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Discours / meetingCRIF· 20 février 2026 24 minAutoproduitActualité / polémiqueInstitutions & électionsSécuritéJusticeSolidarités & famille

40e Dîner du Crif - Discours du Premier ministre Sébastien Lecornu

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 3:39Invité politiqueFait
    « La France fut la première nation d'Europe à reconnaître les Juifs comme citoyens. »
  • 5:07Invité politiqueFait
    « La haine des Juifs, c'est la haine de la République et c'est le rabaissement de la France. »
  • 9:04Invité politiqueFait
    « Reniez ce que vous êtes et vous serez ennemis parmi nous. refusez et vous serez exclus de l'humanité commune. »
  • 10:32Invité politiqueFait
    « Soutenir Israël, ce n'est pas soutenir un gouvernement. Un gouvernement passe, il est élu, il est critiqué, il peut-être remplacé. Un état lui existe au-delà des majorités du moment. »
  • 11:56Invité politiqueFait
    « aujourd'hui se dire antisioniste, ce n'est pas critiquer une politique, c'est contester le droit même d'Israël à exister. »
  • 14:08Invité politiqueFait
    « Le seul état dont on existe aujourd'hui la disparition, c'est Israël. »
  • 15:10Invité politiqueChiffre
    « Appelé à la destruction de l'État d'Israël, c'est appelé à la mise en danger vitale d'un peuple. Et en France, l'appel au meurtre est interdit. »
  • 16:25Invité politiqueChiffre
    « 20 % de la population israélienne est arabe palestinienne. 2 millions de citoyens, 150000 en 1948, 1 million en 2000, 2 millions aujourd'hui. »
  • 17:54Invité politiqueFait
    « La France en tire alors les conséquences et demande donc sa démission. »
  • 19:08Invité politiqueFait
    « Employer le mot génocide n'est pas neutre, c'est une arme politique. Ce n'est pas un diagnostic juridique établi par une juridiction internationale. »
  • 20:10Invité politiqueChiffre
    « 51 noms de 12 à 80 ans assassinés par le Hamas. Cinq ont été sauvés derrière chaque nom. Une famille, une vie, un avenir brisé. »
  • 21:38Invité politiqueFait
    « Les juifs sont en France depuis l'antiquité. À Argentarum avant Strasbourg, dans la vallée du Rône au 1er siècle, à Harle à Marseille. »

Temps de parole

  • Sébastien Lecornu99 %

≈ 2,5 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

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0:00
Sébastien Lecornu

Monsieur le président du CRIF, permettez-moi de saluer à mon tour l'ensemble de vos invité, monsieur le président du Sénat, madame la présidente de l'Assemblée nationale, mesdames et messieurs les ministres, madames et messieurs les anciens premier ministres, mesdames et messieurs les ambassadeurs, mesdames et messieurs les parlementaires, madame la maire de Paris, madame monsieur les présidents de conseil régionaux, mesdames et messieurs les élus, mesdames et messieurs, les représentants des autorités judiciaires et militaires, mesdames et messieurs, les présidents et délégués de toutes les association et délégations qui composent le CRIF.

Et je veux saluer aussi les anciens membres du bureau du CRIF, le grand rabin de France, le président du consistoire, mesdames et messieurs, chers amis, merci cher Jonathan pour cette invitation. D'autres premier ministres se sont adressés à vous avant moi, d'autres le feront après moi. Mais ce dîner a quelque chose, on le sent de particulier, de singulier. C'est d'abord un rendez-vous d'amitié. Toutes celles et ceux qui sont ici sont des amis du CRIF, des amis personnels souvent. On s'y retrouve, on s'y reconnaît, on y manifeste une fidélité à un moment qui n'a le disais, rien d'ordinaire. Et si cela est vrai pour chacun d'entre vous, cela l' aussi pour moi.

