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interviewLe Média — Podcasts· 9 avril 2025 56 min

Le Pen se ridiculise, Attal en campagne, le PS largué : un grand test pour 2027 ?

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Salut à toutes et à tous et bienvenue dans votre émission au cœur de l'actu sur le Média, diffusée du lundi au jeudi à 19h en direct sur le canal 165 de la Freebox, sur Molotov et sur le Média TV.fr. Au cœur de l'actu, c'est un de nos trois rendez-vous quotidiens sur l'antenne du Média, en plus de la matinale, tous les matins du lundi au vendredi à 8h, du journal des luttes tous les jours de semaine à 13h et du récap du lundi au jeudi à 20h. Il y aura des rendez-vous qui n'existent que parce que vous, nos abonnés, nos sociétaires et donateurs, parce que vous le rendez possible, vous les rendez possible.

Si vous le pouvez, rejoignez la communauté de nos soutiens en allant sur le Média TV.fr slash soutien au cœur de l'actu, c'est parti. Aujourd'hui sera essentiellement question du week-end politique assez riche que nous venons de vivre avec la manifestation de Marine Le Pen et du Rassemblement National, la contre-manifestation de la gauche sans le PS et le PC, mais également le meeting de Renaissance a eu lieu avec Gabriel Attal en star du jour. Bien entendu, dans un contexte de défiance vis-à-vis des juges et de tentations illibérales, l'échéance de 2027 est dans tous les esprits, comme dans une sorte de répétition générale. Qu'est-ce qui se dessine ?

Quel camp va tirer profit du grand chaos national et mondial dans lequel nous sommes et allons être plongés pour en parler ? J'ai à mes côtés quatre intervenants. Huyssin Bougalem, des Jeunes Républicains, Noa Teffrit, collaboratrice parlementaire au sein du groupe socialiste, cofondatrice du collectif Agra contre le racisme en politique, Elsa Marcel, avocate et membre de Révolution Permanente, et Paul Elec, analyste politique pour le Média. Salut à vous tous. Salut. Salut à vous tous et toutes. Alors, on commence rapidement. La démonstration de farce titrait ce matin l'humain à propos du Rassemblement national d'hier. L'extrême droite, tout floppe, tout flamme se moquait de son côté.

Libération, nos reporters Lydia Menez et André Manivit étaient place Vauban. Ils ont rencontré des marinistes gonflés à bloc.

2:17
Marine Le Pen

En réalité, notre candidate à l'élection présidentielle, candidate qui est première dans tous les sondages. Et on a l'impression que cette décision n'est pas une décision qui vient du droit, mais plutôt une décision qui est totalement politique. La condamnation, j'ai trouvé que c'était un peu contre Marine. La condamnation pour des tournements de fonds publics, du coup... Mais ils n'ont pas été détournés pour elle. Ils ont été détournés pour le parti. Et alors ? Et alors ? Les autres ne font pas la même chose ? Parce que vous croyez que les autres, ils sont plus justes que Marine ?

2:50
Locuteur non identifié

On a des violeurs, on a des casseurs, on a des dealers. Et eux, ils n'ont rien. Ils sont encore dehors.

2:59
Invité

Je veux dire, on condamne les gens aujourd'hui pour des affectations comptables entre la France et l'Europe. Effectivement, il aurait fallu que l'argent soit distribué différemment. A l'origine, c'est l'Europe qui est coupable. Pas Marine Le Pen, c'est l'Europe. L'Europe, il laisse des fonds à la possibilité, à l'exigence des politiciens. Et après, on leur reproche d'utiliser l'argent. Non, il y a quelque chose qui ne va pas, là. On parle de 4 millions d'euros, quand même. Non, ce n'est pas 4 millions d'euros. Ça, c'est trop facile. C'est sur tant d'années. C'est combien par mois ? Vous réalisez ? C'est rien.

C'est à peine plus d'un SMIC par mois sur le nombre de collaborateurs et le nombre de personnes à l'Europe. À l'Europe, ça se goinfre. Et on vient reprocher à Marine Le Pen une affectation comptable des sommes qui ont été versées. Selon vous, ce n'est pas très grave ce qu'elle a fait, finalement ? Non, ce n'est pas grave. Il y a bien pire. Quand on viole, quand on tue, ça, c'est grave. Moi, je pense que la distinction est très importante sur le fait qu'il n'y a pas eu d'enrichissement personnel.

4:01
Présentateur

C'est face à un auditoire parsemé, donc, mais conquis que la figure de proue du Rassemblement national a tiré à boulet rouge sur des juges présentés comme des poissons pilotes de ses adversaires politiques.

4:16
Invité

Je n'hésite pas à souligner la dimension politique dans le procès qui nous est fait. Car comme pour d'autres, ce qui aurait dû ne rester qu'un simple différent administratif avec les services du Parlement européen, s'est transformé en incrimination la plus sévère et la plus infamante possible.

Et si l'origine de ce procès fut politique, l'audience d'une partialité affolante le fut également, tout comme l'instruction confiée à une magistrate du syndicat de la magistrature, tout comme le réquisitoire dont j'ai tout de même la cruauté de rappeler, comme l'a rappelé Jordan, que démuni de toute preuve de charge dans un des aspects du dossier, le parquet a avoué, malgré cela, je ne me résous pas à demander la relaxe, ça me ferait trop mal. Et enfin, bien sûr, le jugement, dont l'argumentation a presque fait l'unanimité contre elle, des juristes sérieux. C'est pourquoi il faut arrêter de nous reprocher de critiquer une décision de justice.

Ce n'est pas une décision de justice, c'est une décision politique !

5:36
Présentateur

Marine Le Pen est allée jusqu'à comparer sa cause au mouvement des droits civiques américains, comparé donc à Martin Luther King. Que retenir de son discours et de sa posture polélec ?

5:48
Invité

Il y avait en fait trois champs lexicaux qui ont vraiment dominé son discours, qui a duré une trentaine de minutes. Le premier, c'est le masque républicain. C'est-à-dire que, c'est limite le seul truc rassurant, c'est que l'extrême droite, on le sait, c'est un modèle qui est antirépublicain, est dans la remise en cause des droits les plus élémentaires des personnes. Et là-dessus, il y avait quand même le besoin de prétendre s'inscrire là-dedans. Souvent, la démocratie, c'était le titre du meeting. Elle a cité le général de Gaulle. Bref, elle s'inscrit dans la façon dont la droite a toujours revendiqué la République.

Et ça, c'était le discours de masque, pour encore une fois, gommer d'autres aspects. Le deuxième champ lexical, c'était celui du complot. Elle a parlé de chasse à l'homme, de justice politique, de procès médiatique, de chasse aux sorcières, enfin vraiment, en expliquant qu'elle était victime d'une cabale, qui est à la fois l'élément de réflexe, souvent des hommes politiques et des femmes politiques, lorsqu'ils sont mis en cause par la justice, notamment pour des affaires de détournement de fonds publics ou autres.

Et puis, voilà, là où il y a un troisième champ, c'est celui où on retrouve, au final, derrière les vraies obsessions de l'extrême droite, anti-syndicale, en expliquant que les juges étaient des juges rouges. Vraiment, là, on est dans l'agitation du chiffon rouge assez classique, de la part d'une personne qui, par ailleurs, n'a jamais commenté le fait que les policiers, par exemple, sont syndiqués et qu'un certain nombre de syndiqués policiers ont été sur les listes du Rassemblement National, par exemple, aux guerres européennes.

Donc, avec un discours, voilà, sur, quand on dirait, le fait qu'il fallait détruire les syndicats, qu'on essaie de la battre parce que, derrière, quand on dirait, elle était la sauveuse prochaine du peuple de France. Et, bien sûr, avec un discours qu'il faut mettre en relation avec le discours qu'elle porte de manière générale sur les institutions à partir du moment où elles sont contre sa politique.

On l'a vu, toute l'extrême droite, elle et d'autres, taper sur la CEDH, la Cour européenne des droits de l'homme, dès lors qu'elle mettait en cause, quand on dirait, les décisions qui étaient prises pour sauvegarder les droits des personnes exilées contre les propositions de gonfler le pouvoir administratif et la répression, en fait, des exilés par la République française, pour le coup. Donc, voilà, c'était les trois champs lexicaux qui montraient bien le positionnement. On se cache derrière, faussement, un masque républicain. Derrière, on a un discours de victimisation sous la forme d'un complot.

