Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo (sur Site radio)· 15 juin 2022 26 min

L'appel d'Emmanuel Macron pour les législatives, la place du futur groupe LR à l'Assemblée, les accusations contre Damien Abad... Le "8h30 franceinfo" de Rachida Dati

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Bonjour Rachida Dati. Bonjour. Juste avant de s'envoler pour la Roumanie, hier Emmanuel Macron s'est adressé aux Français.

0:06
Invité

Nous avons besoin d'une majorité solide pour assurer l'ordre, à l'extérieur comme à l'intérieur de nos frontières. Rien ne serait pire que d'ajouter un désordre français au désordre mondial. Dimanche, aucune voix ne doit manquer à la République.

0:23
Présentateur

Nous avons besoin d'une majorité solide pour assurer l'ordre, il a raison de dramatiser.

0:27
Rachida Dati

Ça ressemble quand même à un sauf qui peut, cette déclaration. C'est du genre, vite au pied de mon avion, ça ressemble à un sauf qui peut. Mais aujourd'hui, il en est responsable quand même.

0:41
Présentateur

Pourquoi ?

0:42
Rachida Dati

D'abord, quand on voit ce premier tour des législatives, la première leçon qu'on peut en tirer, c'est l'abstention. Quand il n'y a plus de débat politique, il ne faut pas s'étonner qu'il y ait une abstention si importante. Et donc, c'est vrai qu'il y a eu très peu de mobilisation pour cette élection. Et en plus, le résultat est en deçà du score à la présidentielle. C'est la première fois dans la Ve République. Il en est responsable. Il est responsable de cette abstention. Il est peut-être responsable aussi de cette démobilisation. Et il est responsable aussi de cette poussée relative d'une extrême gauche. Tout est de sa faute.

Non, mais c'était lui qui était au pouvoir pendant cinq ans quand même. M. Fauvel, il ne vous a pas échappé. Et à force de dire qu'il n'y a plus de droite, qu'il n'y a plus de gauche, de tout vouloir faire exploser, il se retrouve avec les extrêmes. À force de dire, j'essaye de tuer la droite, je fais exploser la gauche. Et bien là, maintenant, il est pris en étau entre deux extrêmes. Il a fait monter l'extrême droite qui lui a permis évidemment sa réélection pour la présidentielle. Et il a flatté pendant cinq ans cette extrême gauche. Moi, j'ai entendu encore récemment M.

Ferrand de manière publique en disant « Nous avons beaucoup plus de valeurs communes avec Jean-Luc Mélenchon qu'il ne peut en avoir avec les Républicains. » On voit le résultat aujourd'hui.

1:58
Invité

Aucune voix ne doit manquer à la République, dit-il. Ça veut dire par exemple que la NUPES n'est pas républicaine ? Vous le pensez aussi ?

2:04
Rachida Dati

M. Ferrand a considéré qu'ils étaient très républicains. Ils ont des valeurs communes. Moi, je considère aujourd'hui qu'aucune voix ne doit aller aux anti-républicains, à ceux qui attendent à la cohésion de notre pays. Et il n'y a pas qu'une seule famille politique qui est concernée. C'est-à-dire ? Qui n'est pas républicain pour vous aujourd'hui ? Je pense qu'effectivement, qu'on fasse barrage à l'extrême droite, ça a permis la réélection de M. Macron. Et sur l'extrême gauche, il y a quand même des gens anti-républicains dans cette famille politique. Il faut aussi le dire. C'est pour ça que moi, j'ai été très choquée par les propos de Richard Ferrand.

D'ailleurs, il est face à l'extrême gauche dans sa circonscription. Peut-être qu'il devrait fusionner avec eux, s'ils ont des valeurs communes. Et il est là. À un moment donné, il y a un principe de réalité. Oui, mais vous, vous faites quoi ? Non, mais je vais vous dire. Ça compte ? Non, non, ça compte ?

2:50
Invité

Dans 58 circonscriptions, c'est le RN contre la NUPES.

2:53
Rachida Dati

Vous faites quoi dans ces cas-là ?

2:54
Présentateur

Non, non, moi, je n'irai pas là-dessus. Je vais vous dire pourquoi. Vous êtes en train d'expliquer que les consignes du gouvernement ne sont pas claires. Quelles sont les vôtres ?

