Aller au contenu
Tous les transcripts
Conférence de presseCLPRESS / Agence de presse· 3 octobre 2025 14 minContradictoireActualité / polémiqueBudget & impôtsInstitutions & électionsTravail & emploiSolidarités & famille

Budget - Réaction d'Olivier Faure après son entretien avec le Premier ministre Lecornu à Matignon

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 10 %Attaque 70 %Défensif 20 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:09Fait
    « Derrière cette proposition se cachent des détails qui permettent au gouvernement de continuer à cornaquer, à caporaliser les débats parlementaires. »
  • 4:35Fait
    « Il nous a présenté une copie très insuffisante et à bien des égards alarmante sur le fond. »
  • 5:41Fait
    « Les restrictions qui vont être apportées, notamment sur l'assurance maladie, sont inquiétantes. »
  • 8:55Chiffre
    « Les distributions de dividendes pour le CAC 40 sont plutôt autour de 100 milliards plutôt que de 1 milliard, qu'on a des très riches qui ont vu leur patrimoine doubler, passant de 600 à 1 200 milliards d'euros. »
  • 11:23Fait
    « Sur la question de la réforme des retraites, ni sa suspension, ni la possibilité de son abrogation ne font partie de ce qui a été mis sur la table par le Premier ministre. »

Temps de parole

  • ?100 %

≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Les intervenants ne sont pas encore identifiés sur ce transcript — l'identification des locuteurs est en cours de traitement et apparaîtra prochainement.

0:26

Bonjour, avant de rentrer à matignon, nous avons rencontré le Premier ministre pour vous dire notre état d'esprit au moment où, ce matin, il fait des déclarations qui actent à un changement de méthode, l'abandon du 49-3, et donc nous voulons vous dire, à ce moment précis, ce que nous en pensons. C'est évidemment une revendication que nous avons posée depuis longtemps et qui correspond à une vraie évolution de la pratique institutionnelle. Renoncer au 49-3, c'est accepter l 'idée que, désormais, c'est le Parlement et lui seul qui aura le dernier mot. Simplement, nous savons aussi que derrière cette proposition se cachent des détails qui permettent au gouvernement

1:09

de continuer à cornaquer, à caporaliser les débats parlementaires. C'est la raison pour laquelle nous allons lui demander, dans les minutes qui vont venir, s'il est prêt, dans la séquence qui s'ouvre, à permettre un débat, notamment sur la question de la réforme borne. Est-ce qu'il est prêt à ce que, d'ici au mois de décembre, les députés, les sénateurs aient la possibilité de voter pour la première fois sur une réforme qui, précisément, n'a été adoptée que grâce au 49-3 ? C'est une volonté exprimée depuis longtemps par les Françaises et les Français qui ne se dément pas. Et donc, nous allons vérifier ce matin que l'intention qu'il affiche est une intention qui va jusqu'au bout et qui n

1:51

'est pas simplement une facilité, une habileté, une habileté qui pourrait se révéler redoutable, si, par ailleurs, il ne s'engageait pas à respecter le front républicain tel que nous, nous l 'avons toujours conçu et qu'il n'y avait pas ce cordon sanitaire qui était maintenu vis-à-vis de l'extrême droite. Nous avons malheureusement, hier, eu la désagréable impression que les partis du socle commun tournaient le dos aux engagements qui avaient été pris devant les Français au mois de juillet 2024. Comme vous le savez, hier, à l'Assemblée, les parlementaires de la droite et de l

2:35

'extrême droite ont joint leur voix et se sont associés pour permettre de retrouver une majorité à la fois au bureau de l'Assemblée et dans les commissions. Donc nous allons vérifier tous ces éléments. Nous allons aussi poser des questions très concrètes. Nous ne sommes pas uniquement à la recherche d'éléments de procédure. Ce que nous voulons, c'est que la vie des Français puisse changer. C'est la raison pour laquelle nous avons posé avec les groupes parlementaires un contre-projet à la fin du mois d'août qui permettait à la fois des économies, mais qui les prenait sur les ultra-riches, qui permettait aussi une relance et qui permettait une augmentation du pouvoir d'achat sensible pour les salariés.

3:19

Donc nous allons vérifier que ce matin, derrière ce qui pourrait apparaître comme un écran de fumée, nous avons bien une intention gouvernementale qui est de faire évoluer sa copie et de ne pas pénaliser les Français tels que François Bayrou l'avait imaginé, ce pour quoi il a été licencié il y a quelques jours à peine. Voilà l'état d'esprit dans lequel nous rentrons et nous vous tiendrons au courant effectivement de ce que nous avons compris, de ce que le Premier ministre nous répondait dans l 'heure qui vient. Après cette annonce, y a-t-il une censure a priori ? Mais je viens de vous dire l'état d'esprit dans lequel nous rentrions et nous vous dirons en sentence ce que nous en pensons et quelles sont les réponses que le Premier ministre a apportées aux interrogations que nous fabulons.

