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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 17 mai 2023 25 min

Violences politiques, projet de loi pour abroger la réforme des retraites, Johnny Depp... Le "8h30 franceinfo" d'Aurore Bergé

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Le petit neveu de Brigitte Macron a été agressé par plusieurs personnes avant-hier à Amiens après l'intervention à la télé du chef de l'État. Ces personnes participaient à une casserole-lade contre la loi sur les retraites. Quelle est votre réaction ?

0:17
Aurore Bergé

Je crois que c'est une réaction qui devrait être unanime des Français, des citoyens, qui est évidemment à la fois l'indignité de ce qui s'est passé, la lâcheté absolue de ce qui s'est passé. Je pense qu'il faut qu'il y ait une limite très claire qui soit posée, qui est que déjà la violence n'est pas une réponse à une opposition à un projet et que toucher à nos familles devrait être une ligne rouge absolument infranchissable et que s'en prendre à quelqu'un parce qu'il appartient à la famille du président de la République est juste inadmissible en fait en démocratie. Des personnes ont été interpellées et j'espère ensuite que la justice fera utilement son œuvre.

0:54
Présentateur

Jean-Luc Mélenchon qui lui a aussi condamné cette agression. C'est étonne que tout le monde ne fasse pas la même chose quand c'est lui ou des insoumis qui sont menacés ou agressés. Qu'est-ce que vous lui répondez ?

1:04
Aurore Bergé

Déjà que quand on condamne, on ne dit pas je condamne, mais on condamne. Je pense qu'on a besoin de clarté sur les violences. Malheureusement, les violences, on les subit toutes et tous. Les menaces, on les reçoit toutes et tous. Je pense qu'il y a une condamnation qui doit être évidemment unanime, quels que soient les élus, qui soient touchés évidemment par les intimidations, par les menaces, par les invectives. La difficulté, c'est que la France insoumise participe de manière évidente, de manière manifeste à cette manière de procéder aujourd'hui. C'est-à-dire ?

C'est-à-dire que regarder les réseaux sociaux qui sont inondés d'insultes à notre rencontre, regarder d'où ils viennent, regarder la manière avec laquelle on attise cette volonté à un moment d'aller s'en prendre aux élus, regarder ce qu'ils disaient même d'ailleurs sur le service public, regarder la manière avec laquelle ils s'est comportés avec la justice. Donc systématiquement, il y a quand même cette volonté de créer un climat de mise sous tension permanente du pays par la France insoumise.

1:59
Présentateur

Vous dites que c'est la France insoumise qui instrumentalise la violence dans le pays ? Je ne sais pas qu'elle instrumentalise la majorité, par exemple.

2:05
Aurore Bergé

Je dis malheureusement que créer un climat de tension permanente dans l'hémicycle et dans le pays, mettre sous tension systématiquement le pays, oui, c'est une volonté délibérée de la France insoumise, revendiquer. Ils le disent eux-mêmes en disant on veut le chaos et à l'Assemblée dans la rue. Je crois qu'on ne veut pas de chaos, on veut de l'ordre et on veut du débat. Et ça s'appelle la démocratie.

2:26
Présentateur

Les syndicats défilent à Matignon. Hier, Force Ouvrière et la CFDT ont été reçus par Elisabeth Borne. Aujourd'hui, ce sera le tour de la CGT. Pour le moment, Aurore Berger, personne n'a claqué la porte. Vous vous êtes dit ouf en apprenant ça hier.

2:37
Aurore Bergé

Je crois que c'est important pour tout le monde. C'est évidemment important pour le gouvernement, pour la majorité, qu'on sache démontrer qu'à un moment, on ne peut non pas passer comme ça facilement à autre chose, mais qu'on a d'autres sujets qui intéressent les Français et qu'on peut mettre sur la table, notamment la question de l'augmentation des salaires, des rémunérations. Donc c'est important que les syndicats, les partenaires sociaux reviennent.

2:56
Présentateur

En attendant les syndicats qui ont été reçus hier, Force Ouvrière et la CFDT, dont la numéro 2 était ce matin sur France Info, disent que ce n'est pas fini les retraites. On a bien compris ce que veut faire le gouvernement, mais la bataille n'est pas terminée.

3:08
Aurore Bergé

J'entends qu'évidemment, la colère ou le ressentiment peuvent continuer à exister. J'entends qu'une opposition, évidemment, peut continuer à exister. Encore une fois, c'est sain et c'est la démocratie. Mais on a une loi qui a été promulguée. On a une loi qui, à partir du 1er septembre, va s'appliquer la question.

