Christiane Taubira - On n'est pas couché 21 février 2015 #ONPC
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 48 %Attaque 25 %Défensif 26 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 80 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:03ComplaisanteRéponse directe
Tenu votre promesse d'abord, parce que c'est pas toujours chez les politiques qui tiennent leurs promesses, mais d'avoir tenu votre promesse de venir sur ce plateau.
- 1:53RelanceRéponse partielle
Est-ce que, au fond, ça ne vous est pas préjudiciable ? Puisque vous avez vu un sondage qui est tombé la semaine dernière, où les Français jugent négativement votre action au ministère de la Justice, vous accusent de laxisme.
- 4:34OuverteRéponse directe
Si ce n'est, si je puis me permettre, lorsqu'on parle de sévérité, on fait référence à une politique, à des choix. Même si vous ne prenez pas les décisions de justice, vous offrez un arsenal au juge et vous donnez une indication tout de même.
- 5:46OuverteRéponse partielle
Pour rebondir sur ce que dit Laurent Ruquier, c'est vrai qu'on vous a beaucoup entendu au début du mandat de François Hollande, quand vous avez porté, incarné la loi sur le mariage pour tous, vous êtes devenu une icône pour la gauche, la gauche vous a adoré, la droite vous a détesté, mais même vos plus grands adversaires à droite prenaient plaisir aux joutes verbales dans l'hémicycle et à vos envolées lyriques dans l'hémicycle pour défendre cette loi. Le problème, c'est depuis.
- 7:35RelanceRéponse directe
Qu'est-ce que vous répondez à l'ex-président de la République quand il vous accuse d'être trop absente des médias ?
- 9:09OuverteRéponse directe
Pourquoi ce n'est plus audible ? Pourquoi les mots de laïcité, les mots de république ? Aujourd'hui, pour beaucoup de gens, ne sont plus audibles.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:19Invité politiqueFait
« Sans aucun doute, je suis fortement pénalisée par le fait que j'ai fait le choix de rendre rare la parole d'une garde des Sceaux. »
- 5:09Invité politiqueFait
« De toutes les démocraties d'Europe, le code pénal français est un des plus sévères. »
- 12:51Invité politiqueFait
« Depuis 2012, j'ai une politique d'organisation et de renforcement du renseignement pénitentiaire, par exemple. »
- 20:45Invité politiqueChiffre
« Il y a 16% des personnes qui entrent en prison pour actes de terrorisme, 16% qui avaient des antécédents judiciaires. »
- 23:37Invité politiqueChiffre
« Depuis que nous sommes là, nous ouvrons des promotions de magistrats d'environ 300 par an. Sous l'ancien quinquennat, il en était ouvert entre 80 et 110 par an. »
- 24:15InvitéChiffre
« C'est seulement cette année, 2015, en fin d'année, que nous allons commencer à avoir un solde positif de 53 magistrats. »
- 18:14Invité politiqueChiffre
« Nous avons encore 8,5 millions de personnes qui vivent en dessous du seuil de pauvreté. »
- 18:19Invité politiqueChiffre
« Il y a plus de 2 millions d'enfants qui sont en situation de pauvreté. »
- 28:10Invité politiqueFait
« Nous avons engagé depuis l'année dernière un plan massif de formation des personnels pour qu'ils apprennent à repérer ce qu'on appelle les signaux faibles. »
- 35:52Invité politiqueFait
« J'ai organisé une conférence de consensus et je rassemblais y compris des personnes de sensibilité politique différentes. »
- 36:17Invité politiqueFait
« Il vaut mieux individualiser la réponse judiciaire. »
- 37:13Invité politiqueChiffre
« Nous augmentons de 25% le corps des conseillers d'insertion et de probation en trois ans. »
- 40:04Invité politiqueFait
« La surpopulation carcérale a augmenté. »
- 46:23Invité politiqueFait
« Ma responsabilité de garde des sceaux c'est de m'assurer que l'accès au droit est garanti sur l'ensemble du territoire. »
- 48:59Invité politiqueFait
« Le 49-3 est dans la constitution. »
- 54:55Invité politiqueFait
« Nous avons lancé un plan en avril 2014. »
- 55:02Invité politiqueFait
« Un plan avec la mise en place d'une plateforme de signalement qui nous a donné des résultats. »
- 55:09Invité politiqueFait
« Nous avons adopté deux textes de loi. »
- 56:10Invité politiqueFait
« J'ai une réforme de la justice civile. »
- 56:35InvitéFait
« La fameuse ordonnance de 1945. »
- 1:05:33Invité politiqueFait
« Le parquet ne remonte que ce qu'il sait lorsque c'est une enquête préliminaire à la charge du parquet. »
Temps de parole
- Christiane Taubira64 %
- Présentateur11 %
- Invité9 %
- ?7 %
- Invité 27 %
≈ 34,8 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Notre invitée politique de la semaine, celle qui fut députée de Guyane pendant 19 ans, députée européenne jusqu'en 1999 et on s'en souvient candidate à la présidentielle en 2002 pour le parti radical de gauche. Elle a été nommée garde des Sceaux par François Hollande en 2012. C'est elle qui a porté la fameuse loi sur le mariage pour tous. Mais nous allons cette semaine surtout tenter de revenir avec elle sur l'actualité politique très chargée de la semaine. Et évidemment de la loi Macron aux semaines qui ont suivi les actes terroristes aussi bien à Paris qu'à Copenhague. Voici la garde des Sceaux, ministre de la Justice, madame Christiane Taubira.
Tenu votre promesse d'abord, parce que c'est pas toujours chez les politiques qui tiennent leurs promesses, mais d'avoir tenu votre promesse de venir sur ce plateau. Il faut dire d'ailleurs que vous deviez venir le fameux jeudi où il y a eu les attentats à Charlie Hebdo. Et évidemment on a forcément très bien compris pourquoi vous ne pouviez pas venir cette semaine-là dans notre émission. Mais vous nous aviez promis de venir quelques semaines plus tard. C'est fait ce soir. C'est d'autant plus appréciable que vous êtes très rare sur les plateaux de télé, très rare dans les médias. Alors il y
a
sûrement une raison à ça, vous allez nous l'expliquer. Mais on vous le reproche parfois. Même, on a pu entendre, et Léa Salamé a entendu tout comme moi, Nicolas Sarkozy cette semaine, vous reprocher d'être absente du débat politique en ce moment suite aux différents attentats. Attentats chez nous à Paris, attentats à Copenhague. C'est un choix d'être si rare sur les plateaux de télé et de ne pas vous expliquer plus souvent face aux Français. C'est ma première question et j'en pose une deuxième et vous répondrez aux deux en même temps.
Et
la deuxième, est-ce que, au fond, ça ne vous est pas préjudiciable ? Puisque vous avez vu un sondage qui est tombé la semaine dernière, où les Français jugent, on va dire, négativement votre action au ministère de la Justice, vous accusent de laxisme. Et est-ce que ce n
'est
pas, au fond, à force de laisser les autres dire que vous êtes laxiste et de ne jamais répondre que les Français ont cet avis là sur vous
? Oui,
sans aucun doute. Sans aucun doute, je suis fortement pénalisée par le fait que j'ai fait le choix de rendre rare la parole d'une garde des Sceaux.
Parce
qu'avoir en charge une mission régalienne, ça supposait devoir. Et je pense que, compte tenu des difficultés expliquées sur le fond, parce que c'est un choix de ne pas disperser cette parole, mais en même temps, je suis confrontée à la difficulté d'être, lorsque je participe à des émissions, souvent de manquer de temps pour expliquer l'action du ministère de la Justice, les orientations que j'ai choisies, leur portée dans la société. Et je me rends
compte
que je suis un peu enfermée dans des commentaires d'actualité, des commentaires de commentaires de commentateurs. et par conséquent, voilà, je refuse de participer à ce jeu. Mais je me rends
bien
compte, effectivement, que c'est extrêmement pénalisant, parce que d'abord, je suis l'objet préféré de l'UMP, manifestement,
que
l'ancien président de la République, semble-t-il,
on
est presque au réflexe monomaniaque, qui ne peut pas
s
'exprimer une seule fois si la moitié de son propos ne me concerne pas. Et à force, évidemment, qu'aussi bien dans l'hémicycle que sur les plateaux télé et dans les studios, ces personnes parlent et déforment surtout l'action que je conduis, je me rends compte qu'effectivement, c'est difficile. Ceci étant...
Vous aurez du temps ce soir pour parler, alors je vous laisse parler.
Oui,
mais je sais
que vous
coupez beaucoup aussi. Non, non,
non, non,
non, non,
non,
non, non, non,
non, non,
non,
non. En quoi ça me pénalise ? Il est évident que
ce
sondage a des questions à la fois assez stupides et profondément malveillantes, incontestablement malveillantes.
Il est orienté, vous
voulez dire
?
Écoutez, la question principale n'a pas de sens. Est-ce que je suis assez ou pas assez sévère ? Je ne prends aucune décision de justice. C'est comme si on demandait si la ministre de la Culture, par exemple, chante assez bien ou pas assez, ou si le ministre de l'Agriculture conduit assez bien ou pas le tracteur. C'est comme si on posait ces questions-là sur les autres. Donc ça n'a juste pas de sens.
Si ce
n
'est, si je puis me permettre, lorsqu'on parle de sévérité, on fait référence à une politique, à des choix. Même si vous ne prenez pas les décisions de justice, vous offrez un arsenal au juge et vous donnez une indication tout de même. Le fait, par exemple, de privilégier des peines alternatives, ce
qui
fait partie d'une philosophie dont on va discuter ce soir d'ailleurs, parce que c'est une philosophie d'ailleurs à laquelle personnellement j'adhère, mais en tout cas, et on vous le reproche suffisamment, en disant « Voilà, ça, c'est un manque de sévérité. » Alors n'allons pas trop vite.
