Face à Face : Aurore Bergé - 03/05
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
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Apolline de Malherbe Il est 8h32 et vous êtes bien sur RMC et BFM TV Bonjour Aurore Berger Merci d'être dans ce studio ce matin pour répondre à mes questions Vous êtes la ministre déléguée auprès du Premier ministre En charge de l'égalité entre les femmes et les hommes Et de la lutte contre les discriminations Il y a de nombreux points que je voudrais pouvoir aborder avec vous ce matin Je précise d'ailleurs qu'un certain nombre de facultés Sont toujours bloqués au moment où l'on se parle Notamment Sciences Po Paris On est en direct là-bas Elle est occupée à nouveau l'école depuis cette nuit La police se positionne sur place Et on y reviendra évidemment avec votre réaction notamment Mais je voudrais d'abord revenir sur ce plan que vous avez dévoilé Un plan de lutte contre la prostitution Avec un volet en particulier sur la prostitution des mineurs Et je voudrais vous interroger sur un cas Aujourd'hui à 13h30 à Valenciennes On attend le verdict du procès de 11 hommes Ils sont jugés depuis une semaine Ils sont dans le box des accusés Il y a des hommes de profil très différents Il y a un boulanger de 27 ans Qui reconnaît avoir non seulement été client mais aussi proxénète Il y a un banquier, un agriculteur, un ouvrier chez Renault Un autre chez Stellantis, un apprenti sommelier Et ils ont tous en commun d'avoir eu des relations sexuelles avec Louise Louise qui avait à l'époque 14 ans Pour certains ils ont payé et ils sont poursuivis pour recours à la prostitution d'un mineur Ils ont cours jusqu'à 18 mois de prison Ça c'est ce qui se passe à Valenciennes Mais pendant ce temps-là Il y a le site Coco Sur lequel ils ont été mis en relation avec la jeune Louise Ce site Coco Qui est aussi lié à la mort de Philippe Qui a été lynché à mort à Grande-Synthe il y a 10 jours Et ce site Coco Je l'ai encore vérifié à l'instant Juste avant d'entrer dans ce studio Il est parfaitement ouvert On peut y aller Et on peut y trouver toutes sortes d'horreurs
Oui vous avez raison de le dire Déjà dans ce que vous avez dit au tout début Il n'y a pas de profil type Malheureusement j'allais dire Ce serait trop simple de considérer Qu'il y a un profil type de l'agresseur Parce qu'on parle bien d'hommes Qui ont abusé Qui ont abusé d'une enfant C'est de l'exploitation sexuelle C'est de la traite des êtres humains Et c'est ça aussi les mots qu'il faut poser Quand on parle de prostitution On parle de violence On parle d'abus Et il y a évidemment encore moins d'ambiguïté Si tant est qu'il doit y en avoir Quand on parle d'enfant Ça c'est le premier point Deuxième point C'est que malheureusement C'est trop simple aujourd'hui C'est trop simple de devenir proxénète C'est trop simple d'avoir recours à la prostitution Parce que justement On a ces sites qui prolifèrent Qui sont à la fois des sites Mais aussi des messageries privées Ce qui est toute l'ambiguïté justement Du site dont vous avez parlé Coco Parce que la messagerie privée Évidemment c'est différent Et plus difficile aussi
A pouvoir réguler et réglementer Si je précise les choses d'ailleurs Coco ça c'était Coco.fr C'est-à-dire qu'il était hébergé Sur un site français Il est aujourd'hui devenu Coco.gg C'est-à-dire qu'il est hébergé Sur l'île de Guernesey Qui est ce statut un peu complexe Mais qui est relié à la Grande-Bretagne Et sur ce site internet On y voit des relations sexuelles Entre majeurs et mineurs C'est d'ailleurs ce que précise la procureure De ce procès qui a lieu en ce moment Il suffit de donner son genre Son âge Son code postal Et son pseudo Il n'y a aucun contrôle En fait il n'y a aucune vérification D'identité On ne vous demande même pas Quel âge vous avez Il n'y a aucune vérification
D'identité Donc moi je le dis à nouveau En termes de prévention Notamment à des jeunes Qui pourraient aller sur ce site Ce sont des sites qui sont dangereux Vous l'avez dit Il y a des gays tapants Qui ont été tendus Du fait de ce site A des hommes En raison de leur homosexualité Ce sont des gays tapants Ils ont été attendus Ils ont été lynchés Ils ont parfois été lynchés A mort du fait De leur orientation sexuelle Parce qu'ils ont été Identifiés grâce à ce site Donc qu'est-ce qu'on fait ?