2:59
Rachida Dati

Non, non, mais moi, je ne dis pas que les consignes du gouvernement ne sont pas claires. Il n'y a pas de consignes. Ils ont dit qu'évidemment, avec Jean-Luc Mélenchon, ils avaient des valeurs communes. Maintenant, ils veulent les faire battre pour pouvoir se sauver. La politique, ce n'est pas se sauver. La politique, c'est sauver le pays. Il est là. Et donc, c'est toujours pareil. Nous, on essaye de nous abattre. Et puis après, on nous appelle à la rescousse en responsabilité. Moi, je vous le dis. C'est-à-dire que maintenant, c'est leur responsabilité face aux Français. Les électeurs choisiront le jour du deuxième tour.

3:31
Présentateur

Et votre responsabilité à vous, à Chédalati, ou en tout cas aux électeurs de droite. Là où il y a des duels entre le RN et la NUPES, que ferez-vous ?

3:37
Rachida Dati

Non, mais nous, on a toujours été très clairs. Notre famille politique a toujours été très claire vis-à-vis de l'extrême droite. Et vous le savez. Ça a toujours été très clair là-dessus. Ça dépend. Si, ça a toujours été très clair. Non, mais ah bon, qui ? Alors, dites-moi qui. Laurent Wauquiez. Il y a eu une ligne à un moment. Ah bon ? Laurent Wauquiez, il était favorable à l'extrême droite ? Non, mais... Il voulait une fusion ? Mais c'est plus le barrage de Jacques Chirac. Vous savez très bien que c'est plus le Front républicain. Non, non, non, on est très clair là-dessus. Ça a évolué ces dernières années à droite. Non, parce que ça, ça vous arrange de dire qu'on a évolué. Non, non.

Non, parce que ça veut dire que c'est poreux. Ça n'a jamais été poreux. Non, mais Rachid Alati, il y a un moment, il y a eu une ligne. Donc, non mais attendez, on ne va pas y passer. Toute l'interview, je vous dis, ils sont responsables de cette situation. Ils ont permis à l'extrême droite d'être aussi haute. Et on a fait barrage pour la réélection de M. Macron. Et ils ont des valeurs communes avec l'extrême gauche et avec M. Mélenchon. M. Ferrand, qui est quand même un homme important dans cette majorité, considère qu'il a plus de valeurs communes avec l'extrême gauche. Vous vous renvoyez la nupe et le RF dos à dos.

Non, moi, je ne serais pas sur votre plateau si la République ne m'avait pas permis d'être à ce niveau-là. Moi, je défends la République. Et donc, aujourd'hui, mon sujet, ce n'est pas une voix aux antirépublicains. Et vous le savez, j'ai fait des interviews, et certains ont même caricaturé certaines de mes colères. Moi, quand je vois des antirépublicains, quand je vois comment ce pays a été gangréné par certains de l'extrême gauche, moi, je m'opposerais toujours à ceux-là. Voilà, je vous le dis. Peut-être qu'on viendra à d'autres sujets. Mais vous faites du cas par cas. Notamment dans ce qui se passe dans les écoles. Ça, c'est une réalité. Non, mais on ne va pas y passer toute l'interview.

Ma position est claire.

5:07
Présentateur

Dernière question sur les consignes de vote, Rachida Dati. Dans la moitié des circonscriptions... Non, mais je vais bien y répondre.

5:13
Rachida Dati

Non, mais on ne va pas y passer 22 heures.

5:14
Présentateur

Encore une minute, si vous permettez. Dans la moitié des circonscriptions, dimanche, il y aura un duel entre la majorité présidentielle, ensemble, et des candidats de l'Union de la gauche.

5:21
Rachida Dati

C'est leur sujet, ils ont dit qu'ils avaient des valeurs communes.

5:23
Présentateur

C'est le vôtre, puisque vos candidats n'y sont plus.

5:25
Rachida Dati

Non, mais non. Les Français vont décider. Ils ont dit qu'ils avaient des valeurs communes, avec Jean-Luc Mélenchon. Ça n'est pas notre cas. Voilà. Donc maintenant, les électeurs décideront.

5:36
Présentateur

Et vous, vous feriez quoi dans ce cas précis ?

5:38
Rachida Dati

Je n'y suis pas. Voilà. Donc, on passe à autre chose.

5:41
Invité

Depuis dimanche soir, vous répétez sur les plateaux télé que les Républicains ne sont pas morts. Avec 70 députés, c'est la projection...

5:48
Rachida Dati

À force de nous inviter et de dire qu'on est morts, on est des morts bien vivants quand même. Sinon, vous ne nous inviterez plus. La gauche est moins existante sur vos plateaux. On est bien vivants.

5:57
Invité

En fait, moins qu'en 2017...

5:58
Rachida Dati

Vous avez fini par nous canoniser.