Oui, parce que d'abord, nous n'avons pas touché au code pénal. Et le code pénal est un des plus sévères d'Europe. De toutes les démocraties d'Europe, le code pénal français est un des plus sévères. Nous n'y avons pas touché. Par contre, effectivement, j
'ai
une politique pénale que j'assume parfaitement, parce que j'estime qu'il faut que les sanctions soient efficaces. Il faut qu'elles soient justes. Pour qu'elles soient justes, il faut qu'elles soient individualisées. C'est-à
-dire
qu'il faut qu'effectivement, les magistrats disposent de tous les éléments qui leur permettent de prendre la décision la plus efficace. Et la décision la plus efficace,
ce
n'est pas toujours l'incarcération.
Christiane,
te
bien, on va parler très longuement, et je pense qu'on a le temps dans cette émission-là, de parler de votre politique pénale, des premiers résultats de votre réforme pénale, et évidemment du volet terrorisme.
Et pour rebondir sur ce que dit, et c'est juste une question pour commencer, pour rebondir sur ce que dit Laurent Ruquier, C'est vrai qu'on vous a beaucoup entendu au début du mandat de François Hollande, quand vous avez porté, incarné la loi sur le mariage pour tous, vous êtes devenu une icône pour la gauche, la gauche vous a adoré, la droite vous a détesté, mais même vos plus grands adversaires à droite prenaient plaisir aux joutes verbales dans l'hémicycle et à vos envolées lyriques dans l'hémicycle pour défendre cette loi. Le problème, c'est depuis. Depuis, le mariage, c'est un peu le divorce.
Le divorce entre Christiane Taubira et l'opinion, parce que c'est vrai qu'on se demande, c'est vraiment la question que tout le monde se demande, vous êtes une énigme pour nous, pour nous journalistes, pour les Français aussi, depuis le mariage pour tous, où est Christiane Taubira ? Je vous donne des exemples. Il y a un an, il
y a
un an et demi, l'affaire Dieudonné, interdire son spectacle, que pense Christiane Taubira ? On ne sait pas. Elle est où, Christiane Taubira, quand ses amis Montebourg-Amont quittent le gouvernement ou se font virer, on verra, en septembre dernier ? Elle est où, Christiane Taubira, quand Rémi Fraisse est tué au barrage de Sivins ? On ne sait pas. Il y
a
un tweet. Vous tweetez. Un tweet. Voilà la réponse de la garde des Sceaux, c'est un tweet. Elle est où, Christiane Taubira, sur la loi Macron ? Là aussi, on vous a très peu entendu sur la loi Macron. Peut-être que c'était voulu, on en parlera si vous le voulez bien. Et surtout, j'ai envie de dire, depuis le 7 janvier, que pense Christiane Taubira ? Des tourments de la société, des tourments identitaires, des questions de l'islam, des questions d'intégration. Que pense Christiane Taubira du terrorisme ? Pourquoi est-ce qu'on a entendu que François Hollande, Manuel Valls et Bernard Cazeneuve ?
Et pourquoi on ne vous a pas entendu sur ces questions, sur lesquelles on est absolument persuadé que vous avez un avis ? Mais
vous ne le dites
pas.
Bernard Cazeneuve,
le ministre de l'Intérieur, et je vais prolonger la question déjà longue de Léa Salamé. Là-dessus, les politiques de droite comme de gauche, mais pas toujours. Je ne
sais
pas comment ils retiennent tout le contenu de la question pour y répondre après. Mais je vais la prolonger.
Parce que souvent, ils n'y
répondent pas.
Parce
qu'on a évoqué, effectivement... Ce n
'est
pas faux.
C'est parce qu'il y a surtout des questions qui sont des affirmations.
Il
n
'y
a pas de réponse. Alors,
je prononce... Et
celle-là,
en
aura.
Je prononce quand même le long discours de Léa Salamé...
je vais donner
des exemples. ...avec des interrogations par la question de Nicolas Sarkozy cette semaine, puisqu'on ne l'a pas cité. Elle
dit, mais
alors, où était notre garde des Sceaux après les attentats ? Par exemple,
il
dit, j'ai vu la ministre de la justice danoise sur place à Copenhague au moment de l'attentat. Et nous, on ne sait pas où est la garde des Sceaux. Ça prolonge tout ce que vient de dire Léa Salamé. Qu'est-ce que vous répondez à l'ex-président de la République quand il vous accuse d'être trop à moi
?
Moi, déjà.
Oui,
plutôt à vous, même si je suis très étonnée de vous voir approuver lorsque
Laurent
Routier se réfère à Nicolas Sarkozy pour résumer vos questions, votre question. Pourquoi vous vous êtes étonnée ?
D'abord, où vous m'avez
vue approuver ? Je
suis
étonnée... Non, non, mais je vous ai vue, mais ce n
'est
pas grave. Ce n
'est
pas une mise en cause. C'est
mal d
'approuver une question de Nicolas Sarkozy ? Je ne porte pas le jugement là-dessus. Mais je trouve qu'il y
a
une telle différence entre la question que vous avez posée dans le fond et cette question rhétorique et répétitive de M. Sarkozy que voilà, j'étais étonnée de l'approbation. Alors,
où est-ce que tu te verras
? Là, d'abord.
Ensuite, vous
faites un contraste apparent entre le débat sur le mariage pour tous et ma rareté, disons, dans les médias. Il faut observer que pendant tout le débat sur le mariage pour tous, je ne me suis rendue strictement dans aucun média. Strictement dans aucun média.
Et
c'est simplement parce que les Français ont suivi les débats. Je ne suis allée strictement ni en radio, ni en télévision, madame. Mais dans la presse écrite ? Ni dans la presse écrite. Je me suis exprimée à l'Assemblée nationale
parce que
c'est le lieu des débats. Parce que c'est le lieu des débats. Donc il n
'y a
pas de contraste entre
ce qui
s
'est passé à ce moment
-là.
J'ai défendu
la
réforme pénale,
madame. J'ai défendu la réforme pénale avec la même ardeur.
Il
y avait beaucoup moins de combattants. J'en suis profondément désolée parce que j'estime que c'est aussi un sujet de société et que j'aurais préféré une confrontation
de
la perception, de la conception de l'UMP, notamment, à de la réforme pénale, de la sanction du fait de l'amendement, de la réhabilitation de l'individu, de la responsabilité de l'individu, de la relation entre l'individu et la société. J'aurais aimé cette confrontation. Dans mon intervention, je leur ai rappelé l'histoire du projet pénal républicain. Je leur ai rappelé ce qu'était l'humanisme pénal. Je leur ai parlé de figures de droite qui avaient participé à l'humanisme pénal et à sa construction dans ce pays. Donc j'aurais préféré cette confrontation. Il se trouve que je ne l'ai pas vue. J'en suis profondément désolée. Oui,
enfin, le débat a
duré plusieurs
jours. Il y a eu des centaines d'amendements sur le texte. Mais je m'exprime, madame, à l'Assemblée nationale.
Je m'exprime à l'Assemblée
nationale. Depuis Charlie Hebdo, est-ce que vous
pensez que depuis Charlie Hebdo, avec ce que la France traverse, est-ce qu'on a besoin de la voie de la garde des Sceaux
? Oui,
mais je me déplace dans ce pays. Vous êtes beaucoup moins intéressés par mes déplacements. Mais je m'exprime. Je me suis exprimée à la cour d'appel de Bordeaux, devant toute la nouvelle promotion, à peu près 300 auditeurs de justice. Je leur parle des enjeux.
On parle des millions de Français qui aimeraient savoir ce que pense Christiane Taubira aujourd'hui. Est-ce que, par exemple, Christiane Taubira pense qu
'on
est en guerre...
Est-ce que vous pensez qu'on est en guerre de civilisation ? Vous êtes
en train de me demander simplement de faire les matinales au moins une fois par semaine, sinon plusieurs
fois par semaine. Non,
je ne vous demande pas du
tout. D'abord, je vous demanderai... Je me
déplace.
Je m
'étonne de ne pas vous
voir... On
ne
fait
pas du carreau.
On
laisse parler la garde des Sceaux.
Mais arrêtez à chaque fois de
faire cette remarque comme si c'était une tannée de
faire du carreau.
Je me déplace deux ou trois fois par semaine et je m'exprime publiquement. Il se trouve qu'effectivement, ça ne vous intéresse pas. Et je ne vous en fais pas reproche. Je ne vous en fais pas reproche.
Ce n'est pas très intéressant de parler au
français. Oui. Et si le seul moyen de parler au français, c'est d'aller dans une matinale et d'être obligé de commenter des faits d'actualité qui sont en dehors des sujets de fond ou de commenter les attitudes, les positions ou les propos d'un tel et d'un tel, je considère que, même si, effectivement, il serait souhaitable que j'y ai plus souvent ce que je peux admettre très volontiers, ce n'est pas là que lorsque je m'exprime publiquement et que j'explique dans le fond les choix que je fais, les orientations, la vision que je
fais
de la société. Madame, sur le djihadisme,
j
'ai organisé une conférence de presse.
J
'ai exposé le programme que nous avons fait pour la justice, celui que j'ai présenté. J'ai participé, d'ailleurs, à la conférence de presse commune qui s'est tenue à l'Élysée après ce conseil des ministres. J'ai fait connaître ce que j'ai fait. Je me suis exprimée devant la commission d'enquête parlementaire qui réfléchit sur ces questions-là. Et c'était une audition publique. La presse y était invitée. Et j'ai exposé pendant une demi-heure
ce
que je fais depuis 2012. Parce que depuis 2012, j'ai une politique d'organisation et de renforcement du renseignement pénitentiaire, par exemple. Depuis 2012, j'ai mis en place, depuis 2013, un plan de sécurisation des établissements. Nous avons une politique de suivi des détenus particulièrement surveillés. J'ai lancé une opération et accompagné une expérimentation de détenus mis dans une aile séparée. J'ai exposé tout cela pendant une demi-heure. Mais j'ai une demi-heure devant la commission ouverte à la presse qui peut effectivement avoir cette information, la relayer auprès des Français. Mais c'est vrai que lorsque je me présente dans une matinale, je n'ai pas ce temps-là pour
présenter des sujets
de fond. Là, on n'est pas dans une matinale, on est chez Laurent Roquet et vous avez le temps. Est-ce que vous pensez que la France traverse une guerre de civilisation aujourd'hui ? Est-ce que vous reprenez ce terme ? Qu
'est-ce que vous pensez ? Non,
je ne m'exprime pas de cette façon. Je pense que nous sommes dans une situation extrêmement difficile. Je pense que nous vivons des temps funestes. Je pense que nous avons à nous interroger effectivement sur la perception que chacun d'entre nous peut avoir de sa participation à cette communauté de destin qui est le sens même et à la fois l'essence et l'aboutissement de la vie en société. Je pense qu'il y a eu des erreurs dans des politiques publiques mais je pense que ça n'est pas le temps là maintenant simplement de faire des bilans.
