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InterviewC dans l'air (sur YouTube)· 3 octobre 2026 14 minContradictoireActualité / polémiqueInstitutions & électionsJusticeImmigration & asileSécurité

Affaire Bardella : Mediapart face à la contre-attaque du RN

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Attaque 80 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 78 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:07OuverteRéponse directe

    Jusqu'où ira l'affaire Jordan Bardella ?

  • 1:00RelanceÉludée

    Il a porté plainte pour diffamation contre Mediapart avec constitution de partie civile. Qu'est-ce que vous lui répondez ?

  • 1:53RelanceRéponse directe

    Vous nous expliquez le calendrier ?

  • 4:37OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce qui vous permet de dire que c'est vraiment Jordan Bardella ?

  • 5:54RelanceRéponse partielle

    C'est une déduction intellectuelle. Vous n'avez pas la preuve technique absolue ?

  • 9:01RelanceRéponse partielle

    Vous n'avez pas la preuve technique que c'est bien lui qui a tapé ses messages ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:22PrésentateurFait
    « Vous avez révélé entre autres les affaires Betancourt, Karachi, Cahuzac ou encore celle du financement libyen de la campagne de Nicolas Sarkozy. »
  • 0:31PrésentateurFait
    « Les messages antisémites que vous publiez ont été téléchargés directement par la maison mère de Facebook. »
  • 0:41InvitéFait
    « Il y a derrière cette opération de déstabilisation quelque chose d'extrêmement trouble. »
  • 0:47InvitéFait
    « Nous en expliquerons dans la justice et je pense que Mediapart pourrait se renommer Mediaflop. »
  • 1:03Invité politiqueFait
    « Mais rien. En fait, je ne participe pas à un débat sur la retour d'ité de la terre avec quelqu'un qui dit que la terre est plate. »
  • 1:36Invité politiqueFait
    « Il invoque la justice sans même dire devant ses électrices, ses électeurs, les Françaises et les Français, ce qu'il y a de précis qu'ils contestent dans notre enquête. »
  • 1:46Invité politiqueFait
    « Nous, on a produit des éléments matériels dont le niveau de certitude est de 100%, des éléments intellectuels, des sources, des dizaines de documents. »
  • 2:21Invité politiqueFait
    « 18 témoins de l'époque, des dizaines et des dizaines d'entretiens. Cette enquête sur le passé antisémite de M. Bardella a commencé au printemps dernier. »
  • 2:56Invité politiqueFait
    « Sur le Messenger, où il y a les écrits antisémites qu'on pourrait qualifier d'obsessionnels et de compulsifs, ce qui s'est passé, c'est que notre source nous a d'abord montré les échanges qu'elle avait sur son téléphone, sur son ordinateur. »
  • 3:20Invité politiqueFait
    « Donc, au mois d'août, on a demandé à cette source de faire ce que permet la loi européenne sur la protection des données personnelles d'extraire depuis les serveurs de méta, depuis les archives de méta la maison mère de Facebook où il y a l'application Messenger, l'intégralité de la conversation. »
  • 3:49Invité politiqueFait
    « que la conversation date de 2013 et que depuis 2013, il n'y a pas d'altération. »
  • 4:52Invité politiqueFait
    « Une faute d'orthographe qui vous a interpellé. »
  • 5:27Invité politiqueFait
    « Il se trouve que ces anecdotes, on va les retrouver 11 ans plus tard, dans l'autobiographie d'un certain Jordan Bardella. »
  • 5:55Invité politiqueFait
    « En fait, quand on a publié l'enquête lundi, il y a eu un débat au service, notamment d'édition et des correcteurs et correctrices de Mediapart. Est-ce qu'on laisse les fautes d'orthographe dans les messages qu'on allait publier dans le journal ? »
  • 6:48Invité politiqueFait
    « Et Jordan Bardella, de lui répondre, ah bon, on dit Chartres ? »
  • 6:57Invité politiqueFait
    « Et qu'est-ce qu'il trouve en octobre 2013 ? Jandard Bardella, qui s'adresse à des militants et des candidats du Rassemblement national, il veut parler de la charte de son parti. »
  • 8:04Invité politiqueFait
    « Mais il y a en plus les boucles mail qui prouvent que Jordan Bardella baignait dans cet environnement antisémite, négationniste, raciste pendant ces années-là. »
  • 8:15Invité politiqueFait
    « un an et demi après ses écrits antisémites qui ne sont pas peut-être de la main de Jordan Bardella, qui sont, je l'affirme, de la main de Jordan Bardella, un an et demi, son premier employeur politique est un négationniste, un antisémite. »
  • 8:23Invité politiqueFait
    « En 2023, M. Bardella dit que Jean-Marie Le Pen, multicondamné pour contestation de crimes contre l'humanité, n'est pas un antisémite. »
  • 8:32Invité politiqueFait
    « Jordan Bardella, à la tête du RN, continue de faire profiter de l'argent public du Rassemblement national, des galaxies de sociétés qui appartiennent à un homme, Frédéric Chatillon, ami de Marine Le Pen, dont nous avons révélé hier que les services de renseignement français, en 2008, le qualifiaient de néo-nazi convaincus. »
  • 9:13Invité politiqueFait
    « Mais Jordan Bardella, lui, qu'est-ce qu'il en dit ? Il dit qu'il avait un compte Messenger en 2013 ? Il dit qu'il avait subi une usurpation d'identité en 2013 ? Il ne dit rien, Jordan Bardella ? »
  • 9:22Invité politiqueFait
    « C'est comme il le dit lui-même, il pense pouvoir s'en sortir avec de la com, parce qu'il l'écrit d'ailleurs dans les conversations Messenger. »
  • 9:38Invité politiqueFait
    « Et d'ailleurs, je constate que, du point de vue judiciaire, Jordan Bardella a choisi un type de procédure. C'est son droit, nous, de poursuivre. »
  • 10:42Invité politiqueFait
    « Mais on est dans un environnement où quand on produit une enquête comme ça, celle qui veut présider la destinée de la nation a des termes guerriers depuis l'Assemblée nationale pour demander à des journalistes de porter des gélis pare-balles tandis que son futur potentiel Premier ministre, M. Bardella, dit que ça va être la guerre totale avec un journal comme le nôtre. »
  • 11:13Invité politiqueFait
    « Très dangereux, raison pour laquelle 40 sociétés de journalistes, de 40 médias différents, toutes tendances confondues, ont dit que là, on atteint un point de radioactivité dans le débat public qui n'est démocratiquement pas acceptable. »
  • 12:21Invité politiqueFait
    « la force de l'enquête d'Alexandre Berthaud et Antoine Rouget, c'est qu'elle fait remonter, si vous me permettez l'expression, tous les égouts du Rassemblement National, du Front National, que ce parti, sous le vocable impropre de dédiabolisation, cherche à cacher depuis une quinzaine d'années. »
  • 13:12Invité politiqueFait
    « l'un des principaux lieutenants de Marine Le Pen, Jean-Philippe Tanguy, député, est allé à la télé hier pour dire que Marine Le Pen n'a jamais été proche de Frédéric Châtillon. Il y a des photos. Marine Le Pen, elle-même, a revendiqué son amitié avec Frédéric Châtillon. »

