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interviewBFM TV (sur YouTube)· 11 octobre 2025 11 min

La prise de parole de Sébastien Lecornu après sa reconduction au poste de Premier ministre

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Locuteur 2

Je suis heureux de saluer la presse et à travers vous, les Françaises et les Français. Je veux saluer l'ensemble des élus du territoire qui m'accueillent, le maire de la Lairose, l'ancien maire devenu député de la Lairose, et puis bien sûr l'ensemble des représentants de l'État, corps préfectoral, Monsieur le Ministre, et l'ensemble des autorités du territoire. Je tenais vraiment à marquer les premières heures après ma reconduction à Matignon de cette présence auprès des fonctionnaires de police.

J'ai eu l'honneur de porter l'uniforme comme militaire de la gendarmerie, comme réserviste il y a quelques années, et je veux redire tout le soutien, toute l'admiration que l'on a pour celles et ceux qui assurent la sécurité et la protection des Françaises et des Français. Ce qui me permet aussi de revenir très symboliquement ici à la Lairose. Il se trouve qu'on est la même génération de maires, tous les deux, avec Vincent.

On se souvient de ce qui s'est passé, je n'y reviens pas, ici il y a quelques temps, et qui avait beaucoup bouleversé la population, et qui d'ailleurs avait énormément ressoudé la population autour, non seulement de nos forces de sécurité, je vais en dire un mot dans un instant, mais aussi de nos élus locaux.

Et au fond, on le voit bien, dans un moment dans lequel on parle beaucoup de politique, enfin il y a quand même une vie quotidienne des Françaises et des Français qui continue, et des nombreuses consultations d'ailleurs que j'ai pu avoir avec les formations politiques, y compris de l'opposition, on voit que la sécurité du quotidien, la lutte contre les incivilités, le fait au fond de refuser cette violence qui monte dans la société, violence sur les personnes, comme les violences, en tout cas les atteintes faites au bien, vol, cambriolage, sont quelque chose au fond qui peut réunir un large consensus au sein de la classe politique.

Et si je l'ai fait ce matin ici, au-delà du fait que j'ai une reconnaissance personnelle, et une identification personnelle avec celles et ceux qui rendent ce service public de la sécurité, c'est qu'au fond, on voit bien que ce sont des thèmes qui doivent être mis à l'agenda dans les temps qui viendront. Ici, on a une police municipale qui fonctionne, qui travaille bien dans la main avec la police nationale.

Le ministre de l'Intérieur Bruno Retailleau, le ministre délégué François-Noël Buffet ont fait un travail absolument remarquable ces derniers mois sur ce qu'on appelle le Beauvau des polices municipales, c'est-à-dire au fond comment on remet du bon sens dans le fonctionnement entre les polices municipales et les polices nationales. Et quand je dis du bon sens, ce n'est pas qu'une affaire d'argent, c'est au fond de se dire que ce n'est pas normal aujourd'hui qu'un policier municipal n'ait pas un accès direct au fichier des cartes grises de voiture. On est en 2025, on a de l'intelligence artificielle d'un côté et de l'autre côté, on a encore des systèmes qui sont beaucoup trop rigides.

Et ça, Bruno Retailleau et François-Noël Buffet avaient fait avancer les choses. Et je pense que ce sont des thématiques, des dossiers qui doivent être portés très très vite dans les semaines qui viendront. J'aurai l'occasion d'y revenir lors de la déclaration de politique générale. Mais au-delà de cette déclaration de politique générale, qu'on soit capable, à quelques mois des élections municipales, de refaire de la question de la lutte contre les incivilités, de la lutte contre la délinquance, la question de la proximité de cette police, et notamment cette articulation entre police municipale et police nationale, quelque chose de bon sens.

Moi, j'ai la faiblesse de penser que sur la sécurité des Françaises et des Français, il y a les discours, enfin il y a les actes, qu'il faut parler de ces choses avec beaucoup de précision, et qu'au fond, on voit bien, on n'est pas complètement au bout de ce qu'on doit faire. Beaucoup a été fait ces dernières années, et notamment les gouvernements auxquels j'ai appartenu en matière de moyens, on le sait, ce qui a été fait par les ministres de l'Intérieur successifs, avec de grandes lois, notamment celles qui ont été portées par Gérald Darmanin. Mais enfin là, on le voit bien, il y a des situations locales qui doivent être traitées, une intelligence locale qui doit être respectée.