Et derrière, en fait, si on creuse, on retrouve toujours les mêmes idées de l'extrême droite qui sont des idées, voilà, de mise en péril des droits civiques et politiques et derrière des institutions, quand on dirait, actuelles. Même si on peut vouloir les changer, là, elle le fait d'une manière où on sait que derrière, c'est une déclaration de proposition autoritaire, comme l'extrême droite l'a toujours porté.

8:30
Présentateur

– Alors, Wissam Bougalem, Marine Le Pen a fait une sorte de match ou de mix entre Charles de Gaulle et Donald Trump. Est-ce que ce n'est pas gênant pour la droite républicaine classique qui sera fatalement obligée de courir derrière ? Quel est le regard que vous portez sur...

8:46
Invité

– Ce qui est certain, c'est que Marine Le Pen n'est pas l'héritière du général de Gaulle, ni même son parti. Mais ce que je retiens, c'est qu'en effet, Marine Le Pen se pose en victime dans ce procès. Il faut rappeler que ce n'est pas une victime, ni même les personnes qui sont mises en cause dans ce procès. On parle de 4 millions d'euros de détournement de fonds. Je rappelle que c'est l'argent des Français et qu'on a voulu faire des économies sur le dos de l'Europe, avec tout un système d'emplois fictifs, de soi-disant assistants parlementaires. Évidemment, alors, généralement, on ne connaît pas toujours l'intimité du dossier. Je ne suis pas juriste, pas encore, en tout cas.

Mais ce qui est certain, c'est qu'il y a un certain nombre d'éléments dans ce dossier qui sont extrêmement accablants. Moi, quand j'entends que Julien Oudoul, 4 mois après avoir été engagé dans les équipes du Rassemblement national au Parlement européen, n'a toujours pas rencontré la députée européenne pour laquelle il travaille, c'est quand même assez choquant. Donc il y a des éléments qui ne trompent pas, il y a des éléments qui prouvent leur culpabilité. Mais oui, en fait, moi, je suis gênée, par exemple, par la peine d'inéligibilité qui a été prononcée par Marine Le Pen. Et là, je ne vais pas... Contre Marine Le Pen. Oui, oui, contre Marine Le Pen.

Je ne vais pas aller sur un plan juridique. Mais là, je vais vraiment aller sur le plan purement politique. Je pense qu'une telle décision, même si elle est évidemment motivée, etc., il n'y a pas de... Enfin, je veux dire, on connaît le processus. Le législateur vote la loi. La loi est appliquée par les juges. Il ne faut pas le remettre en question, ça. Mais ça ne va pas être sans conséquence sur la vie politique française parce que je rappelle que Marine Le Pen, quoi qu'on en dise, et moi, j'ai toujours été opposée à son mouvement, à son parti politique, eh bien, elle est au second tour en 2017. Elle est au second tour en 2022.

Elle rassemble plus de 11 millions d'électeurs aux dernières élections législatives anticipées. Ça ne me fait pas plaisir de vous dire ça. Mais quand on a une candidate favorite, d'ailleurs, dans les sondages, qui peut ne pas se présenter en 2027, eh bien, moi, je trouve ça dérangeant. Et je vous avoue que moi, avec ma famille politique, j'aimerais combattre cette formation politique par les urnes et non pas par l'intermédiaire d'une décision de justice.

10:58
Présentateur

Une formation politique qui a quasiment détruit en quelques décennies la vôtre. C'est-à-dire, aujourd'hui, le parti numéro un de la droite, c'est ERN, ce n'est pas LR.

11:08
Invité

Ils ne sont pas de droite ?

11:09
Présentateur

Ils ne sont pas de gauche non plus.

11:12
Invité

Ils ne sont pas de gauche ? Moi, je ne les considère pas comme étant de droite.

11:17
Présentateur

Le consensus veut que le ERN soit d'extrême droite, mais on pourra.

11:19
Invité

Mais en effet, je vous l'accorde, je pense qu'il y a un certain nombre d'électeurs qui ont fui, enfin, de nos électeurs qui ont fui au Rassemblement national, qu'il faut pouvoir aussi récupérer.

11:29
Présentateur

Alors, Noa Tefrit, vous êtes collaboratrice parlementaire, donc c'est un domaine, ce qui est jugé est un domaine que vous connaissez. Alors, Marine Le Pen joue la carte de la victimation. On entend, finalement, ses supporters qui disent que c'est une question comptable, d'affectation comptable. Mais est-ce que, d'une certaine manière, ce n'est pas remettre en cause la réalité du travail parlementaire que de considérer que, finalement, on peut utiliser l'argent qui nous est donné pour le travail parlementaire, pour, en gros, le travail politique que de tous les jours ?

12:02
Invité

Ben non, en fait, ce n'est pas acceptable. Il y a des lois, il faut les respecter. D'autant plus, quand on brigue les plus hautes fonctions de l'État, c'est les lois que les juges ont appliquées, c'est des lois qui ont été votées à l'Assemblée. Vous avez la droite et l'extrême droite qui sont les premiers à vouloir durcir les sanctions, qu'elles soient appliquées rapidement. Mais attention, lorsque c'est eux qui sont touchés, il faudrait qu'ils soient au-dessus des lois. Enfin, ce n'est pas acceptable.

12:26
Présentateur

Et Marine Le Pen, son exercice d'hier, quel regard vous portez dessus ?

12:31
Invité

Écoutez, moi, je suis extrêmement choquée. Elle a eu droit à une tribune de la part des médias où maintenant, vous avez les personnes qui sont accusées, qui peuvent se permettre en fait de mettre en musique le fait que ce sont des victimes, des victimes d'un système qu'on aurait mis en place pour les achever, alors que pas du tout. Je veux dire, ce n'est pas un fait politique. Elle a commis un délit. Elle a été condamnée par des professionnels qui représentent le peuple.

12:55
Présentateur

Professionnels qui considèrent un peu trop à gauche manifestement. Parce qu'en gros, elle a évoqué le syndicat de la magistrature.

13:04
Invité

Il y a des syndicats dans toutes les professions. Mais là, les juges, je veux dire, quand ils donnent un jugement, ils ne sont pas syndiqués ou quoi que ce soit. Je veux dire, on remet en cause la décision de juges qui ont eu accès au dossier. Tous les commentateurs qui ont commenté cette décision, personne n'a eu accès au dossier. Nous n'avons pas passé des heures à l'étudier. Nous n'avons pas passé des heures à regarder les témoignages. Nous n'avons pas passé des heures à faire des auditions. Les seuls qui l'ont fait, c'est les magistrats. Ils ont pris une décision collégiale où ils ont estimé que l'ERN était coupable de détournement de fonds publics.

Et tant, en fait, qu'on reprend leur discours avec les heures d'antenne auxquelles ils ont droit, ils gagnent la bataille culturelle. Je veux dire, les juges ont rendu une sanction. Qu'il soit syndiqué ou pas, elle a dû le faire de manière neutre, de façon collégiale. Et on ne peut pas revenir sur cette sanction. Elle peut le faire en faisant appel.

13:51
Présentateur

Elsa Marcel, vous êtes avocate, donc bonne connaisseuse du droit. Même si vous n'êtes pas dans ce dossier, effectivement, c'est la notion même de l'impartialité du juge qui est remise en cause par Marine Le Pen. Mais en réalité, même à gauche, de manière récurrente, on remet en cause cette notion d'impartialité du juge. Et est-ce que, venant du flanc gauche, disons, du corps politique français, on peut juste s'arrêter à dire, à sanctuariser la décision des juges dans cette affaire, alors que dans les autres affaires, notamment vous, vous les mettez en cause ces décisions ?

