Manifestation de soutien aux Palestiniens, loi immigration... Le "8h30 franceinfo" de Marc Ferracci
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Bonjour Marc Ferracci, une marche en soutien du peuple palestinien est organisée à Paris, il y en a d'autres en région, mais il y a celle-ci à Paris avec ce mot d'ordre, contre la guerre et pour le peuple palestinien, elle n'est pas interdite par la préfecture, pourquoi est-ce que la majorité ne s'associe pas à cette marche et pourquoi vous n'y serez pas ?
Moi je n'y serai pas parce que je pense qu'on a besoin de laisser le droit de manifester s'exprimer, moi je suis très heureux que cette manifestation ait lieu, encore une fois, on a besoin d'exprimer une solidarité vis-à-vis du peuple palestinien, mais aussi de tracer une ligne de frontière très claire entre le peuple palestinien et le Hamas. Et lors des manifestations qui ont précédemment été interdites, il y avait cette question de savoir si certains slogans pouvaient être des slogans de soutien au Hamas.
Je pense que ce qui a gouverné les interdictions précédentes, c'est aussi la possibilité que s'expriment des messages qui sont, au fond, en soutien au Hamas, une forme d'apologie du terrorisme. Dans cette manifestation, le préfet a jugé qu'il n'y avait pas ce risque, que les slogans, que les mots d'ordre et que les associations qui invitaient à la manifestation ne présentaient pas du tout ce genre de problème. Et donc la manifestation sur un lieu, c'est très important. Je pense qu'on a besoin d'exprimer une solidarité au peuple israélien comme au peuple palestinien.
On a besoin de rappeler que le peuple palestinien, ce n'est pas le Hamas, que le Hamas est un mouvement terroriste qui opprime son peuple depuis 2007 dans la bande de Gaza. Et de ce point de vue-là, j'espère, j'ai toute raison de penser que cette manifestation se passera dans de bonnes conditions.
On n'a pas eu tort de les interdire les précédentes à Paris avant celle-ci ?
Vous savez, les interdictions, elles se font toujours sous le contrôle du juge. Et le juge a validé les précédentes interdictions parce qu'il y avait potentiellement des problèmes de trouble à l'ordre public. Et ça, c'est un élément très important, encore une fois. Dans la situation de tension que connaît notre pays, on ne peut pas passer à côté de ça. Il faut trouver un équilibre entre le droit de manifester et l'ordre public. La préfecture de Paris dit qu'elle sera très vigilante sur les éventuels débordements antisémites. Les craignez-vous ?
On ne peut que les craindre, même si là, j'espère encore une fois que les mots d'ordre, les slogans donneront lieu à une manifestation totalement pacifique en soutien au peuple palestinien. Mais on ne peut que les craindre. Quand on voit des pochoirs avec des étoiles de David qui fleurissent sur les murs de nos villes, quand on voit que 850 actes antisémites ont été commis depuis le 7 octobre, ce qui est une explosion par rapport à ce que l'on a l'habitude de constater, eh bien, on ne peut qu'être affolé par la résurgence de l'antisémitisme dans notre pays. Et de ce point de vue, évidemment, il faudra être extrêmement vigilant.
Moi, j'espère que si d'aventure des gens s'adonnent à ce genre de slogan, eh bien, il y aura des interpellations. L'extrême-gauche est complice de l'antisémitisme, a dit l'un de vos collègues députés de la majorité, Benjamin Haddad, en visant notamment la France insoumise. Est-ce que vous le rejoignez quand il dit cela ? Non. Moi, d'abord, je ne crée pas d'amalgame avec des concepts si larges comme celui d'extrême-gauche. Il y a à la gauche de notre pays des gens qui ont eu tendance à jeter de l'huile sur le feu dans les dernières semaines. Et effectivement, la France insoumise en fait partie. L'accusation d'antisémitisme, c'est une accusation très grave. Moi, je ne la porte pas à la légère.
Je constate simplement qu'il y a de la complaisance. Il y a de la complaisance vis-à-vis notamment du Hamas, qui est un mouvement terroriste, et dont certains membres de la France insoumise, Madame Obono en particulier, ont jugé sur les antennes de la radio publique que c'était un mouvement de résistance. Cette complaisance, elle est absolument insupportable, et je pense qu'elle doit être parfaitement dénoncée. Est-ce qu'en revanche, vous auriez une manifestation en soutien à Israël ? Vous dites que vous n'irez pas à cette manifestation cet après-midi. Est-ce que vous auriez une manifestation en soutien au peuple israélien ? Moi, je pense qu'on a besoin d'unité.
