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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 25 octobre 2023 26 min

Coalition internationale de lutte contre le Hamas, otages à Gaza, immigration... Le "8h30 franceinfo" de Jordan Bardella

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Bonjour Jordan Bardella.

0:05
Jordan Bardella

Bonjour, merci de votre invitation.

0:07
Présentateur

Emmanuel Macron a proposé aux Israéliens de bâtir une coalition régionale et internationale pour lutter contre le Hamas. L'idée c'est de faire comme pour la lutte contre Daesh, voir quels aspects sont réplicables contre le Hamas, explique l'Elysée. Est-ce que c'est une bonne proposition ou alors c'est totalement illusoire ?

0:23
Invité

Ça ressemble à ce que fait Emmanuel Macron, c'est-à-dire qu'il a sorti une annonce de son chapeau dont manifestement ni le quai d'Orsay ni ses services à l'Elysée ne sont au courant et qui pose un certain nombre de flous parce qu'une coalition contre le Hamas en élargissant la coalition qui est aujourd'hui en place depuis plusieurs années contre l'Etat islamique, est-ce que ça veut dire déployer des troupes au sol et des troupes de l'armée française sur le territoire de la bande de Gaza ? Première question qui est à mon avis une question fondamentale à laquelle le chef de l'Etat n'a pas répondu.

Deuxième question, il y a dans la coalition contre l'Etat islamique des pays arabes je pense par exemple à l'Arabie Saoudite, à la Jordanie ou au Qatar dont on sait qu'ils financent des mouvements comme le Hamas dont je doute très sérieusement qu'ils aient envie de déployer des troupes au sol à Gaza. Donc je pense qu'il a sorti un peu ça de son chapeau, c'est un peu dommage parce que pour le coup je trouve qu'en allant là-bas, en représentant les intérêts français dans la région et dans cette période, la France est dans son rôle. Et moi je crois que de toute crise doit naître des opportunités.

Et ces opportunités, c'est peut-être en ces temps où la France depuis maintenant 15 ans a perdu de la voie sur la scène internationale, d'aller reconquérir sa voie qui a toujours été la sienne, celle d'être un point d'équilibre et la voie de l'indépendance au Proche-Orient.

1:41
Présentateur

Quand Emmanuel Macron dit à Benyamin Netanyahou, le premier ministre israélien, qu'il est pour, je cite, une lutte contre le Hamas sans merci, mais pas sans règles, vous, vous êtes d'accord ?

1:52
Invité

Je pense qu'il est là dans la position historique de la France.

Moi, depuis le départ et depuis le début de ce conflit, nous avons condamné sans la moindre ambiguïté l'attaque terroriste qui a été subie par Israël, qui a été à la fois son 11 septembre et à la fois son bataclan au regard des atrocités qui ont été commises, Israël a le droit de se défendre, Israël doit se défendre, c'est de la légitime défense et cette réponse, nous l'avons dit, doit être le plus ciblé possible en essayant, dans la mesure du possible, de limiter les dégâts sur les populations civiles, même si on sait que le Hamas, aujourd'hui, utilise les populations civiles comme des boucliers humains et j'ai moi-même voté au Parlement européen la semaine dernière en faveur de la trêve humanitaire parce que je pense qu'il faut être vigilant sur le sort des civils.

Alors justement, à propos de cette trêve humanitaire, Israélien comme Américain, il la refuse, cette trêve humanitaire, tant que le Hamas détient des otages. Qu'est-ce que vous dites là-dessus ? Est-ce qu'ils ont raison ? D'abord, moi je l'ai dit, la réponse israélienne, elle doit être le plus ciblée possible parce que ce qui fonde la différence entre des démocraties, notamment des démocraties occidentales et des démocraties libérales comme Israël et des régimes barbares comme celui du Hamas, c'est précisément la considération que nous avons pour les vies humaines et pour les vies civiles.

3:05
Jordan Bardella

Mais ce blocus de fait de la bande de Gaza, est-ce que c'est une réponse ciblée ?

