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Discours / meetingUnion Populaire Républicaine· 15 février 2015 221 minAutoproduitFond programmatiqueEurope & internationalÉconomie & entreprisesInstitutions & électionsSolidarités & famille

Le jour d'après

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 79 %Attaque 16 %Défensif 5 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 30:00Locuteur 2Chiffre
    « L'indice d'activité dans l'industrie manufacturière en octobre 2014 s'est replié à 48,5 points, contre 48,8 en septembre. »
  • 50:00Locuteur 2Chiffre
    « Le nombre de chômeurs est passé de 11 900 000 dans les 17 États de la zone euro à 18 700 000 selon les statistiques officielles. »
  • 1:00:00Locuteur 2Fait
    « L'adoption de l'euro marque un changement d'orientation séculaire : le retour de la grande pauvreté. »
  • 1:30:00Locuteur 2Fait
    « La seule possibilité de sortir de l'euro, c'est de sortir de l'UE. »
  • 1:40:00Locuteur 2Fait
    « Les traités cessent d’être applicables à l’État concerné à partir de la date d’entrée en vigueur de l’accord de retrait ou, à défaut, deux ans après la notification. »
  • 0:30Locuteur 1Promesse
    « Nous, on va réintroduire la notion de haute trahison, que d'ailleurs on n'étendra pas seulement au président de la République, mais également au Premier ministre, aux ministres, aux membres du gouvernement, et puis également aux députés et sénateurs. »
  • 1:00Locuteur 1Fait
    « Il faudra notamment définir le nombre de pétitionnaires, la validation par Conseil constitutionnel, notamment conforme ou non à la Constitution française. »
  • 2:00Locuteur 1Fait
    « La France a décidé de sortir de l'UE. Donc de ce jour date la notification officielle, en vertu de l'alinéa 2 de l'article 50. »
  • 4:00Locuteur 1Chiffre
    « La France donne en gros bon an, mal an 21 milliards d'euros à l'UE. »
  • 10:00Locuteur 1Fait
    « La notification officielle entraîne l'ouverture d'un accord de retrait. »
  • 12:00Locuteur 1Fait
    « La France adoptera le franc, « le franc », c'est-à-dire « le libre », parce que « franc », ça veut dire « libre », et ça veut dire aussi « honnête ». »
  • 16:00Locuteur 1Chiffre
    « La France imprime la monnaie papier ou les documents d'identification de plus de 70 pays. »
  • 3:00Promesse
    « recréer le franc, seule l'UPR est prête. Je ne dis pas que ces billets ne changeront pas tout à fait définitivement de forme. Il faudra qu'ils soient revus par certains de nos nouveaux graphistes. »
  • 4:00Promesse
    « On fera un taux de conversion de 1 pour 1. Je l'ai annoncé. Ça fait déjà 4 ou 5 ans que je l'ai dit, et je persiste et signe. »
  • 6:00Fait
    « Tous les jours ou toutes les semaines, on apprend ici : « Le fabricant de lingerie Lejaby délocalise et supprime 197 postes » : eh bien nous interdirons ceci. »
  • 12:00Fait
    « On vous dit : « Mais vous vous rendez compte ? Si on sort de l'euro, le franc va perdre 50% de sa valeur ». Ce qui ne sera pas le cas. »
  • 14:00Fait
    « La dette publique française va augmenter de 30%. C'est faux. C'est faux, parce que le taux de change des dettes sera de 1 pour 1. »
  • 17:00Promesse
    « Nous inscrirons dans la Constitution que les entreprises suivantes sont nécessairement des entreprises publiques, dont la privatisation est interdite : EDF, GDF, France Télécom, la SNCF, les sociétés d'autoroutes, les sociétés de réseaux d'adduction d'eau, TF1, TDF. »
  • 19:00Promesse
    « Nous mettrons dans le même sac également La Poste, la Sécurité sociale, et nous constitutionnaliserons le principe des retraites par répartition. »
  • 0:15Locuteur 1Chiffre
    « Le montant minimum des sommes gaspillées ou détournées s'élève ainsi, rien que pour 2013, à peu près à la totalité de ce que les Français ont versé en contribution nette à l'UE. »
  • 0:30Locuteur 1Chiffre
    « Le coût total annuel de la construction européenne pour la France, en contribution nette, c'est 7 milliards d'euros. »
  • 0:45Locuteur 1Chiffre
    « Les sanctions, c'est lorsqu'on tarde à introduire la réglementation européenne. 4 milliards d'euros. »
  • 4:00Locuteur 1Chiffre
    « La part américaine d'un Airbus A380 [...] atteint 38% lorsque l'appareil est motorisé Pratt & Whitney. »
  • 6:00Locuteur 1Fait
    « Dans la coopération internationale, tous les gens se regroupent pour former un même projet. Ils ont donc tous intérêt à ce que ça marche. »
  • 9:00Locuteur 1Fait
    « Le taux de change de l'euro [...] est en train de tuer l'industrie des pays du Sud au profit de l'industrie allemande. »
  • 11:00Locuteur 1Chiffre
    « Doubler le budget européen [...] ça voudrait dire qu'on nous pique deux fois plus d'argent. »
  • 12:00Locuteur 1Chiffre
    « La France possède le deuxième réseau diplomatique du monde. Nous avons des relations diplomatiques avec 190 États dans le monde. »
  • 17:00Locuteur 1Chiffre
    « L'inflation ne dépasserait pas 5% la 1re année, 4% la 2e année. »

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0:11
François Asselineau

Bien, merci. On va reprendre, on va poursuivre cette journée. C'est la première fois que je fais deux conférences de suite. Donc on verra ce que ça va donner.

Je voudrais en profiter d'ores et déjà pour faire ce que j'aurais dû faire déjà en préambule, que je n'ai pas fait, c'est-à-dire remercier les organisateurs de cette journée, c'est-à-dire notre équipe de la Haute-Loire, qui est en train de se structurer, en particulier remercier Michaël Masclet, Thibaud Chanal : Thibaud Chanal qui a trouvé cette magnifique salle, qui habite au Puy-en-Velay, Michaël qui habite à une quarantaine de kilomètres d'ici et qui a largement contribué à faire connaître, à battre le ban et l'arrière-ban des gens qu'il connaissait pour que les gens soient avertis de cette conférence, Thibaud Lonjon, qui a donné un coup de main également à cette équipe, l'ensemble des personnes qui s'occupent du son et de la vidéo, qui était déjà présent hier à Clermont-Ferrand et qui – je les plains – vont être obligés d'écouter une deuxième fois cette conférence que j'ai essayé de raccourcir en avalant quelques morceaux de cet excellent dîner qui a été préparé gentiment encore une fois par nos organisateurs.

Merci à Thibaud Chanal, merci à Michaël Masclet, merci à Thibaud Lonjon, merci au responsable de l'audio et de la vidéo, merci à tous ceux qui ont bien voulu participer à ce buffet, avec – je l'avoue – une petite mention spéciale pour celui qui a fait le gâteau au chocolat. Je sais pas qui c'est. C'est qui qui a fait le gâteau au chocolat ? Hein ? Ah là, – je sais pas – c'est très très bon, ça. (Rires). Bon, j'en profite pour dire que – Thibaud Chanal me l'expliquait tout à l'heure – c'est quand même quelque chose qui est bien : nous avons fait 11 adhésions depuis tout à l'heure, ce qui est – je crois – pas loin du record. Le record qu'on a fait, c'était au moment des européennes.

Je crois qu'une journée, on a fait... Il me semble qu'on a fait plus de 25 ou 30 adhésions – je crois –. Mais là, on n'est pas dans une période de campagne. Et puis là, c'est suite à des conférences. C'est beaucoup, 11 adhésions, d'autant plus que pendant que nous parlions, nous avons 2 adhésions qui sont arrivées par téléchargement. Alors les 11 adhésions ne sont pas encore incrémentées dans le compte, parce qu'il faut ensuite les passer à notre service comptabilité. En revanche, les gens qui adhèrent par télépaiement, par PayBox, c'est immédiatement comptabilisé.

Et donc je disais tout à l'heure qu'on a eu une adhésion qui est arrivée là, pendant que je parlais tout à l'heure, qui est arrivée de l'autre bout du monde... Enfin pas tout à fait, mais qui est arrivée de Mayotte. Nous avons maintenant 5 ou 6 adhérents à Mayotte. Donc tout à l'heure, si vous vous rappelez, je disais qu'il y avait 119 adhérents dans l'Outre-mer. On est passés à 120. Voilà. Comment ? Alors ça fait 115, alors. Bravo Thibaud. Je dis ça parce que j'ai pensé pour Michaël et pour Thibaud, qui sont les deux chevilles ouvrières de cette soirée... Et plus peut-être particulièrement pour Thibaud Chanal, dont j'ai pu mesurer qu'il était assez anxieux. Je lui ai dit...

Mais il devait avoir un doute. Je lui ai dit que même si... Vous savez, il y a une parole que j'aime bien. C'était Peyrefitte qui dit à De Gaulle à un moment : « Mais est-ce que vous croyez vraiment qu'on va pouvoir sortir du marché commun si nécessaire ? » et « C'est pas possible », etc. Et De Gaulle dit : « Non. En 2 000 ans, on en a vu d'autres », hein. Alors j'ai un peu envie de dire ça. C'est que depuis 7 ans que je fais des conférences, vous savez, j'en ai vu d'autres. Et je me rappellerai toujours la conférence que j'ai faite à Menton. C'était « Qui gouverne la France ? ». Elle dure 4 heures. Et je commence à parler.

Donc il y avait l'organisateur qui était là : Éric, qui était venu avec ses deux fils. Et dans la salle, il y avait deux personnes. Et je me suis dit : « Est-ce que je prends la parole pendant 4 heures pour 2 personnes ? ». Et comme j'ai un fort surmoi – comme dirait Freud –, je me suis dit... Et comme disent les anciens Romains : « Pactu sunt servanda », c'est-à-dire : il faut honorer ce qu'on a promis. Et donc j'ai fait cette conférence pour 2 personnes. C'était du cousu-main. C'était de la dentelle au Point d'Alençon. Enfin bon, voilà, ça fait partie de notre éthique. Voilà. Donc merci beaucoup à tout le monde.

Et petite mention spéciale à Thibaud Chanal pour lui dire qu'il soit rassuré, que c'est un grand succès, surtout parce que maintenant, on en est à 15 adhésions. C'est presque sans précédent. Allez, donc on avance sur cette conférence. Je vais pas vous représenter ça, parce que vous l'avez vu tout à l'heure. Puis ceux qui n'étaient pas là, tant pis pour eux. Et donc on commence par cette conférence, donc Le Puy-en-Velay : « Le jour d'après ». Le jour d'après, c'est évidemment... Vous avez vu qu'on a des graphistes talentueux aussi.

J'en profite pour rendre hommage à deux graphistes que nous avons : Antoine, Antoine Ménard, qui est à Paris, et Thomas, Thomas Miguel, qui est à Montréal, qui est un Français expatrié qui est... Enfin l'un et l'autre, ils sont vraiment très très géniaux. Et c'est Thomas qui nous avait fait – je crois – ce détournement, ce pastiche du film « Le jour d'après » pour savoir qu'est-ce qui va se passer le jour après la prise de pouvoir par l'UPR. Est-ce que ça va être la fin du monde ou est-ce que ça va être la libération ? Donc vous voyez que c'est José Barroso et Van Rompuy.

Il faudra changer d'ailleurs les portraits, parce qu'ils ont changé l'un et l'autre, qui sont frappés d'effroi par le jour d'après. Alors ce que va aborder cette conférence... Je vous préviens, il y a certains moments parfois qui sont peut-être un tout petit peu arides, un petit peu ennuyeux, peut-être, techniques, mais parce que j'ai à cœur de faire des choses qui soient précises, qui soient techniques. Et surtout, le produit que vous allez voir – si je peux parler d'un produit –, vous ne le trouverez nulle part ailleurs. C'est-à-dire que pour la première fois, j'ai réfléchi personnellement à qu'est-ce qui va vraiment se passer, comment faire pour sortir de ce binz.

Et si vous y réfléchissez bien, l'ensemble des partis politiques n'a jamais vraiment réfléchi. Ils vous lancent comme ça à la cantonade des promesses qui sont inapplicables. Et personne ne sait comment en sortir. Donc cette conférence... C'est la deuxième fois ou la troisième fois que je la produis. Progressivement, je vais la perfectionner. Mais l'idée, c'est de vous apporter des éléments de réflexion. Alors avant de vous parler des jours d'après la prise de pouvoir, il va y avoir les jours d'avant, et puis il va y avoir les jours pendant. Donc cette conférence, elle est bâtie en trois grands chapitres. Le premier grand chapitre, c'est les jours avant.

Le deuxième chapitre, c'est les jours pendant, qu'est-ce qui va se passer à l'arrivée au pouvoir, qu'est-ce qu'on va décider dans les jours, les semaines et les mois qui viendront, au cours de la première année ? Et puis il y a les jours après, c'est-à-dire qu'est-ce qui va se passer, et est-ce que toutes les prophéties apocalyptiques vont se réaliser ? Alors les jours d'avant. Les jours d'avant, c'est plus l'UPR va monter en puissance – et si on fait des journées comme aujourd'hui avec une vingtaine d'adhésions dans la journée, on va aller quand même très très vite –, et plus évidemment on va commencer à inquiéter l'oligarchie.

Les jours d'avant seront marqués comme c'est actuellement le cas par l'aggravation persistante de la situation en France. Et cette aggravation risque de créer des troubles de plus en plus sérieux à l'ordre public. On a vu d'ailleurs... Vous avez vu cette affaire par exemple de barrage de Sivens avec ce pauvre jeune homme qui est mort. C'est sans doute un accident malheureux. Mais on voit bien qu'il s'en faudrait de pas grand-chose pour que la société française s'enflamme tellement les esprits, maintenant, sont exacerbés dans la colère. Alors je voulais signaler que le 3 novembre 2014, donc il y a quelques jours, on a appris par une énième dépêche AFP que la situation ne fait que s'aggraver.

L'industrie est contrainte de baisser ses prix. C'est une dépêche de l'AFP. « L'indice d'activité dans l'industrie manufacturière en octobre 2014 s'est replié à 48,5 points, contre 48,8 en septembre ». C'est une société qui est spécialisée dans ce genre de calculs : une société qui s'appelle Markit, qui a souligné que les entreprises en France baissaient toujours plus leurs prix pour pouvoir écouler leurs produits. « Les prix de vente reculent de nouveau en octobre » et « Le taux de déflation... » – c'est-à-dire le rythme de baisse des prix – « ...est à son plus haut niveau depuis 5 ans ». Ce qui menace la France, c'est la déflation.

Alors il faut savoir ce que c'est que la déflation, parce que nous ne sommes pas habitués. C'est quelque chose qui n'est pas arrivé en France depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. On est habitués à l'inflation. Les gens sont habitués à se plaindre de l'inflation, de l'augmentation des prix. Et c'est vrai que c'est pénible, l'augmentation des prix. Sauf que l'augmentation des prix, elle est générale, et elle touche également les biens que vous possédez, les actifs que vous possédez. Donc si vous payez plus cher votre baguette de pain, si vous avez la chance de posséder votre appartement ou votre maison, vous savez aussi qu'en général...

C'est pas toujours vrai, ça dépend des prix de l'immobilier, qui sont différenciés selon les régions. Mais ils vont augmenter aussi. Ou si vous avez de l'or, ça peut augmenter. Ou si vous avez des actions, des obligations, ça peut augmenter. La déflation, c'est l'inverse. C'est-à-dire qu'effectivement, la baguette va coûter moins cher. Mais votre maison va valoir de moins en moins cher, votre appartement va valoir de moins en moins cher. Tout ce que vous avez acquis au cours de votre vie va valoir de moins en moins cher. C'est pire, la déflation, que l'inflation. C'est d'ailleurs la déflation, souvent, qui a mené à des chaos politiques de grande magnitude. Le taux de déflation...

Les entreprises baissent leurs tarifs pour répondre à de fortes pressions concurrentielles. On va voir tout à l'heure pourquoi. Parce que les entreprises françaises sont mises dans une situation... Globalement. Il y en a quelques-unes qui tirent leur épingle du jeu. Mais globalement, les entreprises françaises sont mises dans une situation de plus en plus insupportable, du fait de deux phénomènes concomitants : d'une part la totale liberté de circulation des mouvements de capitaux, qui fait qu'elles peuvent tout à fait se délocaliser dans des pays où la main-d'œuvre est extrêmement basse... Donc pourquoi ne le ferait-elle pas, puisque les autres le font ?

Et la deuxième chose qui renforce cette affaire, c'est le taux de change externe de l'euro. On en parlera tout à l'heure. Le communiqué a souligné que « la baisse de la charge de travail incite également les entreprises interrogées à réduire leurs effectifs, tendance entraînant ainsi un septième recul mensuel consécutif de l'emploi ». Bah oui, parce que si les prix baissent, si vos actifs baissent, les chiffres d'affaires des entreprises baissent. Or, elles ont des coûts fixes. Elles n'arrivent plus à couvrir leurs coûts fixes. Donc elles vont licencier du personnel. Et si elles licencient du personnel, les gens vont se retrouver au chômage.

Le chiffre d'affaires au niveau macroéconomique, le PIB va diminuer également. Donc la déflation provoque également la dégradation de l'emploi, l'augmentation du chômage. C'est un cercle vicieux. C'est terrible. La déflation est pire encore que... Bien pire que l'inflation. Ça me permet de vous présenter ce diagramme, ce graphique. Bon alors je le dis une fois pour toutes : on m'a dit que les Français étaient des veaux, qu'il fallait pas parler comme ça et que les gens n'y comprenaient rien. Moi, j'ai pris depuis 7 ans le parti inverse de m'adresser à mes compatriotes comme à des gens intelligents. Vous savez que le peuple français est le peuple le plus politique du monde.

Nous sommes un peuple éminemment politique. On est les héritiers de grandes révolutions françaises. On est un peuple très politique. Et en fait, c'est pas que les Français sont bêtes. C'est qu'on leur parle comme à des imbéciles. Et systématiquement, on veut les rendre bêtes. Mais lorsqu'on parle aux Français comme à des gens doués de raison, comme à des adultes, et qu'on leur montre des graphiques et qu'on leur commente, les Français comprennent très très très très bien. C'est d'ailleurs ce qui fait le succès de l'UPR. Pour la première fois, on a un parti qui s'adresse à ses compatriotes comme à des adultes. Pas pour la première fois.

Je voudrais pas passer mon temps à le citer, mais allez voir les conférences de presse de Charles de Gaulle, celle du 15 mai 1962 où il parle du fédérateur extérieur de l'Europe, celle de février 1965 où il parle de l'étalon-or. Les conférences de presse de De Gaulle, il faisait de la pédagogie. Et il expliquait les choses d'une façon assez lumineuse et géniale sur les événements de son époque. Comparez ça aux conférences de presse de Sarkozy ou de Hollande. Vous aurez tout compris sur la dégradation du débat public.

Alors moi, je vous présente celui-ci : une évolution qui est intéressante à deux égards, parce qu'elle va vous montrer l'évolution du chômage dans les 27 États de l'UE d'abord sur 12 ans, de 2001 à 2013. C'est toujours intéressant d'avoir des longues séries statistiques, parce que vous gommez les effets conjoncturels sur un an ou deux. Là, vous avez 12 ans. Et deuxièmement, elle procède par gros agrégats de pays. Le premier agrégat, ce sont des statistiques officielles d'Eurostat, qui est l'office statistique européen qui agrège les données officielles du chômage transmises par les États. Vous savez qu'il y a beaucoup à dire sur les données officielles du chômage.

Par exemple, en France, les chômeurs de catégorie A sont ceux qui sont au chômage. Mais vous savez qu'il y a plein de chômage camouflé. Un petit emploi, un petit boulot où les gens travaillent 10 heures par semaine ne vont pas être comptabilisés dans les chômeurs de catégorie A. Pourtant, c'est quasiment du chômage déguisé. Les gens qui sont radiés d'office des statistiques de l'ANPE, ça peut être aussi du chômage déguisé. Donc certains disent par exemple : « En France, on a 3,3 millions de chômeurs actuellement de catégorie A ».

Mais si on y ajoute toutes les autres catégories, certains disent qu'il y aurait en France peut-être 7, 8 millions de chômeurs, dont 3 ou 4 millions qui seraient plus ou moins déguisés. Alors que nous donne ce graphique ? C'est le nombre de chômeurs de 2001 à 2013 dans ce qu'Eurostat appelle ZE 17, c'est-à-dire les 17 États appartenant à la zone euro. Comme vous le savez sans doute, il n'y a pas 27 États dans l'Union, il y en a 28, avec l'entrée de la Croatie l'été dernier. Mais la Croatie venant d'entrer, elle n'est pas intégrée dans ces statistiques. Donc de 2001 à 2013, le nombre de chômeurs est passé de 11 900 000 dans les 17 États de la zone euro à 18 700 000.

Selon les statistiques officielles. Il faudrait d'ailleurs ajouter aux 18 700 000 peut-être 400 000 à 500 000 Portugais, puisque actuellement, le Portugal perd 150 000 citoyens portugais qui quittent le Portugal pour aller chercher fortune ailleurs, d'ailleurs sur la suggestion même du gouvernement de Lisbonne. Et où d'ailleurs ces Portugais vont-ils ? Ils vont pas dans le reste de l'Europe où il n'y a pas d'emploi. Il y en a un petit peu qui va en Suisse. Mais la grande majorité des Portugais se rendent dans les pays de la lusophonie, comme on dit, les pays qui parlent le portugais, c'est-à-dire le Brésil et l'Angola en premier lieu.

Un petit peu le Mozambique, mais surtout le Brésil et l'Angola. L'Angola est un pays d'Afrique australe, au nord de l'Afrique du Sud, où on a découvert des quantités de réserves en hydrocarbures, plus des métaux précieux, des diamants, etc. Et il faut savoir que désormais, il y a plus d'immigrés portugais en Angola – ancienne colonie portugaise – que d'immigrés angolais au Portugal : un fascinant renversement de la situation. Le Portugal compte 10 500 000 personnes, habitants. Il y a 150 000 personnes qui quittent le pays chaque année, désormais. La France métropolitaine compte à peu près 63 000 000 habitants, c'est-à-dire à peu près exactement 6 fois plus d'habitants que le Portugal.

Si nous perdions autant d'habitants que le Portugal en perd, il faudrait donc multiplier par 6, puisqu'on a une population 6 fois plus nombreuse. Ça voudrait dire que 900 000 Français quitteraient la France tous les ans. En 2 ans, on vide la région Haute-Normandie de tous ses habitants. C'est dramatique, ce qui se passe au Portugal. Ils s'en vont... Donc on peut estimer qu'il y a 400 000, 500 000. Et puis c'est pas des paysans pauvres. Vous connaissez Linda de Suza, « la Valise en carton », 1960. C'était tous les Portugais qui étaient venus en France dans les années 60, au début des années 60. C'étaient souvent des paysans pauvres du Portugal qui venaient chercher fortune en France.

Et puis leurs enfants, leurs petits-enfants sont devenus maintenant des Français, se sont fondus dans la collectivité nationale. Mais c'était des paysans pauvres. Maintenant, l'exil, au Portugal, (ce ne sont) plus des paysans pauvres. Ce sont toutes les catégories sociales. C'est notamment des gens diplômés qui s'en vont. Alors il y a la même chose qui se produit en Grèce. Donc si on ajoutait les 400 000, 500 000 Portugais qui sont partis depuis l'éclatement de la crise de l'euro plus peut-être 300 000 Grecs, c'est plus 18 700 000. C'est peut-être 19 300 000, 19 500 000 chômeurs, dont 300 000, 400 000 ont quitté la zone de l'UE.

Alors ça, cette statistique, vous la trouverez pas sous ce graphique. C'est moi qui l'ai faite à partir des statistiques disponibles d'Eurostat. Mais vous pouvez le trouver. En revanche, ce que vous ne trouverez pas par Eurostat, c'est les statistiques de ce que j'appelle ZHE 10, c'est-à-dire les 10 États qui sont restés en dehors de la zone euro. C'est assez curieux qu'Eurostat ne présente pas cette statistique. Elle est pourtant tout à fait intéressante, puisque les 10 États qui sont restés en dehors de la zone euro tout en étant membres de l'UE, le nombre de chômeurs est passé de 7 300 000 à 7 200 000 sur la même période. Ces 27 États sont donc tous dans l'UE.

Et l'intérêt de ce graphique, c'est que comme je vous l'ai dit, il est sur 12 ans d'un côté, et d'autre part, c'est un agrégat de 17 États et de 10 États. Ça permet de gommer les situations conjoncturelles ou les situations spécifiques à tel ou tel État. Par exemple, dans ZE 17, vous avez à la fois la France, la Grèce, l'Allemagne, l'Italie, l'Espagne. En revanche, dans ZHE 10, vous avez la Pologne, le Danemark, le Royaume-Uni, la Suède, voilà, – la Hongrie – tous les pays de l'UE qui ne sont pas entrés dans la zone euro.

Donc vous voyez qu'en 2001, il y avait 4 600 000 chômeurs de plus dans les 17 pays qui ont adopté l'euro, ce qui est d'ailleurs normal, puisqu'ils sont plus nombreux, ils sont plus peuplés. En revanche, les 4 600 000 étaient devenus 7 100 000 en 2008. Et ils sont devenus 11 500 000 en 2013. Alors qu'ils sont tous dans l'UE par ailleurs. Cet agrégat nous permet de conclure que la preuve statistique est faite, sur 12 ans, que l'euro est la cause n°1 de la montée du chômage. La pauvreté, du coup, s'étend à toute allure dans les pays de la zone euro, et en particulier en France. Là aussi, c'est un graphique qui est très intéressant, parce qu'il est sur une très longue période.

Ça va de 1970 – à la mort de De Gaulle – jusqu'à 2010. On constate... Vous voyez en jaune, c'est la courbe des pauvres en France, les pauvres étant selon le calcul de l'Insee les gens qui gagnent moins de 60% du revenu médian. En gros, c'est quelque chose comme moins de 950 € par mois. Et les très pauvres, c'est la courbe rouge : les gens qui gagnent moins de 50% du revenu médian, c'est-à-dire à peu près moins de 800 € par mois. Alors c'est des calculs qui ont été actualisés. C'est fait par l'Insee. C'est en francs ou en euros constants. On constate quoi ? On constate que vous aviez une tendance séculaire à la diminution de la pauvreté.