6:00
Invité

Non, mais c'est... À force, hein. 6 points moins qu'en 2017. Donc, vous n'êtes présents au second tour que dans 73 circonscriptions. Si vous arrivez à atteindre les 73 élus, 73 députés, pardon, à quoi va servir la droite dans l'hémicycle ?

6:14
Rachida Dati

Non, mais qu'est-ce que vous aviez prédit ? À un moment donné, les commentateurs avaient dit on va se retrouver à 10.

6:20
Présentateur

C'est pas le cas. Vous êtes à 11.

6:21
Rachida Dati

Pas 10 députés, pardon, en poursant. Ça vous arrangerait.

6:26
Présentateur

Non, pas du tout, il n'y a rien qui m'arrange.

6:27
Rachida Dati

Dommage.

6:28
Présentateur

Mais non, Madame Dati, je vous assure. Je vous assure. Vous êtes à 10% des voix, c'est 6 points de moins qu'il y a 5 ans.

6:33
Rachida Dati

D'accord. Et on était combien à la présidentielle ? À 5. Bon, voilà. Franchement, on résiste. Et on résiste par quoi ? On résiste par la clarté, par la cohérence et par les implantations locales. Vous résistez, mais vous faites beaucoup moins.

6:46
Invité

Vous allez servir à quoi à l'Assemblée ?

6:48
Rachida Dati

Je veux vous dire, il est absolument nécessaire que nous ayons un groupe un politique responsable à l'Assemblée nationale. Nous serons un bloc décisif. Et vous avez oublié une chose essentielle, on a le Sénat. On est majoritaire au Sénat. Donc le Sénat plus le bloc décisif à l'Assemblée nationale,

7:04
Invité

on a de quoi faire quand même. On a lu dans le point que Gérard Larcher a rencontré Emmanuel Macron juste après le premier tour. Il l'a vu lundi. Il a vu aussi la première ministre hier soir. Est-ce qu'il est possible que vous, la droite, les républicains, vous travaillez avec Emmanuel Macron dans un pacte de gouvernance ?

7:19
Rachida Dati

Attendez. Nous, on est un parti de gouvernement. Nous, on est un parti de responsabilité. On n'est pas l'extrême-gauche. On n'est pas dans l'irresponsabilité. Nous, on ne veut pas le chaos dans notre pays.

7:29
Présentateur

Donc vous voulez gouverner. Vous voulez construire.

7:30
Rachida Dati

Vous voulez travailler avec lui ? On vient d'avoir 5 ans. On avait un groupe politique à l'Assemblée. Et ce groupe, qu'a-t-il fait ? Il a voté des réformes. Il a voté des textes quand c'était dans l'intérêt du pays, quand ça allait dans le sens des attentes et des préoccupations des Français. Vous savez, on a voté, je crois, plus de 50% des textes. Ils ne nous ont repris que 2% de nos amendements. Donc la construction, elle est plutôt de notre côté. Elle n'est pas du leur. Et donc, il est normal que quand on est parlementaire, quand les réformes sont dans l'intérêt du pays, qu'on les vote et qu'on fasse des propositions.

Par exemple, sur les violences faites aux femmes, je prends un texte qui a été emblématique, ça a été à l'initiative de notre groupe politique. Donc nous, on sera un vrai contrepoids dans cette Assemblée nationale, un contrepoids de responsabilité. Parce que sinon, je vous dis, la République en marche sera sous tutelle de l'extrême gauche, sera sous tutelle de l'irresponsabilité. Voilà.

8:23
Présentateur

Rachida Dati, invité de France Info jusqu'à 9h. Une toute petite pause, le temps du fil Info à 8h41 avec William Gekosta.

8:31
Invité

Deux personnes blessées par balle cette nuit à l'issue d'une course-poursuite avec la police à Nice. Deux migrants transportés dans une voiture, l'un d'eux, et dans un état grave. À Lyon, toujours cette nuit, deux hommes sont morts dans une fusillade dans le quartier de la Duchère. Emmanuel Macron attendu en Moldavie aujourd'hui. Nouvelle étape pour le président de la République en visite près de la frontière ukrainienne. Hier, il a rencontré des soldats français déployés dans le cadre de l'OTAN en Roumanie. Fermeture de l'espace aérien en Suisse jusqu'à nouvel ordre. Une panne technique s'est produite chez Skyguide, le service suisse de contrôle aérien.

Le trafic aérien aux premières heures de la matinée coupé. Tous les décollages et atterrissages à l'aéroport de Genève sont suspendus jusqu'à au moins 11h. Backmarket visé par une plainte de l'UFC. Que choisir ? L'association des consommateurs reproche à ce site de téléphones reconditionnés des pratiques commerciales trompeuses comme des frais de service opaques, une plainte après six mois d'échange de courrier.

