Réforme des retraites, guerre en Ukraine, situation en Corse... Le "8h30 franceinfo" de Richard Ferrand
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Bonjour Richard Ferrand. Bonjour. Un mot tout d'abord si vous le permettez sur ce qui s'est passé hier à Mariupol en Ukraine, frappe russe sur un hôpital pour enfants et sur une maternité plusieurs morts, l'Ukraine dénonce un crime de guerre, Washington parle d'un acte barbare, les russes eux jurent qu'ils n'y sont pour rien, quelle est votre réaction ?
Les mots manquent, j'ai moi-même vu les images à la télévision sur ce qui est survenu, c'est le drame absolu puisqu'il s'agit d'abord d'une agression, une guerre qui est totalement infondée, c'est une agression ensuite qui viole toutes les lois de la guerre en s'attaquant à un hôpital où singulièrement sont des femmes et des enfants puisque c'est un hôpital pédiatrique, c'est un endroit où des femmes enceintes étaient accueillies.
Donc on est stupéfaits, à la fois sidérés et très en colère, très en colère, donc ça signifie que nous allons vivre sans doute dans cette tragédie toute une série d'épisodes qui nous bouleverseront tous les uns après les autres et ça signifie, l'histoire est longue, que les auteurs de ces crimes devront un jour en rendre compte. Quels qu'ils soient. Quels qu'ils soient. Y compris si c'est Vladimir Poutine. Si j'ai bien compris, c'est lui le donneur d'ordre.
Richard Ferrand, cela fait deux semaines que la France est engagée indirectement dans la guerre en Ukraine et pourtant aucun vote n'a eu lieu au Parlement. Est-ce que vous trouvez ça normal ?
D'abord la France n'est pas engagée dans la guerre en Ukraine, nous ne sommes pas en guerre. Ensuite l'Assemblée nationale a eu l'occasion de débattre plusieurs fois. A la fois j'ai eu l'occasion de donner lecture du message du président de la République au Parlement, c'est l'article 18 de la Constitution. Il y a eu un débat où chacun, chaque groupe politique a pu exprimer sa vision et sa, comment vais-je dire, son analyse de la situation, ses préconisations. Et ça c'est l'article 50-1 de la Constitution. Et entre nous il n'y a pas lieu à voter.
La France n'est pas en guerre contre la Russie mais la France sanctionne lourdement la Russie économiquement. Est-ce que ça, ça ne valait pas au moins un vote sur les sanctions à prendre ?
Non mais vous savez, la séparation des pouvoirs fait qu'il y ait des choses qui relèvent du pouvoir exécutif qui peut prendre des décisions seul. C'est le cas dans d'autres démocraties occidentales. Et il y a un certain nombre de choses où un vote est impératif. En l'occurrence sur les sanctions qui ont été prises et qui l'ont été par ailleurs au plan européen, il n'y avait pas de justification de vote.
Mais permettez-moi de vous dire que dans toutes les expressions de tous les groupes que j'ai entendues à l'Assemblée nationale sur la déclaration du Premier ministre qui est venue rendre compte justement de l'action de la France, il y avait une unanimité sur le fait qu'il fallait à la fois évidemment ne pas devenir co-belligérant mais qu'il fallait évidemment prendre des sanctions contre l'agresseur.
Le problème c'est qu'on envoie des armes aussi à l'Ukraine pour qu'elle puisse se défendre. Et là, dans les différents groupes politiques, il n'y a pas la même position.
Non mais l'idée, Mme Parly, la ministre de la Défense l'a exprimé plusieurs fois, c'est à la fois de donner du matériel de protection, du matériel de soins et du matériel de défense. Donc il ne s'agit pas d'être co-belligérant au sens d'une agression partagée, il s'agit de voler au secours de gens qui sont agressés, comme M. Fouvel le disait à l'instant, y compris en bombardant des hôpitaux pédiatrices. Qu'est-ce qu'on appelle du matériel de défense, Richard Ferrand ? Le journal Le Monde, hier, affirmait que la France a livré des dizaines de missiles, 1000 ans, qui sont des missiles anti-chars. C'est de la défense ?
