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interviewEurope 1 — La Grande interview· 9 juin 2026 21 min

La grande interview de Laurence Ferrari avec Jean-Philippe Tanguy

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Locuteur 2

Europe 1 La grande interview Europe 1 C News Laurence Ferrari Notre invité ce matin dans la grande interview sur C News et sur Europe 1 c'est Jean-Philippe Tanguy Bonjour à vous. Bonjour madame. Et RN de la Somme des milliers de français ont manifesté hier devant les palais de justice devant les tribunaux pour dire leur colère leur colère face au dysfonctionnement de la justice qui ont mené à la mort tragique de Liana 11 ans. Est-ce que vous étiez dans ces cortèges ?

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Locuteur 1

Est-ce que vous avez manifesté ? Non nous ne souhaitions pas manifester je pense que c'est C'est une cause importante ? Oui bien sûr mais c'était un émoi populaire. Moi je peux témoigner dans ma circonscription de l'immense chagrin des français qui soutiennent la famille à qui on pense encore, aux proches aux habitants qui sont légitimement en colère effectivement face à cette tragédie qui aurait pu et qui aurait dû être évité. C'est-à-dire que chaque jour qui passe et les révélations qui sont faites démontrent que ce monsieur n'aurait jamais dû être dans la nature et il aurait dû être interpellé depuis longtemps.

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Locuteur 2

C'est différent Jean-Philippe Tanguy et qu'est-ce que le RN propose dans son programme ? Pour l'instant il n'y a pas grand chose sur ce qui concerne la justice. Qu'est-ce que vous proposez pour que plus jamais ça ? Mais contrairement

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Locuteur 1

à ce qu'a dit monsieur Macron avec des déclarations qui m'ont beaucoup choqué il y a un problème énorme de moyens la justice française est pauvre. On reviendra sur la responsabilité des magistrats. Depuis 20 ans ou 30 ans on est d'accord ?

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Locuteur 2

Oui mais enfin c'est quand même

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Locuteur 1

10 ans madame presque de pouvoir 5 ans avec aussi des responsabilités au ministère de l'économie et du budget puis c'est une philosophie générale on y reviendra. Mais les moyens il faut quand même en avoir conscience parce que j'ai vu beaucoup d'hommes et de femmes politiques se défausser sur les magistrats. Ils ont une part de responsabilité on pourra y revenir. Vous n'accablez pas les magistrats dans leur entreprise. C'est trop facile si vous voulez. C'est trop facile. La justice française est pauvre. Notre voisin l'Allemagne consacre encore quasiment le double 140 euros par habitant. Nous 80 euros par habitant à la justice. On a 3 fois moins de procureurs que la moyenne européenne.

2 fois moins de juges que la moyenne européenne et les moyens d'investigation sont très faibles. Hier un rapport a été rendu public de l'été 2022 commandé par la CIVIS qui est la commission spécialisée sur les violences sexuelles et les incestes. Et ce rapport est très clair. Les enquêteurs n'ont pas de moyens. Vous avez un classement des dossiers qui peut varier de 50 à 84%. Je ne sais pas si on se rend compte. 84% des dossiers. Vous emmenez votre enfant qui a subi et qui veut témoigner, qu'elle a le courage de témoigner des violences qu'il a subies. Il témoigne. Et la parole de cet enfant n'est pas crue ou est classée sans suite. Dans 84% des cas... Par manque de moyens ?

Bien évidemment, par manque de moyens. On a appris par exemple qu'à Valenciennes, vous avez 900... Pour la seule juridiction de Valenciennes, vous avez 900 plaintes sur violences sexuelles contre les enfants qui sont en attente de traitement. Comment voulez-vous que les policiers le fassent dans ce rapport ? C'est très important. Il y a de l'humain. Ça parle de la condition des conditions de travail et des ressources des enquêteurs. Vous êtes policier, vous êtes gendarme. Mettez-nous à leur place. Vous devez traiter toute la journée des violences contre les enfants. Vous devez vérifier le contenu d'ordinateur avec des contenus pédocriminels épouvantables.