14:29
Invité

Bien sûr. Oui, je pense qu'en fait, la manière dont la discussion est posée, le problème de Marine Le Pen, ce qu'elle reproche à la décision, ce n'est pas qu'elle soit politique, parce que toutes les décisions sont en partie politiques. Et effectivement, n'importe quel juriste sérieux le dira, parce que ce n'est pas le produit d'une abstraction. Tous ceux qui disent, en fait, les juges appliquent la loi, ce n'est pas vrai, parce que sinon, on aurait juste besoin d'un mode d'emploi, il n'y aurait pas besoin de juges pour rendre des décisions.

C'est que l'acte d'interpréter la loi, c'est aussi le produit de conditions sociales, politiques, diverses, et qu'en réalité, ce qui pose problème à Marine Le Pen, ce n'est pas que la décision soit politique, c'est qu'elle soit contre ses intérêts, parce que les mêmes qui parlent de séparation des pouvoirs, ça les dérange beaucoup moins quand c'est des circulaires qui sont rédigés par le garde des Sceaux pour donner des ordres aux procureurs sur comment poursuivre ceux qui se sont révoltés après la mort de Naël, ceux qui tweetent en soutien à la Palestine pendant le génocide, et la réalité, c'est que même quand on regarde la manière dont fonctionnent les institutions, vous voyez ce que c'est que le Conseil constitutionnel, vous voyez la nomination de Richard Ferrand, vous voyez comment fonctionne le Conseil d'État, la porosité entre les magistrats, les conseillers d'État et les fonctions gouvernementales, la séparation des pouvoirs comme abstraction, elle se heurte à la réalité de la pratique des institutions et c'est très très différent.

Donc une fois qu'on a dit ça, la discussion en réalité que pose Marine Le Pen, je pense qu'elle est évidemment hypocrite au moins pour deux raisons puisque si on avait appliqué la politique que elle, elle défend en matière pénale, en fait sa peine ne serait pas aménagée. D'ailleurs, il y a déjà une réforme qui date de 2019-2020 où maintenant, c'est un an l'aménagement de peine donc en fait, elle serait en train de dormir au trou avec l'exécution provisoire parce que l'exécution provisoire, ça s'appelle un mandat de dépôt, c'est ce que des centaines de milliers de personnes vivent tous les jours dans les salles des tribunaux correctionnels et pareil pour l'inéligibilité.

La réalité, c'est que moi, je pense qu'il faut dire une chose et la difficulté que j'ai avec les réactions à gauche et après, je dirais une des réactions à droite, c'est qu'il y a quand même une question de principe et qu'il ne faut pas oublier parce que c'est le Rassemblement national qui aujourd'hui en fait les prêts.

Les questions de principe, c'est de dire que oui, l'exécution provisoire, c'est une violation des droits et d'ailleurs, on voit que Marine Le Pen n'est pas exactement une justiciable comme les autres puisque elle, elle a la chance d'avoir une date d'audience dans moins d'un an alors qu'en moyenne, la Cour d'appel, c'est deux ans et d'ailleurs, on nous parle de séparation des pouvoirs mais quand c'est Gérald Darmanin qui est à l'Assemblée nationale prend le micro pour dire vous inquiétez pas, Madame Le Pen, vous allez être audiencée dans un an, on n'a jamais fait ça pour aucun de mes clients.

Mes clients, on les fout en tôle et en réalité, l'exécution provisoire, ça veut dire que quand ils ont une peine de 8, 9, 10 mois moins que Marine Le Pen, ils n'ont même pas le temps d'avoir une date d'appel avant de pouvoir exécuter leur peine donc c'est que l'appel ne sert à rien et que c'est une violation en réalité du droit à un recours effectif qui pourtant est protégé par la Convention européenne des droits d'hommes.

Et deuxième chose sur les peines d'inéligibilité, là ça sert à Marine Le Pen, ok, mais en réalité, en quelques années, elles ont augmenté de plus de 50%, elles ont été multipliées par 50 et elles ne visent pas du tout que l'extrême droite, elles ne visent pas du tout et tout un tas de personnes quand on regarde la vague de répression pénale qui s'est abattue contre les soutiens de la Palestine, elles sont accompagnées de peines d'inéligibilité et on voit qu'en réalité, comme à chaque fois, comme pour les dissolutions, toutes les mesures qui viennent du pouvoir, certes, elles peuvent être utilisées de manière marginale et encore une fois privilégiées contre la droite et l'extrême droite, mais elles le seront 10 fois, 100 fois, 100 fois, 1000 fois plus contre les classes populaires, les travailleurs et contre la gauche.

Et une fois qu'on a dit ça, moi je pense qu'il faut aussi dénoncer l'hypocrisie de toutes celles et ceux qui se retrouvent aujourd'hui main dans la main pour défendre l'État de droit.

Je ne savais pas qu'il y avait quelqu'un de LR sur ce plateau, mais je veux dire, quand on participe d'une formation politique qui nous explique que l'État de droit, c'est ni sacré ni intangible, quand on fait partie d'une formation politique dont on donne des meetings pour dire « abat le voile » et qu'on est responsable d'une offensive liberticide extrêmement brutale envers en réalité les droits de la majorité de la population, aujourd'hui, ce dont il est question, ce n'est pas l'État de droit pour personne, ni pour un Marine Le Pen, ni pour LR, ni pour l'EPS, parce que la réalité, c'est que par ailleurs, ceux qui sont aussi responsables de la destruction de ce qu'on appelle l'État de droit depuis plus de dix ans, c'est l'accumulation de dispositifs liberticides adoptés par le Parti socialiste à partir de 2015.

L'État d'urgence permanent, le fait d'inclure dans le droit commun la loi CILT de 2017, tout ça a pavé la voie en réalité à un régime aujourd'hui ultra-liberticide et je finirai sur une chose, on discute aujourd'hui de se réunir autour de l'État de droit et on reviendra sur la manifestation de la gauche, mais je veux dire pendant ce temps-là, le Parti socialiste ne voyait pas de problème à voter la loi narcotrafic. On discute de l'État de droit et en même temps on vote la loi narcotrafic.

18:59
Présentateur

En fait, vous reviendrez sur ce qui est problématique dans la loi de narcotrafic parce que tout le monde ne s'informe pas tous les jours, mais je voudrais donner la parole à Wissal Bougalem dont le Parti a été attaqué. En gros, ce que Elsa Marcel explique, c'est que dans la lame de fond illibéral qui traverse la France, LR prend une grande part, d'autant plus que cette part se situe au sein du gouvernement en la personne de Bruno Retailleau qui sera peut-être le candidat de votre parti lors de la présidentielle

19:28
Invité

et de la Macronie. Il est candidat, reste à savoir s'il sera président, s'il sera élu par les adhérents. Pour revenir à ce que vous dites, moi, comme argument, je n'avance pas tellement l'État de droit. Encore une fois, je parle des conséquences que ça aura, naturellement, dans la vie politique française. Vous savez très bien, même si ça ne vous fait pas plaisir et ça ne me fait pas non plus plaisir, vous savez très bien que ça ne sera pas sans conséquences sur la vie politique et que il y aura une forme de défiance vis-à-vis de la magistrature.

Vous avez cité certainement à raison toutes les décisions de justice qu'il peut y avoir, les peines d'inélégibilité qui ont été prononcées envers des militants pro-palestiniens, etc. Moi, je peux aussi vous parler du mur des cons, cette fameuse affaire où vous avez le syndicat de la magistrature qui a pointé du doigt un certain nombre de personnalités de droite et même du Rassemblement national.

Ça, oui, non, mais vous pouvez dire et alors, mais ce que je vous dis, c'est que quand on parle de défiance de la justice, du fait qu'on explique qu'il y ait des juges rouges, ce ne sont pas mes propos en tant que tels, mais comprenez qu'il y en a qui s'interrogent quant à l'impartialité véritable de la justice et des juges, en l'occurrence. Oui, mais je pense que vous n'avez pas compris mon propos parce que moi, je dis précisément que le débat, ce n'est pas l'impartialité. Je pense que les juges ne sont pas forcément impartiaux et que ce n'est pas la question. C'est que les juges rendent forcément des décisions politiques. C'est en gros, c'est les politiques

20:47
Présentateur

qui mènent le court de faire...

20:54
Invité

Ce n'est pas ça.