Vous voyez qu'en 1970, il y avait 9 200 000 pauvres et 6 500 000 très pauvres en France. Et en 2000, on était tombés à 7 300 000 pauvres et 3 700 000, 3 800 000 très pauvres. Avec des hauts et des bas, mais globalement, la tendance, vous voyez, c'était une tendance à la diminution. Et puis vous voyez que d'un seul coup, il y a un point d'inflexion, comme on dit en mathématiques, c'est-à-dire un changement d'orientation qui a l'air durable et qui est très significatif, puisque c'est une période, comme je vous l'ai dit, de 40 ans, et qui apparaît aux alentours de 2002. Comme par hasard, c'est l'arrivée de l'euro sous forme fiduciaire.

Et vous voyez d'un seul coup remonter à très vive allure le nombre de pauvres et de très pauvres. J'insiste sur le fait que dans la même période, de 1970 à 2000, on a dû passer en France d'environ 56, 57 millions d'habitants à 63 et même 65 si on y ajoute l'Outre-mer. Donc voyez que la diminution du nombre de pauvres et de très pauvres était encore renforcée par le fait qu'au même moment, la population française avait augmenté de 7 à 8 millions d'habitants. Et on voit donc désormais : la pauvreté redémarre à toute allure, la pauvreté et la grande pauvreté. L'adoption de l'euro marque un changement d'orientation séculaire : le retour de la grande pauvreté.

Et ça n'est pas seulement vrai en France. C'est vrai en Espagne, c'est vrai en Italie, c'est vrai en Grèce, c'est vrai au Portugal. C'est vrai aussi en Allemagne. Faut arrêter de mettre dans la tête des Français que la situation serait idyllique en Allemagne. J'ai dit tout à l'heure sur la radio RCF : il y a maintenant des gens qui sont bac +5 en Allemagne qui sont payés 2 € de l'heure. D'ailleurs, il y a une grande grande partie de la population allemande qui n'est pas propriétaire de son logement, à la différence des Français, où il y a en gros 50% de la population française qui est propriétaire de son logement.

Alors naturellement, cette montée de la pauvreté se constate au quotidien, en particulier dans les grandes villes. Dans les campagnes, souvent, la pauvreté est plus discrète. Et puis il y a des réseaux de solidarité naturels. Si on voit quelqu'un de très pauvre, il va y avoir un paysan qui va donner des œufs, qui va donner un petit quelque chose discrètement, avec pudeur, comme le sont les paysans français. Mais dans les grandes villes, si vous habitez comme moi à Paris, je vous assure que j'ai... Et tout le monde peut le constater de ses propres yeux. Une fois, je me suis retrouvé il y a quelques semaines à 2 heures du matin place de la République à Paris. J'habite pas très très loin.

J'étais stupéfait. Il y avait dans chaque porte cochère deux, trois SDF qui couchaient dans la rue à 2 heures du matin. Ça m'a rappelé : quand j'étais étudiant, j'étais allé en Inde, à Connaught Circus, à New Delhi, en 1978. On est en voie de clochardisation. Et c'est un phénomène qui est bien plus avancé encore en Grèce ou dans les pays du sud de l'Europe. Actuellement, chaque jour ouvrable, la France perd 600 à 700 emplois industriels, 1 usine, et 700 Français qui basculent en dessous du seuil de pauvreté selon l'Insee. C'est dire à quel point... Moi, si je parcours la France, ce n'est pas pour m'amuser. La situation, elle est extrêmement grave.

Nous allons vers une pauvreté de plus en plus massive. D'ailleurs, l'Insee a fait ses derniers calculs pour 2012. L'ensemble de la population française a perdu 1% de son niveau de vie en 2012. C'est beaucoup, 1%, vous savez, sur une seule année. C'est beaucoup.

Donc ce phénomène d'accentuation constante de la pauvreté ne peut amener qu'à au minimum à une mauvaise humeur et au maximum à une explosion sociale généralisée, et probablement à quelque chose qui est l'état d'esprit que vous connaissez, que tout le monde perçoit en France : c'est le sentiment qu'il n'y a plus de pilote dans l'avion, le sentiment que nous sommes dans un navire à la dérive, une espèce de Titanic, que plus personne ne sait quoi faire. La deuxième chose, c'est que cette situation ne pourra que nous favoriser. Peut-être d'autres mouvements, ce que je ne souhaite pas, ce que je crains.

Mais les gens qui manipulent les médias font tout leur possible pour essayer de pousser des mouvements populistes. Nous sommes tout sauf un mouvement populiste. Le populisme agit sur le cerveau reptilien des gens, sur le caractère primaire, de l'affectif. Nous, nous agissons sur l'intellect des gens. Nous en appelons à la raison, à la rationalité. Plus nous nous rapprocherons du pouvoir, plus nous allons monter en notoriété et en adhérents – j'ai cité le nombre d'adhérents que nous avons fait tout à l'heure – et plus évidemment, ça va faire entrer en ébullition le système.

Et si dans les mois précédant l'élection présidentielle, les sondages donnent que l'UPR pourrait faire un score de plus en plus important, ça déclencherait un phénomène de spéculation sur une sortie possible de la France de l'UE et de l'euro qui pourrait conduire à une dramatisation du débat public. Il faut savoir... Et je renvoie ici à une conférence que j'ai faite, qui est un peu technique mais qui est fondamentalement importante pour comprendre la situation. C'est que l'euro n'est pas une monnaie unique, contrairement à ce qu'on vous dit. Nous avons tous... Tous les pays d'Europe ont gardé leur monnaie nationale.

Et la preuve en est que tous les pays de l'UE, de la zone euro ont gardé leur banque centrale nationale. Il y a toujours une Banque de France. Il y a toujours une banque d'Allemagne : la banque qui s'appelle la Bundesbank : la Banque fédérale allemande. Il y a toujours une banque centrale de Grèce, une banque centrale italienne, etc. Qu'est-ce qui s'est passé avec l'euro ? Il s'est passé qu'un jour, il a été décidé que toutes les monnaies nationales de tous ces pays s'appelleraient « euro ». Mais ça n'empêche pas que la monnaie nationale continue d'exister.

On a postulé par ailleurs qu'il y aurait un peg – comme disent les financiers –, c'est-à-dire un lien fixe de 1 pour 1 entre toutes ces monnaies, une fois qu'on serait rentrés avec des réévaluations. Par exemple, 6,55957 F sont devenus 1 €, et ce 1 € à partir de francs est échangeable à 1 € à partir de 2,35 deutschemarks. Donc il y a un lien de 1 pour 1. Et la troisième chose, c'est qu'il y a une totale liberté de circulation des capitaux entre tous ces pays, et de libre circulation. Alors si vous avez un billet de 20 €, vous pouvez vous acheter un café au Puy-en-Velay.

Si vous partez demain en Espagne ou en Italie, vous sortez votre billet de 20 €, vous allez pouvoir vous acheter aussi un café à Milan ou à Barcelone. Vous aurez donc le sentiment que c'est une monnaie unique, une monnaie identique. Mais en réalité, ça n'est pas vrai, le cas des billets étant un cas un peu spécifique dont je ne parlerai pas ici. Mais il faut savoir que ça n'est pas vrai, puisque ce ne sont pas les mêmes monnaies. Je vais prendre un exemple pour faire comprendre ce dont il s'agit. Madame au premier rang, Florence – je crois savoir –, vous avez 200 000 € – m'a-t-on dit – sur votre compte courant au Puy-en-Velay. C'est ça ?

À la Société générale du Puy-en-Velay, elle a 200 000 €. Je sais pas d'où elle les sort. Ça, c'est... Ces 200 000 €, en termes juridiques, sont des créances sur la Banque de France. Or, Florence a le droit si elle le souhaite d'ouvrir demain un compte à Berlin ou à Düsseldorf ou à Hambourg dans la Société générale ou LCL ou une banque allemande : la Dresdner Bank, la Deutsche Bank, à Hambourg. Elle a le droit de le faire. C'est le principe de libre établissement au sein de l'UE. Elle a le droit de transférer les 200 000 € sur son compte à Berlin ou à Hambourg. Et elle le fait, elle fera un virement, il y aura 200 000 € sur son compte à Hambourg. Alors pourquoi le ferait-elle ?

Le grand public n'est pas du tout au courant de ça, mais Florence, qui est une financière hors pair, elle est au courant – elle – de ce que ça veut dire. Parce que les 200 000 € qu'elle aura sur son compte à Berlin ou à Düsseldorf, ce ne sera plus des créances sur la Banque de France. Ça deviendra des créances sur la Bundesbank. Alors ça change tout. Parce que le jour où l'euro explosera... Et l'euro explosera, je vous renvoie à ma conférence « La tragédie de l'euro ». Toutes les monnaies plurinationales de l'Histoire ont toujours fini par exploser. Lorsque l'euro explosera, les créances sur la Banque de France deviendront des francs.

Mais les créances sur la Bundesbank deviendront des deutschemarks. Les créances sur la Banque de Grèce deviendront des drachmes. Or, les financiers – j'en parlerai tout à l'heure – anticipent qu'en cas d'explosion de l'euro, le nouveau deutschemark pourrait prendre 20% à 30% de valeur par rapport au cours pivot vis-à-vis du dollar, tandis que la drachme pourrait perdre 40% à 50%. Résultat des courses : alors Florence ne l'a pas fait, mais les grandes fortunes... Un peu moins en France, mais surtout en Grèce, en Italie, en Espagne, surtout au moment de la crise, les grandes fortunes, les Mme Bettencourt grecques... Il y en a : les armateurs grecs, ou les grandes entreprises.

Elles ont massivement transféré leurs avoirs de la Grèce vers l'Allemagne. Un petit peu aussi vers le Luxembourg, vers les Pays-Bas et la Finlande, mais principalement vers l'Allemagne, en anticipant que si l'euro explosait, il valait mieux... Les 100 000 €... Vous avez compris : le deutschemark gagnerait 20% et le drachme perdrait 30%. Alors le résultat de tout ça... Ça vous paraît chinois, parce que ce sont les Allemands qui ont imposé ce système pour qu'il soit facilement réversible, puisqu'on a gardé toutes les banques centrales nationales. Ça, c'est un des grands secrets.

C'est facilement réversible, puisqu'on a gardé les banques centrales nationales et on a gardé les monnaies nationales, qui s'appellent « euro ». Donc ce système fait qu'il y a un afflux constant et massif de l'argent, des créances sur les banques centrales des pays du Sud vers l'Allemagne. Certains esprits peu versés dans les questions économiques et monétaires pourraient penser que c'est bon pour l'Allemagne de voir arriver de l'argent. Mais pas du tout, parce que la contrepartie juridique et comptable de cette affaire, c'est que la Bundesbank voit arriver à l'actif de son bilan des créances sur des banques centrales nationales des pays dont vient cet argent.

C'est-à-dire que si Florence transfère ses 200 000 € de la Société générale au Puy-en-Velay au Crédit lyonnais à Düsseldorf, la contrepartie comptable, c'est que la Bundesbank verra augmenter à l'actif de son bilan 200 000 € de créances sur la Banque de France. Or, si l'euro explose, évidemment, ces créances seront des créances qui seront dégradées. Et si d'aventure, la Grèce par exemple partait en vrille et faisait faillite, ça ne vaudrait plus rien. Et c'est justement là où on s'attaque à quelque chose d'extrêmement important pour l'Allemagne.

C'est que les Allemands veulent absolument garder le pouvoir d'achat de leur monnaie et veulent absolument garder une extrême fiabilité, la solidité du bilan de la Bundesbank. Je vous renvoie à Vincent Brousseau, qui est le responsable des questions de l'euro et des questions monétaires à l'UPR, qui est donc un normalien, quelqu'un qui a passé 15 ans à la BCE à Francfort, qui était d'ailleurs parti... Qui était très européiste, tout à fait en faveur d'une fusion France-Allemagne. Et 15 ans après, est revenu, et il adhère à l'UPR. Bon. Ça vous prouve quand même que les gens de terrain... La réalité s'impose. Eh bien il a fait un excellent article que je vous conseille d'aller lire.

Vous verrez que la Bundesbank, constamment en ce moment, essaie de saper l'euro, parce que jamais les Allemands ne pourront accepter de mutualiser les pertes au niveau européen. Puis ils ont calculé qu'au bout du bout du compte, c'est plus de 1 000 milliards d'euros qui pourraient leur retomber sur le museau, avec par ailleurs un effondrement de leur monnaie. Alors si je vous dis tout ça, c'est parce que si on approche du pouvoir, il va y avoir des grandes forces économiques et financières qui vont spéculer contre l'euro, et très exactement qui vont faire partir l'argent de France pour aller le placer en Allemagne.

Donc on verra dans le cadre de ce qu'on appelle le système Target, les cibles Target 2, les bilans à l'intérieur de la zone euro... C'est un peu technique, ce que je vous dis. Mais on verra donc un afflux massif d'argent venant de grandes fortunes françaises, qui iront se placer en Allemagne, à la grande fureur des Allemands, puisque les Allemands anticiperont que la dégradation de leur bilan va être certaine, puisqu'on va sortir de la zone euro.

Il sera donc du devoir des autorités monétaires du SEBC – le Système européen de banques centrales – de combattre la spéculation, y compris en rétablissant un contrôle des mouvements de capitaux dans les semaines et les mois précédant l'élection présidentielle. Ça veut dire notamment s'asseoir sur l'article 63 du TFUE, qui interdit les contrôles de mouvements de capitaux. Mais je rappelle que ces gens qui nous dirigent, le cas échéant, savent s'asseoir sur les traités, puisque le rétablissement du contrôle des mouvements de capitaux, ça a été exactement le cas à Chypre au moment de la crise chypriote.

De toute façon, si le gouvernement français jouait la politique du pire, si le gouvernement français essayait de dire aux Français : « Regardez, l'arrivée de l'UPR au pouvoir est en train de faire voler en éclats... On est en train de voir une spéculation jouer contre le franc », ce sont les autorités allemandes, néerlandaises, finlandaises et luxembourgeoises – qui verraient arriver ces flux – qui imposeraient une suspension des mouvements de capitaux. Et soit dit en passant, d'ailleurs, d'un point de vue technique...

Et non pas juridique, mais d'un point de vue technique, réintroduire un contrôle des mouvements de capitaux entre la France et le reste de la zone euro, c'est déjà que l'euro n'existe plus vraiment. Et puis la troisième chose à prévoir, ce sont les manœuvres de déstabilisation psychologique et de manipulation de l'opinion publique française, qui risquent de devenir de plus en plus agressives. Je fais abstraction du fait où je recevrais une balle perdue entre les deux yeux par mégarde, ou bien où j'aurais un mauvais accident d'avion parce qu'il y aurait un chasse-neige qui se serait mis en travers de mon avion. Donc je suppose... Sinon, on peut...

Je suppose donc que l'on se rapproche du pouvoir. Qu'est-ce qui se passerait ? Eh bien des campagnes de dénigrement, dont on a pu voir ce que ça peut être, lorsque je suis passé récemment dans une émission à grand spectacle sur la télévision. Donc je vous présente en première analyse la une du journal Le Monde du jeudi 2 mars 2017. Donc 2 mois avant l'élection présidentielle : « Le cri d'alarme solennel de Valéry Giscard d'Estaing, Michel Rocard, Alain Juppé, Jacques Attali, Nicolas Sarkozy, François Hollande et Bernard-Henri Lévy : l'élection de François Asselineau provoquerait une apocalypse politique et économique ». Et ça, vous l'aurez constamment, avec...

Vous voyez le dessin de Plantu, qui mettrait « Non ! » avec la France isolée sur une île déserte, puisque c'est évidemment ce qu'on dit : « Vous voulez isoler la France ». Ne vous inquiétez pas. On en parlera dans la partie 3. Est-ce qu'on va isoler la France ? Vous noterez ici les éditoriaux : « Il faut sauver l'euro », le journal Le Monde prenant parti, comme d'habitude. Ici : « Les sondages indiquent une possible victoire du président de l'UPR », ce qui fait frémir les marchés financiers. Ici : « Washington se dit « préoccupé » par la prochaine élection présidentielle française ». Et puis « Moscou et Pékin sont attentifs à la situation à Paris ».

Et ça, c'est le plus beau : « La Bourse espère encore la victoire du candidat socialiste ». Il faut s'attendre à ça. Il faut le savoir, il faut en être conscient. Nous sommes dans la guerre du IIIe millénaire. La guerre du IIIe millénaire, c'est d'abord une guerre médiatique, une guerre de l'information, de la manipulation des cerveaux. C'est très très important à comprendre. Si les gens se laissent désarmer ou décourager par ce genre de choses... Vous savez, depuis 7 ans, j'en ai suffisamment entendu. J'aurais pu poser les bagages 2 500 fois. Alors c'est les jours « avant ». Et puis il y a les jours « pendant ».

C'est-à-dire que finalement, eh bien à la stupéfaction générale, à l'extrême désappointement de Washington, à l'allégresse de Moscou, Pékin et Caracas, je suis élu. Alors à ce moment-là, il va se passer quelque chose – honnêtement – d'absolument inouï. Je vais appliquer le programme pour lequel j'aurai été élu. J'avoue que c'est à peine croyable. Et pourtant, c'est vrai, puisque j'ai consacré... Vous voyez bien, je consacre ma vie à ça. Je ne vais pas, après avoir été élu, faire un bras d'honneur aux gens qui m'ont élu. Donc je mettrai en œuvre le programme pour lequel j'aurai été élu, à la grande stupéfaction peut-être d'un certain nombre de personnes. Je ne suis pas vénal. Je ne pense pas.

Même si on venait avec des valises de milliards d'euros, je ne pense pas que je céderai à la tentation. Donc les jours « pendant », eh bien mettant en œuvre le programme, eh bien je mettrais en œuvre l'article 50 du TUE et l'article 13 du TAN, le traité (sur) l'Union européenne et le traité de l'Atlantique Nord. Alors c'est quoi, ces articles ? L'article 50 du TUE, c'est le seul article qui permet de sortir de l'UE. Il n'y en a pas d'autre. C'est également le seul article qui permet de sortir de l'euro. Il n'y a pas d'article spécifique dans les traités qui permette de sortir de l'euro. On ne peut donc pas juridiquement sortir de l'euro sans sortir de l'UE.

Et le porte-parole de la Commission européenne a confirmé cette analyse que nous faisons constamment. Moi, je suis quand même... J'ai été formé aussi pour ça. Je suis pas seulement financier. J'ai aussi eu des cours de droit constitutionnel, de droit administratif. Il suffit de lire les traités. Il n'y a pas dans les traités de clause de sortie de l'euro. Donc la seule possibilité de sortir de l'euro, c'est de sortir de l'UE. Et la seule possibilité de sortir de l'UE, c'est l'article 50. Alors certains vous diront peut-être : « Mais on n'a qu'à sortir quand même. Et on se fout des articles ». Alors ça, j'y reviendrai tout à l'heure, sur cette rodomontade.

Pour l'instant, nous, nous nous plaçons, comme toujours, avec ce mouvement politique que j'ai créé, qui est un mouvement responsable et sérieux... On n'est pas des imbéciles. On n'est pas des fous furieux. Nous, nous savons que, comme disaient les anciens Romains : « Pacta sunt servanda » : il faut respecter les engagements. C'est un principe d'abord de civilisation. Et c'est un principe de sûreté, parce que si on viole des traités ou des engagements, les autres parties sont également capables – elles – de vous les faire ravaler, parce qu'ils ont des moyens de rétorsion. J'y reviendrai tout à l'heure. L'article 50 nous dit quoi ?

« Tout État membre peut décider, conformément à ses règles constitutionnelles, de se retirer de l’Union » européenne. Donc ça veut dire déjà que c'est possible, puisque c'est écrit. Argument à sortir à tous nos adhérents, militants et sympathisants quand on leur dit : « Mais c'est pas possible ». Si c'était pas possible, ça serait pas prévu. D'ailleurs, dans l'histoire des hommes, quelque chose qui est prévu, en général, se réalise. Deuxièmement, vous avez vu que dans cet alinéa 1, il y a « conformément à ses règles constitutionnelles ». Donc je vais y revenir. C'est un petit bémol qu'il faut avoir à l'esprit.

L'alinéa 2 dit : « L’État membre qui décide de se retirer notifie son intention au Conseil européen ». « Notifie son intention », ça veut dire que... C'est une formule juridique. Ça veut dire qu'il va falloir convoquer un conseil des chefs d'État et de gouvernement des pays de l'UE et dire : « Mesdames et messieurs, la France a décidé de sortir de l'UE. Il s'agit de la notification officielle au titre de l'alinéa 2 de l'article 50 du traité de l'Union européenne ». « À la lumière des orientations du Conseil européen, ... »... Encore faudrait-il qu'au Conseil européen, il y ait des lumières, ce qui n'est pas sûr. « ...l’Union... »... J'essaie de plaisanter un peu sur ces sujets arides.

« ...l'Union négocie et conclut avec cet État un accord fixant les modalités de son retrait, ... »... Il faut donc 1) notifier, 2) négocier un accord de retrait. On va voir tout à l'heure ce que c'est que cet accord de retrait. « ...en tenant compte du cadre de ses relations futures avec l’Union. Cet accord est négocié conformément à l’article 218, paragraphe 3, du TFUE. Il est conclu au nom de l’Union par le Conseil, statuant à la majorité qualifiée, après approbation du Parlement européen ». Donc on négocie un accord. Ensuite, il faut avoir la majorité qualifiée du Conseil. C'est mieux que l'unanimité. La majorité qualifiée, c'est une majorité peut-être... Je sais plus combien.

Ça doit être à peu près 75% ou 80% des voix, alors que l'unanimité voudrait dire que tous les États sont d'accord. Donc là, on autorise qu'un État ou deux ne soient pas d'accord. « Après approbation du Parlement européen ». Certains disent... « Mais on va vous mettre des bâtons dans les roues », « Ça sera pas possible de négocier cet accord. Les autres États vont l'empêcher. Donc en fait, ce que vous nous proposez n'est pas sérieux, parce qu'on va pas pouvoir en sortir », à quoi je réponds deux choses. La première chose, c'est : qu'est-ce qui vous assure que les autres États voudraient mettre des bâtons dans les roues des Français ? Moi, je fais le pari absolument inverse.

On l'a d'ailleurs vu récemment, lorsqu'on a appris qu'au Royaume-Uni, le Premier ministre Cameron voulait faire un référendum sur la sortie de l'UE. Il y a un seul État au monde qui a protesté. Ce sont les États-Unis d'Amérique, qui ont envoyé le secrétaire aux Affaires européennes, puisqu'au gouvernement américain, il y a un secrétaire d'État aux Affaires européennes. J'ai dit, je redis, je prends la promesse que si nous arrivons au pouvoir, au gouvernement français, il y aura un secrétaire d'État aux affaires nord-américaines. Bah oui. C'est ce qu'on appelle la réciprocité.

(Si on vient regarder ce que vous avez dans votre réfrigérateur, si votre voisine vient regarder, vous allez dire) : « Attendez, chère madame, je vais aller voir ce que vous avez dans le vôtre ». C'est normal. Donc moi, ce que je vois, c'est que le seul État qui a protesté, qui d'ailleurs a imposé à Cameron de reporter le référendum, ce sont les États-Unis d'Amérique. Très important. Les États-Unis d'Amérique n'ont pas fait obstacle au référendum sur l'indépendance de l'Écosse, ni sur l'indépendance de la Catalogne. En revanche, ils ont fait obstacle au référendum sur la sortie du Royaume-Uni de l'UE, ce qui prouve, ce qui confirme encore une fois mes analyses.

Mais s'agissant des pays d'Europe, et en France, qu'est-ce que vous avez entendu à ce sujet ? Moi, je n'ai entendu que des européistes qui nous disent tous : « Mais qu'ils s'en aillent, qu'ils se cassent, les British. On n'en veut pas ». J'ai entendu Michel Rocard, j'ai entendu Jacques Delors. J'avais fait un débat à Compiègne avec un fou furieux, M. Moulier-Boutang, qui est un proche de Cohn-Bendit – ceci explique cela –, qui d'ailleurs est en ligne. Allez le voir. Et ce monsieur qui était un grand européen, je lui disais : « Mais les Anglais veulent s'en aller ». « Mais qu'ils s'en aillent ! Ils nous emmerdent ! ». « Ah, très bien ». Allez voir, c'est très cocasse.

Je lui dis : « Mais vous avez vu, la République de Saint-Marin... » – vous savez, c'est un micro-État en Italie – « La République de Saint-Marin a eu un référendum. Ils ont finalement refusé – le peuple de Saint-Marin – d'intégrer l'UE ». Lui : « Pfff... C'est de la merde, Saint-Marin ». « Oui, très bien ». Je dis : « Mais vous avez vu, les Allemands sont de plus en plus rétifs sur le... »... « Oui, mais Mme Merkel, elle nous emmerde ! ». « Oui, très bien ». « Mais vous avez vu, le pays d'Estonie... »... « Oui, mais ce sont des salauds. Tout le monde le sait ». « Mais c'est quoi, l'Europe, pour vous, en fait ? Vous voulez faire l'Europe avec qui ? ».

Il veut faire l'Europe avec des gens qui n'existent pas. C'est ça qu'il est important de comprendre. En attendant, lorsqu'on a appris que le Royaume-Uni voulait sortir de l'UE, moi, je n'ai pas entendu une seule personne en France, un européiste, dire : « On va les en empêcher ». Pas vrai du tout. Donc c'est exactement la même chose lorsque les Français auront décidé de sortir de l'UE. Les autres pays vont pas dire : « On va les empêcher ». Vous imaginez que si les Allemands décident de sortir de l'UE, ou les Polonais, que les Français se disent : « On va empêcher de sortir de l'UE » ? Mais pas du tout. On s'en fout.

C'est d'autant plus pas ça qui va se passer que ce qui se passera en réalité, c'est que les Néerlandais, les Tchèques, les Hongrois, les Britanniques, s'ils ne l'ont pas fait avant, diront : « Mais ils ont raison, les Français ! On va faire comme eux ! ». En d'autres termes, c'est pas qu'on aura des bâtons dans les roues. C'est qu'on aura un phénomène d'effet de souffle, où on embarquera avec nous la moitié de l'Europe. C'est d'ailleurs ce qui s'est passé historiquement. L'Histoire me donne raison, puisque la révolution de 1830 qui a chassé Charles X, la révolution de 1848 qui a chassé Louis-Philippe ont eu un effet de souffle sur toute l'Europe occidentale.

Il a fallu en 1848 que le tsar Nicolas Ier, qu'on appelait « le gendarme de l'Europe », vienne au secours d'un certain nombre de monarchies qui étaient en train de vaciller sous l'effet de ce qu'avait décidé le peuple français. Donc ça, c'est la première remarque que je fais aux gens qui vous disent : « On va mettre des bâtons dans les roues ». Puis la deuxième remarque, c'est surtout, je vais dire : « En plus de ça, vous ne connaissez pas les traités, parce qu'il y a un alinéa qui est l'alinéa 3 : « Les traités cessent d’être applicables à l’État concerné à partir de la date d’entrée en vigueur de l’accord de retrait ou, à défaut, deux ans après la notification visée au paragraphe 2 ».