Imaginez les conséquences sur la vie de ces enquêteurs. Pareil pour les magistrats. Comme les magistrats. Donc s'ils sont débordés, comment voulez-vous supporter une telle charge, une telle responsabilité ? Donc pas de bouc émissaire

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Locuteur 2

aujourd'hui. Vous ne cherchez pas de bouc émissaire du côté

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Locuteur 1

des magistrats. Non, mais c'est qu'on ne peut pas donner les moyens et après accabler quelqu'un qui n'a pas eu les moyens de l'enquête. Même si la responsabilité des magistrats, aucune profession ne doit être surprotégée. L'indépendance de la justice est tellement précieuse qu'elle doit donner lieu à un grand sens des responsabilités. Mais c'est trop facile de venir dire on a tout bien fait et il y a des moyens qui vont avec.

Depuis MeToo, moi j'étais un des rares hommes politiques à droite, parce que malheureusement on n'a pas été nombreux, à soutenir, en tout cas entendre le mouvement MeToo parce que moi dans ma vie j'ai assisté à des choses absolument épouvantables et effectivement il y avait une minimisation de la parole des victimes de violences sexuelles aussi bien des femmes que des enfants. Donc les plaintes ont considérablement augmenté de plus de 130% sur 10 ans. Les moyens n'ont pas suivi.

Alors on ne peut pas appeler publiquement sur tous les plateaux télé les victimes à se faire connaître et ensuite ne pas donner les moyens pour que cette parole non seulement soit entendue, respectée, mais surtout qu'elle donne lieu évidemment à un traitement pénal. Ma question était

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Locuteur 2

Jean-Philippe Tanguy, que propose le RN ? Combien de magistrats voulez-vous en plus ? Il y en a environ 8000 aujourd'hui dans notre pays. Combien de plus en faut-il ? Combien de procureurs ? Quels moyens comptez-vous à la justice pour éviter ces dysfonctionnements ?

4:28
Locuteur 1

Marine Le Pen s'est engagée sur une hausse de 50% sur un mandat. Nous en avons discuté hier et je pense que nous continuerons sur ce mouvement. 4000 magistrats de plus ? Mais nous voulions doubler notamment les juges par exemple pour revenir sur la moyenne européenne. Je pense que cette promesse tient toujours mais il y a aussi un... Il faut 5-6 ans pour former un maillot. Absolument, mais c'est pour ça qu'on n'avait pas dit qu'on venait des promesses irréalistes. Nous n'avons pas dit que par exemple nous pouvions tripler le nombre de procureurs comme il faudrait le faire pour être dans la moyenne européenne.

Évidemment, Marine Le Pen est avocate, elle connaît bien les temps de formation, les réalités de la justice mais il faut tenir dans les économies qu'il faut faire sur tant de secteurs, il faut tenir sur le secteur de la justice et puis aussi hors inflation parce que Madame Ferrari, vous suivez ici l'actualité, vous connaissez à quel point l'inflation a dévoré nombre de budgets, il faut tenir ça hors inflation sinon ce sont des promesses en l'air. Sinon ce sont des promesses en l'air. Si vous dites on augmente de 200 le budget et puis que vous avez 30 qui est pris sur l'inflation, ce sont des promesses en l'air.

Donc il faut aussi être de bonne foi sur ce sujet-là car c'est la vie des gens évidemment, c'est la sécurité de nos enfants, c'est la sécurité des familles et c'est insupportable. Permettez-moi par exemple d'avoir un mot contre toute cette logique de déresponsabilisation qui vient souvent d'idéologie de gauche, qui explique que c'est le patriarcat notamment le terme systémique qu'on emploie partout comme si la société française, la civilisation française tolérait ces violences. Ce n'est pas le cas.

Les familles françaises, les pères de famille, puisqu'on parle d'eux avec le patriarcat, n'ont pas démissionné surtout n'acceptent absolument pas ces violences, sont révoltés, sont écoeurés et on ne comprend pas c'est aussi ce qui vient du terrain évidemment et je pense que vous le sentez Mme Ferrari, parce que je sais que vous êtes aussi sensibilisés à juste titre sur ces questions et que vous alertez depuis longtemps, sont écoeurés par la banalisation des violences contre les enfants et il n'y a pas de patriarcat. Les pères de famille en France ne tolèrent pas, n'acceptent pas ces violences et c'est inadmissible de dire que c'est la faute à tout le monde.