Il y a de manière générale Ce qui se passe Sur les réseaux sociaux Ce qui se passe Sur les plateformes Ce que vous dites Serait par exemple Totalement valable Sur ce qui se passe Sur la question de la pornographie Quand on parle de la pornographie Je vais le dire comme ça Mais dans nos générations En pornographie On n'y avait pas accès Comme ça En libre service Ça n'existait pas Et ce n'était pas non plus Les mêmes contenus Aujourd'hui les contenus Qu'on trouve En quelques clics Par recherche de mots-clés Ce sont des actes de torture Ce sont des actes de barbarie Ce sont des femmes Qui parfois se font séquestrer Pendant des jours Dans des appartements Qu'on oblige A avoir des relations sexuelles Qui sont donc violées Qu'est-ce qu'on fait ?
On a changé la loi On attend la décision Du conseil constitutionnel Là-dessus De manière à permettre Que Pharos Qui est notre plateforme Qui permet le retrait de contenus Puisse retirer justement Ces contenus Qui ne sont pas De la représentation On ne parle pas De films D'audiovisuels Ou de cinéma On parle d'actes réels Où de vraies femmes Subissent de vrais viols Et donc on veut pouvoir Retirer ces contenus De torture et de barbarie Vous pourrez le faire Et vous pourrez le faire En temps réel Vous pourrez le faire rapidement Alors on attend La décision du conseil constitutionnel Pour espérer que la loi Soit définitivement validée Sinon on remettra Le travail sur l'ouvrage J'ai l'impression Que vous avez un doute Parce qu'on voit bien Les tentatives Des uns et des autres Pour justifier ici De la représentation Qui serait réalisée Comme si c'était Un acte audiovisuel Pourrait jouer ce jeu-là Je ne peux pas présupposer Une décision du conseil constitutionnel Ce que je sais C'est qu'on doit protéger qui ?
On doit protéger d'abord nos enfants On doit protéger les mineurs Parce que plus on les expose tôt A ces images-là Plus évidemment On va dérégler ensuite Les rapports qu'il pourrait avoir Entre jeunes hommes Et jeunes femmes Et à terme Les rapports sexuels aussi Et notre vie sexuelle Donc ce n'est pas un sujet De moral C'est un sujet de protection De santé publique Et de sécurité Vous me parlez de la question
Les armes que vous avez Contre ces représentations De pédo-criminalité Et les armes que vous aurez Vous l'espérez Mais je vous posais quand même La question sur Coco Et je vous la pose très concrètement On voit bien qu'on a des sujets D'hébergement de sites à l'étranger Est-ce que vous avez les moyens
De faire fermer par exemple ce site ? Ce qu'on doit faire En fait il y a deux choses différentes Quand ce sont des sites internet Quand ce sont des messageries privées Et en plus quand parfois Il y a le sujet de l'hébergement à l'étranger Ce qu'on peut faire c'est quoi ?
C'est faire en sorte que des URL Soient tout simplement supprimées C'est faire en sorte aussi L'URL c'est l'adresse L'adresse qui est renseignée Puisse être supprimée Quand des contenus justifient D'être supprimés Mais c'est le travail Ce qui est engagé avec Marina Ferré Qui est la ministre en charge du numérique Justement pour garantir ça C'est faire le fait de changer la loi Comme je vous l'ai dit C'est d'alerter D'avertir aussi Pour faire en sorte Que le moins de personnes possibles Se retrouvent sur ces sites Au risque encore une fois De l'exploitation Ou de guet-apens Qui ont pu être tendus En l'espèce à des hommes En raison notamment De leur homosexualité Et évidemment C'est une mobilisation constante De nos services Typiquement là Ce qu'on a fait Sur la stratégie de prostitution C'est qu'on a renforcé Une cellule dédiée De cyber-enquêteurs Parce que tout simplement La précédente loi en 2016 On n'avait pas ces mêmes besoins Évidemment sur le numérique Donc c'est des cyber-enquêteurs Ils font quoi ?