C'est en réalité le contenu même de ce qu'on discute et le fait que ce qui est en train de se jouer derrière la condamnation de Marine Le Pen, où je lui dis, moi, je ne verse pas une larme, évidemment, pour Marine Le Pen et ce n'est pas le débat, mais que si, notamment à gauche, on n'a pas une clarté de ce que ça représente, de pourquoi est-ce qu'en réalité on ne peut pas liquider nos principes sur la question de la défense des libertés publiques parce que ça concerne Marine Le Pen, mais aussi pourquoi on ne peut pas faire front avec n'importe qui et notamment avec le gouvernement et la Macronie pour se réjouir de la condamnation de Marine Le Pen, c'est parce qu'en réalité les intérêts que ça sert, ça sert, ce n'est pas du tout les intérêts des masses et de la population et une chose par ailleurs, moi, qui me surprend, qui n'est pas du tout au cœur du débat de toutes celles et ceux qui dénoncent la condamnation de Marine Le Pen, détournement de fonds publics, bien sûr, ils se gavent, je n'en ai pas le moindre doute, mais le problème, c'est que ça permet en réalité d'épargner le système qui permet d'aboutir à ce type de financement parce que ce qu'elle a détourné, c'est les 10 000 euros de salaire que reçoit un député européen.

Je veux dire, un député national, c'est plus de 7 000 euros. 10 000 euros de salaire pour un député européen.

21:59
Présentateur

Moi, je considère... Un des soutiens de Marine Le Pen qui disait que c'était à peine un SMIC.

22:02
Invité

Oui, voilà, je pense qu'il s'est un petit peu trompé, je pense qu'il s'est un petit peu trompé, mais ce qui m'étonne, voilà, mais ce qui m'étonne, si vous voulez, dans la manière dont on discute, je vous interroge tous ici, je ne sais pas ce que vous pensez du fait qu'un député européen puisse toucher 10 000 euros et ce que ça représente par rapport au niveau de vie moyen de la population. Une manière de lutter contre le détournement de fonds publics, ce n'est pas d'en taper quelques-uns pour épargner le fonds du système.

C'est en réalité de revendiquer des députés payés à salaire d'ouvriers qualifiés, d'enseignants, 2 500 euros, révocables, avec des mandats de 2 ans, avec un vrai contrôle démocratique et populaire sur ce que font les députés. Parce que, ok, ils détournent de l'argent, mais déjà, ils le font tous. Enfin, je veux dire, la loi Sapin dont on discute, c'est une réponse à l'affaire Cahuzac qui est la responsabilité du Parti Socialiste.

Et ensuite, ce qui est très intéressant, c'est de voir, on vote la loi Sapin, donc loi Sapin, etc., de 2016-2017, et en même temps, vous regardez la courbe de l'augmentation des salaires des députés européens, des sénateurs, mais il faut regarder combien c'est pas il est sénateur. Et en fait, cette courbe, elle augmente de manière exponentielle.

23:01
Présentateur

On va continuer, mais en fait, il y a des doigts qui se lèvent, Paul, notamment. Paul, je vais donner la parole, mais pour des raisons d'impartialité, il faut que je donne la parole à Noéa Teffrit puisque le Parti Socialiste a été très critiqué en même temps que l'LR par Elsa Marcel.

23:19
Invité

Alors, on peut mettre tout le monde sur le même plan, mais je ne suis pas sûre que ça serve. 2015, c'était aussi un autre contexte. Il y avait eu les attentats. Alors, je ne dis pas que l'état d'urgence, c'est bien et qu'il faut le mettre dans la Constitution, mais c'était une autre période où vous aviez les citoyens qui étaient pas mal traumatisés et où, en fait, des lois ont été votées à l'Assemblée. Elles n'ont pas été, enfin, ce n'est pas sorti de nulle part. Il y a eu des conversations, des heures et des heures et du coup, en fait, ça a été adopté. Donc, maintenant, la loi est comme ça. Il y a plein de lois adoptées qui sont téhibles. Vous la pratiquez tous les jours.

Je la combat, oui, malheureusement. Et là, le problème qu'on a, en fait, c'est que Marine Le Pen est une justifiée comme les autres. elle n'est pas au-dessus des lois. Donc, si elle est condamnée, la peine d'inéligibilité s'applique, comme en détention provisoire lorsqu'on met vos clients et ils ne peuvent pas faire un appel. On devrait changer ce mot, inéligibilité, qui est imprononçable. C'est pas possible, oui. En même temps, je trouve que c'est normal quand on lutte pour la probité, qu'on essaie de reconquérir les classes populaires qui n'ont plus confiance en personne, qui trouvent tout le monde pourri, qu'on soit même plus durs avec nos politiques qui nous représentent.

Il faut les payer moins. Parce qu'ils n'ont pas confiance et il y a confusion dans le sens où Marine Le Pen, quand elle dit la justice est politique, elle dit qu'elle est partisane. C'est pour ça que je parlais de complotaire. C'est qu'elle dit qu'il y a des gens qui ont explicitement fait en sorte que, et je pense que ça, ça n'a aucun sens. Par contre, qu'elle soit politique, la justice, je suis parfaitement d'accord. C'est une institution qui ne vit pas en dehors de la société de façon... C'est effectivement, vous l'avez dit, abstrait.

C'est vraiment l'habillage du libéralisme, de cette espèce de vision abstraite de l'homme où on déclare ses droits et puis ils existent et dans lesquels on ne travaille pas sur les conditions matérielles. Donc ça, je suis d'accord. Et sur cette, du coup, voilà, moi je voulais donner mon accord là-dessus qui est une vision très bourgeoise de la société. Et sur la question de la rémunération, ça, je pense qu'il faut effectivement en discuter. Déjà, prenons un truc. La question de la haute rémunération des élus a été historiquement posée comme l'idée que parce qu'ils seraient payés très cher, ils ne seraient pas corrompus. Or, ce qu'on voit et avec le nombre...

Non, mais ce qu'on voit avec le nombre d'affaires qu'on a de toutes sortes de formes de corruption. Là, je ne parle pas juridiquement parce que la corruption, juridiquement, je parle au sens commun du terme. Qu'est-ce qu'on voit ? On voit que c'est des liens de classe, que ce sont des pratiques de telle entreprise qui fait un cadeau à un tel que, en fait, c'est une question, encore une fois, de position sociale et d'abus des relations de pouvoir qu'on développe à partir du moment où on occupe telle ou telle position de la société.

Et comme par hasard, si on regarde et pourquoi il n'y a pratiquement aucun ministre de la Macronie mis en cause dans une affaire, c'est parce que, justement, il représente une classe, une classe organisée à travers une organisation politique qui défend quoi ? Des intérêts qui sont leurs intérêts propres au sens de classe, encore une fois, entre un groupe social qui occupe certaines positions, qui ont certaines visions de la société. Donc, la question, ça serait sans doute, effectivement, de toucher à la rémunération des élus. Moi, je n'aurais pas de problème dessus. Et je dirais même que, d'ailleurs, il y a deux fonds.

Il y a le fonds que les élus ont et puis il y a l'argent qui est donné pour payer les parlementaires.

En tout cas, les attaches parlementaires, moi, je l'ai moi-même été et je remarque que c'est une relation de travail qui est très mal encadrée, qui, en termes de droit d'utra, est absolument catastrophique puisqu'il y a des liens de fidélité pour être virés du jour au lendemain que les gens qui s'organisent à l'intérieur des syndicats, à l'intérieur de l'Assemblée nationale, patinent, même s'ils sont très nombreux récemment, grâce à l'augmentation notamment de députés de gauche à se syndiquer, patinent pour obtenir une reconnaissance et je remarque juste que si l'argent devait être nécessairement plus déployé, ce serait à ce niveau-là, à savoir que dans des régimes parlementaires véritablement ancrés, il y a la possibilité d'avoir plus de salariés qui travaillent à l'action parlementaire mais pour faire en sorte que l'action parlementaire soit suivie d'un travail de fonds pour faire des commissions, des enquêtes, etc.