C'est comment on fait en sorte que tous les autres sujets qui ont émergé au moment des retraites, notamment la question de l'égalité salariale entre les femmes et les hommes, la question de l'emploi des seniors, la question de la hausse des salaires, ce soit ces sujets-là qui soient très hauts maintenant dans l'agenda parlementaire, c'est ce qu'on va faire, et dans l'agenda avec les partenaires sociaux.

3:41
Présentateur

Il y a une loi, effectivement, qui a été promulguée, mais il y a une proposition de loi qui arrive également dans trois semaines, déposée par le groupe centriste Lyot, qui vise à abroger cette réforme des retraites. Est-ce que la majorité, est-ce que les députés de votre camp, le camp présidentiel, vont jouer le jeu et laisser l'examen et le vote se dérouler normalement ?

3:59
Aurore Bergé

Il y a plusieurs choses à dire sur cette proposition de loi. La première, c'est que celles et ceux qui, aujourd'hui, portent cette proposition de loi, ont dans leur carrière politique toujours demandé le décalage de l'âge de départ de la retraite. Vous retrouvez toutes leurs propositions, je les ai ressorties de 2013, 2014, 2021, où ils disaient, il faut décaler l'âge de départ à la retraite à 64 ans.

4:20
Présentateur

Ça, c'est pour les députés du groupe Lyot, mais pas pour les députés de gauche.

4:23
Aurore Bergé

Oui, enfin, ils sont tous dans un même groupe. Donc, je veux bien qu'il y ait énormément de différences entre eux, puisque ce groupe est composé d'indépendantistes, corse, de régionalistes, de députés ultramarins, d'anciens députés socialistes, mais élus contre la NUPES. Donc, vous avez un patchwork qui est assez large, très peu cohérent quand même idéologiquement. Mais les premiers signataires, ceux qui ont déposé cette proposition de loi, étaient les mêmes qui, il y a un an, deux ans, disaient, il faut décaler l'âge de départ à la retraite. Donc, j'interroge quand même.

4:52
Présentateur

Il a changé d'avis, Emmanuel Macron le premier a changé d'avis depuis 2019.

4:54
Aurore Bergé

Oui, enfin, là, il y a un changement idéologique qui est quand même assez invraisemblable, c'est-à-dire de dire qu'il fallait de la rigueur absolue sur les comptes publics, et puis, après tout, 15 milliards d'euros, c'est une paille, et ce n'est pas un problème.

5:04
Présentateur

Et Emmanuel Macron, il y a 4 ans, disait, hors de question, de repousser à 64 ans.

5:07
Aurore Bergé

Mais il disait, il faut faire une réforme des retraites, il ne disait pas, on ne touche à rien.

5:10
Présentateur

Allez-vous laisser l'examen de ce texte se dérouler normalement ?

5:12
Aurore Bergé

Ensuite, deuxième chose, cette proposition de loi est un problème parce qu'elle ne respecte pas notre Constitution. Et les députés que nous sommes, s'il y a bien une règle absolue qu'on devrait tous respecter, c'est de dire, on doit respecter la Constitution. Quand nous sommes députés, nous n'avons pas le droit, nous n'avons pas la possibilité par la Constitution de créer, d'avoir des propositions de loi qui créent des charges supplémentaires pour l'État.

5:35
Présentateur

C'est l'article 40 de la Constitution, mais vous savez, Aurore Berger, qu'il est régulièrement mis de côté, notamment lors des journées, ce qu'on appelle les niches parlementaires. Très régulièrement, il y a des propositions de loi qui créent de nouvelles dépenses ou de nouvelles chances d'économie aussi.

5:47
Aurore Bergé

Tout ça n'est quand même pas totalement anodin. Alors, la question n'est pas de faire découvrir à ceux qui nous écoutent chaque matin un nouvel article de la Constitution, même si c'est très utile, sans doute, pour notre culture à tous. La question, c'est quand même, est-ce que, oui ou non, on considère normal que des parlementaires nous disent on sait que ça n'est pas constitutionnel, on sait qu'on ne respecte pas la Constitution, mais après tout, ce n'est pas très grave. Ce n'est pas ce qu'ils disent Aurore Berger.

6:10
Présentateur

On a posé ce principe-là. La proposition de loi, elle a été jugée recevable par le bureau qui filtre justement les propositions de loi, par la commission des finances. Donc, dans ces cas-là, vous pouvez, en fait, juste sur le principe, une proposition de loi peut être jugée recevable, et puis après, avec votre recours, être jugée irrecevable ?