On a besoin d'unité et de considérer qu'une vie vaut une vie. Que la vie d'un enfant israélien vaut la vie d'un enfant palestinien. Qu'une mère israélienne pleure son enfant comme une mère palestinienne. Et donc, sans mettre à équidistance, évidemment, les protagonistes de ce conflit, parce qu'encore une fois, le Hamas, ça n'est pas l'État d'Israël, eh bien, je pense qu'on a besoin de retrouver cette unité. Pourquoi vous n'organisez pas une manifestation en soutien à toutes les victimes, mais alors, vous, à Renaissance et à la majorité, est-ce que ça, c'est envisageable ou pas ? Mais il y a eu, d'abord, beaucoup de déclarations de soutien aux victimes. Oui, on parle de manifestations.
Il y a eu des déclarations. Il y a eu des prises de position qui sont extrêmement claires et qui ont à la fois exprimé une solidarité aux victimes, une solidarité aux otages. Et je pense qu'on ne parle peut-être pas suffisamment, aujourd'hui, des otages. Les otages qui justifient qu'on aille les chercher, qu'on aille essayer de les libérer. Donc, moi, je pense qu'on a, jusqu'à présent, su tenir une ligne. Quand je dis « on », c'est la majorité, c'est le président de la République, qui est une ligne d'équilibre. Et pour répondre à votre question, je n'irai pas à la marche de cet après-midi.
Je n'ai pas l'intention de participer à une autre marche en soutien à Israël, mais ça ne signifie pas, évidemment, que je ne suis pas solidaire des victimes et des otages.
Marc Ferraci, 35 Français ont été tués dans les attaques du Hamas le 7 octobre. Neuf personnes sont portées disparues. Certaines sont, semble-t-il, des otages. Est-ce qu'il faut une cérémonie d'hommage pour ces 35 morts français en Israël ? Peut-être une cérémonie aux Invalides ? Écoutez, ça, c'est au président de la République d'en décider. Il l'envisage ?
Je ne sais pas. Je n'ai pas cette information, aujourd'hui. En tout état de cause, il ne faut pas que la mémoire de ces victimes s'efface. Et ça, c'est très important. Est-ce que ça doit passer par une cérémonie, une cérémonie aux Invalides ? Ça, encore une fois, je pense qu'il est peut-être trop tôt pour en discuter, ou en tout cas trop tôt pour en décider. Mais c'est très important que, dans ce maelstrom qui est celui de l'information en continu, on ne perde pas de vue ce qu'a été le calvaire de ces victimes, ce qui a été le calvaire des gens qui ont été torturés dans les kibbutz qui sont proches de Gaza, et que la mémoire persiste.
Et Emmanuel Macron annonce hier l'organisation, jeudi prochain, d'une conférence humanitaire internationale pour les civils de Gaza, pour apporter de l'aide humanitaire avec invités, des responsables de pays arabes, de l'Union Européenne, des ONG aussi, des bailleurs de fonds. Est-ce que vous pensez que, dans le contexte, elle a une chance d'aboutir à des solutions concrètes pour les civils de Gaza ?
C'est le but. Le but, c'est de mettre sur la table tous les bailleurs, tous les pays qui sont susceptibles de contribuer ou qui contribuent déjà. C'est de présenter les solutions qui ont déjà eu une concrétisation sur le terrain, et puis c'est d'aller plus loin. Au-delà de cette conférence...
Mais Israël ne sera pas présent. Israël a un droit de regard sur presque toute l'aide humanitaire qui arrive dans la bande de Gaza.
C'est vrai. Il a été jugé que la présence d'Israël serait peut-être un facteur de crispation des échanges dans le contexte actuel, et je pense que ça peut bien se comprendre. Mais au-delà de cette conférence qui va parler des moyens, il y a un appel très clair à la trêve humanitaire. Oui, mais ce que dit Israël, c'est que tant qu'il y a des otages, il ne peut pas y avoir de trêve. Vous entendez cet argument ? Vous-même, vous mettiez en avant la question des otages. Israël dit, pas de trêve possible tant qu'il y a des otages, et ça peut aussi donner la possibilité au Hamas de se réarmer.