3:10
Invité

Non, mais écoutez, blocus de la bande de Gaza. Moi, j'ai voté en faveur de la trêve humanitaire parce qu'il y a des populations civiles et effectivement, la réponse israélienne doit se faire dans le respect du droit humanitaire et dans le respect du droit international. Maintenant, il ne faut pas être dupe. Le Hamas utilise aujourd'hui les civils dans la bande de Gaza comme des boucliers humains. On sait que les cages du Hamas se situent essentiellement sous les mosquées, sous les hôpitaux, sous les écoles et que des requêtes sont tirées depuis le toit des habitations. Donc, il faut être très lucide sur le rôle du Hamas.

Et encore une fois, je crois qu'on n'est pas là dans un choc de civilisation. On est là dans une bataille entre la civilisation et la barbarie. Et le Hamas, il est financé de l'extérieur. On a évoqué évidemment les financements qatari et iraniens. Mais il y a aussi des financements qui viennent de l'Union européenne. Et moi, je souhaite que pas un euro n'aille à la bande de Gaza tant qu'on n'a pas la certitude que cet argent, c'est la position que j'ai défendue au Parlement européen, ne soit pas détourné par le Hamas, qui n'est pas seulement une organisation terroriste, qui est aussi une organisation mafiote.

Il faut quand même savoir que les gens qui nous écoutent ce matin, avec leur impôt, on a financé l'université de Gaza, qui est la couveuse idéologique du fondamentalisme islamiste et du Hamas. Mais vous savez bien que c'est complexe. On a aussi financé les réseaux d'eau. Merci de me dire qu'on a financé les réseaux d'eau, que le Hamas utilise précisément pour faire des requêtes sur Israël. Donc moi, je ne souhaite pas que l'argent du contribuable...

4:30
Présentateur

Que l'argent envoyé par l'Union européenne finance le Hamas ?

4:33
Invité

Oui, vous avez, je crois d'ailleurs, un vrai du faux de France Info, me semble-t-il. Oui, mais vous voyez bien que cette situation est complexe. Vous voyez bien que les gens sont très intriqués. Non, la situation est très claire. Et il y a en effet peut-être un détournement. Oui, mais à partir du... Mais oui, d'accord. Donc le Hamas est une organisation terroriste, mais c'est d'abord et avant tout une organisation mafieuse qui détourne les fonds européens. Donc c'est factuel. Les gens qui nous écoutent ce matin doivent savoir que leur impôt est utilisé pour alimenter les couveuses idéologiques du Hamas en Palestine, ce que je refuse. Et donc je m'y suis opposé au Parlement européen.

5:04
Présentateur

Jordan Bardella, Emmanuel Macron l'a annoncé hier. Neuf Français sont toujours portés disparus, dont une jeune femme de 21 ans, dont on est sûr, elle, qui est détenue par le Hamas. Est-ce qu'il faut faire confiance au Qatar pour mener les négociations sur place ?

5:17
Invité

Je pense qu'il faut tout mettre en œuvre, y compris avec le Qatar, pour permettre de récupérer les otages. Nous avons, lors de la réception des chefs de parti par Emmanuel Macron, il y a une dizaine de jours à l'Élysée, il nous a demandé évidemment de ne pas aborder la question des otages, nous confirmons qu'il y avait évidemment des tractations. Et moi je crois que des pays comme l'Égypte ou comme le Qatar vont évidemment avoir un rôle clé, parce qu'on sait que le Qatar finance le Hamas, et quand en l'état des chefs, la priorité, la priorité des priorités, c'est de récupérer nos otages.

Et permettez-moi d'avoir ce matin un mot pour les familles des otages qui vivent dans l'inquiétude, la douleur et la peur depuis maintenant.

5:55
Présentateur

Ça veut dire qu'il n'est plus question au RN de critiquer les Qataris, comme vous le faites depuis le début ?

6:00
Invité

Je trouve que votre réduction est un peu légère, si vous me le permettez madame. Si on est très concret, il y a un député à Horizon, François Jolivet, qui proposait ce matin sur France Info de faire une revue des avantages fiscaux du Qatar. J'y suis favorable. J'y suis totalement favorable. Mais je pense qu'il y a un agenda et il y a des priorités. La priorité, c'est premièrement de récupérer nos otages. Deuxièmement, et nous le disons, et vous avez raison de le rappeler, depuis 15 ans, que le Qatar finance le fondamentalisme islamiste sur le sol de la République française. Nous l'avions dénoncé à l'époque.