6:27
Aurore Bergé

En fait, c'est toute la question qu'on pose. C'est toute la question qu'on pose. Parce qu'encore une fois, ça ne fait aucun doute que c'est contraire à la Constitution. Absolument aucun doute. Et ils ne le contestent pas vraiment eux-mêmes. Ils nous disent juste, s'il vous plaît, comme on a envie que ce texte soit examiné, faisons fi de la Constitution, tout ça n'est pas important. Mais du coup, Aurore Berger, Emmanuel Macron n'a pas bien lu la Constitution

6:45
Présentateur

quand il disait dans son interview, il y a quelques jours à l'opinion, il faut que l'examen ait lieu.

6:49
Aurore Bergé

Mais le président de la République souhaite qu'il y ait un débat dans le pays. Je pense que le débat existe. D'ailleurs, vous m'interrogez ce matin sur le sujet. Et nous, on a été les premiers, dans mon groupe et au sein de la majorité, à souhaiter le débat. Ce n'est pas nous qui, pendant la réforme des retraites, avons déposé plus de 20 000 amendements pour empêcher le débat, pour empêcher les votes. Mais là, pourquoi vous voulez essayer de l'esquiver, Emmanuel Macron ? Je n'esquive pas. Je pose juste un principe. Je cite ce que dit Emmanuel Macron dans nos institutions.

7:13
Présentateur

On ne peut pas s'affranchir du débat quand on est une force politique républicaine. Pourquoi ne pas tout simplement accepter le débat lors de cette journée sur la proposition de loi et aller jusqu'au vote pour défendre justement vos positions ?

7:24
Aurore Bergé

Je n'ai pas de problème. Vous le savez très bien. Vous savez très bien qu'on souhaitait d'ailleurs voter jusqu'au bout parce qu'on considérait qu'il fallait que chacun soit en cohérence avec lui-même, soit en responsabilité et assume ses choix. Donc moi, je n'ai pas de problème à venir le 8 juin pour défendre ce pourquoi je crois à cette réforme et à la nécessité budgétaire d'avoir fait cette réforme pour tenir notre modèle social et financer nos retraites. Et je peux vous assurer que les 171 députés de mon groupe, les 251 députés de la majorité, seront évidemment au rendez-vous le 8 juin pour cela. On pose juste une question de principe. Je vous dis, on pose juste une question de principe.

C'est est-ce que cette proposition doit être examinée ou pas ? Parce qu'encore une fois, si on accepte toutes les propositions qui sont contraires à la Constitution, ça pose quand même une vraie question de principe sur le respect de nos institutions. C'est la question que l'on pose. Si à la fin, le débat doit exister, eh bien il existera et on fera valoir notre point de vue, on fera valoir la nécessité d'une réforme des retraites, de sa nécessité budgétaire. Et on interrogera ceux qui ont déposé ce texte ou ceux qui souhaitent le voter en disant, concrètement, comment vous financez notre modèle social demain ?

8:27
Présentateur

Sachant qu'il soit voté ou non, ça ne changera pas grand-chose puisque le Sénat derrière...

8:31
Aurore Bergé

Alors pourquoi le présenter ? Alors pourquoi présenter une proposition de loi si elle est inutile ? Pourquoi présenter une proposition de loi ?

8:35
Présentateur

On ment aux Français ?

8:39
Aurore Bergé

Parce que les Français qui nous écoutent ce matin, pour beaucoup, nous interrogent en nous disant mais du coup, est-ce que ça veut dire que le projet est enterré ? Est-ce que ça veut dire qu'on va revenir sur la réforme des retraites ? Est-ce que ça veut dire que la réforme va être abrogée ? Vous le dites vous-même, ça ne marchera pas. C'est pour rassurer les Français. Ça n'aboutira pas. Je pense que ça crée volontairement de la confusion et ça s'appelle mentir aux Français.

8:58
Présentateur

8h42, le fil info avec Diane Ferschit. On vous retrouve dans un instant, Aurore Berger, présidente du groupe Renaissance à l'Assemblée Nationale.

9:05
Invité

Une réouverture des négociations entre fournisseurs et distributeurs de l'agroalimentaire, c'est ce que demande le ministre de l'Économie. Bruno Le Maire rencontre aujourd'hui les industriels du secteur alors qu'avec l'inflation, un Français sur 6 déclare ne pas manger à sa faim selon une étude du Crédoc. Le maire de Saint-Brévin sera reçu en fin de journée par Elisabeth Borne moins d'une semaine après l'annonce de sa démission. Démission qui n'est pas encore validée selon les informations de France Info concernant les violences contre les élus sur France Info. David Listin, le président de l'Association des maires de France, estime que le pays traverse une crise civique profonde.