Temps de parole

  • Jordan Bardella79 %
  • Présentateur18 %

≈ 2,2 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:07
Présentateur

Bonsoir à tous, bienvenue dans C'est dans l'air. Jusqu'où ira l'affaire Jordan Bardella ? Bonsoir Fabrice Arfi. Vous êtes co-responsable du pôle enquête de Mediapart. Vous avez révélé entre autres les affaires Betancourt, Karachi, Cahuzac ou encore celle du financement libyen de la campagne de Nicolas Sarkozy. Aujourd'hui, en tout cas ces dernières heures, vous produisez des preuves, les conversations entre ce qui serait le compte de Jordan Bardella et son entourage entre 2013 et 2014. Les messages antisémites que vous publiez ont été téléchargés directement par la maison mère de Facebook. Puis authentifiés par un huissier. On écoute la réponse de Jordan Bardella.

0:41
Invité

Il y a derrière cette opération de déstabilisation quelque chose d'extrêmement trouble. Donc nous en expliquerons dans la justice et je pense que Mediapart pourrait se renommer Mediaflop.

0:54
Locuteur

Il

0:54
Présentateur

a porté plainte pour diffamation contre Mediapart avec constitution de partie civile selon plusieurs médias. Il vous accuse de montage grossier. Qu'est-ce que vous lui répondez ?