9:28
Locuteur non identifié

France Info Nous devons être

9:36
Présentateur

un bloc décisif à l'Assemblée nationale. Rachid Haddati, c'est ce que vous nous avez dit il y a quelques instants. Si Emmanuel Macron dimanche soir ne dispose pas d'une majorité absolue, s'il lui manque quelques sièges ou quelques dizaines de sièges et que la droite les a, quel sera votre message ? Vous lui direz gouverneaux ensemble, faisons un pacte de gouvernement, mettons-nous d'accord sur certaines mesures clés ?

9:55
Rachida Dati

Non mais on va débattre de ce qui est dans l'intérêt de la France. On va faire des propositions de loi et donc on verra si effectivement on peut être rejoint sur les propositions de loi.

10:06
Présentateur

Mais ça n'ira pas jusqu'à un accord, vous ne ferez pas la nupe avec Emmanuel Macron, un accord de gouvernement ?

10:10
Rachida Dati

Vous savez, les républicains ont bien résisté, ils ont une identité, on a une identité. Et moi je vais vous dire, sur les valeurs et les attentes des Français, elles correspondent à notre projet, à ce qu'on incarne et ce qu'on porte sur la sécurité, sur l'autorité, sur l'économie, sur l'école, sur la réduction des inégalités. Donc on va porter des textes en ce sens en discuter avec la majorité relative ou pas.

10:32
Invité

Toujours cette indépendance, il n'y a pas moyen

10:34
Rachida Dati

de discuter avec Emmanuel Macron. Mais non mais, on discute, on discute avec tous les groupes politiques. C'est normal dans une démocratie.

10:39
Invité

Vous comprenez ce qu'on dit, c'est que vous voulez

10:40
Rachida Dati

travailler trois mois avec lui. Non mais, si vous voulez me dire, on va aller direct, si vous voulez me dire, est-ce que vous allez aller au gouvernement ? Non, c'est un débat démocratique au sein d'un parlement. Ça s'est passé pendant cinq ans. Quand les réformes étaient nécessaires, vous savez, il y a eu, par exemple, quand il y a eu les textes au moment du Covid pour évidemment aider les Français, ces textes ont été votés par mon groupe politique. Par exemple,

11:03
Présentateur

le premier texte qui arrivera à l'Assemblée nationale si Emmanuel Macron dispose d'une majorité, c'est le pouvoir d'achat. La droite doit le voter.

11:10
Rachida Dati

Le pouvoir d'achat, j'espère que... Parce que c'est quoi le cœur du pouvoir d'achat pour les Français ? C'est la revalorisation du travail. C'est que le travail qui soit mieux payé, bien payé, qui soit valorisé, reconnu. Il y a ce qu'il faut dans le texte pour vous là-dessus ? J'espère que ce texte comportera cette dimension. Quand on voit que dans un pays, il y a beaucoup d'emplois qui ne sont pas pourvus, c'est bien que le travail est dévalorisé. Donc, ce texte-là, on va avoir un débat pour que nous ayons au cœur de ce texte la revalorisation ou la revalorisation du travail. C'est essentiel. Donc ça, c'est le débat démocratique qui se passera à l'Assemblée.

11:47
Invité

Sur la réforme des retraites, vous êtes sur la même ligne qu'Emmanuel Macron, 65 ans, une retraite minimum à 2100 euros.

11:52
Rachida Dati

Nous, on est très clairs parce que moi, je ne sais pas ce qu'ils veulent faire. Vous savez, il avait dit 65, 64. Non, non. Puis il a dit, on va discuter sur la réforme des retraites. Tout le monde sait que cette réforme est nécessaire. Tout le monde. Alors après, il faut discuter. Moi, je considère qu'aussi dans la réforme des retraites, il est important parce qu'effectivement, on a une espérance de vie plus importante que peut-être que les conditions de travail dans certains endroits se sont améliorées. Mais il faudra aussi intégrer la notion de pénibilité qui a été quand même un peu balayée d'un revers de main par ce gouvernement. Donc, il faut aussi tenir compte de tout cela.

Mais ce sont des réformes qui sont cruciales et donc, il faudra en débattre. Donc, c'est pour ça...

12:29
Présentateur

Mais la droite ne s'opposera pas à la réforme des retraites.

12:34
Rachida Dati

La réforme... C'est comme si vous me disiez, un texte sur le pouvoir d'achat, on est favorable. Ça dépend de ce qu'il y a dedans.

