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interviewYan Chantrel· 3 avril 2025 12 min

En séance : le débrief' #1 avec la sénatrice Audrey Belim

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Bonjour à toutes et à tous. Bienvenue dans l'hémicycle ici au Sénat où nous avons débattu à l'occasion de la niche parlementaire du groupe socialiste sur des enjeux très important qui concernent nos compatriotes en outre m et plus particulièrement la le sujet de leur pouvoir d'achat qui a tendance à exploser et qui est beaucoup plus important que les Français qui résident notamment dans l'hexagone. À cette occasion justement, j'ai la chance de pouvoir avoir ma collègue Audreé Bline qui est la sénatrice de la Réunion et qui est autrice d'un des deux textes qui a été voté à l'unanimité au sein de notre niche.

Donc je suis très heureux de pouvoir t'accueillir parce que le but justement de de ces vidéos, c'est de pouvoir transmettre à nos compatriotes qui n'ont pas toujours connaissance de certaines réalités et c'est le cas justement de Notre Mire. Je pense que ça fait partie des territoires qui sont oubliés, des compatriotes qui peuvent être oubliés de notre République et je pense que c'est important de vous partager aussi des informations de la réalité vécue par une personne qui représente justement une partie de de ce territoire. Chantel pour le groupe socialiste, écologiste et républicain.

L'éducation s'est détérioré, les conditions de travail des enseignants c'est détérioré, la santé s'est détérioré. Je trouve ça très désolant. 2 minutes chers collègues, madame la ministre, vu que vous êtes cours d'idée, je vais vous donner un exemple, ne l'oubliez pas.

Ils ont été luus contre l'extrême droite. Je pense pas que c'est en leur servant le tapis rouge qu'on lutte contre elle. C'est une cure d'austérité quelque part.

Ce ministère est à l'os. Nous allons voter contre ce budget qui est pour cet amendement. J'ai eu l'impression d'assister plutôt au petit télégraphiste de Bolloré.

Monsieur Chanel, vous avez la parole. Il est temps maintenant d'agir pour résoudre la crise sociale dans notre pays. Merci à toi Audre.

Est-ce que tu peux nous partager justement cette réalité et la raison qui t'a poussé à déposer et à défendre ce ce texte au sein de cet hémicycle ? Ben d'abord euh je dirais merci à Yann de m'inviter à venir échanger avec vous parce que les vrais dès qu'on a l'occasion de parler de nos territoires, on saisit euh cette occasion tout simplement parce que euh on est tellement éloigné de la mère patrie, je dirais, que oui, euh nous-même on a tendance parfois à se replier sur nous-même et puis ben, on a aussi tendance depuis là où on est ici à Paris et bien à oublier que ces territoires ont des problématiques dites structurelles, des problématiques qui existent depuis très très longtemps et qui s'explique du fait des des différences et des spécificités physiques que nous avons. Les outresem, c'est très semblable et c'est très différent en même temps.

Les outremès, c'est Saint-Pierre et Miclon, par exemple à côté du Canada, tout en haut avec des températures extrêmement basses et puis la Réunion dans l'hémisphère sud chez moi avec des températures plutôt hautes et un climat plutôt tropical. On est semblable et différent parce que on est tout et tous complètement éloigné de la mère patrie. Le premier critère de de spécificité, c'est notre éloignement.

La deuxième spécificité, c'est qu'on est la plupart du temps insulaire. Il est vrai que la Guyane, il est sur un continent, mais il est quand même isolé sur son continent d'Amérique du Sud. Et puis l'autre spécificité que nous avons, c'est que toutes les problématiques rencontrées ici en terre hexagonale, les crises économiques, les crise sociales, les crises environnementales et ben elles sont exacerbées chez nous parce que finalement du fait qu'on soit éloigné et bien toutes les solutions euh ne sont pas forcément réfléchies en pensant à nos spécificités d'une part et puis le temps qu'elles arrivent jusqu'à chez nous et bien finalement la situation a très souvent le temps de de s'aggraver.

On a encore la mémoire de ce qui s'est passé euh en Martinique l'année dernière avec ces mouvements très importants contre la vie chère. On a encore en mémoire Mayotte avec Shido. On a encore eu récemment nous à la Réunion Garance.

