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InterviewBFM TV (sur YouTube)· 25 octobre 2023 21 minContradictoireActualité / polémiqueDéfenseSécuritéJusticeInstitutions & élections

L'interview du président israélien Isaac Herzog en intégralité

Source d'origine 3 locuteurs

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 80 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:17OuverteRéponse directe

    Comment jugez-vous le discours et les propositions d'Emmanuel Macron ?

  • 2:32RelanceRéponse partielle

    Pensez-vous que la reprise d'un processus de paix est possible ?

  • 4:50FerméeÉludée

    Êtes-vous favorable à la création d'un État palestinien ?

  • 7:16OuverteRéponse directe

    La coalition internationale contre le Hamas vous semble-t-elle crédible ?

  • 9:43FerméeRéponse partielle

    L'opération terrestre de Tsahal est-elle indispensable et imminente ?

  • 10:54OuverteRéponse directe

    L'éradication complète du Hamas est-elle possible ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:32Invité politiqueFait
    « La visite du Président Macron était avant tout une visite de solidarité, d'amitié, l'expression d'un chagrin profond »
  • 1:32Invité politiqueFait
    « Il y a là un conflit des civilisations. Pourquoi ? Parce que vous avez une civilisation qui croit en un ordre international qui peut régler, gérer les conflits »
  • 2:04Invité politiqueFait
    « Cette coalition du mal commence en Iran. Elle a des tentacules partout au Moyen-Orient. »
  • 4:14Invité politiqueFait
    « On n'est là qu'à protéger, défendre notre peuple. Et le 7 octobre, au petit matin, une guerre nous a été livrée à Israël et à son peuple. »
  • 5:13Invité politiqueFait
    « Hier, par exemple, j'ai entendu le secrétaire général des Nations Unies, Antonio Gutiérrez, qui, d'une certaine façon, disait que finalement, toute la source de ce mal était liée à ce conflit territorial. »
  • 6:14Invité politiqueChiffre
    « Depuis la Shoah, on n'a jamais rien vu de pareil. Autant de Juifs tués en un seul jour. »
  • 8:34Invité politiqueFait
    « C'était l'empire du mal qui trouve sa source à Téhéran, il faut bien le voir. C'est une idéologie très claire. »
  • 11:12Invité politiqueFait
    « En 2005, le Premier ministre Ariel Sharon a décidé de se retirer entièrement de la bande de Gaza pour démontrer au monde entier qu'Israël était prêt à évacuer les colonies de peuplement »
  • 12:47Invité politiqueFait
    « La bande de Gaza est une plateforme de terreur. Vous avez des armes, des bombes qui sont dans les domiciles des gens, dans les mosquées, dans les hôpitaux »
  • 14:10Invité politiqueFait
    « Il n'y a pas d'électricité à Gaza à cause des missiles de Gaza qui ont détruit les câbles qui portaient l'électricité à Gaza. »
  • 16:43Invité politiqueFait
    « Ma propre famille avait vécu en France pendant des centaines d'années. Et nous avons perdu des membres de la famille dans la Shoah, des membres de la famille qui ont été déportés de Paris pour se retrouver à Drancy. »

Temps de parole

  • Invité politique80 %
  • Présentateur17 %
  • Invité4 %

≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-2603 · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Bonsoir Isaac Herzog, bienvenue sur BFM TV, première chaîne d'information française. Merci M. le Président de prendre la parole puisque c'est la première fois que vous vous adressez directement aux Français. Vous avez échangé hier avec Emmanuel Macron, notre président qui se déplaçait aujourd'hui en Jordanie et en Égypte. Au-delà de la compassion et du soutien infaillible de la France à Israël, comment jugez-vous le discours et les propositions de notre chef d'État ?

0:32
Invité politique

La visite du Président Macron était avant tout une visite de solidarité, d'amitié, l'expression d'un chagrin profond, la visite d'amis qui éprouvait un chagrin pour les épouvantables et atroces douleurs que nous avons subies, la tragédie qui est tombée sur mon peuple, la tragédie qui a frappé des civils qui menaient une vie ordinaire et qui ont été massacrés,

1:05
Invité

des familles enlevées, des enfants décapités.

