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InterviewRMC — Face à Face (sur Podcast)· 27 octobre 2026 22 minContradictoireActualité / polémiqueSécuritéImmigration & asileSolidarités & familleInstitutions & élections

Face à Face : Ali Rabeh - 27/10

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 25 %Attaque 55 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 89 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:56OuverteRéponse directe

    Pouvez-vous nous donner des nouvelles des blessés et notamment de cette petite fille ?

  • 3:45OuverteRéponse directe

    Est-ce que vous pouvez me parler de Pango Bossio Wangui ?

  • 4:22OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce que vous dites ce matin aux habitants de Trappes ?

  • 5:08OuverteRéponse directe

    Vous voulez écrire la suite. Comment on fait pour écrire la suite ?

  • 6:54RelanceRéponse partielle

    Est-ce que vous estimez que quatre jours après, elle est là, la concorde nationale ?

  • 8:02OuverteRéponse directe

    Est-ce que la campagne présidentielle n'est pas, au fond, devrait être la meilleure des réponses ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:03Invité politiqueFait
    « 'est d'après ce que m'a indiqué la famille, cette petite fille va mieux. »
  • 1:14Invité politiqueFait
    « Aux dernières nouvelles, dimanche, elle avait retrouvé conscience. »
  • 1:33Invité politiqueFait
    « Son état s'améliore et on espère également qu'il pourra rapidement être sorti d'affaires. »
  • 2:55Invité politiqueFait
    « Une femme noire qui portait un foulard sur la tête me racontait dimanche soir en larmes la même scène à quelques mètres du lieu où est assassiné Pengo Bossiwangi. »
  • 3:05Invité politiqueFait
    « Elle a pu ensuite fuir et se réfugier dans un bus. »
  • 3:35Invité politiqueChiffre
    « Sinon, nous aurions eu à déplorer des dizaines, voire des centaines de morts. »
  • 3:37Invité politiqueChiffre
    « Je rappelle qu'il a tiré plus de 150 cartouches. »
  • 3:50Invité politiqueFait
    « Il n'habitait pas la ville. »
  • 3:57Invité politiqueFait
    « 'était un homme qui était un sportif, jeune, à 26 ans, qui avait tout l'avenir devant lui. »
  • 4:11Invité politiqueFait
    « Il était sur le point de devenir professionnel du MMA, d'un sport de combat. »
  • 4:15Invité politiqueFait
    « Il n'avait comme seul tort que de marcher au mauvais endroit, au mauvais moment, avec la mauvaise couleur de peau. »
  • 5:27Invité politiqueFait
    « Le racisme tue, on le sait depuis toujours. »
  • 5:41Invité politiqueFait
    « Et on a pu considérer que stigmatiser tout un territoire et toute sa population, ou une partie du peuple français, tout simplement, ça ne prêtait pas à conséquence. »
  • 5:51Invité politiqueFait
    « On a eu à déplorer un mort et des blessés graves. »

Temps de parole

  • Ali Rabeh60 %
  • Présentateur32 %
  • ?5 %
  • Invité3 %

≈ 25,6 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Locuteur

Vous

0:00
Invité

écoutez RMC. RMC jusqu'à 9h. Apolline Matin.

0:10
Locuteur

Face

0:11
Invité

à face. Apolline de Malherbe.

0:14
Locuteur

Il

0:24
Présentateur

est 8h29 et vous êtes bien sur RMC et BFM TV. Bonjour Ali Rabet. Bonjour. Merci d'être mon invité ce matin. Vous êtes le maire de Trappes, une ville évidemment bouleversée, un pays sous le choc. Après ce périple meurtrier de Kevin T, vendredi, une véritable chasse à l'orme, un attentat terroriste, raciste. On va évidemment parler du contexte. Vous êtes bouleversée. Le pays est sous le choc. Un tournant, c'est le mot qu'a utilisé le président de la République qui s'est rendu à Trappes. On va revenir évidemment aussi sur l'enquête. Mais d'abord, je voudrais que vous nous donniez des nouvelles des blessés et notamment de cette petite fille.

1:03
Locuteur

C

1:03
Ali Rabeh

'est d'après ce que m'a indiqué la famille, cette petite fille va mieux. Elle est courageuse puisqu'elle a lutté contre, était entre la vie et la mort pendant de nombreuses heures. Elle a subi plusieurs opérations. Aux dernières nouvelles, dimanche, elle avait retrouvé conscience. Elle avait pu reconnaître et échanger avec sa famille.