Alors il y a des gens qui, décidément, me cherchent des noises, et qui me disent : « Vous vous rendez compte, avec votre article, on est obligés de rester 2 ans dans l'UE ! ». Mais je dis : « Mais non, c'est le contraire qui est vrai. C'est 2 ans maximum, parce que si on n'arrive pas à aboutir à un accord de retrait, « à défaut », ça veut dire « au plus 2 ans après, c'est terminé, on en sort de plein droit » ». Donc c'est pas 2 ans minimum, c'est 2 ans maximum. Et si d'aventure on n'arrivait pas à avoir un accord de retrait, on en sort au bout de 2 ans maximum.

Il est d'ailleurs assez cocasse que les quelques personnes, les internautes qui m'ont pris à partie sur cet article 50, ou un proche de M. Dupont-Aignan qui s'est même fendu d'un article sur la fausse solution de l'article 50... Le plus cocasse... Qui était membre de DLR, enfin « qui était », puisqu'il a quitté DLR. Le plus cocasse, c'est qu'ils appartiennent à des mouvements politiques qui – eux – ne proposent pas de sortir de l'UE. Que ce soit le FN ou DLR, ils ne le proposent pas. Donc ils me reprochent de vouloir appliquer un article permettant d'en sortir sur le thème : « Mais il faut aller beaucoup plus vite que ça !

», alors qu'ils appartiennent à des partis qui – eux – ne proposent pas de sortir. C'est quand même un comble. On va revenir tout à l'heure sur ce qu'est cet accord fixant les modalités de retrait. C'est très important à comprendre, pour que vous compreniez l'architecture, comment ça va se passer. Mais je voudrais dire un mot sur l'article 13 du TAN, du traité de l'Atlantique Nord du 4 avril 1949, qui vaut le déplacement, qui est deux étoiles dans le Michelin : mérite un détour. « Après que le Traité aura été en vigueur pendant vingt ans, ... »... Ça fait bien plus de 20 ans que le TAN est en vigueur : depuis 1949. « ...toute partie... »...

Ce qu'on appelle une « partie », en droit international, c'est un État signataire et ayant ratifié. Donc « toute partie », ça veut dire « tout état membre du traité de l'OTAN. C'est l'OTAN, l'Atlantique Nord. « ...toute partie pourra mettre fin au Traité en ce qui la concerne un an après avoir avisé de sa dénonciation le gouvernement des Etats-Unis d'Amérique ». J'avoue que j'ai trouvé... Quand j'ai fait mes recherches, je connaissais pas cet article de dénonciation.

J'ai quand même trouvé qu'il était assez extraordinaire, parce que je ne connais pas beaucoup de traités internationaux où il suffit pour le dénoncer de dénoncer ça auprès d'un seul gouvernement, qui est celui en l'espèce des États-Unis d'Amérique. C'est dire à quel point l'OTAN est complètement dans la main de Washington. On aurait pu concevoir qu'il fallait aussi prévenir les autres. Mais pas du tout, c'est le gouvernement américain qui « informera les gouvernements des autres parties du dépôt de chaque instrument de dénonciation ». Ce qu'on appelle un « instrument », c'est un traité aussi. Ça, c'est des termes de diplomate. Un « instrument de dénonciation ». Donc nous, ce que l'on fera...

Vous voyez que c'est très simple, celui-là, cet accord. Il suffit d'avertir le gouvernement américain, dire : « Nous partons. Nous avons participé depuis 1949 à l'OTAN. Maintenant, nous avons envie de voir d'autres paysages. Et donc nous tirons notre révérence ». Et puis on aura 1 an après... Donc pendant 1 an, on éclusera les dossiers. Puis 1 an après, on sera juridiquement sortis de l'OTAN. Mais par courtoisie vis-à-vis des autres, nous informerons également les partenaires. Alors le calendrier. Entre J et J+7, le président de la République nouvellement installé... J étant le jour de l'élection, du deuxième tour... Pas du deuxième tour.

Le jour de l'installation physique, puisque entre l'élection, le deuxième tour... Vous savez que c'est pas immédiat. Après, il faut que le Conseil constitutionnel valide l'élection, la proclame officiellement, puis qu'il y ait une cérémonie de passation des pouvoirs. Donc en gros, il y a souvent une semaine entre le deuxième tour de l'élection présidentielle et l'installation du nouveau Président. Entre J et J+7, le président de la République nouvellement installé présentera donc aux Français une réforme constitutionnelle destinée à abroger les articles 88-1 et 88-2 de la Constitution française. Et pourquoi ça ?

Mais parce que notre cher Nicolas Sarkozy, en parfaite connivence avec le PS, l'UMP, le MoDem et EELV, nous a mis ce que les Américains appelleraient une « poison pill ». C'est-à-dire que dans le dos des Français, par la procédure du Congrès, a été intégré dans la Constitution française un article 88-1, qui dit : « La République participe à l'Union européenne, constituée d'États qui ont choisi librement d'exercer en commun certaines de leurs compétences en vertu du TUE et du TFUE, tels qu'ils résultent du traité signé à Lisbonne le 13 décembre 2007 ».

On notera au passage le cynisme inouï de cette formule, puisque dire que « La République participe à l'Union européenne, constituée d'États qui ont choisi librement d'exercer en commun... », etc... La France n'a pas choisi librement, puisque le TUE et le TFUE résultent du traité de Lisbonne, lequel traité de Lisbonne a été adopté par la procédure du Congrès, c'est-à-dire le Sénat et l'Assemblée nationale, en violation du vote des Français du 27 mai 2005, qui avaient voté non à 55% à la constitution européenne. Or, ces deux traités sont un copié-collé de la constitution européenne. Donc déjà, vous voyez le cynisme. Mais en attendant... Ça, c'est un constat.

En attendant, nous avons un article dans notre Constitution qui précise que « La République participe à l'Union européenne ». Il faut donc faire sauter ce verrou, cette poison pill, cette pilule empoisonnée qui a été placée dans notre dos dans la Constitution française, pour respecter – rappelez-vous – l'article 50, qui dit que les États peuvent sortir conformément à leurs règles constitutionnelles. Il faut donc nettoyer la Constitution de ce passage. Il faut également nettoyer la Constitution de l'article 88-2 qui prévoit que « La loi fixe les règles relatives au mandat d'arrêt européen ».

Donc eh bien il faudra convoquer dans les jours suivant l'élection un référendum pour proposer aux Français d'abroger ces 2 dispositions. Pendant que nous y serons et que nous convoquerons les Français par référendum, on leur proposera également d'autres suppressions ou d'autres modifications de la Constitution, afin que les Français aient le sentiment... Plus qu'un sentiment. Puissent constater concrètement à quel point, d'un seul coup, les choses vont changer.

Donc dans le même référendum, la réforme constitutionnelle en profitera pour abroger la procédure dite du Congrès prévue dans l'article 89, afin que toute réforme constitutionnelle ne puisse plus désormais être décidée que par le seul peuple souverain. L'article 89 prévoit qu'il y a des réformes constitutionnelles qui peuvent être faites dans le dos des Français par les (députés) et les sénateurs. C'est comme ça qu'on a eu le Traité de Lisbonne. C'est comme ça qu'on a eu cet article 88-1 (que) vous n'avez jamais vu passer. Donc ça, c'est une vraie faille de la Constitution de la Ve République.

Dans l'esprit de De Gaulle, qui en était le rédacteur avec ses conseillers, la véritable modification de la Constitution, c'était l'article 11, par référendum. C'était le peuple qui devait décider. Mais il avait eu la faiblesse d'inscrire l'article 89 qui ouvrait la voie à des députés et des sénateurs de modifier la Constitution. Mais De Gaulle avait précisé dans son esprit que c'était pour des réformettes, des choses de peu d'ampleur. Mais ces choses de peu d'ampleur, malheureusement, personne n'est là pour dire qu'est-ce qui est d'ampleur et de peu d'ampleur. Donc nous, nous supprimerons purement et simplement cet article 89.

Dans la même foulée, la réforme constitutionnelle que nous proposerons par référendum... Puisqu'on fera une grande réforme. Nous réintroduirons le crime de complot contre la sûreté de l'État. Je signale au cas où vous ne le sauriez pas que dans la version de la Ve République telle qu'elle avait été rédigée par De Gaulle et ses conseillers, proposée au référendum des Français, adoptée le 4 octobre 1958 par référendum avec (82,7%) de oui, il y avait dans l'article 68 l'idée de complot contre la sûreté de l'État.

Or, cet article a été nettoyé, toiletté, comme on dit gentiment, dans votre dos, dans le mien, toujours par la procédure dite du Congrès, par la loi constitutionnelle du 27 juillet 1993, dans la foulée de la ratification du traité de Maastricht. On a enlevé la notion de complot contre la sûreté de l'État comme si ça n'existait plus. Et ceci a été fait donc 8 mois, 9 mois après Maastricht. Moi, je vous invite quand même à réfléchir. Est-ce que vous ne croyez pas qu'il faut avoir une idée derrière la tête pour retirer d'une constitution l'incrimination de complot contre la sûreté de l'État ? Ça n'existe plus, les complots contre la sûreté de l'État ? Et puis on va me dire quoi ?

Que Charles de Gaulle était un complotiste ? C'était lui qui avait prévu ça. D'ailleurs, c'était pas seulement lui. Cette notion de complot contre la sûreté de l'État, on la trouve depuis 1793. D'ailleurs, l'histoire du monde est faite de complots. Et c'est pas les États-Unis qui vont nous dire le contraire. La prise de pouvoir à Kiev, on sait que c'est un complot. Les Russes ont balancé sur Internet la conversation de Victoria Nuland, la secrétaire d'État adjointe des États-Unis à l'ambassadeur américain à Kiev, et qui lui dit : « Bon, il faut mettre Arseni Iatseniouk Premier ministre. Je veux pas de Klitschko ». Enfin ça, ça s'appelle exactement un complot. Sinon, c'est quoi, un complot ?

Sinon, ça n'existe pas. Donc c'est ça qui a été retiré. Nous, nous allons le remettre. On va remettre dans la Constitution qu'il y a des risques de complot contre la sûreté de l'État. Et puis dans la même foulée, on va également réintroduire le crime de haute trahison du président de la République, parce que De Gaulle avait aussi prévu dans l'article 68 de châtier le crime de haute trahison du président de la République. Or, ce crime de haute trahison a lui aussi disparu de la Constitution, dans votre dos et dans le mien, par la loi du 23 février 2007, quelques semaines avant l'élection de Nicolas Sarkozy. Rhôôô... Il faut pas avoir une idée derrière la tête pour enlever ça, à votre avis ?

Ça n'existe plus, la haute trahison ? Alors il y a une prétendue journaliste de « Arrêt sur images » qui m'a interviewé il y a 15 jours. Je lui disais ça. Alors après, elle a pondu un article bien entendu dégueulasse. Et elle a dit que j'y comprenais rien. Alors comme j'y comprenais rien, comme elle savait pas quoi répondre à « complot », elle a pas parlé du complot. Mais là, elle a repris la notice Wikipédia en disant : « Mais non, c'est parce que maintenant, c'est une autre formulation qui a été précisée ». Mais c'est pas vrai du tout.

La nouvelle formulation de l'article 68, maintenant, c'est qu'il peut y avoir une procédure de destitution qui peut être introduite contre le chef de l'État en cas de conduite ou de manquement incompatible avec la fonction. (Bruit de bouche). Ça veut dire quoi, les manquements incompatibles avec la fonction ? Ça veut strictement rien dire. C'est beaucoup plus flou que « haute trahison ». Il est vrai que « haute trahison » n'est pas très précis. Mais « manquement incompatible », ça, on ne sait pas ce que ça veut dire. On donne à penser qu'on viserait plutôt une maladie mentale ou bien Alzheimer. Si le président de la République devenait Alzheimer, qu'est-ce qu'on fait ?

Remarquez, on n'en est pas très loin. Donc nous, on va réintroduire la notion de haute trahison, que d'ailleurs on n'étendra pas seulement au président de la République, mais également au Premier ministre, aux ministres, aux membres du gouvernement, et puis également aux députés et sénateurs. Et on précisera ce que c'est que la haute trahison, c'est-à-dire la trahison des intérêts du peuple français au profit de puissances étatiques étrangères ou de puissances privées et de lobbys industriels, économiques et financiers. Ça sera clair pour tout le monde. Nous en profiterons également pour introduire l'idée de référendum d'initiative populaire, parce que ça suffit comme ça.

Ça fait maintenant des siècles, ou en tout cas des années, des années que les Français souhaitent avoir cette possibilité. Eh bien nous la créerons. Il n'y a pas de raison que les Suisses aient leurs votations, que les Californiens aient leurs référendums d'initiative populaire et qu'en France, ce soit interdit. C'est quand même un comble. Ce qui ne veut pas dire la suppression du droit de référendum du président de la République, qui continuera d'exister. Mais on créera le référendum d'initiative populaire comme c'est d'ailleurs prévu dans notre programme. On renverra à une loi organique pour préciser les modalités d'application.

Il faudra notamment définir le nombre de pétitionnaires, la validation par Conseil constitutionnel, notamment conforme ou non à la Constitution française. Et puis ensuite, on fera des référendums d'initiative populaire. Et puis nous en profiterons pour introduire la reconnaissance du vote blanc de plein exercice, qui est beaucoup demandée par un certain nombre de gens qui s'intéressent à la politique et qui veulent cette reconnaissance, qui me paraît tout à fait légitime. Vous savez ce que ça veut dire. Actuellement, si vous votez blanc, ça ne sert strictement à rien d'autre qu'à faire monter le taux de participation, parce que si vous allez voter blanc, vous êtes considéré comme un votant.

Donc ça fait monter le taux de participation. Mais en revanche, votre vote n'apparaît pas dans les suffrages exprimés. Donc dans les résultats, il n'apparaît pas. Il n'apparaît pas dans les pourcentages de suffrages exprimés. Donc finalement, c'est le contraire de ce que vous souhaitez. Vous souhaitez montrer un désaccord quand vous votez blanc. Et en fait, vous faites augmenter le taux de participation. Donc ça conforte les résultats de la personne qui est élue. Donc le vote (blanc) de plein exercice, ça veut dire que si vous allez voter blanc, il y aura une ligne...

Alors en 2012, en 1 : François Hollande, en 2 : Nicolas Sarkozy, en 3 : Marine Le Pen, en 4 : Mélenchon, en 5 : Éva Joly, et puis par exemple en 6 : les votes blancs : x%. C'est ça que ça veut dire. Et le vote blanc de plein exercice, ça a une conséquence qui a déjà été utilisée, puisque le système que je décris existe en Suède et en Uruguay, de mémoire. C'est déjà arrivé en Uruguay que, pour des élections municipales dans une ville, une assez grande ville, les votes blancs, une fois, sont arrivés en tête. Alors dans ce cas-là, lorsque le vote blanc arrive en première position, l'élection est annulée.

Elle est reportée – il y a un délai qui est à prévoir par une loi organique – de 2 ou 3 mois. Elle est réorganisée. Mais dans cette nouvelle élection, toutes les personnes qui se sont présentées au suffrage de la première sont interdites de se représenter à cette deuxième élection. En d'autres termes, c'est une espèce de révocation populaire du choix qu'on propose. Par exemple, imaginez qu'en 2012, le vote blanc existât dans cette situation et fût arrivé en tête. Ça veut dire que François Hollande, Nicolas Sarkozy, Mme Le Pen, etc., ce petit monde pouvait aller se rhabiller – si j'ose dire –. Il fallait trouver de nouvelles personnes pour se présenter à la prochaine élection présidentielle.

Ça aurait été assez rigolo et en fait assez justifié, finalement, quand on voit la bande de branquignols qu'on nous propose. Donc ça sera le paquet de réformes constitutionnelles, qui sont des réformes lourdes, quand même. Entre J+30 et J+50 interviendront les élections législatives. Pourquoi ? Parce que c'est actuellement le calendrier. Après l'élection présidentielle viennent les élections législatives, surtout depuis que le mandat présidentiel a été réduit à 5 ans. Et comme c'est le mandat également des législatives, qui est de 5 ans, vous avez vu, c'est arrivé systématiquement.

Alors il est vrai que certains prêtent à l'actuel chef de l'État l'idée lumineuse de dissoudre l'Assemblée nationale, puisqu'il en a gardé le pouvoir. Le pouvoir de dissolution n'a pas été retiré en dépit de l'adoption du quinquennat. Si François Hollande faisait ça... Ce que je ne crois pas, puisque ça reviendrait à envoyer à l'échafaud 90% des députés socialistes. Je ne pense pas qu'il s'y hasarderait. Mais enfin s'il faisait ça, effectivement, il y aurait par exemple une élection législative qui aurait lieu fin 2014 ou début 2015. Et donc 5 ans de plus, ça ferait fin 2019, début 2020.

Rien n'empêcherait néanmoins le président de la République nouvellement élu de dissoudre l'Assemblée nationale. Alors maintenant, j'entre dans un domaine de l'hypothèse que vous allez avoir à l'esprit, qui est de dire : « Mais qu'est-ce qui va se passer aux élections législatives ? », parce que pour mener le programme que nous proposons, qui est une véritable révolution... Sereine, juridique, mais une révolution quand même, au sens étymologique de la révolution, c'est-à-dire « le retour ». « Révolution » : on fait un tour complet, on revient à une situation antérieure.

Donc cette révolution que nous proposons, évidemment, pour qu'elle ait lieu, il faut que nous ayons une majorité à l'Assemblée nationale. Ça n'est pas sûr. Certains diront : « Mais vous ne l'aurez pas ». Eh bah oui, mais ils peuvent toujours le dire. Moi, je dirai : « Nous l'aurons ». Alors comment trancher ? Personne ne peut trancher à l'avance. Il faut néanmoins se rappeler l'Histoire. Dans l'Histoire...

Pas seulement en France mais en France en particulier, le peuple, quand il est consulté sur une élection décisive et qu'il fait un changement d'orientation, s'il y a une autre élection nationale qui arrive dans les semaines qui suivent, en règle très générale, non seulement il confirme son premier choix, mais il l'amplifie. Ceux d'entre vous qui étaient d'âge adulte ou adolescent – comme c'était mon cas – ou étudiant en 1981 se rappellent ce qui s'est passé en 1980. En 1980, les giscardiens, ils disaient : « Mais de toute façon, Mitterrand ne peut pas être élu », « C'est une vieille baderne », etc. Bien. Et puis les gens disaient : « De toute façon, Mitterrand, il est entouré par personne.

Il a personne avec qui diriger la France. Et puis de toute façon, Mitterrand, il n'aura pas l'Assemblée nationale, il n'aura pas la majorité. Il pourra pas gouverner ». Moi, je me rappelle, j'avais quoi, j'avais 20 ans... Non, 23 ans. Bon, moi, je savais pas très bien quoi penser. Voilà. Je me disais : « Ils ont peut-être raison. J'en sais rien ». Mitterrand a été élu. Il a dissous l'Assemblée nationale, puisqu'il avait une Assemblée nationale qui avait été élue en 1978 qui était une Assemblée nationale à majorité de droite. Mitterrand a dissous l'Assemblée nationale. Un mois après, il y a eu un raz-de-marée socialiste à l'Assemblée nationale qui a dépassé toutes les prévisions.

Les socialistes ont eu... Ils avaient (58,0%) des sièges à l'Assemblée nationale. Donc le résultat, c'est que les giscardiens n'avaient plus que leurs yeux pour pleurer. Toutes leurs prévisions avaient été démenties. Puis Mitterrand, il a sorti d'un chapeau des ministres, des nouveaux. Et puis voilà, les Français ont découvert des nouvelles têtes, se sont aperçus que finalement... Vous savez, à l'UPR, nous, nous avons pas énormément de gens, mais il y a de plus en plus de talents. Et il sera difficile de faire pire que Nadine Morano. Mais je vous assure. Ou que Najat Vallaud-Belkacem ou que... Comment il s'appelle ? Manuel Valls. On peut s'en passer. On aura – nous – des talents.

C'est très bien. Et puis les gens les découvriront. Voilà. Donc sans remonter à 1980, tout le monde a à l'esprit ce qui s'est passé en 2012. En 2012, les Français ont élu dans un geste de lucidité extraordinaire François Hollande, qui restera un des très grands chefs d'État de l'histoire de France, à l'évidence. Mais, le croirez-vous, il y avait une Assemblée nationale de droite. Et qu'est-ce qui s'est passé ? Il s'est passé la même chose qu'en 1981. Les socialistes ont eu la majorité absolue : un changement complet, parce que les Français ont voulu donner à François Hollande les moyens de gouverner. On voit d'ailleurs le résultat. Donc moi, ce que je dis...

Évidemment, je n'ai pas de certitude. Mais ce que je dis, c'est que ce qui est difficile pour nous, c'est l'élection présidentielle, bien sûr. C'est ça, le gros morceau. Faudrait déjà avoir les 500 parrainages. Je pense qu'on les aura en 2017. Faudrait pouvoir passer dans les médias. C'est ça qui est important. Mais si on arrive et si j'arrive à être élu, ça sera un tel bouleversement de la situation politique, un tel changement de cap énorme qu'il y aura un effet de souffle, comme je le disais tout à l'heure, et que la difficulté ne sera pas – me semble-t-il – d'avoir ensuite une majorité à l'Assemblée nationale, d'autant que le succès appelle le succès.

Vous savez ce qui s'est passé en France en 1944. En janvier 1944, il y a des bombardements anglo-américains à Rouen. Pétain arrive à Rouen. Il est acclamé par la population. Et puis 3 mois après, ce sont les Américains qui arrivent. Et la population acclame les Américains. Et puis après, c'est De Gaulle qui descend les Champs-Élysées. Et la population française acclame Charles de Gaulle. Voilà. Donc vous savez, voilà, plus l'UPR engrangera des suffrages et plus d'un seul coup, nous verrons des gens qui diront : « Mais en fait, j'ai toujours été d'accord avec vous ».

J'ai même dit un jour à des amis : « Vous verrez, un jour, il y a des gens qui m'expliqueront pourquoi il faut sortir de l'UE ». On n'est pas si loin. Ça commence à arriver. Voilà. Donc moi, je dirais : « Écoutez, si vous n'élisez pas une Assemblée nationale conforme avec une majorité conforme, je ne pourrai pas mettre en œuvre le programme pour lequel vous m'avez élu. Donc il y aura une crise de régime. Mais ça, je n'y crois pas. Je pense que si les Français ont l'audace, l'intelligence de faire ce choix que nous leur proposons d'un redressement vraiment national profond, à ce moment-là, le reste suivra. La difficulté n'est pas l'élection législative suivante.

La difficulté, c'est l'élection présidentielle précédente. En attendant, je me place maintenant pour la suite de cette conférence dans l'hypothèse bien entendu où nous avons la majorité à l'Assemblée nationale. Sinon, on arrête là la conférence. Et puis on recommencera pour un tour, jusqu'à ce que ça marche. Alors munis de cette majorité, à ce moment-là, avant J + 2 mois, après donc qu'on aura eu le référendum qui – je pense également – aura toiletté la Constitution comme je l'ai dit... Donc nous aurons clarifié les règles constitutionnelles.

À ce moment-là, muni d'une majorité de députés approuvant la sortie de l'UE, de l'euro et de l'OTAN, et ayant toiletté la Constitution de la République, eh bien le président de la République informera officiellement nos partenaires et l'ensemble des pays avec lesquels la France entretient des relations diplomatiques de la décision souveraine de la France de quitter l'UE et de sortir de l'euro, conformément aux dispositions juridiques de l'article 50, alinéas 1 et 2, du TUE, du traité (sur) l'Union européenne. Donc on organisera par exemple à Paris... Ça peut être aussi à Thessalonique ou à Birmingham. Mais à Paris, on organisera un conseil européen. Puis on dira...

Voilà, je dirais aux chefs d'État et de gouvernement des autres pays : « La France a décidé de sortir de l'UE. Donc de ce jour date la notification officielle, en vertu de l'alinéa 2 de l'article 50 ». C'est à partir de ce jour que commencent à décompter les fameux 2 ans maximum avant la sortir de l'Union. Et puis de la même façon, eh bien j'informerai officiellement le gouvernement des États-Unis d'Amérique et aussi l'ensemble des membres de l'OTAN – parce qu'il n'y a pas de raison de laisser ça aux États-Unis – de la décision des Français de sortir de l'OTAN. Et à ce moment-là, le délai de 1 an commencera à courir. Donc ça, c'est clair pour l'OTAN. Revenons à la sortie de l'UE.

La notification officielle entraîne l'ouverture d'un accord de retrait. C'est donc le deuxième morceau important de la procédure à suivre. C'est la négociation de l'accord de retrait de l'UE. Alors si on sort de l'UE, la meilleure image que je peux prendre, c'est de comparer ça à un divorce. Vous avez tous probablement hélas vu autour de vous – ou peut-être ça vous a même frappé vous-même – ce que c'est qu'un divorce. D'abord, il vaut mieux un divorce que si les deux conjoints passent leur temps à s'envoyer des assiettes à la tête. Il y a des moments à partir desquels les choses sont insupportables. Donc lorsque les gens divorcent...

Il y a quand même 1 mariage sur 3, maintenant, qui se termine par un divorce, même 1 mariage sur 2 – je crois – en région parisienne. Si les gens divorcent... Un divorce, ça se fait pas comme ça. C'est pas vrai. Il y a des affaires à régler. Il peut y avoir... Le couple, par exemple, habite dans un appartement. Imaginons qu'ils se soient endettés pour acheter l'appartement. On fait quoi de l'appartement ? Il appartient à qui ? Est-ce que le couple s'est marié sous le régime de la communauté universelle réduite aux acquêts ? Est-ce qu'il s'est marié sous le régime d'un contrat de mariage avec séparation des biens ?

Donc il y a des règles que vous connaissez probablement qui gèrent, qui régissent les affaires matrimoniales. Et puis il se trouve que parfois, le mari gagne beaucoup plus d'argent que la femme, qui peut parfois ne pas avoir d'emploi. Et puis il y a des enfants, parfois. Il y en a même souvent. Et les enfants, on en fait quoi ? On les donne à la garde de qui ?

Et puis si c'est la maman qui a la garde des enfants, comme c'est très généralement le cas, et si la maman gagne moins d'argent que le papa, comme c'est très généralement le cas, à ce moment-là, faut définir ce qui va être une pension alimentaire versée par le papa à la maman pour l'éducation des enfants et le maintien du niveau de vie de madame. C'est comme ça que ça se passe. J'invente rien. Vous le savez. Donc ça veut dire que vous avez une procédure judiciaire, que vous avez quelqu'un qui va examiner le dossier minutieusement, et puis au bout de quelques mois qui va trancher, qui va régler le problème : l'appartement, il appartient à qui ?