Décision attendue aujourd'hui de la Cour d'appel concernant Nicolas Sarkozy, l'ancien président de la République, jugé dans l'affaire des écoutes, condamné à trois ans de prison dont un ferme en première instance, jugement sans précédent pour un ex-chef de l'État. Manchester City face au Real Madrid. Ce soir, match retour de la seconde demi-finale de Ligue des champions. Les deux clubs s'étaient quittés sur un match nul à l'aller, un partout. Le vainqueur rejoindra en finale l'Inter Milan, vainqueur hier soir de la Cémilan. France Info

10:05
Présentateur

Le 8.30 France Info, Salia Bracchia, Marc Fauvel. Toujours avec Aurore Berger, la présidente du groupe Renaissance à l'Assemblée. Malgré les difficultés budgétaires, Emmanuel Macron promet un geste de 2 milliards pour les classes moyennes. Ça passera par une baisse d'impôts sur le revenu ?

10:20
Aurore Bergé

Déjà, on a beaucoup baissé les impôts et je pense que c'était une bonne chose parce qu'on était l'un des pays qui, finalement, prenait le plus. Et donc, à un moment, je pense que les Français s'interrogent à la fois sur comment on utilise l'argent qui est leur argent, de leurs impôts, pour les services publics, et pourquoi on prélevait autant. Donc, suppression de la taxe d'habitation, suppression de la redevance audiovisuelle, baisse très importante de l'impôt sur le revenu, sur les premières tranches, donc vraiment les classes moyennes.

Donc, on a cet engagement nouveau du président de la République et de dire qu'on doit avoir 2 milliards d'euros supplémentaires que l'on rend en classe moyenne. Et là, on va travailler, justement, est-ce que ça doit être de la baisse d'impôts sur l'impôt sur le revenu ? Est-ce que ça doit être des crédits d'impôt sur la vie quotidienne des Français pour soutenir notamment nos familles ? Est-ce que c'est soutenir celles et ceux qui travaillent ? Il y a plein de pistes qu'on doit mettre sur la table, c'est notre travail en tant que parlementaire.

Ce qui compte, c'est qu'à la fin, il y ait 2 milliards d'euros supplémentaires qu'on va rendre aux Français, et en priorité aux classes moyennes, celles et ceux qui travaillent, et qui souvent nous disent qu'ils ont du mal à boucler leur fin de mois.

11:20
Présentateur

Celles et ceux qui travaillent, ça veut dire qu'a priori, ça ne concernera pas les retraités ?

11:24
Aurore Bergé

Non, mais je vous dis, le principe général...

11:25
Présentateur

C'est ce qu'a dit Emmanuel Macron aussi, ceux qui travaillent durent, a priori, les retraités ne travaillent plus.

11:30
Aurore Bergé

Les retraités, on a augmenté. Déjà, je pense encore une fois que la réforme des retraites, elle a permis de garantir le financement de celles et ceux qui sont déjà à la retraite. Ensuite, on a augmenté les pensions de retraite, et on a augmenté le minimum de pensions, vous le savez bien. Après, moi je pense qu'on a aujourd'hui une vraie tension, une vraie question dans le pays, sur celles et ceux qui travaillent, et qui nous disent qu'ils n'arrivent pas à vivre dignement du fruit de leur travail. Donc ça pose la question de l'augmentation des salaires.

11:54
Présentateur

On parle de salaire, justement, on parle de qui ? C'est quelle tranche ?

11:56
Aurore Bergé

Ceux qui sont juste un peu au-dessus du SMIC, donc à partir de 1400 euros, vous êtes un peu au-dessus du SMIC, jusqu'à 2500 euros. Et puis après, ça dépend en vérité de la composition de votre famille, ça dépend du territoire dans lequel vous vivez, où forcément vous n'avez pas le même niveau de vie et le même niveau de pouvoir d'achat.

12:12
Présentateur

On va changer, grosso modo, 2 milliards et la fourchette donnée par Emmanuel Macron, 1500-2500 euros, ça risque de faire à la fin quelques dizaines d'euros par ménage.

12:22
Aurore Bergé

C'est pour ça que la question, c'est est-ce que ça doit être de la baisse d'impôts, impôts sur le revenu, ou est-ce que ça doit être des baisses plus ciblées, encore une fois, des crédits d'impôts qui pourraient exister ? Je pense notamment à la question des familles, on a posé la question aussi des familles monoparentales, comment continuer à mieux les accompagner, mieux les soutenir ? En clair, de toute façon, ce qui compte, c'est qu'on continue à restituer aux Français 2 milliards d'euros qui leur étaient prélevés, qu'on doit pouvoir leur rendre.