1:20
Locuteur

Elle

1:20
Présentateur

avait pu reconnaître et échanger avec sa famille. Les autres blessés sont certains encore hospitalisés. Et l'un d

1:27
Locuteur

'eux est encore dans un état très grave. C'est

1:29
Ali Rabeh

qu'il a dû subir deux opérations lourdes. Son état s'améliore et on espère également qu'il pourra rapidement être sorti d'affaires.

1:38
Présentateur

Je le disais, un périple meurtrier. Vous l'avez tout de suite dit, ça aurait pu être

1:42
Locuteur

encore

1:43
Présentateur

pire. Et je voudrais que l'on écoute tout de suite les mots, l'émotion d'une de vos habitantes. Une habitante de Trappes, elle s'appelle Sophia. Elle s'est confiée au micro de notre reporter RMC Pierre Bazin. Elle raconte qu'elle faisait le plein d'essence quand elle a été visée par le tueur. Qu'il y

2:03
Locuteur

a

2:03
Présentateur

eu cinq impacts sur sa voiture avant qu'il ne la mette en joue. Écoutez.

2:08
Locuteur

Elle

2:08
Invité

m'a dit, bouge pas. Ça n'arme vers moi directement. Et moi, je lui ai dit, s'il te plaît, tu ne

2:14
Locuteur

fais

2:14
Invité

pas ça. Non,

2:15
Locuteur

non,

2:15
Invité

non, tu ne fais pas ça. Elle lui a dit, bouge pas. Le truc, il est vide. Et moi, dans ma tête, c'est fini. Je cours et il y a beaucoup de monde à l'intérieur.

2:24
Locuteur

Et

2:24
Invité

je dis à tout le monde, vous ne sortez pas, vous ne sortez pas. Il y a un monsieur qui m'essouit avec les claschenkoffs. Vous ne sortez pas. Et j'entends des tac, tac, tac. C'est un raciste. Louis, il est calme. Il choisit les gens. Je ne suis pas bien, la vérité. Je ne dors pas. Franchement, je ne dors pas la nuit.

2:42
Locuteur

Il

2:42
Présentateur

est calme. Il choisit les gens.

2:44
Locuteur

Elle

2:45
Présentateur

est bouleversée. Elle ne dort plus.

2:47
Locuteur

Son

2:48
Ali Rabeh

témoignage,

2:48
Locuteur

c

2:48
Ali Rabeh

'est celui de bien d'autres trapistes

2:50
Locuteur

qui

2:50
Ali Rabeh

racontent petit à petit ce qu'ils ont vécu. Une femme noire qui portait un foulard sur la tête me racontait dimanche soir en larmes la même scène à quelques mètres

3:01
Locuteur

du

3:01
Ali Rabeh

lieu où est assassiné Pengo Bossiwangi. Elle a dû sa survie uniquement au fait que l'arme s'est de nouveau enrayée. Il a essayé à plusieurs reprises de lui tirer dessus trois fois sans y parvenir.

3:12
Locuteur

Et

3:12
Ali Rabeh

elle a pu ensuite fuir et se réfugier dans un bus. Donc, au-delà des blessés, au-delà du décès, il y a de très, très nombreux trapistes qui ont réchappé par miracle. Et nous le devons à la fois à la météo capricieuse qui a vidé les rues de Trappes ce matin-là, notamment le marché de Trappes où il s'est rendu, où il n'a trouvé quasiment personne. Et également au fait que son arme, encore une fois, était ancienne et s'est enrayée à de nombreuses reprises. Sinon, nous aurions eu à déplorer des dizaines, voire des centaines de morts. Je rappelle qu'il a tiré plus de 150 cartouches.

3:40
Présentateur

150 cartouches, au moins huit lieux de crimes, scènes de crimes, comme le disait hier le Parc national antiterroriste. Est-ce que vous pouvez me parler de Pango Bossio Wangui

3:48
Locuteur

?

3:49
Ali Rabeh

Il n'habitait pas la ville. Il venait rendre visite à de la famille. Il est du territoire. Sa famille et ses parents, notamment, sont du territoire.

3:55
Locuteur

C

3:55
Ali Rabeh

'était

3:56
Locuteur

un

3:57
Ali Rabeh

homme qui était un sportif, jeune, à 26 ans, qui avait tout l'avenir devant lui, dont les proches

4:01
Locuteur

racontent,

4:03
Ali Rabeh

notamment dans son club de sport, combien il était plein d'avenir, plein de promesses. Il espérait que le sport lui permettrait

4:09
Locuteur

de

4:09
Ali Rabeh

réussir son parcours dans la vie. Il était sur le point de devenir professionnel du MMA, d'un sport de combat.

4:15
Locuteur

Il

4:16
Ali Rabeh

n'avait comme seul tort que de marcher au mauvais endroit, au mauvais moment, avec la mauvaise couleur de peau.