Parce que quand c'est la faute à tout le monde, Mme Ferrari, vous savez très bien que c'est le début de dire que c'est la faute de

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Locuteur 2

personne. Mais Jean-Philippe Tanguy, ce que disent les Français c'est qu'il faut renverser la table. Absolument. C'est qu'il faut que le système soit refondé de A à Z. Est-ce que vous avez cette volonté ? Là pour l'instant dans ce que vous me dites, je ne le sens pas.

6:30
Locuteur 1

Ah bon, bah écoutez, moi j'essaie de ne pas être notamment de rester calme. Mais comment on évite

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Locuteur 2

les dysfonctionnements ? Ce n'est pas une question de moyens,

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Locuteur 1

uniquement de moyens. Je pense que c'est

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Locuteur 2

la volonté politique. Oui, mais je pense que

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Locuteur 1

c'est avant tout quand même une question de moyens. Et que si vous dites dans une circulaire comme l'a fait M. Darmanin, le narcotrafic est prioritaire, les violences contre les personnes sont prioritaires au sein de ces violences, les violences contre les enfants, tout est prioritaire. Donc plus rien ne l'est. Et évidemment qu'on a la volonté Mme Ferrari, c'est juste que j'essaie peut-être, je me suis mal exprimé, de ne pas faire de récupération sur un sujet aussi grave et de ne pas dire qu'il y a de formule magique.

Faire des choix budgétaires, c'est peut-être moins impressionnant que de réclamer des mesures punitives sauf que c'est la seule mesure de responsabilité et c'est la seule façon dans la durée de résoudre les problèmes. Et puis aussi évidemment ce que nous disons depuis longtemps avec Marine Le Pen et Jean-Tan Bardella, c'est évidemment aussi le fait de construire en urgence des places de prison qui permettent de mettre une politique pénale en lien parce que si les prisons sont pleines de crapules, et bien vous ne pouvez pas comment dire, les juges sont limités dans leur capacité à mettre en prison des gens dangereux sur les violences sexuelles et familiales.

7:33
Locuteur 2

Charles Darmanin annonce qu'il a compté 4000 places de prison en un an. 4000 places de prison en un an. Vous contestez le chiffre ?

7:38
Locuteur 1

Oui, je conteste le chiffre. Je ne conteste pas ses déclarations, mais je conteste le chiffre. Monsieur Darmanin est dans une opération de déminage et de protection de sa personne depuis une semaine, jetant à pâture les uns et les autres. Il est au gouvernement avec d'autres depuis 10 ans. Il ne sait pas de quoi il parle, non ? Je ne dis pas qu'il ne sait pas de quoi il parle. Je dis que, par exemple, le rapport qui a été publié hier par vos confrères et vos consoeurs journalistes, il a été caché par Monsieur Darmanin et Monsieur Dupond-Moretti depuis 2022. Donc pourquoi ils ont caché ce rapport ? C'est comme sur le narcotrafic, d'ailleurs.

Quand un certain nombre de magistrats prenaient la parole pour alerter sur les moyens aussi, pas en adéquation avec les promesses, qu'est-ce qui s'est passé ? Monsieur Dupond-Moretti, il les a réprimandés et il a fait office de son autorité, utilisé son autorité, pardon, non pas pour entendre les magistrats mais pour cacher la misère sous le tapis. Donc voilà, les personnels politiques en cause aujourd'hui mettent tout sous le tapis, ne veulent pas voir la violence et puis il y a aussi, comment dire, un certain nombre de partis politiques qui n'ont pas pris conscience de la réalité.

Moi, je dénonce régulièrement ce qui s'est passé à Paris et le fait que la municipalité de gauche a pu faire sa petite campagne sur le pays scolaire en étant très peu mis en cause, notamment dans un certain nombre de médias de gauche. Ils ont pu faire leur campagne protégée et une majorité de Parisiens a voté pour ces gens. Moi, je le dis pas parce qu'ils sont de gauche, mais le fait qu'une majorité de Parisiens ait voté pour une équipe sortante qui avait volontairement caché, dissimulé, protégé un certain nombre de réseaux pédocriminels et de trafic d'enfants, c'est scandaleux ce qui s'est passé.