Si on considère que c'est comme ça qu'il faut organiser. Peut-être que l'autre côté a des lobbyistes. Exactement, et des sommes d'argent qui sont bien plus colossales et qui participent notamment de la corruption dont je parlais tout à l'heure au Parlement européen, ça me semble absolument évident. Donc, si à contrebalancer, en tout cas, moi je n'ai pas de problème à baisser la rémunération des élus. Je remarque que certains élus de la gauche le font par eux-mêmes mais que s'ils le font par eux-mêmes, c'est sur une question de bonne volonté. On ne peut pas organiser un système sur la bonne volonté de chacun.

27:22
Présentateur

On ne va pas avancer sur la discussion. J'aimerais vraiment que vous interveniez en deux minutes chacun max sur la question des retours médias. Les retours médias ne sont pas très positifs suite à cette manif du RN mais le RN ne pourrait-il pas quand même et là on parle vraiment de politique de fonds profiter d'une sorte de lame de fonds victimaire et anti-establishment pour gonfler ces troupes dans un contexte de défiance générale pour l'élec ?

27:49
Invité

C'est toujours le risque de toute manière que c'est toujours le risque qu'ils puissent l'instrumentaliser.

Ce qu'il faut comprendre c'est que malheureusement l'ancrage que le RN a dans certaines classes populaires pas dans toutes et ils ont aussi des ancrages dans des milieux très bourgeois et très bien sapés c'est aussi parce qu'ils ont une proposition politique qui est dévastatrice qui est la préférence nationale qui est le fait de dire sacrifier un certain nombre de gens qui sont étrangers ou assimilés comme tel et vous aurez accès aux maigres miettes qu'on voudra bien laisser au modèle social et que cette proposition est efficace et que les gens ils ne votent pas juste comme ça par hasard ou parce qu'ils considèrent que leur parti est victimisé ils votent parce qu'ils ont des convictions idéologiques qui sont ancrées dans la xénophobie dans cette promesse xénophobe et raciste qu'est la préférence nationale et que c'est sur cette base qu'ils se mobilisent et donc du coup de fait ils sont peut-être insensibles en partie à ces questions de condamnation ou pas et ouverts au conspirationnisme en tout cas ils sont ouverts au fait que tant qu'ils considéreront que le rassemblement national répond à leurs intérêts par cette proposition raciste je pense qu'il faudra se lever tôt pour les décrocher de ça parce que ça s'organise autre part ça s'organise dans la solidarité l'organisation de relations sociales différentes et de propositions idéologiques qui s'inscrivent en contre Saint-Bougalem je suis assez en accord avec vous mon dieu qu'est-ce que j'ai dit c'est étrange vous voyez on arrive à se mettre d'accord parfois mais c'est vrai que oui je pense que la posture victimaire du rassemblement national va les servir et que vous allez avoir des français qui vont tout simplement vous avez un certain nombre d'électeurs qui déjà votent pour eux mais qu'ils pourront en avoir certainement plus à mon avis parce qu'il y a une défiance de la justice et encore une fois c'est ce que je vous disais tout à l'heure et il y a un certain nombre d'affaires qui ont laissé des traces dans la vie politique française et je pense que celle-ci cette affaire va en laisser encore plus

29:34
Présentateur

Elsa ?

29:37
Invité

Oui bah en fait le problème c'est que je pense que par ailleurs il faut inclure quand même cette décision dans la situation de crise plus générale en fait dans laquelle le régime de la Ve République en particulier s'enfonce parce qu'on discute d'une instabilité politique persistante qui se manifeste de plein de manières mais où il y a quand même un volet social avec une forme de contestation très très importante depuis dix ans il y a un mouvement de lutte nationale quasiment par an et avec des formes de remise en question à différents niveaux de la brutalité du régime et des institutions que ce soit les violences policières que ce soit les 49-3 répétitions que ce soit en fait la manière dont le conseil constitutionnel valide la réforme des retraites alors que 94% des actifs sont contre que ce soit ou encore une fois la dissolution donc en fait je veux dire voilà un coup je veux dire symptomatique de la toute puissance présidentielle made in cinquième république etc les gens ont leur dit va voter va voter ils votent et au final on se retrouve avec un Retailleau et je pense que par ailleurs il faut quand même le dire parce qu'on discute là la position de LR effectivement est globalement timide sur cette question mais parce qu'entre Retailleau et Marine Le Pen c'est pas comme si il y avait une différence de programme ou de proposition significative

30:47
Présentateur

donc ça pourrait aussi profiter à Retailleau non ce que je veux dire

30:52
Invité

c'est que pour moi c'est une situation d'instabilité générale et crise en fait du régime et notamment de crise des classes dominantes donc ce que je veux dire c'est que oui d'une part à mon avis ça peut profiter au RN parce qu'on l'a vu mais à partir du moment où ils sont tous pourris et ce qui est vrai il faut le reconnaître si on a discuté de Cahuzac de la Macronie etc je veux dire ils se disent un peu plus un peu moins et puis ça peut bien sûr alimenter parce qu'il y a certes un vote raciste Marine Le Pen il n'y a pas de doute mais je veux dire Marine Le Pen n'a pas le monopole du vote raciste parce qu'effectivement quand on voit le programme quand on fait des meetings et je le disais avec des Bruno Retailleau qui disent abat le voile je veux dire je ne sais même pas si Marine Le Pen a déjà atteint ce niveau là

31:30
Présentateur

c'est en concurrence

31:31
Invité

voilà non mais donc en fait le RN

31:33
Présentateur

je ne suis pas sûr qu'elle le dise comme ça voilà

31:35
Invité

non mais moi je ne pense pas

31:36
Présentateur

c'est parce qu'elle est RN qu'elle ne peut pas le dire comme ça

31:38
Invité

non mais donc du coup on voit que c'est quand même du pareil au même donc en fait le problème ce n'est pas juste le vote raciste c'est que Marine Le Pen elle profite aussi d'une détestation de la Macronie et qu'elle apparaît comme la principale opposante etc et même si c'est à discuter parce que je veux dire quand il y a la réforme des retraites qu'il y a 94% des actifs qui sont contre 3 millions de personnes dans la rue voilà mais tu as parlé longtemps aussi et je finis sur ça je veux dire il n'y avait pas un élu RN dans les manifestations parce qu'il ne pouvait pas y mettre les pieds donc quand je dis ça c'est pour dire que oui je pense que ça peut profiter au RN mais que le scénario est très ouvert parce qu'il y a beaucoup d'instabilité beaucoup de colère de fond et qu'il n'y a pas du tout en fait effectivement de confiance dans les institutions mais les gens ont bien raison de ne pas leur faire confiance quand on voit ce qu'elles produisent aujourd'hui au niveau de violence sociale et de violence démocratique puisqu'en fait on peut enchaîner et judiciaire bien sûr mais quand on peut enchaîner à l'infini

32:29
Présentateur

Elisa Marcel n'a pas confiance dans la justice de son pays

32:31
Invité

non je ne sais pas si c'est un scoop ici mais par exemple quand on est avocate c'est difficile je pense d'avoir confiance dans la justice de son pays je n'en connais pas beaucoup

32:39
Présentateur

le RN pourrait-il en profiter ?

