Violence des jeunes : le désarroi des politiques
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
[Musique] Bonjour, bonjour à toutes et à tous. Bienvenue, c'est Sence Public, votre rendez-vous quotidien de débat, chronique et reportage. Vous connaissez la promesse de l'émission Donner du sens à l'actualité.
Grâce à nos experts, vous proposez des clés de compréhension des mutations de notre société et c'est la violence des jeunes que nous allons tenter d'analyser ce soir après le meurtre d'une surveillante de collège à nos gens. Installation de portique de sécurité, interdiction de vendre des couteaux mineurs. Réseaux sociaux interdits euh au moins de 15 ans.
Les propositions fuse. Mais comment sortir de l'impuissance politique face à une jeunesse à la dérive ? Ce sera notre premier débat dans une minute.
Et puis dans la seconde partie de ce sens public, l'histoire d'une meute. Et une meute c'est quoi au final ? Une meute c'est un groupe soudé.
Ça Jean-Luc Mélenchon y tient. C'est-à-dire que tout ce qui vient de l'extérieur est vu comme une menace. Euh ceux qui trahissent la la meute ou ceux qui critiquent la meute sont vu comme des adversaires, comme des ennemis de l'intérieur.
Évidemment, une meute, c'est un mal alpha et le mal alpha, c'est Jean-Luc Mélenchon. La meute, c'est le titre d'un livre enquête qui euh décrit de l'intérieur le fonctionnement de la France insoumise et dépint Jean-Luc Mélenchon comme un gourou, insultant et brutal. Cette dérive est-elle réelle ?
Comment on réagit les insoumis ? Le Parti socialiste doit-il rompre définitivement avec les mélanchonnistes ranatés ? Ne ratez pas l'analyse et la confrontation de nos invités sur ce thème, ce sera dans trois qu4 d'heure.
Mais d'abord donc les réactions politiques après le drame de nos gens, beaucoup de promesses, beaucoup d'idées. Sont-elles vraiment nouvelles ? Son-elles efficaces ?
Première réponse en image avec Audre Vetas. À nos gens, les drapeaux du collège Françoise Dolto sont en Berne. Les hommages se multiplient après le meurtre de Mélanie, une surveillante poignardée par un collégien de 14 ans.
D'après le procureur, le jeune ne la ciblait pas particulièrement mais avait pour projet de tuer depuis samedi. C'est une personne que je connaissais très bien et aujourd'hui on est stupéfait de ce qui s'est passé. Le drame s'est noué lors d'une fouille de sac inopinée organisée par la gendarmerie dans le cadre d'une circulaire retaille aux bornes.
Une mesure qui faisait déjà suite au décès d'un jeune lors d'une rix devant un autre établissement de France. Pour aller plus loin, l'exécutif propose de nouvelles mesures sécuritaires comme l'interdiction de la vente d'armes blanche pour les mineurs en magasin et sur internet. Au moment de la livraison du colis, on contrôlera quel est l'âge de celui qui signe la réception du colis.
Le Premier ministre souhaite aussi expérimenter les portiques de sécurité comme à l'aéroport avec des détecteurs de métau. Une idée qui ne fait pas l'unanimité dans son camp. Je pense que chacun sait hein que les portiques c'est pas la réponse absolue parce que on a aussi des couteaux en céramique qui seront pas détecté par les portiques.
De son côté, le chef de l'État s'attaque aux réseaux sociaux qui l'associe à la mort de la surveillante. Il souhaite imposer une vérification d'âge pour s'inscrire sur les plateformes. On doit interdire les réseaux sociaux au moins de 15 ans parce qu'en vérité et vous allez le faire quand ?
Et ben je vais vous dire c'est simple, je nous donne quelques mois pour arriver à faire la mobilisation européenne sinon sinon je négocierai avec les Européens pour que nous on commence à le faire en France à gauche on prône surtout l'accompagnement psychologique des jeunes. Moi, je dis que très bien les mesures de répression pourquoi pas mais il faut s'attaquer aux causes et les causes c'est un dramatique manque de moyens dans la pédopsychiatrie. On le sait aujourd'hui dans notre pays.
Il faut que des enseignants qui repèrent, des gamins qui ont des comportements, je dirais borderline, puissent avoir un soutien, un secours et prévenir. Justement, Ellisabeth Borne, la ministre de l'éducation, vient d'annoncer la mise en place d'un protocole dans tous les établissements d'ici la fin de l'année pour repérer les jeunes en difficultés psychologiques. Et dans notre débat, on va parler du désarrois, le désarroi des politiques, mais peut-être aussi euh des intellectuels, des professions qui sont euh confrontées à cette violence des jeunes.
Je vous présente tout de suite nos invités. Laurence Garnier, bonsoir. Vous êtes sénatrice LR de la Loire Atlantique.
Jean-Baptiste Juliard, bonsoir et bienvenue. Professeur agrégé de philosophie, doctorat enseignant à Sorbonne université, spécialiste des questions de sécurité et vous êtes également enseignant en en lycée. Catherine Tayb, bonsoir et bienvenue.
Vous êtes avocate, pénaliste et membre de l'antenne des mineurs au barreau de de Paris et Antoine Auberdorf, bonsoir Antoine, éditorialiste politique. Je vous propose pour ouvrir ce débat d'écouter un extrait de la conférence de presse du procureur de la République de Chaumont, Denis Levallois. Elle s'est terminée il y a quelques minutes, on on est en en direct en cette fin d'après-midi.
Il parle de l'absence de regret du meurtrier présumé. Il n'exprime pas de regret ni aucune compassion pour les victimes. Il fait part d'une certaine fascination pour la violence et la mort ainsi que pour les personnages les plus sombres des films ou des séries télévisées.
Il est adepte de jeux vidéo violents sans pour autant être addicte à ses jeux selon ses propres termes et selon les déclarations de ses parents. Il utilise peu les réseaux sociaux. D'une manière générale, ce jeune homme apparaît en perte de repère quant à la valeur de la vie humaine à laquelle il ne semble pas attacher une importance particulière.
Et le procureur conclut en disant que ce collégien ne présente aucun signe évoquant un possible trouble mental. Notre rôle c'est de de comprendre, de tirer des des leçons. Le vôtre, c'est de trouver des solutions.
Madame la sénatrice, est-ce que vous ressentez le même désarrois que moi ce soir ? Je ressens le même désarrois que beaucoup de Français h qui constatent cette montée de la violence en particulier chez les plus jeunes. Je suis nantaise.