Il y a un certain nombre de dirigeants, non pas du RN, mais du Front National à l'époque, qui avaient été poursuivis par les avocats du Qatar pour l'avoir dénoncé. Et on sait qu'on a déroulé dans la vie politique française le tapis rouge aux investissements qataris, avec cette convention, cette fameuse convention qui a été mise en place en 1993 et élargie par la droite en 2008, sur laquelle nous souhaitons, nous, évidemment, revenir. Et d'ailleurs, ça m'amuse de voir aujourd'hui les républicains, notamment M. Ciotti, indiquer qu'il faut revenir sur les avantages du Qatar en France, puisque précisément, ce sont eux qui ont élargi cette convention en 2008.

Pour moi, la priorité, c'est les otages. Et si ça passe par le Qatar ou par l'Egypte, il faut passer par le Qatar ou par l'Egypte.

7:10
Présentateur

Et pour vous, Jordan Bardella, la condition d'une paix durable, c'est la création d'un État palestinien aux côtés d'Israël ?

7:16
Invité

C'est la position historique de la France. C'est la position historique du Rassemblement National que nous avons toujours défendue, même s'il est vrai qu'en l'état actuel des choses, cette position a été très largement fragilisée par l'attaque terroriste du Hamas. Parce que reconnaître aujourd'hui, au moment où l'on se parle, un État palestinien, c'est reconnaître un État dont une partie de cet État sert de couveuse au terrorisme islamiste et notamment à la bande de Gaza.

7:43
Présentateur

C'est-à-dire que vous avez changé d'avis ? Vous êtes plus pour un État palestinien ?

7:45
Invité

Je crois, madame, qu'il faut être très modeste sur cette problématique parce que ça fait 50 ans que nous cherchons, que le monde cherche, y compris les grandes puissances d'ailleurs, une solution au conflit politique entre Israël et la Palestine, que beaucoup de grandes puissances y sont cassées les dents et que toutes les initiatives de paix, à commencer par les plus solides comme les accords d'Oslo qui avaient été négociés au début des années 90, ont toutes échoué. Et vous savez, dans ses lettres à Giscard, lorsque Aaron évoquait le tragique de l'histoire, il ajoutait qu'il y avait probablement des conflits dans le monde qui étaient inexpiables.

Et je pense que le conflit israélo-palestinien, encore plus dans ce contexte, en fait partie. Jordan Bardet, la président du Rassemblement National, invité de France Info ce matin, on vous retrouve dans une minute, juste après le fil Info, 8h41. Benjamin Recouvreur. Emmanuel Macron continue son voyage au Proche-Orient. Il est à Amman, en Jordanie aujourd'hui, pour rencontrer le roi Abdallah II et évoquer la guerre entre Israël et le Hamas. Hier, il a proposé une coalition internationale pour lutter contre le groupe islamiste.

Une annonce sortie du chapeau est très floue, notamment sur une potentielle action des forces françaises, dénonce ce matin sur France Info le président du Rassemblement National, Jordan Bardet. Les dégâts pourraient être catastrophiques, selon les autorités. L'ouragan Otis, classé en catégorie 5, la plus élevée vient de toucher terre dans l'ouest du Mexique, notamment la ville touristique d'Acapulco. Des vents jusqu'à 260 km heure sont redoutés. Il n'est déjà pas libérable avant 2046, mais la cour d'assises de Paris va rendre son verdict ce soir.

Après 7 semaines d'audience sur l'évasion du braqueur Redouane Fayde en 2018 par hélicoptère, 12 personnes sont mises en cause, dont plusieurs membres de sa famille. Et puis la grande boucle passera-t-elle près de chez vous ? Le parcours de la 111ème édition sera officiellement dévoilé à la mi-journée. On sait déjà que le peloton partira de Florence, en Italie, pour arriver à Nice.

