Le budget 2025 était toxique pour les Français ! - Yoann Gillet (BFMTV)
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Chapitres
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Questions et réponses
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- 0:08OuverteRéponse directe
On pourrait dire Emmanuel Macron ce soir, vous attendez quelque chose de cette allocution ?
- 0:55OuverteRéponse directe
Vous y croyez vraiment à mea culpa d'Emmanuel Macron ?
- 1:06OuverteRéponse directe
Beaucoup se demandent quelle est votre stratégie finalement, la tragédie de la terre brûlée ?
- 1:20OuverteRéponse directe
Est-ce que vous êtes prêt à suivre un autre Premier ministre et à vous engager à ne pas le censurer ?
- 2:14OuverteRéponse directe
Justement, il restait une dernière ligne rouge sur la question des retraites. Si le futur Premier ministre acceptait cette concession-là sur les retraites, à ce moment-là, il n'y aurait plus de ligne rouge. Et vous votez ce budget ?
- 2:53RelanceÉludée
Mais monsieur, je me permets de rebondir.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:21Invité politiqueFait
« Parce que la censure, elle est la conséquence non seulement de la tambouille politique qu'Emmanuel Macron a orchestrée à l'entre-deux-tours des élections législatives »
- 0:29Invité politiqueFait
« pour empêcher le Rassemblement National d'avoir une majorité à l'Assemblée Nationale. »
- 0:33Invité politiqueFait
« Et elle est également la conséquence du chantage de la Macronie sur Michel Barnier pour empêcher toute discussion, »
- 0:44Invité politiqueFait
« Et on s'est retrouvé en l'occurrence avec un budget qui était toxique pour les Français. »
- 2:36Invité politiqueChiffre
« La justice fiscale, il n'a pas tenu sa promesse. 40 milliards d'euros de taxes et impôts supplémentaires. »
- 2:40Invité politiqueFait
« En l'occurrence, le budget qu'il nous a présenté venait alourdir le déficit public. »
- 4:32Invité politiqueChiffre
« On a empêché le déremboursement, mais on a empêché également l'alourdissement du coût du travail de 1,5 milliard d'euros. »
- 4:42Invité politiqueChiffre
« On a empêché une taxation plus importante des Français à hauteur de 40 milliards d'euros. »
- 4:47Invité politiqueChiffre
« On a empêché la baisse du budget sur l'agriculture française de 13% que prévoyait Michel Barnier. »
- 8:42Invité politiqueFait
« Je rappelle que les socialistes sont membres du NFP, cette espèce de bloc de gauche qui comprend des députés antisémites, des députés ultra condamnés, des députés anciens dealers, »
- 8:56Invité politiqueFait
« avec des propositions nauséabondes, la suppression de la BAC, le désarmement de la police, »
- 16:53Invité politiqueFait
« Après la fake news qui est sortie il y a quelques semaines, quelques jours, pardon, sur le fait que des gens qui ne payent pas d'impôts jusqu'alors vont en payer. »
- 17:15Invité politiqueFait
« Ce matin, j'étais en plateau avec François Lauglet, qui lui-même disait qu'effectivement, ça n'arriverait pas, parce que le système est suffisamment bien fait, »
Temps de parole
- Yoann Gillet31 %
- Présentateur18 %
- Invité16 %
- Invité 210 %
- Locuteur non identifié8 %
- Locuteur non identifié 27 %
- Locuteur non identifié 37 %
- Locuteur non identifié 42 %
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Je salue mon invité, Yohann Gillet, merci beaucoup d'être là, député du Gard et porte-parole du Rassemblement National. Charles Sapin est à mes côtés également, journaliste politique au point. Un mot sur ce que va dire, on pourrait dire Emmanuel Macron ce soir, vous attendez quelque chose de cette allocution ?
Écoutez, j'attends surtout une prise de conscience d'Emmanuel Macron et qu'il puisse dire aux Français qu'il est responsable de ce que nous vivons. Parce que la censure, elle est la conséquence non seulement de la tambouille politique qu'Emmanuel Macron a orchestrée à l'entre-deux-tours des élections législatives pour empêcher le Rassemblement National d'avoir une majorité à l'Assemblée Nationale. Et elle est également la conséquence du chantage de la Macronie sur Michel Barnier pour empêcher toute discussion, pour déboucher sur un budget qui soit acceptable. Et on s'est retrouvé en l'occurrence avec un budget qui était toxique pour les Français.