Il y a 2 mois, une jeune fille de 16 ans a été poignardée par un camarade de classe. Donc là, c'était pas quelqu'un qui représentait l'autorité comme cette surveillante hier, mais un camarade de classe en plein cours de mathématiques. Donc au-delà de constater évidemment de ressentir ce désarroi et cette peine, on s'associe à la à la peine de la famille et de l'ensemble de la communauté éducative, il faut qu'on regarde les chiffres.
Il faut qu'on regarde comment évolue la violence en France. En 2003, il y avait, je crois 200 agressions graves pour 100000 habitants en France. Aujourd'hui, il y en a plus de 600.
Hm. Donc c'est un triplement en l'espace d'à peine 20 ans. Est-ce que c'est vrai que les jeunes sont extrêmement euh touché par cette montée de la violence ?
Ça veut dire que au-delà de l'expression de la compassion, il faut qu'on soit factuel et qu'on soit capable d'adapter l'ensemble de notre système éducatif pénal à cette question de la montée de la violence chez les plus jeunes. Effectivement, le rôle des politiques, des élus, des ministres, c'est de trouver des solutions, de faire des propositions. Sont-elles efficaces ?
On pourra en débattre. Est-ce que vous vous ressentez Catheline Tayb cette montée de la violence des jeunes ou est-ce que c'est difficile pour vous de répondre à cette question ? Alors, c'est un peu les deux, c'est-à-dire que je nuancerai ce qui a vient d'être dit en disant que je n'ai pas l'impression que et j'ai regardé les derniers chiffres que les chiffres de la des violences augmentent.
En revanche, ce qui augmente c'est les faits de violence. Enfin, c'est-à-dire la gravité des faits. C'està-dire que les faits commis sont plus violents.
Voilà. Mais ils sont plus violents. Exactement.
Et ça, on peut le donc c'est deux choses différentes. C'est-à-dire que la les chiffres sont même vers la baisse. En revanche, les faits sont plus violents.
Les faits commis par les mineurs sont plus violents. Ça effectivement malheureusement euh alors je peux le constater parfois pas toujours. Heureusement c'est pas quelque chose qui se vérifie à tous les coups.
Mais oui, on peut remarquer ça et par exemple des cambriolages qui peuvent devenir des homejacking. Voilà ce qui est quand même autrement plus violent quand on a affaire à des gens qui sont à l'intérieur des lieux et cetera, vous voyez. Et c'est c'est ce genre de fait là qu'on peut constater qu'ils ne sont absolument pas automatiques.
Jean-Baptiste Juard, vous écoutiez avec attention le procureur de de la République de Chaumon. Qu'est-ce qui vous qu'est-ce qui vous interpelle dans dans ce qu'il dit ? Moi, ce qui m'a frappé, c'est que cette séquence dramatique s'insère aussi dans une séquence politique liée au propos qu'a tenu le président de la République ce weekend dans la presse régionale en évoquant la question des faits d'hiver et même de la tyrannie des faits d'hiver.
Je crois qu'il est revenu il a confirmé son analyse. C'est une vraie question qui s'adresse à nous tous ici hein. Sommes-nous en train de commenter quelque chose qui relève de l'écume qui va disparaître dans 3 semaines pour laisser place à autre chose ?
Où sommes-nous face à ce qu'on peut appeler un fait de société ou un frais politique ? Et ma conviction justement, c'est que nous ne sommes pas face à une accumulation de faits divers sans lien, mais nous sommes effectivement face à une question qui est celle de la présence de la violence sous des formes absurdes et atroces. Dans une démocratie contemporaine qui est de moins en moins tolérante à des faits de violence, vous aurez toujours un historien pour vous rappeler que au Moyen-âge ou même dans la période moderne, vous aviez beaucoup plus de faits et des faits bien plus atroces, sauf que il n'y avait pas les médias pour en prendre connaissance.
Bien sûr, il serait à mon sens impossible de s'arrêter là. Pourquoi ? puisqueaujourd'hui nous avons non seulement plus de connaissance sur ce qui peut amener et on va en parler je pense à un passage à l'acte violent et nous avons aussi plus d'outils pour agir sur la société et trouver les solutions adéquates pour faire face à cette violence.
Euh vous vous l'avez dit Laurence Garnier, cette violence elle a frappé votre circonscription en Loire Atlantique. C'était le 24 avril cette lycéenne, elle s'appelait Laoren. Elle est morte hein dans de de sous les coups de couteau de de d'un autre lycéen.
Qu'est-ce qui s'est passé depuis ? Vous voyez ce que je veux dire ? Je qu'est-ce qu'on peut faire quand on est élu et qu'on se dit "OK, il faut pas que ça se reproduise, donc qu'est-ce que vous pouvez faire ?" Bien sûr, mais vous avez raison, c'est la seule question qui vaille et en réalité cette ce sentiment d'impuissance publique est désastreux pour nos concitoyens.
Et à mon sens, moi qui suis élu d'une droite républicaine précipite un certain nombre d'entre eux vers les extrêmes parce qu'ils ont le sentiment que nous ne prenons pas la mesure de ces sujets-là. Alors, moi je crois qu'il y a beaucoup de choses. Il y a d'abord l'adaptation de notre système pénal.
Nous avons voté récemment, ça a été voté définitivement à la fin du mois de mai, un système pour adapter notre justice à cette violence des mineurs. à rever un ensemble d'éléments notamment par exemple pour lever l'excuse de minorité pour les jeunes de plus de 16 ans qui sont très touchés par cette augmentation de la violence et faire en sorte sans forcément bouleverser l'ensemble de l'arsenal judiciaire que l'atténuation de la peine liée à la minorité du jeûne ne soit plus invoqué que de manière exceptionnelle que par principe on on déroge à cette excuse de minorité. Ça veut dire des sanctions plus fortes.
Ça veut aussi dire, sans bouleverser là encore l'ensemble de notre système pénal, des sanctions qui soient appliquées. Et je crois qu'on a une véritable difficulté aujourd'hui dans le cadre légal et pénal existant à appliquer les sanctions qui sont prononcées par les magistrats. Et puis ensuite, on a tout un volet éducatif.
Ça concerne la famille, ça concerne l'enseignement, ça concerne l'apprentissage de la frustration, ça concerne l'accès de nos jeunes aux jeux vidéos, vous l'avez évoqué aux réseaux sociaux parce que derrière globalement la santé mentale aussi une vraie question. Exactement, on voit des jeunes qui aujourd'hui passent beaucoup de temps à regarder des vidéos de suicide, de torture, de maltraitance. Donc on va toujours plus loin, il y a une espèce de course effrainée à la violence.