9:35
Présentateur

Toujours avec Jordan Bardella, le président du Rassemblement National,

9:49
Invité

on parle maintenant des suites de l'attentat d'Arras, qui a coûté la vie à Dominique Bernard. Gabriel Attal, le ministre d'éducation, a annoncé vouloir sortir des établissements scolaires, les mineurs radicalisés. Il parle de plusieurs dizaines d'élèves concernés. Qu'est-ce qu'on fait pour eux ? D'abord, il faut les éloigner des établissements scolaires. Pour les mettre où ? C'est la question que je pose au ministre Attal, parce que manifestement, on fait des annonces, mais qui ne sont que 50% des annonces. Donc, il va falloir qu'ils nous disent où est-ce qu'ils souhaitent les mettre. Moi, je pense que sur le principe, ça va dans le bon sens.

Je crois que ce soit les mineurs, et notamment à l'école, qui soient délinquants, violents ou radicalisés, ils représentent un danger pour l'école, dont je rappelle qu'elle doit être un asile inviolable où les querelles des hommes n'entrent pas, pour citer Jean Zay. Et en l'état d'espèce, ça va évidemment dans le bon sens. Le problème, c'est que ça fait des années qu'on n'a pas voulu voir. Et ça fait des années qu'on a fermé les yeux, qu'on a, par l'idéologie du pas de vague, dissimulé un certain nombre de signalements, notamment des enseignants, qui vont travailler la boule au ventre.

Je vous rappelle qu'il y a, dans les études d'opinion qui ont été faites, un enseignant sur deux qui, à l'école, s'autocensure, parce qu'il y a aujourd'hui, dans les écoles de la République française, compte tenu du niveau de tension lié aussi à la politique d'immigration massive qui a été menée dans notre pays, des passages de l'histoire de France, notamment la Choua, ou notamment la guerre d'Algérie, qu'on n'aborde pas. Qu'est-ce que vous proposez ?

11:11
Présentateur

Vous êtes chef de parti ?

11:12
Invité

Il faut y réfléchir. Excusez-moi, vous me demandez une mesure. Vous dites que vous êtes au courant de la situation depuis des années. C'est pas moi qui ai fait cette mesure, c'est Gabriel Attal. Donc il faut demander, poser la question à Gabriel Attal.

11:24
Présentateur

Marion Maréchal-Le Pen, par exemple, elle a une idée, elle dit qu'il faut les accueillir dans des internats spécialisés encadrés par des militaires.

11:29
Invité

Je pense, d'abord, je pense qu'il faut arrêter l'immigration, premièrement. Parce que si on ne fait que traiter les conséquences, sans jamais traiter les causes de l'archipélisation du territoire de la République française, il y a parfois des écoles de Seine-Saint-Denis où il y a 20 ou 25 nationalités différentes dans des mêmes écoles. On parle même souvent de jeunes français qui ont la nationalité française. Premièrement, il y a des gens qui sont suivis pour leur proximité avec le fondamentalisme islamiste dans notre pays qui sont étrangers sur le territoire de la République française.

Il faut les expulser, les expulser de manière préventive à partir du moment où ils ont un lien avec l'idéologie islamiste. Ce qui va permettre au service de renseignement français, ce qui va permettre au service de renseignement français d'avoir beaucoup moins de personnes à surveiller puisque je vous rappelle qu'il y a 4200 individus étrangers radicalisés. La moitié des gens qui sont inscrits au FSPRT qui sont suivis pour la radicalisation sont des étrangers. Par définition, vous allez mettre beaucoup plus de moyens pour les services secrets français, pour les services de renseignement français pour surveiller les radicalisés.

Et puis, pour le reste, il faut rétablir l'ordre, l'autorité sur chaque mètre carré du territoire de la République française et éloigner les individus les plus dangereux. Il y a parfois des pressions qui sont exercées dans les conseils d'établissement, dans les conseils de discipline sur les enseignants par les parents et par les familles elles-mêmes. Et nous proposons notamment des peines planchées, des sanctions planchées pour les conseils de discipline de manière à protéger la hiérarchie lorsqu'elle prend une décision.

Et je crois qu'il faut également suspendre les allocations familiales aux parents de mineurs violents soit par le biais de la radicalisation soit par le biais de la violence. Ça n'a pas marché parce que ça a été très très vite supprimé après sa mise en place. C'était le dispositif Ciotti qui avait été mis en place en 2010 et qui avait été très rapidement supprimé deux ans après par les socialistes.