1:10
Invité politique

Le Président Macron est venu en ami, il a exprimé sa solidarité, des émotions qui sont très importantes pour nous. Le Président Macron a également évoqué des idées qui pour nous sont importantes parce qu'il faut bien comprendre qu'ici nous avons affaire à une crise qui touche au cœur même de la civilisation. Il y a là un conflit des civilisations. Pourquoi ? Parce que vous avez une civilisation qui croit en un ordre international qui peut régler, gérer les conflits, les différents. Mais il y a une autre civilisation, celle du Hamas, de l'État islamique, de Al-Qaïda et de toutes ces organisations

1:52
Invité

dont le seul objet est de conquérir le Proche-Orient, d'évacuer tous les Juifs et ensuite de passer à l'Europe.

2:04
Invité politique

Cette coalition du mal commence en Iran. Elle a des tentacules partout au Moyen-Orient.

2:10
Invité

C'est ça leur vision, leur volonté par les moyens les plus brutaux, les plus atroces.

2:16
Invité politique

On n'avait jamais pensé qu'on pouvait revoir cela après la Shoah, revoir cela à l'époque contemporaine. C'est la raison pour laquelle le Président Macron a présenté sa vision d'une coalition des nations qui se tiennent debout contre ce mal absolu.

2:32
Présentateur

Justement, pensez-vous que la reprise d'un processus de paix est néanmoins possible ? Vous venez pourtant nous parler de conflits, de civilisation et de coalition du mal avec la création d'un État palestinien et l'arrêt de la colonisation en Cisjordanie comme le souhaite tout à fait officiellement notre Président Emmanuel Macron.

3:01
Invité politique

Vous savez, au bout du compte, là nous sommes encore au cœur de la crise. Là, vous nous posez la question du lendemain. Lorsque le lendemain se présentera, il y aura plusieurs idées à considérer. D'abord, il faut voir ce que sont les capacités militaires du Hamas. Si l'on veut que les êtres humains puissent vivre normalement, là où le souhaitent, en toute tranquillité, et il faut bien voir qu'il y avait à cette frontière une immense communauté de gens épris de paix qui vivaient à la frontière, qui avaient des dialogues continus avec leurs amis Gazaouis. Ils les aidaient au quotidien, ils les amenaient à l'hôpital, que sais-je.

Et certaines de ces personnes se sont trouvées enlevées ou alors décapitées. Alors évidemment, on se remet tout en question. C'est-à-dire qu'on ne peut pas continuer comme si de rien n'était. On dit, voilà, on passe à autre chose, on tourne la page et on recommence à vivre en paix. Il faut quand même mettre le doigt là-dessus. Comment est-il possible de continuer à vivre ? Comment assurer la sécurité ? Comment protéger les populations civiles qui habitent là ? Évidemment, on ne voulait pas faire la guerre, on ne veut pas faire la guerre. On n'est là qu'à protéger, défendre notre peuple. Et le 7 octobre, au petit matin, une guerre nous a été livrée à Israël et à son peuple.

Et il faut nous protéger, nous défendre et pouvoir éliminer les capacités militaires du Hamas, mettre le Hamas hors d'état de nuire, que ce soit en surface ou dans les souterrains où ils amassent toutes sortes d'armes extrêmement létales, parce que les vies des gens sont en danger. D'ailleurs, les Palestiniens à Gaza doivent pouvoir reprendre leur propre vie en main.

4:50
Présentateur

Néanmoins, êtes-vous favorable, comme le dit la France, à la création in fine, un jour ou l'autre, de deux États qui cohabiteront, et donc à la naissance d'un État palestinien ?

5:07
Invité

Il faudrait peut-être creuser cette question.

5:13
Invité politique

Hier, par exemple, j'ai entendu le secrétaire général des Nations Unies, Antonio Gutiérrez, qui, d'une certaine façon, disait que finalement, toute la source de ce mal était liée à ce conflit territorial. Je rejette entièrement ces paroles, parce qu'on était en train de dire, il était en train de dire que, d'une certaine façon, on comprenait ces atrocités. Il ne disait pas qu'il les cautionnait. Mais on disait que ce processus de normalisation de paix entre la paix et les Palestiniens, le problème, c'est que ce conflit a été entaché de terreur depuis le départ. Là, j'ai rendu visite à des familles qui avaient été massacrées un peu partout dans le pays.

Et là, on présente, on voit même l'exemple même du terrorisme. C'est le pire exemple depuis la Deuxième Guerre mondiale. Depuis la Shoah, on n'a jamais rien vu de pareil. Autant de Juifs tués en un seul jour. Donc, quand on veut me parler d'une solution à deux États, est-ce qu'on peut d'abord me garantir ma sécurité ? Est-ce qu'on peut me garantir que la nation voisine ne va pas reproduire les mêmes atrocités ? Et comment puis-je avoir confiance ? Même si dans vos propres villes en France, mais partout ailleurs dans le monde, vous avez des musulmans extrémistes qui sortent les armes, les couteaux, les haches pour aller massacrer les gens.