1:03
Jordan Bardella

Mais rien. En fait, je ne participe pas à un débat sur la retour d'ité de la terre avec quelqu'un qui dit que la terre est plate. Vous voyez, nous, nos enquêtes et les preuves que nous avons mises sur la place publique n'ont pas vocation à convaincre Jordan Bardella. Notre sujet, ce

1:19
Locuteur

n

1:19
Jordan Bardella

'est pas ce que pense Jordan Bardella qui manifestement a très à cœur de faire des mauvaises blagues à la télé sans s'expliquer dans le détail. Il invoque la justice sans même dire devant ses électrices, ses électeurs, les Françaises et les Français, ce qu'il y a de précis qu'ils contestent dans notre enquête. Donc nous, on a produit des éléments matériels dont le niveau de certitude est de 100%, des éléments intellectuels, des sources, des dizaines de documents. Tout ça est à la disposition de la discussion publique mais aussi de la justice. Nous sommes d'une sérénité absolue par rapport à tout ça.

1:53
Locuteur

Il

1:53
Présentateur

faut que vous nous expliquez le calendrier.

1:55
Locuteur

Une

1:55
Présentateur

de vos sources qui appartenaient à l'entourage de Jordan Bardella a demandé le 16 août 2026 à la maison mère de Facebook de lui transmettre les conversations entre elle et le compte attribué à Jordan Bardella. Vous publiez l'article ce lundi. Pourquoi attendre le mardi, le lendemain de la publication, pour avoir l'authentification de l'huissier ?

2:14
Jordan Bardella

D'abord, mes deux confrères Alexandre Berthaud et Antoine Rouget ont mené pendant des mois une enquête, comme on en fait tout le temps à Mediapart. 18 témoins de l'époque, des dizaines et des dizaines d'entretiens. Cette enquête sur le passé antisémite de M. Bardella a commencé au printemps dernier. Ils ont réuni des sources documentaires multiples, à la fois des conversations Messenger, deux jeux de conversations différents venant de deux sources différentes qui d'ailleurs ne se connaissaient pas, mais aussi des boîtes mail de M.

Bardella, à la fois des mails collectifs, des mails plus restreints, liés à ces activités de responsables du Front National dans la fédération départementale des Seine-Saint-Denis dans les années 2014, 2015 et après. Et donc, tous ces éléments nous ont permis de faire cette enquête. Sur le Messenger, où il y a les écrits antisémites qu'on pourrait qualifier d'obsessionnels et de compulsifs, ce qui s'est passé, c'est que notre source nous a d'abord montré les échanges qu'elle avait sur son téléphone, sur son ordinateur. On a pu faire défiler l'intégralité de la conversation, mais évidemment, ça ne nous a pas suffi. À l'ère de l'IA, on peut se demander s'il

3:17
Locuteur

n

3:17
Jordan Bardella

'y

3:17
Locuteur

a

3:17
Jordan Bardella

pas des forgeries, on peut se demander s'il n

3:19
Locuteur

'y a

3:19
Jordan Bardella

pas des usurpations d'identité. Donc, au mois d'août, on a demandé à cette source de faire ce que permet la loi européenne sur la protection des données personnelles d'extraire depuis les serveurs de méta, depuis les archives de méta, la maison mère de Facebook où il y

3:34
Locuteur

a

3:34
Jordan Bardella

l'application Messenger, l'intégralité de la conversation. Et donc, ça a été crucial pour nous parce qu'on a pu voir que la conversation correspondait à ce qui nous avait été montré point par point avec Jordan Bardella sur Messenger,

3:47
Locuteur

que la conversation

3:49
Jordan Bardella

date de 2013 et que depuis 2013, il n'y a pas d'altération. Et comme nous avons publié notre enquête le lundi, qu'il y

3:56
Locuteur

a

3:56
Jordan Bardella

eu une attaque très violente contre Mediapart, qui appelait déjà du point de vue du RN au faux grossier à l'incantation judiciaire, ce que nous avons fait constater par Huissier, c'est cette extraction du 16 août. C'est-à-dire que la source est revenue avec son ordinateur chez l'huissier, s'est présentée, a montré son ordinateur et a montré les fichiers qui prouvent qu'elle a extrait depuis Facebook le 16 août les données. C'est bien la preuve que nous avions tous ces éléments avant de publier notre première enquête. Mais nous pouvons générer de nouveau cette même extraction sous le regard des journalistes de Mediapart ou d'un huissier.