13:21
Présentateur

Moi je crois que ça fonctionne très bien. Amis encore plus dans la misère en faisant ça ?

13:24
Invité

Non, c'est du respect pour la solidarité nationale. Parce que je pense que la solidarité nationale n'a pas à financer ceux qui perturbent le bon fonctionnement de l'État et de la société française. Jordan Bardella, est-ce qu'il faut davantage sécuriser les établissements scolaires ? Gabriel Attal annonce une mission flash auprès des directeurs d'école et des chefs d'établissement sur l'état des équipements des établissements. Tout ça va dans le bon sens. Mais encore une fois, on refuse des frontières au niveau extérieur donc on multiplie les frontières à l'intérieur.

Et comme on refuse de protéger les frontières de la France et les frontières de l'Europe, eh bien on crée des frontières à l'intérieur du pays en multipliant les vigiques, les vidéosurveillances. La reconnaissance raciale par exemple autour des écoles. On sait qui sont les gens radicalisés. Le problème...

14:08
Présentateur

Il n'y a pas que des étrangers en fait, Jordan Bardella. Il y a des Français aussi. Vous avez raison madame. Pour ces Français radicalisés, on fait quoi ? Est-ce que vous avez la réponse pour les étrangers, expulsables ? Pour les Français ?

14:17
Invité

Déjà, ça fait beaucoup plus de moyens. Si vous enlevez 50% du problème, les services secrets français ont beaucoup plus de moyens. Deuxièmement, le problème du fondamentalisme islamite, c'est à la base un problème migratoire. Pardonnez-moi, mais dans le cas de l'affaire Daras comme dans le cas de l'affaire Samuel Paty, les deux terroristes qui se sont rendus coupables de ces attentats n'auraient pas dû être sur le territoire de la République française. Et si nous avions appliqué, qu'on soit très clair, le risque zéro, il n'existe pas, il n'existera jamais.

Mais si nous avions mis en œuvre les mesures que nous proposons depuis des années, à savoir le traitement des demandes d'asile dans les ambassades et consulats des pays de départ, la famille du terroriste Daras qui s'est vue refuser l'asile 4 ans ou 5 ans après son arrivée sur le sol français. Je crois qu'ils arrivent en 2008. L'asile est retirée en 2014. Il n'aurait pas été sur le territoire français.

15:07
Présentateur

Il y a un pays en guerre, par exemple en guerre civile, l'Afghanistan. Vous demandez aux femmes qui se font persécuter, il faut aller à l'ambassade qui n'existe plus d'ailleurs, l'ambassade française, pour demander la demande d'asile.

15:16
Invité

Dans le pays d'à côté, bien sûr. Il faut déjà sortir du pays. S'ils sortent du pays pour arriver sur le sol français, c'est qu'ils y arrivent. A priori, le pays voisin est plus proche de le pays français.

15:23
Présentateur

Vous leur ajoutez des procédures avant d'arriver sur le sol français, c'est ça ?

15:27
Invité

Madame, je pense que la France n'a pas vocation à devenir la patrie de tout le monde. Au risque demain de naître la patrie de plus personne. Et précisément, je pense que l'asile aujourd'hui est devenue une filière d'immigration à part entière. Il y a eu 130 000 demandes d'asile qui ont été faites sur le territoire français l'an dernier. Deux tiers de ces demandes d'asile sont rejetées. Or, on sait qu'il y a seulement 5% des gens qui doivent quitter le territoire français qui quittent effectivement le territoire français. Pardonnez-moi, mais l'Afghanistan, au regard du droit d'asile, n'est pas un pays en guerre.

