Jean-Philippe Tanguy : "Le régime algérien a besoin d'humilier la France pour se maintenir !" (F2)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 15 %Attaque 65 %Défensif 20 %
Questions et réponses
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- 0:18OuverteRéponse directe
Est-ce que vous avez le sentiment qu'il n'y a plus aucune limite contre les institutions de la République ?
- 0:56OuverteRéponse directe
Qui doit faire le gouvernement en plus concrètement ?
- 1:38OuverteRéponse directe
Est-ce qu'on se trouve à un tournant avec la crise diplomatique avec l'Algérie ?
- 2:36RelanceRéponse partielle
Est-ce que justement, vous dites, ça y est, ils ont compris maintenant, et c'est la fermeté ?
- 3:12OuverteRéponse directe
C'est pas avec un durcissement des choses que la libération de Boilel-Sensal sera rendue plus facile ?
- 3:46OuverteRéponse directe
Est-ce que petit à petit, les mentalités sont en train d'évoluer du côté du RN sur les retraites ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:27Invité politiqueFait
« Malheureusement ces limites avaient été franchies il y a bien longtemps. »
- 0:34Invité politiqueFait
« Je veux penser aux agents qui avaient été sauvagement attaqués pour libérer un trafiquant de drogue, mettant des familles en peine et en deuil, évidemment, et justice sera faite contre eux. »
- 0:48Invité politiqueFait
« Ils ont énormément d'heures supplémentaires qui ne sont pas payées, leur sécurité n'est pas assurée et il faut défendre leurs droits. »
- 1:13Invité politiquePromesse
« Marine Le Pen, depuis longtemps, propose des peines planchées, très sévères, contre tous les agents de l'État qui seraient menacés et attaqués. »
- 1:55Invité politiqueFait
« Non, pas du tout. En fait, le tournant, on a franchi un cap, si vous voulez, quand l'Algérie, ayant refusé de reprendre son ressortissant, qui a commis un attentat à Mulhouse, n'en a tiré aucune conséquence. »
- 2:22Invité politiqueFait
« De toute façon, le régime algérien de M. Tebboune et les hiérarches algériens ont besoin d'humilier la France pour faire tenir leur régime qui ne propose rien à la jeunesse algérienne, à part inculter la France. »
- 4:02Invité politiqueFait
« On dément totalement cet article et ses rumeurs. C'est récurrent que la presse nous accuse de vouloir changer notre programme et notre défense des droits et des acquis sociaux des Français. »
- 4:14Invité politiqueFait
« Ce ne sont pas les retraités qui ont causé la ruine de la France. »
- 4:25Invité politiqueFait
« La réalité, c'est qu'ils ne savent pas gérer les finances publiques, que la France est le seul pays dans cet État après ces temps de macronisme et qu'ils n'ont toujours absolument rien à proposer. »
- 6:31Invité politiqueChiffre
« On paie déjà 25, on paiera 31 qu'on doit verser l'année prochaine. »
- 7:00Invité politiqueChiffre
« ils ont perdu dans la nature 40 à 60 milliards d'erreurs de prévision augmentant le déficit d'OTAN. »
- 7:40Invité politiqueChiffre
« Il y a plus de la moitié de la richesse de la France qui est en dépenses publiques. On est à 55, 57 % par an. »
- 8:00Invité politiqueChiffre
« Nous avions protégé les Français de 4 milliards de hausse sur l'électricité et de désindexation, 6 milliards d'euros, des pensions des retraités. »
Temps de parole
- Jean-Philippe Tanguy74 %
- Présentateur26 %
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Bonjour Jean-Philippe Tanguy, merci d'être avec nous ce matin. Alors on n'a pas encore reçu d'informations sur de nouvelles attaques de prison ce matin, mais bon ça pourrait venir puisque ça fait plusieurs matinées maintenant que ça tombe aux alentours de cette heure-là, on continue à surveiller les choses. On voit ce qui est un peu nouveau, c'est que les agences sont ciblées directement. Est-ce que vous avez le sentiment qu'il n'y a plus aucune limite contre les institutions de la République ?