12:45
Présentateur

Est-ce que ça veut dire que les autres réformes fiscales qui avaient été décidées, en tout cas promises par Emmanuel Macron, candidats, sont enterrées ? Par exemple, la réforme des droits de succession, elle aura lieu ou pas ?

12:55
Aurore Bergé

Moi, je souhaite qu'elle ait lieu, parce que je pense que c'est un principe sain. À la fois, les donations, les donations tout au long de la vie, faire en sorte de faciliter les choses, on le sait bien, et tant mieux, nos parents, nos grands-parents vivent de plus en plus longtemps, mais ça veut dire que les Français héritent souvent très tard, à un moment de leur vie, où finalement, ils ont moins besoin d'être soutenus. C'est plus quand vous avez 30 ans, 40 ans, que vous avez besoin, quand vos parents le peuvent, d'être soutenus éventuellement financièrement, à l'achat immobilier ou autre. Si vous héritez à 60 ans, ça a moins d'impact. Donc là, il y a la question des donations.

13:24
Présentateur

Donc l'une n'empêchera pas l'autre.

13:25
Aurore Bergé

Et il y a la question des droits de succession, comment faire en sorte, encore une fois, d'alléger ces droits de succession. La question, c'est qu'on doit tenir nos finances publiques, tenir le sérieux budgétaire, et donc on ne peut pas tout faire en même temps pour des questions budgétaires.

13:36
Présentateur

Mais ce sera bien pendant le quinquennat, les baisses de droits de succession et de donations.

13:40
Aurore Bergé

Donc c'est un engagement qu'on doit pouvoir tenir.

13:42
Présentateur

Pareil pour la déclaration d'impôt commune pour les couples en concubinage.

13:45
Aurore Bergé

Ça verra le jour. Ça, c'est une facilitation. C'est quelque chose qui doit pouvoir exister. Et un choix, évidemment, qui sera... On n'impose rien aux familles, on n'impose rien aux couples. C'est un choix qui sera fait pour savoir quelle est la situation qu'il préfère, à la fois d'un point de vue même, j'allais dire, philosophique, de couple ou pas, et puis aussi, évidemment, d'un point de vue fiscal.

14:03
Présentateur

Emmanuel Macron espère que l'inflation alimentaire va revenir à un niveau normal d'ici l'automne. Il en a même pris l'engagement lundi soir devant les Français. Or, tous les spécialistes, les responsables également de la grande distribution que nous recevons ici même sur ce plateau disent que ça n'arrivera pas, ce reflux de l'inflation, avant l'année prochaine. Comment allez-vous faire ?

14:22
Aurore Bergé

Déjà, il faut que chacun prenne sa part à cet effort. L'État prend sa part, justement, sur l'argent, encore une fois, qu'il a rendu aux Français. L'État prend sa part sur la facilitation de la création de l'emploi. La meilleure manière de protéger le pouvoir d'achat des Français, c'est d'avoir un travail. Et puis ensuite, il y a le sujet entre les industriels et la grande distribution. Et moi, je le dis de manière très claire, la grande distribution doit vraiment jouer le jeu. Les prix qui ont le plus augmenté dans nos rayons de supermarché, ce sont les prix des distributeurs eux-mêmes.

Les premiers prix, c'est-à-dire celles et ceux qui, en général, ont le moins de moyens, se tournent vers ces produits qui ne sont pas les produits de marque, mais les produits de distributeurs et les premiers prix. Donc ça, c'est la grande distribution qui, d'elle-même, peut agir, évidemment, pour éviter ces hausses massives de prix. Et puis ensuite, il y a les industriels. Et là, il faut que progressivement, évidemment, quand il y a des baisses de matières premières, ça puisse se répercuter. Ça ne se fait pas en une semaine. Quand vous avez le cours du blé qui baisse, ça ne se fait pas en une semaine, la répercussion. Mais il faut évidemment qu'elle se voit dans les rayons.

Sauf que rien n'oblige également les industriels à revenir autour de la table des négociations cette année. Je pense que ce sera leur intérêt et je pense qu'ils le feront parce qu'ils savent bien qu'il y aura une telle pression aussi qui existera de la part des consommateurs qu'ils n'auront d'autre choix que de rouvrir des négociations. Mais ouvrir des négociations, ça veut dire aussi qu'il faut mettre les gens sur un pied d'égalité. Et aujourd'hui, vous voyez bien qu'on a des milliers d'industriels, parfois des petits, des TPE, des PME, face à quatre grands de la distribution. Donc la discussion, elle n'est pas totalement équilibrée.