Et nous avons donc censuré pour protéger les Français. Donc si le président de la République se comporte bien, il va lui-même avouer ses fautes.
Vous y croyez vraiment à mea culpa d'Emmanuel Macron ?
Ce n'est pas dans son tempérament, mais je pense que ce serait bien pour les Français d'entendre que le président est conscient des fautes qui sont les siennes.
Ce qu'on a entendu plus tôt jusqu'ici dans le camp d'Emmanuel Macron, c'est beaucoup d'attaques à votre égard, à l'égard du Rassemblement National. Beaucoup se demandent quelle est votre stratégie finalement, la tragédie de la terre brûlée, après avoir essayé de vous notabiliser, de vous dédiaboliser. Est-ce que vous êtes prêt à suivre un autre Premier ministre et à vous engager à ne pas le censurer ?
Il n'y a aucune volonté de notre part de mettre le pays dans le chaos. Parce qu'en réalité, le chaos et l'instabilité politique, on la connaît depuis justement cette embouille politique de juillet dernier qui nous a empêché d'avoir une majorité à l'Assemblée Nationale. L'instabilité politique, c'est Emmanuel Macron qui en est responsable. Ce n'est certainement pas le Rassemblement National. Nous, nous avons agi en responsabilité. A l'occasion de ce budget, nous avons proposé un contre-budget très sérieux, chiffré. Michel Barnier lui-même d'ailleurs avait concédé que notre budget était sérieux. Il n'en partageait pas les lignes politiques, c'est bien son droit.
Mais nous avons, nous, en responsabilité, fait des compromis. Nous avons tiré de ce contre-budget une petite dizaine de mesures que nous lui avons présentées et nous lui avons demandé d'agir. S'il avait tenu ses promesses, les trois promesses qu'il avait tenues lors de son discours de politique générale, nous n'aurions pas eu à censurer.
Justement, il restait une dernière ligne rouge sur la question des retraites. Si le futur Premier ministre acceptait cette concession-là sur les retraites, à ce moment-là, il n'y aurait plus de ligne rouge. Et vous votez ce budget ?
Nous l'avons dit, nous étions prêts à faire des compromis. Mais moi, je tiens à rappeler quand même les trois promesses de Michel Barnier. La justice fiscale, il n'a pas tenu sa promesse. 40 milliards d'euros de taxes et impôts supplémentaires. La maîtrise des comptes publics. En l'occurrence, le budget qu'il nous a présenté venait alourdir le déficit public. Et la co-construction d'un budget. Il n'y a pas eu de co-construction puisqu'il a refusé de nous écouter sur un certain nombre de mesures que nous avions pourtant à proposer.
Mais monsieur, je me permets de rebondir. C'est vrai que ce budget n'était pas parfait. Même les équipes du Premier ministre sortant le reconnaissaient dû aux circonstances et dû au peu de marge politique. Mais c'est vrai que vous vous êtes plaint ces dernières années, même ces derniers mois, d'avoir été l'objet de mépris, de ne pas être traité, entendu, considéré comme un parti comme les autres par les différents gouvernements, qu'ils soient de gauche, de droite, de centre.
Et là, c'est vrai que pour la première fois de votre histoire, vous avez un gouvernement, un Premier ministre qui, au su de tout le monde, est entré dans une transaction, une négociation avec vous jusqu'à accorder de très importantes concessions à plusieurs milliards. Et c'est vrai que, malgré ces concessions, votre force politique a décidé de censurer le Premier ministre. Alors, on se pose un peu la question. Qu'est-ce que vous vouliez ? Qu'est-ce que vous cherchez ? C'est-à-dire que le message envoyé, d'ailleurs, possiblement au futur gouvernement, c'est qu'on peut négocier avec le Rassemblement National. De toute façon, ça ne change rien.
Il reste dans un ADN populiste où il veut son unique but est de faire tomber le gouvernement.