Nos fonctions, queles qu'elles soient, sont provisoire. Les responsabilités passent, les mandats s'achèvent. Ce qui demeure, c'est la constance de l'amitié. Et ce qui demeure, c'est surtout la constance de l'engagement. Face au défi de notre temps, l'engagement personnel n'est pas accessoire, il est décisif. Le vôtre l' et je tiens à vous en remercier du fond du cœur. Cet engagement, c'est aussi celui de la République et il est celui de la France. À chaque premier ministre, cher Jonathan, vous offrez le même présent, la copie du décret d'émancipation des Juifs de France en 1791. C'est un geste fort, un rappel. La France fut la première nation d'Europe à reconnaître les Juifs comme citoyens.

Mais encore fallait-il inventer le citoyen, encore fallait-il proclamer les droits de l'homme ? Napoléon, après le Concordat qui autorisa et reconnaîtra la liberté de culte, institua le consistoire et dès lors, une évidence s'imposa. Les Juifs de France sont des citoyens français, sauf Vichi. Mais Vichi n'était pas la République. Vichi n'était pas la France fidèle à elle-même. Bien sûr, l'antisémitisme ne disparaissait pas pour autant. Religieux, politique, de droite, de gauche, il traversait la société. Mais et vous l'avez dit, nulle part ailleurs, l'affaire de Rfus n'aurait pu être vécue comme elle fut vécute ici.

Nulle part ailleurs, il ne se serait trouvé un Zola, un Clémenceau, des écrivains, des officiers, des responsables politiques pour dire non. L'honneur national n'était pas de couvrir une faute, il était de rétablir la justice. Ils l'ont pas défendu Défus parce qu'il était juif. Ils l'ont défendu parce qu'il était innocent. parce que le droit comptait davantage que l'institution et parce que la République valait plus que l'erreur. Au fond, c'est cela la vocation française, s'adresser à l'humanité toute entière, certes avec ses contradictions, ses faiblesses, ses fautes, ses excès, une audace que certains prennent parfois pour de l'arrogance.

Mais cette vocation ne dépend pas seulement de la puissance, elle dépend avant tout de l'idée que nous nous faisons de l'homme et donc de l'humanité toute entière. Alors la France est-elle exemple, est-elle exemplaire ? En France aujourd'hui, une maman se demande lorsqu'elle choisit une nounou si celle-ci potentiellement baigne ou non le jus antisémite partout répandu. Elle s'interroge aussi sur le pédiatre, le professeur, le policier, l'animateur, l'éducateur, le voisin. Au fond, ne suis-je pas en train de confier mon enfant à celui qui me est ?

Faudrait-il donc pour se protéger que les citoyens français juifs ne s'adressent qu'aux français juifs et donc que les citoyens français catholiques qu'au français catholiques et les citoyens français musulmans qu'au français musulmans. Le poison du communautarisme est là. Diviser la France en communauté suspicieuse. C'est précisément ce que nos ennemis souhaitent. Et ce n'est pas un hasard si des mains ensanglantées ont été taguées sur le mur des justes du mémorial de la Choa, téléguidé par des services étrangers.

Dans les moments troublés où certains esprits cherchent à rendre compliqué les vérités les plus simples, il nous faut, nous qui tenons ce cap dire les choses simplement et fermement. La haine des Juifs, c'est la haine de la République et c'est le rabaissement de la France.

5:26
Non speech

[applaudissements]

5:28
Sébastien Lecornu

juif, catholique, protestant, orthodoxe, musulman, bouddhiste, athé en France ont peut-être tout cela parce que la République est laïque et que nous tous nous entendons bien préserver cette force, cette unité, ce destin d'affirmer que la laïcité c'est une liberté, une union des esprits et des cœurs. Et c'est ce qui permet la fraternité. Ce n'est pas la fraternité entre chrétiens, entre musulmans, entre juifs. C'est la fraternité entre français et même au-delà. Mesdames et messieurs, en 25 ans, l'antisémitisme a changé de forme. Les générations précédentes avaient combattu et réussi dans leur combat. L'antisémitisme religieux, l'antisémitisme de gauche avait relativement disparu.