Eh bien toute la journée Ils regardent malheureusement Ces images-là Pour voir ce qu'on peut supprimer Pour détecter des comptes Pour détecter s'il y a du proxénétisme Pour ensuite judiciariser Qu'est-ce qu'on fait aussi ? On renforce les moyens Dédiés à des associations Pour faire quoi ? Des maraudes numériques Parce que les maraudes Au départ on disait Vous appelez les maraudes numériques C'est justement cette veille C'est cette veille constante Qu'on doit pouvoir faire Parfois très glauque Désolée de le dire comme ça Mais pour vérifier Ce qui est dit Pour vérifier les atteintes Qui pourraient être faites A des mineurs L'exploitation Et puis voyez bien Comment ça peut dériver
On parle de 7 000 à 10 000 mineurs Qui seraient aujourd'hui Dans des situations De prostitution C'est effectivement L'estimation Des associations Et en majorité Ce sont des jeunes filles De 13 à 16 ans Est-ce que vous prévoyez Également Une augmentation Du fonds Pour sortir de la prostitution On sait Et on a entendu D'ailleurs des témoignages Sur RMC Dès hier Au moment où vous présentiez Votre loi De prostituées Qui cherchent à sortir De cette situation De prostitution Il y a un fonds Environ 300 euros par mois Qui leur sont donnés Si elles arrivent Pour les accompagner Dans cette sortie Elle dit C'est pas suffisant Est-ce que vous seriez Prête à mettre plus ? Déjà On est le seul pays
Au monde à le faire La France Et le seul pays Au monde A accompagner Des femmes Et parfois des hommes Qui sont en situation De prostitution Pour leur permettre De sortir De ce qui est un système Encore une fois De violence Et d'exploitation Qu'on leur impose Et que des clients Leur imposent Que des proxénètes Leur imposent Est-ce qu'il faut A terme revoir L'allocation ? C'est un débat Quand vous dites
La distinction Entre clients Et proxénètes C'est aussi pour préciser Que certaines Qui ont parfois Le sentiment Au moins au début Et c'était d'ailleurs L'objet d'un des témoignages Très forts qu'on avait Hier sur RMC Qui au départ Disent Je l'ai fait de moi-même Je pensais Et puis en fait Elle ne s'est jamais Dérive
C'est jamais si simple Moi j'ai fait témoigner Volontairement Des femmes Qui se disent Survivantes De ce système De prostitution Hier Et oui Il n'y a pas un profil type Par contre Ce qui revient à chaque fois C'est la vulnérabilité C'est la vulnérabilité De femmes Qui parfois Ont été abusées Dans leur enfance Qui ont subi de l'inceste C'est la vulnérabilité De celles Qui ont subi des violences Dans leur couple C'est la vulnérabilité Parce qu'il y a Une précarité financière Il y a toujours Ce dénominateur commun De la vulnérabilité Sauf que Vous l'avez dit Aujourd'hui C'est plus simple Pour les proxénètes Et pour les clients De repérer Cette vulnérabilité Et de l'exploiter Du fait notamment Du numérique
Les Jeux Olympiques Cet été Vous vous dites Que c'est peut-être Un moment Où il faut sensibiliser Davantage le grand public On a souvenir Que dans certains Grands rassemblements sportifs La question de la prostitution Est là Est-ce que vous allez Vous donner des moyens Pour lutter Contre la prostitution Il y aura une grande campagne
De communication A l'approche des JO Et pendant les JO Pour deux choses Espérer convaincre Sur les valeurs Que nous portons La France porte des valeurs Sur l'abolition De la prostitution Considérant que non La fameuse phrase De tout temps La prostitution existait Comme si c'était inéluctable Comme si cette exploitation Des femmes Et du corps des femmes Devait continuer Et bien non En vérité On ne souhaite pas Que cette exploitation Puisse continuer A défaut de convaincre Sur les valeurs Convaincre sur les risques Celles et ceux Qui viendront en France Pour les JO De dire encore une fois Ce qu'ils encourrent Si jamais ils ont recours A la prostitution
Et vous pouvez repréciser D'ailleurs effectivement Les amendes qu'encourent Les clients Qui auraient recours