C'est ce que nous, on a fait dans une loi pour essayer justement de redonner un peu du pouvoir aux industriels en disant à un moment, il faut quand même équilibrer la discussion.

15:59
Présentateur

Pour ceux qui ne joueraient pas le jeu, il se passera quoi ?

16:01
Aurore Bergé

Moi, je pense que c'est les consommateurs qui vont assez vite en vérité décider. Mais non, ce n'est pas juste faire le marché parce qu'on a encadré, on a heureusement encadré les choses. On a encadré les choses pour nos agriculteurs, pour ne pas qu'ils soient les victimes collatérales, les discussions entre les industriels et la grande distribution. Parce que pendant des années, on a fait baisser les prix sur les produits agricoles. Qu'est-ce qui s'est passé ? Aujourd'hui, on importe et on a de moins en moins d'agriculteurs dans le pays.

16:26
Présentateur

Mais il n'y aura pas de sanctions financières, par exemple, pour les entreprises qui refuseraient de rouvrir les négociations ?

16:30
Aurore Bergé

Mais je pense que ces négociations vont pouvoir rouvrir parce qu'encore une fois, si les cours mondiaux baissent, les industriels savent qu'ils devront répercuter évidemment ces baisses. Et de la même manière qu'on peut répercuter les hausses.

16:42
Présentateur

Les multiples patrons de la grande distribution qu'on reçoit nous disent qu'on a envoyé des dizaines de courriers. Et il n'y a personne qui répond.

16:49
Aurore Bergé

Moi, je dis aussi à la grande distribution, ils ont leur propre marque. S'ils veulent immédiatement dire aux Français qu'on baisse les prix, ils peuvent le faire. Ils peuvent le faire sur leur propre marque.

16:59
Présentateur

C'est ce qui s'est passé dans le panier anti-inflation qui sont des marques distributeurs, justement.

17:02
Aurore Bergé

Ils sont les produits qui ont le plus augmenté. Regardez les prix à l'année. Les prix à l'année qui ont le plus augmenté sont ceux de la grande distribution. Et après, le trimestre anti-inflation a fonctionné puisqu'on a eu en moyenne 13% de baisse de prix. Donc ça veut dire que la pression collective qu'on a mise, il n'y a pas eu besoin de loi, mais la pression collective très claire qu'on a mise, que le président de la République a mise, a fait qu'on a eu 13% de baisse de prix.

17:26
Présentateur

En repère, j'ai présidente du groupe Renaissance à l'Assemblée, invité de France Info jusqu'à 9h. Il est eu 8h50. Diane Ferschit pour le Filinfo.

17:32
Invité

Des défaillances de l'armée française pointées par plusieurs médias concernant le journaliste Olivier Dubois. Il a passé presque deux ans aux mains de groupes djihadistes. L'enquête montre que les militaires de la force Barkhane auraient tenté de l'utiliser pour localiser un chef djihadiste sans l'avertir des risques qu'il prenait. C'est une information France Info. La France Insoumise va déposer la semaine prochaine une contre-proposition de bois sur les salaires et le partage de la richesse dans le texte à un smic à 1600 euros net ou encore l'indexation à des salaires sur l'inflation. Les salaires, mais surtout la question de la réforme des retraites au cœur des entretiens.

À Matignon, Elisabeth Borne continue de discuter avec les syndicats. Aujourd'hui, un échange courtois mais ferme, affirme Force Ouvrière, le syndicat qui a été reçu hier. L'ouverture de la 76e édition du Festival de Cannes avec l'hommage à Michael Douglas. A sa 78 ans, il reçoit une palme d'or d'honneur et début de la compétition. Aujourd'hui, avec un premier film français, le retour de Catherine Corsini.

18:29
Présentateur

Avec la présidente du groupe Renaissance à l'Assemblée, Aurore Berger, on n'arrive plus à comprendre le calendrier de la future loi immigration. C'est pour quand finalement ?

18:44
Aurore Bergé

On a un mois de discussions qui doivent pouvoir exister avec tous les groupes parlementaires, à l'Assemblée, au Sénat, pour savoir si on peut avoir une majorité sur ce projet de loi. Le projet de loi, il dit deux choses très simples. Il dit à un moment, on doit pouvoir régulariser ceux qui travaillent dans notre pays, ceux qui sont totalement en phase avec les valeurs qui sont les nôtres. Parce qu'il n'y a aucune raison de les maintenir dans une situation qui est indigne et donc il faut pouvoir les régulariser. Et de l'autre côté, il faut pouvoir être beaucoup plus ferme, beaucoup plus rapide sur les expulsions de celles et ceux qui enfreignent nos valeurs. C'est ça que dit le texte.