Non, ça, c'est votre lecture des choses. C'est une question que je pose. En réalité, il n'y a pas eu de négociation. M. Barnier...
Le déremboursement des médicaments, c'est une concession faite du gouvernement ?
Oui, une concession, une seule. C'est la seule. Il n'y a pas eu de négociation à proprement parler. Il a annoncé cela par voix de presse, ni plus ni moins. Il n'y a pas eu de réelle négociation. On ne s'est pas mis autour de la table. Durant tout le week-end dernier. Marine Le Pen s'est rendue à Matignon, lui a fait des propositions. Il n'a pas répondu sur ces propositions. Et la seule chose qu'il a concédée, c'est la fin du déremboursement des médicaments. Mais moi, ce que je dis aux Français, c'est qu'en censurant, non seulement on a empêché le déremboursement, mais on a empêché également l'alourdissement du coût du travail de 1,5 milliard d'euros.
On a empêché une taxation plus importante des Français à hauteur de 40 milliards d'euros. On a empêché la baisse du budget sur l'agriculture française de 13% que prévoyait Michel Barnier. Donc cette censure, elle a du positif. Mais nous, nous sommes prêts à nous mettre autour de la table pour travailler sur un projet de budget. Parce qu'on est conscient de la réalité politique. Il y a trois blocs dans l'hémicycle, personne n'a de majorité. Donc effectivement, tout le monde doit faire des compromis. Nous, nous avons fait ces compromis. Mais Michel Barnier a claqué la porte.
Et vous avez certainement lu l'interview de son ministre, qui dimanche, de mémoire, disait très clairement que les négociations étaient terminées et qu'il n'était pas question de faire des concessions.
Je voulais qu'on avance sur la suite. Qui, comme futur Premier ministre ? Il y a deux noms notamment qui circulent abondamment, qui font partie des favoris. Et Sébastien Lecornu, actuel ministre des Armées, et François Bayrou, le patron du Modem. Est-ce que ces deux noms-là, vous satisferiez ? Vous satisferiez de ces deux noms-là ?
Moi, je n'ai pas à commenter tel ou tel nom. Ce que je peux vous dire, c'est que ces deux personnes, a priori, n'ont pas craché sur nos électeurs, ne nous ont pas insultés dans le passé. Donc c'est un bon début. Ça veut dire qu'on va pouvoir discuter avec eux. Donc si l'un des deux est nommé Premier ministre, on se mettra autour de la table, on discutera et on avancera pour le bien du pays.
Et Marine Le Pen a été consultée ? Elle a reçu un coup de fil d'Emmanuel Macron ?
Pas à ma connaissance.
On va parler, je vous garde avec moi en plateau. Je voulais parler de ce qui se passe à gauche, à gauche, où le nouveau Front populaire ne parle plus tout à fait d'une même voix. On vous retrouve à l'Assemblée nationale, Anthony Le Boss. La gauche se met en ordre de bataille, mais effectivement, tout le monde n'est pas dans le même rang. Les socialistes, notamment, ont écrit une lettre à Emmanuel Macron. Qu'est-ce qu'ils proposent ?
Oui, c'est le retour des lettres ouvertes, qui peut-être resteront lettres mortes. Un courrier du Parti socialiste a été envoyé directement au chef de l'État, signé notamment par le patron du parti, Olivier Faure. Il y a deux requêtes dans cette lettre. La première, c'est une demande de rencontre avec le président de la République et l'ensemble des chefs de parti du Front républicain de l'été dernier, c'est-à-dire tous les chefs de parti, sauf Rassemblement national, selon le Parti socialiste.
Et puis, deuxième requête, que le chef de l'État, Emmanuel Macron, nomme un Premier ministre de gauche, ouvert au compromis, qui s'engage à ne pas utiliser l'article 49.3, et qui s'engage aussi à établir un accord de non-censure. Et c'est bien sur ce dernier point, l'accord de non-censure, que la gauche se crispe, parce qu'il y a des divergences stratégiques très claires au sein du nouveau Front populaire en ce moment.