C'est scandaleux et la municipalité parisienne, encore aujourd'hui, pour moi, est gravement mise en cause et n'est pas légitime à gouverner Paris par rapport à ce qui s'est passé sur le pays scolaire.

9:15
Locuteur 2

Emmanuel Grégoire était à votre place pendant la campagne municipale et il a répondu à mes questions sur ce dossier.

9:18
Locuteur 1

Il a répondu sur vos questions, mais je pense qu'il a beaucoup dissimulé et qu'il n'a pas conscience de sa responsabilité sur ce qui s'est passé ou qu'en tout cas, il la minimise.

9:25
Locuteur 2

Quelques propositions qui sont faites actuellement par Bruno Retailleau, par d'autres candidats de droite, remplacer le Conseil supérieur de la magistrature à qui on doit le mur des cons par un conseil disciplinaire, favoriser la castration chimique. Là encore, est-ce que ce sont des propositions qui vous vont ? Qu'est-ce que vous, vous proposez ?

9:39
Locuteur 1

La remise en cause, la politisation du syndicat de la magistrature, c'est Marine Le Pen qui l'a soulevée avec courage il y a plus de 15 ans. Nous, on est absolument sur cette position. Le syndicat de la magistrature est trop politisé. D'ailleurs, en tant que syndicat de magistrats, on l'entend plus faire barrage au Rassemblement National que de faire barrage aux pédocriminels. Donc, vous voyez bien qu'effectivement, il y a un problème très grave dans ce syndicat de la magistrature. Donc, nous, on est pour que... Le Conseil supérieur de la magistrature. Oui, mais c'est le mur des cons dont vous avez parlé. C'était le syndicat de la magistrature.

Le Conseil supérieur de la magistrature, c'est la droite qui l'a mis en place sous sa forme aujourd'hui avec Nicolas Sarkozy, Réforme constitutionnelle. Donc, il faut appliquer. Il existe. C'est juste que, notamment, le garde des Sceaux, parce qu'il a le pouvoir de le faire, visiblement, ne demande pas assez de mesures disciplinaires. Et c'est sauf qu'il peut aussi de la part de responsables politiques qui ont peur du syndicat de la magistrature et d'un certain nombre de magistrats parce qu'ils ont peur sans doute d'être mis en cause. Nous n'avons pas peur. Et protéger l'essentiel des magistrats qui font leur travail courageusement, oui.

Cautionner l'irresponsabilité et l'esprit de caste d'une minorité de la magistrature, c'est évidemment hors de question. Mais aujourd'hui, on peut le faire. Et donc aussi, cette multiplication, Madame Ferrari, de positions fortes, pseudo-radicales qui n'ont pas beaucoup de lien d'ailleurs avec l'affaire en cause et le chagrin de la famille de l'IANA, c'est une façon pour M. Roteau de se protéger parce qu'il n'aurait pas dû travailler avec les macronistes. Je pense qu'aujourd'hui, il le regrette et qu'il est un peu dans une surenchère pour faire oublier cette erreur politique majeure.

11:05
Locuteur 2

Hier, la présidente de l'Assemblée nationale, Yael Brault-Pivet, a réclamé l'inscription à l'agenda du Parlement de la loi intégrale trans-partisane sur les violences sexistes et sexuelles. Et vous êtes d'accord qu'il faut un consensus politique pour que cette loi arrive le plus possible devant le Parlement et soit votée ?

11:20
Locuteur 1

Absolument, mais nous ne sommes jamais opposés au fait que cette loi soit observée bien au contraire. Mais cette loi aussi, je vous le dis, elle aura un coût. Elle aura un coût financier et donc il faut faire des économies ailleurs pour financer cette loi sinon ce sont des promesses qu'on fait aux familles et moi je pense à toutes les familles qui ont emmené leur enfant témoigner devant la police au long gendarmerie qui sont en souffrance et qui attendent cette loi. Mais si on vote cette loi, même consensuellement et qu'on ne met pas de moyens en face, on aura menti aux familles.

Et moi je ne veux pas mentir et Marine Le Pen et Jordan Bardella ne veulent pas mentir aux familles françaises qui sont dans l'attente de justice et dire aux gens qu'il suffit de voter des lois au Parlement sans moyens, c'est leur mentir et là c'est quand même mentir avec beaucoup de cynisme.