Vous savez, je ne pense pas que ce serait rendre un service à qui que ce soit que de donner le détail de ce qui est fourni et que je ne connais pas. Donc Mme Parly a eu l'occasion. Vous, vous ne le savez pas ? Non, je n'ai pas le détail de ce qui a été livré ou pas. Ce que je sais, c'est que la ministre de la Défense a dit devant à la fois l'Assemblée nationale, elle a dit, y compris dans les médias, que les Ukrainiens seraient secourus face à l'agression qu'ils subissent. Et sans donner de détails particuliers. Moi, il en quoi, je suis bien dans l'incapacité de vous en donner plus.
Alexis Corbière, qui était hier à votre place le député de la France Insoumise, membre de la commission défense, a dévoilé hier quelques armes qui étaient envoyées aux Ukrainiens. Est-ce que c'était une erreur ? Est-ce qu'il a violé un secret défense ? Après vérification, il n'y a pas de secret défense, a-t-on appris de la part des députés ? Vous l'avez appelé pour le rappeler à l'ordre, malgré tout ?
Ah non, non, pas du tout, pas pour le rappeler à l'ordre. Pour dire simplement, d'ailleurs vous-même, vous avez eu l'honnêteté de le reconnaître dans un article que j'ai vu depuis. Il n'a pas violé de secret défense pour une raison assez simple. C'est que seuls les députés qui sont dans la direction du renseignement sont habilités secret défense. Autrement dit, ce qui se dit dans les commissions parlementaires peut être dit devant vous.
Donc quand Gabriel Attal dit qu'il a fait part d'une irresponsabilité, il se trompe ?
En tout cas, ce que je peux vous dire, c'est que le député Corbière n'a rien fait d'infamant en votre antenne. Les Etats-Unis ont annoncé un embargo, Richard Ferrand, sur les importations de pétrole et de gaz russe. Aujourd'hui débute un sommet à Versailles qui va réunir les 27 pays membres de l'Union Européenne. Est-ce que la France doit pousser pour faire la même chose ? Vous savez, les Etats-Unis ne sont pas tout à fait dans la même situation que l'Europe. Ils en importent très peu et ils en vendent. Oui, et donc vous comprenez bien, quand on est dans une faible dépendance à ses fournisseurs, on peut les quitter. Surtout quand par ailleurs on est vendeur, on y a presque un intérêt.
Donc si vous voulez, aujourd'hui la situation de l'Europe est singulièrement de l'Allemagne. La France est dans une moindre dépendance. Mais singulièrement de l'Allemagne fait que décider cela brusquement, brutalement, globalement et définitivement, ce serait se punir soi-même. Marine Le Pen a une expression, elle dit « Attention, on ne doit pas se faire harakiri avec les sanctions contre la Russie. Au-delà de la personne qui porte le message, vous êtes d'accord avec son contenu ? » Je suis d'accord avec ce que je viens de dire.
C'est-à-dire qu'il n'y a pas de raison de se punir soi-même et donc de mettre nos économies dans une situation d'affaiblissement parce qu'on voudrait, sous pression, au fond, renoncer à sa propre capacité à faire fonctionner les industries et à permettre aux ménages d'avoir le gaz. Est-ce que vous pensez, comme Sandrine Rousseau chez les écologistes, François Hollande, l'ancien président, que les Français sont prêts à faire un geste, sont prêts par exemple à baisser d'un ou deux degrés le chauffage, si c'est pour soutenir les Ukrainiens, indirectement évidemment ? Non, mais vous savez, je crois que les Françaises et les Français, ils ont remarqué que le prix du gaz a fortement augmenté.
Ils ont remarqué que le gasoil ou l'essence à la pompe est en train d'augmenter. Donc ils n'ont pas besoin des conseils de M. Hollande ou de Mme Rousseau, d'abord pour être économes et ensuite pour veiller sur leur portefeuille et pour être solidaires avec les Ukrainiens. Il y a des centaines d'initiatives qui sont prises dans des communes par des associations, par des collectivités, pour montrer cette fraternité française qui marque notre état d'esprit vis-à-vis des victimes de cette agression.
Donc si vous voulez, chacun est conscient de ses responsabilités et donner comme ça des conseils aux citoyens pour dire écoutez, baisser le chauffage, ça rendra service, ça me paraît assez dérisoire et en tout cas pas à la hauteur des enjeux. Et je fais plus confiance à la capacité d'initiative dont font montre nos compatriotes partout en France, dans les grandes ou petites communes, via les associations, pour s'engager précisément aux côtés des Ukrainiens. Nous sommes à un mois exactement du premier tour de l'élection présidentielle. Richard Ferrand, le président de l'Assemblée nationale et l'invité de France Info, le fil Info à 8h40 avec Maureen Suignard et on poursuit juste après.