32:41
Invité

alors moi je suis beaucoup plus mitigée donc moi j'ai été directrice de campagne d'une circonscription qui a voté à plus de 55% RN lors des dernières élections présidentielles et lorsqu'on discute avec les administrés en fait ils trouvent ça normal qu'elle ait été condamnée si elle a commis une infraction et surtout en fait

32:59
Présentateur

la majorité des français pense comme ça

33:00
Invité

la majorité des français pense comme ça et de toute façon en fait ça ne pose pas de problème parce qu'elle a son dauphin Bardella qui a la même cote de popularité qu'elle

33:08
Présentateur

et qui pourrait aussi qu'il y ait aussi quelques casseroles

33:11
Invité

donc je pense que le RN va continuer à aller comme il fait d'habitude et que les français sont d'ailleurs j'ai pas l'impression que son discours de victimisation prenne plus que ça parce que les français en fait les personnes populaires quand elles font une infraction en fait elles sont sanctionnées et tout le monde trouve ça normal

33:30
Présentateur

alors hier il y a eu manif et contre manif la gauche n'est pas parvenue à créer un front uni et sa contre manif s'est faite sans le PS et sans le PC

33:38
Invité

à l'extrême droite pour ceux qui ont douté montre son vrai visage il suffit pas de porter des cravates à l'Assemblée nationale l'extrême droite est un parti dangereux dangereux pour la démocratie dangereux pour l'état de droit c'est un parti violent qui menace y compris les juges quand les décisions prises par la justice ne leur convient pas tête haute main propre rappelez-vous elle avait un autre slogan à l'époque les nôtres avant les autres mais ça se confirme et c'était en fait au premier degré Marine Le Pen prône une justice pour tous les autres alors pour tous les autres la justice doit être beaucoup moins laxiste beaucoup plus dure il faut une tolérance zéro il faut une incarcération la première infraction il ne faut pas d'aménagement des peines donc ça c'est pour les autres et puis pour les leurs alors là la justice est beaucoup trop dure vous avez remarqué ?

de l'hypocrisie

34:34
Présentateur

alors les sondages montrent que l'opinion publique est majoritairement en phase avec le jugement qui rend Marine Le Pen inéligible pour le moment pourquoi le PS et le PC se sont-ils privés d'une occasion de surfer sur une vague majoritaire noire ?

34:48
Invité

alors déjà moi je pense que faire une manifestation c'était faire de cette sanction un fait politique or c'est pas un fait politique c'est une condamnation qui est une infraction faire une contre-manifestation c'était reprendre les mêmes mécanismes que le RN et du coup en faire un fait politique et d'un côté on avait Place Vauban les gens qui étaient contre cette décision et Place de la République les gens qui étaient pour cette décision or la justice est indépendante

35:17
Présentateur

elle n'est pas pour cette décision en tant que telle ils sont peut-être contre l'instrumentalisation du contre contre les contre contre la manière dont les contre disent mais du coup en fait

35:27
Invité

ça en fait de la récupération politique moi je pense qu'une décision a été prise elle se passe de commentaire on laisse suffisamment de place dans les médias à Marine Le Pen pour pouvoir s'exprimer et en faire un événement incroyable alors que tous les jours vous avez des justiciables qui sont condamnés qui n'ont pas la chance d'avoir cette tribune d'autant plus que je pense que le PS n'est pas contre un rassemblement unitaire mais avec les syndicats et de façon la lutte contre le RN en fait elle se fait tous les jours sur le terrain

35:54
Présentateur

oui ça j'imagine que vous êtes d'accord avec avec Marcey Fritz sur le fait de ne pas puisque LR n'était ni dans une manif ni dans l'autre

36:02
Invité

non heureusement d'ailleurs c'est ça on pense que ça fait partie de notre ADN politique mais non mais plus sérieusement

36:09
Présentateur

pourtant Vauban c'est les beaux quartiers ça correspond à LR

36:12
Invité

vous savez on est partout même dans les quartiers populaires il faut casser il faut casser les clichés mais pour répondre à ça ça donne déjà l'impression d'un parti socialiste qui veut s'affranchir du NFP on peut se cacher derrière des excuses on peut ne pas être d'accord en fait avec des personnes de gauche ça n'empêche pas même si vous avez plein d'accords avec le RN on n'a pas des accords avec le RN par contre on a des accords avec les français mais ce que je veux dire c'est que

36:41
Présentateur

LFI c'est votre RN non pas du tout

36:44
Invité

LFI ça a été un partenaire pour les élections et puis maintenant des fois on est d'accord sur la stratégie des fois on n'est pas d'accord sur la stratégie on sait que lorsqu'on veut lutter contre l'extrême droite on fait des accords électoraux mais c'est pas pour ça en fait qu'on doit dire amène à tout ou adopter la même stratégie chacun a sa personnalité propre et je pense qu'il faut le respecter

37:01
Présentateur

Est-ce que l'enjeu de 2027 ne corrompt pas déjà les esprits au point que les rivalités internes entre PS et LFI ne font pas un peu oublier la nécessité du combat antifasciste parce que c'est ça c'est à dire en fait en gros contre manifester contre le RN c'est quand même une pratique une culture à gauche

37:18
Invité

Oui et on a déjà manifesté contre le RN à de nombreuses reprises on a déjà manifesté pour lutter contre le féminin là on préférait Pour le féminisme Pour le féminisme pardon là on préférait quelque chose de plus unitaire en accord avec les syndicats qui n'étaient pas présents et c'est à nous de voir comment on va réagir à la suite Donc c'est pas tellement la thématique