Et ce qu'on va faire sur la décentralisation, c'est-à-dire la capacité à faire circuler plus de pouvoir dans le pays, à confier plus de responsabilités aux collectivités locales, au fond, il ne faut jamais oublier que le maire est aussi agent de l'État. Et comme agent de l'État, c'est-à-dire pour ça qu'il a le droit de porter cet écharpe bleu-blanc-rouge, on doit aussi la réfléchir à comment l'État vient l'accompagner davantage, et c'est cette intelligence locale qu'on va essayer de faire avancer. En tout cas, message de reconnaissance pour les élus qui s'engagent, y compris lorsqu'ils ont pu parfois être en danger personnellement, en exposant leur famille. La vie politique est difficile.

Comme je l'ai dit hier au soir, en réagissant à ma renomination, tout n'est pas qu'affaire d'ambition, c'est aussi une affaire de devoir. Et celles et ceux qui s'engagent, quelles que soient leurs opinions politiques, je pense qu'il faut les y encourager. Et au fond, c'est comme ça qu'une démocratie fonctionne. Je suis prêt à prendre une à deux questions, et ensuite, je retourne travailler.

4:27
Locuteur 3

Bonjour, M. le Premier ministre. Anne Renaud de l'AFP. Ma question porte sur l'incompréhension que suscite cette reconduction parmi les Français, y compris dans votre camp. Même certains vont jusqu'à dire que c'est ridicule. Qu'en dites-vous ?

4:40
Locuteur 2

Je pense que ce qui est ridicule, c'est le spectacle dans lequel l'ensemble de la vie politique est en train de se tenir depuis maintenant plusieurs jours. Moi, j'ai été clair en début de semaine, ma mission était terminée. Bon. Il se trouve que l'urgence à avoir des textes économiques et financiers, à devoir les présenter dans les temps, à traiter du sujet aussi, et des urgences liées à la Nouvelle-Calédonie, la difficulté aussi, je crois, de la mission. Je n'ai pas le sentiment qu'il y avait beaucoup de candidats, pour être complètement transparent. Et donc, moi, je vais vous dire, je l'ai dit aux Françaises et aux Français à la télévision cette semaine, je n'ai pas d'agenda.

Je n'ai pas d'autre ambition que de se sortir de ce moment qui est objectivement très pénible pour tout le monde. Donc, moi, je me donne une mission qui est assez claire. Et après, soit les forces politiques m'aident et on s'accompagne pour le faire, soit elles ne le font pas. C'est comment on fait en sorte qu'au 31 décembre, il y a un budget pour la sécurité sociale, il y a un budget pour l'État, et on y a traité quelques urgences. Donc, moi, je peux comprendre tous les commentaires, toutes les incompréhensions. Je suis moi-même un politique. Je comprends le débat politique. Maintenant, le sujet, c'est soit on fait du surplace, soit on avance.

Et je pense que pendant ce mois, en avançant sur un certain nombre de tabous, de verrous que j'ai ouverts progressivement avec les différentes discussions que j'ai pu avoir avec nos différentes oppositions, il s'est passé des choses. On ne peut pas ne pas voir qu'un Premier ministre qui dit que les débats iront jusqu'au bout, de la première minute à la dernière minute, parce qu'il n'y aura pas d'utilisation du 49 à l'init 3 de la Constitution. Ce n'est pas rien. Ce n'est pas moi qui le demandais. Ce sont les forces d'opposition.

Que de dire que, au fond, moi, je défends un certain nombre d'éléments du bilan, de ce que nous avons fait, et qu'en même temps, on ne peut pas refuser le débat démocratique sur certains sujets. Et que, notamment, qu'un grand débat démocratique va avoir lieu avec l'élection présidentielle en 2027, mais que ce n'est pas pour autant que l'Assemblée nationale et les Sénatres ne doivent pas saisir de certaines thématiques, comme les partenaires sociaux. Donc, au fond, c'est un moment aussi de vérité. Est-ce qu'on est capable aussi de remontrer aux Françaises et aux Français qu'on est capable d'avancer ?

Moi, j'ai entendu hier des déclarations à la sortie de l'Élysée du responsable politique qui me semblait avoir envie d'avancer, avec beaucoup d'exigences. Beaucoup d'exigences. Je l'entends et je le mesure. Il y a une opposition. Il y a des gens qui, comment dire, souhaitent gouverner, en tout cas vont être appelés au gouvernement. Mais je pense que là, désormais, on joue un moment important pour le pays et qu'on doit, non pas appeler à la responsabilité, parce qu'il y a quelque chose de moral toujours, et moi, je ne suis pas là pour faire la morale. Je ne suis pas là pour faire la morale. Moi, je ferai mon devoir. Et je ne serai pas un problème. Je vous le dis comme je le pense.

