Guillaume Guérin : «J'ai mal pour Limoges, j'ai mal pour mon pays»
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 10 %Attaque 60 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:47RelanceRéponse directe
Au-delà des délinquants, vous pointez d'autres responsabilités ?
- 2:09RelanceRéponse directe
Est-ce qu'au-delà des délinquants, vous pointez du doigt d'autres responsabilités ?
- 6:00OuverteRéponse directe
Vous êtes prêts à démissionner si l'État ne répond pas ?
- 8:05ComplaisanteRéponse directe
Je voudrais vous montrer une image pour illustrer la violence.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:01Invité politiqueFait
« C'est très grave ce que je vous dis, et ce ne sont pas mes propos, ce sont les propos de la police nationale et des policiers qui ont eu affaire aux feux nourris des Black Blocks et des casseurs qu'ils avaient en face d'eux. »
- 1:24Invité politiqueFait
« Et s'il y avait eu des munitions en nombre suffisant, jamais ce cortège ne serait arrivé jusqu'à l'hôtel de ville, parce que l'hôtel de ville était initialement protégé sur le tracé de la Manique. »
- 2:22Invité politiqueFait
« « M. le maire, il est 15h10, dans 20 minutes on n'a plus de munitions » »
- 3:27Invité politiqueChiffre
« un agent de la loge qui gagne 1 500 euros par mois à peu près. »
- 3:55Invité politiqueFait
« toutes les vitres que vous voyez sur les images ont été cassées en moins de 10 minutes. »
- 9:33Invité politiqueFait
« on est 15, on est 20, pour lutter contre 500 à 550 hystériques, dont 200 Black Blocs prêts à vous tuer. »
Temps de parole
- Invité politique83 %
- Présentateur14 %
- ?3 %
≈ 23,1 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
J
'ai
une pensée pour tous les Limougeaux qui
ont
vu partir hier une bonne partie de la maison commune. Heureusement, le bâtiment administratif à l'arrière a été sauvé grâce au magnifique travail des pompiers.
Mais
j'ai une pensée pour tous les amoureux du patrimoine de cette ville aussi, parce que c'est le bâtiment qui était doublement séculaire qui s'en va. Et j'ai mal pour Limoges, j'ai mal pour mon pays, parce que je vois ce qui s'est passé ailleurs, préfecture de région à Bordeaux, à Toulouse, à Marseille.
Je
suis à la fois très triste et très en colère, parce que dans le cas présent à Limoges,
ce
drame aurait pu être évité, puisque lorsqu'on discute avec les forces de l'ordre, avec les renseignements territoriaux et avec la préfecture elle-même,
on
se rend compte
qu'hier
après-midi, à partir de 15h30, alors qu
'une
partie des casseurs les plus virulents,
une
partie des Black Blocks de l'ultra-gauche, qui avait été
contenue
sur les boulevards, n'a pas pu être contenue plus longtemps, faute de munitions. C'est très grave ce que je vous dis, et ce ne sont pas mes propos, ce sont les propos de la police nationale et des policiers
qui
ont eu affaire aux feux nourris des Black Blocks et des casseurs qu'ils avaient en face d'eux, un feu nourri qui les a obligés à reculer, parce qu'ils n'avaient plus de munitions de désencerclement.
Et
s'il y avait eu des munitions en nombre suffisant, jamais ce cortège ne serait arrivé jusqu'à l'hôtel de ville, parce que l'hôtel de ville était initialement protégé sur le tracé de la Manique. Et c'est parce que le cortège s'est fait enfoncer
que
l'hôtel de ville a été en proie à ces dégradations et à cet incendie.
Ce
que vous nous dites, c'est qu'au-delà de ces délinquants, de ces barbares qui ont incendié votre hôtel de ville, vous dégagez d'ores et déjà d'autres responsabilités
?
Attendez, j'ai les pompiers qui passent,
j
'ai les pompiers qui passent.
Je vais répéter, est-ce que vous m'entendez mieux
?
Est-ce qu'au-delà des délinquants que vous dénoncez, de ces gens qui ont ravagé votre hôtel de ville, vous pointez du doigt d'ores et déjà d'autres responsabilités, M. le maire ?