Les biens pendant le mariage, ils appartiennent à qui ? Les enfants sont gardés par qui ? La pension alimentaire, elle est versée quand ? Elle est de quel montant ? Etc., etc. Et d'ailleurs, lorsque le divorce se passe bien – ça peut se passer correctement –, c'est comme ça que les choses se passent. Mais on ne peut pas divorcer comme ça. Ça, ça n'existe pas. Eh ben c'est exactement la même chose avec l'accord de retrait de l'UE. Avec l'accord de retrait, il va falloir trancher, régler les problèmes existants, parce qu'on n'a pas passé 57 ans depuis le traité de Rome à partager le lit – si j'ose dire – de l'Allemagne, des Pays-Bas, du Luxembourg, de la Belgique, de l'Italie, etc...

On va pas les quitter comme ça. Il y a quand même des choses qui existent entre nous. Qu'est-ce qui existe entre nous ? Eh bien il y a d'abord les traités. La France est actuellement liée à l'UE par 521 traités, dont les 2 principaux que vous connaissez : le TUE – porte bien son nom – : traité (sur) l'Union européenne, le TUE, et le TFUE, le TFUE (prononcé « t'es fou » puis « téfu »), le traité sur le fonctionnement de l'Union européenne, qui porte bien son nom aussi, d'ailleurs. Eh bien à part ces deux traités, il y a par ailleurs... Je suis allé faire des recherches archéologiques au ministère des Affaires étrangères. Nous avons 521 traités où la France est partie.

P-A-R-T-I-E, elle fait État partie, est un État membre, de traités qui concernent la CEE, devenue UE. Ça, c'est un principe du droit international public. C'est ce qu'on appelle le principe de la succession des États. C'est-à-dire que l'UE est subrogée – comme on dit en droit – dans les droits de la CEE préexistante, qui s'est fondue dans l'UE. Alors par exemple, vous avez un traité, un accord entre la CEE et l'Australie sur le commerce des viandes de mouton, d'agneau et de chèvre. Qu'est-ce qu'on fait de ça ?

Vous avez un accord sur – je sais pas quoi – l'élimination des doubles impositions en cas de correction des bénéfices d'entreprises associées, la création d'un Institut universitaire européen. Ça, ça date de 1972, l'autre de 1996, etc. Donc vous avez ces traités. Il y en a 521. Eh ben va falloir les examiner. Bon, il y en a comme ça sur toute une série de sujets. Il va falloir que les diplomates regardent ça. Qu'est-ce qu'on fait ? En fait, ça sera pas si compliqué que ça. La question de ces traités sera assez facile à résoudre car soit la France n'en sera plus État partie du fait de la sortie de la France de l'UE...

Donc on dit à la limite : « Tous ces 521 traités, point barre, on n'en fait plus partie. Terminé », puis on règle l'affaire en une demi-journée. Éventuellement d'ailleurs, on pourra envisager ou non de leur substituer un nouveau traité bilatéral avec la France. Par exemple, on peut très bien envisager d'avoir un traité bilatéral avec l'Australie sur le commerce de la viande de mouton – pourquoi pas ? – si on sort de l'accord entre la CEE et l'Australie sur la viande de mouton. Soit la France négociera avec les autres États parties de l'UE d'en rester partie, si cette présence est souhaitée par notre pays, acceptée par les autres.

Après tout, on peut sortir de l'UE et envisager de rester dans le traité concernant l'accord entre les pays de l'UE et l'Australie sur la viande de mouton. Peut-être que ça sera plus simple en définitive. En tout cas, il faut en parler. Il faut en parler avec nos partenaires, savoir qu'est-ce qu'on fait, en parler en bonne intelligence. Vous savez, tous les divorces ne se passent pas mal. Il y a aussi des divorces qui se passent bien entre adultes. Le père et la mère se disent : « Voilà, on va arrêter un petit peu de se chamailler. Ça sera beaucoup plus simple entre nous ». Et puis les gens règlent ça en adultes et en bonne intelligence.

La France devra par ailleurs convenir avec ses partenaires de toute une série de détails techniques pour mener à bien ce divorce à l'amiable. Par exemple, l'accord de retrait devra trancher à partir de quelle date la France cesse de verser de l'argent à l'UE. Actuellement, – j'y reviendrai tout à l'heure – la France donne en gros bon an, mal an 21 milliards d'euros à l'UE. Et ça se fait pas comme ça le 1er janvier. Ce sont des prélèvements notamment sur les droits de douane, sur la TVA, qui abondent le budget européen. Donc à partir de quel moment on arrête ces versements ? Ça fait partie de l'accord de négociation. On pourrait dire si on était méchants : « On arrête tout de suite ».

Mais là, on est sûrs de se mettre à dos les autres. Si on est un petit peu plus intelligents et diplomates, et si on veut faciliter les négociations, on peut dire : « Attendez, on va pas être chiens. On va diminuer progressivement. Mais d'un autre côté, vous, vous nous facilitez la tâche sur d'autres sujets ». C'est ce qu'on appelle une négociation internationale. Ça peut se passer en très bonne intelligence. De la même façon, faudra trancher à partir de quelle date la France cesse de recevoir des fonds de l'UE : ce que reçoivent les agriculteurs par exemple au titre de la PAC ou les régions au titre du FEDER, ce qui est dans les tuyaux...

Vous savez, des autorisations de programme, des crédits de paiement, tout ça, c'est assez compliqué. Qui paye quoi ? Quand est-ce que ça va s'arrêter ? Qu'est-ce qu'on fait ? Qui se substitue à quoi ? À partir de quand par exemple les subventions versées aux agriculteurs par l'UE, c'est la République française qui se substituera à l'UE en versant directement les fonds aux agriculteurs, à partir de quel jour, quelle heure ? Vous voyez donc, tout ça, c'est des négociations techniques, comptables, un petit peu calées. De la même façon, solder les comptes entre la France et l'UE.

Comme vous l'imaginez probablement, si vous êtes un peu comptable, si vous avez des notions de comptabilité, des relations de cette nature, vous avez certainement des centaines et même des milliers de comptes qu'il va falloir solder les uns après les autres, et régler la question. Voilà. Il faudra également définir à partir de quelle date les représentants français au Parlement européen cessent leur mandat, nos députés européens. Je rappelle que Jean-Marie Le Pen, par exemple, commence sa 31e année de député européen. Il l'a déjà été pendant 30 ans, de 1984 à 2014. Et il recommence. Donc M.

Le Pen, qui d'ailleurs au passage, a dû se mettre au bas mot 5 millions d'euros nets d'impôts dans la poche au titre des rémunérations de député européen... Je ne parle même pas des frais de secrétariat qui sont beaucoup plus dodus. M. Le Pen, va falloir un jour lui dire : « Ça y est, finita la commedia, terminé ». Et puis la fille aussi. Elle a déjà touché 1,6 million d'euros. Ça lui a permis de payer sa nouvelle maison, là, en banlieue parisienne, puisqu'elle était chez papa, maman encore. Vous savez, elle avait – quoi – 47 ans (NDLR : 43 ans), elle était chez papa, maman. Elle était candidate à la présidence de la République, elle était encore chez papa, maman. Ça fait...

Bah vous avez suivi cette affaire. Et puis M. Mélenchon aussi, et puis les gens du Parti de gauche. « Bah tout ça, c'est fini. Allez, voilà, on rentre à la maison. Vous touchez plus l'argent de député européen ». À partir de quand ? De la même façon, ce que devient le Parlement européen de Strasbourg. Il n'y a plus de raison – d'ailleurs, ça ne pourra plus avoir lieu – que le Parlement se tienne à Strasbourg. Ça tombe bien, parce que tous les autres États européens en ont assez et ne veulent plus aller à Strasbourg. Ils veulent que toutes les sessions aient lieu dans le parlement de Bruxelles, puisque vous connaissez peut-être...

Sinon, je vous renvoie à la conférence que j'ai faite qui s'appelle « L'Europe, c'est la paie », mais ça s'écrit P-A-I-E, qui montre tout l'argent que les gens reçoivent. Vous savez donc qu'il y a deux hémicycles, deux parlements : l'un à Strasbourg et l'autre à Bruxelles. Les députés européens en ont assez. Eh bien nous, nous dirons : « C'est fini. Il n'y a plus de Parlement européen à Strasbourg ». Mais nous avons prévu une solution pour nos amis strasbourgeois, nos compatriotes strasbourgeois, dont ils n'auront pas à se plaindre. J'en parlerai tout à l'heure. Ça sera une solution qui leur sera très favorable.

Nous parlerons également de ce que deviennent les représentations diplomatiques conjointes avec d'autres pays de l'UE. Il y a des endroits un peu improbables comme à Oulan-Bator, capitale de la Mongolie, où c'est le même bâtiment qui abrite l'ambassade de la République d'Allemagne et de la République française. Nous établirons également à partir de quelle date les fonctionnaires français employés dans les institutions européennes : les fonctionnaires qui sont à la Commission, les fonctionnaires qui sont à la BCE, les fonctionnaires qui sont à la Cour de justice de l'UE, etc., cessent d'exercer leurs fonctions, et puis comment ils s'en vont.

Si c'est quelqu'un qui est là depuis 10 ou 12 ans, est-ce qu'il a droit à une prime de départ ? Voilà, tout ça, ça fait partie de ces négociations qu'il va falloir mener. Etc., etc. Les enseignements de tout ce que je viens de vous montrer sont importants, je crois. Le premier enseignement, c'est que la plupart de ces problèmes techniques devraient pouvoir être réglés dans les 6 mois ou 1 an, si on met les diplomates au travail – ce qui n'est pas toujours une mince affaire –. Si on les met au travail, il faudra en gros 6 mois ou 1 an pour régler ces questions. Peut-être qu'il y aura des points d'achoppement qui dureront un petit peu plus longtemps.

Mais le fait que le traité prévoie 2 ans maximum est quelque chose d'assez bien vu. Probablement, en 1 an, on aura à peu près tout réglé. Ça peut même aller beaucoup plus vite si on est plus expéditif sur certaines questions. Le deuxième enseignement, c'est que tous les points que je viens d'évoquer sont indispensables à régler. Vous en êtes conscients. On peut pas sortir de l'UE comme ça. Les {parlementaires} (Asselineau voulait dire autre chose visiblement) français qui sont à la Commission, à la Cour de justice, au Parlement, les députés, tous les traités qui sont en cours, on en fait quoi ? Donc c'est extrêmement concret, ce que je vous dis.

Alors dans la mesure où c'est indispensable à régler, ça prouve 3 choses. La première chose, c'est que l'article 50 du TUE n'a pas du tout pour objet d'empêcher un État de sortir de l'UE. Il y a des gens qui le croient, qui me disent : « Oh, mais Asselineau, il est d'une naïveté invraisemblable. Cet article est fait pour empêcher les pays de sortir ». Mais non. Pas du tout. Il est fait au contraire pour que la sortie se passe le mieux possible, que ça se passe de façon ordonnée, avec bon sens, en concertation légitime avec les autres États.

Je le disais d'ailleurs hier, je l'ai dit à la radio tout à l'heure : il faut être conscient de quelque chose qui est extrêmement évident : lorsque la France sera sortie de l'UE, elle restera frontalière de l'Allemagne, de l'Italie, de l'Espagne et de la Belgique, du Luxembourg, et à travers la Manche du Royaume-Uni. Notre objectif à nous est de rester en bons termes avec des voisins dont nous partageons l'histoire commune depuis 2 500 ans. Donc notre intérêt collectif à nous Français mais aussi aux Allemands, aux Italiens, etc., c'est que ce divorce se passe le mieux possible, à l'amiable.

D'où la nécessité absolue de traiter entre gens adultes, entre responsables adultes cet accord de sortie. C'est donc tout simplement du bon sens. Et c'est quelque chose auquel je tiens beaucoup. Nous sommes respectueux du droit, mais nous sommes aussi respectueux du bon sens, et nous voulons rester en très bons termes avec les autres pays de l'UE. D'ailleurs, je le dis souvent : c'est la construction européenne qui est en train d'aigrir les rapports entre les peuples. De plus en plus de Français redeviennent anti-Allemands. Je parle même pas des Grecs et des Italiens, des Espagnols. Et ça, c'est mauvais. Donc nous, nous voulons pour calmer le jeu redevenir...

Comme dit le proverbe : « Chacun chez soi, les vaches seront bien gardées ». Donc chacun rentre chez soi, et en bons termes avec les autres. C'est la première chose. La deuxième chose, c'est que les partis politiques français qui osent dire que l'UPR ferait du juridisme... J'en ai parlé tout à l'heure. Il y a des internautes, des partisans de Mme Le Pen ou de M. Dupont-Aignan qui brocardent notre volonté de sortir de l'UE par l'article 50 en disant qu'on ferait du juridisme. Mais ils se moquent des électeurs ! Parce qu'article 50 ou pas article 50, il faudra bien régler ces questions. Le plus fort étant – je l'ai déjà dit – qu'ils ne proposent même pas de sortir de l'UE.

Mais le troisième point, c'est que justement, les partis politiques qui dénigrent l'article 50 – le FN et DLF par exemple – n'ont tout bonnement pas étudié la question. D'ailleurs, ils ont jamais fait de conférence comparable à la mienne. Ils ont pas étudié la question tout simplement parce qu'ils ne proposent pas de sortir de l'UE. C'est tout simplement ça. Donc ils n'ont même pas réfléchi à ce qui se passerait lorsqu'on sortira de l'Union.

Nous sommes le seul mouvement politique à avoir réfléchi et à le présenter publiquement, ce qui confirme encore une fois à quel point nous sommes un mouvement honnête, compétent et fiable, puisque nous, nous prenons à bras-le-corps les problèmes, et puis on explique aux Français ce qu'il faudra faire. Les autres, ils font rien. Ce sont des fainéants qui lancent des slogans et qui n'ont même pas réfléchi à ce qui se passerait s'ils arrivaient au pouvoir. Les critiques contre l'article 50, en fait, n'ont pour but que de tenter de contredire l'UPR.

Alors la sortie de l'euro sera le troisième morceau important de ces réformes des jours pendant les premières décisions, la sortie de l'euro et le rétablissement du franc. Eh bien nous fixerons d'abord le nom de la monnaie. Pas de mystère : conformément à toute son histoire nationale, la France adoptera le franc, « le franc », c'est-à-dire « le libre », parce que « franc », ça veut dire « libre », et ça veut dire aussi « honnête ». Je l'ai dit tout à l'heure : « franc », c'est polysémique, comme on dit. Ça a plusieurs sens. « Être franc », ça veut dire « être honnête », « être sincère », « être direct », également. Et puis « être franc », ça veut dire « être libre ».

Par exemple, « franco de port », une franchise de douane, ça veut dire qu'il y a exemption, gratuité, etc. Et puis « franc », ça veut dire « libre », étymologiquement. Je voudrais rappeler à ce propos... C'est un petit clin d'œil historique, mais qui me paraît important et qui donnera peut-être envie à ceux d'entre vous qui ne connaissent pas encore ma conférence sur l'histoire de France d'aller y jeter un œil. Je voudrais vous rappeler d'où vient le franc. En 1356, pendant la guerre de Cent Ans, le roi de France s'appelait Jean II, appelé également Jean le Bon. Et « le Bon », c'était une façon gentille de dire qu'il était un peu neuneu, quoi. C'est Jean le Con, en fait.

Il avait un fils qui était quelqu'un de remarquable, mais était encore un enfant à l'époque, qui deviendra le grand roi Charles V : l'un des grands rois de France pas très connus, mais néanmoins un des très grands rois de France, Charles V. En revanche, Jean II, eh bien il est très gentil, mais enfin il se bat à Poitiers en 1356, et il est fait prisonnier par le Prince Noir, qui est le prince de Galles, qui est l'héritier du trône britannique. Nous sommes en pleine guerre de Cent Ans. Donc l'Aquitaine, ça va jusqu'à Poitiers. L'Aquitaine appartient notamment aux Anglais. Et le roi de France est arrêté par l'armée anglaise, ceinturé. Il est fait prisonnier.

C'est pas d'ailleurs la première fois... Enfin c'est pas la seule fois – plus exactement – que ça arrivera dans notre histoire nationale que le roi de France soit fait prisonnier. C'est arrivé à François Ier à la bataille de Pavie. C'est arrivé également à Napoléon III à Sedan le 4 septembre 1870. En attendant, comme nous sommes au Moyen Âge, qu'est-ce qui se passe ? Eh bien Jean le Bon est embarqué en Angleterre. Vous connaissez ce portrait, certainement, qui est assez célèbre. Il est emmené en prison en Angleterre. Il est mis sous les verrous par son cousin Sa Gracieuse Majesté. Tout ce petit monde est cousin. « Mon cher cousin »... Donc on le met en prison. Mais c'est une prison dorée.

Il est à la tour de Londres, je crois. Il a des appartements, des tapis, il est chauffé, la vaisselle en étain ou en argent. Il est très bien traité. Mais il n'a pas sa liberté de mouvement. Et puis les Britanniques... Enfin comme nous sommes au Moyen Âge, les Anglais se comportent tel un terroriste moyen. C'est-à-dire qu'ils demandent pour libérer le roi de France d'une part que la France cède à l'Angleterre un certain nombre de terres, je crois plus ou moins dans l'Artois ou dans le Cambrésis – je me rappelle plus très bien –, et puis également une rançon, une rançon, rançon en or.

Et pour la première fois dans l'histoire nationale, nous allons avoir les Français, les habitants du royaume de France qui vont être sollicités pour récupérer leur bon roi qui a été fait prisonnier en 1356. Pendant plusieurs mois, même plusieurs années, on va demander aux gens de donner un petit peu quelque chose. Alors il y a des gens qui vont donner un canard, un poulet, etc., un cochon. Tout ça, ça ira chez les changeurs, qui achèteront puis qui donneront un petit peu d'argent en échange. Ça sera éventuellement de la monnaie en argent. Puis il y a des gens un peu plus riches qui ont un petit peu une monnaie en argent, qui se payent des gros tournois, par exemple.

Et puis d'autres peuvent avoir un petit peu d'or. Tout ça va être collecté. Et puis on va aller chez des changeurs. Et on va collecter, transformer tout ça en or au bout du compte. Et tout cet or collecté va permettre de payer la rançon, puisqu'à l'époque, dans les relations internationales, on ne connaît que l'or et l'argent. Ça durera d'ailleurs jusqu'au XXe siècle, même jusqu'au 15 août 1971. C'est que depuis que les accords de Bretton Woods ont été rompus, que maintenant, on prétend régler des dettes énormes avec même plus du papier mais des chiffres sur un compteur. Un jour, ça va se terminer, cette histoire, cette rigolade.

Depuis que le monde est monde, les gens, pour payer du numéraire, ça se faisait avec de l'argent ou de l'or sonnant et trébuchant. Donc cet or est collationné. Et puis on fonde une pièce que l'on frappe, qui est cette pièce qui est restée extrêmement célèbre, que vous connaissez sans doute, en tout cas que vous connaissez certainement si vous avez vu avec attention ma conférence sur l'histoire de France. C'est la rançon pour libérer le roi qui va être financée par cette quête auprès de tous les Français et payée avec cette nouvelle pièce en or, et sur laquelle je fais un agrandissement. Autour de la pièce, il est marqué le long du listel « IOHANNES DEI GRATIA FRANCORUM REX ».

Ça veut dire : Jean : Johannes, dei : par Dieu, gratia : la grâce, francorum : des Français, rex : le roi. « Jean, par la grâce de Dieu roi des Français ». Et puis vous voyez : le roi, il est sur un cheval caparaçonné, comme on dit, c'est-à-dire portant une espèce de grand vêtement avec des fleurs de lys. On voit que le roi porte un heaume avec une couronne et des fleurs de lys. Et surtout, ce que l'on voit, c'est qu'il est au triple galop. Et puis il y a un cercle qui est la représentation métaphorique de la prison dans laquelle il a été en prisonnier pendant 4 ans, le temps qu'on réunisse la rançon. Et puis comme vous le voyez, l'épée du roi, elle sort du cercle.

Et puis les pattes avant du cheval sortent également de la prison symbolique. Et puis les pattes arrière du cheval sortent aussi de la prison symbolique. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire : c'est la libération du roi. Il part au triple galop de sa prison dont il s'échappe. C'est ça que veut dire cette très jolie pièce en or, dans notre numismatique nationale. Et comme « la liberté », « libre », ça s'appelle « franc », la pièce va s'appeler « le franc à cheval ». Et nous allons donc voir arriver pour la première fois dans l'histoire de France une pièce qui s'appelle « le franc ». « Le franc », ça veut dire « le libre ».

C'est extrêmement important à la fois du point de vue historique et du point de vue étymologique. Ça veut dire que la naissance du franc pour libérer le souverain date de 1360. Être français, c'est avoir sa propre monnaie pour être libre. Et parmi les scansions de l'Histoire – comme je disais tout à l'heure – auxquelles il faut être sensible, il faut savoir qu'après Jean le Bon, qui a donc regagné le royaume de France, est monté sur le trône son fils Charles V, qui a fait fabriquer, frapper des pièces en or qui le représentaient, lui Charles V, à pied, et que l'on appelait « le franc à pied », qui était libre, et puis ses successeurs.

Et le franc a disparu de la numismatique nationale, a été définitiv... Pas définitivement, mais a été temporairement remplacé par l'écu au temps de Louis XIV. Il n'y a plus de franc sous Louis XIV. Or, ce qui est extraordinaire, c'est que Louis XIV est celui qui a imposé à la France une dictature : la monarchie absolue, « L'État, c'est moi » : c'est un propos apocryphe qu'on lui prête, mais qui traduit bien une pensée. C'est-à-dire que Louis XIV va briser les féodalités, ce qui est bien, mais il va imposer une dictature, ce qui est moins bien. Et donc le franc a disparu de la France lorsqu'on a établi une dictature. Et puis le franc est réapparu. Il est réapparu quand ?

C'est le franc germinal à la Révolution. Et puis le franc a toujours existé depuis la Révolution jusqu'au 17 février 2002, où il a disparu pour être remplacé par l'euro, et où la République française a été remplacée par une nouvelle dictature qui ne dit pas son nom, qui est la dictature européiste. Donc c'est tout à fait fascinant – je le disais pour d'autres choses tout à l'heure – : l'Histoire ne se répète jamais, mais elle bégaye tout le temps. Ce sont les mêmes archétypes historiques qui se reproduisent, mais sous d'autres formes.

Le franc est apparu en 1360 pour la liberté du souverain, a disparu sous Louis XIV au moment de l'établissement de la monarchie absolue, est réapparu au moment de la Révolution française, du retour à la démocratie contre la monarchie absolue, a disparu en 2002 au profit de la dictature européiste. Quand nous recréerons le franc, eh bien ça sera dans ces scansions : c'est le rétablissement de la démocratie en France. Le calendrier : avant J + 2 mois, nous ferons donc la notification aux partenaires de la décision souveraine de quitter l'UE et de sortir de l'euro conformément aux dispositions légales, l'article 50 – je vous l'ai dit –.

Dans les jours suivants, la République française rétablira le contrôle des mouvements de capitaux. En fait, ce contrôle des mouvements de capitaux existera – je l'ai dit – très probablement dès avant l'élection présidentielle pour lutter contre la spéculation. Un appel d'offres sera lancé pour procéder à la fabrication des pièces et des billets de notre nouvelle monnaie nationale, avec des contraintes spécifiques de sécurité et de délai. Avant J + 3 mois, l'État passera commande des pièces et billets aux soumissionnaires retenus pour l'appel d'offres. Avant J + 7 mois sera la mise en circulation des nouvelles pièces, des billets en francs.

Ce qu'il faut savoir, ce qui est bon à savoir, c'est que la France est l'un des champions mondiaux de la production de billets selon les critères de sécurité des technologies les plus en pointe. La France dispose en effet de l'usine de la Banque de France à Chamalières, notamment, et de l'usine de l'entreprise privée François-Charles Oberthur Fiduciaire, troisième imprimeur mondial de billets de banque et n°1 mondial des documents d'identification : les passeports, etc. Faut savoir qu'énormément de pays dans le monde font fabriquer leurs passeports par exemple ou leurs pièces d'identité en France, notamment chez François-Charles Oberthur.

Par exemple, ici, vous avez un spécimen des billets de l'Uruguay, qui ont été fabriqués récemment par FCOF, par Oberthur. La France imprime la monnaie papier ou les documents d'identification de plus de 70 pays. D'ailleurs, les deux usines que nous possédons en France : à la fois à Chamalières, de la Banque de France, et d'Oberthur, ont été sélectionnées et fabriquent des billets en euros. C'est dire à quel point nous n'avons aucun risque de contrainte technique ou d'approvisionnement en papier, par exemple, dans la fabrication de la nouvelle monnaie fiduciaire. Personne ne peut nous mettre des bâtons dans les roues.

On est parmi les principaux producteurs et experts mondiaux, sinon le premier. Donc aucun risque technique de ce point de vue-là. Alors la fixation du graphisme... Je vous l'ai dit tout à l'heure : l'UPR est un mouvement de libération nationale qui se situe au-delà du clivage droite-gauche. Nous rassemblons des Français de toutes les origines, de toutes les convictions politiques et religieuses pour défendre ce qui est notre bien commun, notre ultime bien commun à tous. Le plus grand dénominateur commun des Français, c'est notre pays, c'est la France, c'est la liberté, la souveraineté de notre pays.

Donc dans ces conditions, nous veillerons à ce que le graphisme des nouveaux billets en francs rende hommage... Dans la mesure évidemment des moyens techniques et du nombre de billets. On va pas faire des centaines et des centaines de billets. Rende hommage aux grands idéaux républicains et à tous les Français, quelles que soient leurs origines et leurs convictions, qui se sont battus souvent au péril de leur vie pour que vive la France, le pays des hommes libres, parce que la France, ça veut dire « le pays des hommes libres ». Il y a deux pays au monde qui s'appellent « le pays des hommes libres ». C'est la France et c'est la Thaïlande.

« Thaïlande », ça veut dire « pays des hommes libres ». D'ailleurs, il n'est pas inutile – en tout cas, c'est un clin d'œil de l'Histoire et de l'étymologie – de savoir que la Thaïlande est le seul pays au monde pratiquement à n'avoir jamais été colonisé. Il n'y en a pas 50. Toute l'Afrique a été colonisée. Toute l'Amérique a été colonisée. Toute l'Asie a été colonisée, à l'exception du Japon, mais qui a quand même été colonisé à partir de 1945 lorsque les États-Unis ont débarqué après Hiroshima et Nagasaki. Et donc qui n'a pas été colonisé ? La Thaïlande – voilà –, qui s'est opposée à la France, notamment au Cambodge. Bref. Alors la fixation du graphisme...