On a les moyens, on y plus tard sur la question des réseaux sociaux. s'at effectivement avec notamment ces algorithmes. Alors c'est vrai pour pour nous tous à partir du moment où on aime quelque chose, l'algorithme du réseau social nous le propose et donc il y a effectivement ce phénomène qui peut même aller jusqu'à l'addiction, même si ici le procureur de la République nous nous disait que ce jeûne en tout cas d'après ses propos, n'était pas addicte.
On va ouvrir, j'avais prévu d'en parler beaucoup plus tard mais c'est pas grave, faisons-le maintenant. La réponse pénale et notamment cette question de l'excuse de minorité Katheline Tayb. Je crois que depuis 2021, il y a déjà eu une réforme avec des audiences qui sont scindées en deux.
Déjà, expliquez-nous ce que ça change et puis ensuite, vous pourrez répondre à euh la la possibilité de durcir ce système. Oui, effectivement. Donc ce qu'il faut, je pense déjà savoir et noter, c'est que euh toute la justice des mineurs repose notamment sur une ordonnance de 1945 qui prend pour postulat que on ne juge pas de la même manière un mineur qu'un majeur.
Je pense que tout le monde peut s'accorder là-dessus. C'est dû à sa construction psychique, c'est un adulte en devenir et euh ça c'est c'est c'est établi et c'est le socle de notre de notre système de droit concernant les mineurs. Et puis euh c'est constaté que comme pour les majeurs et bien il y a le temps qui était très long entre le moment où de l'infraction, la commission de l'infraction et le moment de la réponse pénale qui pouvait être long dû notamment à un manque de moyens par exemple.
Et en réalité, il y avait une sorte de dicotomie chronologique dans l'esprit des jeunes. C'est-à-dire que parfois ils étaient jugés pour des faits ils avaient 18 17 ans, pour des faits qu'ils avaient commis quand il en a 14 et on avait pas 2 3 ans là, il y avait vraiment tout ce lapse de temps qui est crucial pour des mineurs entre 12 et 14, entre 14 et 16 qui est un temps de l'éducatif très important qu' dont il faut s'emparer. cette réforme de 2021 qui a mis en place le code de justice pénale des mineurs, le CJPM, et bien elle est venue apporter une réponse pénale beaucoup plus rapide et scindé effectivement en deux.
L'audience, c'est-à-dire d'un côté, on une audience de culpabilité qui va se prononcer sur la culpabilité ou non du mineur et ça c'est rapide, c'est très rapide. C'est dans les 6 mois de l'infraction, la commission de l'infraction. Et donc nous c'est il y a une réponse pénale quasi immédiate.
Puis à l'issue de cette audience, on va distinguer ensuite de la période de sanction et la sanction sera plus tard encore. Et dans l'intervalle, il y a une sorte de mise à l'épreuve éducative qui va être proposée au mineurs. OK.
Bon, merci de nous avoir expliqué ce qui ce qui existe aujourd'hui, l'excuse de minorité. Vous nous dites finalement c'est un peu le principe depuis 1945. Alors ce qu'on va vous répondre, c'est est-ce que les jeunes d'aujourd'hui sont les mêmes que ceux de 1945 ?
Alors, pardonnez-moi. Oui. Et et d'ailleurs enfin, j'étais pas là en 1945 pour vous le dire.
Moi non plus. Donc donc ça voilà. Mais je pense que c'est un principe à valeur constitutionnelle he le principe d'atténuation.
Ces deux principes sur lesquels repose la justice pétale les mineurs, c'est cette atténuation et le le l'éducatif sur le répressif qui prévaut sur le répressif, ce qui est l'inverse pour les majeurs. D'accord. Et donc en réalité revenir là-dessus, je trouve que c'est un retour en arrière qui est terrible.
ça inverse euh la charge de de la preuve au final puis enfin pas de la preuve d'ailleurs, mais finalement on va on va rendre exceptionnel ce qui aujourd'hui euh est de droit, c'est-à-dire le principe de l'atténuation. Aujourd'hui, ce petit garçon par exemple dans les faits, voilà, il a 14 ans, il bénéficie de cette atténuation, ce principe d'atténuation normalement et c'est heureux. Bon euh votre avis madame c'est c'est j'entends parfaitement cette nécessité de l'éducation en complémentarité de la répression mais vous dites vous-même avant et et sans que ça n'empêche l'importance je crois de la répression mais vous dites vous-même que les faits constatés pour les jeunes sont bien plus violents que précédemment donc comment on répond à ce changement en restant sur des principes de 1945 alors que vous faites le constat que La violence est plus importante que les faits commis sont plus graves.
Un mot de réponse un mot de réponse mais comme je l'ai dit, je n'étais pas là en 1945, il y a toujours eu de la violence on peut quand même évaluer l'état de la mais moi je pense qu'il y a un nouveau paramètre et vous on va en parler tout à l'heure, c'est ces réseaux sociaux que moi je constate sur le terrain et donc ils ont un donc en réalité on a un arsenal judiciaire qui est très récent et qui est selon moi très adéquate. Seulement il faut les moyens pour l'applier. Voilà.
Votre avis Jean-Baptiste Juliard, est-ce que effectivement les jeunes d'aujourd'hui sont différents pour certains plus violents, passent à l'acte plus facilement peut-être à cause autres des réseaux sociaux, pas seulement ? Et donc il faut adapter notre réponse pénale, oui ou non ? Ce que j'entends et ce que je vois moi-même dans la pratique de professeur, c'est que la question décisive c'est celle du sens.
Si on prend par exemple la répression, elle est bien évidemment nécessaire et elle a sa place, mais quel est le sens de la répression pour des jeunes ? Est-ce que les jeunes se sentent concernés par cette autorité qui s'applique à eux ou est-ce que l'autorité est vécue comme une espèce d'altérité ? Nous ne sommes pas concernés, c'est autre chose, ce sont d'autres codes, ce sont d'autres lois.
Et cette question du sens, il me semble qu'elle est fondamentale et à mon avis, elle concerne aussi le cas qui est survenu hier puisqu'elle implique le respect de la vie humaine. Quel sens-ton à sa propre vie ? Qu'est-ce que je fais sur terre ?
Pourquoi est-ce que je dois aussi respecter les autres ? Et cette question, elle est extrêmement difficile, extrêmement profonde. Elle est censée être traitée d'abord au sein des familles bien évidemment avec un héritage qui peut être religieux ou non mais qui est vecteur de sens.
