Caroline Yadan - L'interview politique du 18/12/25
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 0:36OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que ça vous inspire cette violence contre les Juifs en Australie ?
- 2:21OuverteRéponse directe
Est-ce que vous êtes inquiète sur la possibilité d'un attentat sur notre sol ?
- 2:48OuverteRéponse directe
Vous estimez qu'en France l'État fait ce qu'il faut ?
- 3:25OuverteRéponse directe
Vous évoquez la responsabilité de la France insoumise dans la diffusion de l'antisémitisme.
- 3:31OuverteRéponse directe
En août 2023, vous aviez demandé la dissolution de la France insoumise pour ce motif.
- 4:04RelanceRéponse directe
Mais aujourd'hui, ce n'est plus une blague pour vous ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:29Invité politiqueFait
« Annabelle vient de citer toutes les victimes tuées par deux assassins en lien avec l'État islamique. »
- 2:50Locuteur non identifiéFait
« Oui, bien sûr, sur ce point-là, sur le point sécuritaire, on a toujours eu des ministres de l'Intérieur qui étaient extrêmement mobilisés. »
- 3:40Locuteur non identifiéFait
« À l'époque, j'avais mis un petit émoticône, vous voyez, mais alors ça avait fait un bad buzz, pas possible. »
- 4:07Locuteur non identifiéFait
« aujourd'hui, même les tribunaux ont reconnu qu'on pouvait parfaitement dire que LFI, grâce à Raphaël Antoven notamment, et à son avocat Richard Malka, que l'on pouvait annoncer qu'LFI était passionnément antisémite. »
- 4:47Locuteur non identifiéFait
« LFI aujourd'hui est le parti antisémite de France. »
- 5:20Invité politiqueFait
« « L'engagement de LFI dans une stratégie clientéliste auprès de l'électorat musulman a pu faire de ce mouvement une cible privilégiée ». »
- 6:01Locuteur non identifiéFait
« que oui, il y a un soutien, oui, il y a une complaisance de LFI notamment et aussi un peu de LV à des individus proches des mouvements islamistes. »
- 6:51Locuteur non identifiéFait
« « Il ne s'agit pas d'une simple tentative d'entrisme, mais d'une ouverture accordée à ses profils. »
- 8:21Locuteur non identifiéFait
« Exactement. En fait, c'est une proposition de loi à laquelle je pense depuis que j'ai été élue députée, même députée de Paris, il y a trois ans. »
- 8:53Locuteur non identifiéChiffre
« Elle a été d'ailleurs co-signée par 120 députés du PSOLR. »
- 9:05Locuteur non identifiéFait
« Le premier axe, c'est le renforcement de l'apologie du terrorisme. »
- 10:23Invité politiqueFait
« après qu'il a annoncé qu'il était en faveur d'un embargo sur les ventes d'armes à Israël. »
- 12:00Invité politiqueChiffre
« On constate dans les enquêtes d'opinion que l'extrême droite a hélas le vent en poupe. Elle est portée par une dynamique très forte. 35% pour le candidat ou la candidate du RN. »
Temps de parole
- Locuteur non identifié70 %
- Caroline Yadan26 %
- Présentateur4 %
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7h45 sur Radio Jibon Réveil, place à l'invité de David Robodalone. Ce matin, David, vous recevez la députée de la huitième circonscription des Français de l'étranger, Caroline Yadant. Bonjour Caroline Yadant. Bonjour David.
Vous êtes avocate, vous êtes, comme le dit Rudy, députée de la huitième circonscription des Français de l'étranger qui regroupe entre autres les Français d'Israël. Alors un mot sur l'attentat de Sydney. Annabelle vient de citer toutes les victimes tuées par deux assassins en lien avec l'État islamique. Qu'est-ce que ça vous inspire cette violence contre les Juifs dans un pays où, jusqu'ici, ils vivaient en paix et en tranquillité ? Et c'est d'ailleurs un pays qui accueillait le plus de survivants de la Shoah après Israël.
Ils vivaient en paix certainement jusqu'au 7 octobre. C'est-à-dire qu'à partir du 8 octobre, nous avons assisté dans ce pays à une vague, un tsunami antisémite. Et vous savez, il ne sert à rien de condamner un attentat si on laisse le terreau idéologique qui a conduit à cet attentat prospérer. Ça ne sert à rien, les larmes ne servent à rien si on n'analyse pas le pourquoi d'un attentat et si on n'analyse pas le pourquoi on s'en prend aujourd'hui aux Juifs. Et c'est malheureusement en Australie.
