Grégory Doucet, maire de Lyon : “L’État doit assurer la sécurité des commerçants”
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 10 %Défensif 60 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 88 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:00OuverteRéponse directe
Qu'est-ce qui ressort de cette réunion avec le Premier ministre ? Êtes-vous satisfait des échanges ?
- 0:45OuverteRéponse partielle
Le Premier ministre a-t-il donné des annonces sur les lycéens et le pouvoir d'achat ?
- 2:07OuverteRéponse directe
Avez-vous obtenu des réponses sur les dysfonctionnements du weekend dernier en matière de gestion de l'ordre ?
- 3:35OuverteRéponse directe
Vous avez demandé plus de forces de sécurité. Le Premier ministre a-t-il répondu ?
- 4:20OuverteRéponse directe
L'interdiction des manifestations à Lyon est-elle une décision que vous jugez responsable ?
- 5:04OuverteRéponse directe
Demain, vous allez demander au préfet de lever l'interdiction de manifester samedi à Lyon ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 3:35Locuteur 2Fait
« j'ai entendu trop de commerçants lyonnais me raconter la même histoire à savoir pendant que leur magasin était pillé, il ne voyit pas l'ombre d'un policier à l'horizon et ça a pu durer 15 30 minutes, parfois même 1 heure »
- 5:04Locuteur 2Fait
« le Premier ministre a bien partagé avec nous le fait que pour les grandes villes Paris, Lyon et Marseille, ne pas offrir la possibilité aux gens de manifester ne lui semblait pas approprié et même à vrai dire impossible »
- 9:25Locuteur 2Fait
« nos polices municipales, elles sont en charge de la tranquillité publique. Elles sont aussi affectées à des missions de protection des bâtiments publics »
- 11:33Locuteur 2Fait
« la police municipale a vraiment fait ce qu'elle avait à faire samedi »
- 13:01Locuteur 2Fait
« tous les services de la ville qui avaient une responsabilité à prendre à la fois pendant et après les événements ont été au rendez-vous »
Temps de parole
- ?100 %
≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Euh, bonsoir Grégory Douussé. Vous avez été reçu cet après-midi par Sébastien Lecnu avec le maire de Paris, Emmanuel Grégoire, le maire de Marseille, Benoît Paillant. Tous les trois, vous aviez demandé des comptes euh au gouvernement sur la stratégie de maintien de l'ordre après les sacages dans dans vos villes respectives. Qu'est-ce qui ressort de de cette de cette réunion ? Est-ce que vous êtes plutôt satisfait de ces échanges avec le Premier ministre ? Bah, d'abord, on a pu rentrer euh à la fois dans le fond euh sur la question des réponses euh aux mouvements sociaux, mais aussi sur la question de la gestion euh alors du du weekend dernier bien sûr, mais euh du weekend qui vient. D'abord sur le fond, on on a pu rappeler
euh au Premier ministre l'importance qu'il y ait des réponses qui soient apportées euh pas simplement aux manifestants mais en fait aux lycéens et aux lycéennes parce que le le premier mouvement social, c'est celui-là. Euh là-dessus, sans rentrer dans le détail parce que le le c'est c'est le premier ministre ou le ministre de l'éducation qui feront des annonces mais et et le premier ministre ne nous en a donné ne nous a pas donné la primeur, vous vous en doutez bien, mais euh il nous a dit que rapidement des annonces allaient être faites. Donc sur ce plan-là, je peux pas vous dire que je suis rassuré parce que tout va dépendre du contenu bien évidemment, mais en tout cas, il a pu nous dire que ça allait venir et ça allait venir dans un délai assez court.