12:39
Présentateur

La réforme des retraites... Aujourd'hui, vous en connaissez la plupart des contours.

12:43
Rachida Dati

Si le texte sur le pouvoir d'achat, c'est distribution des chèques, moi, je suis désolée. C'est plutôt... Allons-y.

12:50
Présentateur

Hausse du point d'indice des fonctionnaires.

12:51
Rachida Dati

Vous prenez ou pas ? Non, attendez. Moi, ce n'est pas un catalogue. Je vais vous dire, quand on est président de la République, quand on est Premier ministre, ce n'est pas du niveau de dire on distribue des chèques. Je vais aller jusqu'au bout de mon raisonnement. Je vous explique. J'ai vu chèques alimentaires, chèques énergie, chèques ceci, chèques cela. Ça va être chèques chaussures, chèques je ne sais pas quoi. Ce n'est pas de leur niveau. Vous savez, on n'a pas attendu le gouvernement pour aider les Français les plus en difficulté. Quand on est chef d'État ou Premier ministre, on doit avoir une vision, un cap pour le pays.

Et donc, moi, je vais vous dire, aujourd'hui, quels sont les enjeux ? 1. Revalorisation du travail, notamment les salaires. Ça, c'est important. Comment vous faites ? 2. Relancer la construction de logements. Attendez, je vais juste finir. Relancer la construction de logements et avoir une politique énergétique cohérente. Voilà la vision que nous avons pour un pays. Ce n'est pas l'échec. Pourquoi ? Parce qu'aujourd'hui, je disais, il y a un nombre d'emplois importants qui ne sont pas pourvus parce que le travail n'est pas valorisé. Pourquoi le logement ? Nous avons, vous savez, c'est la première dépense dans les ménages. Ça pèse le loyer. Pourquoi ?

Parce qu'on n'a pas assez construit de logements. Donc, les loyers sont extrêmement élevés. À Paris, vous savez, il y a beaucoup d'emplois. Mais si vous gagnez 1 000 euros, comment vous vous logez ? Donc, il y a un sujet de relance de la construction du logement. On a fermé Fessenheim. Attendez, fermé Fessenheim, les prix de l'énergie ont augmenté. Il faut avoir une cohérence sur la politique énergétique. Là, moi, je vais vous dire, ceux qui proposent l'échec, ça, c'est un sentiment très personnel. Vous allez comprendre. Ceux qui disent, on va donner des chèques et des chèques et des chèques alimentaires. Beaucoup n'en ont pas vu la couleur, d'ailleurs, des chèques qui ont été annoncés.

Puis moi, je vais vous dire, j'ai un souvenir quand j'étais enfant, justement. Moi, mon père avait eu un grave accident. Il ne pouvait plus travailler, on n'avait plus de revenus. Et on nous donnait des bons pour aller à la boulangerie chercher du pain. Eh bien, on n'osait pas sortir le bon devant tout le monde. Vous savez, l'échec alimentaire et ce type de choses, laissons ça aux collectivités, ils y ont bien paré. C'est très stigmatisant. Et donc, ceux qui les proposent, ça fasse que c'est la dignité des gens. On veut vivre de son travail. On ne veut pas vivre

14:48
Présentateur

de la charité et de l'aumône. Sur les salaires, justement, quelle doit être la position de la droite ? Aujourd'hui, Emmanuel Macron, il dit deux choses. Il dit la prime Macron pour les entreprises qui peuvent et pas d'obligation pour les autres même si on leur met la pression.

14:59
Rachida Dati

La prime, c'est comme l'échec. Il faut voir la revalorisation des salaires dans le cadre d'une grande conférence sociale. Il faut remettre en place... Vous l'imposez aux entreprises ? Non, mais vous n'imposez pas. Vous le savez très bien que vous ne l'imposez pas. Donc, c'est la même chose que Bruno Le Maire. Il y a des entreprises qui se sont mises sur l'augmentation des salaires. Elles se sont rendies compte. Vous savez, c'est relancé le sujet de la participation et de l'intéressement. Vous le savez très bien. Ça, ça permet une relance aussi du pouvoir d'achat.

Et donc, ça, c'est d'avoir une vraie conférence sociale et donc d'augmenter les salaires, diminuer évidemment les charges sur une partie des salaires et puis remettre en place... C'est ce que fait déjà le gouvernement. Rachida Dati,

15:32
Invité

Bruno Le Maire, il convoque le patronat pour mettre un coup de pression sur la revalorisation des salaires. Emmanuel Macron l'a fait avant-hier aussi.