Ils veulent poser les bases d'une Europe plus souveraine. Les 27 dirigeants de l'Union Européenne réunis à Versailles aujourd'hui et demain. La guerre en Ukraine au cœur des discussions. Ce conflit qui a mis en lumière la baisse des budgets militaires des Etats et la dépendance aux hydrocarbures russes. Sommet qui se tient au lendemain d'un bombardement d'un hôpital et d'un enfant à Mariupol. On apprend ce matin que trois personnes dont une fillette ont été tuées. Pour le président ukrainien, il s'agit d'un crime de guerre. L'armée russe dément être à l'origine de l'attaque.
« Il n'est pas question que l'on accepte que demain, on nous fasse payer le coût de la crise sanitaire ou celle en Ukraine. » Réaction d'Yves Verrier, le secrétaire général de Force Ouvrière, qui s'oppose au projet du chef de l'État d'écaler dans le privé l'âge de la retraite de 62 à 65 ans en cas de réélection. Il partait avec une courte avance, mais le Paris Saint-Germain est éliminé en huitième de finale de la Ligue des Champions. Victoire hier 3-1 du Real Madrid, un triplé de Karim Benzema. Lyon s'offre une victoire au match allé en huitième de finale de la Ligue Europa contre Porto.
France Info
Le 8.30 France Info, Salia Brakia, Marc Fauvel.
Toujours avec le président de l'Assemblée nationale, Richard Ferrand. Vous faites partie des très proches du président de la République. D'ailleurs, vous étiez avec lui hier soir. Il est venu à la rencontre des parlementaires de la majorité. Est-ce que vous confirmez qu'il souhaite décaler l'âge de départ à la retraite à 65 ans, soit 3 ans de plus qu'aujourd'hui ?
Dit comme ça, c'est extrêmement partiel. Il faut, si vous permettez, compléter les choses. D'abord, il nous faut collectivement, et vous me ferez crédit de le répéter depuis quelques mois maintenant, il nous faut collectivement travailler plus pour produire plus de richesses afin de financer notre modèle social, notre éducation, notre système de santé, nos armées, etc. Bien. Ça, c'est le premier enjeu. À partir de là, cela signifie que nous avions essayé de faire un système de retraite qui était plus juste, mais dont beaucoup se sont accordés à estimer qu'il était trop compliqué, peu lisible. J'ai même entendu, usine à gaz.
Système universel par point.
Ce n'était pas faux, parce que cela a créé un trouble général et personne ne voyait clair. Alors, nous tirons donc les conséquences, au fond, de ce que nous avons vécu et des discussions que nous avons eues ces dernières années, avec, au fond, trois idées. D'abord, c'est vrai, il y a l'enjeu de l'âge, mais l'enjeu de l'âge, c'est sur une dizaine d'années, c'est-à-dire ces quatre mois de plus par année. Donc, on arrivera aux 65 ans en 2032. 2032. Donc, c'est quelque chose qui va se faire progressivement. Au titre de l'universalité, il faudra supprimer les principaux régimes spéciaux.
Au titre de l'équité, il nous faudra veiller à ce que les retraites complètes soient, à minima, à hauteur de 1100 euros. C'est le fruit du travail. Mais pour faire tout ça, à l'effet, c'est l'âge de départ, l'âge légal, qui doit permettre d'équilibrer l'ensemble de ce système, mais au-delà, comme je le disais, la protection sociale. Enfin, si vous permettez, enfin, si vous voulez, il faut comprendre que nous voulons financer les retraites, le modèle social, et faire des progrès sociaux collectifs sans hausse d'impôts. Donc, tout ça est un ensemble. Ce n'est pas simplement le sujet de l'âge légal de départ à la retraite.
Par ailleurs, et ça, j'y ai personnellement beaucoup insisté avec tous ceux qui avons réfléchi à ce sujet, c'est que, vous savez, quand on est, comme moi, député du Finistère, on sait ce que c'est l'usure du travail dans l'industrie agroalimentaire. Et quand vous avez des gens qui, à mon âge, ont des troubles musculosquelettiques, n'ont pas eu assez de formation, et donc n'ont pas la capacité de se reconvertir, vous pensez bien que ça devient une perspective très négative que de voir l'âge de départ à la retraite s'éloigner. Alors, pourquoi cette progressivité ?