Je
crois qu'il y a eu urgence.
Quelles
sont les erreurs dans les politiques publiques ? Je viens de dire que je pense que ça n'est pas le temps de faire les bilans. Les bilans, on peut les connaître.
On
peut se lancer dans des batailles entre ce que la gauche a fait et ce que la droite a fait.
Nous
sommes devant un échec collectif et un danger qui concerne des millions de citoyens.
Alors l'urgence,
c'est quoi ? Parce que Mme Taubira allait parler de l'urgence. C'est quoi l'urgence aujourd'hui
? L
'urgence, c'est de retisser le lien social.
C
'est de reconstruire la cohésion nationale. L'urgence, c'est de faire en sorte que chacune, chacun est consciente de son appartenance à la société et comprenne que il y a des mots d'ailleurs qui sont galvaudés mais que la laïcité est un principe de concorde. C'est un principe de concorde. C'est un principe qui nous permet de nous organiser dans la société avec nos singularités.
Ça
n'est pas un principe d'exclusion. Au contraire, c'est un principe d'inclusion. C'est-à-dire que quelles que soient les croyances des uns et des autres, quel que soit le fait que certains ne croient pas du tout, quelles que soient nos apparences, quelles que soient nos origines éventuellement, quelles que soient vraiment nos conditions économiques, sociales, nos appartenances culturelles particulières éventuellement, quel que soit tout ça, nous pouvons faire d'estin ensemble.
Nous pouvons construire
ensemble un avenir.
Pourquoi ce n'est plus audible ? Pourquoi les mots de laïcité,
les mots de république ?
Aujourd'hui, pour beaucoup de gens, ne sont plus audibles. Et pourquoi ces gens-là sont plus tentés de se replier, de se rassurer dans des communautés
? Je
ne
sais
pas. Je n'irai pas aussi vite. Vous
ne trouvez pas qu'il y a une tentation communautariste aujourd'hui en
France ? D'abord, disons ce que nous mettons dans les mots. C'est extrêmement important. Moi, j'ai beaucoup entendu parler de communautarisme. Et moi, je me déplace beaucoup et depuis de nombreuses années. J'ai entendu parler de communautarisme dans certains quartiers, dans certains territoires. Qu'est-ce que le communautarisme ? Enfin, les mots ont un sens, ils ont une histoire, ils ont un contenu. Le communautarisme, c'est le regroupement de personnes autour d'une autorité, généralement un regroupement sur la base ethnique, sur la base d'une appartenance commune, reconnue.
Où
est ce communautarisme ? Je vois dans des endroits des organisations solidaires, c'est
-à
-dire des personnes, là où l'État s'est retiré, là où il n'y a pas de présence, là où les services publics sont partis, là où on a tout fermé, les maternités. Et ça concerne des territoires périphériques, ça concerne aussi des communes rurales. On a fermé les maternités, les hôpitaux, les écoles, on a fermé la poste, on a fermé les services sociaux, les services culturels, on a fermé même les commissariats, et puis après, les gens s'organisent et on les accuse de communautarisme. On a déserté ces territoires-là. Et
il y a des
personnes qui débarquent dans ces territoires-là et qui viennent apporter un autre facteur de cohésion. Ça ne vous gêne
pas ? Pardonnez-moi, le communautarisme qui est dénoncé... Est
-ce que c'est de stigmatiser les gens ? Est-ce que la seule réponse... Moi, je
dis qu'il faut le retour de l'État. je voudrais entendre votre réponse. Et
le retour de l'État, ce n'est pas simplement des caméras de vidéosurveillance. Le retour de l'État, c'est de la présence humaine. Ce sont des éducateurs de rue, ce sont des animateurs sociaux, ce sont des personnes qui
sont dans des écoles. Pourquoi la gauche ne l'a pas fait ? Ça fait trois ans, vous êtes au pouvoir.
La gauche ne dit pas ça. Parce qu'il
y a
une politique de la ville, parce qu'il y a des recrutements de personnel. Oui,
parce qu'il y a du renfort.
Oui, il y a une politique de la ville.
Il
y
a
une politique de la ville. Je peux entendre qu'il y
ait
des insatisfactions, mais je crois volontiers, je prends plus au sérieux les insatisfactions qui sont fondées sur des
faits
que les insatisfactions qui balaient les réalités. Évidemment, on ne va pas rattraper en deux ans et demi une politique qui a remplacé les personnes et qui a abandonné des citoyens. On ne
va
pas la réparer en deux ans et demi. Mais oui, la gauche fait. Oui, la gauche fait. La gauche a une politique de justice sociale. La gauche a des interventions qui permettent d'accompagner les personnes modestes. d'essayer d'empêcher que la classe moyenne sombre dans le déclassement. Oui, la gauche a cette politique-là avec les
bourses qui
ont été multipliées, avec le plan de lutte contre l'exclusion et contre la pauvreté, avec l'accompagnement des personnes en fragilité. Ça ne suffit pas parce que nous avons encore 8,5 millions de personnes qui vivent en dessous du seuil de pauvreté. La moitié de ces personnes sont des femmes exclues de la société.
Il
y a plus de 2 millions d'enfants
qui
sont en situation de pauvreté. Donc, incontestablement, ça ne suffit pas.
Mais
ça ne veut pas dire qu'il n
'y a
pas d'effort. Ça veut dire qu'on doit faire davantage encore. Et ça veut dire qu'il faut tout embrasser. Il faut tout embrasser. Parce que lorsqu'on regarde la situation sur les 10 dernières années, il y a des tas de choses qui se sont dégradées. Et ça n'est pas faire un procès aux deux quinquennats, même si c'est très volontiers que je le ferai. C'est très volontiers que je le ferai. Mais ça ne veut pas faire un procès simplement aux deux précédents quinquennats que de dire la situation s
'est
dégradée. Qu'il y
a
eu plus de chômeurs, qu'il
y a
eu plus de dettes, qu'il
y a
eu plus de déficits, qu'il
y a
eu plus de pauvres, qu'il
y
a eu plus d'exclusions, qu'il
y a
eu plus de fermetures de services sociaux, de services
publics. Et depuis
3 ans, Christiane
Taubira,
600 000 chômeurs de plus, un déficit à 4,3%.
C
'est les chiffres de la gauche, ce n
'est
pas les chiffres de Sarkozy, ça. 600 000 chômeurs de plus depuis que François Hollande est au pouvoir. Oui. Bah oui. Oui. Bah
je
suis désolée, ce sont les chiffres. Lorsque la droite a pris le pouvoir, vous avez regardé les agrégats, vous avez regardé les chiffres, vous avez regardé les chiffres du déficit, les chiffres de la dette, la dette était tombée à 56%.
Bien. Elle est à 98%. Donc on va faire l'inventaire de Nicolas Sarkozy. Nous l'avons prise
à 98%, madame. Bien. Elle était... Oui, après Jospin, la dette était à 56%.
Nous,
nous l'avons prise à 98%. Voilà. Donc moi, je veux bien qu'en 2 ans et demi, on fasse des miracles mirobolants, mais il
y a
la réalité
des
faits.
Une question, et après ce sera Ebrick Caron, une question à propos de ce qui intéresse aussi nos téléspectateurs, les tragiques événements de ces dernières semaines et ces jeunes qui ont choisi de partir à l'étranger, de faire le djihad et la situation dans les prisons. Ça, ça intéresse tout le monde parce que ça inquiète tout le monde. Est-ce que les prisons sont des lieux de radicalisation pour les apprentis djihadistes ? Est-ce que... Voilà. La prison, on parle de terreau, même de l'extrémisme.
Est
-ce que vous pensez ça ? Et est-ce qu
'il
y
a
un moyen de lutter contre ça ?
Il y a incontestablement de la radicalisation qui se fait en prison. C'est bien pour ça que nous avons un système de surveillance de certains détenus. En novembre 2012, j'ai pris une circulaire pour déterminer le régime de ce qu'on appelle les DPS, les détenus particulièrement surveillés. Je vais l'actualiser en novembre 2013. Simplement, il faut retenir un chiffre qui est extrêmement important que je signale depuis 18 mois et qu'on n
'a
pas voulu entendre et je ne suis pas sûre qu
'on
l'entende davantage, c'est qu'il y a 16% des personnes qui entrent en prison pour actes de terrorisme, 16% qui avaient des antécédents judiciaires.
C
'est-à-dire que le risque de radicalisation en prison, il est à peu près de 16%.
Ça
veut dire très précisément,
et
je le dis depuis 18 mois, que c'est dans la société qu'il y a des lieux et des foyers de radicalisation.
Pas dans les prisons, forcément.
Je ne dis pas pardon à la prison, je
ne dis que
16% de ces personnes avaient un antécédent judiciaire. Sinon, il y a des personnes qui entrent et qui entrent pour la première fois, leur première condamnation concernant des actes
de terrorisme.
Ça nous fait presque
plus peur encore.