15:39
Rachida Dati

Qu'est-ce que vous faites de plus ? Qui était au pouvoir depuis cinq ans ? Qui est au pouvoir ? Pourquoi il n'a pas fait avant ? Je ne sais pas. Moi, je m'interroge. Pourquoi ça n'a pas été fait avant ? Ils ont eu cinq ans. Et donc, ils s'y mettent parce qu'on met le sujet sur la table ? Non, mais c'est bien. Je suis ravie qu'ils s'y mettent parce qu'on met le sujet sur la table. Donc, j'espère qu'ils prendront toutes nos propositions à l'Assemblée et au Sénat. Voilà.

16:00
Présentateur

Un mot et un seul sur l'avenir de la droite et des Républicains. Rachida Dati, Christian Jacob va laisser son titre et son poste de président du parti dans quelques semaines. Oui ou non ? Et on passera à autre chose ensuite. Serez-vous candidate ?

16:12
Rachida Dati

Non, mais disons, il va y avoir un débat ouvert. C'est vrai que la succession de Christian Jacob est ouverte. Moi, je l'avais dit d'ailleurs ici, je crois. J'avais dit effectivement que ça pourrait m'intéresser de reconstruire cette famille politique. Et aujourd'hui ? Mais tout est ouvert. Honnêtement, tout est ouvert. Je ne me cache pas derrière mon petit doigt. Vous savez, moi, mon combat, il est à Paris. Et il y a fort à faire.

16:31
Présentateur

Il est juste à Paris ou il est un peu au-delà du périphérique ?

16:34
Rachida Dati

Mais il est à Paris et après qu'on ait une dimension nationale. Vous savez, moi, sur ces législatives ou toutes les campagnes, moi, je vais partout en France. Alors, vous pouvez faire les deux ? Je soutiens mes candidats, je soutiens mes idées, je soutiens la droite parce que c'est important. Vous avez vu l'état de la France ? C'est important. Les Français, enfin, je veux vous dire, la France est majoritairement à droite dans ses valeurs et ses attentes. Et donc, à nous de l'incarner, à nous d'ouvrir ces débats parce qu'à force de se rétrécir, on n'incarne plus rien. Les deux vous intéressent ?

17:03
Invité

La mairie de Paris et la présidence du parti ?

17:06
Rachida Dati

Et puis aussi, puis le Vatican. Je ne sais pas. Je ne sais pas. C'est pas une sorte de cumul de choses. La politique, ce n'est pas des fiches de poste. C'est d'être engagée. La politique, c'est l'engagement. Donc, je serai engagée partout. Voilà.

17:22
Présentateur

8h50,

17:23
Invité

le fil info sur France Info. William Guay Costa. De nouvelles accusations vise le ministre des Solidarités. Candidat dans l'un, Damien Abad, est accusé de tentative de viol par une élue centriste. Des faits qui remonteraient à 2010. Damien Abad a déjà accusé de violences sexuelles par deux autres femmes. Des accusations qui l'affirment totalement fausses. Ils sont plus de 500 000 à plancher. Depuis ce matin, 8h, épreuve de philo pour le bac. Trois sujets au choix, deux dissertations et un commentaire de texte.

Des pizzas butonies interdites à la vente retrouvées dans des supermarchés Franprix à Paris, produits de la gamme Fresh Up, pourtant rappelés depuis trois mois, potentiellement porteurs de la bactérie et chérichia coli. 400 magasins recontrôlés en urgence dans les 48 heures annonce l'enseigne. Reverse pour le gouvernement britannique de Boris Johnson, la Cour européenne des droits de l'homme a annulé au dernier moment le premier vol prévu pour expulser des migrants illégaux et les réorienter vers le Rwanda. Une stratégie du Royaume-Uni pour dissuader les migrants de traverser la Manche. Un projet très critiqué par les Nations Unies.

18:24
Locuteur non identifié

France Info Rachida Dati,

18:31
Invité

un rapport des renseignements territoriaux affirme qu'il y a eu une augmentation des entorses à la laïcité à l'école depuis le début de l'année. 144 incidents dont la moitié serait dû au port du voile sur 6 millions d'élèves dans le secondaire. Papendia et le ministre de l'Éducation nationale demandent une évaluation du phénomène. Il a raison.

18:47
Rachida Dati

Je ne sais pas pourquoi il demande une évaluation. Il a tous les éléments sur son bureau et j'en sais quelque chose. Moi, vous savez, j'ai été conseillère de François Bayrou quand il était ministre de l'Éducation nationale. C'est à l'époque, c'est ce qui a conduit d'ailleurs à ce qu'on adopte une loi en 2004 pour être très clair. Oui, justement, parce que ce phénomène-là montait de plus en plus. Il y a eu une loi de 2004 qui a été très bien appliquée pendant longtemps. Puis, comme par hasard, là, depuis un certain nombre d'années, il y a quelques accommodements. Et donc, il y a ce séparatisme qui commence à infiltrer certaines de nos écoles.