Pour que, justement, dès l'âge de 40 ans, on puisse investir dans l'information, s'interroger sur la suite, la deuxième partie de carrière, et faire en sorte que, justement, on soit réellement en capacité physique, intellectuelle, de se réorienter et d'embrasser d'autres tâches dans une carrière. Je tente de résumer la réponse telle que vous nous l'avez présentée ce matin. Le travail, la retraite, le modèle social, la solidarité, les nouveaux droits sans impôts. Tout ça est un ensemble. H-Légal de départ à 65 ans en 2032, à raison d'un allongement de 4 mois par an, pendant 10 ans, retraite minimum, pension minimum de 1100 euros net par mois pour ceux qui ont une carrière longue.
Non, pas longue, une carrière complète. Une carrière complète, pardon. et suppression des régimes spéciaux. Du coup, il restera combien de régimes ? Alors, si vous voulez, d'abord, il y a tout cela à faire. Celui de la SNCF, par exemple, il a déjà été supprimé. Absolument, absolument. Celui des députés aussi, je vous le signale. Ce n'est pas ma question, mais c'est votre réponse. Combien il reste de régimes ? Oui, je vous le dis quand même, parce que c'est vrai. C'est vrai. Donc, l'idée, si vous voulez, c'est que les principaux régimes spéciaux disparaissent.
Parce que ce que nous voulons, vous savez, ce qu'on met sur la table, c'est qu'un euro cotisé rapporte la même chose à la retraite, à tous les cotisants. Ce qui n'est pas le cas aujourd'hui, selon le type de carrière que vous avez fait. Et donc, et c'est le dernier point sur ce sujet, c'est que nous ne devons pas abandonner l'idée d'un régime universel. Simplement, il ne faudra le faire que pour les nouveaux entrants sur le marché du travail. Puisque nous avons vérifié que la convergence... A partir de la réforme des retraites du quinquennat actuel, celle du début du quinquennat, pour les futurs entrants dans le système de retraite. En tout cas, il faudra cheminer là-dessus.
Moi, je le souhaite. Alors, il faudra ouvrir des discussions, etc. Mais ça resterait le système le plus juste. Mais on a bien compris que faire converger ces systèmes, complexifier les choses à l'excès, en revanche, dire à partir de telle ou telle date, on fera en sorte que tout le monde converge vers un système de retraite identique, pour les nouveaux entrants sur le marché du travail, cela reste, je crois, une perspective pertinente, utile. Mais pas répandue, sur le nombre de régimes après la réforme. Vous savez, les régimes spéciaux, il y en a une quarantaine. Je suis incapable de vous dire combien il en restera. C'est les principaux. Et tout ça va faire l'objet de discussions.
Moi, je ne l'arrive pas devant vous, avec un texte de loi précisément bouclé. Au contraire, nous disons, nous voulons faire avec les Français. Nous voulons, justement, rénover la gouvernance, associer les uns et les autres. Donc, j'arrive devant vous, pardon, avec des orientations qui, je crois, sont assez claires, d'après ce que je viens de vous dire, mais qui ne sont pas totalement bouclées. Et il y a quelque chose qui s'appelle le dialogue social, le dialogue citoyen, qui permettra d'affiner les choses. Les règles, elles sont pour le public comme pour le privé ? Oui, il y aura une convergence de situations.
On touche à la retraite, on décale l'âge de départ à la retraite, mais est-ce qu'on touche aussi aux 35 heures ?
Non.
Il n'est pas question, comme il faut travailler plus, est-ce qu'il y a les questions aux 35 heures ?
Non, mais aujourd'hui, il n'y a pas de difficulté pour pouvoir travailler plus dans la semaine ou dans la journée. Ce n'est pas, il n'y a pas là-dessus de frein.
Certains candidats remettent en cause les 35 heures, c'est pour ça que je vous pose la question.
Oui, mais vous savez, ça, c'est un marronnier.