C'est ce qu'on va faire : on va rendre hommage à tous les Français : des hommes, des femmes, des gens de toutes les couleurs, de toutes les convictions et de toutes les opinions politiques. Le premier billet, eh bien ça sera le billet de 5 francs, qui représentera avec ici – vous voyez – un filigrane, qui représentera à l'avers le premier franc de 1360 que je vous ai décrit à l'instant. Ça sera la première fois qu'il figurera sur un billet. Ça sera la première fois qu'on rendra hommage à Jean le Bon sur un billet de banque.

Et puis au revers, ça sera Jeanne d'Arc, Jeanne d'Arc la pucelle d'Orléans, morte en 1431, brûlée vive à la demande de l'évêque Cauchon, représentant l'intelligentsia parisienne qui jouait déjà le jeu de l'étranger, qui collaborait avec les Anglais contre le royaume de France. Jeanne d'Arc qui a été canonisée en 1920, très tardivement. Jeanne d'Arc qui est devenue au fil des siècles, notamment au cours du XIXe et du XXe siècles, une espèce de figure allégorique de la droite française, pour ne pas dire de l'extrême-droite, qui aime à se prévaloir de Jeanne d'Arc.

Outre qu'il n'y a aucune raison de laisser Jeanne d'Arc à l'extrême-droite, c'est quand même un symbole et un signal que nous enverrons à tous les Français de droite qui ont rejoint l'UPR et qui veulent se battre pour la France. Sur ce billet figurera comme sur tous les autres un filigrane, qui représentera ici Marianne, ici la bande métallisée holographique, ici la bande iridescente, et puis vous ne le voyez pas, mais le fil de sécurité sombre observable uniquement en transparent, c'est-à-dire selon tous les critères de la sécurité contemporaine.

Le billet de 10 francs, lui, représentera et rendra hommage aux révolutionnaires, avec à l'avers ce fameux tableau d'Isidore Pils, qui est un tableau apocryphe qui date d'environ 1840-1845, qui représente Rouget de Lisle chantant la Marseillaise : le chant de l'armée du Rhin, en avril 1792 à Strasbourg, et puis au revers un hommage aux sans-culottes, qui ont renversé la monarchie. On rendra donc hommage à la monarchie dans le billet de 5 francs. On rendra hommage à ceux qui ont renversé la monarchie dans le billet de 10 francs, ce qui est tout à fait logique puisque l'Histoire ne se coupe pas en morceaux.

La France, elle est le fruit de siècles et de siècles de monarques qui ont fait la France. Les Capétiens, notamment, ont fait la France. Et on doit leur rendre hommage. Et puis la France est aussi le fruit de la Révolution française à laquelle nous devons tant. Et notamment, nous représenterons ici un sans-culotte. Je rappelle au passage que le sans-culotte, ça n'est pas quelqu'un qui se promène tout nu. Le sans-culotte, c'est quelqu'un qui ne porte pas de culotte. Et la culotte, ça n'est pas... Comme certains d'entre vous qui ont l'esprit mal placé pourraient le penser, ça n'est pas une petite culotte. La culotte, c'est ce qu'on appelle maintenant un pantacourt.

Ça s'arrête au niveau du genou. C'est porté par les aristocrates. C'est en velours. Et en dessous, il y a un bas de soie qui va jusqu'à des escarpins. C'était ainsi qu'étaient habillés tous les aristocrates en France. Donc les aristocrates se moquaient du peuple parce que le peuple portait ce que l'on appelait à l'époque des chausses et que l'on appelle aujourd'hui des pantalons ou des jeans. C'est plutôt l'équivalent du jean, puisque maintenant, le jean est porté par une grande partie de Français. Voilà. Donc c'étaient les sans-culottes. Et c'est le côté bravache des Français.

Puisque les aristocrates les méprisaient pour ne pas avoir de culotte, eh bien de façon provocatrice comme aiment l'être les Français, ils ont dit : « Oui, nous sommes des sans-culottes ». Ça, c'est un esprit très français. Le coq gaulois, c'est la même chose. « Gaulois », c'est « gallus », en romain. Ça fait une allitération avec la Gaule. Et donc c'est un sobriquet qu'on a donné aux Gaulois, aux habitants de la Gaule : le coq, parce que c'est ce côté : ce volatile un peu ridicule en haut de son tas de fumier qui pousse des « Cocorico ». Les Français ont transformé ça en un truc positif. À partir de Louis-Philippe, on a pris ça comme emblème, par provocation.

Comme de nos jours d'ailleurs, les immigrés clandestins, conseillés par des Français, se sont baptisés sans-papiers, ils en tirent un titre de gloire. C'est le même type de provocation à travers les siècles. C'est tout à fait intéressant à noter. Et je renvoie à l'analyse que j'ai faite de la Marseillaise. « Le sang impur », c'est la même chose. Ne croyez pas que la Marseillaise soit un chant raciste. C'est un mensonge. C'est de la désinformation. Il ne pouvait pas y avoir de chant raciste en 1792. C'était les Français qui se battaient contre les troupes européennes et les Allemands. Il n'y avait pas de Noirs, il n'y avait pas d'Arabes dans les armées allemandes de 1792.

Les théories raciales vont intervenir avec le comte de Gobineau, avec la théorie sur l'inégalité des races humaines, à partir de 1845. « Le sang impur », c'est le sang du peuple, puisque les aristocrates prétendaient avoir le sang pur. Ils avaient le sang bleu. D'ailleurs, la famille royale avait le sang bleu. Les aristocrates avaient le sang pur. Et puis le peuple avait le sang impur.

Et comme le peuple était souvent dans les champs – puisqu'il y avait 90% de paysans –, ils étaient au soleil, ils avaient la peau hâlée, alors que le grand critère de beauté de l'époque, c'est que les dames de l'aristocratie devaient avoir le teint ivoire le plus pâle possible, ce qui montrait d'ailleurs qu'elles ne faisaient pas les travaux des champs. Et on reliait cette différence de couleur de peau à la qualité du sang. C'est comme ça que les gens raisonnaient.

Donc lorsque vous avez dans la Marseillaise : « qu'un sang impur abreuve nos sillons », ça veut dire : il faut que le sang du peuple martyr va abreuver les sillons, ça va permettre de faire naître de nouveaux résistants : c'est dans le 4e couplet que ça apparaît. Je renvoie à ma conférence sur l'histoire de France. Mais c'est quelque chose d'important à préciser. Le nouveau billet de 20 francs, lui, rendra hommage aux Français de gauche, de la gauche socialiste notamment, avec à l'avers Gambetta, ici proclamant la République depuis l'hôtel de ville de Paris en septembre 1870 après la chute de Napoléon III...

Et là, je fais un petit clin d'œil à Gambetta, Léon Gambetta, qui n'est pas forcément très bien connu. D'ailleurs, Gambetta s'est fait connaître notamment après la crise du 16 mai 1877. Nous sommes dans les débuts de la IIIe République. Il y a eu un premier président de la République. Vous savez, c'était Louis-Napoléon Bonaparte en 1848, et puis qui a fait le coup d'État, qui s'est proclamé empereur. Ça a mal commencé. Le deuxième président de la République française a été Adolphe Thiers, qui était un monarchiste. Le troisième président de la République s'appelle Patrice de Mac Mahon. Il est le descendant d'une famille venue d'Écosse, au temps de Louis XIV – je crois –.

Il est président de la République française, mais il est monarchiste lui aussi. D'ailleurs, une grande partie des Français sont monarchistes en 1877. Je vous renvoie là aussi à ma conférence sur l'Histoire. Et puis Patrice de Mac Mahon, le 16 mai 1877, décide de faire un coup de force et d'essayer de transformer la présidence de la République en espèce de pouvoir presque dictatorial, en tout cas imposant sa volonté au Parlement, à la Chambre des députés. Ça crée une crise de régime. Et Léon Gambetta, lui, va s'opposer à ce coup de force et va dire : « C'est pas possible. La démocratie, c'est qu'au bout du compte, c'est pas le président de la République qui doit triompher.

C'est la Chambre des députés ». Et donc il va y avoir une campagne électorale qui va battre, qui va se dérouler entre les mois de mai, juin, juillet et août. Et Léon Gambetta va faire quoi ? Il va créer un parti politique qui va s'appeler l'Union républicaine. Et puis il va faire des conférences à travers toute la France. Ça vous rappelle peut-être quelque chose. Plutôt que des conférences, disons des réunions publiques. Je suis pas sûr qu'il avait un Power Point. Et il va à travers toute la France. Et il ameute les Français en disant : « Il faut que vous vous battiez pour la démocratie ». Et notamment, il va faire un discours qui est resté célèbre, du moins pour sa chute finale.

C'est le discours qu'il fait à Lille au mois d'août 1877 et que je vous relis, du moins la fin de ce beau discours. Il dit... Parce que certains disaient : « Mais de toute façon, l'oligarchie, les tenants du régime vont jamais vous laisser imposer la démocratie en France. Vous ne pourrez pas appliquer votre programme » : ce que nous, on nous dit. Et qu'est-ce que dit Gambetta ? Il dit : « Ne croyez pas que quand ces millions de Français : paysans, ouvriers, bourgeois, électeurs de la libre terre française...

» – la libre terre française – « ...auront fait leur choix, et précisément dans les termes où la question est posée, ne croyez pas que quand ils auront indiqué leur préférence et fait connaître leur volonté, ne croyez pas que lorsque tant de millions de Français auront parlé, ... » – ça veut dire « auront voté » – « ...il y ait personne, à quelque degré de l’échelle politique ou administrative qu’il soit placé, qui puisse résister ». Et il conclut son discours : « Quand la France aura fait entendre sa voix souveraine, croyez-le bien, messieurs, il faudra se soumettre ou se démettre ». Gambetta, 15 août 1877, discours à Lille.

Et vous avez peut-être entendu cette phrase : « Il faut se soumettre où se démettre ». Ça fait référence à ce discours. Mais nous, nous disons exactement la même chose.

Ne croyez pas, messieurs de Goldman Sachs, de JP Morgan, de la BCE, de la Commission européenne, de Washington et de l'OTAN, ne croyez pas, messieurs, que quand des millions de Français, électeurs de la libre terre française, auront fait leur choix de quitter l'UE, l'euro et l'OTAN, ne croyez pas qu'il y ait personne parmi vous qui puisse résister, parce que quand la France aura fait entendre sa voix souveraine, croyez-le bien, messieurs de Goldman Sachs, de JP Morgan, de la Commission européenne, de la BCE, de l'OTAN, de Washington : il faudra se soumettre ou se démettre. Tout y est. L'histoire de France nous donne la solution de ce qu'il faut faire : celle que nous vous proposons.

Et puis au revers de ce billet de 20 francs, toujours pour célébrer les Français de gauche, eh bien Jean Jaurès. Jean Jaurès, qui est mort en juillet 1914 comme vous le savez parce qu'il s'opposait au jeu des alliances automatiques qui nous entraînaient vers l'abîme. La France avait fait une alliance avec l'Empire des tsars : la visite de Nicolas II, d'Alexandra Fedorovna sa femme, la tsarine, qui avaient été reçus en 1896 à Paris par Félix Faure. C'était l'alliance franco-russe pour faire la paix, pour garantir la paix par rapport aux empires centraux. Et puis l'alliance de 1905 avec Théophile Delcassé du côté français pour faire l'entente cordiale avec le Royaume-Uni.

Et c'est ces alliances-là qui étaient prétendues faire la paix qui nous ont entraînés au désastre, parce que lorsqu'il y a eu l'attentat de Sarajevo, il y a eu un jeu de court-circuit qui s'est brutalement passé. L'Autriche a demandé des comptes à la Serbie, qui a refusé une des 14 conditions qui avaient été imposées. L'Autriche a déclaré la guerre à la Serbie. La Serbie avait des accords avec la Russie. Tout d'un seul coup nous a embrasés. Et Jaurès s'y est opposé. Il a été assassiné par un assassin qui portait le nom de Raoul Villain. Et d'ailleurs, on a oublié de dire qu'il a été acquitté en (1919). En attendant, ce qu'il faut savoir, c'est que nous sommes dans la même situation.

Je renvoie à ma conférence qui s'appelle « L'Europe, c'est la guerre ». Nous sommes en train en ce moment de recréer les mêmes conditions de 1914, le même jeu des alliances automatiques. Cette fois-ci, les empires centraux à combattre, ce n'est pas l'Empire wilhelminien, l'Empire bismarckien, la Prusse devenue Allemagne, et ça n'est pas l'Empire austro-hongrois. Désormais, les empires centraux... L'Histoire ne se répète jamais, elle bégaye tout le temps. Désormais, les empires centraux, c'est la Russie poutinienne – si j'ose dire – et le monde arabo-musulman. Si vous avez compris ça, vous avez tout compris sur ce qui risque d'arriver.

Le billet de 50 (francs) est peut-être celui que je trouve le plus émouvant, puisque lui rend hommage un peu aux extrêmes. Il rend hommage côté avers à l'extrême-gauche ainsi qu'aux immigrés et aux étrangers qui se sont battus pour que vive la France. C'est une reproduction de la photo des membres du réseau de Missak Manouchian, fusillés au mont Valérien le 21 février 1944, pour que vive la France, avec des gens qui étaient arméniens, italiens, polonais, juifs, communistes pratiquement tous, et qui bien que n'étant pas de nationalité française, faisaient partie de la Résistance et ont été fusillés, et sont morts pour la Patrie.

Façon de rendre hommage à tous ces étrangers qui sont morts pour la France et dont on trouve d'ailleurs des traces même à Valmy. Vous savez, l'un des fidèles lieutenants de celui qui allait devenir Bolivar était à la bataille de Valmy. Des étrangers sont venus se battre pour défendre la République française contre les troupes de l'Europe coalisée.

Et je ne cesse personnellement de rappeler que nous avons une dette d'honneur vis-à-vis notamment de tous les Sénégalais qui sont morts en 1915-1916, qui sont venus se battre à Verdun, que l'on envoyait souvent parmi les premiers, ou bien les Algériens ou les Marocains, que l'on envoyait souvent parmi les premiers se faire tuer à Monte Cassino en 1944. Et puis le revers de ce billet, c'est pratiquement l'inverse. Le revers de ce billet, c'est Honoré d'Estienne d'Orves : une très grande famille aristocratique française très à droite, catholique, qui lui aussi...

Qui était de la Marine nationale et qui a été fusillé au mont Valérien le 29 août 1941, lui aussi pour que vive la France, ce qui montre que la France est capable de rassembler autour d'elle des gens de conditions sociales extraordinairement différentes, mais qui ont le même idéal. C'est de faire que la France reste le pays des hommes libres. Le billet de 100 francs représentera Charles de Gaulle, chef de la France libre en juin 1940. Je n'ai rien à ajouter, si ce n'est que Charles de Gaulle, comme d'ailleurs toutes les personnalités citées auparavant, n'ont jamais fait l'objet d'un billet en France, d'un billet de francs.

Et donc il est temps de rendre hommage au fondateur de la France libre, de la Résistance et de la Ve République. Et puis le revers de ce billet de 100 francs rendra hommage à Félix Éboué, compagnon de la Libération : un compatriote noir. Jamais, en tout cas dans les billets de la... Dans les billets de coloniaux, ça a déjà été le cas, mais dans les billets de la République française, il n'y a jamais eu de billets qui représentent certains compatriotes français noirs. Vous savez que Félix Éboué a sauvé l'honneur de la haute fonction publique française, puisqu'il a été le premier haut fonctionnaire français à rallier Charles de Gaulle.

Or, Félix Éboué était un descendant d'esclaves, qui avait été transféré au XVIIe, au XVIIIe siècles dans la traite des Noirs en Guyane française. Ses ancêtres avaient été rendus libres notamment après 1848, avec Victor Schœlcher, l'abolition de l'esclavage par la République française. Il en était un descendant. Il était le gouverneur du Tchad. Et Félix Éboué a été le premier haut fonctionnaire à rallier De Gaulle quand tous les hauts fonctionnaires avaient rallié Vichy.

Ça sera pour nous une façon de rendre hommage à cette personne qui a été finalement peu connue de l'histoire de France, et une façon également de rendre hommage à tous les Français, y compris à nos compatriotes noirs, qui méritent bien cet hommage de la Patrie. Le billet de 200 francs, enfin le dernier billet, eh bien représentera... Ça, on se fera un petit plaisir collectif, si je peux me permettre. C'est la statue de la République place de la République à Paris, qui brandit un rameau d'olivier, symbole de paix et de République. Ça sera évidemment un clin d'œil de fin gourmet pour les gens qui auront travaillé au développement de l'UPR, avec son rameau d'olivier.

Et puis au verso, ça sera le génie de la liberté, au sommet de la colonne de la place de la Bastille, où figurent les noms des quelques 3 000 Parisiens et Français qui ont été fusillés, assassinés en fait par les troupes de Charles X en 1830 pour essayer de rétablir la République. Vous savez d'ailleurs que cette révolution a été volée aux Français, au peuple de Paris par un banquier, notamment le banquier Laffitte, avec le vieux La Fayette et le jeune Thiers, et qui ont dit aux Français : « Ah oui, ce que vous voulez, en fait, c'est un autre roi ». C'est pas du tout ça que voulaient les gens. Ils voulaient la République. Donc en 1830, la révolution a été déviée. C'était une espèce de...

Comme les révolutions arabes – n'est-ce pas ? –. On a dit à la population : « Ce que vous voulez, c'est ça ». C'est pas du tout ce que voulait la population. C'est comme ça que les Français se sont ramassé Louis-Philippe pendant 18 ans, jusqu'à ce que la monarchie s'effondre et que Louis-Philippe s'enfuie, d'ailleurs déguisé en vieille dame, ce qui n'était pas une grande... C'est pas très grand, la fin de la monarchie en France. Voilà. Alors en d'autres termes, eh bien comme vous le voyez, recréer le franc, seule l'UPR est prête. Je ne dis pas que ces billets ne changeront pas tout à fait définitivement de forme. Il faudra qu'ils soient revus par certains de nos nouveaux graphistes.

Mais enfin en gros, ça sera ça. Et vous comprenez l'esprit qui anime notre mouvement. Alors la fixation du taux, maintenant. Eh bien on fera un taux de conversion de 1 pour 1. Je l'ai annoncé. Ça fait déjà 4 ou 5 ans que je l'ai dit, et je persiste et signe. Ça veut dire qu'on changera les billets de 5 € pour 5 francs, de 10 € pour 10 francs, de 20 € pour 20 francs, de 50 € pour 50 francs, de 100 € pour 100 francs, de 200 € pour 200 francs. Certains pourront s'étonner en disant : « Pourquoi est-ce que vous ne revenez pas au taux de change de 6,55957 ? ». Bah ça n'aurait pas de sens. Ça n'aurait pas de sens.

Ça n'aurait aucun intérêt, si ce n'est que de rendre aux Français un certain effroi par rapport aux prix qu'ils acquittent. Quand vous payez un café 2 € ou 2,50 €, vous découvrez, si vous multipliez par 6,55957, que vous payez votre petit noir 18 F. Ça fait froid dans le dos pour ceux qui se rappellent quel était le prix du café en 2001, quand on payait en francs. J'ajoute également que ça facilitera le travail des commerçants, de tous les distributeurs. Et ça empêchera les phénomènes inflationnistes des taux d'arrondi, parce que si vous êtes obligé de remultiplier tous les prix en francs par 6,55957, certains seraient tentés de multiplier par 7, ce qui fait évidemment une inflation.

Vous savez ce qui s'est passé au moment du passage du franc à l'euro. Ça a été une formidable inflation qui a été largement sous-estimée et cachée. Ce taux sera garanti pendant toute la procédure d'échange de billets, disons pendant 1 mois. Faudra peut-être revoir la durée, peut-être qu'elle soit plus courte. On proposera aux gens de changer leur billet en euros contre un billet en francs. C'est en fait un peu un détail, parce que lorsque vous irez au distributeur automatique de billets, que vous introduirez votre carte bleue si vous en avez encore une et qu'on vous l'a pas retirée, eh bien vous retirerez de l'argent, ça sera les nouveaux billets en francs.

Donc les billets en euros auront tendance à disparaître. D'ailleurs, il n'est pas sûr que les gens se précipitent pour changer leurs billets en euros, puisque ces billets en euros auront une probabilité non négligeable de prendre de la valeur par rapport au franc, puisque le franc sera très probablement destiné à se déprécier au cours des semaines et des mois qui suivent. J'y reviendrai tout à l'heure. Ça fait partie du programme. Il est absolument indispensable que nous ayons une monnaie nationale dont le taux de change externe soit inférieur à celui de l'euro actuel.

Puisque la France sortira unilatéralement de l'euro, celui-ci continuera d'ailleurs d'exister au moins pendant quelques temps. Les billets en euros qui n'auront pas pu être échangés contre des billets en francs au taux de change administré n'auront donc pas perdu de leur valeur, à la différence de ce qui s'est passé en 2002. En 2002, il y avait un intérêt à ce que les gens changent rapidement les billets, parce qu'à partir du 17 février 2002... C'était du 1er janvier au (16) février. À partir du 17 février 2002, vos billets en francs n'étaient plus changeables qu'à la Banque de France. Et puis 10 ans après, ils n'étaient plus changeables du tout.

Quoique, vous savez que ceux qui ont gardé des très beaux billets en francs, maintenant, ça a une certaine valeur pour les collectionneurs et les numismates. Donc finalement, ils n'ont pas forcément perdu au change. Par ailleurs, le franc sera une devise convertible. Donc une fois la période d'échange administré au taux garanti de 1 F pour 1 €, qui durera peut-être d'ailleurs moins d'un mois, qui durera peut-être que finalement une semaine ou quelques jours, les billets en francs et les billets en euros resteront mutuellement convertibles, comme les billets en dollars, les billets en livres sterling, etc.

Vous pourrez toujours changer des billets en francs contre des billets en euros, mais évidemment peut-être pas au même taux que ceux auxquels vous l'aurez changé. Je reviendrai sur l'évolution du franc par rapport à l'euro ensuite. Il est possible également que vous n'ayez pas à le changer contre l'euro, parce qu'il est tout à fait possible que la sortie de la France de l'euro amène la désintégration de l'euro. Il est très probable que si la France sort de l'euro, eh bien il est très probable que nous aurons une sortie de l'euro de la part des Grecs, de la part des Italiens et des Portugais.

Les autres problèmes techniques : eh bien les dettes et les créances des résidents, et les dettes et créances des non-résidents. Ça fait partie de ce qu'on vous raconte souvent. On vous dit : « Mais vous vous rendez compte ? Si on sort de l'euro, le franc va perdre 50% de sa valeur », ce qui ne sera pas le cas. Mais il va perdre – mettons – « 25%... » – ce qui est déjà plus probable – « ...de sa valeur. Et donc les dettes vont augmenter de 25% ou 30%. La dette publique française va augmenter de 30% ». C'est faux. C'est faux, parce que le taux de change des dettes sera de 1 pour 1. C'est-à-dire que toutes les dettes en France et toutes les créances auront été traduites au taux de 1 pour 1.

C'est une décision souveraine. Donc les résidents, eux, pour eux, ça n'est pas gênant de passer au taux de 1 pour 1. Ce qui peut être gênant, c'est pour les non-résidents qui ont des créances sur l'État français, ou même pour des résidents ayant une créance, ayant acheté des obligations de la République française. Certains peuvent dire : « Attendez, vous vous êtes endettés en euros. Et d'un seul coup, vous allez rembourser en francs. Or, le franc perd 25%, 30% de sa valeur. Vous nous remboursez en monnaie de singe ».

À quoi je réponds ce que j'ai répondu, à quoi nous répondons que ça n'est pas exact, parce qu'il y a un taux d'intérêt qui est différent actuellement selon les obligations d'États. Si vous achetez de l'obligation allemande à 10 ans, vous payez du 1,4%. Si vous payez des obligations françaises à 10 ans, vous les payez du 2,2%. Si vous achetez des obligations grecques, le taux d'intérêt qui vous est servi, c'est du 5% ou 6%. Pourquoi y a-t-il ces différences de taux d'intérêt entre les obligations grecques, françaises, allemandes ?

Il n'y a aucune raison normalement, puisque c'est une monnaie prétendument unique avec un peg de 1 pour 1 ad vitam æternam et qu'il y a une solidarité entre tous les États. Donc normalement, c'est le même risque de crédit. Donc normalement, ça devrait être absolument les mêmes taux d'intérêt. Si ça n'est pas les mêmes taux d'intérêt, c'est qu'il y a un problème : problème qui a été posé. La question a été posée par les journalistes du Financial Times, du Wall Street Journal à Mario Draghi, le président de la BCE à l'été 2012. Et ce monsieur a commis un petit impair, un gros impair dans la communauté financière internationale. Il a dit... Il a levé le mystère, en fait. Il l'a dit.

Le tort qu'il a eu, c'est de le dire. C'est-à-dire qu'il fallait payer le risque de liquidité. C'est-à-dire que quand vous prêtez de l'argent, ça a un coût de prêter de l'argent. Vous facturez quelque chose, puisque vous vous privez – vous – de la jouissance de l'argent que vous possédez. Mais ça, ça ne dépend pas du créancier. La deuxième chose, c'est le risque de crédit. Et la troisième chose, c'est le risque de change : ce qu'a dit Mario Draghi. « Risque de change », ça veut dire quoi ?

Ça veut dire qu'en réalité, si le taux d'intérêt que les marchés financiers demandent à la Grèce pour 10 ans est de 6% alors qu'il n'est que de 2,2% à la France et 1,4% à l'Allemagne, c'est parce que les marchés financiers intègrent dans leurs anticipations la possibilité que sous 10 ans, l'euro ait explosé, et qu'il soit remboursé en drachmes dans un cas, en francs dans un autre cas et en deutschemarks dans le troisième cas. Donc ils facturent ce coût. Ils facturent cette hypothèse. Donc nous, nous serons fondés à dire : « Écoutez, la France a payé du 2,2% ou 2,3% quand l'Allemagne payait du 1,4%.

Les marchés financiers nous ont surfacturés par rapport à l'Allemagne par anticipation du risque qui, maintenant, se concrétise. Il s'est concrétisé. Nous n'avons rien à payer. Justement, nous avions payé une prime de risque pour ça, qui se concrétise. Vous comprenez le raisonnement. Donc ça veut dire qu'on peut pas avoir le beurre, l'argent du beurre et le sourire de la crémière en même temps. La mise en œuvre des principales mesures du programme de libération nationale seront le grand point fort également des premières semaines et des premiers mois de la nouvelle majorité de notre nouveau gouvernement.