37:39
Présentateur

mais c'est le casting des organisateurs qui est le problème

37:42
Invité

Non pas forcément

37:43
Présentateur

Bref je redonne la parole à Ouïssal

37:45
Invité

Ça donne quand même l'impression d'une gauche qui est divisée qui pendant les élections quand on est dans une forme d'urgence et bien s'allie sur un programme qui n'a ni que ni tête puisque vous pardon par exemple je prends un exemple tout bête parti communiste qui est pro-nucléaire les écologistes qui sont anti-nucléaire ça donne l'impression de personnes qui se retrouvent dans des bureaux parisiens qui se tapent la main qui se mettent d'accord sur tout et rien et en fait moi l'impression maintenant que j'ai c'est que sur des événements comme celui-ci on voit ce qu'est la gauche c'est ce qu'est en tout cas cette coalition qui s'appelle le NFP on a un parti socialiste qui est absent on a des syndicats qui vous le dites sont absents bon ça interroge ça interroge quant à l'unité du parti socialiste d'ailleurs il me semble que vous avez un congrès dans pas très longtemps j'ai quand même aussi cette impression qu'Olivier Faure le premier secrétaire du parti socialiste veut s'affranchir du mélenchonisme pardon avec lequel il s'est justement allié pendant les élections législatives Paul Élec non bon moi je ne suis pas sûr que ça soit très intéressant ces trucs d'appareil etc moi après si j'ai le temps je dirais un mot sur le pourquoi j'ai été déçu moi j'y étais au rassemblement pourquoi parce que justement en fait le fait politique c'est encore une fois pas cette décision moi c'est ce que j'ai dit l'année dernière c'est pas une décision c'est pas le fait politique majeur le fait politique majeur c'est que pendant une semaine comme on pouvait s'y attendre il y a eu des attaques et il y a eu l'expression d'une radicalité dangereuse de la part de toutes les nuances de droite radicale et d'extrême droite contre les juges rouges contre ces espèces de visions autoritaires où en fait si on écoute vraiment ce qui est dit c'est que à un moment on va falloir arrêter d'avoir ce genre d'institution qui certes dysfonctionne certes sont politiques mais qu'il va falloir juste établir un pouvoir autoritaire vertical avec absolument aucun droit aucun droit consacré aux individus contre potentiellement l'état contre l'autorité c'est ça pour moi la question de l'état de droit j'entends que c'était pas le débat mais enfin des protections parce que moi je fais partie des gens qui à gauche ont peu confiance dans l'état comme instrument comme machine pour assurer la liberté des individus et du coup le part socialiste n'a pas compris ça parce que le part socialiste a dit ça serait en faire une idée non en fait le part socialiste ne comprend pas que face au rassemblement national face à la proposition illibérale ou autoritaire vous prenez le mot que vous voulez de l'ensemble des nuances de droite de la Macronie à l'extrême droite qui sont tous félicités d'utilisation de la force policière pour fracasser l'écran des manifestants dans les périodes récentes face à la pratique autoritaire des institutions pour reprendre votre expression il fallait faire quelque chose face au fait qu'en face l'extrême droite allait prendre la rue et imposer son discours et donc du coup il y avait l'intérêt d'avoir un rassemblement la vérité c'est est-ce que le rassemblement en tant que tel a eu un intérêt ou tu disais il n'y a pas le parti communiste en tout cas j'ai vu des jeunes communistes donc c'est à dire qu'il y a des militants de gauche de toutes sortes d'organisations qui sont venus la question c'était est-ce que ça avait un intérêt si sur place le discours proposé par la gauche était finalement si convenu c'est à dire que moi j'étais profondément séissu parce que à part quelques interventions je pense notamment à celui au camarade qui a parlé pour la marche des solidarités qui a dit attendez réfléchissez aussi quel état de droit il y a pour les personnes exilées pour les personnes qui sont victimes de crimes policiers il y a des questions à poser quand même à part ce genre d'intervention il y a quand même des interventions très convenues sur l'extrême droite c'est mal il faut tous faire l'unité pour gagner l'unité au sens électoral l'unité sur quelle proposition sur quel fond sur quel programme sur quelle direction à donner à la société rien que du vide etc et je pense que face à la période justement face au fait qu'on a des offensives idéologiques massives contre les droits politiques contre les libertés civiques etc on a encore une fois une trace de l'échec en partie de la gauche de se mobiliser aussi fortement que dans d'autres occasions du mouvement social contre la loi sécurité globale contre toutes ces lois liberticides dont vous parliez tout à l'heure on a eu du mal à établir des mouvements à hauteur de l'enjeu je pense même s'il y a il y en a des mobilisations et je pense que dans ce meeting il y avait un problème là-dessus il y a un problème de discours si c'est pour assembler pour dire non c'est mal faites attention il y a un problème sur la direction Elsa Marcel je pense que l'absence du parti socialiste elle a des raisons politiques qui ne sont pas que des raisons d'appareil c'est qu'effectivement ils ne veulent pas se coller à LFI et qu'eux ce qui les intéresse en ce moment c'est une alliance voire dans quelle mesure est-ce que l'affaiblissement du RN peut les repositionner dans une alliance de centre et d'ailleurs c'est la logique même quand on voit que Hollande il recommande de ne pas censurer le gouvernement que c'est en réalité les gages qui n'ont fait que de donner en fait depuis plusieurs mois à la Macronie et à la majorité c'est ça la logique du parti socialiste et je pense que de ce point de vue c'est intéressant de voir que pour moi s'ils n'appellent pas à ce rassemblement et même de manière plus structurelle je le disais au début mais c'est qu'ils jouent le rôle d'assurance vie de la Macronie aujourd'hui le parti socialiste et ça ne date pas d'hier donc c'est pour ça qu'ils refusent de censurer c'est pour ça qu'ils se demandent tout le temps est-ce qu'en fait si on leur donne tel et tel gage dans quelle mesure est-ce qu'on peut convenir de la stabilité du régime etc donc eux leur intérêt c'est pas de se coller à LFI maintenant une fois qu'on a dit ça et pour revenir sur le rassemblement d'hier puisque vous l'évoquiez moi je pense qu'il y avait effectivement un problème de contenu et de mot d'ordre parce que si l'idée de Europe Écologie et de LFI parce qu'à mon avis moi c'est un peu à ça que ça ressemble c'est de recréer le front républicain en fait qui a existé au moment des législatives et notamment en fait d'instrumentaliser la peur légitime que peuvent avoir des gens du RN voire même en fait de dramatiser la situation parce que le RN aujourd'hui est toujours dans une dynamique de donner des gages de se responsabiliser de se présidentialiser etc tout ça pour pouvoir justifier de eux être du côté des institutions et moi ce qui m'a choquée dans le rassemblement d'hier quand j'ai écouté les interventions tant de Marine Tondelier mais même de la FI c'est qu'en réalité il n'y a pas un mot contre le gouvernement il n'y a pas un mot contre la Macronie ce qu'ils sont en train de tester de manière indirecte c'est est-ce qu'on ne pourrait pas refaire cette alliance en fait républicaine la même chose que ce qu'on a fait en fait avant l'été autour des législatives c'est pour ça qu'ils veulent le PS qu'ils tirent la manche du PS etc mais le problème de cette alliance parce que pour moi le RN est un vrai danger évidemment le risque autoritaire en général dont encore une fois le RN n'a pas le monopole non seulement parce que c'est aujourd'hui les macronistes qui sont en train de l'imposer mais parce que ça date depuis 10 ans et que ceux qui ont pavé la voie à cette possibilité là encore une fois je le disais ceux même qui ont permis le permis de tuer la loi de 2017 la loi de 2014 sur l'apologie du terrorisme c'est le parti socialiste

44:27
Présentateur

donc ce que je veux dire

44:29
Invité

c'est par là c'est que combattre le RN aujourd'hui c'est pas en faisant des alliances qui amènent de une à renforcer les organisations qui lui pavent la voie et c'est d'ailleurs pour ça que moi ça me choque qu'on regarde la manière dont le PS s'est recomposé en fait entre les 2% en fait de 2022 et aujourd'hui le nombre de députés qu'ils ont députés qu'ils utilisent pour ne pas voter la censure pour voter la loi narcotrafic et pour accompagner la Macronie donc le sens du rassemblement d'hier pour moi ça ne doit pas être de dire tous de Macron jusqu'à LFI ensemble contre le RN ça doit être de s'il y a un rassemblement qui a lieu et moi je pense qu'il en faut c'est de dire pour le retrait de toutes les lois liberticides pour le retrait de la loi narcotrafic pour le retrait de la loi séparatisme pour le retrait de la loi de 2017 pour l'abrogation de l'infraction d'apologie du terrorisme de la loi de 2014 c'est ça défendre les libertés publiques

45:19
Présentateur

Elsa merci côté bloc central excusez-moi d'accélérer les choses mais c'est un peu mon rôle notez que je mets des guillemets autour de cette expression bloc central on ne pouvait pas faire passer l'événement sans se donner l'occasion de se faire voir Gabriel Attal a organisé un grand meeting à Saint-Denis et on a profité pour lancer une grosse punchline

45:44
Invité

on le savait souvent RN varie et il est devenu le parti du deux poids deux mesures c'est le parti qui demande de la fermeté pour tous sauf pour lui c'est le parti qui demande l'inéligibilité à vie pour tous sauf pour ses élus à lui le parti qui considère qu'il ne faut d'immunité pour personne sauf pour Mme Le Pen je le dis sincèrement notre combat pour l'autorité c'est un combat pour l'autorité de la règle comment être crédible face à un mineur délinquant si les politiques n'ont pas à respecter les règles on se bat chez Renaissance pour en revenir à des choses simples tu l'as dit Ambroise tu casses tu répares tu salis tu nettoies on dit aussi tu souffres on s'occupe de toi mais ça ne peut pas tenir si l'exemplarité n'est pas partout alors je le dis tu voles tu payes surtout quand on est un responsable politique

46:38
Présentateur

gloire aux communicants on a envie de dire en écoutant ce discours qui semblait écrit justement pour faire tilt dans les médias Paul Elec est-ce que c'est

46:55
Invité

le moment à Tal en tout cas là on a vu ce moment très offensif où il se met en scène moi ce qui me fait craindre le pire c'est plus la suite du discours j'ai regardé les 50 minutes c'est un exercice que je ne vous recommande pas mais en vérité derrière on voit son positionnement d'abord c'est sa première déclaration non officielle mais de campagne présidentielle les militants criaient à Tal Président à chaque reprise et à chaque applaudissement ce qui est un cauchemar en train de devenir véritable