Tout cela pour vous dire que euh au-delà des des des événements sociaux, il y a aussi de gros événements cycloniques, de gros événements climatiques qui viennent nous fragiliser et nous nous avons absolument besoin qu'il y ait un œil bienveillant sur nos territoires parce que euh nous avons besoin d'une solidarité nationale qui soit beaucoup plus exacervée et l'un des plus gros problèmes de la Réunion, c'est la vie chère. C'est vraiment le la problématique commune à tous nos territoires. Pourquoi ? parce que nous nous sommes concentrés dans notre bassin géographique.

Les Antill sont près des États-Unis. Nous à la Réunion, on est dans le sang Indien. La Nouvelle-Calédonie, Haïti, ils sont plutôt dans le Pacifique.

Mais on est soumis aux normes européennes. Donc finalement, il y a des territoires qui ont toujours adaptés d'ailleurs. Exactement.

Donc vous avez des territoires qui ont la capacité d'avoir un peu d'agriculture chez moi par exemple à la Réunion et d'autres où c'est absolument pas possible comme Saint-Martin ou Saint-Bartelémi qui ne sont absolument pas connus pour leur année culture et les Antimes mis à part la banane ou la canne pour la production de Rome il y a très peu de possibilités de tendre vers l'autonomie je dirais alimentaire et donc on apporte tout quand on est ici sur le territoire hexagonal il y a trois acteurs depuis la production du produit jusqu'à que le produit soit dans le rayon Tandis que chez nous, par exemple, chez moi à la Réunion, là où on produit le le produit, j'ai 13 acteurs. Ah oui, d'accord. Jusqu'à que ça arrive chez moi.

Donc à chaque fois les marges sont augmentées. Et puis on a cette fameuse taxe historique qui est l' 3 de mer qui est très incomprise et qui est très contestée et en fait dès qu'il y a le doute qui s'installe et ça c'est partout et bien ça rend les gens très en colère. Donc notre problématique à nous c'est la vie chère.

C'est bien pour cela que Victorin Lurel qui a été ministre, qui a été également cadre sur son territoire, donc il connaît très bien de de ce dont il parle, il a voulu s'investir là-dessus parce que nous avons d'ors et déjà chez nous des outils. Cependant, nos outils ne sont pas efficients. Lorsque Victorin Lurel voudrait que l'on commence à renforcer les pouvoirs de l'opmr entreprises et il visait il visait certains grands groupes à déclarer leur compte parce que justement il y a pas de transparence et donc il y a des doutes et donc il y a de la colère, c'est venir faire un pas pour le pouvoir d'achat.

Donc il était vraiment sur cette idée, cette problématique de chè de la vie par rapport aux produits, par rapport aux groupes et il voudrait euh protéger finalement euh le commerce sans pour autant porter atteintre à la à la à la liberté de commerce, hein. Et ça ça touche directement le portefeuille des ultramarins parce que on va se déplacer, on va acheter. Moi, j'ai voulu intervenir sur l'un des postes les plus importants de dépenses, c'est le coût du loyer.

L'article 1er prévoit donc l'expérimentation de l'encadrement des loyers sur nos territoires. En effet, de nombreuses collectivités d'outremè nous ont fait savoir qu'elles auraient souhaité expérimenter l'encadrement des loyers. Lors du lancement de cette expérimentation initiale dans nos territoires hexagonaux, et bien nos territoires ultramarins n'étaient pas classés en zone tendue et n'ont donc pas pu participer aux premières phases, contrairement à Paris ou à Montpellier.

Les chiffres sont pourtant incontestables. 80 % des foyers ultramarins sont éligibles au logement social et nombre d'entre eux n'ont d'autre choix que de se tourner massivement vers le parc locatif privé. tant la construction de logements notamment sociaux se sont effondrés ces dernières années.

L'expérimentation dans les communes volontaires et j'insiste bien sur le mot volontaire est tardement souhaité et c'est à cette attente que le Sénat doit répondre aujourd'hui. Dans nos territoires, on a une crise très exacerbée sur le logement. Pourquoi ?

Je le rappelle insulaire éloigné. Et ce qui est très incohérent, voyez-vous, c'est que chez moi à la Réunion, ben j'importe du bois de l'étonie pour construire. Ouais.

Alors qu'à côté de chez moi, j'ai Australie, bien sûr, j'ai l'Afrique du Sud. Voyez, c'est très incohérent. Donc c'est pas bon pour le bilan en carbone en vrai parce que il y a plus de distance.