Elle est aussi censée être traitée dans le cadre scolaire et elle est en grande partie même s'il y a toujours une difficulté à aller parfois traiter certaines questions y compris dans les cours que j'assure en philosophie. Et à mon sens, le vrai problème, c'est lorsque vous avez des jeunes, puisque derrière violence des jeunes, il y a quand même des profils très différents entre la violence de mineurs non accompagnés, la violence de jeunes dans le cadre scolaire, la violence d'autres profils. Les jeunes qui ont tué Elias ne n'ont pas le même profil que ce qui est arrivé hier.
Et le problème à mon sens, c'est vraiment d'aller chercher ces jeunes qui sont dans des structures familiales totalement détruites, qui sont parfois déscolarisés et pour lesquels le sens s'est évanoui et a disparu. Et moins il y a de sens dans la vie de ces jeunes et plus il y aura de violence dans la société. Ouais.
Alors ou c'est quand même un petit peu la difficulté he du suspect de nos gens, c'est qu'on a l'impression que son profil tombe tombe, pardonnez-moi, mais dans un trou en tout cas qui ne répond aucune classification politique lorsque notamment dans votre famille politique madame lorsque Brunoillot par exemple a qualifié les violences qui ont émaillé la suite de la victoire du Parissaint-Germain, il parle des barbares. Lorsque Emmanuel Macron dans le dans la foulée des émeutes parle des comportements des émeutiers, il il parle de décivilisation. Là, on a affaire quand même à un jeune qui ça défile l'entendement si vous voulez.
Est-ce que l'impuissance politique, elle n'est pas liée au fait que des loups solitaires que alors c'est une expression qui est plutôt réservée à en tout cas des des individus qui comme ça sur d'une violence qui surgit et qui était insoupçonné. Et ça ça rejoint ce que la question principale de notre débat sur ce désarroi parce que finalement ça alimente notre désarroi. Je je vais vous laisser répondre mais euh je vais je vous propose d'écouter la réaction du maire de nos gens Thierry Ponce qui qui est dans cette même logique d'incompréhension parce qu'il nous dit dans ce collège François Loto bah c'était pas un établissement à problème.
Le collège n'a jamais eu de problème. Il a été passé en en inspection l'année dernière. J'ai participé l'éducation nationale nous a bien montré tous les voyants au verts.
C'est un un bel environnement avec une équipe pédagogique soudée avec des des assistant d'éducation qui ont fait leur qui font leur métier à longueur de journée. Donc de très bons résultats. C'est d'autant plus incompréhensible justement que nous sommes dans un un environnement rural qui ne fait qu'acueillir les enfants dans de très bonnes conditions.
Et il ajoute les deux parents travaillent, ils n'ont jamais posé de problème. Effectivement, pardon, je vais je vais employer une expression un peu triviale, mais ce ce fait et ce jeûne, il rentre pas dans les cases, dans nos cases, dans nos dans nos grilles d'analyse habituelles. Vous voyez ce que je dis ?
Bien sûr, c'est effectivement ce qui peut ce qui peut venir à l'esprit aux premières déclarations du procureur. Alors moi, je voudrais dire, vous parliez de Bruno Retaillot à l'instant lorsquis parce que Laurent Voquier parle d'impuissance publique renvoyant quelque part la la balle à Bruno Rotaille qui est aux affaires qui est bien sûr. Alors là, c'est encore un autre sujet. concentré sur sur la question qui nous occupe ce soir.
Euh lorsque Bruno Retaillot est venu à Nant il y a 2 mois suite au meurtre terrible de cette jeune fille Laorine, il a parlé de fait de société. Ouais. Et ça a été très critiqué, très analysé parce que c'était pas un fait de société, c'était un fait d'hivers.
Et euh malheureusement ce qui s'est passé hier euh prouve que Bruno Retaillot a raison de parler de fait de société. Et là où je vous rejoins et d'ailleurs, c'est à la fois très juste. Ce que vous soulignez est terrible.
C'est-à-dire que cette violence aujourd'hui, elle ne touche pas que des jeunes en grande situation de fragilité sociale ou familiale, même si la question de la cellule familiale est structurante mais pas que. Elle ne touche pas que des jeunes qui sont addictes aux réseaux sociaux, même si ils n'en étaient pas non plus éloignés. En fait, ce qui se passe, c'est que ces jeunes sont des enfants de leur temps, de ce début de 21e siècle, de ses réseaux sociaux, de cette actualité terrible qui envahit notre quotidien à tous comme celle d'hier et que bah tout ça finalement dire que la réponse pénale est pas la seatmosphère qui ah mais personne n'a jamais dit que la réponse d'ailleurs vous dans votre première démonstration vous disiez ça fait partie de la complémentarité comme dans tout schéma Oui.
Oui. Mais effectivement et je me mets à la place, moi mes enfants sont bien sont très grands maintenant et je me mets à la place de de parents ou de grands-parents qui sont en train de nous écouter et qui disent "Mais finalement, ça pourrait être mon mon fils ou mon ou mon petitfils." Est-ce que quand même il y a un lien Jean-Baptiste Juya entre des familles fragiles ou dysfonctionnelles et la violence de leurs enfants ?
Alors ce ou est-ce que ce lien se s'estompe un petit peu ? Ce lien a été établi dans plusieurs cas de violence commise par des mineurs, hein, avec notamment la la figure de enfin la figure du père qui est absente là-dessus, il y a les travaux de Maurice Berger et puis de psychiatre qui qui font autorité sur les jeunes très violents. Mais comme vous le rappeliez, ce cas-là paraît euh être soustrait à toutes ces catégories, si ce n'est que tout de même, ce qui me frappe dans les quelques éléments qu'on a, h, c'est que tout serait parti euh de l'autorité.
Tout à fait. euh restriction liée à une pratique avec sa petite amie euh les échangés euh dans l'enceinte scolaire et le mobile ne serait pas personnalisé mais serait associé à l'autorité en tant que telle. Si j'ai bien compris, euh l'idée était de viser quelqu'un qui incarne l'autorité.
Vou il voulait tuer une surveillante n'importe laquelle. suppor plus comp de ce de de ces surveillants de de du collège. Ça c'est frappant puisque j'évoquais cette idée d'autorité qui est perçue comme quelque chose qui nous est totalement étranger.