de la même façon sur les questions du pouvoir d'achat qui vous le savez ont aussi inquiète aussi beaucoup beaucoup de françaises de Français. Il nous a dit qu'il allait avoir des annonce complémentaire. Là encore une fois je peux pas commenter le le détail d'annonce qui que je n'ai pas reçu. En revanche, il nous a assuré qu'il allait revenir vers les Françaises et les Français rapidement. et sur les vous réclamiez notamment la transparence sur les les dysfonctionnements du du weekend dernier en matière de gestion de l'ordre, en matière de d'anticipation, est-ce que là vous avez obtenu des des réponses ? Alors, je vais vous dire ce que j'ai apprécié, c'est la posture d'humilité du Premier ministre dans le sens où il a
reconnu que sur toute la partie anticipation, recueil d'information en amont, mais aussi gestion des pillages des destructions dans l'espace public, et ben il fallait revoir une partie des modalités opératoires. Euh et on l'a bien évidemment interrogé là-dessus parce que enfin on a insisté sur le fait que on avait besoin d'éléments de diagnostic pour nous rassurer sur la capacité de l'État des des forces de sécurité à prévoir la prochaine séquence et à pouvoir agir dessus. Voilà. Là-dessus, on a bien évidemment en tant que maire de grande ville demander à ce qui est des dispositifs de sécurité qui soient à la
hauteur. Donc là encore une fois, on n'est pas rentré dans le détail des chiffres. Euh mais il nous a euh dit que sur Paris Lyon et Marseille, il y aurait plus de force. Voilà, c'était une attente forte. Encore une fois, moi j'attends de voir dans la réalité et et dès demain, je serai en lien avec le le préfet de région à Lyon pour voir comment cela se traduit en acte. On l'a aussi beaucoup interpellé sur la question des modalités d'intervention, notamment sur la nécessité d'avoir des forces de sécurité qui soit plus agile parce que moi, j'ai entendu trop de commerçants lyonnais me raconter la même histoire à savoir pendant que leur magasin était pillé, il ne voyit pas l'ombre d'un policier
à l'horizon et ça a pu durer 15 30 minutes, parfois même 1 heure. Bon, ça on a bien dit au au Premier ministre que ça c'était pas possible et donc il y a besoin d'une agilité plus grande de la police qu'elle puisse se projeter rapidement sur les sites où il y a des dégradations qui sont commises. Donc vous avez obtenu notamment pour ce weekend plus de force de l'ordre. Donc à voir précisément quel sera le dispositif avec le préfet. Vous aurez le chiffre demain, sachant que le préfet décision d'interdire toute manifestation ce samedi à Lyon. Est-ce que c'est une décision que vous jugez vous responsables sur ce sujet ? Ce sur ce sujet, on l'a
évoqué avec le premier ministre. Le premier ministre a bien partagé avec nous le fait que pour les grandes villes Paris, Lyon et Marseille, ne pas offrir la possibilité aux gens de manifester ne lui semblait pas approprié et même à vrai dire impossible. Donc sur la la question de la possibilité pour les manifestants de se retrouver samedi après-midi à Lyon sur cette questionlà, et bien on va en discuter demain avec le préfet. Moi, je ne suis pas favorable à ce qu'on interdise a priori euh les manifestations parce que les gens ont des choses à dire. Le le droit de manifester est un droit inscrit dans notre Constitution et qui c'est à euh c'est à l'état de garantir sa bonne application. On peut comprendre que la situation, elle est inédite. On on l'a
suffisamment dit la semaine dernière. pour autant euh permettre aux gens de manifester pour moi est essentiel qui plus est dans les grandes villes. Euh donc c'est de ça dont il va être question avec le préfet demain. Vous allez demander demain dit le premier ministre, je pense qu'on devrait pouvoir manifester samedi. Donc demain, vous allez demander au préfet de lever cette interdiction de manifester samedi à Lyon. Alors à ma connaissance, mais vous savez, c'était le l'information que j'avais avant de rentrer rentrer dans le dans le bureau du premier ministre, l'arrêté n'était pas formellement pris. Donc je à l'heure qu'il est, vous savez, je je sors du bureau là, je viens à votre rencontre. J'ai pas encore eu le temps de prendre connaissance de ce qui a été décidé ou pas, mais à ma