12:00
Locuteur 2

Donc trop de lois et en fait pas d'action complète.

12:03
Locuteur 1

Absolument. Et puis des procédures, beaucoup aussi, il y a des durées et des procédures absurdes. Par exemple, vous savez qu'aujourd'hui il n'y a pas d'arbitrage pour savoir est-ce qu'on doit, ça a l'air tout bête, mais est-ce qu'on doit arbitrer, est-ce qu'on doit mener l'enquête dans le lieu d'habitation de la victime ou du soupçonné de la personne mis en cause et même pas arbitrer quelque chose comme ça. Donc on a vu dans l'affaire Liana un dossier qui, comment dire, est brin le balai de juridiction en juridiction.

Et bien déjà que le ministre donne une circulaire et arbitre ce sujet, ça évitera bien des tracas et bien des malheurs parce que quand vous êtes victime et qu'on vous dit ah bon on ne sait pas où est le dossier, il est dans la poste entre le Gers, Toulouse ou je ne sais quelle juridiction, c'est insupportable. C'est insupportable. Donc c'est même pas du courage politique là. C'est juste assumer sa responsabilité de garde des Sceaux. Ça n'a pas été fait sur quelque chose comme ça.

12:46
Locuteur 2

Pareil sur ces 70 000 plaintes que le garde des Sceaux demande à réexaminer en urgence d'ici le 14 juillet, ça fait à peu près 2000 par jour. Qu'est-ce qu'on fait de ces 70 000 plaintes une fois qu'elles sont étudiées ? Est-ce qu'on met les gens en prison ? Qu'est-ce qu'on fait ? Quelle est la réponse ?

12:59
Locuteur 1

Mais la réponse, moi on revient, je ne vais pas me répéter, mais au moyen, vous vous rendez compte, on apprend qu'il y a 70 000 plaintes. Bon, s'il a fallu la tragédie de Liana pour se rendre compte que c'était scandaleux, mais excusez-moi Madame Ferrari qui peut croire qu'aujourd'hui les magistrats, les gendarmes et les policiers vont avoir le temps de revoir 70 000 plaintes avant l'été. Pourquoi faire cette annonce qui va encore décevoir beaucoup de gens ? C'est-à-dire aujourd'hui, vous êtes un père de famille, vous savez que vous avez une plainte en cours, vous avez entendu M.

Darmanin dire votre plainte va être examinée, vous reprenez espoir dans la justice et vous savez très bien que les moyens ne vont pas suivre. Mais c'est scandaleux, c'est un deuxième coup de poignard qu'on met dans le cœur de ces familles qui attendent la justice pour leur enfant. Moi je trouve ça insupportable, je vais vous dire vraiment, cette déclaration racontant n'importe quoi, faire croire qu'en un mois on va avoir 70 000 plaintes mais c'est vraiment prendre les Français pour les imbéciles qu'ils ne sont pas et M. Darmanin, à force de se croire plus malin que tout le monde, il va finir par payer très durement ce cynisme parce que c'est du cynisme.

13:56
Locuteur 2

Jean-Philippe Tanguy, vous avez évoqué évidemment ces grands sujets sociétaux, il y aura la même ligne, j'imagine que ce soit Marine Le Pen ou Jordan Bernella qui les porte, quelle que soit la justice, il n'y aura pas deux lignes au RN ?

14:09
Locuteur 1

Une ligne avec deux incarnations fortes sur tous les sujets.

14:12
Locuteur 2

Même sur les sujets alors pas économiques, je pense notamment à la retraite, je pense au salaire rapproché le brut du net, on n'a pas du tout la même musique si on écoute Marine Le Pen ou Jordan Bernella aujourd'hui ?

14:23
Locuteur 1

Écoutez, moi, sincèrement, j'ai beaucoup de mal à comprendre ce commentaire sur les deux lignes, connaissant bien Jordan Bernella et Marine Le Pen, c'est la même ligne, c'est la même ambition sur la défense du travail et la justice sociale et je pense que les mois à venir prouveront que ceux qui pensaient qui avaient un coin entre les deux se tromperont lourdement et je suis assez impatient pour tout vous dire de leur montrer qu'ils se sont trompés et qu'on a une seule ambition pour la justice sociale.