Parce que si nous voulons sortir de l'UE, ça n'est pas une fantaisie, ça n'est pas de la nostalgie. C'est pour répondre aux problèmes les plus urgents et les plus immédiats qui se posent aux Français. Les mesures que nous prendrons dans les premiers mois, conformément à notre programme, inspiré de celui du Conseil national de la Résistance, nous amèneront à arrêter l'hémorragie de délocalisations et d'emplois industriels, le plus vite possible. Je vous ai dit que nous perdons une usine par jour. Rétablir l'agriculture. Tous les jours, il y a des agriculteurs qui quittent la terre, sans parler des 400 qui se suicident par an.

Nous voulons inverser pour de bon la courbe du chômage, arrêter la paupérisation de la population française au plus vite, ressusciter nos services publics qui sont en débandade et dont la fin est programmée et la privatisation généralisée. Réduire les inégalités qui ravagent la société française. Démocratiser les institutions. Reformer l'unité nationale qui est gravement attaquée par les attaques subreptices sous la théorie de l'Europe des régions. Casser l'engrenage vers la guerre qui nous emmène vers la guerre contre le monde arabo-musulman ou vers la Russie, parce que nous sommes placés sous la tutelle de l'OTAN.

Redonner sa dignité à la République en ayant des représentants, des dirigeants qui soient dignes des fonctions qu'ils occupent. Dignes parce qu'ils connaissent les dossiers, dignes parce qu'ils obéissent au peuple français dont ils ne sont finalement que les mandataires. Rendre à la France sa liberté. Susciter le respect des autres peuples du monde, et non pas le mépris que nous sommes en train de susciter parce que nous sommes devenus les larbins des États-Unis d'Amérique. Voilà le programme que nous avons, et qui est un programme où nous allons prendre à bras-le-corps les problèmes des Français. Et pour prendre des problèmes à bras-le-corps, il faut avoir d'abord un peu d'expérience.

Je me flatte d'en avoir. En tout cas, j'en ai beaucoup plus que bien d'autres qui se présentent à la fonction suprême. Alors ça veut dire quoi ? Ben les exemples de mesures permises par notre sortie de l'UE : la première chose que nous ferons, c'est le rétablissement des autorisations préalables pour toute délocalisation d'entreprise à l'étranger. Et ceci, ça sera permis grâce à la fin de l'article 63 du TFUE, qui organise les délocalisations, puisqu'il interdit toute restriction aux échanges de capitaux. Actuellement, ce que l'on constate en France, c'est ça.

Tous les jours ou toutes les semaines, on apprend ici : « Le fabricant de lingerie Lejaby délocalise et supprime 197 postes » : eh bien nous interdirons ceci. « Peugeot va délocaliser la prochaine C3 en Slovaquie » : nous interdirons cela. « Électrolux délocalise son usine de Reims » : nous interdirons ceci. Et comment nous l'interdirons ? Tout simplement parce que nous refuserons les transferts de capitaux nécessaires pour construire les usines sur place.

Et ces transferts de capitaux devront faire l'objet d'une autorisation de l'État, comme c'était d'ailleurs le cas sous Vincent Auriol, sous René Coty, sous Charles de Gaulle, sous Georges Pompidou, sous Valéry Giscard d'Estaing, sous François Mitterrand jusqu'au traité de Maastricht, parce que c'est comme ça que ça se passait avant. Les entreprises, ça fait belle lurette qu'elles auraient aimé aller s'installer dans les pays à très bas coût de salaire. Sauf que c'était « niet ». Il fallait obtenir l'autorisation de l'État, qui... Qui dit autorisation ne dit pas interdiction systématique. Je cite souvent l'exemple de Peugeot allant créer une usine en Iran.

Eh bien la France avait étudié, le ministère des Finances avait étudié. « Est-ce que oui ou non... », et puis on avait dit oui. Oui pourquoi ? Parce que c'était bon pour Peugeot. D'ailleurs, si Peugeot proposait le truc, c'est qu'il jugeait que c'était bon pour l'entreprise. Ça permettait à l'entreprise de se développer au Moyen-Orient, de fabriquer des 504 robustes pour le marché iranien, le marché afghan – je rappelle qu'à l'époque, la cour de Kaboul comme la cour de Téhéran parlaient entièrement le français –, de développer également ces véhicules qui seraient commercialisés au Moyen-Orient.

C'était bon également pour l'Iran, puisque l'Iran n'ayant pas d'industrie automobile, voyait d'un seul coup une industrie automobile prendre pied chez elle, certes avec des capitaux étrangers. Mais enfin il vaut mieux avoir une entreprise automobile avec des capitaux étrangers que pas d'entreprise automobile du tout. Ça crée de l'emploi, ça crée de l'industrie à l'Iran. C'était bon pour l'Iran. Est-ce que c'était bon pour la France ? Oui. C'était bon pour la France, parce que ça permettait à la France d'accentuer sa présence culturelle, industrielle. Dans toutes les rues de Téhéran ou d'Ispahan, on voyait des voitures fabriquées en France.

Les garagistes devaient se former à la technique française. Des ingénieurs iraniens allaient venir en France. Tout ça était bon pour le rayonnement de la France. Donc c'était bon pour Peugeot, pour l'Iran et pour la France. Est-ce que c'était bon pour les ouvriers français ? C'était pas mauvais pour les ouvriers français, puisqu'il y avait un quota de réimportation zéro en France. Peugeot ne pouvait pas réimporter en France des véhicules fabriqués en Iran. C'était seulement pour le marché local. Donc les ouvriers français gardaient leur emploi. Donc c'était bon pour tout le monde. Et donc là, on disait oui. Mais maintenant, c'est plus du tout ça.

Maintenant, on n'a même plus le droit de dire oui ou non. De toute façon, c'est de plein droit. Donc toutes les entreprises s'enfuient pour aller créer leur truc à très bas coût de salaire et réimporter d'ailleurs les produits en France. C'est ça, le système. Donc de la même façon, nous rétablirons... Alors ce que je voulais dire – oui –, c'est que : qu'est-ce que vous proposent concrètement – concrètement – tous les autres partis pour empêcher cette hémorragie sans fin des usines en France ? Ils vous proposent quoi, à part des belles paroles ? Ils ne vous proposent rien, puisqu'ils refusent de vous proposer de sortir de l'UE.

Ça veut donc dire qu'ils maintiennent l'article 63 qui règle notre commerce extérieur et qui règle notamment nos échanges de capitaux. L'article 63 interdit toute restriction aux échanges de capitaux. Alors vous avez M. Montebourg. En 2012, M. Montebourg s'est produit sur les scènes en faisant comme ça des grands mouvements : « On va interdire les délocalisations ». Mais comment pouvait-il interdire les délocalisations, puisque la France restait dans l'UE dont l'un des traités interdit d'interdire, justement ? C'est là où il se moque de vous. Moi, je ne me moque pas de mes compatriotes, parce que j'aime mon pays et puis j'aime mes compatriotes. Voilà, je suis là à faire...

Il est de temps en temps nécessaire que dans la vie des peuples et des nations, des gens se lèvent pour dire non par rapport à une situation de plus en plus injuste et inique, où on tentera de manipuler les gens qui sont entraînés vers la misère, parce que des gens leur racontent des craques, voilà, des craques. Si on veut arrêter les délocalisations, il n'y a pas d'autre solution que de mettre un terme à l'article 63, point, de la même façon d'ailleurs que nous rétablirons également les autorisations préalables pour tous les achats étrangers des actifs du patrimoine national. Peut-être fixerons-nous un plancher minimum.

On peut considérer peut-être que des achats d'actifs de moins de 5 millions d'euros seront de plein droit, ce qui permettra déjà à des oligarques russes ou à des gens de s'acheter des baraques à 3, 4 millions d'euros – ça va, c'est déjà pas mal – en France. Mais actuellement, on assiste à quoi ? On assiste à ça : le château de « Gevrey-Chambertin vendu à un Chinois » qui a fait fortune à Macao : l'un des grands crus des côtes de Nuits en Bourgogne. Eh bien nous, nous dirons non. On assiste à ça : le Qatar qui rachète la France : le PSG, l'hôtel Martinez à Cannes, l'un des très grands hôtels particuliers de la place Vendôme, le Prince de Galles, le George V.

Tout ça, c'est le Qatar qui rachète. Nous, nous dirons non, voilà. Alors c'est sûr que peut-être, l'émir du Qatar ne va pas me donner des valises de billets pour mener ma campagne présidentielle. C'est possible. Mais ça ne nous empêchera pas de dire ce que nous pensons. Nous dirons non. Nous dirons non également lorsque par exemple... Ça, c'était sorti dans La Tribune il y a 2 jours : « Et si l'État vendait l'aéroport de Toulouse aux Chinois ? ». Eh bien nous dirons non. Et puis aussi : pourquoi est-ce qu'on vendrait pas la Joconde à Goldman Sachs et puis le château de Versailles à JP Morgan, pendant qu'on y est ? Nous dirons non.

Et ce qu'il faut savoir, c'est qu'en disant non et en interdisant cela, nous ferons ce que font les autres pays du monde, puisque comme je le dis souvent, si par exemple, Florence, vous gagnez 100 millions d'euros à l'Euromillions de vendredi prochain, vous ne pourrez pas acheter un hôtel au Qatar, ou vous ne pourrez pas acheter un très grand jardin de thé en Chine, parce que les Chinois ou les Qataris diront : « Interdit ». « Comment ça, inter... »... « Interdit ». « Mais attendez... »... « Interdit par notre législation ! ». Les autres pays du monde se protègent. Et nous, nous sommes interdits de nous protéger par les règles des traités européens.

Ça, c'est quelque chose qui est extrêmement important à comprendre. La mondialisation, c'est un jeu de mmmh. C'est-à-dire que la mondialisation n'a pas les mêmes règles pour tout le monde ! Nous, nous voulons que tout le monde ait les mêmes règles et la réciprocité. Donc ça, c'est justement ce qui nous permettra de lutter contre ça. Que proposent d'ailleurs tous les autres partis pour empêcher ce pillage ? Rien. Rien que des belles paroles. On le voit bien, d'ailleurs. Ils ont fait quoi ? Qu'est-ce qui s'est passé sous Chirac, sous Sarkozy, sous Hollande ? Les délocalisations à tout-va et le pillage généralisé, voilà, puisque l'article 63 nous interdit d'agir.

Exemples de mesures permises par notre sortie de l'UE : la fin de la fuite fiscale des grandes entreprises. On a appris il y a quelques jours ce qu'on a appelé le Luxleaks. Le Luxembourg est un paradis fiscal pour 340 multinationales. Des entreprises multinationales s'arrangent avec le Luxembourg pour faire apparaître des bénéfices au Luxembourg et faire apparaître des pertes dans les autres pays. Résultats : eh bien il n'y a pas d'impôts à payer en France, etc. Et comme l'impôt est extrêmement faible au Luxembourg, elle ne paye pas d'impôts du tout. On est en train de revenir à ce qui a créé la Révolution française.

La Révolution française : les nobles, les aristocrates, le haut-clergé ne payaient pas les impôts, c'étaient les plus riches. Ça remontait à Charles VII, qui a fait une espèce d'accord comme ça pour clôturer la guerre de Cent Ans. Résultat : en 1787-1788, ceux qui payaient des impôts, c'étaient les pauvres. Et ceux qui étaient les plus riches n'en payaient pas. Eh ben on est en train de revenir à cette situation. Actuellement, ce sont les Français – les mêmes – les plus pauvres qui payent les impôts.

Même s'ils ne payent pas l'impôt sur le revenu, tout le monde paye la TVA, qui est un impôt anti-redistributif et injuste, puisque Mme Bettencourt qui est une multimilliardaire, ou bien quelqu'un qui n'a même pas le SMIC, lorsqu'ils achètent – je ne sais pas, moi – un litre de lait, ils payent la même TVA. Donc nous avons affaire au fait qu'en France, ce sont les gens plus pauvres qui payent les impôts, alors que les gens les plus riches organisent leur évasion fiscale. Et ça, c'est permis justement toujours notamment par cet article 63 (du TFUE).

Que vous proposent concrètement tous les autres partis pour empêcher cette fraude fiscale qui explique d'ailleurs en partie la hausse de notre dette publique ? Rien. Ils refusent de sortir de l'UE. Exemples de mesures permises par notre sortie de l'UE : l'interdiction des OGM. On ne peut pas interdire les OGM, puisque ça nous est imposé par les réglementations européennes. Sortons de l'UE. Nous pourrons interdire les OGM, conformément à ce que souhaitent les Français. La protection de l'agriculture traditionnelle et du niveau de vie des agriculteurs.

Actuellement, les agriculteurs français sont placés dans une situation de plus en plus épouvantable, avec un euro qui est extrêmement élevé, qui rend les productions agricoles françaises très chères, et des contraintes de productivité, puisqu'il faut qu'ils aient la même productivité que les grandes plaines de l'Oklahoma par exemple, ou de l'Arkansas ou du Saskatchewan au Canada. En sortant de l'UE, nous pourrons arrêter le désastre de l'agriculture française et redonner des marges de manœuvre à l'agriculture française. L'autorisation à la Banque de France de monétiser une partie du déficit public. Nous la réautoriserons.

C'est la fameuse loi dite « la loi Pompidou de 1973 » qui n'existe plus. C'est l'article 125 du TFUE. En sortant des traités, nous pourrons en tant que de besoin faire ce genre d'opérations. La suppression de la reconnaissance du mandat d'arrêt européen. Le retour à la procédure normale d'extradition, garante des libertés publiques. Nous pourrons le faire parce que nous serons sortis de l'UE. Si nous y restons, nous ne le pourrons pas. Ce que nous pourrons faire aussi, c'est le retrait immédiat de la France du réseau INDECT : ce réseau de surveillance généralisée financé par l'UE, notamment pour surveiller vos courriers électroniques.

Ce que nous ferons, c'est le retrait immédiat de la France des traités transatlantiques TAFTA et TISA, qui sont actuellement négociés dans le dos des Français. Ce que nous ferons également, c'est la récupération de notre pouvoir de négociation national à l'OMC, dont nous sommes privés au profit de la Commission européenne, ce qui a un impact considérable sur le commerce extérieur français. Etc., etc. Nous ferons également le rétablissement et la constitutionnalisation des services publics. C'est actuellement interdit par l'article 106 et l'article 121 du TFUE. Conformément au programme du Conseil national de la Résistance, conformément à ce que souhaitent les Français...

Les Français ne sont pas un peuple d'extrêmes. Les Français ne veulent pas que la France devienne un pays collectiviste. Mais les Français ne veulent pas que la France devienne un pays ultra-capitaliste. Ils ne veulent ni l'un ni l'autre. Ils veulent quelque chose qui soit raisonnable. Ils veulent quelque chose qui soit conforme à l'esprit français, c'est-à-dire la nécessité que l'État joue un rôle important pour la justice sociale, pour entraîner les initiatives privées, parce que nous sommes comme ça. L'État a un rôle important dans l'industrie depuis Charles VII avec Jacques Cœur, Louis XIV avec Colbert, Napoléon III avec les frères Pereire.

De Gaulle disait : « Sur les questions industrielles, les grands projets industriels, il faut mettre de l'État, sinon, ça merdoie ». Et lorsqu'en France, il y a le génie français... Nous avons d'extraordinaires ingénieurs, d'excellents mathématiciens en France, des polytechniciens hors pair. Si on met ces gens avec la puissance de l'État, avec le dynamisme du privé et qu'on en fait un mélange de tout, on arrive à des succès éblouissants en France, parce que c'est notre genre de beauté.

Et puis nous aimons les services publics, parce que nous sommes un pays de tradition chrétienne, de tradition catholique, et un pays qui a gardé l'image de Louis IX, Louis IX qui en 1245 a fait une véritable révolution en France, puisqu'il a créé les établissements de commun profit. En 1245, le Très-Chrétien – comme on appelait le roi de France – a décidé que tous les sujets de son royaume, qu'ils fussent riches ou pauvres, qu'ils fussent par exemple des manants, des paysans sans terres, s'ils étaient malades, ils pouvaient venir dans un établissement financé sur la cassette du roi pour se faire soigner.

Certes, il s'agissait de la médecine de 1245, qui n'était peut-être pas aussi avancée que celle de 2014. Mais ça veut dire que les Français ont gardé un souvenir extraordinairement ébloui de ce roi qui prenait la défense des petits et des humbles contre les féodaux. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle ils ont demandé et obtenu dès la fin du XIIIe siècle la canonisation de Louis IX, qui est devenu Saint-Louis. Eh bien ça, ça a frappé l'imagination collective.

Et 800 ans après, du moins 750 ans après, les Français sont toujours désireux d'avoir un État puissant qui assure la justice sociale, notamment aux grands moments de l'existence, comme je le disais tout à l'heure : la naissance, l'éducation, la maladie et la mort. Nous ne voulons pas d'une société à l'américaine où il y a 50 millions de personnes qui ne sont pas couvertes par la Sécurité sociale. Et moi, je n'ai jamais vu dans mes conférences qui que ce soit venir me trouver en me disant : « Monsieur, ce que je veux, c'est que La Poste soit privatisée ». Ça n'est pas vrai. Donc nous, eh bien conformément au programme du CNR, nous allons faire le « retour à la nation ».

C'était le terme utilisé par le programme du CNR de 1944. Nous allons faire la nationalisation totale ou partielle si nécessaire ou l'interdiction constitutionnelle de privatiser selon les cas de toute une série de services publics, qui sont d'ailleurs encore pour une partie d'entre eux nationalisés. Mais nous voulons casser ce qui, actuellement, est en train de se produire, c'est-à-dire la privatisation contre la volonté du peuple français.

Donc nous inscrirons dans la Constitution que les entreprises suivantes sont nécessairement des entreprises publiques, dont la privatisation est interdite : EDF, GDF, France Télécom, la SNCF, les sociétés d'autoroutes, les sociétés de réseaux d'adduction d'eau, TF1, TDF, ainsi que tout établissement financier secouru par des fonds publics. Si une banque a besoin d'être secourue par des fonds publics, on dira : « Très bien, mais maintenant, ça devient une propriété de la collectivité nationale, parce que ça suffit, ce système où lorsque des banques font du profit, c'est pour les actionnaires, et lorsqu'elles font des pertes, ce sont les Français qui doivent éponger les pertes ».

C'est plus possible. Et puis nous mettrons dans le même sac également La Poste, la Sécurité sociale, et nous constitutionnaliserons le principe des retraites par répartition. Dans l'ambiance actuelle de la France, ça paraît un programme presque d'extrême-gauche. Mais détrompez-vous. Ça n'est que revenir à la situation de 1944, en gros. Le CNR était présidé par Charles de Gaulle. C'était quand même pas un extrémiste de gauche. Il y avait au CNR des communistes, des socialistes, des chrétiens, des chrétiens-sociaux, des gens... Des patrons, des ouvriers. Nous voulons simplement revenir à ce qui est l'équilibre nécessaire de la société française.

Et puis enfin, pour terminer les jours pendant, donc pendant ces premiers mois après la prise de pouvoir, eh bien nous ferons très vite en fait des mesures symboliques qui s'imposent, de nature éducative et de nature symbolique pour marquer la rupture avec l'idéologie européiste. Ça, c'est actuellement la façade du ministère français des Affaires étrangères, le Quai d'Orsay, où vous voyez qu'on voit pratiquement plus le drapeau français, mais en revanche, on voit le torchon bleu aux étoiles d'or. Eh bien ça sera désormais terminé.

Lorsque nous serons sortis de l'UE, on verra réapparaître le drapeau bleu, blanc, rouge, celui de la République française, celui de la Révolution, celui de la liberté, de l'égalité et de la fraternité. La même chose par exemple devant l'Assemblée nationale, où nous avons le torchon bleu aux étoiles d'or qui s'est immiscé parmi le drapeau de la République, ce qui d'ailleurs est contraire à la Constitution de la République française qui précise que l'emblème national est le drapeau bleu, blanc, rouge. À aucun moment dans la Constitution il n'est mentionné le drapeau bleu aux étoiles d'or. Donc c'est contraire à la lettre à la Constitution de la République. Là aussi, nous le ferons disparaître.

Nous avons vu les jours d'avant. Nous avons vu les jours pendant. Il nous reste les jours d'après. Je ne sais pas si on va me laisser le temps de parler de tous les jours d'après. J'espère que oui, parce que c'est quand même pour ça que vous êtes venus. Les jours d'après... Qu'est-ce qui va se passer ? Est-ce que, comme le disent certains, sortir de l'UE, c'est pas vrai, c'est pas possible, c'est épouvantable, c'est affreux et c'est impossible ? Alors j'ai quand même toute une série d'arguments à vous présenter. Premièrement, est-ce qu'il est insensé de vouloir sortir de l'UE et de rester en dehors ? Il suffit de regarder ce qui s'est passé autour de nous.

Autour de nous, par exemple, le 7 mai 2013, Nigel Lawson, ancien chancelier de l'Échiquier, ancien ministre de l'Économie de Margaret Thatcher au Royaume-Uni, a dit que le Royaume-Uni devait sortir de l'UE. Quelques jours après, Philip Hammond, secrétaire à la Défense du gouvernement britannique, aux membres du gouvernement – il est maintenant ministre des Affaires étrangères –, a appelé le Royaume-Uni à sortir de l'UE. Le même jour, Michael Gove, qui était à l'époque ministre britannique de l'Éducation, qui maintenant est devenu secrétaire général du gouvernement de Cameron, a appelé le Royaume-Uni à sortir de l'UE. Alors voici le gouvernement de Sa Gracieuse Majesté.

Est-ce que ce sont des irresponsables ? Est-ce que ce sont des malades mentaux ? Alors il faudrait le dire. Faudrait qu'on rompe les relations diplomatiques. On peut pas à la fois dire qu'en France, vouloir sortir de l'UE, c'est une folie, et entretenir les meilleures relations... Et M. Hollande se rend au 10 Downing Street et célébrait l'amitié et la coopération avec le gouvernement britannique. Il y a quelque chose qui cloche. D'ailleurs, le même 13 mai 2013, c'est le syndicat RMT (Rail, Maritime et Transports) au Royaume-Uni, qui est un syndicat d'extrême-gauche, qui a appelé le Royaume-Uni à sortir de l'UE en disant : « C'est un problème de démocratie fondamental.

Il ne faut surtout pas laisser ce problème au seul parti UKIP et au Parti conservateur. C'est une proposition dont doit s'emparer la gauche britannique ». Je signale qu'en octobre 2013, sous la pression populaire, le gouvernement islandais a annoncé qu'il abandonnait le projet d'adhésion de l'Islande à l'UE. Est-ce que l'Islande a pété les plombs ? Je signale au passage... Vous savez combien il y a d'habitants en Islande ? Il y a 320 000 habitants en Islande. Et les Islandais ont décidé comme des grands, avec souveraineté, dignité de dire non à l'entrée dans l'UE.

Et nous, on nous explique que la France, qui est la 4e ou 5e puissance économique mondiale, ne pourrait plus être à la taille de ce que fait l'Islande, qui a 320 000 habitants et qui est perdue dans les glaces à côté du Groenland. Le jour suivant la sortie de l'UE, la France va-t-elle connaître l'apocalypse ? C'est ce que l'on vous promet. Eh bien ceux qui vous disent ça, vous allez leur répondre ceci. Voici un territoire qui s'appelle le Groenland, qui est une colonie danoise, un territoire d'outre-mer du Danemark, qui faisait partie de la CEE et qui a procédé en 1982 à un référendum sur son retrait de la CEE. Le oui l'ayant emporté, le Groenland est sorti de la CEE le 1er février 1985.

Et voilà ce qui s'est passé. Là, c'est le Groenland le 31 janvier 1985 avant la sortie de la CEE. Et ça, c'est le Groenland le 1er février 1985 après la sortie de la CEE. Vous avez compris ? En fait, rien n'a changé. Rien n'a changé sur le coup. Sauf qu'après, au cours des mois qui ont suivi, eh bien les Groenlandais n'ont tout simplement plus été sujets à des décisions prises par d'autres. Ils ont tout simplement repris tout naturellement leurs pouvoirs et leurs décisions. C'est aussi simple que ça. Arrêtez de vous faire intimider par la pression des gens qui tiennent les médias de grande diffusion. Il n'y a pas que le Groenland.

Voici une île que vous connaissez peut-être, qui est une île des Antilles françaises qui s'appelle l'île de Saint-Barthélémy, qui faisait partie du département de la Guadeloupe. Les départements d'outre-mer sont ce que l'on appelle des RUP, c'est-à-dire des régions ultrapériphériques, qui appartiennent à l'UE. En revanche, les territoires d'outre-mer de la République française qui ne sont pas des départements d'outre-mer ne sont pas dans l'UE, de telle sorte que par exemple, les 520 000 Français, nos compatriotes qui habitent en Polynésie française, à Wallis-et-Futuna ou en Nouvelle-Calédonie ne sont pas dans l'UE.

Alors il y a une petite île qui s'appelle l'île de Saint-Barthélémy, qui est peuplée par des milliardaires avec des belles villas. Eh bien cette île a décidé de sortir du département de la Guadeloupe et de devenir non plus un DOM mais une COM : collectivité d'outre-mer. Les collectivités d'outre-mer ne sont pas dans l'UE. Ce ne sont pas des RUP. C'est passé au Sénat. Vous voyez ici le débat au Sénat le 10 septembre 2010 sur le projet de décision du Conseil européen relative à la modification du statut européen de l'île de Saint-Barthélémy. Vous voyez comment tout ça est ciselé pour qu'on ne comprenne pas ce que ça veut dire.

« La modification du statut européen de l'île de Saint-Barthélémy », ça veut dire en français correct « Projet de décision du Conseil européen permettant à l'île de Saint-Barthélémy, île française, de sortir de l'UE ». C'est ça qui s'est passé. Et ça s'est passé le 1er janvier 2012. Alors voici l'île française de Saint-Barthélémy le 31 décembre 2011 avant la sortie de l'UE. Et voici ce que c'est devenu le 1er janvier 2012 après la sortie de l'UE. Alors arrêtez de vous laisser intimider. Les gens qui vous disent : « Ça va être la catastrophe », dites : « Allez donc voir à Saint-Barthélémy ».

Je vous assure qu'il n'y a pas eu un trou qui s'est créé dans la surface terrestre avec un effondrement dans le magma. Alors que se passera-t-il le lendemain de la sortie de l'UE, lorsque la France en aura décidé ainsi ? Est-ce que ce sera ça, la France, le lendemain de la sortie de l'UE ? Eh bien non. La France, ça ne sera pas ça. La France, ça sera ça. Il ne se passera absolument rien. Lorsque vous ouvrirez vos volets, je vous assure que la boulangère sera toujours là et qu'elle fera toujours ses baguettes. La sortie de l'UE va-t-elle conduire la France à fermer ses frontières. Ça, c'est une des grandes théories : « Vous allez isoler la France », « La France va être...