L'Afghanistan est très certainement un pays en guerre civile compte tenu de l'arrivée des talibans au pouvoir, mais ça n'est pas un pays en guerre. On n'aurait pas dû accueillir

16:01
Présentateur

des femmes afghanes. On n'aurait pas dû accueillir des femmes afghanes

16:03
Invité

qui s'étaient persécutées. Non. Pardonnez-moi, madame, mais je ne vois pas la plus-value pour la société française d'accueillir des gens de Tchétchénie ou des gens d'Afghanistan. Je n'ai rien contre eux. Un peu quand même, madame. Excusez-moi, mais quand on ouvre nos frontières à des gens qui viennent sur le sol français, qui bien souvent ne partagent ni nos modes de vie, ni notre langue, ni notre culture, qui parfois portent atteinte à la sécurité nationale, quelle est la plus-value pour mes concitoyens, pour mes compatriotes et pour mon pays d'accueillir des peuples du monde entier sur le sol de la République française. Et votre humanité, votre solidarité,

16:41
Présentateur

vous la mettez où dans ce cas-là ?

16:42
Invité

Je la mets d'abord, madame, à l'égard des Français qui subissent tous les jours la violence de gens qui n'ont rien à faire sur le territoire français. Et pardonnez-moi de vous rappeler que mon humanité, elle va d'abord pour les familles des victimes, des terroristes islamistes, dont des terroristes islamistes qui ont utilisé les filières migratoires. On peut citer l'exemple Bataclan, comme dans tous les attentats que nous avons connus. Donc vous mettez un fil égal

17:04
Présentateur

entre les demandeurs d'asile et les terroristes en puissance ?

17:07
Invité

Madame, deux tiers des demandeurs d'asile, ce sont les chiffres du ministère de l'Intérieur, ne répondent pas aux critères de l'asile en France. Par définition, nous n'avons pas à accueillir. Mais je vous réponds

17:16
Présentateur

de manière très claire.

17:17
Invité

Mais je ne dis pas cela, madame. Et je fais très bien le distinguo. Mais juste, il y a deux tiers des demandes d'asile qui sont déboutées des demandes d'asile français qui restent sur le sol français. Donc, moi, je pense dans les ambassades et consulats des pays de départ premièrement, ce qui limitera l'afflux sur le territoire français. Je pense que la France doit être rendue inaccessible pour ceux qui viennent pour la combattre. Nous devons expulser systématiquement les délinquants et criminels étrangers. Et je pense ensuite qu'il faut couper toutes les pompes aspirantes de l'immigration massive. On peut donner un exemple très concret.

L'aide médicale d'État, c'est-à-dire l'ensemble de la palette de soins gratuite qui est aujourd'hui offerte à des gens qui viennent sur le sol français sans aucune condition de ressources ou de revenus, pour moi, c'est terminé. Et je pense que cette solidarité, elle doit être réservée aux Français. Jordan Bardella, président du Rassemblement National, invité de France Info jusqu'à 9h. On vous retrouve après le Fin Info, 8h51, Benjamin Recouvreur. Un quatrième convoi d'aide humanitaire est arrivé à Gaza via l'Égypte pour apporter eau, nourriture et médicaments.

Mais toujours pas de carburant, l'agence des Nations Unies présente sur place pourrait cesser son activité d'ici ce soir sans essence. Le fonctionnement des hôpitaux est notamment menacé. Pierre Alessandri est sorti de prison et retrouve sa maison de Cargèze en Corse sous bracelet électronique. Cet homme de 65 ans avait été condamné à la perpétuité pour l'assassinat du préfet Claude Erignac en 1998. Il a aussi interdiction de contacter les personnes qui avaient été condamnées avec lui. Le racisme est en augmentation dans l'Union Européenne, notamment contre les personnes noires selon l'Agence Européenne des Droits Fondamentaux.

Près de la moitié des personnes noires y sont confrontées quotidiennement. C'est plus qu'en 2016 lors de la dernière étude. Et puis le R.C.Lance, toujours invaincu en Ligue des Champions de football, les 100 et Or ont accroché le nul hier soir 1-1 contre le PSV Eindhoven. Il pointe à la deuxième place du groupe. Ce soir, le PSG accueille la Cémilan à 21h.

19:09
Présentateur

France Info Le 8.30 France Info Jérôme Chapuis Salia Brachia

19:14
Invité

Vous évoquiez Jordan Bardella, président du Rassemblement National, l'aide médicale d'urgence juste avant la pause. Elisabeth Borne est prête à renoncer dans le projet de loi immigration où toutes ces mesures seront examinées, prête à renoncer à l'article 3 qui vise à régulariser les travailleurs sans papier d'après des informations du Parisien aujourd'hui en France ce matin. Est-ce que ça signifie que vous pourriez, vous, au Rassemblement National, être prêt à voter ce texte ?