4:20
Présentateur

Avec la mauvaise couleur de peau. Qu'est-ce que vous dites ce matin ? Qu'est

4:24
Locuteur

-ce

4:24
Présentateur

que vous dites depuis quatre jours aux habitants de Trappes

4:27
Locuteur

? Je

4:28
Ali Rabeh

ne trouve pas les mots pour leur parler. Ce n

4:30
Locuteur

'est

4:30
Ali Rabeh

pas simple. Ce n

4:31
Locuteur

'est

4:31
Ali Rabeh

pas simple parce qu'il y

4:33
Locuteur

a

4:33
Ali Rabeh

un traumatisme collectif, vous l'avez rappelé, et que le sentiment qui domine, c'est évidemment la peur. Ce n

4:39
Locuteur

'est

4:39
Ali Rabeh

même pas l'incompréhension, parce que chacun comprend. Cette dame le dit très bien. La motivation raciste

4:44
Locuteur

qui

4:46
Ali Rabeh

vient de loin. Et cet acte, même si on n'aurait pas pu le prédire, ni sa date, ni le lieu de sa commission, ça fait longtemps qu'on est quelques-uns à craindre qu'ils surviennent sur le territoire. Et c'est arrivé dans ma vie, la Trappe,

5:00
Locuteur

sur

5:00
Ali Rabeh

des habitants qui ont pris l'habitude d'être stigmatisés, d'être pointés du doigt, et d'être désignés comme des cibles. Et cette habitude, il faut qu

5:06
Locuteur

'on

5:06
Ali Rabeh

la perde collectivement.

5:07
Locuteur

Vous

5:08
Présentateur

voulez écrire la suite. Vous avez commencé d'ailleurs hier avec ces rassemblements. Il y aura à nouveau un rassemblement dans votre ville vendredi. Vous voulez écrire la suite. Comment on fait justement pour écrire la suite

5:18
Locuteur

? Ce

5:21
Ali Rabeh

n'est pas la responsabilité d'une personne ou d

5:23
Locuteur

'un

5:25
Ali Rabeh

groupe.

5:25
Locuteur

C

5:26
Ali Rabeh

'est notre responsabilité collective. Le racisme tue, on le sait depuis toujours. Il y a toujours eu des militants engagés contre le racisme qui dénoncent ses crimes, ce qui arme la main des tireurs, des tueurs. Mais la société, dans son ensemble, elle a baissé les armes. Et on a pu considérer que stigmatiser tout un territoire et toute sa population, ou une partie du peuple français, tout simplement, ça ne prêtait pas à conséquence.

5:50
Locuteur

Ça

5:50
Ali Rabeh

prête à conséquence. On a eu à déplorer un mort et des blessés graves. Mais au-delà, vous savez, tout un peuple traumatisé.

5:55
Locuteur

Tous

5:56
Ali Rabeh

les Français dans leur ensemble, singulièrement ceux qui se considèrent dorénavant comme des cibles. Ce que j'entends depuis vendredi, au sein de ma population, c'est la peur de sortir, la peur de laisser ses enfants sortir, le sentiment qu'on n'a plus sa place ici. Certains disent et considèrent, et ça m'inquiète, qu'il faut se défendre soi-même. J'entends parler d'autodéfense, des concepts dont on croyait débarrasser la République. Donc l'enjeu, c'est qu'on puisse collectivement se ressaisir, tirer les leçons de ce qui s'est passé et de la dérive de notre débat public, d'ailleurs.

6:28
Locuteur

C

6:28
Ali Rabeh

'est pour ça que j'ai assez rapidement et spontanément appelé à la concorde républicaine parce

6:32
Locuteur

que

6:33
Ali Rabeh

c'est l'essentiel du message que je veux passer, c

6:35
Locuteur

'est

6:35
Ali Rabeh

que nous sommes un seul peuple

6:37
Locuteur

et

6:37
Ali Rabeh

qu

6:37
Locuteur

'on

6:37
Ali Rabeh

ne

6:37
Locuteur

peut

6:37
Ali Rabeh

pas dresser la France contre elle-même.

6:39
Présentateur

On va revenir sur ce que vous dites, sur les racines très profondes. Vous dites de ce racisme qui monte et qui a fini par tuer chez vous à Trappes. Vous appelez un sursaut à pouvoir vivre ensemble, à une concorde nationale. Est-ce que vous estimez que quatre jours après, elle est là ?