4:02

S'il répond oui, il n'y aura pas de censure ? Je vous répondrai tout à l'heure.

4:15

On va attendre la sortie. Au revoir. Au revoir.

4:35

Il nous a présenté une copie très insuffisante et à bien des égards alarmante sur le fond, même s'il a précisé que s 'astreignant à ne plus utiliser le 49-3, la copie pourrait être corrigée par le Parlement puisque c'est désormais, selon ses mots, le Parlement qui décidera.

4:58

Mais je veux quand même un instant revenir sur la copie initiale qui est très loin de celle que nous avons nous-mêmes présentée. Il coche toutes les cases à minima. Sur la question des ultra-riches, nous avons compris qu'il y avait en réalité une volonté de maintenir un niveau d'imposition équivalent à celui qui était celui du budget Bayrou, le budget initial, celui de 2025. Puisque dans un jeu à somme nulle, on est dans une situation où certains impôts baissent, d'autres sont créés, mais en réalité, rien ne change fondamentalement. Et ce que les ultra-riches ne paieront

5:41

pas, ce sont tous les autres Français qui auront à le payer. Et de ce point de vue, les restrictions qui vont être apportées, notamment sur l'assurance maladie, sont inquiétantes. Dans le débat parlementaire, il est une évidence que s'il devait avoir lieu, nous serions les premiers à déposer des amendements et à chercher à corriger une copie qui, à bien des égards, est très injuste et ressemble, à s'y méprendre, à la copie de François Bayrou, même s'il y a quelques effets produits par des seuils nouveaux qu'il crée.

6:22

Mais il n'a pas répondu à la question fondamentale que nous lui avons posée. Nous voulons que tous les débats soient possibles au Parlement. Il a renoncé au 49-3, il n 'a renoncé qu'au 49-3, ce qui, en clair, signifie pour les Français qui nous écoutent et qui n'ont pas en tête les subtilités de la procédure parlementaire qu'au moment où nous nous parlons, nous ne pourrons pas revenir sur la réforme des retraites. Le Premier ministre ne s'est pas engagé à ce que ce débat puisse avoir lieu. Or, ce débat, chacun le sait ici, a été interrompu par un 49-3, procédure à laquelle il renonce et dont il dit, en

7:05

quelque sorte, qu'elle était illégitime pour les réformes précédentes. Et donc, nous lui accordons le bénéfice des heures prochaines pour réfléchir et donner sa réponse lors du discours de politique générale. Et nous jugerons en fonction de ce qu 'il nous dira à ce moment-là.

7:27

Mais chacun le comprend. Nos exigences ne sont pas plus faibles à la sortie qu'à l'entrée. Nous ne voulons pas être les dupes d 'un jeu qui serait un jeu au cours duquel la droite, parfois alliée à l'extrême droite, rendrait une copie qui serait plus injuste encore que celle que nous avons eu à connaître avec François Bayrou. Donc à lui de dire maintenant quelles sont les assurances qu'il donne, dans quelle mesure il est prêt à renoncer à toute forme de projet de loi qui, au-delà de la question budgétaire, serait une dérive vers l 'extrême droite, à lui de dire ce qu 'il est prêt à faire pour que tous les sujets soient sur la table et pas

8:10

uniquement ceux qu'il choisit. À cette condition-là, nous pouvons être amenés à ne pas censurer le Premier ministre dans le discours de politique générale. Inversement, si aucune réponse n'était donnée, s 'il considérait que ce qu'il a dit aujourd'hui solde toute forme d'évolution, il aurait parlé d'une taxe sur le patrimoine financier. C'est insuffisant pour vous justement ? La question, vous l'avez bien compris, c 'est qu'est-ce qu'on taxe et à quel niveau et avec quel rendement ? Ce que je comprends de ce qu'il dit, c'est qu'il est en fait sur une taxe qui est plutôt de l 'ordre d'un milliard, un milliard et demi. Là où nous constatons, année après année, que les distributions de dividendes pour le CAC 40 sont plutôt autour de 100 milliards plutôt que de 1 milliard, qu'on a des très riches qui ont vu leur patrimoine doubler, passant de 600 à 1 200 milliards d'euros. Et donc là, on nous dit qu'on prélèverait 1,5 milliard. Comprenez que ce n'est pas tout à fait ce que nous nous présentons et que dans le débat, puisqu'il y a plus de 49 ans, nous sommes prêts à défendre des positions et nous continuerons à défendre la taxe Zucman. Maintenant, ce débat-là, il est autorisé et donc, de toute façon, ça nous convient.