Parce qu'au fond, comment
les
déceler
? Il
ne s'agit pas d'avoir peur, il s'agit de regarder la réalité. Et c'est la différence parce que moi, je considère que la situation est difficile et qu'elle est complexe surtout. Et qu
'on
n'apporte pas des réponses simples et simplistes. Avec les réponses simplistes, en met en danger la société, en met en danger les Français. Je prétends, moi, qu'il faut comprendre. Je prétends, moi, qu'il faut mesurer. Je prétends, moi, qu'il faut saisir les ressorts de façon à y répondre. Et lorsque, dans les prisons, dans une prison, nous conduisons une expérimentation qui consiste à réserver un quartier dédié et à y placer des personnes qui sont identifiées comme étant radicalisées ou en voie de radicalisation, c'est un choix de gestion de cette population qui a deux objectifs. Le premier, c'est de protéger la majorité de la population carcérale de l'influence de ces personnes-là.
Le deuxième objectif, c'est de voir dans quelle mesure on peut procéder à de la déradicalisation chez une partie de ces personnes-là. Et je pense qu'il faut le faire intelligemment.
On a dit que vous
étiez contre à un moment donné.
Est
-ce que c'était vrai ? Contre cette idée qu'il y
a
des quartiers spécialisés pour ceux qui étaient radicalisés. Est-ce que c'est vrai que vous étiez contre ?
Je l'ai dit publiquement parce qu'il m'arrive de m'exprimer publiquement. Je l'ai dit publiquement. J'ai dit qu'attention, moi, je ne crois pas aux solutions simples sur les situations complexes. Donc, lorsque ça a
été
présenté comme étant voilà comment on va régler le problème de détenus radicaux dans un établissement qui est effectivement important, qui est lourd et qui est surpeuplé, je dis attention, ce n'est pas si simple que ça. Et j'ai dit à la direction de l'administration pénitentiaire d'accompagner cette expérience, que je veux qu'elle soit évaluée. Et au bout de
l
'évaluation, j'ai diligenté l'inspection générale parce que je pense qu'effectivement, il faut construire des solutions. Il y a plus d'un an, par exemple, j'ai décidé de lancer des recherches-actions avec des partenariats universitaires de façon à comprendre ce processus de radicalisation pour le combattre, pour le défaire, pour le déconstruire. J'ai été extrêmement critiquée parce qu'évidemment, il s'agit de sanctionner. Mais ça n'empêche pas la sanction. Les procédures se font et je donne les moyens pour que les procédures se font. Je donne les moyens en effectif de magistrats. Depuis que nous sommes là, nous ouvrons des promotions de magistrats d'environ 300 par an.
Sous l'ancien quinquennat, il en était ouvert entre 80 et 110 par an. C'est-à-dire que, lorsque nous sommes arrivés, nous avons été en face d'une magistrature qui allait perdre, qui va perdre, 1 400 magistrats sur le quinquennat départ à la retraite.
Et
l'ancien quinquennat n'avait pas préparé cela. Mais depuis 2012, nous, nous ouvrons des promotions d'environ 300. L'année prochaine, je vais en ouvrir une de 360.
Et
c'est seulement cette année, 2015, en fin d'année, que nous allons commencer à avoir un solde positif de 53 magistrats.
Comment on les déradicalise dans la prison
?
Alors, pour la déradicalisation, il faut un travail sérieux et approfondi. Donc, première chose, éviter l'influence. Est-ce qu
'ils
sont
placés à l'isolement ?
Par exemple, un Ahmet Koulibaly, dont on sait, le tueur de l'hyper-cachère, on sait qu'il s'est radicalisé en prison. Donc, lui, c'est vraiment l'exemple type du garçon qui rentre en prison pour petite délinquance ou grosse délinquance, d'ailleurs, et qui devient, à qui on lave le cerveau et qui devient... Fanatique. On peut
dire un fanatique.
Comment on fonctionne aujourd'hui quand vous avez des informations en sachant qu'il y a un détenu qui est radicalisé ou en voie d'être radicalisé ?
Est
-ce que vous les placez à l'isolement ? Comment ça se passe ? Est-ce qu'il y
a
des psys ? Comment on déradicalise quelqu'un en prison ?
Déjà, vous avez observé, vous allez observer qu'en plus de Koulibaly, il y a les deux frères Kouachi.
Donc,
sur ces trois criminels, sur ces trois terroristes,
il
y en a un qui, effectivement, est entré en prison pour délinquance
et
qui, selon toute vraisemblance, s'est radicalisé à l'intérieur. En tout cas,
à
rencontrer et s'est engagé dans un processus, même si, vraisemblablement, le processus est poursuivi après. Je rappelle, c'est 2002, 2005, parce que comme je suis responsable et coupable de tout, je rappelle quand même un
peu
les dates. C'est 2002, 2005, 2008, 2011. D'accord ?
Avant
que vous soyez garde
des Sceaux.
En passant. Ensuite. Les deux frères Kouachi. Drôle, votre réponse. Les deux frères Kouachi. Pourtant, ça n
'est
vraiment pas un sujet qui me déride, je vous assure. Moi
non plus, je vous rassure.
Non,
mais c'est vrai qu'on a
tellement dit
et accusé Mme Taubira de laxisme sur les affaires terroristes que
c'est bien de
rappeler
que ces personnes-là étaient en prison avant qu'elles soient gardes des Sceaux
et que même l'affaire Mohamed Merah a eu lieu quand c'était Nicolas Sarkozy qui était président de la République. Juste pour resituer les choses et qu'on arrête de raconter n'importe quoi dans les médias.
Il
n
'y
a que moi qui en mesure la violence.
Il
n
'y a
que moi qui en mesure la violence. Est-ce que je vous ai dit
ça ? Donc les deux autres. Est-ce que je... Ce n'est pas vous que je dis
ça.
Oui. Mais c'est vous-même qui m'éteint. Ce n'est pas banal.
Donc j'illustre ce que j'étais en train de dire tout à l'heure sur le pourcentage de radicalisation qui se fait en prison. Un des frères Kouachi n'a jamais eu affaire à la justice
et
un autre est entré pour la première fois il était condamné pour la première fois pour acte terroriste donc il ne s'est pas radicalisé.
C'est pour ça que je ne vais parler que de Koulibaly. Donc ça veut
dire que c'est bien dans la société. Oui mais moi c'est pas... Les trois doivent être regardés parce que les réponses doivent être apportées dans la société. A la limite je vais vous dire
les
réponses les plus simples sont celles qui concernent la prison
parce
qu'on peut expérimenter parce qu'on peut prendre des décisions on peut décider de l'isolement on peut décider du transferment c'est même plus simple
on
peut surveiller Depuis deux ans je fais signaler au renseignement
au
service de renseignement de la police les individus qui ont été repérés comme étant radicalisés je fais signaler leur date de sortie. Nous avons pris des dispositions depuis l'année dernière avant les attentats de renforcer nos relations avec le ministère de l'Intérieur et j'ai délégué un directeur au sein de l'UPLAT l'unité de coordination de lutte antiterroriste et nous participons aux réunions hebdomadaires
Comment on les
déradicalise
? Il
y a des réponses à porter les plus ajustées possibles il y a des personnes qui sont à l'isolement depuis plusieurs mois par exemple
parce
que nous pouvons le faire je vous parlais de la circulaire sur les détenus particulièrement surveillés donc il
y
a des personnes qu'on met à l'isolement il y
a
des personnes qu'on transfère dans d'autres établissements parce que la personne hyper radicalisée le leader il y
a
peu de chances d'arriver à le déradicaliser ce qu'il faut c'est éviter qu'il ait de l'emprise sur les autres
et
une des difficultés que nous avons c'est que depuis quelques années par exemple certains développent une stratégie qui consiste à faire disparaître notamment les signes les plus évidents
de
la radicalisation c'est pour ça que nous avons engagé depuis l'année dernière un plan massif de formation des personnels pour qu'ils apprennent à repérer ce qu'on appelle les signaux faibles pour qu'ils apprennent à détecter les processus de radicalisation lorsque je parlais tout à l'heure de l'expérimentation et que je dis qu'il faut que les choses soient bien faites pour qu'elles soient efficaces par exemple dans le quartier dédié à Fresnes nous allons dupliquer l'expérience puisque nous l'avons évaluée elle a été
inspectée
c
'est un étage à Fresnes qui est réservé à ces gens là c'est tout un
quartier alors chacun étant dans une cellule il ne
s
'agit pas de
les
regrouper ils se parlent ils ont quelques activités par exemple ils sont isolés du reste de la population carcérale et un des effets qui apparaît dans le rapport d'inspection c'est qu'il y a des tensions qui sont tombées dans le reste de la population carcérale donc la séparation manifestement a eu au moins cet effet là mais ce sont des personnes séparées mais il n'empêche que c'est une mesure de police interne
c
'est à dire que ça n'est pas une décision judiciaire supplémentaire autrement dit ils sont séparés donc ils ne vont pas en promenade avec les autres ils ne font pas de sport avec les autres mais il n'empêche qu'ils ont droit à la promenade
ils
ont droit à des activités sportives et par conséquent ils leur arrivent de se voir mais jamais seuls parce que les personnels pénitentiaires sont là mais lorsque je disais que justement il faut faire de la façon la plus efficace nous avons noué des partenariats avec des universitaires et donc nous avons lancé la recherche d'action dont je parlais tout à l'heure et qui a commencé au début de cette année puisque le processus c'était l'an dernier et c'est donc un travail pluridisciplinaire par exemple nous avons décidé dans cette expérimentation à Freyne nous avons décidé les personnes donc pas les plus radicalisés parce que ceux-là ils sont isolés isolés isolement enfin séparés
et
ceux qui sont séparés le sont sur la base de la condamnation pour acte terroriste ou pour participation à un acte terroriste
la
question qui se pose est double d'une part est-ce que ceux qui ont participé par exemple une contribution logistique
est