S'il y en a que ça amuse, il n'y a pas de difficulté, surtout pour la justice.

4:37
Présentateur

Ensuite, qu

4:37
Locuteur

'est

4:37
Présentateur

-ce qui vous permet de dire que c'est vraiment Jordan Bardella ? Vous dites que les informations données par ce compte Facebook sur Jordan Bardella sont tellement précises que ça ne peut être que lui. Et vous apportez un nouvel élément aujourd'hui. Il y

4:49
Locuteur

a

4:49
Présentateur

une faute d'orthographe qui vous a interpellé.

4:52
Jordan Bardella

Oui, qui est anecdotique et à la fois bavard. Mais vous avez raison. Une fois qu'on a l'authenticité matérielle de tout ça, il faut qu'on ait la certitude intellectuelle. Qu'on parle bien de Jordan Bardella en 2013, qui est Jordan Bardella, président du RN aujourd'hui. Alors d'abord, en 2013, Jordan Bardella n'est pas connu.

5:09
Locuteur

Ce

5:09
Jordan Bardella

n

5:09
Locuteur

'est

5:09
Jordan Bardella

pas une personnalité publique. Et dans l'intégralité des conversations auxquelles nous avons eu accès, il donne énormément d'éléments sur sa vie privée, sur ses origines familiales, sur son parcours scolaire, universitaire, sur ses engagements associatifs, sociétaux. Il livre des anecdotes d'une précision incroyable. Il se trouve que ces anecdotes, on va les retrouver 11 ans plus tard, dans l'autobiographie d'un certain Jordan Bardella. Une autobiographie qu'il a appelée « Ce que je cherche ». Et donc c'est vrai que nous, on a l'orgueil de penser qu'on a trouvé ce qu'il cherchait à dissimuler, puisque ça ne peut pas s'inventer. Et je ne

5:46
Locuteur

l

5:46
Jordan Bardella

'entends même pas parler aujourd'hui d'usurpation de son compte Messenger en 2013. Et pour le cause, c'est lui qui tenait ces propos-là.

5:54
Présentateur

Et ensuite, la faute d'orthographe.

5:55
Jordan Bardella

Alors la faute d'orthographe,

5:56
Locuteur

c

5:56
Jordan Bardella

'est... En fait, quand on a publié l'enquête lundi, il y

6:00
Locuteur

a

6:00
Jordan Bardella

eu un débat au service, notamment d'édition et des correcteurs et correctrices de Mediapart. Est-ce qu'on laisse les fautes d'orthographe dans les messages qu'on allait publier dans le journal ? Et on s'est dit, bah oui, parce que c'est un document, donc il faut laisser les fautes d'orthographe. Et on a remarqué qu'il y en avait une, au lieu de... Quand il voulait parler d'une charte déontologique, d'une charte de bonne conduite, il écrivait Chartres, comme la ville de Chartres. Bon, on publie... L'une de nos 18 sources, qui n'avait pas connaissance de ces écrits-là, nous appelle en disant, c'est incroyable, vous avez laissé les fautes d'orthographe.

On a dit, bah oui, mais pourquoi c'est incroyable ? Il dit, parce que Chartres, il faisait toujours cette erreur, Jordan Bardella, de sorte qu'un jour, je lui ai dit, mais Jordan, pourquoi tu dis Chartres pour Chartres, alors qu'on dit Chartres ? Et Jordan Bardella, de lui répondre, ah bon, on dit Chartres ? Bon, très bien, ça nous a fait rire à l'apéro et autour de la table, jusqu'à ce que l'un des deux auteurs de l'enquête, Alexandre Berthaud, ait l'idée d'aller chercher dans le compte Twitter de Jordan Bardella. Et qu'est-ce qu'il trouve en octobre 2013 ? Jandard Bardella, qui s'adresse à des militants et des candidats du Rassemblement national, il veut parler de la charte de son parti.

C'est à la fois parfaitement anecdotique, évidemment, c'est la cerise sur le gâteau d'une cathédrale, si j'ose dire, de preuves que nous avons déjà fournies grâce à l'enquête de mes deux confrères.