6:57
Locuteur

Je

6:57
Ali Rabeh

n

6:57
Locuteur

'ai

6:57
Ali Rabeh

pas assez de recul et je vais vous dire que je suis totalement allé dans le guidon donc je ne sais pas ce qui se dit autour de moi

7:03
Locuteur

et

7:04
Ali Rabeh

en dehors de ce qui se dit dans ma ville avec mes concitoyens. Donc c'est à vous d'en juger et j'espère que c'est le cas. J'espère que sur vos plateaux,

7:10
Locuteur

j

7:10
Ali Rabeh

'espère que dans le débat politique il y

7:12
Locuteur

a

7:12
Ali Rabeh

un sursaut. On m'a envoyé quelques images du débat d'hier. Sur votre antenne d'ailleurs quand Edwige Diaz continue, représentant du RN, à dire que Trappes est une république islamiste, le revendique et réitère ses propos et ceux de son président Jordan Bardella. Donc de ce camp-là je n'attends rien. De ces députés je n'attends rien. D'un parti qui vient de reconduire un antisémite à sa tête je n'attends rien. En revanche, de nous toutes et tous, de vous les médias en particulier j'attends beaucoup et j'espère beaucoup sincèrement.

7:40
Locuteur

Parce

7:40
Ali Rabeh

que c'est vous qui avez la clé. Pas vous uniquement les médias mais ceux qui dans la société ont une influence, ceux dont la parole peut être entendue, ceux dont l'intelligence, les intellectuels, les éditorialistes, etc. peuvent permettre de contrecarrer le discours raciste. Ceux-là ont le devoir de se mobiliser plus fortement.

7:54
Présentateur

Je partage évidemment totalement ce que vous venez de dire sur la lutte, le recadrage, la limite à apporter. Il y a ensuite une question qui est évidemment celle de la démocratie. Comment on fait dans une démocratie quand des gens sont élus, quand un peuple choisit ? Qu'est-ce qu'on fait ? Qu'est-ce qu'on dit ? Est-ce que la campagne présidentielle n'est pas, au fond, devrait être la meilleure des réponses

8:17
Locuteur

?

8:18
Ali Rabeh

Certainement pas. Certainement pas les derniers mois avant une campagne présidentielle. C'est le débat quotidien qui me pose problème. Mais

8:23
Présentateur

est-ce que le débat qui va s'ouvrir, il se trouve que le contexte de ce calendrier, c'est un moment où précisément on peut entendre des voix comme la vôtre, on peut entendre mais il faut entendre tout le monde. Est-ce qu'il faut entendre tout le monde

8:34
Locuteur

?

8:35
Ali Rabeh

Ça c'est

8:35
Locuteur

à

8:36
Ali Rabeh

vous de l'apprécier par ailleurs. J'observe en Belgique par exemple, les médias d'initiatives comme la classe politique ont choisi d'ériger un cordon sanitaire et d'interdire la parole raciste sur leurs antennes et de ne pas inviter les représentants de l'extrême droite qui s'appelait aussi le Front National en Belgique francophone. Néanmoins en France, moi je ne demande même pas cela. Je demande que l'on soit capable de tenir pied à pied la digue républicaine face à ceux qui à longueur d'antenne racontent n'importe quoi, développent des théories complotistes et mensongères comme celle du Grand Remplacement.

Je demande qu'on puisse du ministre de la République jusqu'au commentateur de plateau éviter de détailler, de donner libre cours à la parole raciste.

9:13
Présentateur

Vous avez cité notamment dans les colonnes du Parisien ce matin, Aurore Berger, elle est ministre de la lutte contre les discriminations et pourtant, vous dites d'elle qu'elle fait partie des responsables en quelque sorte de cette parole décomplexée lorsqu'elle a affirmé que certes, elle combattait la théorie du Grand Remplacement mais que cette théorie relève, je cite, du débat politique et de la liberté d'expression.

9:33
Locuteur

Vous

9:33
Ali Rabeh

savez, moi je n

9:34
Locuteur

'ai

9:34
Ali Rabeh

pas envie de régler des comptes y compris avec Aurore Berger. Pas du tout. Je n

9:39
Locuteur

'ai

9:39
Ali Rabeh

pas envie de régler des comptes, j'ai envie qu'on en tire des conclusions pour l'avenir avec votre antenne et j'ai envie qu'on change de comportement. Vous savez, ce serait l'honneur d'Aurore Berger ou de François Béroud qui a parlé de submersion migratoire ou de Valéry Pécresse qui a dit que le Grand Remplacement était une réalité. Que tout cela dise le regretter tout simplement et s'engage à ne plus utiliser ce genre de théorie. Vous savez, espérer récolter des miettes électorales

10:03
Locuteur

en

10:03
Ali Rabeh

courant derrière le discours et les théories de l'extrême droite, en courant derrière les constats erronés de l'extrême droite. Ça ne marche pas. Ils seront tous à la fin dévorés par ceux qu'ils auront nourris. Éric Ciotti, président du parti principal de la droite républicaine, a fini aujourd'hui dans l'orbite du Rassemblement national et n

10:19
Locuteur

'est

10:19
Ali Rabeh

devenu

10:19
Locuteur

qu'un préroquet de l'extrême droite.