-ce qu'ils sont vraiment en radicalisation il faut le regarder de très près mais aussi il y a des personnes qui ont vous citiez par exemple Poulibaly il y
a
des personnes qui sont condamnées pour délinquance
et
qui sont
en
voie de radicalisation donc ce travail que nous faisons avec des universitaires pluridisciplinaires permet de savoir quels sont les critères qui indiquent une radicalisation
et
qu'on ne laisse pas de côté des personnes qui sont en radicalisation parce qu'elles ne sont pas entrées pour acte terroriste
Emric Caron qui n'a pas encore parlé qui a laissé Léa Salamé poser ses questions il
faut
dire que vous êtes peut-être plus proche des idées de Mme Taubira que des invités qu'on a d'habitude je me trompe
faut
-il que je me dévoile politiquement je ne sais pas si je dois le faire oui non mais oui je suis assez souvent moqué pour mes positions concernant notamment l'insécurité l'immigration la vision humaniste qu'en tout cas que j'ai de la gestion de la justice et je fais partie de ceux qui considèrent comme Mme Taubira même si c'est une voix un petit peu minoritaire aujourd'hui qu'en effet ce n'est pas en enfermant systématiquement systématiquement je ne
dis
pas qu'il ne
faut
pas enfermer ceux qui doivent vraiment l'être systématiquement les gens qu'on obtient les meilleurs résultats moi j'aime bien quand je vous lis j'aime bien quand vous citez Blum très beau discours à la jeunesse prononcé à Albi en 1903 sont des références qui me parlent qui me plaisent mais elle est où cette gauche humaniste cette gauche qui parle de l'importance de la liberté individuelle dans le respect de l'autre cette gauche qui remet l'humain au coeur de sa réflexion et de sa politique j
'ai
l'impression que vous êtes toute seule aujourd'hui au gouvernement à incarner cette gauche là
non
elle est là la preuve c
'est que vous êtes là on a compris vous êtes dans le fauteuil et vous êtes au gouvernement
non parce que bon il faut dire les choses il faut regarder les choses en face parce que la situation du pays est difficile la gauche a encaissé de grosses défaites de grosses défaites culturelles de grosses défaites politiques pendant 10 ans parce qu'il y a un discours de raccourci un discours extrêmement sommaire qui a été martelé et qui a eu ses effets
et
donc la gauche a été assez peu audible pendant une dizaine d'années sur son propre patrimoine sur ses propres valeurs et aussi sur la construction de réponses de progrès de réponses de solidarité de réponses de
réponses
d'émancipation de réponses de liberté de réponses de solidarité aussi plus en y ajoutant une note affective de fraternité elle a été assez peu audible pendant toutes ces années là c'est une réalité de sorte que c'est vrai que il faut vraiment percer il faut percer la roche il faut vraiment venir comme un filet d'eau et percer la roche obstinément pour arriver à faire réentendre cette conviction que la gauche a et ce patrimoine d'action publique qu'elle a eu lorsqu'elle a été aux responsabilités mais elle est là cette gauche simplement elle se rend compte que la société entend assez peu c'est une réalité la société entend assez peu même
s'il y a des
personnes qui entendent là
pourquoi sur toutes ces questions qui sont très importantes pour les français bien évidemment la sécurité l'immigration pourquoi a-t
-on
le sentiment la justice etc. que toute une partie de la gauche aujourd'hui a récupéré le logiciel de la droite qu'elle n
'ose
plus être elle-même et c'est pour ça que je vous parlais de solitude en ce qui vous concerne au
gouvernement
non moi je ne le sens pas seule mais bon j'ai des débats mais heureusement d'ailleurs mais la gauche la gauche doit dire que sur la sûreté moi je préfère la notion de sûreté parce qu'elle inclut la sécurité la sûreté la sûreté suppose qu'on crée les conditions par l'action publique qu'on crée les conditions pour que les gens vivent en sécurité pour que les gens se sentent en sécurité et c'est vrai qu'on a rétréci en tout cas notamment la domination culturelle et politique de la droite a consisté notamment à rétrécire les questions de sécurité à la sécurité directement c'est à dire à la réalité des délinquances et à la lutte contre ces délinquances mais la sûreté suppose qu'on se donne les moyens justement par la présence physique
de
l'état et des services publics qu'on se donne les moyens d'assurer la sûreté c'est à dire que partout sur le territoire les citoyens se sentent en sécurité
et
la gauche
a démontré son efficacité dans ce mot
on parle souvent de ressenti dans cette émission la différence qu'il peut y avoir entre le ressenti qu'on ne peut pas enlever aux gens dans différents sujets et la réalité et là pour moi c
'est
un vrai échec de la gauche depuis 10 ans en ce qui concerne par exemple justement votre réforme pénale les gens doivent-ils être envoyés en prison systématiquement ou pas parce qu'il faut privilégier les peines alternatives il se trouve que tous les scientifiques sérieux qui travaillent sur ce dossier que vous avez consulté d'ailleurs forcément pour votre réforme disent tous la même chose disent tous qu'en effet si on prend les peines de moins d'un an très souvent il faut éviter d'envoyer ces gens en prison pas parce qu
'on
veut être laxiste c'est tout le contraire parce qu'on se rend compte que justement on n
'est
pas dans la radicalisation on n
'est
pas dans le terrorisme mais ces gens-là vont être amenés à aller vers plus de criminalité que si on avait simplement si on s
'est
posé la question de savoir pourquoi sont-ils là est-ce qu'ils doivent être pris en charge pour leur éviter de retomber de récidiver justement c'est ce dont on parlait sur toutes ces questions-là on a des réalités scientifiques on a des chiffres on a des spécialistes qui nous disent des choses qui sont prouvées prenons l'exemple de la Suède par exemple qui font des expériences absolument formidables qui concernent les prisons pour une manière d'envisager complètement autrement l'enfermement tout ça c
'est
des choses qui sont complètement inaudibles chez nous en France parce que la moindre personne qui prononce ce genre de projet effectivement est accusée d'être incompétente comment l'expliquez-vous est
-ce
que c'est pas un échec du politique à partir où le politique n'est plus capable d'expliquer la réalité
le problème c'est que la voix politique n'est pas la seule voix qui s'élève et c'est même la voix la plus rare
j
'en prends ma part simplement d'abord pour en revenir à la réforme pénale qui apporte des réponses je rappelle que non seulement vous avez raison de parler des chercheurs des universitaires des praticiens aussi des praticiens
des magistrats
des gens qui pratiquent ces personnes-là mais j'ai organisé une conférence de consensus et je rassemblais y compris des personnes de sensibilité politique différentes il
y
a eu des parlementaires UMP par exemple des maires UMP qui étaient également dans cette conférence de consensus et les personnes qui regardent les choses objectivement admettent qu'effectivement il vaut mieux individualiser la réponse judiciaire
c
'est-à-dire que si une personne présente une addiction à l'alcool par exemple est-ce que ça a tellement de sens de l'enfermer pendant deux mois par exemple pour une conduite sans permis ou pour une conduite en état d'ivresse ou pour une conduite sans assurance donc deux, trois fois avec récidive est-ce que ça a tellement de sens de l'enfermer pendant deux mois ou six mois ou est-ce que ça n'est pas mieux d'individualiser la sanction c'est-à-dire éventuellement d'éviter de la désocialiser parce que l'incarcération peut rompre une activité professionnelle peut rompre des relations familiales peut provoquer une perte de logement donc une personne qui va sortir au bout de deux mois ou de six mois sans aucun accompagnement c'est aussi la différence par rapport
à
la réforme pénale dans la réforme pénale nous mettons une sortie avec libération sous contrainte qui permet un suivi après la sortie
avec des moyens d'ailleurs assez limités en ce qui concerne justement ce suivi malheureusement ça fait partie
sans doute
non non nous augmentons de 25% le corps des conseillers
d'insertion et de probation en trois ans
oui mais on part déjà tellement bas par rapport à d'autres pays il est là le souci
sans doute mais il n'empêche que nous en recrutant quand même un millier de conseillers d'insertion et de probation sur trois ans en augmentant le nombre de magistrats le nombre de greffiers en augmentant le nombre de juges d'application des peines en augmentant également d'ailleurs dans les établissements pénitentiaires le nombre de surveillants parce qu'il faut que la prison assume son office qu'elle remplisse sa mission c'est à dire qu'elle veille à l'exécution de la sanction mais qu'elle prépare aussi la sortie en faisant cela nous améliorons nous donnons des moyens même si je veux bien admettre qu'on peut en donner davantage
mais nous donnons des moyens deux secondes et c'est une grande différence alors moi quelle
ne fut pas ma surprise de découvrir que depuis trois ans que vous êtes garde des sous et que vous dites ça il faut des peines alternatives de découvrir mais peut-être que tu
ceci dit
Rachida Dattil disait aussi à sa manière est-ce possible de découvrir que sous Taubira sous Christiane Taubira et sous la gauche il n'y a jamais eu autant de détenus en prison aujourd'hui depuis la libération et que les peines prononcées n
'ont
jamais été aussi longues voilà ce que j'ai découvert j'ai découvert que vous êtes quasiment à 70 000 détenus aujourd'hui en France c
'est plus que
sous
c
'est pas elle qui l'a fait non mais
c'est ce que disait Laurent tout à l'heure non
mais
pardonnez
-moi non mais pardonnez-moi est-ce que vous pouvez m'expliquer ça Christiane Taubira ça fait trois ans que vous dites il faut des peines alternatives et il n'y a jamais eu autant de gens en prison