L'antisémitisme d'extrême droite était infamant. La seconde guerre mondiale, le honteux statut des juifs, la choa avait à jamais marqué les esprits depuis la guerre, le devoir de mémoire, l'enseignement de la choa, le rappel de la destruction des juifs d'Europe, le souvenir des rescapés, leurs paroles obligées les plus odieux à se taire. Du moins, le croyait-on. Mais en une génération, une seule génération seulement, l'antissémétisme est revenu pas lentement, pas à baboui, mais brutalement. Il est revenu dans l'espace public, à la télévision, sur les réseaux sociaux, dans les débats, dans la parole politique, y compris officielle.

Il revient avec des mots, des expressions que l'on croyait ensevel sous les ruines du 20e siècle. Ils ne font pas partie de la même espèce humaine que nous. Mais qui peut dire cela ? Ce ne sont pas des mots maladroits, ce ne sont pas des excès de langage. Ce ne sont pas des ce sont des mots qui ont une histoire, une histoire de persécution, une histoire de déshumanisation, une histoire de massacre. Qui peut écrire ces mots aujourd'hui en France ? un chroniqueur médiatique devenu député de la République. Voilà la brutalité du retour.

Ce qui relevait hier de la marge extrémiste s'installe désormais au cœur même du débat public et c'est cela qui nous saisit non pas seulement la violence des mots mais leur banalisation. Alors qui visent-ils ? Leur auteur se retranche dans une ambiguïté soigneusement entretenue. Il ne dit jamais tout à fait. Il suggère, il laisse entendre, il avance, il attaque puis se dérobe. C'est une méthode. On prononce des mots chargés d'histoire, puis lorsque l'indignation monte, on explique qu'ils ont été mal compris. D'autres viennent alors plaidés. Ce ne sont pas les juifs qui sont visés, mais les sionistes.

Comme si le glissement sémantique effacit l'intention, comme si changeait le mot, change la cible. L'ambiguïté n'est pas une maladresse, c'est devenu une stratégie à part entière. Elle permet de frapper sans assumer, d'exclure sans le dire, de désigner sans prononcer le nom. Et c'est précisément ainsi que prospèrent les vieilles haines à couvert dans le flou sous prétexte de nuance dans la lâcheté en somme. Mais alors, que signifie cette distinction que certains veulent introduire ?

en secours à leur démonstration, sous-entendre que les juifs ne seraient acceptables qu'à condition de renier leur attachement à Israël, qu'il devraient renoncer à une part de leur identité, de leur histoire pour être considérés comme pleinement humain. Le raisonnement tenu par ces nouveaux antissémistes est au fond assez simple, tout aussi brutal. Reniez ce que vous êtes et vous serez ennemis parmi nous. refusez et vous serez exclus de l'humanité commune. C'est exactement ainsi que René l'antisémitisme en changeant les mots, en jouant sur les confusions, la complexité des concepts, le manque de culture générale et historique, mais en gardant toujours la même logique d'exclusion.

Face à cela, il est une parole qui elle ne se renira pas. C'est son histoire, c'est celle de la France. La France a soutenu la création d'un état pour les Juifs. Les peuples français et israéliens sont des peuples amis. Et lorsque l'État d'Israël est attaqué, la France est à ses côtés. Elle l'a été pour déjouer les attaques massives de missiles et de drones lancées par la République islamique d'Iran en avril et en octobre 2024 comme en juin 2025. Son armée a répondu présent. Elle le restera aussi longtemps que nécessaire.