10:20
Présentateur

Il

10:21
Locuteur

est président

10:21
Présentateur

des Républicains et il est désormais un des alliés de Marine Le Pen.

10:24
Ali Rabeh

Mon sujet, ce n

10:25
Locuteur

'est

10:25
Ali Rabeh

pas de savoir s'il y a eu des erreurs par le passé quand, encore une fois, le Premier ministre de la République parle de submersion migratoire alors que tous les chiffres, toutes les analyses, toutes les statistiques disent l'inverse. Il doit s'amender et il doit éviter d'utiliser ces ressorts-là qui ne lui apporteront et qui n'apportent rien sur le plan électoral.

10:42
Locuteur

Il avait parlé précisément d

10:44
Présentateur

'un sentiment de submersion migratoire et il l'avait redit le lendemain, estimant qu'il y avait les apports étrangers positifs, certes, mais que dès l'instant que vous avez le sentiment d'une submersion, alors c'est à ce moment-là qu'il y a le rejet.

10:57
Ali Rabeh

Eh bien, par ces mots, par ces paroles répétées, on étaye les constats et donc les solutions de l'extrême droite française. Ça suffit, il faut arrêter là.

11:05
Locuteur

Enfin,

11:06
Ali Rabeh

il est temps encore pour les six mois qui viennent mais pour l'avenir également d'en finir avec ces pratiques complaisantes avec le discours de l'extrême droite. Comment on fait,

11:12
Présentateur

Annie Ramay, pour remettre du vivre ensemble et tout simplement même concrètement une forme de mixité sociale ?

11:18
Locuteur

J

11:18
Présentateur

'ai l'impression que moi, depuis que je fais ce job de journaliste, je n'entends que des politiques qui disent qu'il va falloir remettre de la mixité sociale. Concrètement, est-ce que dans votre ville ça a été le cas

11:26
Locuteur

?

11:27
Ali Rabeh

Avant de vous répondre, déjà, je vous remercie de cette question qui est une question profonde, sérieuse, qui est l'un des sujets à adresser. Vous savez, notre pays, il est traversé par des chagrins collectifs. Ces chagrins-là, c'est notre incapacité à vivre en mixité sur tous les territoires.

11:40
Locuteur

Ça

11:40
Ali Rabeh

se heurte à des égoïsmes politiques. Dans ma ville, on augmente la part des logements privés qui cohabitent avec des logements sociaux. On construit des nouveaux quartiers qu'on reconstruit dans le cadre du renouvellement urbain pour faire en sorte que chacun trouve sa place. Propriétaire privé, accédant à la propriété accompagnée, issue du logement social et locataire du logement social parce qu'on a de forts besoins en Ile-de-France en logement social. Pourquoi on se heurte à des difficultés importantes à Trappes comme ailleurs ?

Parce que dans d'autres territoires, tout près de chez nous, d'autres maires refusent de respecter la loi qui a été votée en 2001, la loi de solidarité qui exige que chaque ville ait 25%

12:14
Locuteur

de logement social. Ça veut dire que

12:15
Présentateur

chacun se retrouve, en fait, vous, avec trop de logements sociaux et pas assez, finalement, de propriétés privées et d'autres villes, exactement l'inverse ?

12:21
Locuteur

C'est assez bien

12:21
Ali Rabeh

résumé. Mais nous, dans les villes populaires, nous sommes

12:25
Locuteur

ceux

12:25
Ali Rabeh

qui demandons de la mixité sociale où 25% de la population est sous le seuil de pauvreté. La plupart des habitants de ces communes, historiquement, y ont été installés par la République française.

12:37
Locuteur

Ils

12:37
Ali Rabeh

n

12:37
Locuteur

'ont

12:37
Ali Rabeh

pas fait le choix rationnel de s'y installer, même s'ils aiment leur ville aujourd'hui et qu'ils y sont attachés. Mais pourquoi le maire de Maison-Lafitte refuse depuis des années de respecter la loi, préfère payer des amendes plutôt que de construire des logements sociaux en résistant à la loi et aux injonctions de l'État

12:51
Locuteur

?