L'Australie nous a montré qu'à force de frilosité, à force de complaisance, à force de laisser, de ne pas d'ailleurs au sommet de l'État vouloir par exemple visiter les kibbutz, qui ont fait l'objet des massacres en Israël, laisser ces manifestations, semaine après semaine, hurler de la haine pure à l'égard d'Israël, mais aussi évidemment des Juifs, d'essentialiser un peuple, ces appels à l'intifada constante, cette diabolisation absolue, les mots de nazi, apartheid, génocide, ce sont des mots qui tuent parce que derrière les mots, il y a les armes et l'attentat de Sydney nous dit ça aussi, nous dit qu'il faut nous pencher sur ce qui a conduit des terroristes à passer à l'acte.
En France, les autorités ont annoncé le renforcement de la présence policière autour des synagogues et des lieux culturels juifs. Est-ce que vous êtes inquiète sur la possibilité d'un attentat sur notre sol ?
Alors moi déjà je salue cette décision et peut-être que c'est aussi la différence avec l'Australie, c'est-à-dire que l'Australie, même l'État, avait lâché les Juifs, c'est-à-dire qu'il n'y avait pas assez de sécurité, de mesures sécuritaires malgré les alertes.
Vous estimez qu'en France l'État fait ce qu'il faut ?
Oui, bien sûr, sur ce point-là, sur le point sécuritaire, on a toujours eu des ministres de l'Intérieur qui étaient extrêmement mobilisés, on a toujours des forces de l'ordre qui sont en nombre, malheureusement c'est comme ça, mais ils sont en nombre pour protéger la communauté juive. Donc oui, je suis inquiète parce que l'atmosphère, c'est une atmosphère qui pue, c'est quelque chose qui nous inquiète profondément, mais nous savons et c'est heureux que l'État aujourd'hui nous protège en France.
Vous évoquez l'atmosphère, ça fait longtemps que vous pointez la responsabilité de la France insoumise dans la diffusion de l'antisémitisme dans votre pays. Je crois que, si je ne me trompe pas, en août 23, avant même le 7 octobre, vous aviez demandé la dissolution de la France insoumise pour ce motif.
Oui, alors à l'époque, j'avais mis un petit émoticône, vous voyez, mais alors ça avait fait un bad buzz, pas possible, parce que c'était Mélenchon, je crois, qui avait rebondi sur un tweet du ministre de l'Intérieur de l'époque qui avait dissous une association d'extrême droite, et donc lui, il s'en était réjoui, moi j'avais dit, sur un tweet qui se voulait un peu humoristique, à quand la dissolution de la France insoumise pour lutter contre l'antisémitisme.
Mais aujourd'hui, ce n'est plus une blague pour vous ?
Aujourd'hui, non seulement ce n'est plus une blague, mais aujourd'hui, même les tribunaux ont reconnu qu'on pouvait parfaitement dire que LFI, grâce à Raphaël Antoven notamment, et à son avocat Richard Malka, que l'on pouvait annoncer qu'LFI était passionnément antisémite, parce que c'est ce qu'il est, parce que c'est une stratégie électorale qu'LFI a adoptée, que ce soit dans l'hémicycle, que ce soit dans les médias, que ce soit par les liens avec l'islamisme, et donc cette idéologie évidemment antisémite profonde. Oui, LFI aujourd'hui est le parti antisémite de France.
Alors justement, sur les liens avec l'islamisme, hier a été présenté le rapport de la commission d'enquête, qui a fait beaucoup de bruit, sur, je cite, les liens entre représentants de mouvements politiques et organisations propageant l'idéologie islamiste. Et ce rapport, il est sévère, il dénonce une proximité entre des élus insoumis et des individus ou structures relevant de l'islamisme. Je cite le rapporteur Mathieu Bloch de l'UDR, le parti d'Éric Ciotti, « L'engagement de LFI dans une stratégie clientéliste auprès de l'électorat musulman a pu faire de ce mouvement une cible privilégiée ».