Alors, je pense qu'il faut faire une distinction très claire entre la notion de trêve ponctuelle et destinée à permettre l'exfiltration des personnes les plus fragiles, destinée à permettre l'acheminement des biens et denrées essentiels à la population de Gaza dans cette situation de crise, et la notion de cesser le feu. La notion de cesser le feu, ça n'est pas la même. Ça signifie un arrêt durable des combats, et ça, je pense qu'il faut l'éviter précisément pour éviter au Hamas de consolider ses forces, et aussi pour permettre d'aller chercher les otages.
Et une dernière question sur la situation dans la bande de Gaza. L'Institut français, visé par une frappe israélienne, touché en tout cas par une bombe israélienne, la France demande des explications, fait part de son incompréhension, de son étonnement, et Catherine Colonna, plus largement, ministre des Affaires étrangères, fait part d'une condamnation à des infrastructures des Nations Unies qui peuvent être visées, des infrastructures de la presse. Quelles explications, aujourd'hui, doit apporter Israël à tout cela ?
D'abord, elle doit en apporter sur sa stratégie de ciblage des infrastructures et des bâtiments. C'est absolument inacceptable de voir cibler des bâtiments qui sont des bâtiments d'organisation humanitaire. Israël doit détruire le Hamas, j'en suis convaincu, doit faire preuve de force pour cela, mais doit également faire preuve de force morale. Faire preuve de force morale, c'est résister à la tentation de cibler de manière, justement, de ne pas cibler, c'est-à-dire de frapper de manière indistincte au prix de dommages collatéraux, au prix de victimes civiles et en particulier d'enfants.
Je pense que cette ligne de frontière, c'est aussi ce qui distingue une démocratie d'un mouvement terroriste comme le Hamas.
Mais elle n'est pas respectée aujourd'hui ?
Écoutez, je pense qu'il y a des dommages collatéraux qui sont nombreux. On voit des victimes civiles. On ne va pas, évidemment, balayer sous le tapis ces milliers de morts à Gaza. Et donc, je pense qu'Israël doit tout faire, tout faire pour protéger les civils dans sa stratégie visant à éradiquer le Hamas.
Marc Ferracci, député Renaissance, numéro 2 du groupe Renaissance à l'Assemblée. On poursuit cet échange juste après le fil info à 8h41.
11 départements en vigilance orange sur la côte atlantique et en Méditerranée face à l'arrivée de la tempête Domingos, alors que les dégâts causés par la tempête Kiran sont encore en cours d'évaluation. Le Bas-de-Calais est, lui, toujours en vigilance orange. Au risque de cru 260 000 foyers, restent ce matin privés d'électricité. Une frappe de l'armée israélienne touche une ambulance à Gaza, bilan 15 morts selon le Hamas. L'État hébreu déclare avoir visé des membres du Hamas qui utilisaient le véhicule. Une affirmation démentie par l'organisation islamiste palestinienne.
La France, elle demande des explications après un tir israélien sur l'Institut français de Gaza, Paris, qui exprime étonnement et incompréhension. Près d'une tonne de résine de cannabis saisie à la frontière avec l'Espagne. Selon les douanes, la drogue a été dissimulée dans un camion qui transportait des bateaux, valeur estimée de la marchandise, près de 2 millions d'euros. La 11e journée de Ligue 1 de football et Paris, leader provisoire de la Ligue 1 ce matin après avoir écrasé Montpellier au Parc des Princes. Victoire 3 à 0 hier soir. Deux rencontres à suivre aujourd'hui. A 17h, Lorient reçoit Lens. Et puis à 21h, Marseille accueille Lille. Ce sera finalement 100 supporters lillois.
Décision du ministère de l'Intérieur après les graves incidents autour de la rencontre OM Lyon la semaine dernière. France Info
Le 8.30 France Info Benjamin Sportouche Jules Dequisse Avec Marc Ferracci, député des Français de l'étranger, vice-président du groupe Renaissance à l'Assemblée nationale et proche du président de la République Emmanuel Macron. Marc Ferracci, la loi immigration arrive au Sénat ce lundi avant l'Assemblée, a priori mi-décembre. Et parmi les sujets qui font débat au sein même de la majorité, au sein même de votre groupe, c'est l'aide médicale d'État. Gérald Darmanin se dit prêt à la réformer pour en faire une aide médicale d'urgence, réservée donc au cas d'urgence. Est-ce que vous êtes prêt à voter une telle réforme, vous, très concrètement, très clairement ?