12:52
Ali Rabeh

Pourquoi ? Est-ce qu'on va continuer à fermer les yeux sur ces réalités-là ? La plupart de ces élus sont proches des idées de l'extrême droite et de la droite radicalisée. Pourquoi ils continuent à vouloir construire un monde où chacun vit chez soi replié sur lui-même et où on se tourne le dos plutôt que de se faire face ? Comment vous faites-vous

13:07
Présentateur

pour justement ouvrir ? Comment est-ce qu'on fait ? C'est-à-dire que c'est une question de logement, c'est une question d'emploi, est-ce que ça n'est qu'une question économique, est-ce que c'est une question morale, est-ce que c'est une question religieuse ? Quels de tous ces points-là, comment on fait ? Tous

13:21
Ali Rabeh

ces sujets doivent être adressés paisiblement, rationnellement, dans le débat public qui doit pouvoir permettre effectivement d'exprimer la diversité des points de vue des options politiques pour que les Français choisissent tranquillement.

13:31
Locuteur

Sur

13:32
Ali Rabeh

le logement, sur l'accès à l'emploi, sur la réalité des discriminations, sur la question de la sécurité qui est une exigence de notre territoire populaire, sur tous ces sujets, il y a différentes options politiques. Il faut pouvoir en revanche dire clairement que les options proposées par l'extrême droite qui consistent à considérer que quel que soit le sujet, les hôpitaux où il n'y

13:47
Locuteur

a

13:47
Ali Rabeh

pas assez de médecins ou les personnes âgées crèvent dans des brancards, les élèves qui se retrouvent sans enseignants pendant des mois durant en année de terminale. Tout cela, c'est parce que les immigrés consomment et prennent l'argent des Français. Les Français qui n'obtiennent pas de logements. J'entends l'extrême droite dire et parfois sans être démenti, y compris dans vos antennes, qu'il y a une préférence à l'immigration dans l'attribution des logements sociaux. Ce qui est factuellement faux et ce qui est illégal. Et je le sais, je préside des commissions d'attribution des logements.

Donc, toutes ces réalités-là, si on peut les adresser paisiblement et refuser de tolérer que l'extrême droite simplifie le propos, simplifie le constat et propose des solutions démagogiques, ça fera du bien au débat public. Et je veux insister à Pauline de malheur sur le fait que vous avez une responsabilité là-dessus.

14:27
Locuteur

Je l

14:27
Ali Rabeh

'entends

14:28
Présentateur

parfaitement

14:28
Locuteur

et j'en suis

14:29
Présentateur

parfaitement consciente et je crois que la plupart des journalistes le sont. Ça ne veut pas dire qu

14:33
Locuteur

'on

14:33
Présentateur

ne fait pas d'erreur, mais je crois qu'on en est conscient et plus que jamais aujourd'hui dans cette société qui, comme vous dites, est non tellement fracturée, mais au bord des larmes en permanence. Il y a, vous avez dit le mot, il y a du chagrin, il y a de la souffrance, il y a de l'angoisse, il y a aussi de la violence, il y a aussi un climat où l'on sent qu'à tout moment, ça peut exploser. Comment on fait pour que le climat, y compris politique, vous disiez, j'appelle à une forme de concorde. Vous avez peut-être vu hier des images où il y a des manifestations où certains membres d'une gauche qui ne seraient pas LFI ont été insultés.

Quand le maire de Paris arrive, le parti socialiste arrive et il est insulté et que les militants qui sont sur place crient tout le monde déteste l'EPS. Est-ce que l'exemple ne doit pas venir aussi de la gauche ? Vous disiez, il y a le problème de la droite, il y

15:22
Locuteur

a

15:22
Présentateur

le problème de la gauche.

15:22
Ali Rabeh

Mais l'exemple, il doit venir nous chacun et chacune d'entre nous. Est-ce qu'on est capable dans le débat politique au sein de la gauche, au sein du camp républicain, de distinguer un adversaire, un concurrent, d'un ennemi de la République ? C'est ça l'enjeu. On a expliqué qu'il n

15:35
Locuteur

'y

15:35
Ali Rabeh

avait plus d'ennemi de la République. Moi, je veux qu

15:37
Locuteur

'on

15:37
Ali Rabeh

m'explique pourquoi depuis Pétain, tout d'un coup, l'extrême droite qui a toujours voulu abattre la République aurait disparu du champ électoral et du champ politique. Ce n'est pas le cas. L'extrême droite et le reste,

15:47
Locuteur

ce

15:47
Ali Rabeh

n'est pas la même chose. Vous savez, le maire de la Verrière et moi, on ne partage quasiment aucune option politique. On est

15:52
Locuteur

de

15:53
Ali Rabeh

bord opposé de l'échiquier. Et pourtant, je sais que c'est un adversaire,

15:57
Locuteur

un concurrent en élection, ce n'est pas un ennemi

15:59
Ali Rabeh

de la République. Quand bien même, j'aurais encore une fois, y compris sur des sujets très importants pour moi et des accords majeurs avec lui. Mais je sais considérer que face à l'extrême droite,

16:07
Locuteur

je

16:07
Ali Rabeh

ne reverrai jamais dos à dos

16:09
Locuteur

l

16:09
Ali Rabeh

'extrême droite et quiconque dans ce pays. Jamais. Ni au premier, ni au second tour d'une élection. Il s'agirait qu'on en soit tous et toutes capables.