connaissance, l'interdiction n'est pas encore formellement prise. Mais donc, vous dites selon vous, samedi, les gens pourront manifester à Lyon. C'est ce que je souhaite. C'est ce que je souhaite parce que je pense que il nous il nous faut pouvoir garantir ce droit constitutionnel. [raclement de gorge] Qui des couvrefeu également ? Est-ce que vous soutenez cette mesure qui a été prolongée encore ce soir à à Lyon par le préfet et bon qui semble fonctionner hein puisque le calme est revenu ? Alors, j'ai eu cette discussion en début de semaine avec le prof le le préfet sur le le couvre-feu. Je lui ai immédiatement dit que cette mesure, on pouvait l'envisager notamment parce qu'il s'agissait de rassurer les
commerçants et les commerçants qui pour certains avaient connu des tentatives de pillage le lendemain hein, pas le samedi mais le dimanche et donc c'était essentiel de pouvoir leur apporter ben la garantie qu'il n'allait pas de nouveau être l'objet de de pillage. J'avais simplement moi initialement demandé au préfet de ne pas faire commencer ce couvre-feu à 21h mais à 23h pour permettre aussi au restaurateur de pouvoir accueillir des gens dans leur restaurant. Il avait commencé par l'établir à 21h et puis là depuis hier le couvre-feu commence à 23h. Donc voilà, je pense qu'on est encore dans une fenêtre où on peut entendre que qu'un couvre-feu peut être acceptable. Après, faut pas que ça devienne bien évidemment une mesure pérenne. Euh et je
pense que euh une fois qu'on aura vu ce qui se passera samedi et je pense qu'on peut créer les conditions pour que ça se passe bien samedi, on pourra laisser [raclement de gorge] euh les euh les couvre-feux derrière nous. Euh oui, monsieur le maire, j'aurais voulu savoir est-ce que dans cet entretien, il a été question avec vous les trois maires des principales villes françaises de du recours à de l'auto à des moyens d'autodéfense par de nombreux commerçants ce qui pourraient être facteur de conflictualité euh accru dans dans ces manifestations ? Est-ce que ce thème-là a été abordé dans votre réunion ? Non, on l'a pas abordé. On l'a pas abordé pour élaborer dessus. On on en a on s'en est fait l'écho auprès du premier ministre
tout simplement parce que on l'a entendu ici et là de la part de de certains commerçants qui disaient bah si personne ne peut me protéger, je vais me protéger moi-même. Mais on a rappelé bien évidemment au Premier ministre que c'est d'abord à la puissance publique, à l'État et à la police nationale d'assurer la sécurité et donc de de maintenir l'ordre pour certainement certainement pas que chaque personne s'occupe de la sécurité de son propre commerce. Quand bien même certains bien évidemment doivent sécuriser leur commerce, ça c'est ça c'est une chose, mais on ne peut pas assurer sa propre défense face à face à des pilleurs ou à des casseurs. C'est à la police de le faire. [grognement] Bonsoir monsieur le maire. Une question,
on a on a bien compris que votre message était de dire que la sécurisation revenait au premier chef évidemment au gardien de la paix, à la police. Ah, je ne suis pas sûr que le maire de Lyon soit encore avec nous. Si c'est bon. Si si, j'allais aborder la question de la police municipale qui a fait l'objet d'une une forme de controverse dans les lendemains immédiats du du 17 octobre. Est-ce que vous avez évoqué cette problématique là avec le premier ministre ? [grognement] Oui, on on l'a évoqué parce que finalement dans beaucoup de communes, c'était c'est le cas à Paris, Marseille et même dans d'autres villes, certains tentent de créer une polémique qui est assez assez déplorable sur enfin autour
de de nos polices municipales. Nos polices municipales, elles sont en charge de la tranquillité publique. Elles sont aussi affectées à des missions de protection des bâtiments publics. moi à Lyon, elles ont pu être en en marge des opérations de maintien l'ordre, se positionner en en tant qu'auxiliaire de la police nationale ou des gendarmes. Mais en aucun cas, les policiers municipaux ne sont équipés, habilités, formés pour faire du maintien de l'ordre. Donc euh aller pointer les policiers municipaux pour dire ils n'ont pas été euh euh ils ne se sont pas projeter pour faire du maintien de l'ordre, c'est totalement absurde.