On paye le prix de la pénurie des matériaux qui est connu ici en Europe et en Hexagone. Et puis on ne laisse aucune place à l'estime de soi, à l'innovation dans les territoires et au développement des filières économiques. Et en plus, comme partout ailleurs, on a un problème de foncier, on a un problème d'aménagement du foncier, s'ajoute à ça le l'inflation des coûts et des matériaux de construction. et bien on narrive pas à sortir des logements.

On est en crise de logement social et ce qui fait que massivement tout le monde finalement se projette et va euh ben vers le secteur privé. Et depuis euh un certain nombre d'années, par exemple à Saint-Denis de la Réunion, nos loyers sont euh équivalents à ceux de Montpellier alors que nous avons une moyenne de revenus qui est beaucoup plus basse que la moyenne des revenus en hexagone. Et Montpellier, elle injustement, elle bénéficie de l'encadrement des loyers depuis tout ça.

Bah oui, tout à fait. Mais pas vous. Et donc euh parce que le loyer est la part la plus importante de dépenses de nos ménages, moi j'ai voulu travailler sur le logement et donc travailler en faveur du pouvoir d'achat, travailler en faveur du pouvoir de vivre et donc pouvoir apporter des outils afin de lutter au mieux contre la crise du logement et donc faciliter le pouvoir de Merci à toi Audré en tout cas parce que là vous entendez peut-être un petit peu de bruit parce que justement on est juste avant la reprise de la séance qui va reprendre dans quelques minutes d'ailleurs Ici, on est également dans une des maisons du peuple, hein.

Vous pouvez évidemment venir nous solliciter, solliciter vos parlementaires, vos sénateurs et sénatrices pour pouvoir visiter, pour pouvoir assister à nos séances qui sont des séances publiques. Comme ça, vous pourriez voir éventuellement les textes qui sont défendus par Audry. Et puis un peu je te dirais Audreé qu'est-ce quelle va être la suite ?

Parce que le cheminement parlementaire fait que le Sénat l'a adopté à l'unanimité mais il y a une autre chambre qui doit l'adopter pour que ça puisse être dans la loi concrète pour nos compatriotes pour qu'ils puissent avoir un résultat concret. Alors la prochaine étape, tu la connais, elle est difficile. Il faut qu'elle atterrisse le plus rapidement possible à l'Assemblée nationale.

Donc il faudrait que le groupe socialiste ait un temps de niche et puisse la faire atterrir pour qu'elle soit examinée à l'Assemblée nationale. Mais on a d'autres chances dans les cas où bah les socialistes ont déjà utilisé leur niche. Ouais.

On a la possibilité d'avoir un ministre, un ministre des autres Mèes qui décide de faire une grande loi et il utilise euh les véhicules législatifs que nous avons imposé depuis le Sénat ou d'ors et déjà imposé depuis l'Assemblée nationale qui n'ont pas encore connu la navette et il décide de faire une grande voie une grande loi ou il a encore la possibilité s'il le souhaite de passer par une procédure dite accélérée pour faire promulguer la loi au plus vite. Donc on a des options. tout ce qu'on voudrait et et comme j'étais complètement déterminée à faire voter ce texte hier, je vais être complètement déterminé à le faire promulguer et à le faire appliquer.

Le Sénat est la maison des territoires et le Sénat doit faire confiance aux élus et aux acteurs des territoires. Je tiens à le dire et je le je le dis devant Yann, c'est la première fois au Sénat qu'un groupe politique décide de dédier une journée complète, sa niche complète à des textes des outres mères. C'est les socialistes qui l'ont fait.

C'est la première fois aussi au Sénat que des textes ultra marins ont été portés autant par les auteurs, Victorin et moi-même, que par les rapporteurs, que par les ministres, que par les présidents de commission. Il y a vraiment eu et je tiens à le dire un grand mouvement transpartisant. Nous, on veut compter sur cet élan un petit peu transpartisant sur la matière euh des outresemes pour pouvoir avancer rapidement et obtenir au mieux en 2026 la promulgation de nos textes.

Donc vous retrouverez euh les coordonnées de sur les réseaux sociaux d'Oré si vous voulez suivre plus largement les problématiques et puis je vous invite vous-même à partager cette réalité auprès des de vos parlementaires, des autres parlementaires pour qu'ils puissent être sensibilisés aussi sur les problématiques du coût de la vie en outreem pour pouvoir porter eux-mêmes ce texte peut-être à l'ordre du jour de leur propre niche également. Donc je vous encourage à partager également cette vidéo, d'en parler autour de vous et et de de nous suivre également. Merci à toi en tout cas pour Merci