9:40

Nous voulons que tous les débats soient autorisés, que ce ne soit pas simplement sur la simple volonté du gouvernement, au fond, de choisir les seuls terrains sur lesquels il est prêt à discuter. Nous voulons que tous les terrains soient ouverts à cette condition-là. Eh bien, nous jouerons le jeu de la démocratie et le jeu de la démocratie parlementaire. Mais si cette démocratie est entravée, il y a d'autres articles qui sont dans la Constitution et qui permettent pour le gouvernement de cornaquer, de caporaliser le débat. Et nous ne voulons pas de cette caporalisation. Si il dit qu'il se met – je reprends ces mots – sous la tutelle du Parlement, il va se mettre sous la tutelle du Parlement de A jusqu'à Z, de Zucman jusqu'à Borne. À cette condition-là, nous avons là un

10:19

chemin dans lequel nous pourrons avancer et nous nous plierons, nous, aux règles de la démocratie. Vous avez une mesure sur le pouvoir d 'achat et vous êtes bien insatisfait. Mais je viens de vous dire que nous ne sommes pas insatisfaits. Je viens de vous dire que nous sommes exigeants. Ce qui n'est pas tout à fait la même chose. Nous sommes dans une situation où nous voulons que tous les débats soient mis sur la table, comme les Français le souhaitent. Les Français ne souhaitent pas qu'on parle uniquement de ce que le gouvernement a décidé d'évoquer. Il ne peut pas y avoir une part de la copie qui reste cachée parce que le gouvernement n'en veut pas. Nous avons bien compris que le président de la République est planté sur ses ergots et considère qu'il y a des débats interdits.

10:52

Nous considérons qu'il n'y a aucun débat interdit. Nous prenons notre risque en le disant. Nous savons très bien qu'il peut y avoir demain des débats dans lesquels droite et extrême droite peuvent nous mettre en minorité largement. Nous sommes prêts à prendre ce risque-là, mais à une condition, c'est que tous les débats soient possibles. Que ce ne soit pas une situation où le gouvernement choisit pour nous tous et, par d'autres canaux que ceux du 49.3, il contraint le débat. Vous avez échangé sur le pouvoir d'achat.

11:23

Au moment où nous nous parlons, votre question est de savoir si nous avons constaté des ruptures sur le fond. La réponse est évidemment non. Est-ce qu'il est venu avec des propositions qui allaient dans le sens des propositions que nous avons formulées, avec l'ampleur que nous avons présentées, des propositions soutenues par les Françaises et les Français ? La réponse est non. Aujourd'hui, sur la question de la réforme des retraites, ni sa suspension, ni la possibilité de son abrogation ne font partie de ce qui a été mis sur la table par le Premier ministre.

11:58

Ce que vient de dire Olivier Faure est parfaitement limpide. Nous demandons, sur ce point de vue-là, si c'est le Parlement, si c'est le Parlement sur tous les sujets, et qu 'on ne soit pas dans une forme d 'esquive qui permette en réalité de continuer comme avant. Nous avons eu un changement sur la forme. Il a promis aussi des ruptures sur le fond. Et ces ruptures, elles ne se délèguent pas. C'est à lui de les consacrer. Vous avez parlé de pouvoir d'achat avec le Premier ministre, selon son entourage. Est-ce qu'il y a des pistes concrètes ? Les pistes concrètes, c'est celles dont la presse a rendu compte. Vous rendrez sans doute compte aussi dans les prochaines heures de ce qu'il y a dans le projet qui a été transmis au Conseil d'État.

12:37

Les économies sur les franchises médicales, les économies gigantesques sur les allocations, sur les pensions. Vous verrez que beaucoup de ce qui était dans le budget de François Bayrou a été transmis tel quel au Conseil d'État et sera probablement déposé tel quel sur le Bureau des Assemblées. Ce que nous vous disons, c'est qu 'aujourd'hui, nous n'avons pas eu de rupture sur le fond. Nous avons une proposition de changement de méthode, mais un changement de méthode qui n'est que partiel parce qu'il ne pourra apporter que sur un certain nombre de sujets. Il a reparlé de l'année blanche. Donc manifestement, on retrouve la logique de M.

13:17

Bayrou dans la punition des Français aujourd'hui. La seule évolution, c'est de dire « je vais peut-être épargner les plus modestes », mais personne ne sait ce que cela veut dire, épargner les plus modestes. Donc les choses ne sont pas claires aujourd 'hui avec les propositions qui nous ont été faites. Il faut le dire très simplement. Il y a encore quelques jours pour que cette tarification ait lieu et que les Français ressentent aujourd'hui un véritable changement de cap. Le changement de cap n'est pas constaté.