ce jeune homme est euh était vraiment impressionnant et impressionner ces ces jeunes doctorants collègues doctorants au jour le jour et m'a impressionné dans dans sa carrière. Il y a d'autres exemples.

Vous avez tous vu Arthur Mench euh parler de sa transition lorsqu'il a créé Mistral et avec ses ses deux compères. Euh et ils ont eu le courage de se lancer dans cette aventure extraordinaire et la il y a énormément de startup euh les cinq start-up plus les principales de dans dans le quantique que je connais bien, je suis encore un physicien, va dire David Ross euh euh souviennent de du MR CNRS euh sont parfois portés par des anciens doctorants. par exemple Candela qui est porté par Pascal Senlar mais qui a impliqué un ancien doctorant, un ancien post doc de son équipe.

Voilà, donc c'est extrêmement efficace. Les start-ups du CNRS ont une durée de vie beaucoup plus longue que dans que nos partenaires. C'est un signe extrêmement fort et qui est qu'il faut soutenir et qui donc il faut probablement soutenir le CNRS dans dans ces pointslà. sur les questions de propriété intellectuelle et de de simplification.

Oui, je suis d'accord. On devrait pouvoir se mettre d'accord sur un formulaire beaucoup plus simplifié entreprise et CNRS, mais ce n'est pas toujours le CNRS qui complique les choses si vous voulez la vérité, mais ce n'est pas toujours l'entreprise, je suis d'accord. Mais je vais pas dénoncer mes petits collègues aujourd'hui.

Euh euh sur le la durée de vie des start-ups, non sur les les ETI versus les grands groupes. Euh oui, le CNRS a énormément de contact avec les trois catégories. Euh probablement que les plus petites entreprises sont celles qui ont les PME qui ont le plus besoin de de soutien.

Euh donc là, je suis je suis d'accord probablement ce que vous sous-entendez, même si vous voulez peut-être pas aller euh euh sur le court terme versus ce long terme, je l'ai dit, la le CNRS c'est la recherche fondamentale, mais ce n'est pas contre l'innovation. la recherche fondale et le prérequis et des chercheurs et des chercheuses ont fait tout le trajet où ont transféré euh leur idée d'innovation à un collègue ou à une jeune personne de leur de leur équipe. C'est comme ça qu'on faiton fait ce transfert et c'est pas c'est d'une certaine manière c'est fromage et dessert et c'est vraiment on peut pas découpler les deux et je pense que c'est c'est une transition qui a été très très bien montée par Antoine Petit lors du du mandat avec les équipes de la DGDI, Jean-Luc Moulet précédemment, Méigmar aujourd'hui et et et j'espère demain.

Euh sur le risque de départ vers les US, malheureusement aujourd'hui euh de partir les US est pas la grande crainte de la situation scientifique aux États-Unis. et est assez euh fragilisé et le flux actuel est d'utre sens. Vers partenaires européens, c'est une autre chose.

Euh il y a il y a du dumping, il y a vraiment des des du mercato pour reprendre du langage footballistique entre les avec des moyens dans nos partenaires en Suisse et en Allemagne qui sont sans commune de mesure avec le CRS. C'est un souci euh en tant que directeur d'institut, ça sera un souci en tant que PDG, c'est un souci dans les laboratoires de voir les ces personnes qu'on a recruté, qu'on a aidé à à se développer. Ceci étant dans dans le laboratoire de recherche cette notion de collaboration entre équipes qui n'est pas toujours la la méthode choisie outreatlantique.

Je vous connaissez Michel Dévor qui est un chercheur qui travaille dans une CNRSCEA sur le plateau de sa clé qui a été nommé au Collège de France qui est parti à Yel dans cette grande université qui a obtenu qui est parti après à Google qui a obtenu le le prix Nobel de physique en septembre en septembre 2025. Il disait lui-même qu'il y avait des avantages au système américain, qui avait des avantages au système français. Il parlait notamment de l'angoisse, de la périnité de du suivi technique de ces expériences parce qu'aux États-Unis, il n'a pas le l'encadrement technique les ingénieurs de recherche et les techniciens dans un laboratoire qui sont une un élément extrêmement fort.

Donc la structuration avec un ce qu'on appelle un PI, un princip principal investigateur, un chercheur principal comme c'est fait dans le système aglosaxon a des avantages mais a de gros désavantages aussi. En France, on doit travailler sur cette notion de collectif. Je crois à la cohésion.

La cohésion nationale est parfois euh un souci de pour pour vous et pour l'ensemble de de l'État français. La cohésion internationale est et est aussi une vraie une vraie inquiétude. Faisons tout pour que la cohésion de l'écosystème dans l'enseignement supérieur à la recherche soit réel au jour le jour.

Je crois avoir fait le tour de Merci monsieur Doxoi d'avoir répondu à nos questions. Je vais vous raccompagner et bien sûr je vous demande de rester là pour que nous puissions procéder au vote. Donc surtout ne quittez pas la salle.

Je vais raccompagner monsieur de Je vous remercie.