aujourd'hui en France que sous Christiane Taubira
quand
elle a pris 37
000 personnes alors si jamais environ 10 000 d'un coup t'as tout le monde qui descend dans la rue en disant voilà ce qu
'a
fait la gauche
tous
les criminels sont dans la rue excusez-moi non mais ça se
peut pas se passer comme
ça il y a plus de détenus dans les prisons aujourd'hui en France que sous Sarkozy et c'est un fait alors on peut pas l'accuser de tout et c'est au contraire
oui il me semblait mais vous êtes d'accord que c'est pas moi qui décide des incarcérations j'ai une politique pénale je donne des ordres vous en êtes d'accord non oui bien sûr que j'en suis d
'accord
mais vous souriez mais bien sûr que
non donc du
coup j'ai eu un doute moi
j'ai eu un doute je
me suis demandé de dire
pas moi
je
n'ai pas chacune de mes mimiques Etienne Taubira elle est très expressive
je suis très
expressive je suis méditerranéenne
vous
savez faut que je m'y habite mais pardonnez-moi je pense qu'il y a beaucoup de gens qui regardent la télévision et qui entendent depuis trois ans Taubira laxiste Taubira veut vider les prisons mais non Taubira elle les remplit et elle les remplit plus que Sarkozy c
'est vrai ou c'est
faux ? je ne les remplis pas madame je
ne les remplis pas je ne les remplis pas
est-ce qu'aujourd'hui il y a plus malgré la réforme
pénale
est-ce qu'il y a plus de détenus
non pas
malgré la réforme pénale la réforme pénale a été promulguée adoptée et promulguée le 15 août 2014 ses premières dispositions sont entrées en application début octobre 2014 et les dernières en janvier 2015 vous
nous dites donnez-nous du temps je comprends et j
'entends est
-ce que j'ai regretté non c'est juste pour vous dire ne
dites pas malgré la réforme pénale il
y en a
plus parce qu'effectivement il
y a eu
oui la surpopulation carcérale a augmenté elle a augmenté d'accord est-ce que vous voulez bien admettre que ce n'est ni moi qui l'ai vide ni moi qui l'ai rempli
non je prends juste là j'avais trois ans que vous me dites
il faut
et
que je ne le vois pas dans
les chiffres
parce
que la loi vient d'être votée et
que
effectivement on est
une gauche
humaniste les chiffres que vous donnez datent effectivement d'avant de toute façon l'application de
la loi
il me faut rappeler des choses parce que je sais qu'on a beaucoup rétréci le débat politique d'alternité moi j'assume j'assume de dire qu'il faut individualiser la peine
que
la prison peut avoir des effets contraires à ce qu'on vise
et
donc à rendre des personnes dangereuses pour la société parce que madame la récidive ça n
'est
pas un mot
ce
sont de nouveaux actes de délinquance
ce
sont de nouvelles victimes ça peut être de nouveaux drames la récidive c'est ça sa réalité
donc
oui je veux la combattre la récidive oui je veux la prévenir c'est à dire non seulement la combattre donc la sanctionner mais la prévenir c'est à dire l'éviter c'est une réalité et je l'assume je l'assume donc voilà et dans la réforme pénale il y a les moyens pour le faire l'individualisation de la peine
d
'accord donc je donne des orientations de politique pénale les magistrats jugent je rappelle simplement qu'il y a une loi pénitentiaire qui date de 2009 et qui elle dit pendant 10 ans
les
anciens gouvernements vous savez ce qu'ils ont fait une centaine de lois modifiant le code pénal et le code de procédure pénale une centaine de lois plus répressives les unes que les autres avec des discours martiaux et des coups de menton on va montrer ce qu'on va montrer aux délinquants
qui
ont effectivement la population a été multipliée par 35 la récidive a été multipliée par 3 elle a triplé
et
en 2009 35
%
oui pardon augmenté de 35
%
voilà augmenté
de 35
% pardon
augmenté de 35
% pardon
en
2009 la loi pénitentiaire elle dit quoi
elle
dit que les peines de prison doivent être aménagées jusqu'à 2 ans de prison
mais
c'est une politique de gribouille ça
on
fait des lois de plus en plus répressives
et
on dit puisque de toute façon avec les peines planchers on vous oblige à prononcer des peines de prison on vous oblige par la loi par une autre loi à aménager ces peines de prison jusqu'à 2 ans ou bien un acte mérite 2 ans de prison et les 2 ans doivent être exécutés et rapidement et je donne les moyens pour que les décisions de justice soient rapides
ou
alors ça ne mérite pas 2 ans de prison
mais
on cesse de tromper les gens en leur racontant qu'on est trop sévère
et
en se dépêchant par derrière de dire mais attention jusqu'à 2 ans de prison vous aménagez donc j'ai une autre politique madame je dis qu'il faut individualiser lorsqu'il faut prononcer une peine d'incarcération elle doit être prononcée mais lorsque le suivi à l'extérieur doit être plus efficace il doit être choisi lorsque ce sont des injonctions de soins qu'il faut faire avec des contrôles c'est ce qu'il faut faire il y a des personnes qui ont plus besoin d'accompagnement d
'encadrement
d'interdiction d'obligation et de suivi que d'incarcération
une question plus politique et ça me permettra de revenir sur un des aspects abordés par Aymeric Caron qui disait finalement vous êtes la dernière de gauche dans ce gouvernement et j'aimerais qu
'on
revienne un peu sur l'actualité de cette semaine puisqu'il
y a
aussi le fameux 49.3 qui a été utilisé par le Premier ministre pour adopter cette loi Macron à laquelle vous avez participé ou pas cette loi Macron et si vous n'étiez pas au gouvernement ministre si vous étiez député aujourd'hui député de Guyane comme vous l'avez été pendant longtemps est-ce que vous feriez partie des frondeurs qui n'auraient pas voulu voter cette loi Macron je sais que
c'est
pas facile pour vous de me répondre mais la vérité elle est où là qu'est-ce que pense madame Taubira de cette loi Macron
d
'abord avec si on met Paris dans une bouteille après
ça
quand j'étais petite
je suis conscient de la difficulté
de ma question quand j'étais
gamine non non il n
'y a
pas de difficulté à votre question parce que moi je ne
fais
pas de la politique fiction cette loi ce texte de loi il y a une partie de cette loi qui concerne qui relève de ma responsabilité et ce travail a été fait c'est un texte
gouvernemental les
avocats c'est
un texte
gouvernemental qui a été assumé en tant que tel le travail
concernant
pardon ce qui n'était pas pour vous plaire
il
faut le reconnaître
ce qui alors c'est pas une question de me plaire ou pas
c'est qu'il y avait l'approche si parce que vous avez un peu
l'impression qu'on vous coupait l'herbe sous le pied que vous aviez commencé vous-même de votre côté oui je
l'assume je le dis je le redis et
vous n'avez pas été
contente de
constater vous avez été dépossédé de ce dossier
je l'ai dit à la tribune de l'Assemblée Nationale j'assume parfaitement que depuis deux ans et demi je vais commencer un travail de réforme avec les professions
nous
avions avancé que d'ailleurs il y a deux lois qui ont été adoptées une en septembre 2013 une autre en janvier 2014 que de ces lois j'ai tiré des ordonnances et des décrets qui ont été publiés donc il y a des réformes qui avaient déjà été faites sur les tarifs sur la déontologie sur l'éthique sur les conditions d'installation il y a des choses qui avaient déjà été faites donc ce texte de loi qui effectivement a pris cette partie comme elle a pris d'autres parties moi j'y ai participé et sérieusement il suffit de regarder
ce qui avait
été annoncé
c
'était pas la méthode que vous auriez préféré
non moi je sais
bien que le piment et le sel de cette émission c'est
non non en plus je l
'admets sinon c'est pas
la peine t'as 23h les gens vous regardent
vous avez écrit une tribune dans le monde en décembre
qui
était plutôt critique sur la loi Macron on sait que
c
'est pas que ce soit la loi elle-même plus pour
la partie qui
vous concerne particulièrement honnêtement
vous n'êtes pas la
première fan
non non je n'ai pas été critique sur la loi Macron j'ai dit dès le début dès le début
j
'ai dit publiquement qu'il ne faut pas compter sur moi pour une querelle gouvernementale publique
ah
oui
là
-dessus
j'ai
dit les principes
ma
responsabilité c'est pas de défendre des professions en tant que telles ce sont des professions libérales qui pour la part qu'elles assument de délégation de puissance publique sont réglementées elles ont à se défendre du point de vue corporatiste ma responsabilité de garde des sceaux c'est de m'assurer que l'accès au droit est garanti sur l'ensemble du territoire et c'est ça mes principes l'accès au droit ça veut dire quoi maillage territorial il faut qu'il y en ait partout notaire, huissier, etc. qu'il y
en
ait partout ensuite des tarifs publics contrôlés publiquement de façon à ce que ce ne soit pas le niveau matériel ou financier qui permette d'accéder au droit ou pas ensuite la sécurité juridique c'est-à-dire que lorsqu'un acte est établi
qu
'il soit sûr parce que je vous rappelle quand même que ce texte de loi effectivement lorsque je me suis exprimé ce texte de loi a démarré sur quoi
sur
la libéralisation des tarifs tous
sur
la libéralisation des conditions d'installation
tous
pour tous les métiers sur la libéralisation des actes de tous les actes les actes authentiques la notification la signification etc. voilà c'est sur cela que ça a démarré le texte ne ressemble plus
du
tout
à cela donc vous avez
réussi à imposer discrètement au sein de débats au sein même du gouvernement vos idées auprès de monsieur Macron et auprès de Manuel Valls donc aujourd'hui vous êtes satisfaite de la loi Macron qui va être adoptée puisque le 49.3 a été
utilisé
pour ce qui concerne les professions du droit tout ce que j'ai demandé était préservé
et
le travail le dimanche
c
'est un autre sujet quel est
votre avis
dessus
?