Les socialistes, les écologistes et les communistes se rejoignent plutôt sur cette idée d'accord de non-censure pour travailler avec les macronistes notamment, mais sur la base de propositions et de mesures de gauche, ce que réfute et refuse catégoriquement la France insoumise, qui considérerait qu'un travail avec les macronistes, ce serait une rupture avec le nouveau Front populaire et que ça dénaturerait le nouveau Front populaire. Mais écoutez le député PS Philippe Brun qui tente de convaincre les insoumis.
Pour l'instant, LFI est rétif, mais ce que je constate, c'est que les lignes bougent. La question que se pose aujourd'hui à LFI est souhaitent-ils se mettre finalement en contradiction avec le reste de la gauche ? La proposition a été faite par les socialistes, les communistes l'ont acceptée, les écologistes aussi l'ont acceptée. Aujourd'hui, il y a un nombre suffisant de groupes politiques qui appellent à cela. Et je crois que l'intérêt du pays doit prévaloir sur toute considération partisane.
Aucune chance de convaincre les insoumis qui appellent les socialistes, je cite, à revenir à la raison. Alors, vous l'avez dit effectivement, Pauline, clairement, le nouveau Front populaire n'est plus vraiment aligné. Hier, il y avait un Front uni. Aujourd'hui, clairement, toutes les initiatives sont personnelles ou séparées.
Il n'y a par exemple pas de réunion entre les groupes parlementaires de gauche qui est organisée, pas de réunion non plus entre les chefs de parti du nouveau Front populaire, des initiatives personnelles, je vous le disais, avec aussi une autre lettre envoyée par Marine Tandelier directement à Emmanuel Macron, qui est le juge responsable du chaos et qui lui demande aussi une rencontre et un Premier ministre de gauche.
Merci beaucoup, Anthony. Anthony Lebos avec Mathias Martinière à l'Assemblée nationale. Un mot sur la proposition des socialistes. Un Premier ministre issu de la gauche, il est immédiatement censuré par l'Assemblée nationale ?
Nous, nous avons dit très clairement qu'un Premier ministre du NFP serait censuré. Je rappelle que les socialistes sont membres du NFP, cette espèce de bloc de gauche qui comprend des députés antisémites, des députés ultra condamnés, des députés anciens dealers, avec des propositions nauséabondes, la suppression de la BAC, le désarmement de la police, avec des mesures économiques dramatiques qui viendraient anéantir notre pays.
Mais un Premier ministre de gauche, c'est assez large comme définition.
Comment un Premier ministre de gauche pourrait être nommé, alors même que la gauche est ultra minoritaire dans le pays ? Ça, il faut le rappeler.
Un mot là-dessus, Charles Sapin. On sent que le NFP va avoir du mal à survivre. On a toujours ces mêmes dissensions. Est-ce qu'il peut survivre à la pré-censure ?
C'est une vraie question. On voit que là, la France Insoumise et le Parti Socialiste et les écologistes ne sont pas du tout alignés. Et on le comprend, en fait. Si vous voulez, on sort du même rapport de force qui avait lieu au sortir de l'été, où on voit un hémicycle totalement éclaté, mais avec une possibilité, c'est-à-dire une forme de majorité qui irait des écologistes en passant par les socialistes jusqu'au bloc central, où là, vous arrivez à 285 sièges. Et finalement, c'est la majorité la plus proche de la majorité absolue qui est à 289 sièges. Ça a été impossible ces derniers mois et jusqu'à présent, ça l'est encore. Pourquoi ?
Parce que cela voudrait dire que les écologistes et le Parti Socialiste assument de rompre avec la France Insoumise pour faire une forme de retournement d'alliance circonstancielle et s'allier au sein d'une majorité avec le bloc central, c'est-à-dire avec la Macronie. C'est assez compliqué, puisqu'il faut savoir qu'une force politique comme le Parti Socialiste aujourd'hui, n'a pas la puissance pour faire élire seule ses députés. Elle a besoin d'appartenir à un cartel des gauches. Ce qui explique pourquoi le nouveau Front Populaire s'est constitué juste avant les dernières législatives. Là, évidemment, le Parti Socialiste tend la main pour former cette nouvelle coalition.