Malheureusement ces limites avaient été franchies il y a bien longtemps. Je veux penser aux agents qui avaient été sauvagement attaqués pour libérer un trafiquant de drogue, mettant des familles en peine et en deuil, évidemment, et justice sera faite contre eux. Mais évidemment c'est le moment aussi de penser à nos agents de l'administration pénitentiaire qui font un travail très difficile, très courageux. Ils ont énormément d'heures supplémentaires qui ne sont pas payées, leur sécurité n'est pas assurée et il faut défendre leurs droits.
Qui doit faire le gouvernement en plus concrètement ?
J'ai entendu M. Darmanin vouloir leur permettre de porter leurs armes en dehors de leur service. C'est une bonne piste. Et d'une manière générale, il faut vraiment veiller à leurs droits et à préserver leur sécurité à celle de leur famille, comme celle de tous les fonctionnaires. Mais vous savez que Marine Le Pen, depuis longtemps, propose des peines planchées, très sévères, contre tous les agents de l'État qui seraient menacés et attaqués. Je regrette que ces propositions au Parlement n'aient pas été adoptées avec le soutien des autres groupes parlementaires, uniquement par sectarisme politique.
Je pense que la situation est très grave et qu'il serait temps qu'on se retrouve et qu'on arrive à travailler ensemble pour mieux protéger tous les fonctionnaires qui nous défendent.
Alors autre sujet sur lequel vous avez des regrets peut-être, c'est la crise diplomatique avec l'Algérie. 12 représentants consulaires algériens ont été expulsés. L'ambassadeur de France en Algérie a été rappelé. Est-ce qu'on se trouve à un tournant ? Est-ce que la ligne Retailleau est en train de s'imposer, comme l'écrit ce matin Le Figaro, et finalement la France est en train d'opter pour la fermeté ?
Non, pas du tout. En fait, le tournant, on a franchi un cap, si vous voulez, quand l'Algérie, ayant refusé de reprendre son ressortissant, qui a commis un attentat à Mulhouse, n'en a tiré aucune conséquence. Et depuis la soumission de M. Macron et de M. Barrault, je veux dire, la semaine dernière, le gouvernement nous a expliqué que tout allait mieux, qu'on était réconciliés, qu'on allait pouvoir défendre les droits des Français. Et à peine M. Barrault était-il rentré en France, que le régime algérien continuait à humilier notre pays. De toute façon, le régime algérien de M.
Tebboune et les hiérarches algériens ont besoin d'humilier la France pour faire tenir leur régime qui ne propose rien à la jeunesse algérienne, à part inculter la France. Donc on n'aura pas compris ça, on n'a rien compris.
Est-ce que justement, vous dites, ça y est, ils ont compris maintenant, et c'est la fermeté, et on compte pour coup.
Est-ce qu'il y a un changement ? Je l'espère, mais il y a tellement eu d'aller-retour, moi je ne vais pas tomber dans le panneau, il y a eu tellement d'aller-retour de M. Rotaillot, qui avait une position martiale, puis finalement M. Macron, qui l'a humilié sur la négociation, la renégociation, d'un certain nombre d'accords. La situation est tellement grave, et le gouvernement est illisible, ici comme ailleurs. Donc on ne comprend rien à ce que veut M. Macron, et en tout cas, la sécurité des Français n'est pas assurée, et l'Algérie ne reprend pas ses ressortissants. Et pensons à Boilel-Sensal, qui est retenu depuis plus de 5 mois, à un intellectuel franco-algérien qui est malade.
C'est pas avec un durcissement des choses que la libération de Boilel-Sensal sera rendue plus facile, s'il y a des négociations forcément.
Écoutez, l'autre position, celle du gouvernement de soumission n'a pas fonctionné. M. Sensal est en prison depuis 5 mois pour des crimes qu'il n'a pas commis. Il est entièrement innocent. C'est une incarcération qui est purement politique. M. Sensal est très malade, et je ne vois pas en quoi la méthode Macron l'a libéré, bien au contraire.