Alors pour le moment, nous n'avons pas état de de fait qui serait d'ordre du trouble psychique mais tout de même il y a peut-être aussi quelque chose qui renvoie à ce qu'on appelait un fait de société sur si ce n'est pas finalement la misère, si ce n'est pas un trouble psychique, bah qu'est-ce que c'est ? C'est quand même quelque chose de collectif qui est lié aussi à la famille qui n'a peut-être pas vu certaines réactions impulsives qu'aurait pu avoir l'enfant sans forcément rentrer dans le détail de ce qu' a ici ou peut-être aussi la bonne compréhension des règles à respecter qui peuvent aussi concerner des pratiques qui peuvent être interdites et réprimées dans le cadre scolaire. Alors cet après-midi, le le Sénat a respecté une minute de silence.
On va retrouver tout de suite Quentin calmé en direct dans la tribune de presse de de l'hémicycle. Bonsoir Quentin. Séance marquée évidemment par beaucoup d'émotions.
Bonsoir effectivement à 15h, les questions au gouvernement se sont ouvertes par effectivement un hommage de Gérard Larch et une minute de silence. Gérard, le président du Sna qui a parlé de l'effroid, c'est le mot qu'il a employé, ressenti après les événements d'hier. On a vu aussi Thomas de l'incompréhension sur les visages des sénateurs.
C'était flagrant quand on parlait de ce sujet pendant la séance. On voyait des petits groupes de sénateurs qui discutaient entre eux et qui essayaient de comprendre même entre eux. Certaines informations sont troublantes.
Il s'agit d'un petit collège avec 300 élèves dans une petite ville, 3000 habitants. Le collégien n'avait visiblement pas démontré de signaux faibles qui auraient pu alerter la communauté éducative. Écoutez à ce propos, Anne Marinet Délec, la sénatrice de Haut Marne.
Donc le département de où se trouve le collège. Elle a été maire de la commune de nos gens entre 2008 et 2023. Elle était visiblement très très émue tout à l'heure.
Des couteaux, il y en a partout dans toutes les cuisines, dans tous les ateliers. On ne les utilisait pas comme ça. Le problème de fond, c'est pas le couteau.
Bien sûr, il faut renforcer les contrôles, la sévérité des peines. Mais peut-on livrer quotidiennement nos jeunes à des réseaux, à des sites qui diffusent en toute liberté, pire au nom de la liberté parfois, des contenus d'une violence inouie poussant au meurtre ou au suicide. Nous n'avons plus le temps d'attendre un éventuel accord européen.
C'est un grave problème de société qu'il nous faut traiter comme un tout. Chacun doit prendre sa responsabilité, l'État, l'éducation et les familles. François Bairou qui s'est exprimé tout à l'heure dans l'hémicycle, le chef du gouvernement qui a parlé d'une réponse en trois directions à suivre face à ce qui s'est passé hier.
Déjà, il y a l'interdiction de la vente d'armes blanches au mineur, y compris sur internet. s'il entend également multiplier les contrôles devant les établissements. Deuxième axe, la protection de la santé mentale des jeunes avec un effort de formation des personnel de l'éducation nationale.
Et enfin, il y a la question de la régulation des réseaux sociaux avec cette proposition faite par le président de la République de l'interdiction de ces réseaux sociaux au moins de 15 ans. Écoutez François Baot, la question est de savoir si on peut aller plus loin. Le président de la République s'est exprimé plusieurs fois sur l'interdiction des réseaux sociaux au moins de 15 ans.
Vous savez que c'est une question qui est de la compétence de l'Union européenne, mais vous avez hier soir entendu le président de la République dire que si l'Union européenne ne nous suit pas, nous prendons nos responsabilités en ouvrant ce chemin pour la France. Voilà, mais je retiendrai donc ces deux mots et froid dans la bouche de Gérard Linché et cette incompréhension sur les visages des sénateurs. Thomas, merci beaucoup Quentin pour toutes ces ces explications.
Il y a deux grands chapitres qu'on qu'on ne délaissera pas évidemment dans ce débat. La question de la santé mentale et puis effectivement les réseaux sociaux, interdire les réseaux sociaux, comment ? Mais je voudrais rester un dernier instant sur la la question de la réponse sécuritaire Laurence Garnier parce que on a effectivement entendu l'interdiction de la vente des couteaux mineurs, des fouiller forcés à l'entrée des écoles, éventuellement des portiques de sécurité et bon est-ce que c'est pas un peu la réponse politique de circonstan ?
Vous voyez ce que je veux dire ? Je vois très bien ce que vous voulez dire. De fait, nous nous en tant que politique, nous avons la charge de répondre aux préoccupations légitimes de nos concitoyens face à cette violence.
Vous disiez tout à l'heure, n'importe quel parent aujourd'hui peut se dire "Demain, ça peut être mon enfant comme victime ou malheureusement aussi comme auteur quand on voit ce qui se passe aujourd'hui et les profils de ces jeunes." Donc de fait qu'on puisse répondre sur l'étude, l'expérimentation de portique, pourquoi pas ? notamment dans un certain nombre de d'établissements qu'on sait fragile et particulièrement exposé et donc celui de nos gens n'aurait sans doute pas été placé dans la liste pas sans doute pas vous avez raison tout comme celui de Nant qui que je reconnaissais tout à fait bien que ce soit un environnement urbain tout à fait dans la description tout à l'heure de du chef d'établissement qu'on puisse décider d'interdire la vente d'armes blanche aux mineurs et le contrôler pourquoi pas là encore moi je crois que la véritable question n'est pas là la véritable La question est au niveau de tous ces contenus hyper violents auxquels accèdent aujourd'hui nos jeunes.
Alors, on peut beaucoup en parler si vous voulez. Ce qui se passe aujourd'hui, c'est que il y a une loi qui a été votée par le Parlement qui pose une majorité numérique à 15 ans. Elle existe cette loi.
Simplement, il y a pas eu de décret d'application. Et pourquoi il y en a pas eu ? parce qu'on nous explique que c'est de la compétence de l'Union européenne.
Alors si vous voulez, moi je je veux bien tout entendre aujourd'hui dans les fait soit on estime qu'on va déroger à cette compétence de l'Union européenne auquel cas on aurait déjà pu le faire il y a plusieurs mois puisque la loi est prête et votée. Soit on estime qu'il faut agir au niveau de l'Union européenne en tout état de cause, moi je crois qu'aujourd'hui puisque cette question des réseaux sociaux et du ressort de l'Union européenne, il faut réfléchir à la question de l'outil qui les porte, c'est-à-dire le téléphone portable que tous nos jeunes à partir de 10 ans ont dans la poche parce que ça c'est un outil et que là nous avons les compétences au niveau national pour réfléchir à l'interdiction des smartphones chez les plus jeunes. Alors, ce qui est sûr, c'est que Emmanuel Macron qui va porter cette proposition au niveau européen va sans doute trouver un un allié avec le chancelier autrichien.