Évidemment. Vous savez, quand les policiers nationaux me disent « M. le maire, il est 15h10, dans 20 minutes on n'a plus de munitions », il y a bien quelqu'un qui les distribue les munitions, il y a bien une chaîne hiérarchique derrière tout ça. Donc hier, la police nationale, la police républicaine de ce pays, à Limoges, dans la deuxième ville du Grand Sud-Ouest, aurait eu les moyens de lutter contre la progression des Black Blocks. Jamais l'hôtel de ville n'aurait été incendié. Jamais. Et donc, oui, j'en veux évidemment aux autorités hiérarchiques qui n'ont pas su donner les moyens à notre police républicaine, les moyens de lutter contre des gens extrêmement déterminés.
Parce qu'à l'intérieur de ce mouvement, il faut bien comprendre, il y
a
des gens qui manifestent pour des causes qui peuvent être considérées comme légitimes pour certains, qui ont manifesté pacifiquement tout au début de la manifestation. Vous avez des jeunes en cherche, en mal de sensations fortes, qui viennent dégrader, casser, parce que c'est une forme d'amusement. Et là, on est dans la bêtise humaine la plus crasse. Et puis, vous avez un troisième groupe, qui est cette ultra-gauche clairement préparée, clairement habillée pour aller faire la guerre aux flics. Lorsqu'ils sont rentrés dans l'hôtel de ville, ils ont interpellé
un
agent de la loge qui gagne 1 500 euros par mois à peu près. Vous voyez, on va te crever. Il y a eu des menaces de mort à l'encontre des élus qui étaient présents. Vous allez tous cramer. Donc oui, et ce qu'on est en train d'essayer de déterminer, si vous voulez, c'est s'il y a eu préméditation ou pas. Parce que la façon dont ils sont rentrés pour allumer le feu, on ne découvre pas le soupirail juste en arrivant sur site le premier jour. Ils avaient des moyens avec eux qu'on
ne
trimballe pas dans un sac à dos. Un bélier de 200 kilos, des parpaings, des projectiles jetés en masse, toutes les vitres que vous voyez sur les images ont été cassées en moins de 10 minutes. Donc il y avait une préméditation quasi certaine de cette opération et il y a eu beaucoup de violence et beaucoup, beaucoup, beaucoup de préparation sur cette opération-là, de la part de groupuscules clairement identifiées. Et vous savez, les renseignements territoriaux n
'ont
pas le droit de parler parce que leur devoir de réserve les en empêche. Mais moi, ils me le disent, on connaît une partie des visages. Voilà, donc moi aujourd'hui, j'attends de l'État qui change de doctrine face à ces Black Blocs parce que ce qu'on a vécu là à Limoges, je ne veux pas être un oiseau de mauvaise augure et faire des prophéties. Mais ce qu'on a vécu hier à Limoges, c'est pour demain dans beaucoup d'autres endroits si on ne change pas de doctrine vis-à-vis de ces classeurs et vis-à-vis de ces Black Blocs. Et puis il
y a
un deuxième sujet,
là,
qui me concerne moi en tant que maire,
c
'est que moi j'ai besoin d'un plan particulier pour Limoges. J'ai besoin que le gouvernement se dise, voilà, ce n
'est
pas les galeries Lafayette qu
'on
brûlait, ce n
'est
pas la FNAC, c'est l'hôtel de ville de tous les Limougeaux. Les plus impactés vont être les plus fragiles d'entre nous. Vous voyez, on a un service de pompe funèbre qui assume les obsèques pour les gens qui ont le moins de moyens à financer, qui ne peuvent pas aller dans le privé. Là, pendant huit jours, notre service ne marche plus. Donc ce sont les plus précaires d'entre nous qui vont être pénalisés dans les jours et peut-être même les semaines qui viennent. On va essayer d'avoir une continuité de service public le plus vite possible.
Mais moi, j'ai besoin d'un plan particulier pour Limoges et d'un engagement financier massif du gouvernement pour reconstruire cet hôtel de ville et pour nous aider à fonctionner. Parce que je n'ai pas les moyens tout seul avec le budget de la ville ou le budget de la métropole, de réactiver les services de la mairie. Et donc je le dis très clairement et très solennellement. Je l'ai dit au service du Premier ministre hier. Je l'ai dit aux ministres concernés. Si mardi, je n'ai pas un plan clairement édicté, clairement écrit, avec les millions qui vont avec,
écrit,
pas des propos, si je n'ai pas ça, alors ma majorité remettra sa démission. Et je serai le premier maire de France d'une ville de plus de 100 000 habitants à démissionner parce que l'État a failli. Donc j'attends du gouvernement une réponse et une présence à nos côtés indéfectibles.
