«Le changement se fera dans les urnes, pas dans la rue», Laurent Jacobelli, député et porte-parole RN
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 95 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:05OuverteRéponse directe
Un mot sur la débâcle électorale de Donald Trump aux élections de mi-mandat ?
- 0:16OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que cette défaite vous inspire ?
- 1:10RelanceRéponse directe
Vous évoquiez une défaite de Donald Trump, dont se réjouit la gauche française. Marine Tondelier fait un parallèle avec vous.
- 1:29RelanceRéponse directe
Si vous arrivez au pouvoir l'an prochain, la France connaîtra le même destin tragique que les États-Unis ?
- 2:26OuverteRéponse directe
Marine Le Pen écrase les sondages malgré les procès en racisme et les tweets de Bardella. Comment répondez-vous ?
- 2:38RelanceRéponse partielle
Malgré les procès en racisme, les tweets antisémites de jeunesse de Jordan Bardella, l'attentat de Trappes...
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:28Invité politiqueFait
« un président, le président des Etats-Unis, avec un égo un peu fort quand même, qui a été chahuté par la démocratie. »
- 0:42Invité politiqueFait
« quand on veut le changement, il doit passer par les urnes. »
- 0:51Invité politiqueFait
« Est-ce qu'on continue avec le système actuel qui amène la France dans le mur ? »
- 1:45Invité politiqueChiffre
« aux États-Unis, il y aura zéro sénateur et zéro député écologiste. »
- 1:59Invité politiqueFait
« le qualificatif d'extrême droite, je crois, ne s'applique à aucun des deux. »
- 3:10Invité politiqueFait
« le maire de Trappes a fait quelque chose d'indigne. »
- 4:30Invité politiqueFait
« on peut combattre à la fois l'islamisme, malheureusement présent dans certaines banlieues, et le terrorisme. »
- 6:00Invité politiquePromesse
« en baissant la TVA sur les énergies à 5,5% ou en permettant aux employeurs d'augmenter les salaires de 10% en étant exonérés de charges. »
- 7:14Invité politiquePromesse
« il faut dissoudre les mouvements d'extrême-gauche impliqués, qu'il faut empêcher les black blocs d'arriver sur Paris. »
- 7:26Invité politiquePromesse
« condamner sévèrement, notamment à des peines incompressibles, tous ceux qui agressent des policiers ou des gendarmes. »
Temps de parole
- Laurent Jacobelli72 %
- Présentateur26 %
- ?2 %
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Bonjour
Laurent Jacobelli.
Bonjour.
Merci de nous rejoindre sur RFI. Un mot pour commencer bien sûr sur la débâcle électorale de Donald Trump aux élections de mi-mandat, victoire sans appel des démocrates américains qui contrôlent désormais les deux chambres du Congrès. Qu'est-ce que cette déroute, cette défaite vous inspire Laurent Jacobelli
?
Écoutez, moi je vois un président, le président des Etats-Unis, avec un égo un peu fort quand même, qui a été chahuté par la démocratie. Et je crois que finalement, c'est la voix du peuple américain qui s'exprime. Alors moi, je n
'ai
pas à prononcer mon agrément ou mon désaccord, je ne suis pas habitant des Etats-Unis d'Amérique, mais c'est ça la force d'une démocratie. C'est-à
-dire
que quand on veut le changement, il doit passer par les urnes. Et je trouve que c'est un message très fort envoyé aussi aux Français qui dans six mois auront à se prononcer. Est-ce qu'on continue avec le système actuel qui amène la France dans le mur ? Est-ce qu'on laisse arriver une gauche devenue folle, violente, sectaire ? Ou est-ce qu'on choisit la voie du bon sens et de la raison avec Marine Le Pen ? Et ça montre que quand le peuple se déplace, quand le peuple vote, eh bien le peuple gagne. C'est la conclusion que j'en tire en tout cas.
Alors vous l'évoquiez, une défaite en tout cas de Donald Trump, dont se réjouit toute la gauche française qui voit elle un espoir, celui que l'extrême droite au pouvoir ne soit pas une fatalité. La patronne des écologistes, Marine Tondelier, fait même le parallèle avec vous, parlant d'un avertissement pour la France. Si vous arrivez au pouvoir l'an prochain,
eh
bien la France, dit-elle, connaîtra le même destin tragique que les États-Unis.