14:48
Locuteur 2

Et un programme clair.

14:48
Locuteur 1

Un programme très clair comme nous l'avons toujours eu. D'ailleurs, on nous a plutôt reproché l'inverse. C'est assez intéressant d'un Ferrari puisque la réforme des retraites de Marine Le Pen qui était tant critiquée partout parce qu'on n'était pas compréhensible depuis que nos adversaires veulent opposer Jordan Bernella et Marine Le Pen, c'est bizarre, du jour au lendemain, ils ont tout compris dans la réforme de Marine Le Pen qu'on prenne bien et qu'on prenne bien nos ambitions.

15:11
Locuteur 2

Jean-Philippe, tant qu'il y a un mot de Jean-Luc Mélenchon qui tenait son premier meeting de campagne dimanche dernier à Saint-Denis où il a célébré les rois morts dans la métropole des rois de France face au peuple vivant. Il estime que le suprémacisme les obsédés de la race, c'est vous. Qu'est-ce que vous lui dites ?

15:26
Locuteur 1

Écoutez, visiblement, il avait installé un miroir géant à Saint-Denis. Il s'est regardé déblatéré pendant de longues minutes son propre racisme, son propre antisémitisme. épouvantable qui fait qu'ils incarnent tout ce qu'ils ont prétendu d'énoncer. Aujourd'hui, qui regarde la couleur de peau des Françaises et des Français ? C'est M. Mélenchon. Qui regarde leur religion réelle ou prétendue ? C'est M. Mélenchon. Qui regarde leur sexualité ? C'est M. Mélenchon. Il ne réduit les gens qu'à leur... Comment dire ? Il essentialise les gens. Et aujourd'hui, le raciste, c'est lui. L'antisémite, c'est lui. C'est un peu triste quand même pour ne pas dire autre chose pour M. Mélenchon d'en finir là.

Vouloir absolument être élu président, y compris s'il doit utiliser les pires slogans et les pires manœuvres parce qu'au fond, lui, est-ce qu'il croit à toutes les horreurs qu'il dit ? Je n'en sais rien. Mais les conséquences sont les mêmes, en particulier sur la jeunesse où il met beaucoup d'huile sur le feu, sur les divisions. Quand on est jeune, on peut douter de soi-même. On peut en vouloir parfois au monde entier par rapport à des difficultés et ce qui fait très grave parce qu'au lieu de rassembler, comme le fait Marine Le Pen, Jordan Bardella, la jeunesse de France dans un destin commun, lui, mais que de la division et que de la haine et ça devient très préoccupant.

16:36
Locuteur 2

Pour autant, il pourrait être l'adversaire du Rassemblement National au second tour. C'est ce que nous disait hier Marion Maréchal. Vous partagez son avis ?

16:44
Locuteur 1

Oui, et puis Marion Maréchal, je l'ai écouté, a raison aussi d'appeler effectivement au rassemblement le plus tôt possible pour proposer une alternative, un destin commun et un projet de rassemblement aux Françaises et aux Français sur les valeurs du travail, sur les valeurs de la République, sur le fait qu'on fait destin ensemble et que les valeurs françaises transcendent les identités dont on a parlé et nous rassemblent plus fort et plus loin. Et d'ailleurs, j'ai entendu aussi M. Mélenchon insulter la mémoire de Jeanne d'Arc. Ce n'est pas anecdotique si vous voulez que M. Mélenchon envoie cette sainte femme, comment dire, la critique, comment dire, elle insulte publiquement.

C'est en fait insulter la France, la France éternelle et la France républicaine. Reprendre vos slogans en France de l'époque. Sainte pour la République et sainte pour la chrétienté.

17:28
Locuteur 2

Il a repris les slogans du Front National à l'époque. qu'on est chez nous, Tildi, qu'est-ce que ça vous évoque ?