J
'attends. On a des échanges. S'ils ne sont pas à la hauteur de l'enjeu, je démissionnerai. Je suis maire de la deuxième ville du Sud-Ouest dans une région de 6 millions d'habitants.
C
'est très important ce que vous êtes en train de nous dire, Guillaume Guerin. Et cet appel solennel, il est encore une fois très marquant, vous, maire et l'air de Limoges, ce que vous nous dites, c'est qu'aujourd'hui, vous êtes prêts à déposer les armes, à abandonner, à porter votre démission parce que vous n'êtes plus en capacité de faire fonctionner votre ville en l'État actuel.
Ce
n
'est
pas déposer les armes, ça n'a rien à voir. C'est envoyer un signal, justement, extrêmement offensif au gouvernement de France en leur disant, voilà, vous avez un maire de 39 ans, moi j'ai une activité professionnelle à côté, je n'aurai pas de mal à retrouver du travail. Je veux leur dire que nous sommes au service des Limougeaux avec beaucoup d'indégation. Moi, les trois quarts de mes élus sont des gens qui ont une activité professionnelle à côté. On donne beaucoup de temps aux autres et en particulier aux plus fragiles. J'ai neuf quartiers prioritaires de la politique de la ville dans ma cité. Nous sommes la deuxième maire urbaine du Sud-Ouest.
Si le gouvernement n'est pas à la hauteur du rendez-vous, n'est pas à la hauteur des enjeux et n'est pas au rendez-vous de ce qui vient de nous arriver en termes d'accompagnement financier pour la deuxième ville du Grand Sud-Ouest, alors j'en tirerai les conclusions. Ce n
'est
pas un défaut des armes, c'est une prise de conscience. Et je peux vous dire que ça va se secouer dans beaucoup d'associations d'élus. Parce qu'au bout d'un moment, on ne
peut
pas faire comme si c'était un énième fait d'hiver. Ce n'est pas un énième fait d'hiver. C'est la maison de tous les Limougeaux. C'est la capitale du Limousin qui a brûlé. Cette ville, c'est la ville de la création de la CGT. C'est la ville du berceau de la porcelaine. C'est la ville du CSP, premier club champion d'Europe d'un sport collectif. Ce n
'est
pas une ville moyenne d'une banlieue d'une grande métropole. C'est une capitale de région qui a brûlé hier. Et donc, j'attends du gouvernement français un minimum de considération. Et quand je vois qu'on est capable d'envoyer des milliards à l'est de l'Europe ou sur d'autres continents pour porter des politiques publiques, je ne conteste pas le bien-fondé de certaines d'ailleurs. Mais j'aimerais bien qu'on donne des moyens à la police pour avoir des grenades de désencerclement et qu
'elle
ne soit pas obligée de faire ses poches lorsque les poches sont vides. Et moi, j'attends de l'État qu'il soit au rendez-vous de la reconstruction de cet hôtel de ville et au rendez-vous financier pour Limoges.
Et
cette colère, on l'entend, elle est parfaitement saine et compréhensible. Monsieur le maire, si vous avez encore deux minutes, je voudrais vous montrer une image. Je pense que sur votre dispositif pour être en direct avec nous, vous voyez l'antenne. Je voudrais qu
'on
voit cette séquence relayée par nos confrères de frontières justement dans votre ville hier pour qu'on comprenne la violence qui a été déployée par ces émeutiers. En fait, c
'est
la prise de l'hôtel de ville de Limoges. Voilà à quoi on assistait hier, la prise de l'hôtel de ville de Limoges, Monsieur Guérin.
Entre le moment où le cortège est arrivé et le cortège dans lequel figuraient les Black Blocs c
'est
un certain nombre d'abrutis, lorsque le cortège est arrivé et le moment où la police nationale est arrivée, il s'est écoulé une heure. Une heure. Seulement les policiers nationaux ont été là, les policiers municipaux, pardon, ont été là pour protéger l'hôtel de ville avec les équipements des policiers municipaux. Voilà. On n'a pas la capacité, quand on est policier municipal, quand bien même on est 15, on est 20, pour lutter contre 500 à 550 hystériques, dont 200 Black Blocs prêts à vous tuer. Parce que lorsqu'ils sont rentrés dans l'hôtel de ville, il a été proféré des menaces de mort. Moi, j
'ai
un jeune policier municipal qui a eu, je crois, le sentiment que sa vie a été en danger, réellement. Moi, il m'a dit, Monsieur le maire, je me suis vu mourir.
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