moi je pense profondément je ne m'en cache pas lorsque j'étais parlementaire tiens lorsque j'étais parlementaire moi j'ai signé une pétition non c'était pas une pétition c'était pas une tribune c'était bon c'était un texte de parlementaire que nous avons du public où nous disions qu'il y a dans une société des conditions de train de vie de genre de vie de mode de vie et que par conséquent considérer que le dimanche était un jour ordinaire ne faisait pas partie de la conception que nous avons de cette société et je le pense encore et je le pense encore maintenant dans ce texte de loi il y a un certain nombre de dispositions qui permettront que plus de dimanche soit consacré à l'ouverture d'un certain
nombre
d'activités est-ce que vous pensez comme François Hollande
il y a un
encadrement de cette possibilité pas
suffisant
dit Benoît Hamon votre ami qui
a voté contre c'est possible mais c'est possible qui a les
voté contre
oui mais c'est
qui a pas pu voter qui a pas pu voter contre ça vous fait sourire
est
-ce
que vous pardon lire
non parce que vous faites un feuilleton donc
vous
sourire c'est agréable
est
-ce que vous pensez comme François Hollande que le 49-3 l'usage du 49-3 est un déni de démocratie
enfin
comme il le pensait
le
49-3 est dans la constitution oui
bien sûr
si ça n'était pas dans la constitution ce serait un déni de démocratie
il
se trouve que
le recours au
49-3 n'est jamais agréable je crois qu'aucun gouvernement qui recourt au 49-3 n'accomplit là un acte agréable le premier ministre a considéré que l'incertitude qui pesait
sur
la majorité des voix pour ce texte que cette incertitude devait être
levée
neutralisée neutralisée ne pouvait pas être
levée mais il a eu raison
il a eu raison de le faire
je
pose des questions directes il a eu raison d'utiliser le 49
-3 mais le sujet est absolument direct un chef de gouvernement a un doute sur la majorité sur un texte important pour le gouvernement
il
prend les garanties qu'il faut voyez
comme elle se distancie il se
donne les garanties je ne me distancie pas je sais que l'exercice ici j'aurais pu décider de ne pas venir parce que oui
vous ne regrettez pas vous avez le temps vous avez le temps de
parler en dimatinal je fais à peu près le volume là d'ici
je
viens
vous
avez plus de téléspectateurs ce
soir je
viens je viens en sachant bien que le clou de l'émission c'est que vous
êtes à la limite vous êtes prêts
à me garder jusqu'à la fin de la nuit je viens de vous dire que ça n'est pas agréable de recourir au 49
-3 on a compris je viens de
vous le dire c'est clair c'est clair c'est
un acte responsable
c'est un acte responsable lorsque
un chef
de gouvernement estime que sur un texte auquel le gouvernement est attaché il y a un risque il y
a
une incertitude
non
mais ce qu
'on
veut dire par
là c'est que il y a toute une
partie pour parler franchement il y
a
toute une partie de la gauche donc François Hollande à un moment des députés qui à un moment ont même voulu déposer un texte pour carrément que ce soit supprimé de la constitution et dedans je crois me souvenir qu'il doit y avoir un certain Manuel Valls donc bref il y a toute une partie de la gauche qui considère que certes c
'est
dans la constitution donc personne ne
dit
qu'il y
a
eu là quelque chose d'anormal sauf que ça ne devrait plus y être voilà
est
-ce que vous faites partie de ces gens-là oui ou non
?
que le 49-3 doit
plus y être ? est-ce qu'on devrait
supprimer le 49
-3 ?
non non moi je n'isole pas les choses comme ça parce que moi je pense les institutions en tant que telles non non je... attendez moi excusez-moi
je peux
faire du commentaire politique et je peux aussi ce qui est ma réalité depuis une trentaine d'années avoir des engagements politiques
et
des engagements politiques qui supposent de l'action qui supposent de l'action qui supposent des coups et plutôt plus souvent qu'à mon tour qui supposent une constance une constance dans les convictions moi je pense les institutions je ne pense pas un aléa de la constitution
ce
qui est intéressant en
ce
qui vous concerne dans cette situation précise c'est qu'on a quand même le sentiment que chez ceux des députés socialistes qui allaient voter contre on retrouve quand même beaucoup de de vos amis idéologiques en tout cas on parlait tout à
l
'heure
je ne vais pas
rogner
voilà
c'est pour
ça qu'on se
disait que vous auriez sans doute voté contre et on s'interroge aujourd'hui sur votre marge de manœuvre réelle dans ce gouvernement et sur votre amour réel
ça n'a pas de sens de
dire que
je vais juste
finir ma question pardon
c'est vrai
je
me retiens
et votre amour réel pour cette politique qui est menée depuis quelque temps c'est pas un hasard si à un moment Hamon est parti si Montebourg est parti vous êtes resté pour des tas de raisons qui nous prendraient trop de temps j'imagine à l'expliquer à moins que vous ayez aujourd'hui quelque chose de particulier mais on a le sentiment que effectivement Valls ne pouvait pas vous faire partir parce que vous incarnez justement quelque chose à gauche qui plaît
attendez
excusez-moi il
faut arrêter les malentendus si le président de
la
république veut que je parte ce soir je pars ce soir
c'est son droit si le premier ministre
veut que je parte que je quitte le gouvernement c'est son droit ça fait partie de son autorité ça fait partie de ses prérogatives donc voilà il faut
arrêter ce feuilleton
depuis le premier jour on me dit partante depuis le premier jour et la seule ministre pas moi la seule ministre pas vous
mais
de nombreux journalistes la seule ministre sur laquelle on fait constamment des projections de départ c'est moi il y a des choses à comprendre là
oui parce qu'on pense que la
politique que vous incarnez n'est pas celle qui est mise en place aujourd'hui par le gouvernement
écoutez moi je peux
travailler dans ce gouvernement je bataille dans ce gouvernement pour convaincre
pour
convaincre
oui
parce que j'ai une responsabilité j'ai une politique à mener j'ai des actions à conduire et c'est ma responsabilité de les faire entendre et de les faire comprendre donc voilà oui j'explique pour convaincre
mais je fais
aujourd'hui si je peux me permettre pour continuer cette question
ce sera une
de vos dernières questions pas de soucis
on va
faire
deux
heures qu'on est là non
non non ah voilà faudrait savoir soit on n'a pas le temps comme vous le dites dans les médias et maintenant vous trouvez ça trop long
non
mais je sais bien que de toute façon même si on reste deux heures ce soir vous allez couper ah non non
non vous vous trompez vous
même
cette partie vous allez la couper ah non au
Paris non
c'est son pas frère
alors
là si on vous pose ces questions c'est parce que
vous
êtes quand même parfois une sacrée équilibriste madame Alvira ah
oui
évidemment si on voit bien vous restez très à gauche amis avec Benoît mon tout en même temps en expliquant que monsieur Vasse
et monsieur Hollande
c'est parce que vous vous faites des schémas simples ah oui vous faites des schémas simples non non mais moi je suis désolée moi le jour où
le
jour où je vais considérer que soit je n'ai plus ma place dans ce gouvernement indépendamment je rappelle que c'est la prérogative du président de
la
république et celle du premier ministre mais le jour où moi je vais considérer que j'ai plus ma place que ce que je veux faire je n'arrive pas à le faire
voilà vous considérez aujourd'hui plus utile à l'intérieur du gouvernement c'est ça la question j
'avais une vie avant j'aurais une vie après je vous signale je
n'en doute pas je
n'en doute pas mais
vous
considérez plus utile au sein
du gouvernement qu'à l'extérieur d
'abord cette action contre les djihadistes parce que on a quand même je veux dire que l'action que je mène depuis deux ans et demi c'est une action qui donne des résultats qui donne des résultats nous avons lancé un plan en avril 2014 il n
'a
pas intéressé grand monde mais il nous a donné des résultats un plan avec la mise en place d'une plateforme de signalement qui nous a donné des résultats et qui a permis d'empêcher des déplacements nous avons adopté deux textes de loi mais moi dans mes politiques aussi bien judiciaires protection judiciaire de la jeunesse et politique pénitentiaire c'est un sujet sur lequel nous agissons et s'il a été possible comme le Premier ministre l
'a
annoncé le 21 janvier d'adopter un nouveau plan
et
surtout de dupliquer ce qui se fait déjà c'est parce qu'il se fait les choses si la recherche d'action que nous avons lancée alors que tout le monde critiquait le fait que j'aille travailler avec des universitaires si l'expérimentation qui a été conduite mais que j'ai voulu faire conduire avec rigueur peut être dupliquée si nous pouvons multiplier ce que nous avons fait et changer d'échelle si nous pouvons multiplier les brouilleurs si nous pouvons mettre en place une cellule de veille sur internet c'est parce que tout ça était déjà engagé donc ce travail là il est fait sur la justice civile la justice de la pauvreté pourquoi
vous riez là parce qu'elle sera
en
train
de toutes les matinales qu'elle n
'a
pas fait
il y a communiqué
non non parce que pour que vous compreniez je veux dire que moi j'ai une réforme de la justice civile la justice civile c
'est
la justice du quotidien la justice de la détresse comme la justice du travail que nous venons de réformer c'est à dire des délais qui sont longs des complications une incompréhension des procédures
du
coup
toute
cette justice là le quotidien des citoyens je suis en train de la réformer en profondeur et j'estime que ce travail est important la justice des mineurs
justement la fameuse ordonnance de 1945 c
'est
ce
que je veux dire justement ça fait partie un peu justement de ces discussions votre marge de manœuvre aujourd'hui
ça va être votre dernière
question
d'accord quelle est votre marge de sur votre marge de manœuvre réelle au sein de ce gouvernement on a sentiment que justement cette réforme de la justice des mineurs elle a été un petit peu oubliée elle a été plusieurs fois annoncée elle devait venir là là tout de suite je ne
sais
pas où elle en est quand est-ce qu'elle sera présentée au conseil des ministres l'impression qu'on a
c
'est qu'on vous a dit on vous fait sentir que ce n
'est
pas le moment notamment dans ce contexte post-attentat où il ne
faut
pas relancer un débat ou une fois de plus la gauche serait accusée d'être laxiste de ne pas en faire assez puisque c'est votre vision bien évidemment que vous voudriez proposer qui est celle dont on a parlé tout à l'heure c'est-à-dire vers plus de préventifs et dénugatifs que de répressifs