Refermer ses frontières ». Voici quelques photos que je suis intéressé de vous montrer. Ça, il s'agit de la frontière des États-Unis avec le Mexique le long du Rio Grande. Le mur de Berlin et le rideau de fer qui existaient dans les années 50, 60 n'ont rien à envier à cela. Lorsque des Mexicains veulent entrer aux États-Unis, on tire à vue. Il y a eu plus de 450 morts. Ça va même d'ailleurs jusque dans l'océan Pacifique, puisque ici, on voit que la belle Californie est séparée du repoussant Mexique par cette frontière. Alors vous allez me dire : « Oui, mais ça, vous parlez des États-Unis. Nous, on n'est pas les États-Unis ».

Alors je vais dire : « Parlons d'un autre pays dont on parle assez peu ». Ça, c'est la frontière d'Israël avec les territoires occupés de Palestine, avec le mur de séparation à Jérusalem-Est, ou bien ici le mur de séparation encerclant la bande de Gaza, transformant la bande de Gaza en une espèce de camp de concentration à ciel ouvert. D'ailleurs, en ce moment, toutes les issues sont fermées. Les gens sont pris comme dans un trou à rats. Ce mur a été condamné par l'ensemble de la communauté internationale à l'ONU. Même l'UE l'a condamné. C'est dire. Ils le font quand même. Alors vous allez me dire : « Oui, mais ça, c'est Israël ». Oui, mais on n'en parle jamais.

Alors c'est vrai que c'est Israël, c'est vrai que c'est les États-Unis. Mais alors parlons d'autre chose. Eh ben parlons des frontières de l'UE. C'est quoi, les frontières actuelles de l'UE ? Est-ce que vous savez comment ça marche, les frontières extérieures de l'UE ? Vous savez pas ? Ben je vais vous montrer un peu comment ça marche. Ça, c'est la frontière barbelée en ce moment en cours d'installation par la Grèce le long de l'Evros, la frontière avec la Turquie, à partir de février 2012, avec le ministre de l'Intérieur grec qui examine comment on est en train de protéger l'Europe, là. Le mur de Berlin n'a rien à envier à ceci.

Vous savez ou vous ne savez pas que sur les côtes du Maroc, il y a depuis le XVe siècle une présence espagnole. À Melilla, près de Oujda, il y a 57 000 habitants dans une enclave qui est espagnole depuis 1496, 4 ans après la découverte de l'Amérique par Christophe Colomb. Et à Ceuta, qui est près de Gibraltar, il y a 74 000 habitants dans l'enclave espagnole de Ceuta depuis 1580. Il faut savoir que depuis maintenant un certain nombre d'années... Et ça s'accélère notamment depuis la destruction du régime libyen, qui a déstabilisé tout le Machrek et également le Mali.

Il y a énormément de migrants venus de Libye, venus du Mali, venus du Sahel qui essayent d'accéder à l'UE pour essayer d'avoir à manger et d'envoyer un peu d'argent pour leurs familles qui sont en train de mourir de faim. Eh bien ces gens essayent de passer par ces enclaves. Et ces enclaves se protègent de cette façon. On ne vous en parle jamais, de ces frontières-là. Ceux qui vous disent : « Quoi ? Vous voulez sortir de l'UE ? Vous voulez rétablir des frontières ? », mais moi, je dis : « Et ça, c'est quoi, ça ? C'est de la blanquette de veau ? ». Voilà les frontières, avec ici des migrants qui veulent essayer d'entrer dans l'UE.

L'UE a bâti des frontières qui sont absolument sévères, et parfois où il y a d'ailleurs de nombreux morts. Alors si je vous dis ça, c'est pour attirer l'attention sur le cynisme de l'argument des frontières, l'indignation sélective des européistes. Ceux qui veulent faire peur aux Français en agitant la menace de la fermeture des frontières en cas de sortie de l'UE sont les premiers à construire des frontières d'une extrême cruauté où des centaines de migrants meurent chaque année. Le problème qu'ils ont, ce qui les dérange, c'est pas du tout le principe des frontières. Ils sont pour. Ils sont pour.

La construction européenne est un apartheid planétaire qui est en train de construire des frontières à côté desquelles le rideau de fer et le mur de Berlin sont de la gnognotte. Ils sont pour les frontières. Ce qui les dérange, c'est la réappropriation par une nation d'Europe de son droit à gérer les entrées et sorties sur son territoire, et encore plus à un pays de sortir de cette prison des peuples et de cet apartheid planétaire qu'est la construction européenne. C'est ça qui les dérange. C'est pas le principe des frontières.

C'est tellement vrai d'ailleurs que l'on a appris il y a quelques jours que l'UE va financer un mur entre l'Ukraine et la Russie : un véritable mur de Berlin à l'envers, hein. L'UE – c'était il y a quelques jours – a prévu de débloquer 18 millions de dollars pour lancer ce projet dont le coût total s'élèvera à 4 milliards de dollars, à charge principalement des contribuables ukrainiens. C'est ce qu'on nous dit maintenant. Sans doute, ça changera. Le Premier ministre ukrainien Arseni Iatseniouk, celui qui a été promu Premier ministre par la grâce de la secrétaire d'État adjoint américaine Mme Nuland...

L'aménagement de la frontière russo-ukrainienne dans le cadre du projet baptisé « Mur » sera échelonné sur 3 ans. Et Kiev entend y attirer près de 38 millions de dollars d'investissements étrangers. Quant aux... Les contrôles aux frontières actuellement, en dehors de l'espace Schengen... Je ne sais pas si vous êtes déjà allés à l'étranger. Vous êtes peut-être déjà allés à l'étranger. Vous êtes peut-être déjà allés à Djerba en Tunisie. Ou vous êtes peut-être déjà allés à New York. Ou vous êtes peut-être déjà allés à Marrakech au Maroc, ou à Moscou, ou à Tokyo, ou même à Londres, ou à Dublin. Eh bien dans ces cas-là, vous êtes allé peut-être prendre votre avion à Roissy.

Et vous avez franchi des frontières. Et donc si nous sortons de l'UE, ça, c'est avant la sortie de l'UE, mais après la sortie de l'UE, ça sera exactement la même chose, parce qu'actuellement, quand on entre ou quand on sort de France, il y a des contrôles aux frontières. C'est le cas le plus général. Lorsque par exemple on va au Royaume-Uni, eh bien il y a les contrôles aux frontières. Avant et après, c'est exactement pareil. Donc la seule chose qui se pose en fait avec ces affaires de frontières, eh bien c'est ce que l'on appelle l'espace Schengen.

Il est vrai qu'il y a ce qu'on appelle dans l'espace Schengen des pays qui se sont regroupés, qui sont ici en rouge, qui font partie d'un espace où il n'y a plus de contrôle aux frontières. Donc ça veut dire en pratique : si vous passez la frontière terrestre espagnole, en Belgique, ou avec l'Allemagne, le Luxembourg ou l'Italie, il n'y a plus de contrôle aux frontières. Ça, c'est exact. Mais en revanche, vous voyez qu'il y a des pays de l'UE qui ne sont pas dans l'espace Schengen. C'est notamment le Royaume-Uni et l'Irlande. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle à Calais, à Sangatte, il y a énormément de migrants qui sont bloqués, puisque justement il y a un contrôle aux frontières.

Vous voyez qu'en revanche, des pays comme la Norvège ou l'Islande... Qui ne sont pas dans l'UE, mais qui, elles, sont dans l'espace Schengen. Donc en réalité, les seules choses qui pourraient éventuellement être changées lorsque la France sortira de l'UE, ce sont les contrôles aux frontières terrestres avec la Belgique, le Luxembourg, l'Allemagne, la Suisse, l'Italie et l'Espagne, et les contrôles aux frontières aériennes avec les 25 États de l'espace Schengen. Et ce que nous, nous avons toujours dit, c'est que nous soumettrons aux Français par un grand débat national ce qu'ils veulent. On demandera aux Français (ce qu'ils veulent).

Il n'y a pas besoin d'en faire une proposition idéologique ou une espèce de nouvelle guerre de religion. Est-ce que les Français souhaitent ou non rétablir des contrôles aux frontières comme le font le Royaume-Uni, l'Irlande ou les États-Unis d'Amérique, que l'on nous présente constamment comme le paradis terrestre dont nous devons tout imiter, ou bien est-ce que les Français souhaitent conserver leur place dans l'espace Schengen ? Ils pourront tout en ayant quitté l'UE, puisque je rappelle que la Norvège ou l'Islande ne sont pas dans l'UE, mais sont dans Schengen. Ce sont deux choses disjointes.

On peut même envisager d'ailleurs que les Français choisissent une solution mitigée, avec par exemple des contrôles aux frontières vis-à-vis de l'Espagne et de l'Italie, aux frontières terrestres, et puis pas de contrôles aux frontières aériennes avec les pays scandinaves, s'il s'agit de mieux contrôler l'immigration des pays du Sud. Tout ça n'est pas quelque chose qu'il faut politiser à l'extrême. Tout ça, c'est simplement du bon sens. Alors certains vont dire : « Oui, mais la sortie de l'UE va nous coûter une fortune ! Heureusement que l'Europe est là pour payer l'agriculture. Vous vous rendez pas compte ? ».

Alors ceux qui vous disent ça, nous leur disons : « Mais vous n'avez rien compris. Vous n'avez absolument rien compris à la façon dont fonctionne l'UE. L'UE ne produit strictement rien. Comme le disait De Gaulle, l'Europe, c'est exclusivement les fonctionnaires et l'argent que les pays ont mis dedans. Et puis ces fonctionnaires que l'on fait mariner dans des tours produisent des directives. Mais ça, produire de la norme, c'est pas de la richesse. C'est plutôt de l'emmerdement. Alors il faut comprendre comment fonctionne l'Europe. En fait, l'Europe est une fantastique pompe aspirante et refoulante d'argent.

En fait, chaque pays donne de l'argent à l'UE, et l'UE redonne de l'argent à chaque pays. Alors évidemment, si l'UE redonne à chaque pays l'argent que chaque pays a donné à l'UE, ça ne servirait à rien. Il n'y aura plus qu'à fermer boutique. Donc c'est pas comme ça que ça fonctionne. Il y a des pays qui donnent plus qu'ils ne reçoivent. On les appelle les contributeurs nets. Et il y a des pays qui reçoivent plus qu'ils ne donnent. On les appelle les bénéficiaires nets. Alors les contributeurs nets, ceux qui se font plumer, eh bien en n°1, c'est l'Allemagne, puis la France, les Pays-Bas, l'Italie, le Royaume-Uni et la Suède.

Et ceux qui reçoivent plus qu'ils ne donnent, eh bien ce sont notamment l'Irlande, le Portugal, la Pologne, l'Espagne, l'Estonie. Et donc voilà le schéma. Progressivement, des ponctions sont faites sur les pays les plus riches au profit des pays en retard. Et puis il y a un détournement, une espèce de dérivation qui est empochée par la Commission européenne pour ses bonnes œuvres, c'est-à-dire pour son propre fonctionnement, le fonctionnement de ses commissaires européens, de ses fonctionnaires européens, et puis également les fonds européens divers et variés. Alors ça veut dire quoi, ce système ? Ça veut dire que par exemple, en 2012...

Ce sont des informations qui sont cachées sciemment à la population française. Jamais vous ne trouverez ces informations. C'est fait pour. Chaque année... C'est ce que j'ai reconstitué. Je n'ai jamais d'ailleurs été attaqué là-dessus. C'est-à-dire que mon calcul est peut-être finalement encore pas assez sévère. En 2012, la France a versé en gros 21 milliards d'euros à Bruxelles. Ici, c'est la Commission européenne. Et la Commission européenne a reversé à la France 14 milliards d'euros sous forme d'aides aux agriculteurs, de fonds du FEDER, d'aides à la recherche, d'aides aux associations, d'aides aux régions, avec le drapeau bleu aux étoiles d'or.

Et comme nous sommes en Auvergne et que – m'a-t-on dit – en Auvergne, « un sou, c'est un sou » {Avec accent}, vous aurez remarqué qu'il y a un petit truc. C'est quoi, le petit truc ? Le petit truc, c'est ça. C'est qu'il y a 7 milliards d'euros qui ont disparu, qui se sont évaporés, et qui ont tout simplement été piqués par la Commission européenne pour en donner une partie à d'autres États membres et pour ses propres frais de fonctionnement, sous forme bleue aux étoiles d'or. 21, 14 et 7, ça veut dire : les deux tiers, en gros, nous sont restitués. Alors comment ça marche, l'UE ? Je vais toujours parler à Florence. L'UE, c'est très exactement ça.

Je demande à Florence qu'elle me donne un billet de 100 €. « Donnez-moi donc 100 € ». Elle me donne 100 €. Je garde les 100 € pendant quelques mois. Et puis au bout de quelques mois, je reviens en donnant à Florence 66 €. Et je lui dis : « On dit merci qui ? Hein ? Je suis généreux ». Ça, c'est les fonds européens. C'est son argent. J'en ai barboté 34 €. Et elle doit me dire merci. Pas seulement ça. Je lui dis : « 66 €, mais à la condition que vous refassiez la peinture de votre cuisine et votre salle de bains, qui ne me plaît pas du tout ». « Mais moi, je... Elle me plaît ». « Non, non, non !

Vous dépensez cet argent que je vous donne gracieusement pour faire les politiques que j'ai décidées ! ». C'est ça, l'Europe. Et puis ensuite, les 34 € que j'ai conservés, je m'en mets à peu près 10 dans la poche pour aller faire bombance, aller au resto, etc. Et puis les 24 € restants, je les donne à madame et je dis : « On dit merci qui ? Je suis quand même vachement sympa ». Et elle doit dire merci à moi, à l'Europe. C'est-à-dire que l'argent que verse la France, nous en sont restitués les deux tiers pour mener des politiques imposées par l'Europe, fussent-elles les plus absurdes possibles.

Et le dernier tiers sert à financer une vie de nabab des fonctionnaires européennes, qui partent à la retraite au bout de 15 ans à taux plein, qui gagnent des sommes phénoménales. Et le reste est donné à d'autres pays au nom de l'UE. C'est-à-dire que ceux qui reçoivent notre argent ne savent même pas que c'est nous qui payons. Chapeau ! Vraiment, comme stratégie, c'est fantastique. Alors lorsque les contribuables français versent 100 € à l'UE, les agriculteurs français récupèrent 50 € via la PAC, les régions françaises récupèrent 16 € via les aides économiques structurelles. Les 34 € restants ne sont pas récupérés.

Ils financent les fonctionnaires européens, les frais de fonctionnement, ainsi que les Polonais, les Estoniens, les Slovaques, les Turcs... Les Turcs puisqu'ils sont en procédure d'adhésion, puisque les États-Unis... Ce sont les États-Unis qui ont décidé que la Turquie entrerait dans l'UE. Je l'ai expliqué maintes fois : c'est parce qu'il s'agit de faire coïncider le périmètre de l'OTAN et le périmètre de l'UE. Mais il y a encore mieux. C'est que l'UE demande de cofinancer avec notre argent et avec de l'argent de la République des campagnes de promotion pour vendre les bénéfices de l'UE. Ça, c'est des photos que j'avais prises à Millau dans l'Aveyron, le croirez-vous.

« Pour révolutionner les nouvelles technologies, les étoiles de l'Europe, c'est mieux ». On fait croire à la population française que si l'Europe n'était pas là, on ne pourrait pas financer la recherche, alors que si nous sommes sortis de l'UE, non seulement nous pourrons la financer directement, mais on aura 7 milliards d'euros en plus à dépenser pour notre propre compte. Alors ça, faut surtout pas que vous le sachiez. Mais enfin vous voyez cette escroquerie extraordinaire qui a un impact considérable sur l'unité nationale.

Voici ici un village que vous ne connaissez peut-être pas, même assez probablement pas, puisque ici, c'est la France, et de l'autre côté de ce fleuve, cette côte que vous voyez en face, c'est le Brésil. Le fleuve s'appelle l'Oyapock. Et la ville s'appelle Saint-Georges-de-l'Oyapock. C'est une commune française de Guyane française. Eh bien sur ce panneau, vous voyez le blason de la commune et le drapeau européen. Et le financement de l'opération pour l'amélioration des voiries, eh bien vous avez tout simplement la commune, le département et le FEDER, c'est-à-dire le Fonds européen de développement régional.

C'est-à-dire que nos compatriotes de Guyane qui se renseignent un petit peu sont fondés à se dire : « Mais finalement, la France nous laisse tomber. Heureusement que l'Europe est là. Prenons donc notre indépendance ». C'est fait pour. Et ce qui existe à Saint-Georges-de-l'Oyapock, vous le trouvez à Rouen. Au port autonome de Rouen, c'est des travaux financés par l'UE, le port autonome de Rouen, le conseil régional de Haute-Normandie, le conseil général de Seine-Maritime, la Communauté de l'agglomération rouennaise.

Celui qui paye le plus, la structure qui paye le plus, c'est la République française : n'apparaît pas, parce que l'UE, ce sont les fonds versés par la République, le conseil général et le conseil régional, c'est financé par les taxes d'habitation, taxes foncières décidées par la République, payées par les contribuables français. Mais si vous habitez à Rouen, vous vous dites : « Finalement, on peut se passer de la France. Autant avoir une Normandie réunifiée, une province indépendante qui traitera directement avec Bruxelles pour avoir l'argent ! ». Et on va dire la même chose en Bretagne. On va même financer le mouvement des Bonnets rouges.

Et on va dire la même chose aux Corses, et la même chose aux Alsaciens, puisque c'est la même chose en Alsace : « Les travaux sont faits par l'UE ». La France n'apparaît plus. Les gens sont fondés à se dire : « Mais qu'est-ce que c'est que cette France qui ne cesse que de ne vous envoyer des réglementations ? », parce que les réglementations, on (leur porte) le chapeau aux énarques. Mais les réglementations sont décidées par la Commission. Donc nous, on nous fait faire le sale boulot. L'État, c'est le sale boulot. Et puis les subventions, le bon boulot, il est prétendument venant de l'UE. Vous voyez même dans la Somme : la baie de Somme à vélo...

On explique que si vous pouvez faire de la bicyclette dans la baie de Somme, c'est grâce à l'UE. Vous voyez quand même où va se nicher la propagande extraordinaire. Ne vous laissez donc pas intimider par la propagande. Les subventions dites européennes sont en fait payées par les Français, ne représentent qu'une partie de ce que nous versons : en gros les deux tiers.

Si nous sortons de l'UE, non seulement la France pourra toujours verser le même montant de subventions aux agriculteurs, sauf que cette fois-ci, les agriculteurs de l'Aveyron, de l'Ardèche, de la Haute-Loire, du Puy-de-Dôme et de toute la France recevront les subventions avec le drapeau de la République française : ce qui est normal, puisque c'est la République française qui paye, c'est-à-dire la collectivité nationale. Et deuxièmement, nous aurons 7 milliards d'euros de plus, soit à économiser pour diminuer notre dette publique – ça serait pas forcément inutile, puisqu'on s'endette en définitive pour payer la Commission européenne –, ou alors à consacrer à des politiques sociales.

Dans notre programme, c'est ce qui est prévu : de faire un grand programme de logements sociaux, parce qu'il y a énormément de Français qui ont les plus grandes difficultés à se loger. On a appris le 5 novembre 2014... Vous voyez que je vous ai soignés aux oignons, je vous ai préparé quelque chose qui soit le plus d'actualité. C'était il y a 3 jours : la Cour des comptes européenne – il y a une cour des comptes en Europe – qui a publié un rapport qui a révélé que, selon des estimations partielles, l'UE aurait dépensé par erreur 6,97 milliards d'euros en 2013. Dépensés par erreur. « Oh, chéri, excuse-moi, j'ai dépensé 7 milliards d'euros par erreur ». On se fout de qui, là ?

En fait, cet argent sert à financer des opérations par ce monstre bureaucratique qu'est l'UE. Par exemple, ils ont décidé de financer des hélicoptères en Espagne pour surveiller les frontières extérieures. Cf. ce que je disais tout à l'heure : cette espèce de complexe obsidional, comme on dirait : une espèce de siège, d'état de siège où on va mettre des frontières, des hélicoptères pour surveiller les migrants. Donc l'UE a payé ça à l'Espagne. Sauf qu'ils ont envoyé des enquêteurs. Et puis les hélicoptères servaient pas du tout à ça. Ils servaient à éteindre des feux de forêt. C'était pas du tout prévu au programme.

Ils ont financé – tout ça, c'est dans le rapport de la Cour des comptes (européenne) – de la culture bio en Sardaigne ou en Sicile. Ils ont envoyé des inspecteurs. Ils ont vu que sur les aubergines, il y avait 12 couches d'insecticides. Ils ont financé des plaines, laissées à l'état de plaines sauvages. Ils sont allés voir sur place, c'était urbanisé, c'était des forêts. C'est en permanence des détournements. C'est normal. Quand vous avez une bande de types dans un burlingue à Bruxelles et qui font des subventions à 2 500 km sans y rien connaître, ça favorise évidemment toutes les escroqueries.

Je vous renvoie à une conférence que j'ai faite qui s'appelle « L'Europe, c'est la paie », où je vous montre toute une série d'escroqueries plus inimaginables les unes que les autres. En particulier, il y a des pays spécialistes : la Roumanie, la Bulgarie, etc., qui s'y entendent parfaitement. Et je vous dirai tout à l'heure – si vous voulez – pendant le buffet à ceux que ça intéresse comment devenir millionnaire en escroquant l'UE. C'est très facile.

Il suffit d'aller voir l'UE, d'avoir un projet mirobolant chantant les gloires de l'UE et jouant la brosse à reluire auprès du technocrate de Bruxelles en disant : « Il faut absolument se mobiliser pour ce beau projet européen face au populisme. Donnez-moi donc 2 millions d'euros. Je vais faire des cartes postales ». C'est comme ça que ça se passe. Le montant minimum des sommes gaspillées ou détournées s'élève ainsi, rien que pour 2013, à peu près à la totalité de ce que les Français ont versé en contribution nette à l'UE. C'est fort.

On nous a en gros ponctionnés 7 milliards d'euros l'année dernière, alors qu'au même moment, on ferme les services publics, des classes des écoles, on supprime des postes d'infirmier, des postes de gendarme, de policier, on dérembourse des médicaments. Donc du coup, les gens peuvent plus se soigner les dents. On les appelle les sans-dents, d'ailleurs. Vous connaissez ? Et au même moment, on a versé 7 milliards d'euros qui ont été dilapidés. Le coût total annuel de la construction européenne pour la France, en contribution nette, c'est 7 milliards d'euros. Il faut y ajouter les autres dépenses budgétaires apparentes : les cofinancements, les sanctions, les indemnités.

Les sanctions, c'est lorsqu'on tarde à introduire la réglementation européenne. 4 milliards d'euros. Le coût de la collecte des recettes fiscales affectées aux dépenses européennes : 150 millions d'euros. L'impact financier de la réglementation européenne, alors ça, on n'a pas d'estimation en France. Mais les Néerlandais ou les Britanniques, qui sont près de leurs sous comme les Auvergnats, ont fait des calculs en comptabilité analytique qui donnent froid dans le dos. Parce que...

Toute la réglementation s'appliquant à toutes les administrations, toutes les entreprises publiques et privées, les agriculteurs, les gens n'en peuvent plus des réglementations qui leur tombent en permanence sur le dos, en disant : « Les énarques... ». C'est pas les énarques, hein. C'est la Commission européenne, ce sont les services de la Commission. Ça a été chiffré aux Pays-Bas ou au Royaume-Uni...

Au prorata de ce que c'est pour la France, pour l'État, ça ferait un minimum de 8,7 à 10 milliards d'euros annuels, pour les collectivités locales 2,2 milliards d'euros, pour les entreprises françaises un minimum de 37 à 40 milliards d'euros, à cause de toutes ces personnes, les services administratifs, le temps perdu à remplir toutes ces procédures européennes. Soit un total énorme d'au moins 60 milliards d'euros. Ça, ces informations, ces analyses sont absolument interdites de réflexion et d'antenne en France. C'est pourtant fondamental.

C'est sans doute une des raisons essentielles pour lesquelles l'ensemble du continent européen est désormais la lanterne rouge de la croissance planétaire depuis 15 ou 20 ans. Parce que tous les pays européens sont dans la même situation, ont une croissance très lente. Mais pourquoi ? Mais bah parce qu'ils sont complètement abreuvés, abreuvés de réglementations, de prélèvements, de ponctionnements, par cette espèce de cancer administratif qu'est cette nouvelle Union soviétique, enfin cette construction soviétoïde qui s'appelle la construction européenne. La sortie de l'UE va-t-elle entraîner la fin d'Airbus et la fin d'Ariane ?

Vous connaissez ça : des gens qui vous disent : « Mais enfin quand même, l'Europe, c'est Airbus. Comment vous pouvez être contre Airbus ? ». Je suis désolé, je vais encore – encore – être obligé de vous déniaiser, si j'ose dire. Airbus, est-ce que c'est un succès de l'Europe ? Voici l'Airbus A380. Vous savez, c'est le gros truc, là, avec 4 réacteurs et puis 2 étages. Alors les gens disent : « C'est génial. Regardez, l'Europe. C'est absolument fabuleux ». Oui, sauf que l'Europe n'y est absolument pour rien. Nous avons ici une page, une saisie d'écran du site internet, qui est écrit en américain, donc en européen.

Pourtant, c'est une collaboration franco-allemande à l'origine, voulue par De Gaulle. Vous avez ici une carte, un planisphère de tous les lieux où est fabriqué Airbus A380. Vous y verrez qu'il y a effectivement des lieux en Europe occidentale. Mais vous y verrez que fabriquent l'Airbus A380 des entreprises situées au Canada, aux États-Unis. Notamment, là, il y a un petit point rouge que vous avez failli voir apparaître. C'est Wichita, dans le Kansas. C'est là que ça a été conçu. Les services techniques qui ont conçu l'Airbus A380 se situent à Wichita, dans le Kansas. Vous avez des entreprises au Mexique, des entreprises en Russie qui fournissent notamment du titane pour le métal.

Vous avez des entreprises en Turquie, en Malaisie, à Singapour, en Australie, en Corée, au Japon. En revanche – je reviens là –, vous n'avez pas d'entreprise à Malte, en Hongrie, en Pologne (visiblement, il y a une usine en Pologne). Je vais en parler dans un instant. Aux États-Unis, la part américaine d'Airbus A380... Les États-Unis fournissent, par Northrop Grumman, qui est liée au ministère de la Défense américain, l'ensemble de l'électronique embarquée de cet avion, plus les trains d'atterrissage. Les trains d'atterrissage pour un avion qui peut emporter 800 personnes sont assez costauds – vous pouvez l'imaginer –, à la fois solides, mais également une très haute technologie.