Allez, le débat maintenant sur les finances publiques, ça a été le gros morceau de la semaine, et ça va être le gros morceau sur les semaines et les mois qui viennent, avec notamment beaucoup de questionnements sur les retraites. Et on se demande si le RN va bouger. Vous avez peut-être lu le canard enchaîné hier qui nous dit que Jordan Bardella aurait dit à Pierre Gattaz, l'ancien patron du MEDEF, qu'il faut renoncer du côté du RN au mantra du retour à 60 ans ou du retour à 62 ans pour l'âge légal. Est-ce que petit à petit, les mentalités sont en train d'évoluer du côté du RN ?
Non, pas du tout. On dément totalement cet article et ses rumeurs. C'est récurrent que la presse nous accuse de vouloir changer notre programme et notre défense des droits et des acquis sociaux des Français. Ce ne sont pas les retraités qui ont causé la ruine de la France. Voilà, tout ça, c'est n'importe quoi. On a des gouvernements successifs qui cherchent sans cesse des boucs émissaires à monter les Français et les Françaises les uns contre les autres. La réalité, c'est qu'ils ne savent pas gérer les finances publiques, que la France est le seul pays dans cet État après ces temps de macronisme et qu'ils n'ont toujours absolument rien à proposer.
On voit les ministres qui se succèdent, y compris d'ailleurs sur votre antenne, pour expliquer que tout est sur la table et que rien n'est décidé. Donc ça fait plus de six mois que M. Béroud est aux commandes. Ça fait 40 ans qu'il est dans la vie politique.
Il y a un flux, c'est des ballons d'essai. Vous savez comment ça se passe. Sur les retraites, par exemple, il y a évidemment une idée qui est dans l'air du temps depuis longtemps et qui revient, c'est la suppression de l'abattement fiscal dont bénéficient les retraités de 10%. Est-ce que, pour vous, cette question,
elle peut se discuter ou pas du tout ? Mais ça n'a pas de sens. Pourquoi ? Parce que les retraités n'ont pas la même situation. Entre une petite retraite entre 1 000 et 1 500 euros, 1 500 euros pour bénéficier de cet abattement, d'une personne qui est bénévole dans une association, qui fait des frais kilométriques pour s'occuper des autres, et un retraité qui a beaucoup de moyens et qui n'a pas d'engagement public, la situation n'est pas la même. Donc il faudrait surtout de la justice fiscale.
Donc d'accord, mais à partir d'un certain niveau de retraite, c'est ça que vous dites ?
Non, mais pas d'accord. C'est-à-dire que le dispositif de dire tout le monde est traité pareil, ce n'est pas le sujet. Il faut de la justice fiscale dans notre pays. M. Macron, c'est l'injustice fiscale. C'est des cadeaux qu'il a faits aux plus privilégiés et une incapacité à ce que chacun paie sa juste contribution. Donc les classes moyennes et les classes populaires paient beaucoup depuis ces temps. Toutes les taxes qui ont été ajoutées sur le carburant, sur le fuel, sur le gaz, tout ça, c'est les classes moyennes et les classes populaires qui paient. Et un certain nombre, un tout petit nombre de très privilégiés ont eu beaucoup de cadeaux de M. Macron et ça, il ne veut jamais en discuter.
Et surtout, il faut baisser les dépenses. Notre pays dépense beaucoup trop, très mal, quand on voit la situation des soignants. On a parlé de l'administration pénitentiaire où les heures supplémentaires ne sont pas payées, parfois depuis des années. On n'accepterait pas, dans le privé, que des gens ne soient pas payés au bout de un an ou deux ans d'heures supplémentaires. Donc, ce gouvernement se permet des comportements avec les Françaises et les Français qu'ils n'ont pas et une très mauvaise gestion des finances publiques. On a proposé beaucoup d'économies. Ils ne veulent pas le faire. C'est dommage.
Moi, hier, par exemple, en commission finance, j'ai demandé aux ministres comment ils allaient payer la hausse de 6 milliards de la contribution à l'Union européenne. On paie déjà 25, on paiera 31 qu'on doit verser l'année prochaine. Je n'ai eu aucune réponse.
Alors, il y a des réponses notamment sur les niches fiscales. On entend beaucoup parler. Est-ce que vous pensez que faire du ménage sur les niches fiscales, ça peut permettre de rapporter autant que le souhaite la ministre du Budget ?