7:19
Présentateur

Mais quand on parle des éléments biographiques qui sont tellement précis que ça ne peut être que lui qui les connaissait, quand on parle de cette faute d'orthographe, c'est une déduction intellectuelle. Vous n'avez pas la preuve technique, la preuve absolue, qui montrerait que c'est bien Jordan Bardella qui, depuis son ordinateur ou son téléphone, a tapé ses messages. Vous

7:35
Jordan Bardella

voulez dire qu'on n'a pas la caméra de vidéosurveillance dans la chambre de gendarme Bardella en train de le voir taper ses

7:40
Locuteur

messages ? Ou l'adresse IP de l'ordinateur ou l'appareil. On

7:42
Jordan Bardella

ne peut pas fournir journalistiquement d'éléments plus élevés en termes de preuves que je qualifierais de scientifiques, d'autant qu'on fait comme s'il n

7:52
Locuteur

'y

7:52
Jordan Bardella

avait que ces messages messenger. Mais il y a en plus les boucles mail qui prouvent que Jordan Bardella baignait dans cet environnement antisémite, négationniste, raciste pendant ces années-là. Et puis il

8:04
Locuteur

y

8:04
Jordan Bardella

a la propre parcours politique de Jordan Bardella. Jordan Bardella, un an et demi après ses écrits antisémites qui ne sont pas peut-être de la main de Jordan Bardella, qui sont, je l'affirme, de la main de Jordan Bardella, un an et demi, son premier employeur politique est un négationniste, un antisémite. Ça ne lui pose pas de problème à M. Bardella. En 2023, M. Bardella dit que Jean-Marie Le Pen, multicondamné pour contestation de crimes contre l'humanité, n'est pas un antisémite.

Jordan Bardella, à la tête du RN, continue de faire profiter de l'argent public du Rassemblement national, des galaxies de sociétés qui appartiennent à un homme, Frédéric Chatillon, ami de Marine Le Pen, dont nous avons révélé hier que les services de renseignement français, en 2008, le qualifiaient de néo-nazi convaincus. Je veux dire,

8:51
Présentateur

il

8:52
Jordan Bardella

n'y a pas d'espace pour

8:53
Locuteur

le but. Vous avez

8:53
Présentateur

entendu cette théorie qui circule au RN, de dire que c'est peut-être un proche qui a usurpé son identité, un proche qui avait toutes ces infos-là sur lui, et que vous n'avez pas non plus la preuve, en effet, je reviens à cette preuve technique, qu'à la limite, seule la justice pourrait donner un jour.

9:07
Jordan Bardella

Mais ça, c'est du bavardage de coulisses de gens au RN, qui chacun donne son avis sur cette histoire. Mais Jordan Bardella, lui, qu'est-ce qu'il en dit ? Il dit qu'il avait un compte Messenger en 2013 ? Il dit qu'il avait subi une usurpation d'identité en 2013 ? Il ne dit rien, Jordan Bardella ? C'est comme il le dit lui-même, il pense pouvoir s'en sortir avec de la com, parce qu'il l'écrit d'ailleurs dans les conversations Messenger. La politique, c'est de la com, mais nous, on ne joue pas, on ne fait pas de la com. On met sur la table des faits que nous sommes prêts à soutenir devant la justice.

Et d'ailleurs, je constate que, du point de vue judiciaire, Jordan Bardella a choisi un type de procédure. C'est son droit, nous, de poursuivre. Ce sera à nous de montrer devant le juge, garant de la répression et garant de la liberté, la qualité de notre travail. Mais il a choisi la voie précédérale qui lui assure un procès dans plusieurs années. Il aurait pu en choisir une autre avec un procès dans quelques semaines, dans un mois ou dans deux mois. Manifestement, il n'en veut pas.

10:01
Présentateur

Est-ce que ça a été un dilemme pour vous de révéler ces preuves et de fragiliser votre source ? Est-ce que désormais Jordan Bardella peut savoir qui c'est ? Et cette source, est-ce que vous vous échangez avec elle ?

10:11
Jordan Bardella

Mais vous vous doutez bien que je ne vais pas m'exprimer sur les sources d'un journal qui sont plurielles, qui sont multiples.