Et bien sûr, je crois au dialogue avec les voisins, avec nos voisins, et même avec l'islam. Mais je ne pense pas que les exemples de terrorisme absolu qu'on a vu représentent la théologie de l'islam. Peut-être pas, mais ce que je dis, c'est que si le monde ne comprend pas, c'est-à-dire qu'il faut pouvoir vivre libre de toute terreur, alors comment se mettre d'accord sur un processus si celui qui veut vivre en paix aura toujours peur de son voisin ? C'est ça la question qu'il faut se poser.

7:16
Présentateur

Je reste dans les propositions qui ont été faites par notre président concernant la création d'une coalition internationale pour lutter contre le Hamas sur le même modèle que celle qui combat l'État islamique. Vous y avez fait référence il y a quelques instants. Est-ce que cela vous paraît crédible et utile à Israël ?

7:37
Invité

Écoutez, d'abord, c'est une unité très innovante, très originale.

7:45
Invité politique

Pourquoi ? Parce que là, pour la première fois, on regarde à l'image dans son ensemble proche orient. Depuis la guerre de 1973 entre Israël, la Syrie et l'Égypte, et après avec les accords de paix entre Israël et l'Égypte, après cet accord de paix, on a vu mettre en place un processus historique, un mouvement qui allait dans le sens de l'enclavement d'Israël dans la région. Alors il y avait des accords avec la Jordanie, il y a eu les accords d'Abraham, un dialogue avec les Palestiniens, et puis on espérait voir maintenant un dialogue avec l'Arabie Saoudite. Eh bien, une grande partie de cette guerre a été menée précisément pour battre en brèche l'inclusion d'Israël dans la région.

C'était l'empire du mal qui trouve sa source à Téhéran, il faut bien le voir. C'est une idéologie très claire. L'Iran veut dominer tout le Moyen-Orient. Ça, c'est la vision du régime iranien. Ils veulent faire disparaître les Juifs de la région, effacer Israël de la carte, et c'est ça qui met en danger le processus. Alors évidemment, bien sûr, nous souhaiterions être parfaitement inclus dans la région, avec un dialogue de paix, y compris avec nos voisins palestiniens, mais pour ça, il faut d'abord la sécurité dans la région.

Et là, la vision du président Macron va justement dans le sens, il précise que quand la sécurité sera établie dans la région, alors on aura la base de ce dialogue, parce que là, il est bien entendu question de coopération régionale pour la sécurité.

9:28
Présentateur

— M. le Président, je rappelle à nos téléspectateurs que vous êtes le président de l'État d'Israël depuis le 7 juillet 2021. Vous avez été plusieurs fois ministre, président du Parti travailliste et officier dans l'unité 8200 du service des renseignements pendant 4 ans. L'opération terrestre de Tsaal est-elle indispensable et imminente dans Gaza ?

9:55
Invité politique

— Alors je ne peux pas vous parler de l'opération terrestre. Je suis président et nous n'avons pas le même modèle en France. Le président ici n'est pas chef de l'État-major des armées. Là, c'est le Premier ministre, M. Netanyahou, qui, lui, supervise les forces armées. — Et il y a eu un cabinet de guerre d'urgence qui a été formé. C'est une instance composée d'experts, de professionnels et de dirigeants qui connaissent leur dossier. Et c'est eux qui mènent ce cabinet de guerre et c'est eux qui décideront de l'opération terrestre et dans quelles conditions, dans quelles circonstances.

Mais si l'on veut, évidemment, empêcher son ennemi de faire du tort à ses citoyens, il faut avoir recours aux forces armées dans une forme d'autodéfense. Mais alors dans quand et dans quelles circonstances ce sera au cabinet de guerre de le décider ?

10:54
Présentateur

— Néanmoins, l'éradication complète du Hamas est-elle vraiment possible, selon vous ?

11:05
Invité

— Écoutez, je vous dirais que, bon, évidemment, tout le monde s'intéresse à la capacité militaire du Hamas.