Oui,
alors le jour où j'aurai besoin d'une analyse politique, je ne suis pas sûr que j'appelle Marine Tondelier. Je crois qu'elle prend ses fantasmes pour une réalité. D'abord, je crois qu'aux États-Unis, il y aura zéro sénateur et zéro député écologiste. Je pense que si on devait en tirer une leçon, ce serait peut-être celle-là. Qu'il n'y a aucun rapport entre le pouvoir exercé par Donald Trump et ce que propose Marine Le Pen. Et puis le qualificatif d'extrême droite, je crois, ne s'applique à aucun des deux.
Mais une fois encore, la gauche qui n'a plus rien à proposer, la gauche du chaos, la gauche qui, dans les rues, soutient ceux qui pillent des magasins, aujourd'hui, fonctionne simplement par ennemie, par punching ball. Elle essaye de trouver une cause. Donc, elle a trouvé celle-là, qu'ils élaborent un programme, qu'ils aient des électeurs. Et après, on en reparlera. Et laissons Marine Tondelier à ses délires.
Marine Le Pen, votre candidate qui continue, en tout cas, d'écraser toute concurrence dans les sondages, à six mois de la présidentielle. Malgré les procès en racisme qui vous sont adressés, les tweets antisémites de jeunesse de Jordan Bardena, qui nie toujours farouchement, après également
l
'attentat raciste de Trappes, dont l'auteur présumé est l'un de vos sympathisants, le maire de Trappes, Ali Rabé, vous accuse d'avoir armé idéologiquement le terroriste.
Oui,
écoutez, comme quoi, toutes ces manœuvres de bas étage ne fonctionnent pas. Les Français ont compris que tout cela était manipulé. Ce
sont des manœuvres.
Oui, bien sûr, le maire de Trappes
a
fait quelque chose d'indigne. C'est-à
-dire
qu'il récupère un attentat raciste terrible, dont d'ailleurs l'auteur doit croupir en prison pendant toute sa vie, je pense, pour essayer d'expliquer qu'il n'a rien à se reprocher dans la dérive de sa ville et qu'il faudrait voter à gauche. Je crois que personne n'est dupe de la manipulation. Ce qui, aujourd'hui, exacerbe les différences qui jouent les communautés les unes contre les autres, qui font de la couleur de peau un argument, c'est la gauche et l'extrême-gauche.
Donc, je crois qu'il faut maintenant une France apaisée, où c'est la nationalité des gens qui comptent, quelle que soit leur origine ou leur religion, pour qu'ils aient la priorité en France, une France soudée contre les diviseurs, dont Ali Rabé fait partie. Voilà, je n
'ai
pas autre chose à dire.
Donc, aucune responsabilité.
Mais quand Jean
-Dan Bardella
avait décrit Trappes comme une république islamique en miniature, quand il appelait à rendre justement Trappes à la France, est-ce qu'il n'y avait pas là un encouragement pour certains à passer à l'acte
? Il avait bien raison de le faire, parce que c'était l'époque où d'ailleurs aussi le journal L'Humanité, le service public de radio en France, s'inquiétait de la montée de l'islamisme à Trappes, qui était une des principales villes pourvoyeuses de Français djihadistes. Donc oui, la question méritait d'être soulevée. Vous savez, on peut combattre à la fois l'islamisme, malheureusement présent dans certaines banlieues, et le terrorisme, comme il a eu lieu à Trappes. Je crois qu'on a le droit à la sécurité partout, tout le temps. Il
n
'y
a
pas une insécurité qui soit plus excusable que l'autre. Et nous, au Rassemblement national, nous voulons ramener la sécurité
partout.
Oui, en combattant l'islamisme qui fait beaucoup de mal, qui a tué pratiquement 300 Français ces dernières années. Et oui, aussi en combattant le terrorisme. Les deux sont possibles. En tout cas, nous, on fera les deux et on ne choisira pas entre les insécurités.