Autre sujet, Richard Ferrand, une autre réforme que le Président n'a pas pu mener à son terme, la réforme institutionnelle, stoppée au Sénat juste au commencement de l'affaire Benalla. La proportionnelle, c'était une promesse d'Emmanuel Macron. Est-ce qu'elle verra le jour dans un second quinquennat s'il est élu ?
D'abord, si elle voyait le jour dans un second quinquennat si le Président de la République était réélu, ça signifierait que ça s'appliquerait pour après. Alors sans doute, faudra-t-il se questionner sur le fait de savoir si on fixe des règles alors que soi-même, on ne peut pas se représenter. Mais enfin, ça fera sans doute l'objet du débat. Écoutez, comme j'ai déjà eu l'occasion de le dire, cette réforme institutionnelle, constitutionnelle, n'a pas abouti parce que le Sénat ne l'a pas souhaitée.
La proportionnelle aurait pu être faite indépendamment du reste, mais vu, au moment où on était dans le quinquennat, je suis sûr que quelques esprits chagrins auraient estimé qu'on changeait les règles, que c'était des tripatouillages, etc. L'enjeu, c'est qu'il ne faut pas perdre de vue l'objectif en se concentrant que sur les moyens. Moi, je milite pour ce que j'appelle le grand débat permanent. Ce que je veux dire par là, c'est que dans la manière de travailler, vous savez, on a beaucoup parlé de verticalité, il ne faut sans doute pas se dire, au fond, on prend des lois, on prend des textes qui vont arranger la situation.
Nous l'avons fait, et c'est pour la première fois depuis bien longtemps, depuis 15 ans, que nous avons le taux de chômage le plus bas, depuis 40 ans, depuis un chômage des jeunes qui n'a jamais été aussi bas non plus, et depuis que l'on mesure le taux d'activité, on n'a jamais atteint cet objectif. Donc, les mesures ont été bonnes. Mais dans la manière de faire, je pense qu'il va falloir plus associer les citoyennes et les citoyens à la construction de la décision publique. C'est quelque chose qu'il va nous falloir modifier en profondeur.
Mais déjà, les parlementaires eux-mêmes ont critiqué la pratique verticale du pouvoir par le président de la République.
Non, pas par le président de la République. Il faut arrêter sur la Vème République. Les présidents de la République, ils ont toujours pris la responsabilité. Jupiter ! Non, mais l'idée, justement, c'est d'aller plus sur les territoires, auprès des gens, avec les syndicats, les organisations... Mais sur quel type de réforme, par exemple ? Est-ce que vous confieriez une loi sur la fin de vie aux Français à un grand débat ? En tout cas, une convention citoyenne dédiée, oui, ça me paraît le mériter. Sur les sujets de société, sur les sujets économiques aussi ? Sur les sujets dont on sent qu'ils touchent à l'essentiel et qu'ils suscitent un grand intérêt. Le nucléaire ?
Je n'ai pas de préliste là-dessus. Le nucléaire ? Les retraites ? Écoutez, je viens de vous dire que je n'ai pas de préliste, alors ne me posez pas de questions sur une liste que je n'ai pas. Ce que je veux dire...
C'est pourtant une conférence a été fait pour le climat.
Ce que je veux dire, c'est que...
Et ils ont tous été déçus dans la Convention citoyenne pour le climat sur ce qu'a retenu à la fin le gouvernement.
Non, mais ce n'est pas le gouvernement, c'est le Parlement qui a voté les lois dans ce pays. Comme vous disiez tout à l'heure, on vote quand ? C'est quand il y a des lois. Il ne faut pas opposer... C'est Emmanuel Macron qui a rejeté certaines des propositions d'entrée avant même qu'elles ne fassent au Parlement. Non, mais il ne faut pas opposer la démocratie participative et la démocratie représentative. Il faut que tout ça travaille ensemble. Donc, évidemment... Et d'ailleurs, les citoyens qui sont venus travailler avec les députés de la Convention citoyenne ont beaucoup... Enfin, ont continué le travail de co-construction de la loi. Et il n'y a pas eu tant de déceptions que ça.
Si, ceux qui sont allés le dire dans les médias. Mais l'immense majorité de ceux que j'ai moi-même reçus ont apprécié ce travail construit ensemble. Donc, plus de co-construction, plus de travail d'association, de participation. Et participation à la fois à l'élaboration des grands textes, participation dans l'entreprise aussi. Parce que quand les entreprises vont bien, il faut que la participation soit plus forte encore que celle que nous avons déjà mis en place. Par exemple, par le triplement de la prime Macron, telle qu'on l'a appelée. C'est aussi dans notre programme. Et puis, évidemment, participation citoyenne aux élections et singulièrement aux prochaines.