et
quoi qu'on fasse et même si on ne fait pas les accusations elles pleuvent donc ce n
'est
pas ça qui doit nous tétaniser
sur
la justice des mineurs quand est-ce que ça aura lieu j
'ai entendu la même chose sur la réforme pénale j'ai entendu pendant pratiquement un an qu'elle ne se ferait pas
je n'ai pas dit qu'elle sera je ne dis
pas vous mais
je veux vous dire que j'ai
entendu
Manuel Valls à l'époque
Manuel Valls il disait la réforme pénale ce n
'est
pas pour
il
vaut mieux la faire plus tard Manuel Valls qui était ministre de l'Intérieur à l'époque
vous
êtes d'accord avec moi oui il l'a écrit voilà il a dit à l'époque la réforme pénale autant ne pas la faire finalement vous l'avez faite aujourd'hui la justice ah bon bah oui
ça
fait juste deux heures qu'on en parle et là aujourd'hui la justice des mineurs la réforme pénale la réforme de la justice des mineurs vous êtes engagé à la faire passer au premier semestre 2015 est-ce qu'aujourd'hui Manuel Valls vous empêche de la faire
passer c'est la même question que
pose
Léa et
Emry d'une façon différente mais c'est la même alors
oui non mais c'est aussi pour ça que je dis que c
'est
le même feuilleton
parce
que pendant plus d'un an j'ai entendu que la réforme
pénale ne se ferait pas
non seulement elle est faite mais on l'accuse des faits d'il y a deux ans bon de temps en temps il faut être un peu rationnel sur la justice des mineurs c
'est
la même chose le processus est engagé depuis un an
parce
que un texte de loi en tout cas moi je choisis sur des textes de loi qui concernent la société je choisis des processus de maturation pour la justice des mineurs j'ai fait procéder à des consultations nous avons un avant projet de texte il nous reste une étape d'interministériel
donc
ce sera
quand
proposé au conseil des ministres c'est quand
vous le saurez
ce
sera
pas au premier semestre
non
mais je sais qu'il y a des choses que vous n'avez pas envie d
'entendre je sais qu'il
y a
des choses que vous n'avez pas envie d'entendre moi j'ai un certain nombre de textes non non mais j
'ai
un certain nombre de textes qui sont en souffrance parce que il y a il y a un encombrement parlementaire parce qu'il
y a
un encombrement de textes et voilà donc les
tribunaux correctionnels
pour mineurs
concrètement seront supprimés avant la fin du quinquennat
ah
ben j'y compte bien
ouais
d'accord
donc vous comptez bien
avant la fin de
l
'année vous
comptez bien continuer à pouvoir entendre votre voix auprès du premier ministre avec le soutien de François Hollande
non mais je sais bien mais enfin vous imaginez que s'il y avait entre le premier ministre et moi cette guerre que vous avez l'air de on pose
la
question de croire quotidienne non parce que d'après moi on serait usé l'un et l'autre au bout de deux ans et demi
il
avait l'air fatigué quand même Manuel Valls cette semaine
c
'est de ma faute non j'ai pas dit que c'était de votre faute
je
sais pas si vous avez lu le livre de Philippe Toretton dans un instant je voudrais en lire un extrait
Philippe
Toretton je le vois je le lis je l'entends
ben oui vous allez même voir ses spectacles vous êtes d'ailleurs la seule qui avait grâce à ses yeux dans ce livre cher François parce qu'il écrit au président de la république peut-être que vous pourriez lui organiser un rendez-vous parce que manifestement quand même j'en ai envie cher François j'aimerais d'abord te féliciter d'avoir nommé Christiane Taubira garde des Sceaux même si je ne te revois plus après 2017 je garderai en mémoire le travail incroyable de cette immense dame au service de son pays il serait bon de profiter de sa présence et de son énorme potentiel de travail pour mettre au point deux ou trois bricoles qui permettraient peut-être de ne plus ressembler à un état mafieux je compte sur toi pour en finir avec l'incroyable immunité du personnel politique et de son monarque républicain on en est où de ça d'ailleurs cette immunité présidentielle un jour on la supprimera ?
le
problème c'est que c
'est
pour répondre au livre de Toretton
oui non mais en plus c
'est
un sujet sérieux et puis moi j'aime beaucoup la mission d'interpellation que des intellectuels et des artistes se donnent et moi j'apprécie cette interpellation sans complaisance que fait Philippe Toretton et je pense que la société a vraiment besoin de ça de cette exigence de ce refus de compromis de ce refus de composer aussi même si la fonction politique elle contraint à composer parce que vous faites des choix pour l'ensemble de la société la société est plurielle elle est diverse elle est disparate vous êtes contraints de composer mais il est bon que vous ayez des espèces de vigies des espèces de sentinelles qui constamment rappellent avec cette exigence de ne pas composer le problème du sujet que vous posez
l'immunité présidentielle
oui il y
a
plusieurs autres sujets c'est que ça s
'appelle
une réforme constitutionnelle et la réforme constitutionnelle elle demande une majorité de 3 cinquièmes des voix et j'avoue que sur des réformes moins éruptives je n'arrive même pas encore par exemple l'indépendance de la magistrature vous me dire que pour certains c'est pas si moins éruptif que ça mais je n'arrive pas à obtenir ces 3 cinquièmes de voix pour parachever l'indépendance de
la magistrature donc ça n'est pas pour tout de suite
vous aimez bien Toretton même quand il vous rappelle des mauvais souvenirs vous l'avez lu son livre ou pas ?
j'ai lu une partie du livre vous
êtes tombé sur la partie
sur les écoutes où il dit même la garde des Sceaux n'a pas pu s'empêcher de mentir il faudrait que la classe politique arrive à avoir un rapport sain avec la justice la garde des Sceaux le ministre de l'intérieur et le premier ministre ont préféré mentir quitte à passer pour des simplets de peur qu'on puisse les soupçonner de manipulation de dossier on parle du moment des écoutes entre Nicolas Sarkozy et son avocat
absolument c'est comme ça que je l'ai compris c'est qu'il
y a
une sorte de piège tendu par la droite qui est évidemment monté vent debout contre ses écoutes et par peur de paraître en manipulation d'une justice je pense que le gouvernement a fait machinariat en disant non non on ne sait rien on n
'a
pas été prévenu alors que c'est dans les textes en plus de faire remonter des informations quand il s'agit c
'est
pour ça que j'ai été voir ce monsieur X qui est un proyeur de la République à la retraite pour lui demander comment ça se passe quand justement des décisions comme ça sont prises par un juge parce que c'est pas n'importe quoi comme décision de mettre sur écoute un ancien président de la République il m
'a
dit oui c'est tout à fait normal ça existe ça s
'appelle
les remontées d'informations et puis il dit mais n'importe quelle personne un peu connue ou qui représente quelque chose dans la société qui se retrouve sous les condamnations enfin se retrouve interpellé ça remonte après ça remonte on ne sait pas jusqu'où mais c'est prévu et là je pense qu'il
y a
eu un piège de la droite qui était tellement en colère que tout le monde a freiné comme ça des cas de
fait vous terminez votre lettre
vous terminez votre lettre en disant la voilà la justice doit être simple il suffit de dire la vérité et en gros Mme Taubira ou le Premier ministre ou le Président de la République mais c'est Mme Taubira qu'on a entendu aurait dû dire oui nous étions au courant car il est de notre devoir de l'être comme cela est prévu et défini mais c'est pas ça que vous avez dit oui
vous avez été obligé de mentir
non non je n
'ai
pas menti je n'ai pas menti mais c'est vrai que j'aurais dû savoir et j'ai montré après les lettres qu'envoyaient le procureur général et le procureur financier qui ont envoyé un courrier le 27 février pour des écoutes qui ont eu lieu en septembre et le procès qu'on m'a fait c'est de savoir si je savais le 27 février la date des lettres
ou
si je savais le 7 mars
il
se trouve que j'aurais dû savoir parce que ces lettres étaient effectivement arrivées il se trouve qu'au moment où j'en parlais je ne le savais pas mais j'aurais dû le savoir donc d'où l'embarras mais lorsque je dis non je n'ai pas menti mais j'assume le fait que j'aurais dû savoir alors j'en savais une partie puisque je savais qu'il y avait une perquisition à la cour de cassation il était normal que je sache mais il était normal que je sache pour une raison toute simple c'est que moi-même j'avais diffusé une séculaire pour dire que vous devez remonter les situations les procédures sensibles donc remonter les procédures sensibles c'est pas pour que je m'en mêle c'est pour que l'exécutif ne soit pas pris au dépourvu parce qu
'on
doit être capable de savoir qu'il y a une procédure sensible et une procédure sur un ancien président de la république c'est forcément une procédure sensible et je trouve que ces deux lettres étaient arrivées et que je n
'en
avais pas eu connaissance donc au moment où je m'exprime je dis la vérité en disant que je ne le sais pas mais c'est vrai que j'aurais dû le savoir donc après oui je dois assumer le fait que j'aurais dû le savoir mais regardez franchement il y
a
une procédure il y
a
une décision d'écoute qui est faite en septembre 2013
oui
en septembre 2013
qui
est renouvelée
et
le procureur général ne m'écrit
qu
'en fin février pourquoi ? parce qu'effectivement le parquet remonte mais pas les juges d'instruction
et
le parquet ne remonte que ce qu'il sait lorsque c'est une enquête préliminaire à la charge du parquet le parquet effectivement remonte à la direction des affaires criminelles mais lorsque c'est un juge d'instruction un juge du siège
le
parquet dépend des informations
qu
'il a sur la procédure donc le parquet remonte ce qu'il sait au moment où il le sait est-ce qu'il ne le sait qu'en février le 27 février ça c'est bien probable c'est bien probable parce que le juge d'instruction décide de mettre sur écoute il n'est pas obligé de le mettre immédiatement dans le dossier il n
'est
pas obligé de le mettre immédiatement dans le dossier donc effectivement le parquet nous informe et je répète qu'il n'y a aucune raison de dissimuler puisque la circulaire
que
j'ai envoyé pour dire qu'il faut faire remonter les procédures sensibles elle est publique en plus la circulaire est publique donc il
n
'y a rien de dissimulé dans cela c'est simplement qu'il y
a
eu un cafouillage parce que je n'avais pas l'information alors qu'elle était arrivée au ministère c'est tout donc ce n
'est
pas un mensonge pour dissimuler les choses france
Christiane Taubira