Qu'on a aggravés Et qui sont d'autant plus Aggravés évidemment Si jamais ce sont des mineurs Parce qu'on présuppose Systématiquement Pour les mineurs Il n'y a pas de consentement Qui soit possible Et que donc C'était évidemment Une exploitation On a changé le cadre De la loi en 2016 C'était une loi courageuse Et importante Qui avait été portée Par Laurence Rossignol Et je le dis ici Parce qu'on est passé D'un moment Où on criminalisait Les femmes et les hommes Qui étaient socialistes Les femmes et les hommes Qui étaient dans le système Prostitutionnel Non en fait La culpabilité La responsabilité Elle doit porter Sur ceux qui en abusent Et les exploitent Des clients Et des proxénètes Et il faut aussi Que la société Considère ce qui se passe Et considère Que ça les regarde Et que ça ne nous regarde pas Uniquement quand c'est embête Chez nous Et que ça nous embête A un moment On parle encore une fois De violence
Aurore Merger Les étudiants pro-palestiniens Qui continuent à bloquer Un certain nombre d'écoles Et d'universités Ça se passe notamment A Sciences Po Paris Qui est à nouveau Occupée depuis cette nuit Tous les cours Et les examens sont annulés C'est aussi le cas A l'ESJ de Lille L'école supérieure De journalisme de Lille C'est le cas aussi A Saint-Etienne Au Havre A Lyon A Poitiers Pour ce qui est De l'école Sciences Po Paris Vous voyez ces images Effectivement Sciences Po Paris Où le dialogue A été plutôt choisi Par la direction Qui avait d'ailleurs Rassemblé professeurs Étudiants Et direction hier Visiblement Ça n'a pas convaincu Ces étudiants pro-palestiniens Qui ont choisi D'occuper à nouveau Les locaux Et donc D'empêcher la tenue Des cours Aujourd'hui Est-ce que vous vous dites Que la direction Doit intervenir Est-ce qu'il faut lever Y compris par la force Ces blocages ?
Alors vous savez Que la levée des blocages C'est toujours à la demande De la direction Du président de l'université Quand c'est une fac Donc ça c'est Sa responsabilité Et l'État a toujours dit Et la ministre a toujours dit Qu'on serait aux côtés De toutes les demandes Qui seraient faites Par les présidents de l'université Et les directeurs Des écoles concernées Moi je suis surtout Très triste De la situation à Sciences Po Moi j'ai été tellement fière D'en être l'élève Vous êtes une ancienne élève De Sciences Po Quand je vois ce qui s'y passe Ce n'est pas l'école que j'ai connue C'était une école Où il y avait du débat Parfois très frontal Il y avait du combat politique Du combat syndicalisme étudiant Il n'y avait pas de haine Il n'y avait pas d'antisémitisme À Sciences Po Je suis désolée Mais quand je vois des étudiants Tendre des mains rouges Qui rappellent des images Où des Israéliens Ont été décapités Il y a deux solutions Soit ils sont incultes Soit ils sont antisémites Dans les deux cas C'est un problème Puisqu'ils sont à Sciences Po Et quand j'entends des étudiants Dire Écoutez Moi je n'étais pas née en 2004 Enfin C'est quand même ahurissant T'entendre ces phrases-là C'est-à-dire Parce qu'on est née en 2004 Ça veut dire qu'on n'a plus Aucune culture historique Et politique De ce qui nous a précédé
Vous précisez effectivement Que ces images Où on a vu Notamment vendredi dernier Des étudiants Qui occupaient Sciences Po Levaient les mains en l'air Avec de la peinture rouge Sur les mains Ça faisait référence À une photo très célèbre D'un événement tragique En effet à Ramallah A Ramallah en 2004 Où deux Israéliens Par la police Et qui étaient dans le commissariat De Ramallah Avaient donc été Linchés à main nue Éviscérés Démembrés à main nue Et c'est le sang Donc de ces deux hommes Qui étaient sur les mains De cet homme Qui s'était présenté À la fenêtre de Ramallah Quand vous dites ça Aujourd'hui Aurore Berger Est-ce que Vous vous adressez aussi Aux députés La France Insoumise Qui se sont Précipités A la fois à Sciences Po Mais dans les autres facs Pour apporter leur soutien À ses élèves En même temps