Je ne serai pas un problème. Parce que c'est comme ça que je conçois aussi la mission, comme d'ailleurs bon nombre des personnes qui servent ici dans un commissariat. Au bout d'un an, il y a une dimension de service public et il y a une dimension de service de l'intérêt général. Ça fait plus que moi, je n'ai pas d'autre ingénieur.

7:46
Locuteur 1

Monsieur le Premier ministre, Hugo Capeli pour BFM TV. Est-ce que vous avancez sur cette copie gouvernementale ? Quand est-ce qu'elle sera dévoilée ? Est-ce que vous avez retenu, si je puis dire, les erreurs de la précédente copie, notamment en voyant ce qui se passe au sein des partis politiques de ce qu'on appelait jusqu'alors le socle commun, je pense aux Républicains, ce matin ?

8:03
Locuteur 2

En fait, oui. Là aussi, je me suis déjà exprimé sur le sujet. Je pense qu'il faut un gouvernement qui corresponde aussi à la réalité parlementaire. C'est indispensable, c'est une démocratie. Et c'est le moment le plus parlementaire de la Vème République. Enfin, il faut aussi que ce soit désormais un gouvernement qui ne soit pas complètement prisonnier de certains appétits partisans. Vous savez, quand j'ai démissionné lundi, j'ai dit que les conditions n'étaient plus remplies. On ne peut pas être Premier ministre quand les conditions ne sont pas remplies. Ça n'a pas changé.

C'est-à-dire que je le dis avec gravité, j'ai été renommé Premier ministre, mais il faut que les conditions continuent à être remplies. Je le dis très directement, je n'ai pas de double discours. Il faut être droit. Donc, par définition, il faut que ce gouvernement puisse être libre. C'est-à-dire avec des sensibilités partisanes, mais pas emprisonnées par les partis. Il faut que ce gouvernement puisse être libre, y compris vis-à-vis de la prochaine élection présidentielle. Moi, je trouve ça très, très bien que des gens décident d'être candidats à l'élection présidentielle. C'est très dur. Et bien heureuse et bien heureuse celles et ceux qui ont ces ambitions.

Mais je pense que l'équipe qui doit se concentrer sur l'actualité, là, du pays, des attentes pour les Françaises et les Français, ne peuvent pas se disperser à plusieurs choses en même temps. C'est du bon sens. Et je pense qu'en remettant du bon sens, on va remettre du calme. En remettant du calme, on remettra de la stabilité. En remettant de la stabilité, on remettra du progrès aussi pour les Françaises et les Français. Parce qu'en fait, je le dis aussi à tout le monde, il n'y a pas de progrès social. Et il n'y a pas d'avancée quand on fait du surplace dans une crise politique.

9:44
Locuteur 1

Vous avez déjà avancé sur la copie ?

9:48
Locuteur 2

Non, mais déjà, moi, je vous remercie, Bruno Retaille. Il a annoncé ce matin qu'il ne souhaitait pas participer au nouveau gouvernement. C'est sa décision et je la respecte. Et je l'ai dit cette semaine et je le redis. Il a défendu ses convictions. Il a porté une énergie et une action importantes dans un ministère qui est difficile. Il a affronté plusieurs crises cette dernière année. et moi, je le redis, bienheureuse et bienheureuse celles et ceux qui s'engagent et pour leur payer au gouvernement et s'ils le souhaitent pour être candidats à l'élection présidentielle. Donc, vous ne m'entendrez jamais dire du mal. Jamais. Je vous le dis que vous le pensez. Merci à vous.

10:24
Locuteur 1

Est-ce que vous êtes prêts à accepter la suspension immédiate et complète de la réforme des retours ?

10:28
Locuteur 2

On a l'occasion de revenir sur ces sujets. Après, je vous l'ai dit, je crois que tous les débats sont possibles dès lors qu'ils sont dans un cadre réel et réaliste, y compris sur les questions budgétaires, sur les questions... Mais vous savez, dans le Parisien, il y a trois semaines ou un mois, j'avais dit que la réforme borne n'était pas achetée. Personne ne l'a relevée. J'avais déjà dit des choses. Merci beaucoup.

10:55
Locuteur 3

Merci à tous. Merci à vous.