Mais il faut redire une chose élémentaire, une chose que n'importe quel lycéen apprenait et comprenait hier encore facilement, mais qu'une confusion volontaire, une nouvelle ambiguïté tente aujourd'hui d'effacer. Soutenir Israël, ce n'est pas soutenir un gouvernement. Un gouvernement passe, il est élu, il est critiqué, il peut-être remplacé. Un état lui existe au-delà des majorités du moment. Soutenir Israël, c'est soutenir l'existence d'un État, sa souveraineté, sa sécurité et donc le droit du peuple juif à disposer de lui-même. Cette distinction

11:11
Non speech

[applaudissements]

11:13
Sébastien Lecornu

n'a rien d'idéologique. Elle relève du droit international. Elle relève aussi tout simplement du bon sens politique. Nous savons tous ici faire la différence entre la France et le gouvernement français, entre la République et la majorité politique du moment. Personne n'imagine qu'en critiquant le gouvernement français, on appellerait à la disparition de la France. Pourquoi cette évidence cesserait-elle de valoir lorsqu'il s'agit d'Israël ? Mais une fois de plus, [applaudissements] cette confusion n'est pas une erreur, elle est une stratégie pour certains. Alors, je le dis ici et non pas à titre personnel, mais au nom du gouvernement de la République.

Nous nous tenons du côté de l'existence d'Israël, toujours pour hier comme pour demain. Je m'y tiens comme tous les gouvernements français depuis 1948 car aujourd'hui se dire antisioniste, ce n'est pas critiquer une politique, c'est contester le droit même d'Israël à exister. On a le droit et même le devoir de critiquer un gouvernement. Le gouvernement français est critiqué. Le gouvernement israélien est critiqué. Le gouvernement israélien critique le gouvernement français et le gouvernement français critique le gouvernement israélien.

Tout cela est normal et personne ne doit en être surpris et encore moins en tirer des conclusions qui ne seraient pas les bonnes car c'est la vie normale des démocraties et c'est la vie diplomatique normale entre les États. J'ai moi-même dans mes fonctions précédentes comme ministre des armées dit au nom du gouvernement français aux responsables politiques israéliens droit dans les yeux ceux qui nous opposaient en conscience dans la clarté en ligne droite. Les citoyens sont libres de choisir leurs dirigeants. Ils en sont même responsables et ces dirigeants doivent tôt ou tard rendre des comptes. Là aussi ne feignons pas de découvrir la démocratie.

Alors, au-delà du gouvernement, on peut aussi critiquer un régime. On a pu espérer la chute de l'empire soviétique. On peut vouloir un changement de régime en Iran, mais souhaiter la disparition d'un État, de la Russie, de l'Iran, de la France, ce n'est pas une opinion. C'est encore un appel à la destruction. C'est donc un appel au crime et c'est là malheureusement que la confusion s'est installée. Désormais dans le débat publicque, on mélange siamment ou par inculture le gouvernement, le régime, l'État et à la fin le peuple. Ce qui relevait hier de l'éducation civique élémentaire est devenu flou. Nous devons donc remettre de la clarté là où certains cultivent volontairement l'ambiguïté.

Car le seul état dont on existe aujourd'hui la disparition, c'est Israël. Il faut donc parler clairement. Dire de la mer au Jourdain, c'est appelé à l'effacement d'Israël. C'est accepté l'idée que les Israéliens n'auraient plus leur place. L'antisionisme contemporain est devenu le masque du vieil antisémitisme.

14:25
Non speech

[applaudissements]

14:26
Sébastien Lecornu

La République a toujours su adapter le droit pour combattre la haine. Vous l'avez rappelé, monsieur le président, quand certains nient le génocide des juifs, elle a adopté la loio. Elle a renforcé les peines des infractions racistes et antisémites lors de la refonte du code pénal en 1994 puis en 2003. Elle a adopté récemment une loi pour mieux lutter contre l'antisémitisme dans l'enseignement supérieur. À chaque époque, la République a su nommer l'antisémitisme pour ce qu'il était, pour le visage du moment qu'il prenait et le sanctionnait. Mesdames et messieurs, en conscience, il faut aujourd'hui franchir une étape supplémentaire.