La question maintenant qu'on doit poser, et à gauche et à droite, c'est sur quel motif vous voulez vous opposer à ce texte ? Pourquoi vous ne voulez pas apporter de réponse claire sur les questions d'immigration ?

19:29
Présentateur

S'il n'y a pas de majorité, il n'y aura pas de loi ?

19:31
Aurore Bergé

Moi, je pense qu'on doit pouvoir trouver une majorité. Avant de dire qu'il n'y en aura pas, c'est à nous de faire les efforts nécessaires pour démontrer.

19:35
Présentateur

La gauche ne veut pas du volet répressif, la droite ne veut pas de la régularisation.

19:38
Aurore Bergé

D'accord, mais qu'ils l'expliquent aux Français. Que la gauche vienne dire aux Français... Ils le viennent, ils le disent sur le plateau. D'accord, mais qu'ils expliquent pourquoi. Qu'ils viennent sur votre plateau expliquer pourquoi ils considèrent que c'est normal que des personnes qui sont des délinquants en situation irrégulière ne puissent pas être expulsées de notre pays. Ça, c'est pour la gauche. Et à droite, qu'ils nous expliquent que celles et ceux qui travaillent, parfois dans nos services publics, dans nos restaurants, ne méritent pas d'être régularisés alors que nous avons besoin d'eux et alors qu'ils s'intègrent à notre pays.

Soit ils sont purement politiciens et ils ne veulent pas voter avec nous, parce que par principe, ils ne veulent pas voter avec nous. Mais qu'ils viennent le dire devant les Français qui, eux, sont très clairs, à mon avis, sur ce qu'ils attendent de nous en matière d'immigrants.

20:15
Présentateur

Mais ce sera tout ou rien. Ces deux mesures, il ne peut pas y avoir une seule des mesures dans la loi.

20:20
Aurore Bergé

Moi, je crois que cette loi, elle est pertinente.

20:22
Présentateur

Il ne pourrait pas y avoir une loi, par exemple, avec juste les régularisations.

20:25
Aurore Bergé

Moi, je crois que cette loi, elle est pertinente parce que, justement, il y a les deux. Parce qu'à un moment, on pose des principes qui sont clairs. Les délinquants n'ont aucune raison de rester sur notre territoire. Ceux qui s'intègrent à nos valeurs doivent pouvoir être régularisés.

20:36
Présentateur

On vous pose la question parce qu'à un moment, Emmanuel Macron évoquait la possibilité de faire une loi à la découpe, juste par petits morceaux. Après, c'est devenu une loi complète. Et maintenant, on ne sait plus ce que ça va devenir.

20:46
Aurore Bergé

Je crois qu'il y a une cohérence. C'est ce qu'a fait le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin. Il a présenté un projet de loi général sur le sujet. Le président de la République, d'ailleurs, l'avait redit dans son face au lecteur aux Parisiens. Il y a une cohérence à présenter l'ensemble de ces mesures. Et encore une fois, qu'on vienne nous expliquer sur le fond, pas juste de manière politicienne, mais qu'on vienne nous expliquer sur le fond en quoi ces mesures ne sont pas bonnes pour les Français. Ces mesures, elles sont utiles, elles sont pertinentes. On en a besoin parce que la question de l'immigration doit être traitée par des gens qui sont des républicains.

Sinon, cette question, elle est instrumentalisée par d'autres. Et je ne crois pas que ça fasse du bien à notre pays.

21:19
Présentateur

En remerger, le maire de Saint-Brévin, en Loire-Atlantique, Yannick Moraise, qui a démissionné après des mois de menaces et dont le domicile a été incendié, va rencontrer Elisabeth Borne tout à l'heure. Est-ce que ce n'est pas un peu tard ?

21:29
Aurore Bergé

Je crois que déjà, c'est important que la Première Ministre s'entretienne avec lui et comprenne concrètement ce qui s'est passé. Et en le recevant, elle envoie aussi un signal très fort, je trouve, à l'ensemble des élus de la République en leur disant qu'on est à leur côté. Et elle envoie aussi un signal par rapport au projet qui était celui du maire de Saint-Brévin sur justement la question de l'accueil des personnes qui sont des demandeurs des îles.