Alors, quelle est la problématique autour de cette aide médicale d'État ? C'est une aide qui permet d'accéder au panier de soins de la Sécurité sociale lorsque vous avez trois ans de présence sur le territoire sans titre de séjour. Voilà qui ça concerne. Aujourd'hui, ça concerne, suivant un récent rapport, environ 400 000 personnes. Ça coûte un peu plus d'un milliard d'euros. Quelle est la justification de cette aide ? C'est évidemment un principe de santé publique parce qu'il faut soigner des personnes qui peuvent, sinon, générer de l'épidémiologie, ce genre de choses. Et de ce point de vue, je pense qu'il faut être très prudent au moment de se poser la question de la suppression de l'AME.
Il y a un rapport qui est en train d'être élaboré. Donc, une version provisoire a été proposée au gouvernement hier, réalisée par Claude Évin, ancien ministre de la Santé, et Patrick Stefanini. Ce rapport dit plusieurs choses. Il dit qu'apparemment, l'AME n'est pas un facteur d'attractivité. Ça n'est pas quelque chose qui est susceptible de générer ce que l'on pourrait appeler un appel d'air. Ça, c'est le premier élément. Ça fait l'objet d'un taux de non-recours assez important, de l'ordre de 50%. Et donc, c'est un dispositif qui est extrêmement contrôlé aujourd'hui et dont je pense que ça n'est pas le facteur principal. Donc, on n'y touche pas. Vous dites que ce n'est pas nécessaire.
Ça serait une concession faite à la droite inutile. Je ne suis pas hostile à ce qu'on ait un débat sur le périmètre du panier de soins accessible dans le cadre de l'AME. Pas sur l'aide médicale d'État en tant que telle. Olivier Véran, par exemple, ne veut pas y toucher, l'aide médecin et ancien ministre de la Santé. Je pense que le débat qui va avoir lieu au Sénat, il aura lieu à l'Assemblée nationale au mois de décembre, sur quels sont les soins qui sont accessibles dans le cadre de l'AME.
Peut-être que le panier de soins aujourd'hui est trop large, mais je pense qu'il ne faut pas remettre en question ce principe pour des raisons de santé publique, comme on l'a indiqué, et encore une fois parce que ça ne semble pas, au regard de ce qu'on sait, être un facteur d'attractivité de notre pays, de notre système. Est-ce que Gérald Darmanin est en train de faire trop de concessions à la droite, voire certains disent au Rassemblement national, pour obtenir leur vote sur cette loi, Marc Ferracci, notamment sur l'article 3 aussi, qui est au cœur des débats, pour permettre les régulisations sur les médecins en tension ? Gérald Darmanin semble prêt à le retirer. Non, je ne pense pas.
Il s'est exprimé devant les députés Renaissance il y a déjà quelques jours et il a dit qu'il tenait à cet article 3. Moi j'y tiens à cet article 3, je vais vous dire pourquoi. Parce que c'est un article qui permettra, s'il est adopté, aux travailleurs en situation irrégulière, mais qui travaillent depuis un certain temps sur notre territoire, qui paient leurs impôts, leurs cotisations, d'initier eux-mêmes leur demande de régularisation, alors qu'aujourd'hui ils ont besoin de l'accord de l'employeur.
Et on sait qu'il y a beaucoup d'employeurs qui s'accommodent très bien d'avoir des travailleurs en situation irrégulière pour leur imposer des conditions de travail, des conditions de salaire extrêmement dégradées. Ça je pense que nous sommes tous d'accord, y compris Gérard Armanant. Les députés proches d'Edouard Philippe, vous le savez, l'ancien premier, sont contre cette disposition, contre l'article 3, parce qu'ils disent que c'est la limite du en même temps. Je ne suis pas certain que ce soit représentatif de la totalité du groupe Horizon.
J'ai entendu le président du groupe s'exprimer sur le sujet, et dire qu'il était toujours favorable à l'équilibre global du texte, et l'équilibre suppose l'adoption de l'article 3. Mais pour aller quand même au bout des choses, sur cet article 3, l'argument que j'entends, pour le contester, c'est l'idée que ça générerait un appel d'air. Un appel d'air, ça veut dire que ça ferait venir des gens de manière irrégulière qui sont attirés. Moi, je suis universitaire de profession, j'aime bien qu'on documente les choses, qu'on documente ces arguments. Des mesures de régularisation, depuis Jean-Pierre Chevènement, il y en a eu sous tous les gouvernements.