16:16
Présentateur

Est-ce que vous estimez que l'État a eu une responsabilité à ne pas avoir suivi, anticipé, fiché

16:26
Locuteur

le

16:27
Ali Rabeh

tueur ? Je crois que c'est

16:29
Locuteur

l

16:30
Ali Rabeh

'une des mesures et j'espère qu'il y

16:31
Locuteur

a

16:31
Ali Rabeh

une prise de conscience au plus haut sommet de l'État qui permettrait aussi de rassurer une partie de nos compatriotes.

16:36
Locuteur

On

16:36
Ali Rabeh

a mesuré au début des années 2010 combien la France avait du retard dans la lutte contre les islamistes et en général, quand on a subi cette vague d'attentats successifs, on a ressenti que nous étions relativement désarmés pour identifier le mal, pour identifier les personnes qui étaient embrigadées, qui étaient connectées en réseau et qui pouvaient passer à l'acte.

16:55
Locuteur

La

16:56
Ali Rabeh

France est armée. Elle s'est outillée de services spécialisés largement équipés qui dorénavant réussissent à circonvenir la plupart des projets d'attentats. Eh bien, il faudra la même chose face à l'ultra-droite. Je crois que les services de l'antiterrorisme en ont pleinement conscience, mais il faudra que la classe politique leur donne les moyens d'agir.

17:11
Présentateur

L'avocat de la famille de Pengo Bossio Wangui laisse entendre que le fait même d'avoir levé, suspendu simplement une journée la garde à vue de Kevin T aurait peut-être été une manière de minimiser cet attentat terroriste, raciste. Il dit, cette décision intervenant à la suite d'un examen psychiatrique demandé par le Parquet national antiterroriste ne manque pas de nous étonner car en pratique, ces levées de garde à vue pour motifs psychiatriques sont très rares. C'est faux, il y en a beaucoup des levées pour motifs psychiatriques, mais est-ce que insinuer que l'État, au fond, serait en train de tenter de minimiser, est-ce que c'est aussi votre propos ou pas du tout ?

17:53
Ali Rabeh

L'avocat de M. Pengo

17:55
Locuteur

de

17:55
Ali Rabeh

sa famille en général puisqu'il n'est effectivement décédé, l'avocat est dans son rôle. Ce qu'il dit est le sentiment partagé par beaucoup de Français et beaucoup de trappistes qui considèrent qu

18:06
Locuteur

'ils

18:07
Ali Rabeh

ont annoncé avant même la levée de la garde à vue que la théorie

18:10
Locuteur

de

18:11
Ali Rabeh

la maladie psychiatrique serait celle qui serait mise en avant.

18:13
Locuteur

Mais c'est sans doute pas

18:14
Ali Rabeh

une

18:14
Locuteur

théorie.

18:15
Ali Rabeh

Et l'avocat de l'auteur présumé est dans son rôle qui lui suggère probablement d'indiquer qu'il est malade psychiatriquement et que finalement il n'avait pas de mobile raciste quand même cela contredirait ses premières déclarations au moment de son arrestation. Chacun est dans son rôle. Ce n

18:29
Locuteur

'est

18:29
Ali Rabeh

pas mon sujet à moi. Mon sujet,

18:31
Locuteur

c

18:31
Ali Rabeh

'est de construire. Par ailleurs,

18:32
Locuteur

j

18:32
Ali Rabeh

'observe que la garde à vue a repris.

18:34
Présentateur

Tout à fait. C'est pour ça que j'allais y venir. Il y a les faits et je pense d'ailleurs qu'on sera d'accord vous et moi pour dire que l'une des réponses à tout cela c'est justement de s'attacher aux faits. Lorsque Maître Boudreau dit qu'il est rarissime d'avoir des levées psychiatriques il m'en faut. Il le sait parfaitement. Est-ce que ce n'est pas une manière de

18:58
Locuteur

jouer avec le souci ? Vraiment,

18:59
Ali Rabeh

ce débat ne m'intéresse pas. Mais j'aimerais que vous fassiez preuve de la même capacité à décortiquer précisément les fake news quels que soient

19:06
Locuteur

ces

19:07
Ali Rabeh

fake news ou ces auteurs dans le champ

19:08
Locuteur

médiatique et politique. Je vous promets

19:09
Présentateur

que je fais tout mon possible. Ce qui m'importe aussi c'est malgré tout qu'on puisse continuer à avoir confiance dans la justice. Je partage totalement cela avec

19:16
Locuteur

vous.