Oui, alors j'étais vice-présidente de cette commission, j'ai d'ailleurs assisté à quasiment toutes les auditions, j'étais à Rome lorsque Mélenchon a été auditionné malheureusement, parce que j'aurais bien voulu lui poser quelques questions. Oui, alors ce rapport, en fait, il est nécessaire, il est vraiment très utile parce qu'il démontre, après une quarantaine d'auditions des services de l'État, des journalistes, des chercheurs, des journalistes d'investigation et des témoins, que oui, il y a un soutien, oui, il y a une complaisance de LFI notamment et aussi un peu de LV à des individus proches des mouvements islamistes.
Ce rapport démontre une véritable instrumentalisation et le fait que LFI est la cible de l'entrisme et des frères musulmans. Et s'il y a une chose qui m'a marquée dans les auditions, c'est le témoignage de Cédric Brun, vous savez, ce militant CGT élu local de Denain qui est venu apporter son témoignage avec énormément de souffrance parce qu'il a été au cœur de cet entrisme-là. Et je voudrais vous lire, si vous me permettez, et je l'ai amené, ce qu'il a dit, à un moment donné, il dit « Il ne s'agit pas d'une simple tentative d'entrisme, mais d'une ouverture accordée à ses profils.
Il ne se présente pas comme salafistes ou frères musulmans, mais leur façon d'élaborer les programmes et leur fonctionnement uniformisé les identifie. » Et ensuite, il dit qu'il a alerté, parce qu'il les a vus entrer, et notamment le clan Yusseine à Denain, qu'il a alerté les cadres dirigeants de LFI et que les cadres dirigeants, non seulement, n'en ont pas tenu cas, mais ils l'ont, lui, ostracisé et ils l'ont traité d'extrême droite. Et aujourd'hui, il n'a plus son mot à dire. Donc, il y a une conscientisation de la part de LFI, de cet entrisme-là, et ils en jouent pour des raisons électoralistes. Et c'est grave ici.
Alors, petite précision, c'est vrai que LFI est ciblée au premier chef, mais il y a un passage du rapport qui estime qu'il y a beaucoup de formations politiques de toutes obédiences qui sont concernées, y compris, ça peut paraître curieux, l'extrême droite qui rejoint certaines tendances et certaines associations sur l'antisémitisme. Alors, le 19 novembre 2024, Caroline Yadant, vous aviez déposé une proposition de loi signée par 121 députés qui allaient du Parti Socialiste au Républicain, de la gauche à la droite, visant à lutter contre les formes, renouveler l'antisémitisme.
Et cette semaine, vous avez été nommée rapporteuse de cette PPL, de cette proposition de loi qui va passer en commission des lois le 12 janvier prochain. Et vous espérez que le gouvernement s'en empare pour faire un plan global de lutte contre l'antisémitisme.
Exactement. En fait, c'est une proposition de loi à laquelle je pense, depuis que j'ai été élue députée, même députée de Paris, il y a trois ans, je me dis qu'il faut prendre la définition de l'IRA qui a été adoptée notamment par l'Assemblée nationale en 2021 et par le Sénat en 2019, pour arriver à ce que cette définition de l'IRA soit intégrée dans notre droit positif. Donc, je travaille sur le sujet depuis presque deux ans et demi. Et j'ai déposé cette proposition de loi, vous l'avez dit, il y a un an. Elle a été d'ailleurs co-signée par 120 députés du PSOLR. Donc, c'est une loi transpartisane. Et elle vient acter, en fait, elle porte sur trois axes.
Le premier axe, c'est le renforcement de l'apologie du terrorisme. Le deuxième axe, c'est l'axe central, c'est l'appel, c'est la création d'un délit d'appel à la destruction d'un pays. Et le dernier axe, c'est le renforcement de la loi Guesso avec la comparaison juif et nazi. Donc, mon objectif aujourd'hui, c'est d'abord évidemment qu'elle passe en commission des lois le 12 janvier, qu'elle soit adoptée. Et ensuite, qu'elle passe en séance, mais avec le gouvernement, avec lequel j'entends travailler, pour réfléchir à un plan global, comme ça s'est passé en Autriche, à un plan global de lutte contre l'antisémitisme.
C'est-à-dire qu'on ne s'empare pas simplement de ce texte-là, qui sera évidemment nécessaire, mais pas suffisant, mais qu'on réfléchisse en termes d'éducation, qu'on réfléchisse en termes sécuritaires, qu'on réfléchisse en termes aussi de discours public. Qu'est-ce qu'il fait et comment on peut lutter contre la haine des Juifs en France, qu'on connaît aujourd'hui depuis notamment le 7 octobre ?