On est en train En vérité de tout mélanger On peut évidemment Être en soutien Des Palestiniens On peut évidemment Trouver insupportables Les images De ce qui se passe À Gaza De ces femmes De ces enfants De ces hommes Qui évidemment Aujourd'hui Courtent des risques Qui meurent Qui sont dans les hôpitaux Qui sont dans des situations Humanitaires extrêmement difficiles Et la France Elle est pleinement mobilisée Vous le savez bien À la fois pour garantir Un cessez-le-feu Et la libération des otages Puisqu'il y a encore Des otages français Accessoirement Qui sont dans les geôles Du Hamas Aujourd'hui Mais on ne doit pas Essentialiser Des français Qui seraient juifs On ne peut pas Aujourd'hui Dire que parce que Vous êtes juif Ou parce que vous avez Un nom de famille Qui laisserait penser Que vous êtes juif Vous êtes donc Co-responsable De la situation À Gaza On ne peut pas Cibler des étudiants juifs Des députés Ont rencontré Les étudiants juifs À Sciences Po Ils sont sortis De cette rencontre Traumatisés De ce qu'ils ont entendu D'étudiants Qui n'osent plus Venir en cours D'étudiants qui ont peur Moi j'entends Les familles Qui me disent Que leurs enfants Parfois à l'université Dans des écoles Dans des prépas Ont peur Envisagent De ne même pas Passer les examens Donc on ne peut pas Accepter D'essentialiser les gens On n'est pas Parce qu'on est juif Responsable De la situation À Gaza On n'est pas Parce qu'on est juif Un soutien De Benjamin Netanyahou Par contre Appeler à la destruction De l'état d'Israël Qui n'est pas du tout La même chose Que refuser de soutenir La politique De Benjamin Netanyahou Ça ça s'appelle De l'antisionisme Et on sait très bien Que c'est une nouvelle forme De l'antisémitisme
Aurore Berger Vous allez d'ailleurs Présider à partir de lundi Les assises Contre l'antisémitisme Est-ce que les chiffres C'est-à-dire au-delà Des témoignages Que vous apportez D'étudiants Qui se sentent intimidés Empêchés D'entrer dans les facs Est-ce que vous avez Des chiffres Là-dessus Est-ce que les chiffres De l'antisémitisme Que vous allez donc Combattre lundi Continuent à évoluer ?
Malheureusement On a une recrudescence Terrifiant de l'antisémitisme Et partout C'est-à-dire C'est dans tous les pans De la société Que ce soit évidemment Et malheureusement Sur les réseaux sociaux Que ce soit dans nos universités Que ce soit dans la rue Dans un certain nombre De manifestations Qui heureusement d'ailleurs Parfois Ont été interdites Justement pour éviter cela Ce n'est pas la même chose Encore une fois De soutenir la cause palestinienne De demander une solution A deux états De garantir Qu'un jour évidemment Il y ait un état palestinien Et de l'autre côté De tomber Dans l'antisémitisme Et il faut arriver Quand même A faire cette différence Qu'allez-vous annoncer
Pendant ces assises Est-ce que c'est juste Pour faire un état des lieux Ou est-ce qu'il y a des mesures
Déjà c'est engager la société Parce qu'il faudrait Qu'on se sente tous concernés Tous concernés Et ce n'est pas parce qu'on n'est pas Soi-même juif Qu'on n'est pas concernés Par un certain nombre De nos concitoyens Qui vivent aujourd'hui Des intimidations Des humiliations Des violences parfois Ou qui ont peur D'être dans notre pays Parce qu'ils sont juifs Ou parce qu'on suppose Encore une fois Qu'ils le sont Et qu'ils seraient donc Les suppos d'Israël C'est ça qui est en train De se passer Donc je réunis l'ensemble Des cultes Parce que je crois Que c'est important aussi Que ce message puisse être envoyé Et tous les cultes Ont répondu présents Sans aucune difficulté Je tiens à les en remercier L'ensemble des associations Aussi de lutte contre la haine Et pas uniquement L'antisémitisme Des associations Comme la LICRA Comme SOS Raciste Comme le MRAP Qui sont engagées Sur toutes les formes de haine Et de discrimination Y compris liées à l'origine Parce que c'est toute la société Qui doit à un moment Se réveiller Quand on voit Encore une fois Le volume Malheureusement
Des actes antisémites Depuis le 7 octobre Et je reprécise effectivement Rorberger Que vous êtes non seulement Ministre chargé de l'égalité Entre les femmes et les hommes Mais aussi en charge De la lutte contre les discriminations Je voudrais qu'on parle aussi De la GPA Autrui L'une de vos collègues La ministre en charge des familles Demande à ce qu'il y ait Un courage De rouvrir ce débat Est-ce que vous estimez Qu'aujourd'hui Il faut poser la question De l'autorisation Au nom de la GPA ?