Appelé à la destruction de l'État d'Israël, c'est appelé à la mise en danger vitale d'un peuple. Et en France, l'appel au meurtre est interdit. L'antisémitisme est puni. L'appel à l'anissement d'un état ne peut donc plus être toléré. Le gouvernement inscrira donc à l'ordre du jour des travaux du Parlement dès ce mois d'avril la proposition de loi portée par la députée Caroline Yad enrichie des écritures du Conseil d'État saisie par la présidente de l'Assemblée nationale Yel Bron Piv.

15:37
Non speech

[applaudissements]

15:40
Sébastien Lecornu

Mais la réponse ne peut être seulement pénale, elle doit être aussi civique, politique. Le président de la République l'a annoncé, les axes et les propos antisémites, racistes et discriminatoires ne peuvent être compatibles avec l'exercice d'un mandat public. On ne peut pas prétendre représenter la nation et propager la haine d'une partie de cette nation. L'illigibilité pour propos antisémit devra donc être également inscrite dans notre droit. Car la liberté d'expression n'est pas la liberté d'exclure et la République n'a pas à se laisser représenter par celles et ceux qui veulent la fracturer. Être élu, c'est porter l'intérêt général.

Ceux qui attisent l'antisémitisme se disqualifient d'eux-même. La loi doit en tirer les conséquences parce que la République ne plie pas, parce qu'elle protège et parce qu'elle ne laisse jamais la haine changer de nom ou de masque pour mieux prospérer. Mesdames et messieurs, appeler à la destruction d'un état n'est jamais un odin, c'est le moins que l'on puisse dire. Depuis des décennies, la France défend une solution à deux États, deux peuples. Deux États vivant côte à côte en sécurité. Je suis convaincu que c'est la seule voix réaliste vers la paix. C'était d'ailleurs l'esprit des accords d'Oslo, des gouvernements israéliens de droite comme de gauche l'ont porté, vous le savez.

Mais disons-le clairement, vouloir un état palestinien en appelant en même temps à la disparition d'Israël, ce n'est pas défendre la paix. C'est appelé à l'effacement d'un peuple, c'est appelé une fois de plus à sa destruction. Le mot est dur, mais il faut parfois employer les mots justes. Il existe aujourd'hui une stratégie sémantique, celle qui consiste à retourner l'accusation, à déposséder les juifs de leur histoire, les faire passer de victimes à bourreau, parler de génocide à Gaza pour leur arracher la mémoire de la choa pour relativiser, pour inverser. Vous le savez, les conventions de Genève interdisent de viser les populations civiles.

Il y a une guerre et il peut donc y avoir des crimes de guerre. Le droit international s'applique à tous et ce qui s'est produit à Gaza soulève des questions très graves au regard du droit international. Ce que fait l'actuel gouvernement israélien en Jordanie contrevient aussi au droit international. Mais l'instrumentalisation politique du droit n'est pas davantage acceptable. Lorsque la représentante spéciale des Nations- Unies tient des propos en compagnie de représentants du Hamas ou de l'Iran, cela décrédibilise profondément la parole internationale. La France en tire alors les conséquences et demande donc sa démission.

18:23
Non speech

[applaudissements]

18:24
Sébastien Lecornu

Rappelons un fait simple. 20 % de la population israélienne est arabe palestinienne. 2 millions de citoyens, 150000 en 1948, 1 million en 2000, 2 millions aujourd'hui. Employer le mot génocide n'est pas neutre, c'est une arme politique. Ce n'est pas un diagnostic juridique établi par une juridiction internationale. Et la guerre des mots prépare la guerre contre les personnes. Elle désigne les cibles. Elle légitime l'hostilité envers tout sioniste, donc envers tout juif. La guerre tue au Moyen-Orient. Elle tue aussi à Sidné. Madame, monsieur, chers parents, chers familles, en Europe, en France, il y a l'horreur des attentats, les massacres au Soudan, en Iran, en Syrie, ailleurs encore.