Voilà. Euh et euh le Premier ministre en a convenu, certains dans alors je vais dire je veux pas parler au nom de du maire de Paris et du maire de Marseille, mais en tout cas à Lyon, certains agitent euh cette idée pour polémiquer à mon sens inutilement hein de manière politicienne et je crois que c'est la pire chose à faire pour nos polices municipales. Je peux vous assurer qu'elles Lyon, elles ont eu un rôle crucial pour défendre des bâtiments publics en premier lieu et c'est ce qu'elles continueront à faire pour venir en appui de la police nationale. Mais ne blâons pas des des fonctionnaires territoriaux qui ont été aussi extrêmement engagés sur le terrain et qui ont assuré des missions de
tranquillité publique essentielles pendant que et bien on pouvait dans certains quartiers déplorer des pillages et de la destruction de de dans l'espace public. Il y a euh effectivement des des opposants euh politiques qui ont pointé du doigt le manque d'effectif de de la police municipale, mais on a entendu de la colère aussi euh de la part des commerçants euh des habitants de de Lyon euh au lendemain du 17 octobre quand vous êtes allé à la rencontre de ces commerçants, vous avez essuyé un certain nombre de de de sifflés quand vous êtes venu constater les les dégâts. On a même cette vidéo qui a fait beaucoup de vues où on voit un un commerçant vous interpeller avec des mots des mots très forts, hein, où il dit "Vous êtes la honte de la France, vous devez
démissionner." Est-ce que est-ce que vous niez aujourd'hui toute part de de responsabilité de la municipalité dans les événements du weekend dernier où est-ce que vous reconnaissez que vous auriez peut-être pu faire mieux vous aussi du point de vue de la la municipalité ? Alors, vous savez moi la la colère la colère l'effroid même que j'ai pu entendre dans enfin le dimanche matin mais même dès le samedi. Moi j'ai passé mon samedi à la fois auprès des agents de la ville notamment dans le dans notre système de vidéosurveillance. les les images euh les images des des commerces attaqués et pillés, je les
voyais en direct euh et j'ai vu à quel point je vous le disais tout à l'heure euh à la fois les policiers nationaux mais aussi les policiers municipaux étaient étaient réactifs pour assurer pour protéger. Donc sur ce volet là je peux pas vous dire que on n' pas fait le le job. Au contraire, la police municipale a vraiment fait ce qu'elle avait à faire samedi. Elle l'a fait aussi dimanche, figurez-vous, puisque il y a eu des patrouilles notamment en centre-ville qui ont d'ailleurs donné lieu à certaines arrestations euh d' de de de personnes qui cherchaient encore des lieux à non pas casser mais à piller, hein. Donc il y a eu les arrestations du samedi, il y a eu celle du du dimanche. Moi, j'ai eu des équipes municipales à
pied-dœuvre notamment pour aller sécuriser l'office du tourisme de Lyon qui, vous le savez, a été pillé puis incendié. Il a fallu sécuriser le lieu, tout de suite engager les expertises pour voir si le bâtiment allait s'effondrer ou pas. Bref, tous les services de la ville qui avaient une responsabilité à prendre à la fois pendant et après les événements ont été au rendez-vous. Moi, j'ai la chance de pouvoir m'appuyer sur des fonctionnaires de très grande qualité à la ville de Lyon, avoir une administration qui sait être réactive euh et ça a été le cas, ça je peux vous en assurer. Après, il y a eu de la colère, c'est normal. C'est normal parce que quand un commerçant perd euh l'intégralité de à la fois son stock, voit sa boutique
euh criblé d'impact de pavé totalement détruite, bah qui ne qui ne serait pas en colère ? Et quand vous avez un représentant des pouvoirs publics, en l'occurrence un maire qui vient ensuite le lendemain matin découvrir enfin faire l'état des lieux des dégâts, bah votre colère, elle sort à ce moment-là. Donc je quelque part c'est aussi mon rôle de l'accueillir et ensuite et bien comme je l'ai fait aujourd'hui auprès du premier ministre et bien d'aller trouver des réponses à la fois sur ce qui s'est passé mais aussi des réponses sur comment est-ce qu'on prépare une possible prochaine séquence comment comment on fait en sorte qu'il n'y ait pas bis répétita samedi prochain. Merci beaucoup Grégory Doussé d'avoir répondu à à nos questions
et on retient que vous allez vous entretenir avec le le préfet dès demain pour discuter de ce dispositif de policier et sur votre volonté de maintenir la manifestation euh lundi malgré ces appels à interdiction évoqué ce matin par Emmanuel Macron. M.