L'Autriche qui a été confrontée elle aussi à à à un fait d'hiver mortel, une fusillade qui a fait euh neuf morts dans une école en en Autriche, dans une ville du sud-est du pays. On écoute le chancelier Christian Stocker. Aujourd'hui est un jour sombre dans l'histoire de notre pays.
La fusiade qui a eu lieu dans une école ici à Gratz est une tragédie nationale qui nous a profondément bouleversé. Neuf personnes ont été soudainement arrachées à la vie par cet acte incompréhensible. Il n'y a pas de mot pour exprimer la douleur, la confusion et le chagrin ressenti dans toute l'Autriche.
Quand quand on voit ce qui s'est passé en on pense évidemment tout de suite aux États-Unis, Jean-Baptiste Julien parce que des meurtres de masse dans les dans les collèges souvent perprétés par des élèves ou par des anciens élèves, ça arrive tellement souvent aux États-Unis qu'on dit confronté à ces difficultés parce que des armes en vente libre et et notamment pour des enfants parfois très jeunes. Est-ce que alors voilà, il a c'est pas exactement le cas en Europe et et en Autriche. Est-ce que c'est une forme d'américanoisation de la société ?
C'est un peu un cliché mais je pose ma question comme ça. Il est évident qu'il peut y avoir des paramètres culturels. Vous avez évoqué la question de l'accès aux armes.
Sur la question de la confrontation à des contenus via les réseaux sociaux. Euh moi je pense que tout se joue sans doute psychiquement avant même que les enfants accèdent à ces réseaux. Je le constate en tant que professeur, il y a la question du contenu qui est regardé, même si le médias en lui-même est abrutissant, regardez des vidéos de quelques secondes à la chaîne, mais je ne crois pas que qu'un enfant bien éduqué, équilibré, stable émotionnellement puisse devenir quelqu'un susceptible de passer à l'acte simplement parce qu'il aura parce que il est abrevé de vidéos violence des films violents, ça a été évoqué, on l'a entendu tout à l'heure.
Il y a pas de lien, il y a une corrélation mais pas de causalité entre la pratique de jeux vidéo extrêmement violent, la consommation de film d'horreur et le passage à l'acte. Donc moi, il me semble qu'il faut pas non plus confondre les deux sphères ou se réfugier directement sur l'idée que ce seraiit les contenus qui peu à peu ont été libéralisés dans l'histoire. Il faut se souvenir que la musique violente ou les films d'horreur ont d'abord été interdits.
Aux États-Unis, il y a eu beaucoup de restrictions, raison des paroles. On pensait que certains groupes incitaent les jeunes à commettre des suicides. Tout ça est derrière nous.
On n pas vu la catastrophe au fur et à mesure que ces pratiques culturelles se sont libéralisées. Donc je pense qu'il faut pas non plus tout de suite jeter le probe sur ces pratiques culturell et bien comprendre quel type de jeûne va aller peut-être retrouver des failles qui sont déjà préexistantes lorsqu'il va être confronté à ce type de Je pense que c'est un faisceau de de d'événement et que les réseaux sociaux on pourrait parler des films pornographiques aussi. On y a consacré un débat il y a peu de temps.
La violence des films pornographiques d'aujourd'hui, ça n'a rien à voir avec ce qui étaient les films pornographiques il y a une une vingtaine d'années. Donc ça ça tout ça ça s'accumule quand même hein. Donc euh je je je laisse cette question en en suspens et et je fais appel à votre expérience finalement.
Est-ce que vous parmi les jeunes que vous défendez, vous vous faites parfois ou souvent, je ne sais pas le lien entre l'exposition à la violence notamment sur les réseaux sociaux et le passage à l'acte ? Alors ce que je constate moi souvent quand je les accompagne, c'est après le passage à l'acte. Donc euh c'est c'est un moment où ce que je peux constater, c'est que parfois les réseaux sociaux et je pense effectivement que c'est pluriforiel hein cette violence mais que euh il y a une sorte de désensibilisation à la violence qui que ça crée en réalité un peu comme ce que vous racontez avec le le tout ce qui concerne le l'accès pornographique.
En réalité, à force à force de voir des choses extrêmement violentes, leur seuil en fidèlement de gravité, de dangerosité, d'acceptabilité de la violence, et ben il se relève, il se relève, il se relève. Et aujourd'hui, voir quelqu'un se faire décapiter en direct, bah c'est c'est limite quelque chose qui est acceptable alors qu'elle est que pour nous, moi enfant, ben ça aurait été quelque chose de complètement atroce. Et donc moi ce que je peux constater parfois, encore une fois je veux pas généraliser parfois avec des mineurs, c'est qu'effectivement leur premier réflexe, là où un premier réflexe aurait été niveau 1 sur une échelle normale, bah eux, il va être porté à 5 parce que il y a une sorte voilà, j'appelle ça de la désensibilisation.
Je sais pas si c'est un nom ou autre ça correspond au cas de nos gens hein parce que le procureur nous dit aucun attachement particulier, aucun égard pour la valeur humaine la une vie humaine exact. Et on constate que c'est un garçon qui n'avait aucun trouble auparavant. C'est un garçon qui n'avait pas de passif judiciaire.
C'est un garçon encore une fois blâmer encore une fois la la justice ou un potentiel laxisme. C'est pas ce qui a été dit hein mais c'est ici c'est pas relevant, c'est pas pertinent ici puisqu'il a jamais eu à figure. Voilà.
Exactement. Donc on peut pas dire que c'est quelqu'un qui voilà, il n'a jamais eu affaire à la justice. Voyez, donc c'est bien effectivement que le problème est ailleurs et qu'en fait et et même pas dans le secal puisque moi je peux constater tous les jours dans des tribunaux des parents présents qui sont présents à toutes les audiences qui sont en plein des Ça c'est très intéressant parce qu'on parlait de famille dysfonctionnelle tout à l'heure et du lien avec la violence c'est pas toujours le cas évidemment qu'on a qu'on constate souvent d'ailleurs que des dossiers d'assistance éducative qu' avec des familles qui sont problématiques qui sont suivies basculent au pénal bien sûr mais pas tout le temps on voit souvent deux parents un père une mère prés présent aux audiences qui sont complètement dans l'incompréhension.