Il faut voir aussi les codiciles. Est-ce que le Parti Socialiste est prêt à participer à une majorité sans la France Insoumise ? Donc là, vraiment, ça acterait la mort du nouveau Front Populaire. Il faut savoir que de l'autre côté, le bloc central, ex-bloc central, en tout cas les élus macronistes, mettent comme condition ferme de ne participer à aucune majorité, à aucun gouvernement où il y aurait des membres de la France Insoumise.
En tous les cas, le président est sommé d'agir vite, de toutes parts, du côté de son entourage également. Mais en attendant, à Matignon, c'est toujours Michel Barnier qui est Premier ministre, même s'il est désormais Premier ministre démissionnaire. Edgar Pequet, vous êtes sur place. Il est au travail finalement jusqu'au bout, jusqu'à ce qu'un successeur soit désigné ?
Oui, parce que Pauline, on l'a appris il y a quelques minutes, le président de la République a pris acte à accepter la démission de Michel Barnier, le Premier ministre qui va continuer en quelque sorte à gérer les affaires courantes jusqu'à ce qu'un autre gouvernement soit nommé. Le Premier ministre Michel Barnier qui s'est entretenu pendant plus d'une heure ce matin avec le président de la République à l'Élysée, c'est là qu'il lui a présenté officiellement sa démission parce que oui, on le rappelle, quand une motion de censure est adoptée, le gouvernement devient directement démissionnaire.
Alors oui, on peut dire en quelque sorte que Michel Barnier est en train de faire ses cartons, même s'ils seront faits rapidement parce que Michel Barnier n'avait en fait jamais emménagé ici à l'hôtel de Matignon, c'était simplement pour lui des bureaux. Et puis Michel Barnier savait que son temps était compté, que son bail à Matignon était limité. Il le rappelait d'ailleurs souvent en déplacement que tout pouvait s'arrêter pour lui du jour au lendemain. Michel Barnier qui par ailleurs devait être aujourd'hui et demain en déplacement à Rome en Italie avec Giorgia Meloni. Un voyage officiel, vous l'imaginez, qui a été annulé.
Merci beaucoup Edgar Becket à Matignon avec Michel Barnier, donc Premier ministre démissionnaire. On va maintenant prendre la direction de Marseille. À Marseille où, comme dans d'autres nombreuses villes de France, on a manifesté aujourd'hui, manifestation de la fonction publique, la mobilisation qui a été très suivie, notamment dans l'éducation nationale. Alexis Plouyette, quelle était la tonalité dans la manifestation ? Est-ce que les manifestants attendent quelque chose du nouveau gouvernement ?
Alors écoutez, on a senti globalement beaucoup de défiance des manifestants et de manière générale des Français à l'égard de la classe politique. On a été à la rencontre des Français depuis hier à Toulon, hier avec Anne Boisiz et aujourd'hui à Marseille, de la défiance parce qu'ils disent que les politiques défendent leurs intérêts mais ne pensent pas trop à l'intérêt général. C'est ce que nous ont dit des manifestants. On a senti de l'inquiétude et de la colère. De l'inquiétude parce qu'on rentre dans une période d'incertitude et ça, ce n'est pas très rassurant. Et de la colère, beaucoup ont dit que c'était le président de la République, Emmanuel Macron, qui était responsable de tout ça.
Après cette dissolution, voilà ce que nous ont dit un petit peu les Français. Donc hier à Toulon, c'était plutôt des gens de sensibilité de droite qui avaient voté RN, nous ont dit. Et puis ce matin, plutôt, vous l'avez dit, des profs plutôt de sensibilité de gauche et beaucoup nous disaient que c'est maintenant qu'il faut manifester pour faire changer les choses, pour mettre la pression en quelque sorte pour l'équipe à venir, pour le prochain gouvernement. Écoutez, c'est quelques témoignages qu'on a recueillis ce matin pendant la manifestation à Marseille. Je manifeste pour les ouvriers et pour les gens qui sont pauvres en précarité. On en a marre de vivre avec le SMIC.
On en a marre de la pauvreté, ce n'est plus possible ça. Il faut que ça change. C'est surtout quand il n'y a plus de gouvernement qu'il faut manifester. C'est à ce moment-là qu'il faut changer les choses.