Les Français ne sont pas des lapins de trois semaines parce que quand on dit qu'on va retirer l'article 3 qui prévoit l'un des plus grands appels d'air de la 5ème République à savoir la régularisation des travailleurs sans papier c'est-à-dire en fait une prime à l'illégalité c'est-à-dire que vous venez en France vous violez la loi nous vous octroierons des droits c'est un principe qui est à mon avis un appel d'air majeur pour l'immigration clandestine en France premièrement et deuxièmement quand on dit qu'on retire cet article mais j'ai lu précisément les déclarations du ministre de l'Intérieur qu'on va faire passer ce dispositif par l'intermédiaire de circulaires qui seront adressés aux préfets c'est de la politique politicienne ça veut dire aussi si c'est un décret par exemple ou une circulaire que ce ne sera pas un droit opposable moi je pense que la fermeté qui est affichée depuis l'attentat d'Arras par le gouvernement d'abord personne n'est dû puisqu'il y a un sondage au DOXA qui nous révèle que 65% des français ne croient pas dans l'efficacité de ce texte il n'est pas un texte contre l'immigration mais qui est un texte pour l'immigration elle est contredite d'abord par la politique qui est menée par le gouvernement depuis 2017 je vous rappelle qu'on a franchi tous les records d'immigration avec ce gouvernement et qu'on n'a jamais autant accueilli dans notre pays deuxièmement elle est contredite par l'efficacité elle-même du ministre de l'Intérieur qui pardonnez-moi après l'attentat de Samuel Paty le 18 octobre 2020 en réunissant les cadres de l'administration avait demandé à l'époque déjà l'expulsion des étrangers radicalisés ça n'a pas été fait et troisièmement cette fermeté affichée elle est contredite par la signature au niveau européen et je m'y oppose du pacte européen pour l'immigration qui prévoit précisément une clé de répartition des migrants sur le sol européen c'est-à-dire en fait en gros pour que les gens qui nous écoutent comprennent vous accueillez obligatoirement des migrants dans les villages ou dans les villes françaises sinon l'état français sera condamné à 20 000 euros d'amende par tête de pipe et par migrants ça c'est ce que signe et ce qu'est en train de signer en ce moment même le président de la république et le ministre de l'intérieur au niveau européen moi je pense qu'on ne répond pas au contexte migratoire extraordinaire que vit la France avec une loi ordinaire et vous pourrez prendre toutes les mesures que vous voulez à l'Assemblée nationale si on ne fait pas un référendum pour graver dans le marbre de la constitution française le bouclier sécuritaire pour se prémunir de l'immigration massive alors vous trouverez toujours un juge une jurisprudence européenne pour venir casser les expulsions les gens qui nous écoutent ce matin et j'en termine doivent savoir que la cour européenne des droits de l'homme nous empêche aujourd'hui d'expulser des gens même s'ils présentent un trouble pour la sécurité nationale au motif qu'ils pourraient subir dans leur pays d'origine des traitements dit qu'il est prêt à aller à l'encontre de la jurisprudence oui mais monsieur Darmanin il semble avoir beaucoup de volonté mais en l'état d'espèce quand un juge français s'appuie sur une jurisprudence européenne pour casser l'obligation de quitter le territoire français vous savez qu'il y a une multiplication des recours il y a deux recours quand vous avez une obligation de quitter le territoire français devant la cour d'appel et il y a une deuxième devant la cour administratif la cour d'appel pardonnez-moi du tribunal administratif généralement les textes et les décisions qui sont prises s'appuient et sont fondées sur les textes de cette loi c'est justement de regrouper les recours pour aller plus vite je crois et nous le ferons en 2027 lorsque nous arrivons à la tête de l'état un référendum dans lequel nous proposerons aux français un projet de loi qui rentrera dans la constitution et qui nous permettra dès les premiers mois du quinquennat de reprendre le contrôle de notre politique d'immigration à savoir le traitement de l'asile dans les ambassades des consulats des pays de départ l'expulsion systématique des délinquants et criminels étrangers et la reprise en main de nos frontières à la fois en France mais aussi en Europe et croyez-moi nous n'aurons pas la main qui trempe sur ce dossier je pense que l'immigration peut être traitée humainement mais avec fermeté parce que c'est ce qu'attendent aujourd'hui me semble-t-il une majorité de français