Plus marginal quand même, c'est pas du 5050 mais on n'est pas sur quelque chose qui est résiduel vraiment. Alors donc ça ça le désarroi que vous disiez, il est l'incompréhension effectivement mais ça je pense que c'est vraiment plurifier. Alors il y a une volonté affichée du chef de l'État sur ce dossier et notamment sur la question des réseaux sociaux.
Il l'a redit aujourd'hui et il disait exactement la même chose il y a 1 an. C'était lors d'une conférence de presse, presque 1 an jour pour jour. pour interdire l'accès aux réseaux sociaux au moins de 15 ans.
Emmanuel Macron, tous les experts le disent, l'addiction aux écrans est le terreau de toutes les difficultés, harcèlement, violence, décrochage scolaire. Et pour y faire face, fort du travail qui a été fait ces derniers mois, le gouvernement aura à prendre des décisions claires pour protéger nos enfants. D'abord en ne permettant pas l'usage des téléphones avant 11 ans et surtout l'accès aux réseaux sociaux et à leur usage avant l'âge de 15 ans.
Il faut un âge pour la majorité numérique. Ça protège sur le principe, je pense que tout le monde est d'accord sur l'applicabilité. Laurence Garnier, est-ce que cette mesure elle est applicable ? interdire les réseaux sociaux au moins de 15 ans.
Alors, d'abord, moi je je me permets de dire que je je suis surprise d'avoir dimanche soir un président qui nous explique qu'il faut pas surréagir à un ensemble de faits divers et qui parce que il y a cet événement d'hier euh ressort une mesure extrêmement forte. Ouais. Manifestement difficilement applicable sinon il l'aurait déjà appliqué depuis un an.
Confère ses propos de l'année dernière et euh ce que ce qu'on évoquait sur le fait que la majorité numérique à 15 ans existe aujourd'hui dans la loi et n'est pas appliqué puisque les décrets d'application ne sont pas sortis. Est-ce que ce serait plus facile par nous interrompre pour des parents parce que on est au cœur de la question hein. Euh on a un enfant de de 12 13 ans.
On lui on lui donne un un premier téléphone portable en disant ça me rassure, je pourrais avoir des nouvelles, je saurais ce qu'il est en train de faire. OK. Sauf que à quoi il accède et est-ce que le fait d'avoir une mesure d'interdiction des réseaux sociaux, vous pensez que ça aiderait vraiment les parents ?
Alors moi je je vais même plus loin. Ou d'abord je crois que la la mesure de l'interdiction, elle est d'abord et avant tout pédagogique. C'est-à-dire il s'agit pas de mettre les parents en prison parce qu'ils ont laissé un enfant aller sur les réseaux sociaux.
Simplement, elle a le mérite de la clarté. Pourquoi on interdit ? Parce que c'est dangereux pour vos enfants.
Pas pour vous embêter, pas pour les embêter, mais parce que c'est dangereux. Et donc je crois qu'il faut euh euh réfléchir un peu comme on l'a fait il y a quelques années sur le tabac euh et il viendrait à l'esprit de personne et d'aucun parent aujourd'hui de mettre une cigarette dans les mains d'un enfant de 10 ans. Bon, il faut réfléchir de la même manière.
Ça veut pas dire interdire les téléphones portables, ça veut pas dire interdire les réseaux sociaux, mais ça veut dire que l'accompagnement doit arriver à une période où l'enfant est mû, où les les connexions nerveuses, les chercheurs le décrivent très bien, sont prêtes et qu'auparavant, il faut pas avoir peur d'une interdiction. Moi, je pense que l'interdiction des smartphones euh est applicable au niveau national sans passer par le DSA, le digital service act européen et que c'est à ça qu'il faut réfléchir en dess âge. C'est quel âge ?
Eht ben il faut il faut regarder ça peut je vais pas aujourd'hui me prononcer sur un âge, il faut le le travailler avec les experts, mais interdire d'abord peut-être c'est ce que dit la commission euh Macron c'est ce qu'on est en train de regarder avec Michel Desmurger chercheur à l'INCERM dans le cadre du groupe de travail que nous animons avec Marido Hashliman. Euh en tout cas fixer un âge d'interdiction peut-être pas du téléphone mais du smartphone et et et répondre oui j'arrive ça pose aucun problème et on on vit aussi avec notre temps. On va pas interdire l'électricité, on veut interdire que les enfants mettent les doigts dans la prise.
C'est vraiment ça la logique et pour ça il faut pas avoir peur de l'interdiction y compris de l'outil smartphone lui-même. Ouais. Il nous reste un dernier chapitre, c'est le chapitre de la santé mentale.
Antoine, je me tourne vers vous. Pour vous, c'est un peu la grande oubliée de la réponse gouvernement. Oui Thomas, j'en ai bien peur.
Une fois de plus, la santé mentale des jeunes a été reléguée au second plan. En tout cas derrière les solutions choc plaidé pour plus de prévention. C'est vrai quand une éducatrice a été poignardée à mort dans l'exercice de ses fonctions, c'est un peu passé pour un sociologue angélique face au tenants du choc d'autorité.
Alors on parle portique, caméras, policier, mais à nos gens, il y avait des gendarmes et ça n'a rien empêché. Même l'interdiction de vendre des couteaux au mineurs voulu par Emmanuel Macron aurait-elle changé quoi que ce soit. Quand on sait maintenant depuis l'intervention du procureur qu'il s'agissait d'une lame de 32 cm que s'est procuré ce jeune dans la cuisine de ses parents, on comprend que ça n'aurait rien changé.
Si on regardait du côté de ce qu'on ne voit pas, du côté des fragilités psychiques. Et alors là, c'est pas faute d'alerter, il y a une il y a eu plort de rapport clairement. Tiens, prenez le rapport de l'ex-député macroniste Robin Reda.
On pourra pas le soupçonner de vouloir salir le bilan le bilan d'Emmanuel Macron en la matière. Son rapport date de mai 2021. Mai 2021, gardez-le en tête.
Tout y été, explosion de la souffrance psychique chez les élèves après le Covid notamment, carence de détection, manque de personnel. Les chiffres qu'il communique sont édifiants. Présente ça des besoins grandissants de 12 millions d'élèves confrontés à l'anarchie des réseaux sociaux.
On en parlait. Dans le meilleur des cas, il y a un psychologue scolaire pour prendre en charge 1500 individus, souvent un cheval sur plusieurs établissements d'ailleurs. Ajouter à ça des disparités territorial très très importante.