Déjà il y a une position Qui est très claire Celle du président de la République Le président de la République A dit très clairement Que ni aujourd'hui Ni demain Ni après-demain Lui président de la République Nous dans ce gouvernement Et avec cette majorité Cette question ne serait ouverte Et je crois que là-dessus aussi On confond les choses La question n'est pas Est-ce que la GPA Devrait être ouverte Ici pour les couples hétérosexuels Ou homosexuels Les couples hétérosexuels Et homosexuels Peuvent être de formidables parents La question n'est pas De juger la parentalité En fonction de l'orientation sexuelle Ça c'est homophobe Et c'est insupportable Le sujet C'est la GPA J'ai été enceinte La GPA à la fin C'est un contrat Qu'il soit rémunéré ou non C'est un contrat Qu'il y ait une femme Qui va porter un enfant Pour autrui A un couple Qu'il soit hétéro Homo A une personne seule Et tout ne se règle pas Par contrat Une grossesse Ne s'anticipe pas par contrat Je pense que toutes les femmes Qui nous entendent Ont toutes vécu Des grossesses différentes Parfois difficiles Parfois alitées Parfois merveilleusement faciles Parfois un postpartum Six mois Un an Deux ans après Comment vous réglez ces cas-là ?
Comment vous anticipez ces cas-là ? Comment vous mettez ça Dans un contrat ? Et à la fin Vous recréez une pression Qui est une pression Sur les femmes Et les femmes Uniquement les femmes Dans le cadre de la GPA Puisque évidemment C'est elles Qui à la fin Portent l'enfant Et le mettent au monde Donc moi je suis farouchement Opposée à la GPA Pas pour un enjeu D'orientation sexuelle Évidemment Mais parce que je veux Protéger les femmes Et que je veux les protéger D'une nouvelle pression Que la société Pourrait faire peser sur elles Vous en avez parlé Avec vos collègues
Je viens vous en débatter On entend Clément Beaune Qui était votre collègue Encore récemment Qui lui est Très largement favorable Est-ce que vous en parlez Avec eux ? Est-ce que vous en débattez ?
Est-ce que... On a des débats Comme je pense Ils existent Dans toutes les familles politiques J'allais même dire Dans toutes les familles Et là-dessus Ce sont des sujets Très parfois intimes Et personnels Mais au-delà Du caractère personnel Des positions Il y a une position claire Qui est celle du président De la République Et qu'il a réaffirmé Très clairement Dans le cadre De la dernière campagne Présidentielle La GPA ne sera pas ouverte Par lui président de la République Ni par ce gouvernement Ni par cette majorité
Aurore Berger Je voudrais vous raconter L'histoire de Lily Lily Elle avait 10 ans Il y a 2 ans Quand elle a alerté Élève en CM2 Elle avait glissé un mot Dans la boîte aux lettres Qui était déposée Dans son école Par une association Qui s'appelle Les Papillons Qui est une association De lutte contre la maltraitance Des enfants Dans cette petite lettre Qu'elle a glissée Dans la boîte aux lettres Elle a raconté Ce que lui faisait Son grand-père Son grand-père Qui sera jugé En septembre Pour inceste La maman de Lily Lance un appel aujourd'hui Toutes les écoles Tous les lieux de sport Devraient être équipés De ces boîtes aux lettres Qui permettent aux enfants Directement Eux-mêmes D'alerter Ça a sauvé ma fille Il ne faut pas l'oublier Et s'il n'y avait pas eu Cette boîte aux lettres Je ne sais pas où on en serait Est-ce que vous demandez A généraliser Ces boîtes aux lettres Pour les enfants ?
C'est une association
Qui est formidable Parce qu'en fait C'est beaucoup plus simple Pour un enfant De faire un dessin D'écrire un petit mot Anonyme Qu'évidemment De pouvoir passer Un coup de fil Quand on a 8 ans 10 ans On ne sait pas forcément Quel numéro appeler Si on va être entendu Si on n'a pas peur Aussi d'appeler Alors que Déposer encore une fois Un courrier Une lettre Un dessin Aussi d'enfant Ça permet de dire des choses Donc c'est une association Formidable Je sais qu'ils sont en lien Avec le ministère L'éducation nationale Pour voir comment Ça pourrait être fait Parce qu'il faut garantir Ensuite Qui lit les lettres Évidemment Comment ensuite On peut judiciariser Pour le garantir Mais c'est une association formidable
Merci Aurore Berger Merci d'avoir répondu A mes questions ce matin Je rappelle que vous êtes La ministre déléguée Auprès du Premier ministre En charge de l'égalité Entre les femmes et les hommes Et de la lutte Contre les discriminations
Aurore Bergé