47:24
Présentateur

il y a un pire cauchemar

47:25
Invité

il a annoncé son programme quand on regarde 2027 d'accord mais sauf que si on regarde justement ce qu'il dit il y avait une synthèse il a joué le Emmanuel Macron de 2017 soi-disant libéral progressiste un peu technophile parlant vite fait d'écologie de droit des femmes et derrière en vérité avec tous les éléments de la Macronie qui s'est adapté à la pression à droite sur le caractère liberticide de la pratique du pouvoir je le rappelle encore une fois des gilets jaunes à tout ce qui a été cité par Elsa Marshall tout à l'heure et d'autres scandales en termes de gestion en termes de l'ordre public on appelle ça sobrement gestion de l'ordre public en fait c'est une répression solide qui se passe à la fois dans le cadre institutionnel avec l'utilisation de différents règlements à l'Assemblée d'utilisation d'articles qui sont dans la constitution qui permettent de fracasser la vie démocratique et de l'autre côté dans la rue concrètement avec l'utilisation de la force de police et du pouvoir réglementaire et derrière aussi la suite du programme hyper brutal qui est proposé par la Macronie il dit dans ce meeting suppression de l'ensemble des cotisations sociales suppression du système de répartition et c'est ça qu'il dit et il dit ça en plus en disant et à côté l'autorité l'école tout son délire qu'il a déjà déblatéré lorsqu'il était au ministère de l'éducation nationale et qu'il nous a fait une rentrée sur la baïa et de l'autre côté le choc des savoirs sélection il y a un monde là cette synthèse de Gabriel Attal et au-delà du côté offensif j'allais dire pourquoi il peut paraître offensif sur la question de la préservation de la liberté c'est que la bourgeoisie ne peut le faire qu'à partir du moment où ils sont face au Ration National ils agitent le Ration National pour donner l'image qu'eux ils sont respectables qu'ils sont les gens qui produisent des codes mais c'est eux qui sont au pouvoir encore une fois c'est eux qui ont une pratique qui a affaibli drastiquement les libertés et les droits politiques dans ce pays encore une fois parce que Elsa Marcel le faisait remarquer ça vient du parc socialiste mais ces gens-là Gabriel Attal ils étaient membres du parc socialiste et en fait la Macronie est une engence directe du parc socialiste et elle est voilà le trait d'union entre le social-libéralisme qui a très vite été ni social ni libéral au sens de la pratique du pouvoir et qui en fait essaye juste simplement de reconstituer un bloc d'union de droite sur xénophobie néolibéralisme et autoritarisme c'est ça l'avenir de la droite quelle que soit la nuance sur laquelle elle se présente

49:42
Présentateur

est-ce que Gabriel Attal n'est pas justement l'adversaire du candidat LR embarqué dans le gouvernement qui est Vonoretaio

49:51
Invité

en tout cas ce qui est certain c'est qu'on ne se retrouve pas dans la configuration politique actuelle qui consiste à expliquer que le paysage politique serait bloc de gauche bloc de droite et puis bloc d'extrême droite bloc d'extrême gauche en tout cas c'est ce que je considère et puis bloc d'extrême centre je pense que le bloc qu'incarne Gabriel Attal finalement n'incarne strictement rien il il

50:14
Présentateur

il incarne le gouvernement actuel

50:15
Invité

oui oui non mais je veux dire en termes d'idées en termes de même de j'allais dire de légitimité électorale il faut quand même comprendre que ces gens là s'ils arrivent au pouvoir et s'ils ont entre guillemets une valeur électorale c'est parce que des gens ont fait parage et c'est ça en fait à chaque élection c'est parce que les gens ont vraiment voté pour eux quoi vous pouvez penser ce que vous voulez il n'en demeure pas moins que les républicains sont un parti historique de gouvernement et de responsabilité qui se sont essoufflés pour diverses raisons 5% pour un premier ministre c'est pas mal non mais encore une fois je pense pas qu'il ait fait 5% lui-même il a été élu sénateur à plusieurs reprises me semble-t-il donc c'est un peu hypocrite de résumer le score d'une candidate mais en gros

51:02
Présentateur

de manière globale il y a tout un ensemble d'électeurs qui votent soit Macron soit LR et c'est cet ensemble d'électeurs qui décidera si ce sera le champion de ce camp qui est un camp de droite reconstitué ce sera Attal ou Rotaillot il y a une bataille

51:18
Invité

je pense pas que les républicains veulent participer à ça on ne se reconnait pas dans ce bloc central justement pas dans Attal c'est la droite de Schrödinger il y a Wauquiez qui ne veut pas participer il y a Rotaillot qui veut participer comme ça ils font les deux et puis à la fin c'est bon Edouard Philippe vient de la droite Edouard Philippe vient de la droite mais il s'est considérablement j'allais dire éloigné de la droite en tout cas ce qui est certain c'est qu'aujourd'hui ceux qui incarnent la droite c'est ni Gabriel Attal ni Edouard Philippe il y a des talents au sein des républicains moi j'ai plus tendance à dire que je suis un peu plus pour Laurent Wauquiez que pour un Bruno Rotaillot mais je vois que ça vous gêne à non non Elisa Marcelle

51:57
Présentateur

trouble la classe et fait des mouvements de bouche Elisa Marcelle justement on vous donne la parole

52:03
Invité

oui non mais moi ce qui me moi quand j'ai écouté ce discours en fait ce qui me terrifie mais c'est vraiment l'analogie qui fait par ailleurs avec le discours qui a fondé sa loi de répression des mineurs et je trouve ça d'un cynisme mais abominable de voir comment ils instrumentalisent la condamnation de Marine Le Pen alors qu'en fait je veux dire encore une fois je le disais mais elle sera audioncée dans un an je veux dire ça n'a absolument rien à voir avec la manière dont ils traitent les mineurs et parce qu'au moment où il fait ce discours il est en train de voter je pense une des pires lois pour les droits de l'enfant qui n'a jamais existé moi je fais beaucoup de droits des mineurs puisque je suis avocate en Seine-Saint-Denis au Sénat ils viennent d'adopter le principe de comparution immédiate pour des enfants de 15 ans je ne sais pas si les gens mesurent ce à quoi ça ressemble de juger des enfants dans ces conditions

52:49
Présentateur

mal juger des enfants c'est terrible déjà mal juger des adultes c'est terrible mais mal juger les plus fragiles exactement

52:54
Invité

et ça en fait c'est la continuité directe de la répression qui s'est enclenchée après les révoltes issues de la mort de Naël parce que le gouvernement a eu peur le gouvernement a eu peur parce qu'il sortait d'une année de contestation très très forte il y avait eu la réforme des retraites et ensuite il y a eu les jeunes de quartier qui se sont soulevés contre les violences policières et ils ont été très très à la défensive et ils ont décidé de taper fort et ils sont en train de légiférer en fait ils sont en train de mettre sous forme de loi les circulaires qu'ils ont rédigés à ce moment là et d'entendre la manière dont la Macronie se prétend du côté de l'état de droit en défenseur des libertés de la séparation des pouvoirs etc.

contre l'ERN qui serait séditieux mais c'est une arnaque c'est une honte qui se permet de reprendre cette formule pour le tu casses tu répartes tu salis tu nettoies c'est à vomir et c'est pour ça que je pense qu'on voit comment est-ce que le combat contre l'extrême droite ne pourra jamais se faire aux côtés des macronistes c'est impossible et c'est la raison pour laquelle

53:50
Présentateur

le mot de la fin je le donne à Noa Teffri c'est la fin de ce débat et j'aimerais savoir justement je vais problématiser en gros j'ai demandé à Ouissal si quelque part Gabriel Attal n'était pas le candidat de LR c'est la même question qu'on peut poser au parti socialiste est-ce que d'une certaine manière un bloc social démocrate social libéral ne pourra pas se reconstituer autour de Gabriel Attal avec le PS en tout cas certains dirigeants du PS

54:21
Invité

on est à gauche on n'est pas d'ailleurs pour moi il n'y a pas de bloc central pour moi ils sont profondément à droite de par la politique et la violence

54:29
Présentateur

mais là François Hollande à mon avis il rêve plus de Gabriel Attal que de

54:33
Invité

j'espère pas j'ai envie de vous dire il a quand même été il a quand même eu son investiture grâce à Olivier Faure et sous l'étiquette NFP donc en espérant qu'il passe un jour à gauche c'est toute l'incolérance de la gauche donc non là moi je suis là je pense que Gabriel Attal surfe sur la vague pour lancer sa campagne présidentielle et que la bataille va être très rude à droite parce qu'il y a Rotaillot il y a Wauquiez il y a lui et que c'est des profils très similaires

55:01
Présentateur

et il y a le candidat du RN

55:02
Invité

et le candidat du RN

55:03
Présentateur

et il y a Zemmour et puis ils sont nombreux oui ils sont nombreux quand même Zemmour je pense que c'est pas l'électorat classique de la droite

55:09
Invité

enfin j'espère aussi au contraire c'est l'électorat typique des LR qui a voté Zemmour Zemmour il a voté à Cannes il fait 17% à Nice dans le 16ème arrondissement c'est la bourgeoisie de droite d'un localisé Paul-Elec et Elsa-Marcel reprennent la parole

55:22
Présentateur

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