21:49
Présentateur

Un projet de déménagement d'un centre d'accueil pour réfugiés qui était déjà sur cette commune et qui devait s'installer à côté d'une école maternelle. Vous souhaitez que, symboliquement et pas uniquement symboliquement, ce centre ouvre bien, ne serait-ce que pour donner tort à ceux qui ont voulu l'intimider ?

22:05
Aurore Bergé

Moi, je crois que la meilleure des réponses par rapport au drame qu'a vécu le maire de Saint-Brévin et sa famille, la meilleure réponse face aux intimidations, aux menaces de l'extrême droite, c'est qu'évidemment, ce centre puisse ouvrir. Je crois que c'est la meilleure réponse que la République peut apporter.

22:21
Présentateur

Vous dites que le fait que la Première Ministre le reçoive aujourd'hui, c'est un bon signal, ça montre que l'État est aux côtés des élus et tout ça. Ce n'est pas ce que dit le maire. Le maire dit, par exemple, qu'il a eu Olivier Véran, le porte-parole au téléphone après l'incendie de son domicile et rien ne s'est passé ensuite. Emmanuel Macron lui-même lui a écrit 11 jours après l'incendie, alors qu'il avait décroché illico son téléphone lorsqu'Éric Zemmour a été agressé. Est-ce que ça donne l'impression d'un État aux côtés des élus quand il se passe ce genre de choses ?

22:51
Aurore Bergé

C'est comme la démonstration que le Président de la République et la Première Ministre sont au rendez-vous. Un peu tard. Ils l'ont appelé, le reçoivent, l'écoutent. Et si après, il y a eu d'éventuels dysfonctionnements sur la protection qui aurait dû lui être apportée, comme ça, on fera toute la lumière pour faire en sorte que les élus soient plus et soient mieux protégés. Mais il ne faut pas décaler la faute et la charge.

La faute et la responsabilité, elle est contre ces groupuscules d'extrême droite qui ont intimidé, parce que ceux qui sont venus manifester, ce ne sont pas des habitants de Saint-Brévin, ce sont des personnes extérieures à la Commune, ce sont des banderoles de l'extrême droite que vous avez vues, des banderoles du parti d'Éric Zemmour que vous avez vues, et qui sont venus devant la mairie chercher à intimider des élus de la République pour les empêcher de réaliser un projet qui est un projet profondément humaniste et républicain.

23:41
Présentateur

Aurore Berger, un mot de ce qui s'est passé hier à Cannes, où l'avenue de l'acteur américain Johnny Depp a provoqué une levée de boucliers de la part de certaines associations féministes et d'une partie aussi du milieu du cinéma qui reproche au festival de lui dérouler le tapis rouge alors qu'il a été accusé par son ex-compagne de violences conjugales, même s'il n'a jamais été jugé ni condamné pour cela. Est-ce qu'il est le bienvenu en France ? Est-ce qu'il est le bienvenu à Cannes ?

24:02
Aurore Bergé

Je crois que le seul principe que vous pouvez poser, quel que soit d'ailleurs le type d'événement mis en cause, c'est la justice. Est-ce que oui ou non, une condamnation a existé ? C'est le seul principe démocratique en vérité que vous pouvez poser ou alors vous posez un principe préalable qui fait que quelqu'un, s'il a été accusé une fois dans sa vie, finalement n'a plus le droit à la parole publique, à l'expression ou à exercer son métier. Mais par contre, ce qui est intéressant, c'est de voir à quel point justement les choses ont changé sur ce débat. Souvenez-vous de ce qui s'est passé il y a quelques années avec Bertrand Cantat. Bertrand Cantat, il n'y a pas de doute.

Bertrand Cantat, il a tué sa compagne. Bertrand Cantat l'a frappé. Bertrand Cantat avait été d'ailleurs condamné par la justice. Mais juste après sa libération, finalement tout le monde trouvait ça normal. Bertrand Cantat a purgé sa peine. Oui, mais tout le monde trouvait ça normal de venir l'applaudir. Je pense que cette situation-là, par exemple, elle ne pourrait pas se produire aujourd'hui. Et c'est ça qui est intéressant et rassurant.

C'est de voir que les choses ont changé et que quand la justice est passée, les Français, maintenant, considèrent qu'il y a certaines attitudes qui ne doivent plus pouvoir exister et qu'on ne peut pas aduler de la même manière quelqu'un qui a frappé, quelqu'un qui, en l'occurrence, a tué sa compagne. Et je crois que ça, c'est aussi le symbole que notre pays a heureusement évolué et avancé sur ces sujets.

25:22
Présentateur

Merci beaucoup. Merci à vous. Bonne journée à vous. Merci à vous.