Un
dernier mot, Laurent Jacobelli, sur la crise sociale. L'appel des syndicats à la mobilisation et à la grève de main des fonctionnaires, du public, du privé, mouvement auquel se joindront également les lycéens, les étudiants, sur fond de lutte contre la précarité pour le pouvoir d'achat. Le pouvoir d'achat dont vous avez fait une priorité, c'est-à-dire que vous soutenez la mobilisation de demain
? Écoutez,
en tout cas, on peut comprendre que les Français en aient ras-le-bol. Ras-le-bol après 10 ans de macronisme. Ras-le-bol de travailler pour voir leur pouvoir d'achat baisser. Ras-le-bol de ne
plus
pouvoir investir, ne plus pouvoir gâter leurs enfants, tout simplement parce qu'ils payent trop d'impôts. Et des étudiants qui en ont marre de rentrer dans des filières sans avenir. Je crois qu'il y a un travail de réforme profonde à faire, tant sur l'organisation de l'éducation nationale que sur le pouvoir d'achat, notamment par exemple en baissant la TVA sur les énergies à 5,5%, ou en permettant aux employeurs d'augmenter les salaires de 10% en étant exonérés de charges. Mais ça, ça ne sera pas dans la rue. Ça sera dans les urnes, et on en parlait tout à l'heure avec les États-Unis d'Amérique.
C'est pour ça que dans six mois, il y aura une échéance fondamentale, probablement historique d'ailleurs, que sont les élections présidentielles. Mais croire que le président de la République et son gouvernement vont pouvoir engager des réformes pour six mois et faire ce qu'ils n
'ont
pas fait pendant dix ans, je crois malheureusement que c'est tout à fait impossible. Donc j'appelle à la patience et j'appelle au scrutin, au vote populaire. Et d'ici là, je souhaite bon courage, évidemment à ceux qui manifestent, mais aussi aux policiers, aux
gendarmes,
aux commerçants. Est-ce que vous redoutez
?
Je comprends les causes, mais je ne suis pas sûr, malheureusement, que manifester aujourd'hui puisse changer quoi que ce soit.
Ça ne sert à rien.
Je
n
'ai
pas dit ça. Je pense que le plus utile, c'est d'aller voter. Surtout, ce qui peut inquiéter, c'est qu'en dehors de ceux qui manifestent, calmement, il y a derrière souvent les black blocs qui arrivent, les magasins qui sont cassés et certains qui arrivent des cités pour mettre le feu. Et ça, on peut le craindre. On peut le craindre. Pourquoi ? Parce que même si on met des forces de police pour surveiller, après, il y a une justice, très souvent laxiste, qui libère les fauteurs de troubles.
Or, je crois qu'il faut dissoudre les mouvements d'extrême-gauche impliqués, qu'il faut empêcher les black blocs d'arriver sur Paris en contrôlant les trains, les routes, et puis condamner sévèrement, notamment à des peines incompressibles, tous ceux qui agressent
des policiers ou des gendarmes. Laurent
Dunez, le ministre de
l
'Intérieur, promet un dispositif robuste pour demain. Les deux dernières manifestations sont bien passées. Et
vous
avez, malgré tout, des craintes sur un jeudi noir et des débordements de main.
Oui, on peut avoir des craintes, parce que ceux qui ont été arrêtés les trois fois précédentes peuvent à nouveau être dans la rue, puisqu'ils sont libres. C'est ça, le problème, en fait. C'est que, vous savez, par exemple, à côté de chez moi, à Metz, il y a un jeune qui a agressé un policier. Eh bien, ce jeune a été jugé et il est libre. Voilà. Voilà le problème. Donc, si on ne montre plus la frontière entre le bien et le mal à toute une jeunesse, qui, parfois, est en déshérence, eh bien, on en arrive à la violence. Je
pense
qu'il faut ramener l'autorité partout, l'autorité dans les familles, l'autorité
à les collègues. Et ça, c'est votre programme.
Voilà, on est un peu loin de la manifestation demain. Merci, Laurent Jacobelli. Merci à vous. Bonne journée.
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Laurent Jacobelli