Moi, je vais vous dire qu'il faut appliquer la loi de 2004 parce que quand elle est appliquée, ça se passait bien. Et là, il faut résister à ce séparatisme qui s'infiltre et qui gangrène nos écoles. Justement, s'il y a des incidents,

19:27
Présentateur

Rachida Dati, c'est qu'elle est appliquée, la loi de 2004 et qu'on refuse l'entrée aux établissements.

19:31
Rachida Dati

Non, ça veut dire qu'on essaye de résister. Et donc, soit, si ça existe dans les écoles, c'est qu'il y a peut-être quelques accommodements. C'est en fait, moi, j'ai dit hier de dire on va évaluer, on va mesurer. Moi, je vais vous dire ce que ça ne veut pas dire qu'on va peut-être s'accommoder. Voilà. C'est un peu le phénomène que je n'en sais rien. Je ne présume pas ou je ne présage pas de ce qu'il peut faire. David Lislard,

19:56
Présentateur

vous connaissez bien, qui est de votre couleur politique, qui est le président de l'Association des maires de France, qui était à votre place il y a quelques jours. On lui a posé la question sur le nombre de ces incidents. Il a dit je n'ai aucune remontée aujourd'hui.

20:06
Rachida Dati

L'éducation nationale, bien sûr. Aucune remontée par les clés. Vous avez déjà dû recevoir l'ancien inspecteur général de l'éducation nationale, Aubin. Il avait fait un rapport très circonstancié. Les parlementaires ont accès à ces informations. À un moment donné, il faut arrêter d'être hypocrite. Ça existe. Alors vous allez me dire c'est minoritaire. Oui, mais c'est minoritaire, mais quand c'est concentré dans certains endroits, ça peut, mais totalement, faire exploser notre école républicaine. Et d'ailleurs, c'est une réalité dans certains territoires. Donc il faut être très clair. C'est comme pour la violence. Regardez, on l'a vu avec le Stade de France. On est dans le déni.

Donc on est dans le déni de la sécurité et de la violence. Et donc comme on est dans le déni, ça conduit à l'impunité. Cette impunité, elle conduit à l'absence de politique pénale. On voit le résultat aujourd'hui. Il faut arrêter d'entendre le déni. Parce que tant qu'on sera dans le déni, on fera exploser

20:56
Invité

notre cohésion. Rachida Dati, Mediapart publie un nouveau témoignage de violence sexuelle mettant en cause le ministre des Solidarités Damien Abad, celui d'une élue centriste qui dénonce une tentative de viol il y a 12 ans. Le ministre nie une nouvelle fois l'effet et dénonce le calendrier des révélations de Mediapart. Il compte rester au gouvernement et demande aux électeurs de choisir puisqu'il est aussi candidat aux législatives. Il a raison de réagir comme ça ? Non mais au-delà de la réalité des faits,

21:20
Rachida Dati

moi ce qui me frappe c'est qu'il y a encore un milieu où la dignité des femmes n'est pas respectée. Et ce milieu résiste. Et le congle c'est que ce soit le milieu politique. Celui qui est légifère, celui qui donne des leçons, celui qui fait la morale à tout le monde. Et donc la dignité des femmes n'est pas respectée dans ce milieu. Ça veut dire quoi ? Vous êtes sur la ligne ? Moi je trouve que ce circuler il n'y a rien à voir y compris judiciaire condamne les femmes au silence et dans leur douleur. C'est-à-dire quoi

21:44
Présentateur

le y compris judiciaire ?

21:46
Rachida Dati

Parce qu'on dit il n'y a pas de plainte pas d'enquête. À un moment donné il faudra évidemment vous savez ce n'est pas la première fois que la justice poursuit des gens ou ouvre des enquêtes sans plainte. Donc ça c'est une petite remarque soit dite en passant. Là en l'occurrence pour l'une des accusatrices de Damien Havard

21:58
Présentateur

il y a eu plainte et elle a été classée sans suite. Oui mais il y en a d'autres Les deux autres

22:01
Rachida Dati

n'ont pas porté plainte. Par exemple moi j'avais dénoncé des faits de harcèlement où M. Ferrand avait reçu des victimes et il leur avait même proposé des avocats si elles le souhaitaient. Et puis après ça s'est arrangé. On te dit on te donne un poste et puis tu dis rien. Ce n'est pas acceptable. Dans ces cas-là on fait quoi ? Il faut à un moment donné que des enquêtes soient ouvertes. Il faut que ces femmes soient entendues. On ne peut pas être dans le circuler il n'y a rien à voir.