11:12
Invité politique

Il faut quand même rappeler à nos téléspectateurs quelques éléments d'histoire. En 2005, le Premier ministre Ariel Sharon a décidé de se retirer entièrement de la bande de Gaza pour démontrer au monde entier qu'Israël était prêt à évacuer les colonies de peuplement, à rentrer dans les frontières internationales et de donner aux Palestiniens la chance de montrer qu'eux étaient capables également de construire un État, de construire une nation. Je faisais partie du cabinet à l'époque et nous disions au peuple israélien, nous disions au monde entier, nous disions aux colons « Il y aura un nouvel Hong Kong au Proche-Orient. Gaza va devenir le Hong Kong du Proche-Orient.

» Mais évidemment, la tragédie est intervenue. Cette réalité s'est effondrée en 2007 quand le Hamas, dans un coup d'État brutal, a tué ses frères et sœurs du Fatah et de l'autorité palestinienne, a évincé l'autorité palestinienne et a repris le contrôle. Ils étaient l'avant-garde de la terreur iranienne. Et depuis, des milliers de missiles nous sont tombés sur la tête. Et ceci s'est répété sans arrêt. Il y a eu des conflits militaires qui ont mis en danger des milliers, des fois des millions de nos citoyens. On a essayé de le dire au monde entier. Mais le monde a jugé ce conflit à l'aune de la proportionnalité sans comprendre la situation stratégique.

Nous sommes dans une situation unique en son genre. La bande de Gaza est une plateforme de terreur. Vous avez des armes, des bombes qui sont dans les domiciles des gens, dans les mosquées, dans les hôpitaux, des missiles qui ont une portée de 200 km. Il faut quand même comprendre cela. Le monde doit comprendre ce qui se passe à Gaza. Et la communauté internationale, les pays démocratiques, les pays épris de paix, comprennent bien que nous nous battons pour notre propre défense.

13:17
Présentateur

Ce qui signifie que vous excluez toujours la possibilité d'un cessez-le-feu humanitaire pour permettre de secourir les populations civiles prises au piège de Gaza.

13:25
Invité politique

Non, au contraire, nous avons autorisé l'entrée d'un nombre croissant de convois humanitaires dans la bande de Gaza. Nous travaillons en étroite collaboration avec les Nations Unies, avec la Croix-Rouge, avec même l'Unroi et d'autres institutions spécialisées. Nous suivons de près la situation humanitaire de la population de Gaza, heure après heure. Mais il faut savoir qu'effectivement, il n'y a pas d'électricité à Gaza à cause des missiles de Gaza qui ont détruit les câbles qui portaient l'électricité à Gaza. Nous n'avons pas la main non plus sur l'eau à Gaza. Il n'y a que 7% de l'eau de Gaza qui vient d'Israël. C'est Gaza qui a détruit l'infrastructure de Gaza.

Vos contribuables, et d'ailleurs les nations européennes ont versé des sommes énormes pour construire l'infrastructure à Gaza, pour améliorer la qualité de vie des Gazaouis. Israël, au cours des dernières années, a ouvert ses frontières, a permis à des dizaines de milliers de Gazaouis de travailler en Israël. Tout cela a été détruit par une attaque épouvantable terroriste qui a massacré un nombre incalculable de victimes en torturant des gens, en les assassinant et en glorifiant ces corps décapités, ces enfants qui avaient été massacrés ou encore enlevés. Voilà la situation où nous sommes.

C'est vraiment la communauté internationale qui doit comprendre que nous nous battons pour le bien contre le mal.

15:04
Présentateur

Mais une trêve est-elle possible si ce n'est pas un cessez-le-feu ?

15:15
Invité

Alors ces questions de trêve, de cessez-le-feu, on en parle évidemment.

15:21
Invité politique

Et là je ne veux pas entrer dans le détail parce que sur ces dossiers, je n'ai pas la main encore une fois, en tout cas pas en temps réel. Il y a, vous le savez, un cabinet de guerre, il y a une coalition autour du Premier ministre, il y a toutes les institutions et les administrations des forces armées qui sont là.

15:40
Présentateur

L'inquiétude des Juifs de France, M. le Président, est grande et ce depuis des années. Mais en ce moment, les actes antisémites ont encore augmenté dans notre pays. Suivez-vous la situation sur le sol français et est-ce qu'elle vous inquiète ?

16:00
Invité politique

Mais bien sûr, je suis extrêmement préoccupé et ce n'est pas qu'en France et dans le monde entier. La tragédie, c'est que les premiers qui souffrent de ces phénomènes, ce sont les Juifs, mais ce ne sont jamais les derniers. Et c'est ça le problème. Ce n'est pas une question des Juifs qui doivent s'inquiéter, c'est une question qui doit inquiéter toutes les démocraties démocratiques du monde entier. Parce qu'il y a évidemment des mesures de précaution à prendre. J'ai été conseillé par le président Macron de cela. Le gouvernement français a pris des mesures, les forces de sécurité pour protéger les communautés juives en France, qui sont des communautés historiques.