Il y a de la colère, c'est sûr, mais il y a aussi un peu d'espoir. On se dit qu'à un moment donné, on va y arriver.
Et en tout cas, beaucoup nous ont dit qu'ils écouteront Emmanuel Macron ce soir et qu'ils espèrent qu'il va nommer rapidement un Premier ministre pour sortir de cette période d'incertitude. Et puis, beaucoup nous ont dit qu'ils espéraient que le Président entendrait le verdict des urnes du mois de juillet dernier après les élections législatives.
Merci beaucoup Alexis Plouillette de Marseille. On va tout de suite à Paris, dans le cœur de la mobilisation à Paris. On vous retrouve, Anne-Laure Bans, Anne-Laure, là aussi. Manifestation qui rassemble beaucoup de monde. Et la crise politique, elle est dans tous les esprits ?
Oui, effectivement, une très forte mobilisation des fonctionnaires de la fonction publique. Tous les corps de métier sont représentés de la santé aux agents territoriaux, en passant par les enseignants, les professeurs qui se sont énormément mobilisés. Aujourd'hui, effectivement, il y a cette situation politique très chaotique dans toutes les têtes. Mais l'intersyndicale, notamment par le biais de Sophie Binet, la secrétaire générale de la CGT, a aidé les hommes politiques. Ils ont besoin d'une réponse concrète sur les vraies problématiques qui concernent ces fonctionnaires, notamment avec qui nous avons pu échanger.
En tous les cas, vous le voyez, il y a une très, ces fonctionnaires, qui vous l'entendez actuellement, notamment au micro d'un des manifestants, qui demandent. Là, Emmanuel Macron ne se rend pas compte que cette instabilité politique paralyse toutes les décisions qui pourraient être prises pour améliorer leur quotidien.
Merci beaucoup, Anne-Laure, Anne-Laure Bans, au cœur de la mobilisation parisienne. Un mot rapidement, Yohann Gillet, qu'est-ce que vous leur dites aux Français qui sont inquiets, qui étaient peut-être pour certains d'entre eux favorables à la censure, mais qui sont inquiets sur l'avenir de la France ?
Je leur dis que cette censure était malheureusement nécessaire. Moi, j'aurais aimé, comme mes collègues, ne pas avoir à censurer. Mais pour protéger les Français, justement, pour qu'ils ne payent pas toujours plus d'impôts, eh bien, il a fallu censurer. Maintenant, je leur dis aussi qu'on a un pays qui a des institutions qui sont fortes, que la continuité de l'État, elle est assurée, que la Constitution prévoit tous les cas de figure, qu'un nouveau Premier ministre va être nommé, et que les choses vont avancer.
Qui ne payeront pas forcément plus d'impôts à partir du 1er janvier ?
En tout cas, qui ne payeront pas plus, dû au budget de Michel Barnier. Après la fake news qui est sortie il y a quelques semaines, quelques jours, pardon, sur le fait que des gens qui ne payent pas d'impôts jusqu'alors vont en payer. Je crois que beaucoup d'économistes, d'ailleurs, reviennent sur le sujet. Ce matin, j'étais en plateau avec François Lauglet, qui lui-même disait qu'effectivement, ça n'arriverait pas, parce que le système est suffisamment bien fait, et donc les fake news que l'on portait par la Macronie, vous savez, il ne faut pas que les Français y croient.
Il y a beaucoup de fausses informations qui ont été diffusées, sur les cartes vitales qui ne fonctionneraient plus au 1er janvier, etc. Tout ça, il ne faut pas y croire. En revanche, il y a une instabilité politique. Ça, c'est réel, mais elle n'est pas due à la censure. Elle est due aux dernières élections législatives.
Elle est comme due un petit peu à la censure, puisqu'il n'y a plus de Premier ministre, et qu'il n'y a plus de budget non plus pour 2025.
Il y a toujours un Premier ministre qui gère les affaires courantes, et on aura un nouveau Premier ministre prochainement, et il y aura un budget en 2025, parce que ne pas avoir de budget, ça n'existe pas en France. Dans le pire des cas, et ce serait un moindre mal d'ailleurs, le budget 2024 serait reporté sur 2025.
Merci beaucoup.
Yoann Gillet