22:26
Présentateur

Enquête dans ce cas précis il faut qu'il y ait plainte déposée ?

22:28
Rachida Dati

Non pas forcément. J'ai été magistrat pas besoin de plainte pour ouvrir une enquête. Quand vous avez eu des syndicats qui sont mobilisés quand vous avez eu le président de l'Assemblée nationale qui a rencontré des victimes il peut être entendu. Dans le cas de Damien Abadou. Je termine. Quand je vois la petite jeune fille Laura qui avec beaucoup de courage interpelle le président de la République sur les violences faites aux femmes et que ça s'est balayé d'un revers de main mais moi ce qui m'a choquée c'est que le lendemain on lui envoie les gendarmes à l'école mais attendez mais les gendarmes à l'école pour lui dire c'est pas bien d'avoir posé cette question au président.

23:02
Invité

Ils ont demandé d'après la version des gendarmes et ils l'ont demandé si elle voulait porter plainte suite à son agression. Non pas du tout c'est pas la version des gendarmes. C'est pas la version des gendarmes.

23:10
Présentateur

On a donné les deux sur cette antenne

23:11
Rachida Dati

il y a la version de la jeune fille et ça lui rappelait que c'était celle. Donc ça veut dire que la lutte contre les violences faites aux femmes dans le milieu politique n'est pas une priorité de ce gouvernement. Mais est-ce que vous dites

23:19
Présentateur

Rachida Dati comme une grande partie des associations féministes aujourd'hui la parole des victimes présumées est sacrée par principe on vous croit attendez je termine on vous croit ce qui veut dire dans ce cas là

23:34
Rachida Dati

Damien Abad doit quitter son poste. J'ai été magistrat très longtemps j'ai été garde des sceaux donc moi je suis attention la présomption d'innocence j'y tiens particulièrement.

Donc ça c'est une chose quand quelqu'un nie c'est vrai moi je ne vais pas prendre position monsieur Abad nie je ne prends pas position là où je prends position c'est quand certains restent en la politique sur PV disent c'est vrai la personne est venue me demander une place en crèche un logement ou autre et puis c'est vrai je lui ai demandé de coucher avec moi c'est vrai que peut-être j'ai été un peu lourd en la harcelant en lui demandant d'avoir une relation sexuelle avec moi quand c'est sur PV ses comportements alors évidemment là vous pensez à quelqu'un précisément non mais ça existe dans le milieu politique ses comportements que certains avec beaucoup de politesse disent oui inappropriés ses comportements inappropriés ne doivent plus avoir lieu voilà parce que la notion d'emprise c'est très différent de la contrainte voilà imaginez une femme elle est toute seule à la rue pas de logement en difficulté oui tu couches avec moi je te donne le logement voilà elle va dire oui j'ai consenti oui j'ai consenti mais il y a quelqu'un qui est quand même en abus de quelque chose au-dessus juste une question par rapport à Damien Abad il faut que tout ça soit traité on ne peut pas indéfiniment faire

24:51
Invité

comme si ça n'existait pas une question par rapport à Damien Abad parce que vous le connaissez bien il faisait partie de votre famille politique vous aviez entendu des rumeurs alors moi je suis très honnête

24:59
Rachida Dati

autant il y en avait d'autres où on pouvait entendre des rumeurs autant le concernant je n'en avais pas entendu je suis très franche avec vous mais moi je me mets à la place de certaines femmes qui ont été abusées ou maltraitées ou disqualifiées parce que ça et puis que vous voyez que celui qui vous a agressé va de promotion en promotion et en plus en vous humiliant moi je peux comprendre que ces femmes au bout d'un moment elles ne le dénoncent pas pour pardon de l'expression emmerder la personne elles le dénoncent parce que c'est insupportable pour elles c'est ça enfin moi je trouve que ces ressources politiques devraient prendre à bras le corps ce sujet il y a la dignité des femmes n'est pas respectée dans ce milieu je vous le dis

25:37
Présentateur

merci beaucoup Rachida Dati merci d'inviter ce matin de France Info bonne journée à vous

L'appel d'Emmanuel Macron pour les législatives, la place du futur groupe LR à l'Assemblée, les accusations contre Damien Abad... Le "8h30 franceinfo" de Rachida Dati — Rachida Dati · Pourquijevote