Richard Ferrand, vous restez avec nous. 8h52, le fil info. Maureen Suignard.
Le bombardement de l'hôpital pour enfants à Mariupol, en Ukraine, hier, a fait trois morts, dont une fillette. Première réaction sur France Info, ce matin, du chef de la diplomatie européenne. Les Russes sont en train de bombarder systématiquement les villes ukrainiennes. Les 27 chefs d'État et de gouvernement de l'Union se réunissent en sommet à Versailles aujourd'hui. Une rencontre très importante aussi en Turquie. Les ministres ukrainiens et russes des affaires étrangères se retrouvent pour la première fois depuis le début du conflit. Pour le secrétaire d'État français aux affaires européennes, Clément Beaune, il y a un mince espoir aujourd'hui alors que des massacres sont commis.
Les autorités ukrainiennes annoncent aussi l'ouverture de sept couloirs humanitaires aujourd'hui. Une intrusion et des départs de feu dans le palais de justice d'Ajaccio hier. Une situation proche de l'émeute, dit ce matin le procureur. Des centaines de manifestants mobilisés, cinq personnes interpellées. Des mobilisations une semaine après l'agression en détention d'Ivan Colonna, l'indépendantiste qui a tué le préfet Erignac en 1998. Une médaille de bronze pour Arthur Bauchet aux Jeux paralympiques de Pékin sur le slalom géant catégorie debout. C'est son troisième podium pour ces Jeux. France Info
Le 8.30 France Info Salia Brakia, Marc Fauvel
On a toujours écrit Richard Ferrand, le président de l'Assemblée Nationale. Une semaine après l'agression en prison d'Ivan Colonna, la situation dégénère en Corse. Des échauffourées ont eu lieu hier au palais de justice d'Ajaccio provoquant un incendie dans le bâtiment. Des affrontements aussi avec les forces de l'ordre devant plusieurs préfectures de l'île. Ça fait plusieurs jours que ça dure. Pourquoi on ne parvient pas à ramener le calme sur l'île ?
Vous savez, après l'agression en prison de M. Colonna, le président Simeone a très bien exprimé à la fois la colère et l'émotion ressentie sur l'île. Ensuite, les choses se sont envenimées sur le statut qui est aujourd'hui celui de deux autres prisonniers. Je crois que d'abord, il faut trouver des voies d'apaisement. Il faut trouver des voies d'apaisement et ne pas laisser, comment vais-je dire, ceux qui voudraient en découdre, prendre le pas sur ceux qui veulent discuter et trouver des solutions.
Des drapeaux français brûlés, des slogans qui disent « État français assassin ».
Oui, mais vous savez, ce matin, sur votre propre antenne, j'ai entendu un reportage particulièrement intéressant. Il y avait des jeunes manifestement très exaltés qui voulaient aller scier l'olivier qui a été planté en mémoire du préfet Rignac qui a été assassiné. Et ce sont d'autres citoyens corses qui sont allés leur dire « Ici, on respecte les morts, on ne fait pas ça ». Donc vous voyez, c'est toute la complexité. Il faut trouver à la fois, évidemment, des voies d'apaisement, c'est la nécessité, mais il faut aussi faire en sorte qu'il n'y ait pas de manipulation pour arriver à des conflits plus durs. Je crois que le gouvernement doit prendre sa part.
Le gouvernement s'est beaucoup engagé pour la Corse, a beaucoup fait pour la Corse et il faut trouver sur ce sujet particulier des voies d'apaisement. Et le Premier ministre est à la tâche et je sais que les élus de Corse le sont aussi. Vous citez les gestes d'apaisement, Richard Ferrand. Le gouvernement, en l'occurrence, Jean Castex a décidé avant-hier de lever le statut de détenu particulièrement surveillé d'Yvan Colonna, ce qui doit permettre son transferment vers une prison en Corse, comme le réclament ses avocats, sa famille, les nationalistes corses aussi, mais il le réclame en fait depuis des années, depuis une décennie quasiment.