On a une infirmière scolaire pour 680 élèves dans le Cantal quand on en a une pour 2000 à Mayotte. Résultat, on bricole comme un peu hein dans l'éducation nationale. On se souvient de Papai pour ne citer que lui qui annonçait en juin 2023 que les CPE allaient être formés au secourisme en santé mentale.
Ironie cruelle, le même genre d'expérimentation a conduit à nommer le suspect de nos gens référent que dis-je, ambassadeur contre le harcèlement dans son collège. Donc c'était un un collégien qui qui avait été nommé ambassadeur contre le le harcèlement. Mais je crois me souvenir que Michel Barnier qui avait fait de la la santé mentale une grande cause nationale lors de son bref passage à Matignon.
Alors est-ce qu'il y a rien eu en la matière ? Non rien. Ce serait excessif.
Il y a bien eu ce fortfsi 100 % remboursé à mettre au crédit d'Emmanuel Macron. Dès 2021, le président avait annoncé la mise en place de 10 consultations sans reste à charge chez le psi pour tous les enfants et adolescents de 3 à 17 ans. En 2023, plus de 240000 bénéficiaires dont près de 1/ 5 étaient mineur.
C'est un début, mais on peut se dire aussi que c'est largement insuffisant. Et pour conclure, Antoine, pourquoi ce sujet reste-t-il d'après vous aussi peu pris au sérieux ? Parce que de mon point de vue, dénoncer l'ensauvagement de la société ou la la décivilisation des meurs, on en parlait, c'est parler des enfants des autres.
Et parler des enfants des autres, c'est voyou, c'est délinquant qui ne respectent rien, c'est toujours plus commode. En revanche, parler de santé mentale, c'est accepter l'effroyable banalité d'un phénomène. Accepter aussi que son propre enfant, pris de des ordres psychiques puisse commettre un acte criminel.
Et là, c'est beaucoup plus difficile à affronter. C'est même vertigineux. Ouais.
Merci beaucoup Antoine Jean-Baptiste. Julia, on arrive à la conclusion de ce débat avec une vraie question qui est la question de l'impuissance politique ou de l'impuissance publique. Est-ce que pour vous c'est aussi l'un des aspects de ce de de ce débat, ce sentiment que finalement malgré la bonne volonté des uns et des autres, ça n'évolue pas suffisamment vite ?
Et vous ne serez pas surpris qu'en tant que professeur, il y a un domaine dans lequel je pense euh la puissance publique peut agir, ça reste l'éducation nationale. Pour faire écho aussi à à ce qu'on évoquait, je suis assez perplexe sur une mesure d'interdiction des réseaux. Il y a un tas de contournements possibles.
En revanche, moi j'ai constaté dans un lycée dans lequel j'ai enseigné cette année qu'on obligeait, même si c'était difficile les élèves de lycée hein donc qui sont parfois majeurs, à mettre leur téléphone dans une pochette à l'entrée de la salle de cours. Et à mon avis, ce sur quoi il faut travailler et là le cadre scolaire est propice à cela, c'est la capacité à se soustraire pendant quelques heures à ces objets parce qu'on pourra jamais aller vers l'interdiction de site ou autre, il y aura toujours des contournements. Et là-dessus, je pense que il y a une possibilité quand même d'avoir une mesure générale, d'avoir une véritable interdiction de l'usage de téléphone portable dans les collèges, dans les lycées, je ne parle même pas du primaire, et de vraiment appliquer les choses de manière extrêmement ferme et déjà on aura fait beaucoup je pense si on arrive au moins à faire appliquer des mesures de cet ordre.
H sur la question de la la santé mentale, Lauren Laurence Garnier, c'est c'est quoi ? C'est une réforme globale, c'est des moyens. On parlait de du manque d'infirmier ou d'infirmière scolaire.
Bon, très bien. Euh cette réforme globale, vous vous l'appelez vous-même de vos vœux, quelle forme elle pourrait prendre ? Ouais, bien sûr.
Alors, c'est un très très vaste sujet parce que on constate effectivement euh des fragilités mentales notamment chez les jeunes. Ça concerne d'ailleurs pas que les jeunes dans notre société mais notamment chez les jeunes. Donc, une augmentation de jeunes qui demandent à rencontrer soit des psychologues, soit des pédopsychiatres.
Euh et de fait simultanément une une baisse, une insuffisance chronique du nombre de praticiens. Donc il y a une sorte de double effet ciseau avec des insuffisances en matière de psychiatrie et notamment de psychiatrie infantile et une explosion de la demande, on va dire en tout cas de la demande pour certains et du besoin pour d'autres. Donc ça veut dire qu'effectivement il y a une refonte complète euh de ces professions, une revalorisation de ces professions.
J'étais j'ai eu un échange approfondi avec euh avec deux pédopsychiatres Nantaz récemment qui m'expliquaient des difficultés auxquelles elles font face à Nant. C'est 18 mois si vous voulez entamer un un suivi psychologique voire psychiatrique dans le cadre de difficultés que vous ressentez. Bon, en 18 mois, il peut se passer beaucoup de choses.
Il peut se passer notamment des événements comme ceux qu'on a vu hier. Mais au-delà, moi ce que je voudrais juste redire parce qu'on aura pas le temps de faire le tour de la question, la question quand on parle quand avec ma famille politique, avec Bruno Retaillot, on parle autorité, on parle restauration des limites, ma liberté s'arrête ou commence celle des autres. ce qu'on a appris quand on était enfant dans nos livres d'éducation civique est-ce qu'on ne redit pas des droits et des devoirs ce sens du collectif.
Je ne suis pas tout seul. Moi, je crois qu'on est au bout d'une forme d'individualisme qui ne supporte plus aucune frustration. Et donc notre objectif quand on parle d'autorité, mais on pourrait parler aussi, nous avons un enseignant avec nous d'exigence, c'est renouer avec ses droits et avec ses devoirs.
Renouer avec l'exigence. Moi quand j'entends peut-être qu'on peut le dire, quand j'entends un professeur de lycée me dire que faire lire un texte de cinq pages à des élèves de seconde, c'est devenu mission impossible, et ben c'est ça qui est dramatique parce qu'on fait aussi et vous le savez madame le lien entre le nombre de mots maîtrisés par un jeune et son niveau de violence. Moins il y a de mots plus il y a de violence.
Donc l'éducation elle est essentielle. Faisons lire, faisons faire de la philosophie à nos jeunes. Peut-être aussi plus de moyens en l'occurrence sur cette éducation.
Merci beaucoup. Merci à tous d'avoir participé à ce débat et à bientôt sur sur Public Sénat. Oh.
Laurence Garnier