Tous les gouvernements, il n'y a aucune preuve historique, statistique, d'un surcroît d'immigration légale ou illégale, consécutif à une mesure de régularisation. Donc à un moment, il faut sortir des arguments fantasmés, des arguments de comptoir, je vais utiliser le terme, même s'il est un peu brutal, et il faut documenter les choses. L'appel d'air, désolé de ce mauvais jeu de mots, c'est un argument qui est du vent.
Et au-delà de la pertinence ou pas, le fond de la mesure, il y a l'arithmétique politique. Vous dites être soucieux de cet équilibre du texte, que l'article 3, a priori, va rester. Si c'est le cas, la droite risque de ne pas voter. Donc qu'est-ce que ça veut dire un nouveau 49.3 sur ce texte-là ?
Ça nous verrons. Dans ce texte, il y a des mesures sur ce qu'on peut appeler le volet régalien, c'est-à-dire tout ce qui permet de faire sortir du territoire français les gens qui n'ont rien à y faire. Il y a des mesures extrêmement fortes et attendues par les Français. La double peine, l'amélioration de l'exécution des OQTF, les restrictions au regroupement familial. Tout ça, ce sont des mesures que, en responsabilité, les députés de droite devraient voter.
Je vous repose la question.
Je suis favorable à ce qu'on aille au vote pour mettre chacun devant ses responsabilités. Et donc, je ne souhaite pas un 49.3 sur ce texte.
Quitte à risquer un vote contre le texte.
Vous savez, si des gens de droite votent contre ces mesures du volet régalien, si des gens de gauche votent contre l'article 3, dont j'espère qu'on aura préservé son intégrité dans le texte, eh bien, chacun aura exprimé ses responsabilités. Moi, je pense qu'il y a une voie de passage par le vote.
Très intéressant ce que vous dites, parce que vous êtes député de la majorité. Vous demandez d'aller jusqu'au vote. Cette demande, vous la faites à l'exécutif, qui peut ou pas déclencher le 49.3. Il y en a un qui a été déclenché une nouvelle fois sur le budget. Motion de censure examinée aujourd'hui. Est-ce que ça veut dire que vous voulez en faire une règle ? À chaque fois, il faut aller au vote, quitte à avoir des revers.
Et je pense qu'il y a une distinction à faire entre les textes budgétaires. Les textes budgétaires, les oppositions le disent dès le départ, elles ne les voteront pas. Donc, on sait ce qui va se passer à l'instant. Mais là, sur l'immigration, autant risquer un non plus un 49.3. Sur l'immigration, je pense qu'il y a une voie de passage. Et c'est la raison pour laquelle je ne veux pas qu'on annonce, avant toute chose, avant le débat, avant qu'on ait peut-être trouvé des compromis avec les oppositions, qu'on va aller vers le 49.3. Quand on est parlementaire, vous savez, on aime bien voter. Justement, vous n'êtes pas lassé de ce recours au 49.3 systématique, le 15e aujourd'hui ?
Est-ce que ça ne vous donne pas l'impression de ne pas servir à grand-chose en tant que député ? D'abord, 15.49.3, c'est un chiffre qui est un peu un écran de fumée. Les 49.3, ils ont eu lieu jusqu'à présent sur trois textes. Le budget, le budget de la Sécurité sociale et la réforme des retraites, qui est formellement un texte budgétaire. Sur tous les textes non budgétaires, on les a adoptés 149.3. Il y en a eu une cinquantaine durant la première année du mandat. Donc, je pense qu'on sait, quand on est solide au niveau de la majorité, trouver des compromis pour adopter les textes. Sur les textes budgétaires, on sait ce qui se passe.
Ça ne signifie pas qu'il n'y a pas de dialogue avec le gouvernement pour faire adopter des amendements. J'ai moi-même déposé un amendement qui a été retenu dans le 49.3 sur le projet de la Sécurité sociale pour limiter les exonérations de charges sur les hauts salaires, qui ne créent pas d'emploi. Donc, c'est la preuve qu'on peut quand même avoir un dialogue avec le gouvernement et jouer notre rôle de parlementaire en dépit du 49.3.
Merci à vous, Marc Ferracci, député des Français de l'étranger, vice-président du groupe Renaissance à l'Assemblée nationale, invité du 8.30 France Info ce matin.
Marc Ferracci