Ma propre famille avait vécu en France pendant des centaines d'années. Et nous avons perdu des membres de la famille dans la Shoah, des membres de la famille qui ont été déportés de Paris pour se retrouver à Drancy. Et nous sommes bien conscients de la nécessité de lutter contre l'antisémitisme dans le monde entier et d'être encore une fois du côté du bien et de vraiment porter la parole de la paix. D'essayer d'ouvrir le dialogue, mais c'est un vrai, un véritable enjeu pour le monde entier, cette montée de l'antisémitisme.

17:18
Présentateur

Une toute dernière question avant de nous séparer, monsieur le président. De très nombreux Français qui sont des amis d'Israël, qui n'ont cette amitié n'ayant jamais été remise en cause, s'inquiètent néanmoins en ce moment grandement pour la population de Gaza et la population palestinienne. Qu'avez-vous à leur dire ce soir ?

17:40
Invité politique

Eh bien, nous aussi, nous sommes soucieux de nos voisins. Nous l'avons toujours été. Nous respectons le droit international, le droit humanitaire. Nous avons demandé aux civils de se rendre dans des zones sécurisées, humanitaires. Mais c'est Hamas qui les en empêche. Il y a énormément de réserves de carburants qui ont été prises par le Hamas. Nous avons pu suivre, bien sûr, au quotidien la situation humanitaire. Mais la question est de savoir comment pouvons-nous nous défendre ? Qu'est-ce qu'on est censé faire ? Qu'est-ce qu'on est censé dire à un gamin de 3 ans ou un enfant dont la famille a été enlevée ou assassinée ? Qu'est-ce que je dis à cet enfant ?

Qu'est-ce que je dis à ses amis qui veulent rentrer à la maison et reprendre la vie ? Est-ce qu'on peut vivre dans ces conditions ? Et ça, c'est le programme de nous chasser à force d'attaques et de menacer la nation. Ma nation est en deuil. C'est une tragédie terrible. Et je remercie nos amis et nos soutiens dans le monde entier. Mais lorsque nous sommes saignés à blanc, nous sommes en même temps un peuple uni. Nous avons la force, la résilience. Nous sommes sortis de la pire atrocité de l'histoire et nous en sortirons également. Nous sommes une démocratie puissante. Tout le monde peut dire ce qu'il veut ou ce qu'elle veut dans notre pays, ce qui n'est pas le cas de nos voisins.

Et nous travaillons très dur pour trouver des moyens, des solutions pour être inclus, reconnu dans la région et faire le bien. Mais on ne peut pas continuer comme ça, être attaqué constamment. Vous avez des centaines de personnes enlevées. On leur demande, on exige leur libération. Vous avez des personnes âgées qui sont malades, qui ont besoin de soins. Il y a des jeunes enfants. Il y a une trentaine d'enfants, 30 enfants qui ont été enlevés. Est-ce qu'il y a eu un cas pareil dans l'histoire de l'humanité à une telle échelle avec tant de nationalités ? Parce que vous avez ces enfants israéliens qui sont enlevés. Vous avez des personnes torturées, violées.

Enfin, quand même, le problème est là. C'est quand même à ça qu'on a affaire. C'est vraiment le mal à l'état pur. Et c'est la raison pour laquelle nous demandons à tous nos amis de rester à nos côtés dans ce moment difficile.

20:14
Présentateur

Êtes-vous confiant ? Pensez-vous qu'on va pouvoir sauver les otages qui sont retenus à Gaza en ce moment ?

20:25
Invité politique

Écoutez, vous savez que des efforts internationaux sont déployés autour de cette question. Il y a des négociations entre différents pays. Tout ce que je peux dire, c'est ce que j'ai dit aux familles des personnes enlevées. J'ai rencontré des familles, je les rencontre tous les jours. C'est notre priorité. C'est la priorité de nombreux pays. Cela m'a réchauffé le cœur d'entendre le président Macron répéter ce souhait. Et évidemment, ce qu'on peut espérer, il y a quand même un peu d'espoir que derrière, en coulisses, quelque chose se trouve.

20:58
Présentateur

Merci beaucoup, Isaac Herzog. Merci beaucoup, M. le Président de l'État d'Israël, d'avoir pris la parole ce soir sur BFM TV, première chaîne d'information de France. Bonne soirée à vous.