Pourquoi le faire aujourd'hui au moment où il y a cette colère dans la rue ? Est-ce que vous ne donnez pas le sentiment de céder à la colère ? Non, pas d'abord. Et au moment où il est dans le coma ? D'abord, M. Fauvel, précisément, il ne peut pas être question de transférer M. Colonna dans une prison. On parle d'un homme qui est entre la vie et la mort aujourd'hui. Non, non, mais là où il y a une sorte de malentendu, c'est que la décision qui a été prise avait pour but de faciliter l'accès à M. Colonna par sa famille, ses amis ou ses proches, ce qui, alors même qu'il est en souffrance et hospitalisé, et donc lever ce statut...
Une décision prise pour le permettre à sa famille de le voir à l'hôpital ? Bien sûr, c'est quelque chose qui relève plus de l'humanité dans le contexte où il est d'extrême faiblesse. Enfin, sa situation est très grave, le diagnostic vital est engagé. Par conséquent, c'était ça l'objectif. C'était pas, évidemment, de dire voilà, il est hospitalisé, donc on peut dire qu'on le surveille moins. Enfin, franchement, il ne faut pas voir du cynisme là où il y a de l'humanité.
Richard Ferrand, on est à un mois du premier tour de l'élection présidentielle. Emmanuel Macron, candidat, refuse toujours de débattre avec ses adversaires, de défendre son bilan devant ses adversaires. Ça ne va pas poser une question de légitimité après l'élection s'il est reconduit, car il n'y a pas eu de véritable débat avant. C'est ce que dit Gérard Larcher. Problème de légitimité après l'élection s'il est réélu. Votre avis à vous ?
Écoutez, alors, sur la légitimité, ça, on va régler le problème assez vite. Songez que le corps électoral du Sénat, c'est-à-dire les maires et les élus locaux, qui ont été en moyenne élus à moins de 25%, les dernières fois, qui vont élire des sénateurs en 23, j'attends le moment où M. Larcher va venir nous expliquer que le corps électoral des sénateurs est illégitime et que les sénateurs sont illégitimes. Alors, on arrête, ce sont des polémiques qui n'ont aucun intérêt, qui ne sont pas sérieuses. Ensuite, comment peut-on dire qu'Emmanuel Macron n'aime pas le débat ? Qui a fait le grand débat ? Qui aime la controverse ? Qui va vers les Français discuter ? Est-ce que son débat n'est pas...
Est-ce que son bilan, son action n'est pas mis en débat chaque jour depuis 5 ans ? Depuis 5 ans. Alors, a-t-on eu... Quelqu'un a-t-il proposé au président Sarkozy, qui était sortant en 2012, d'aller débattre avec l'ensemble des... Donc, la vérité... Tout le monde lui a proposé... Chaque semaine, nous avons une rengaine. Nous avons eu la rengaine des parrainages où on a dit « Oh là là, on ne pourra pas avoir tous les candidats. » Résultat, nous sommes le seul pays, c'est une démocratie exotique, nous avons deux candidats trotskistes et deux candidats néo-fachos. Donc, si vous voulez, on ne peut pas dire que les parrainages, en quelque sorte, aient empêché la démocratie de vivre.
Alors, maintenant, c'est la rengaine du débat. Alors, le débat, on voudrait que l'on fasse en sorte qu'il y ait 10 ou 11... Je ne sais plus combien il sont. 12. Mais bon, procureurs qui expliquent... C'est normal, ils veulent remplacer le président Macron que tout ce qu'il a fait est mauvais et avec le même temps de parole, ils devraient répondre à 11 procureurs. Tout cela, c'est une sorte d'agenda de contrainte médiatique en disant « ce serait bien le débat, ce serait bien le débat ». Ne vous inquiétez pas, les Français sont éclairés. Les Français voteront pour qui ils voudront car n'oublions jamais une chose, jamais une chose.
Dans notre démocratie, c'est le peuple souverain qui vote et qui choisit son président de la République. Ce ne sont ni les sondages, ni les débats. Et je crois vraiment que les Français sont à peu près au clair sur qui a les capacités de leadership, quel est le bilan réel du président sortant et quelles seront ses propositions et il les présentera au fur et à mesure. Et on en parlera ici même. Merci à vous, Richard Ferrand, président de l'Assemblée nationale et bonne journée à vous. Bonne journée. Sous-titrage ST' 501