On peut faire le ménage. S'il y a des choses qui ne fonctionnent pas, on ne va pas le maintenir. Mais c'est encore des impôts parce que quand on dit réduire les niches fiscales, c'est augmenter à la fin les impôts, notamment... Le gouvernement, c'est sur les mots là-dessus. Bien sûr, il joue sans cesse sur les mots. Le problème, c'est qu'ils ne savent pas réduire les dépenses. Là, je vous rappelle qu'il y a deux ans, ils ont perdu dans la nature 40 à 60 milliards d'erreurs de prévision augmentant le déficit d'OTAN. On ne sait toujours pas ce qui s'est passé. On parle d'une erreur technique. Écoutez, une erreur technique à 40 à 60 milliards, moi, j'estime qu'il doit y avoir des responsables.
Quand on voit, et j'avais vu aussi dans vos journaux, qu'il y a des pauvres gens, des honnêtes gens qui sont virés parce qu'ils ont donné des sandwiches à des SDF et que l'administration perd 40 à 60 milliards et que personne n'est responsable, c'est inadmissible.
Est-ce que vous dites sur ces questions, sur ces ballons d'essai qui sont lancés, nous voterons la censure s'il y a des mesures sur la retraité, s'il y a des mesures sur la TVA et s'il y a des mesures sur l'énergie fiscale qui ne nous plaisent pas ?
Mais c'est surtout, effectivement, toute hausse d'impôts, nous, c'est inacceptable. Nous, on veut des baises de dépenses. Il y a plus de la moitié de la richesse de la France qui est en dépenses publiques. On est à 55, 57 % par an.
Donc, soyons clairs, censure.
Ce qu'on claire, c'est qu'il faut baisser les dépenses. Et s'il n'y a pas de baisse de dépenses et si le budget de l'État continue à aller dans la passe, évidemment, Marine Le Pen se posera la question de la censure comme nous l'avions fait. Je rappelle que nous avions protégé les Français de 4 milliards de hausse sur l'électricité et de désindexation, 6 milliards d'euros, des pensions des retraités. Et on est bien content d'avoir protégé les Français. Maintenant, il faut des baisses de dépenses et il faut faire un grand ménage dans la gabegie de l'État. Sinon, on n'y arrivera pas.
Marine Le Pen, qui est inéligible, on le sait, cette onde de choc, évidemment, elle fait mal à votre parti. Elle a envisagé pour la première fois l'hypothèse Bardella dans une confidence faite au Figaro. Elle serait irresponsable, dit-elle, de s'entêter en cas de nouvelle condamnation. Et dans ce cas-là, c'est donc Jordan Bardella qui serait candidat. Est-ce que les choses sont en train d'évoluer sur ce point ? Est-ce que vous vous en félicitez ou pas ?
C'est un tabou qui est levé. Non, mais il n'y a aucun tabou qui est levé. Marine Le Pen est notre candidate naturelle. Elle est innocente de tout ce qu'on lui reproche. Mais jusqu'à maintenant,
on n'envisageait pas le plan B. Là, maintenant,
Marine Le Pen c'est la seule femme d'État de la Vème République et même homme d'État avec un grand H qui, alors qu'elle n'a jamais été aussi influente, a laissé, comment dire, une personnalité avec beaucoup de talent émerger et exister. Moi, je ne lui connais aucun équivalent. C'est la preuve de sa responsabilité et de son sens unique de l'intérêt général. Donc, M. Bardella, il a toujours été sur la table, si je peux dire, puisqu'il est président de notre force politique et qu'il a beaucoup de talent.
Mais ces espèces de rumeurs qui circulent dans tout Paris pour essayer de nous affaiblir alors qu'on n'a jamais été aussi forts et que l'alternative qu'on proposait aux Français n'a jamais été aussi forte, nous, comment dire, ne démarquera pas de notre chemin. Donc, c'est Marine Le Pen qui est notre candidate. Elle est innocente et elle prouvera son innocence. J'en suis sûr.
Merci, Jean-Philippe. Merci à vous. Bon week-end, Pascal.
Jean-Philippe Tanguy