Alors vous, c'est sous les couleurs macronistes que vous étiez rentré en politique, mais il y a un peu plus d'un an, vous aviez exprimé votre colère, je cite, contre le président Macron, après qu'il a annoncé qu'il était en faveur d'un embargo sur les ventes d'armes à Israël. Et en août, vous avez carrément quitté le groupe Renaissance. Aujourd'hui, vous êtes toujours dans les parages, vous êtes apparenté, mais vous n'êtes plus membre du groupe techniquement, parce que vous vouliez protester contre la reconnaissance de l'État de Palestine par Emmanuel Macron. Est-ce que vous êtes toujours en colère contre le président ?
Alors moi, je suis quelqu'un d'authentique et je dis toujours ce que je pense. En fait, je n'ai jamais eu d'ambition politique au sens pur du terme. Je suis d'abord une militante et je suis d'abord quelqu'un d'extrêmement engagé et quelqu'un d'extrêmement sincère dans mes combats. Donc j'ai décidé, il ne pouvait pas en être autrement, de passer apparenté à mon groupe parce que je n'étais pas d'accord par rapport à cette reconnaissance sans condition, sans conditionnalité du président de la République à l'époque. Je m'en suis largement expliqué et j'ai communiqué dessus et je ne reviens évidemment pas sur ce qui a été.
Mais sur sans condition, ça veut dire qu'avec des conditions, avec des garanties, vous seriez disposé à envisager cette possibilité de reconnaissance dans l'État palérialiste ?
Oui, ça a été fait, si vous voulez. Donc les conditions avaient été posées. Voilà, je ne vais pas vous les répéter. Reconnaissance mutuelle, etc. Des militarisations du rama. Enfin voilà, beaucoup de choses. Ça n'a pas été... Donc les conditions étaient posées. Ces conditions, ensuite, ont été abandonnées. Et donc c'est dans ce cadre-là que j'ai dit que c'est un peu la goutte d'eau qui fait déborder le vase. Et donc c'est comme ça que j'ai décidé d'être apparentée.
Alors aujourd'hui, nous sommes à un peu moins de 18 mois, à presque 16 mois du premier tour de l'élection présidentielle. On constate dans les enquêtes d'opinion que l'extrême droite a hélas le vent en poupe. Elle est portée par une dynamique très forte. 35% pour le candidat ou la candidate du RN, Jordan Bardella ou Marine Le Pen, dans tous les sondages. Est-ce que vous êtes inquiète ?
Bien sûr, je suis inquiète. Vous savez, moi, en 2017, on s'était dit pour tout vous livrer avec mon mari quel serait notre cauchemar absolu. Et notre cauchemar absolu, ce serait Mélenchon Le Pen au deuxième tour de l'élection présidentielle. C'est en train d'arriver. Alors je ne sais pas si ce sera Marine Le Pen ou Jordan Bardella. Mais moi, franchement, je sais que dans notre communauté, il y a de plus en plus, il y en a qui sont tentés par l'extrême droite parce qu'ils ont l'impression que c'est le seul parti qui peut protéger les Juifs aujourd'hui. Je dis, pour ma part, moi, je pense que c'est un leurre. Je n'ai pas envie de payer pour voir.
Je sais que dans les coulisses, dans les coulisses du RN, il y a encore nombre de personnes non fréquentables. Et en tout état de cause, je n'ai pas envie d'un parti pro-Poutine. Je n'ai pas envie d'un parti qui va mettre notre économie à terre. et je n'ai pas envie de prendre quelques risques que ce soit avec l'URN.
Merci Caroline Yadant. À très bientôt sur Radio-G. Je voudrais en profiter pour dire un mot à notre camarade Rudy Sada. J'ai eu beaucoup de plaisir à travailler avec lui pendant ces quelques mois. Donc vraiment un grand merci, un au revoir. Mais ce n'est qu'un au revoir, cher Rudy. Oui, absolument. Et vous allez me manquer aussi, Rudy.
Merci à tous les deux. C'était la table. Merci à David. Et merci à Caroline. Effectivement, Ilana reviendra à partir de la rentrée. Je crois que vous l'avez compris ce matin. C'était l'interview politique de Radio-G.
Caroline Yadan