19:16
Présentateur

Et je pense que en

19:17
Locuteur

répandant

19:19
Présentateur

l'idée qu'on aurait fait une exception pour lui

19:22
Locuteur

on

19:22
Présentateur

est en train de remettre en cause l'idée c'est comme lorsqu'on dit que les juges seraient inféodés à d'autres qu'est-ce qu'il ne faut pas dans le moment justement que l'on traverse être d'autant plus rigoureux sur

19:34
Locuteur

la

19:35
Présentateur

justice. Elle a sûrement des erreurs mais quand elle n'en a pas ne pas en créer.

19:39
Ali Rabeh

Alors je le répète l'avocat de la victime il est dans son rôle il est dans la stratégie qu'il développe pour défendre les intérêts de ses clients. Mon sujet n'est pas de juger cette stratégie ni de celle de l'auteur présumé qui a été arrêté.

19:51
Présentateur

Avez-vous de votre côté confiance en la justice

19:54
Ali Rabeh

? Je suis

19:56
Locuteur

comment

19:56
Ali Rabeh

vous dire

19:58
Locuteur

c'est

19:59
Ali Rabeh

justement ce que j'essaye de tenir en permanence en étant premier magistrat de la ville de Trappes de continuer moi-même et à travers moi tous ceux que je représente à faire confiance dans la justice dans la police dans nos institutions dans la capacité de nos médias également à ériger ce fameux cordon sanitaire faire en sorte qu'on ne désespère pas de la démocratie tout simplement et c'est bien l'enjeu parce que ce qui m'inquiète c'est d'entendre des discours qui montent qui consistent à dire que dorénavant il faut constituer des groupes d'autodéfense que quand on est musulman on n'est plus protégé que quand on est une femme musulmane on ne peut plus sortir seul qu'il faut être accompagné qu'il faut être en groupe qu'il faut que l'on crée des groupes qui nous permettent de nous informer les uns les autres en temps réel quand il y a des agressions dans les rues vous

20:39
Locuteur

leur dites

20:39
Présentateur

non vous leur

20:40
Ali Rabeh

dites

20:40
Présentateur

ne

20:40
Locuteur

basculons

20:41
Ali Rabeh

pas là-dedans mais je ne passe mon temps à cela parce que ce monde-là je n

20:44
Locuteur

'en

20:44
Ali Rabeh

veux pas je n

20:45
Locuteur

'en

20:45
Ali Rabeh

veux pas non seulement pour moi-même mais je n

20:47
Locuteur

'en

20:47
Ali Rabeh

veux pas pour mes filles qui ne peuvent pas grandir dans un pays où on est terrorisé à l'idée de sortir de chez soi

20:52
Locuteur

Ali

20:52
Présentateur

Rabé est-ce que vous vous avez peur depuis 4 jours ou même avant

20:55
Locuteur

? évidemment

20:58
Ali Rabeh

et je me surprends dans mes fonctions politiques dans les rassemblements à regarder la foule comme je ne l'ai jamais observé

21:04
Locuteur

en

21:05
Présentateur

vous disant peut-être parmi eux

21:06
Locuteur

? aucun

21:07
Ali Rabeh

élu entendez-moi aucun élu racisé comme on dit ne peut se prévaloir d'être en sécurité on a tous reçu des menaces de mort mon domicile et moi-même avons été mis sous protection policière pendant 15 jours il y a 5 ans parce que j'étais menacé de mort et la cible d'un projet d'attentat déjà

21:22
Locuteur

donc

21:23
Ali Rabeh

ça c'est la réalité avec laquelle vivent beaucoup de vos compatriotes en particulier quand ils décident de se mettre en première ligne qu'on leur reproche d'exister

21:30
Locuteur

et

21:30
Ali Rabeh

donc cette peur-là elle existe elle est latente et on essaie de la domestiquer pour ne pas désespérer

21:36
Locuteur

ne

21:36
Présentateur

pas désespérer

21:37
Locuteur

ne

21:37
Ali Rabeh

pas désespérer

21:38
Présentateur

merci infiniment d'avoir répondu à mes questions ce matin Ali Rabé vous êtes le maire de Trappes évidemment il est 8h40 sur 50 pardon je ne sais plus sur RMC BFM TV merci merci