23:26
Présentateur

Jordan Mardella vous êtes la tête de liste du rassemblement national pour les européennes à ce propos est-ce que vous travaillez toujours avec la société e-politique qui est l'un des principaux prestataires du RN pour la campagne des européennes est-ce que vous maintenez ce lien contractuel sachant qu'elle est détenue Frédéric Chatillon ancien d'UGUD et proche de Marine Le Pen est actionnaire

23:45
Jordan Bardella

non non il n'est plus actionnaire dit politique il n'est plus actionnaire non

23:50
Présentateur

il s'est retiré totalement c'est ce que vous dites

23:51
Jordan Bardella

oui madame le juge

23:53
Présentateur

non je pose une question

23:54
Jordan Bardella

on passe de problématiques

23:56
Invité

absolument essentielles pour la vie des gens aux actionnaires des prestataires du rassemblement national vous êtes parce que c'est important

24:05
Présentateur

de savoir avec qui vous travaillez et Frédéric Chatillon était actionnaire donc là vous nous dites que visiblement il n'est plus de la société e-politique mais il est toujours actionnaire de la société de sa femme unanime qui travaille aussi avec vous vous avez totalement coupé les ponts ou pas du tout

24:19
Jordan Bardella

non il y a un contrat qui court

24:21
Invité

avec le groupe identité démocratie auquel appartient le rassemblement national et qui court jusqu'au 9 juin 2024 il sera reconduit ce contrat ? écoutez on verra après les élections européennes excusez moi

24:33
Présentateur

je vous invite si vous voulez

24:36
Invité

je vous inviterai

24:36
Présentateur

aux réunions la question de fond vous la connaissez

24:39
Jordan Bardella

Jordan Bardella

24:40
Présentateur

oui c'est de savoir est-ce que vous travaillez toujours avec Frédéric Chatillon qui était un ancien du GUD

24:44
Invité

mais il a été au GUD il y a 30 ans c'est ça ?

comme d'ailleurs beaucoup de ministres il y a un certain nombre de ministres y compris mes collègues députés européens comme madame Loiseau d'ailleurs qui a été la tête de liste de monsieur Macron lors des dernières élections européennes et qui elle aussi je vous réponds et qui elle aussi dans son passé dans sa jeunesse a eu un engagement groupusculaire au GUD je ne suis pas membre du GUD je suis président du Rassemblement National qui a réuni 42% des voix lors de la dernière élection présidentielle et qui compte en son sein beaucoup de français qui viennent de tous horizons et qui n'est pas un parti d'extrême droite contrairement à ce que vous je ne vais pas vous faire d'accusation subliminale mais je sais qu'il faut qu'on donne toujours de preuves peut-être plus que les autres et ce n'est pas grave on le fera

25:27
Présentateur

on peut poser des questions et revenir sur les déclarations des élus du Rassemblement National qui disaient que je donne l'exemple de Jean-Philippe Tanguy qui disait que le GUD était un ennemi historique de votre parti

25:37
Invité

ce qui est vrai c'est que non ce n'est pas factuellement faux d'abord une grande partie de ces groupes d'extrême droite qui ont flirté avec la violence pendant longtemps se sont construits précisément contre notre famille politique bien sûr y compris d'ailleurs la presse d'extrême droite quand vous regardez les unes de Minute ou de Rivarol ça pendant très longtemps même si maintenant leurs tirages sont anecdotiques visait Marine Le Pen bien sûr

26:01
Présentateur

mais pas Jean-Marie Le Pen le fondateur

26:02
Invité

Jordan Bardella

26:03
Jordan Bardella

président du Rassemblement National était l'invité de France Info

Coalition internationale de lutte contre le Hamas, otages à Gaza, immigration... Le "8h30 franceinfo" de Jordan Bardella — Jordan Bardella · Pourquijevote