10:20
Locuteur

C'est ça ma question, c'est le dilemme du journaliste

10:22
Présentateur

de se dire est-ce que je

10:23
Locuteur

protège assez mes

10:24
Jordan Bardella

sources ? Non

10:25
Locuteur

mais nous,

10:25
Jordan Bardella

bien sûr qu'on protège nos sources. Je veux dire, nous on n'est rien les journalistes d'information. Moi je ne

10:30
Locuteur

suis

10:30
Jordan Bardella

pas commentateur politique, je ne m'autorise pas de mes opinions pour écrire des articles. Et c'est très intéressant les journalistes qui font ça. Nous, sans source, on n'est rien. On a besoin de faits, on a besoin de témoignages recoupés, d'intérêts généraux. Mais on est dans un environnement où quand on produit une enquête comme ça, celle qui veut présider la destinée de la nation a des termes guerriers depuis l'Assemblée nationale pour demander à des journalistes de porter des gélis pare-balles tandis que son futur potentiel Premier ministre, M. Bardella, dit que ça va être la guerre totale avec un journal comme le nôtre.

Bon, cette violence verbale est susceptible d'allumer, dans l'esprit de certaines personnes, des sentiments très dangereux. Très dangereux, raison pour laquelle 40 sociétés de journalistes, de 40 médias différents, toutes tendances confondues, ont dit que là, on atteint un point de radioactivité dans le débat public qui n'est démocratiquement pas acceptable.

11:27
Présentateur

Marine Le Pen, qui est silencieuse, alors qu'en effet, elle vous recommandait d'enfiler vos costards en Kevlar. Vous vous sentez menacée aujourd'hui ?

11:33
Jordan Bardella

Ce n

11:33
Locuteur

'est

11:33
Jordan Bardella

pas qu'on se sent menacé, c'est qu'on est dans un état du débat public où des paroles d'une telle violence symbolique et la manière dont ce parti est habité par une violence verbale mais aussi une violence physique est susceptible de jeter de l'essence sur un incendie. Nous, on est tranquille, nous, on fait notre travail, nous, on répond de ce qu'on fait, on met sur la table nos éléments et on fait quelque chose d'assez inédit, on rend public une source, méta.

12:04
Présentateur

Et est-ce que cette affaire aussi ne révèle pas les vieux démons du Rassemblement National, que ce soit Alain Soral dont vous parlez, mais aussi l'ancien chef du GUD, Frédéric Châtillon ? Parce qu'on s'interroge sur les traces, en gros, que vont laisser ces révélations. Vous écrivez que le souvenir de cette proximité est devenu toxique pour le parti.

12:21
Locuteur

Bien

12:21
Jordan Bardella

sûr, en fait, la force de l'enquête d'Alexandre Berthaud et Antoine Rouget, c'est qu'elle fait remonter, si vous me permettez l'expression, tous les égouts du Rassemblement National, du Front National, que ce parti, sous le vocable impropre de dédiabolisation, cherche à cacher depuis une quinzaine d'années. Ce n

12:39
Locuteur

'est

12:39
Jordan Bardella

pas la dédiabolisation dont il faut parler, à mon sens, c'est la dissimulation. Et en effet, vous avez parlé de ce personnage, M. Châtillon, qui a voulu emmener ce mouvement d'extrême droite néo-fasciste du GUD dans une internationale néo-nazie. Ce n

12:53
Locuteur

'est

12:53
Jordan Bardella

pas moi qui le dis, ce sont les services de renseignement intérieur. Une note que nous rendons publique, dont nous révélons des extraits avec Marine Turki et Yumi Kessouf dans un article publié hier dans Mediapart. Cet homme est un intime de Marine Le Pen. Et pour vous montrer à quel point nous sommes dans un moment de post-vérité, de quelque chose de très Trumpien, l'un des principaux lieutenants de Marine Le Pen, Jean-Philippe Tanguy, député, est allé à la télé hier pour dire que Marine Le Pen n'a jamais été proche de Frédéric Châtillon. Il y a des photos. Marine Le Pen, elle-même, a revendiqué son amitié avec Frédéric Châtillon.

C'est-à-dire que cette affaire est venue percuter une vitrine du Front National. Et les affidés de Mme Le Pen et de M. Bardella ont l'air tellement comme des canards sans tête qu'ils en viennent à dire que le ciel n'est plus bleu.

13:42
Présentateur

Merci beaucoup Fabrice d'avoir été notre invité ce soir. On se retrouve dans un instant avec les experts de Sénon L'air. A tout de suite.

13:47
Locuteur

Sous-titrage Société Radio-Canada