Mais il y a aussi l'horreur de celles et ceux qui dansent après un massacre, comme certains ont dansé après le 9 janvier 2015 ou après le 7 octobre 2023, comme certains ont profané des arbres plantés en mémoire d'ilanalie. Il y a celles et ceux qui feignent d'oublier qu'en 2012 à Toulouse, des enfants ont été assassinés dans leur école parce qu'elle était juive et parce qu'ils étaient juifs et que des militaires français ont été tués parce qu'ils portaient l'uniforme de l'armée de la République et qu'ils étaient musulmans. Ce n'est pas une guerre entre juifs et musulmans, c'est un combat beaucoup plus profond entre la barbarie et la fraternité.

20:07
Non speech

[applaudissements]

20:10
Sébastien Lecornu

Et dans ce combat, les noms comptent, la mémoire compte. Mire Knol, Sarah Alimi, Ilan Alimi, Philippe Braham Johann Cohen Joha Atab, François Michel Saada, Jonathan Sindler et ses fils Ari et Gabriel, la Myiam Monsongego et puis les victimes françaises du 7 octobre et des jours suivants. 51 noms de 12 à 80 ans assassinés par le Hamas. Cinq ont été sauvés derrière chaque nom. Une famille, une vie, un avenir brisé. Voilà ce que cherchent nos ennemis. Activer la haine, installer la peur et plus que tout diviser. Depuis 20 ans, tous les gouvernements ont agis. La police protège. L'armée patrouille avec l'opération sentinelle. Les synagogues, les écoles, les radios juifs sont protégées.

Et pourtant, et pourtant les actes antisémites ne disparaissent pas. La peur s'installe. Faut-il encore plus de policiers, encore plus de militaires à chaque mariage, à chaque barmidzva ? Oui, probablement. Mais la vraie question est ailleurs. Pourquoi des lieux de culte juif doivent-ils encore de nos jours être protégés comme des sites sensibles ? Pourquoi un enfant devrait-il dire à son père : "Papa, je sais qu'un jour je devrais peut-être partir." Non, les juifs sont en France depuis l'antiquité. À Argentarum avant Strasbourg, dans la vallée du Rône au 1er siècle, à Harle à Marseille. Marseille n'est pas seulement grec ou romaine, elle est aussi juive, arabe, Corse.

Elle est tout là à la fois comme la France. Ce combat n'est pas celui d'une communauté, il est celui de la République. Juif, chrétien, musulmans, agnostique, athé, pas de liberté sans égalité des droits et des devoirs et pas d'égalité sans fraternité. L'antisémitisme est toujours le signal d'alarme. Il annonce les autres les autres haines, les autres malheurs. Je vous remercie de lutter non pas pour une communauté, vous l'avez dit monsieur le président, mais pour la République, pour ce qu'elle représente ici et pour ce qu'elle représente dans le monde.

Le 8 septembre 1967, au camp de Chute, le général de Gaul écrivait "Quelle tristesse, quel dégoût et malgré tout, quelle espérance humaine." Il rappelait que l'espérance avait fini par triompher, que le cauchemar avait pris fin, que les criminels avaient été vaincus. Mesdames et messieurs, à chaque époque, la France a connu des fautes, des faiblesses, des désespoirs, mais elle s'est toujours relevé, quoi qu'en disent certains, toujours. Si nos si nos prédécesseurs ont su vaincre l'antisémitisme ancien, nous saurons donc affronter ces formes nouvelles. Nous leur devons. Il faudra de nouvelles armes juridiques, y compris pour les réseaux sociaux, de la fermeté, du courage.

Nous sommes là pour cela, mais il faudra surtout et les événements des derniers jours le rappellent durement des idées claires. Oui, de la clarté pour l'engagement pour les enfants, pour que la haine ne gagne pas. Peggy écrivait qu'il y a quelque chose de pire qu'une âme perverse. C'est une âme habituée. Le combat essentiel, il est là. Il est politique, il est culturel, il est intellectuel, il est même civilisationnel. Ne rien céder jamais. Bon dîner du CRIF pour l'amitié, pour la République et pour la France. [applaudissements]

24:10
Non speech

[applaudissements]