17:33
Locuteur 1

J'ai beaucoup de mal à comprendre cette stratégie. Mais écoutez, M. Mélenchon, visiblement, vous savez, il faut mieux faire envie de pitié. Donc M. Mélenchon doit envier le lien que Marine Le Pen a avec le peuple. Effectivement, en France, on est chez nous et on veut être souverains. Ça veut dire autre chose dans cette question. Oui, bien sûr. M. Mélenchon, il est chez lui d'une vision un peu particulière parce qu'il a aussi un peu de mythomanie. M. Mélenchon est en train de réécrire sa vie. Si on l'écoute, M. Mélenchon est d'origine et d'ascendance maghrébine. Je veux dire, bientôt, il aura été de toute éternité le premier des pratiquants musulmans. Enfin, je veux dire, M.

Mélenchon, il est dans le délire total. Et ce qui est un peu choquant, c'est qu'à gauche, personne ne semble s'élever contre lui. Alors, c'est leur problème. C'est leur problème. Mais enfin, c'est aussi un peu le nôtre. C'est un peu le nôtre maintenant parce que si la seule opposition de gauche qu'on a en France et M. Mélenchon, c'est quand même une blessure pour la qualité du débat démocratique.

18:26
Locuteur 2

On a une nouvelle candidature, celle de Karim Boimran, le maire de Saint-Ouen, socialiste, qui dit qu'il veut être candidat pour être le prochain président de la République. Vous saluez cette candidature ? Une de plus ?

18:35
Locuteur 1

Bonne chance, bon courage si M. Boimran veut affronter Mélenchon. Moi, je préfère débattre avec M. Boimran qui est un républicain qui a fait des choses à Saint-Ouen. C'est un adversaire politique. Mais au moins, on peut discuter avec. Il n'a pas la haine à la bouche toute la journée comme M. Mélenchon. Il ne veut pas diviser les Français. Donc, je préfère affronter M. Boimran. Mais enfin, je n'ai pas envie de lui porter malheur parce que si je dis ça, évidemment, tu vas être stigmatisé par la gauche mélenchoniste de très mauvaise foi et dès qu'on fait une qualité à quelqu'un, vous devenez le péniste.

J'aimerais parce que ça ferait beaucoup de le péniste et de gens favorables à notre parti politique.

19:08
Locuteur 2

Dernier mot, Jean-Philippe Tanguy à propos du financement de la campagne. On est pratiquement déjà dans les décomptes de campagne en termes financiers. Vous avez trouvé une banque pour financer la campagne du RN ?

19:18
Locuteur 1

À ma connaissance, non. Et c'est très grave. Non, mais ce n'est pas aux banques françaises ou autres de faire l'appui et le beau temps sur la campagne. Donc, c'est très grave. Et c'est vrai que Marine Le Pen et Jordan Bardella, on a le courage de dénoncer l'abus des frais bancaires. Par exemple, pour ceux qui nous regardent, vous avez un chacun payé, on vous raquette. Donc, c'est sûr que quand on critique un certain nombre de pratiques commerciales des banques françaises et qu'on défend à la justice sociale, c'est moins facile que quand on est à plat ventre sur les banques françaises. Donc, vous serez obligé d'aller à l'étranger pour financer un nouveau ? Comme les socialistes ou même M.

Mélenchon qui parle... Pourquoi il est devenu anti-républicain et qui parle plus de la race que la justice sociale, M. Mélenchon ? C'est parce qu'il est devenu à plat ventre sur les banques et sur l'industrie sociale. Mais vous irez à l'étranger

19:57
Locuteur 2

ou pas, M. Tanguy ? La dernière fois,

19:59
Locuteur 1

on avait eu recours à un prêt en Hongrie d'une banque hongroise qui n'avait posé aucun problème d'ailleurs et on s'en félicite. On préférait avoir une banque française. On est des patriotes mais on est des patriotes malheureux puisque les banques françaises, elles, ne respectent pas la démocratie et la République française pour le moment. Donc, moi, je les appelle à reprendre leur esprit et que les banques françaises financent la démocratie. Il n'y a aucun risque de financer le Rassemblement National et les autres grands partis et tout le monde doit avoir un financement et c'est très grave parce que là, la qualité de la démocratie est gravement mise en cause.

20:28
Locuteur 2

Merci Jean-Philippe Tanguy. C'était votre grande interview sur CNews et sur Europe 1. Ici Laurence Ferrari, vos signatures du mardi arrivent dans un instant. Emmanuel Ducro, Eugénie Bastier et...