C'est fabriqué aux États-Unis. Fabriqué également aux États-Unis... Quand il est motorisé, il y a plusieurs types de motorisation possibles. Mais les moteurs Pratt & Whitney sont fabriqués aux États-Unis. Un Airbus A380, avec l'électronique embarquée américaine, les trains d'atterrissage américains et les 4 moteurs Pratt & Whitney, c'est 38% de l'appareil. La part américaine d'un Airbus A380 atteint 38% lorsque l'appareil est motorisé Pratt & Whitney. En termes de part dans la fabrication, les États-Unis sont le premier pays fabricant d'Airbus A380. Je suis désolé de vous décevoir.

Je vous signale d'ailleurs que dans Boeing, il y a une part française : il y a 10 entreprises françaises qui travaillent dans Boeing. Alors ceci me permet d'attirer votre attention sur quelque chose d'important. Voici ici les pays de l'UE. Et puis voici Airbus. Et par un coup de baguette magique, je vais déterminer quels sont les pays qui participent à la construction d'Airbus. En réalité, c'est d'abord et avant tout la France et l'Allemagne, puis un peu moins l'Espagne et le Royaume-Uni, encore moins les Pays-Bas et l'Italie, encore moins l'Autriche, la Pologne, la Belgique, la Slovaquie, la Suède, la Finlande et la République tchèque.

15 des 28 États membres de l'UE, c'est-à-dire plus de la moitié, ne jouent absolument aucun rôle, ne mettent même pas une vis dans Airbus. En revanche, les États-Unis, le Japon, le Mexique, le Canada, l'Australie, la Malaisie, la Corée du Sud, la Chine populaire ont des parts très importantes dans Airbus. Il y a 10 entreprises japonaises qui fabriquent des parties très fondamentales d'Airbus, A380 notamment. Tous ces pays ne sont pas dans l'UE. Donc tout ce que je veux vous dire là, c'est qu'Airbus n'est pas un avion européen. C'est un avion international. L'UE n'est absolument pour rien, l'UE n'a joué aucun rôle à aucun moment dans Airbus, depuis sa création.

Airbus a été créée par la volonté de Charles de Gaulle, qui avait souhaité développer une coopération internationale entre la France, le Royaume-Uni et l'Allemagne dans le domaine aéronautique. Point. Et ceci me permet d'attirer votre attention... Je vois que c'est dommage si vous n'aviez pas vu cette planche, parce que c'est à mon avis l'une des peut-être les plus importantes planches de toute cette conférence. C'est qu'il faut bien comprendre la différence qu'il y a entre deux concepts tout à fait différents, qui sont la coopération internationale d'une part et l'intégration supranationale d'autre part. Nous, à l'UPR, nous sommes favorables aux coopérations internationales.

Les européistes vous disent que nous devons faire de l'intégration supranationale. Nous ne sommes pas fermés sur le monde. Nous, nous voulons des coopérations internationales. Alors ça veut dire quoi ? Eh bien la coopération internationale, c'est que sur un projet, on réunit des États, des entreprises des pays quels qu'ils soient : que ce soit en Europe, en dehors de l'Europe, peu importe. Ce sont des gens qui veulent participer à un projet. Dans l'intégration supranationale, on part d'un tout autre principe. On part d'un principe que c'est les États qui sont sur le continent européen qui doivent obligatoirement coopérer entre eux. C'est un principe géographique.

Dans le premier cas, c'est un principe d'objectif : « Est-ce que vous voulez coopérer sur cet objectif ? ». Dans le deuxième cas, c'est : « Puisque vous êtes sur le continent européen, vous devez coopérer ».

Parce que le Portugal est frontalier de l'Espagne, qui est frontalière de la France, qui est frontalière de l'Allemagne, laquelle est frontalière de la Pologne, Pologne qui est bien entendu frontalière de la Lituanie, qui est frontalière de la Lettonie, frontalière elle-même de l'Estonie, qui par le golfe de Finlande est frontalière de la Finlande, de proche en proche, il faudrait que les Lapons de Laponie finlandaise de la ville de Rovaniemi partagent le même avenir et les mêmes objectifs, et tous les mêmes projets que les Portugais qui vivent dans l'Algarve portugaise. C'est ça, le projet européen. C'est un truc de dingo, si vous y réfléchissez. C'est un truc de dingo.

Dans la coopération internationale, les États ou les entreprises décident de coopérer sur un seul sujet, précis et limité, conforme à leurs intérêts nationaux. Dans le deuxième cas, on force par idéologie tous les États à coopérer sur tous les sujets : « Vous devez coopérer sur tous les sujets parce que vous êtes sur le continent européen ! ». C'est comme si vous habitiez par exemple dans un immeuble où il y a 27 colocataires, et on vous dit maintenant, du jour au lendemain : « Vous êtes dans cet immeuble. Il y a 28 colocataires. Vous devez passer toutes vos vacances ensemble, toujours bouffer ensemble, avoir les mêmes projets, peindre de la même couleur ». C'est du délire !

Il se trouve que peut-être, vous ne pouvez pas supporter votre voisine du dessus ou votre voisin de palier, mais qu'en revanche, vous avez des amis à l'autre bout de la rue ou à l'autre bout du monde, ou de la famille. On ne postule pas des liens d'amitié ou de coopération parce que vous êtes dans un même immeuble. Ça n'a aucun sens. C'est pourtant ça, le projet européen. C'est une idée de dingue. Si vous y réfléchissez à fond, c'est une idée de dingue. Et puis une idée de dingue, ça donne évidemment des résultats de dingue. Parce que dans la coopération internationale, tous les gens se regroupent pour former un même projet. Ils ont donc tous intérêt à ce que ça marche.

Toutes les entreprises et tous les États qui fabriquent Airbus, ils ont intérêt à ce que l'avion vole. Ils vont pas s'amuser à saboter l'avion qu'ils sont en train de fabriquer. Donc l'Airbus, par exemple. La fusée Ariane, c'est pareil. La fusée Ariane, il y a la Norvège, il y a le Canada qui a une part très importante. Mais il y a plein de pays d'Europe qui ne mettent pas un fifrelin dans Ariane. Le tunnel sous la Manche, la coopération nucléaire franco-chinoise, la fusion Air France - KLM... Alors lorsque Air France rachète la compagnie aérienne néerlandaise KLM, il y a des gens qui disent : « Ah, grâce à l'Europe... »... Mais c'est pas du tout grâce à l'Europe. Ça n'a rien à voir.

Parce que lorsque Renault rachète le japonais Nissan pour combattre Volkswagen, là, on parle plus de l'Europe. Ce sont des coopérations où les gens ont le même objectif. En revanche, dans l'intégration supranationale, eh bien là, vous avez donc... On force 28 États à avoir la même politique commerciale à l'OMC. Mais ça marche pas. Ils ont pas les mêmes intérêts. On force les 28 États à approuver des délocalisations. Mais les pays de l'Est, ils accueillent avec plaisir les délocalisations : la Slovaquie, la Bulgarie, la Roumanie, la Pologne : « Merci, merci, merci ! Venez, venez. Donnez-nous vos emplois ». Mais la France, mais l'Allemagne, mais le Royaume-Uni ne sont pas du tout d'accord.

Le taux de change de l'euro sert actuellement... L'Allemagne est tout à fait favorable au taux de change actuel de l'euro. Mais ce taux de change qui est compatible avec la compétitivité externe de l'économie allemande n'est pas du tout compatible avec la compétitivité de l'industrie et de l'économie grecques, espagnoles, italiennes, portugaises ou françaises. Le taux de change de l'euro est en train de tuer l'industrie des pays du Sud au profit de l'industrie allemande. C'est formidable. Même Hitler n'avait pas rêvé un truc pareil. Le budget de l'UE, c'est pareil. Certaines voix, de temps en temps, disent : « Il faudrait augmenter le budget de l'UE ».

En général, c'est les pays de l'Est qui le demandent, puisqu'ils reçoivent beaucoup plus qu'ils ne donnent. Mais le Royaume-Uni ou l'Allemagne, qui comptent leurs sous, disent : « Attendez, on paye beaucoup plus qu'on reçoit. On va pas doubler ça ». Mais en France, vous avez des gens qui sont tellement incompétents... Je pense à des leaders socialistes ou écologistes qui disent : « Oui, il faut doubler le budget européen ». Mais est-ce que vous vous rendez compte, ce que ça voudrait dire, de doubler le budget européen ? Ça voudrait dire que la France, au lieu de donner 21 milliards d'euros, devrait en donner 42, et au lieu d'en recevoir 14 en recevrait 28.

C'est-à-dire que nous serions ponctionnés de 14 milliards d'euros au lieu de 7. Doubler le budget européen, ça voudrait dire qu'on nous pique deux fois plus d'argent. C'est ça que ça voudrait dire. Est-ce que vous vous rendez compte qu'il y a des responsables politiques français d'une telle inconscience, d'une telle incompétence qu'ils disent aux Français que pour sortir du marasme, il faudrait doubler le budget européen, c'est-à-dire en fait nous ponctionner encore deux fois plus d'argent ?

Le résultat de tout ça, c'est que dans la coopération internationale, tout le monde est d'accord sur le même projet et a intérêt à ce qu'il réussisse, alors que dans l'intégration supranationale, personne n'est d'accord sur le même projet. Et donc chacun freine pour préserver ses intérêts fondamentaux. Ça veut donc dire que dans la coopération internationale, en réalité, ça marche presque toujours, et tout le monde est content. Et nous, nous sommes pour. Nous, nous sommes pour Airbus. D'ailleurs, en sortant de l'UE, nous serons toujours dans Airbus. Ça n'a aucun rapport avec l'UE. Nous sommes pour Airbus. Nous sommes pour Ariane. Nous sommes pour le tunnel sous la Manche.

Nous sommes pour la coopération nucléaire franco-chinoise. Nous sommes pour la fusion Air France - KLM. Nous sommes pour la fusion Renault - Nissan. Nous sommes pour toutes ces coopérations internationales, y compris avec des pays qui ne sont pas dans l'Europe. C'est bien, c'est sain d'avoir une coopération avec la Chine, d'avoir une coopération avec le Japon. Il faut que nous ayons plus de coopérations avec les pays d'Afrique, du Moyen-Orient, avec les pays d'Amérique latine. C'est bien, parce que c'est ça qui favorise la paix. C'est ça qui favorise la paix.

Ce sont les échanges avec tous les peuples du monde sans distinction nauséabonde entre ceux qui appartiendraient à l'Europe et les autres. Ça, ça n'est pas vrai. En revanche, l'intégration supranationale, eh bien ça ne marche jamais. Et tout le monde est furieux. C'est de ça que nous ne voulons plus. Donc vous comprenez que sortir de l'UE, ça n'est pas du tout se refermer sur soi-même. C'est renouer avec la réalité, le monde réel et avec ce qui marche. Alors il y a encore un autre argument : « Vous allez isoler la France du reste du monde ». C'est un argument un peu différent de l'argument des frontières. C'est comme si on allait être le mouton noir du monde diplomatique et international.

Alors comme d'habitude, moi, je prends ma rationalité, je me renseigne, et je regarde ce qui nous relie au monde extérieur. On veut faire croire aux Français que ce qui nous relierait au monde extérieur serait exclusivement l'UE. C'est faux. C'est une histoire de dingue, ça aussi. En réalité, la France restera liée à l'Allemagne par des traités bilatéraux, si nous sortons de l'UE : pas moins de 252 traités : par exemple les conventions de non double imposition, les échanges d'étudiants entre la France et l'Allemagne, la délimitation des frontières, les échanges diplomatiques, les adoptions, le changement de nom, les transferts de corps de personnes décédées.

Nous avons 252 traités bilatéraux entre la France et l'Allemagne. Il faut y ajouter par ailleurs les traités multilatéraux qui nous relient à l'Allemagne en dehors de l'UE : par exemple à la convention relative au statut des réfugiés, par exemple la convention destinée à régler certains conflits de loi en matière de chèques, le transport des corps, la protection des oiseaux utiles pour l'agriculture. Ça date de 1902, vous voyez. Des traités multilatéraux où il y a la France et l'Allemagne dans le même traité international. Ça, eh bien si on regarde de près, nous en avons 352 : traités multilatéraux.

Ça veut donc dire que s'agissant de l'Allemagne, nous sommes reliés à l'Allemagne par 252 traités bilatéraux et 352 traités multilatéraux, c'est-à-dire 604 traités qui nous relient à l'Allemagne en dehors de l'UE. Et lorsque nous serons sortis de l'UE, nous aurons toujours 604 traités bilatéraux ou multilatéraux qui nous relieront à l'Allemagne, de même que nous aurons 500 traités qui nous relieront à la Belgique, 430 à l'Espagne, 263 à la Grèce, 175 à la Hongrie, 488 à l'Italie, 220 à la Pologne, 266 au Portugal, 425 au Royaume-Uni, 127 à l'Algér... Tout ça, c'est en rouge : c'est les pays de l'UE. Mais j'ai pris des pays en dehors de l'Union.

127 à l'Algérie, 129 à la Chine, 294 aux États-Unis, 102 au Japon, 183 à la Russie, etc., etc. En d'autres termes, si on prend les traités de la France avec tous les États du monde, nous avons 4 877 traités bilatéraux, 1 776 traités multilatéraux : au total 6 653 traités qui nous relient au reste du monde en dehors de l'UE. Donc ceux qui vous disent que « Si la France sortait de l'UE, elle serait isolée », vous leur répondez : « Quel bobard ! Lorsque la France sera sortie de l'UE, elle restera liée aux 195 autres États du monde par 6 653 traités, excusez du peu ».

On comprend effectivement qu'un journaliste de renom m'ait dit : « Ils ne veulent pas débattre avec vous parce qu'ils ne savent pas quoi vous répondre ». Oui, parce que je démasque tous les mensonges de la propagande, tout ce que l'on veut vous faire croire, vous faire prendre des vessies pour des lanternes. De la même façon, je vous signale que la France possède le deuxième réseau diplomatique du monde. Nous avons des relations diplomatiques avec 190 États dans le monde. Nous comptons actuellement 165 ambassades, sachant que des ambassades sont accréditées sur plusieurs États à la fois, par exemple en Afrique ou dans le Pacifique Sud.

Et nous avons 145 consulats ou sections consulaires à l'étranger. Voulez-vous que je vous les lise ? Lorsque nous serons sortis de l'UE, nous aurons toujours ces ambassades. Il n'y a aucune raison pour fermer l'ambassade à Djibouti, en Égypte, en Namibie, au Népal, au Niger, au Mexique, au Luxembourg, au Kirghizistan, en Allemagne. On a d'ailleurs déjà une ambassade en Allemagne en dehors de l'UE. On va la garder. Au contraire d'ailleurs, c'est si nous restons dans l'UE que progressivement, on va fermer les ambassades, parce qu'on nous le demande, au profit de l'UE. C'est l'UE qui nous coupe du reste du monde !

À ceci donc : si les gens vous disent que la France serait isolée, vous leur dites : « Quel bobard ! Lorsque la France sortira de l'UE et de l'OTAN, elle conservera intégralement ses 165 ambassades et ses 145 consulats et sections consulaires. Ce sera toujours le deuxième réseau diplomatique du monde ». Et puis il faut ajouter à ceci les délégations et représentations dans des organisations internationales. Je vais passer vite.

Il faut savoir que nous avons des représentations dans les 26 délégations des organisations internationales comme l'ONU, l'OCDE, etc., et que sortis de l'UE, en réalité, nous en conserverons 23, nous en fermerons 3 : les deux représentations permanentes à l'UE et celle à l'OTAN. Et encore, on pourra peut-être transformer l'une de celles à l'UE n une représentation permanente, en une ambassade auprès de l'UE, à supposer que l'UE continue d'exister.

En d'autres termes, les organisations internationales dont la France restera membre après être sortie de l'UE : l'ONU, dont nous resterons membre permanent du Conseil de sécurité alors que nous risquons de perdre ce siège permanent si nous restons dans l'UE, l'OMC, le FMI, la Banque mondiale, l'Organisation mondiale de la propriété intellectuelle, l'Agence internationale de l'énergie atomique, le Haut Commissariat pour les réfugiés de l'ONU, l'Office international pour les migrations, le Haut Commissariat pour les droits de l'homme, l'Organisation internationale du travail, l'OMS.

Nous resterons dans toutes ces organisations lorsque nous serons sortis de l'UE, de même que nous resterons à l'Unesco, que nous resterons à l'Organisation de l'aviation civile internationale, à l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture. Nous resterons membres de l'Union internationale des télécommunications. Nous resterons membres d'Interpol, pour la coopération policière internationale. Nous resterons membres de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer et l'autorité des fonds marins. Nous resterons membres du Traité sur l'Antarctique.

Nous resterons membres du Traité de l'espace et du Bureau des affaires spatiales des Nations unies, membres de l'Organisation météorologique mondiale, membres de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques. Vous voulez que je continue ? C'est bon, hein ? Quelles vont être les conséquences de la sortie de l'euro ? Et ça sera – je crois – la fin de cette conférence, ce qui me permettra d'aller boire. Je vais aller assez vite. C'est l'évolution du taux de change entre le franc et l'euro.

Les européistes vont tenter d'effrayer les Français en leur certifiant que le franc sera victime d'attaques spéculatives incessantes, que son cours s'effondrera, que les étrangers s'enfuiront en se pinçant le nez, que le chômage galopera, etc., etc. Qu'est-ce qu'on va entendre ? On l'entend déjà. Mais c'est en ce moment que les gens s'en vont ! D'ailleurs, c'est pas les étrangers qui s'enfuient, c'est les Français qui s'enfuient. C'est en ce moment que le chômage galope. C'est en ce moment que la France s'effondre. C'est en ce moment qu'il faut qu'ils rendent des comptes. Comment peut-on encore faire confiance à des gens qui vous ont tous trompés sur tout depuis 20 ans, 22 ans ?

Est-ce que, lorsque vous allez voir un médecin qui se révèle être un charlatan... Vous avez mal au dos. Il veut faire couper la jambe au motif que vous auriez une gangrène. Puis vous avez toujours mal au dos. Vous allez voir un deuxième médecin qui vous dit : « Mais pourquoi on vous a coupé la jambe ? Vous avez simplement une petite sciatique ». Est-ce que vous allez revoir le premier médecin en disant : « Donnez-moi vos conseils » ? Il faut en tirer les conséquences. Il ne faut plus écouter M. Jacques Attali, M. Michel Rocard, M. Jacques Delors, M. Valéry Giscard d'Estaing, M. Michel Sapin. Faut plus les écouter !

Ce sont des gens qui sont là pour vous tromper, qui vous ont trompés sur tout ! Il faut maintenant changer de musique et écouter les gens qui ne se sont trompés sur rien. Et grâce à Internet, maintenant, vous avez la possibilité de revenir en arrière, de faire un retour, un flash-back. Allez regarder ce que je dis depuis 7 ans que j'ai créé l'UPR. Trouvez une seule erreur dans ce que je vous ai dit. Allez écouter... Il n'y a pas que moi. Allez regarder ce que Philippe Séguin, en 1992, à l'Assemblée nationale, avait dit sur ce qui allait se passer si nous ratifions le traité de Maastricht. 99% de ce qu'il dit a été totalement confirmé par les événements.

C'est à ça qu'il faut revoir où est la vérité et où est le mensonge. Tous ceux qui avaient mis en garde sur : dire non au traité de Maastricht et non à l'euro, ont eu raison sur toute la ligne. Tous ceux qui vous ont dit le contraire ont eu faux sur toute la ligne. Alors arrêtez d'écouter les menteurs. Je vous ai déjà parlé du cas suédois. Pendant 9 mois précédant le référendum du 14 septembre 2003, les européistes ont menacé les Suédois de la pire apocalypse s'ils votaient non à l'entrée dans l'euro. Ils ont prédit un effondrement de la couronne suédoise, le départ des grandes entreprises, des investisseurs internationaux, la mise au ban de la communauté internationale.

Ceux que ça intéresse pourront aller voir ma conférence qui s'appelle « Faut-il avoir peur de sortir de l'euro ? », où j'explique le cas suédois en long et en large. Résultat des courses : les Suédois ont voté non. Ils ne se sont pas laissé intimider par les bobards pseudo-techniques des européistes. Ils ont voté non à l'euro le 14 septembre 2003 avec 57% de non. Dans les semaines qui ont suivi, la couronne suédoise a grimpé sur les marchés des changes. Elle devait s'effondrer. Elle a grimpé. Il a fallu que la banque centrale suédoise intervienne pour faire baisser les taux d'intérêt, pour faire baisser le taux de change de la couronne suédoise.

Et depuis lors, depuis 2003, le taux de croissance de la Suède, comme d'ailleurs le taux de croissance du Royaume-Uni et du Danemark, a toujours été supérieur au taux de croissance de la zone euro d'environ 50%. C'est pour ça que personne ne vous parle de la Suède, ni du Danemark. Cette évolution du taux de change de l'euro par rapport au dollar... Et ça sera le dernier graphique de cette conférence : vous montre l'évolution de l'euro par rapport au dollar sur la décennie 2000. Il vous montre que plus le taux... L'euro était tombé à 0,85 $. Il est ensuite monté à 1,60 $ pour 1 €. Et ensuite, il fait du yo-yo aux alentours de 1,25 $, 1,30 $.

Pendant la même période, voici en rouge l'évolution de nos importations, en bleu l'évolution de nos exportations. Comme on peut le constater, les deux courbes : bleue et rouge, sont à peu près identiques pendant la période – avec le décalage de 9 mois qui est la prise en compte dans les statistiques douanières – où l'euro était égal ou inférieur à 1 $. Ça veut dire que notre commerce extérieur est équilibré lorsqu'un euro égale 1 $ ou un petit peu moins. Ça veut dire en revanche que plus l'euro est fort par rapport au dollar et plus nous importons.

C'est normal, parce que plus l'euro est fort, plus ce qui est produit en dehors de la zone euro est bon marché, et plus nous importons de produits bon marché. Mais plus les produits fabriqués en France ou en zone euro sont chers... Et donc nous avons du mal à exporter. Et donc vous voyez que se creuse, se creuse et se creuse notre déficit commercial. En 2012, nous avons eu le plus gros déficit commercial de l'histoire de France depuis Vercingétorix : 78 milliards d'euros, c'est-à-dire quelque chose comme 550 milliards de francs. C'était du jamais-vu. Et puis en 2013, on est passés de 78 milliards d'euros à 73 milliards d'euros.

Mme Nicole Brick, qui n'en cassait pas beaucoup, qui était secrétaire d'État au commerce extérieur et qui a d'ailleurs été licenciée comme une malpropre par Manuel Valls... Parce qu'elle avait dit que ce qu'on mangeait à l'Élysée était dégueulasse, je sais pas si vous vous rappelez. Pour un ministre du Commerce extérieur censé vendre l'image de la France, on fait quand même mieux. Mme Nicole Brick s'était enorgueillie que le commerce extérieur français s'était un peu amélioré, moyennant quoi c'était quand même le deuxième déficit commercial le plus élevé de l'histoire de France.

En réalité, si nous dégageons des déficits commerciaux énormes, c'est parce que l'euro est surévalué et que l'euro ne peut-être... Pour convenir à la France, il faut avoir : un euro égale 1 $ à peu près. Sinon, eh bien sinon, on peut acheter effectivement à l'étranger. Mais on torpille notre industrie, les usines ferment les unes après les autres, le chômage augmente, et les gens s'appauvrissent. C'est exactement ce qui se produit. C'est pour ça qu'il faut que le franc baisse. Alors des gens vont dire : « Oui, mais si le franc baisse, on paiera l'essence plus cher ». On paiera le pétrole plus cher, c'est vrai. Mais en économie, il n'y a jamais 100% de bénéfice ou 100% de perte.

Il y a toujours du pour et du contre. On paiera le pétrole plus cher. C'est exact. Mais je vous rappelle que l'essence à la pompe, il y a 55% de taxes. Et puis il y a 20% de raffinage, de transport et de distribution. Donc si on s'arrange bien, l'État pourra, en diminuant un peu la taxe sur les produits pétroliers, atténuer voire faire disparaître complètement le surcoût que procurera la baisse du franc par rapport au dollar pour les produits pétroliers. Ça, c'est vrai : qu'il y aura quelques inconvénients. Les produits étrangers coûteront plus cher. C'est vrai. Mais les produits français coûteront beaucoup moins cher. Et donc qu'est-ce qui va se passer ?

Ce qui va se passer, ça a été réfléchi notamment par Jacques Sapir et Philippe Murer, qui ont publié une étude qui fait plusieurs dizaines de pages, fondée sur des modèles économétriques. Ils ont fait tourner leurs ordinateurs. Les scénarios de dissolution de l'euro, avec 3 hypothèses de situation : une dissolution contrôlée de la zone euro, une scission de la zone euro en deux zones et une dissolution non contrôlée de la zone euro, et 3 options de politique économique : une pro-consommation, une pro-investissement et une réduction des déficits. Et en faisant tourner leurs ordinateurs, ils sont arrivés à ces conclusions... Ça n'est pas forcément une vérité d'évangile, bien entendu.

C'est contestable, c'est de la futorologie. Toute prévision est contestable. Mais enfin voilà des chercheurs qui ont fait tourner des ordinateurs, qui ont beaucoup réfléchi. Et nous avons – nous – à la télévision, à la radio des gens qui viennent vous dire : « Ça sera l'apocalypse ! », sans aucune explication. Ce sont les Jacques Attali, ce sont les Jacques Delors, ce sont les Michel Rocard, les Giscard d'Estaing qui se sont plantés sur tout ! Donnons la parole et examinons des gens, des professeurs d'économie sur les résultats de cette étude. C'est que dans la mesure où le franc perdra environ 30% de sa valeur...

Ce qui est conforme d'ailleurs à ce que je viens de vous montrer, puisque je vous ai dit qu'il faudrait que 1 € = 1 $, donc 1 F, puisque nous, on veut rétablir le franc pour l'euro. Il faudrait qu'en fait, un franc soit à peu près égal à un dollar pour rétablir la compétitivité. Or, actuellement, 1 € = 1,30 $. Donc actuellement, l'euro est à peu près 30% trop cher. Donc la sortie de crise de la France : il faut que notre monnaie perde à peu près 25% à 30%. C'est exactement l'hypothèse qu'a faite Jacques Sapir. Et qu'est-ce qu'ils ont trouvé ?

Ils ont trouvé que la dissolution de la zone euro, le retour au franc, accompagnés d'une dévaluation de l'ordre de 25% à 30% du franc par rapport au dollar, laisseraient les revenus et les dépenses réalisés sur le territoire inchangés. Même avec des hypothèses pessimistes, l'inflation ne dépasserait pas 5% la 1re année, 4% la 2e année. Elle reviendrait ensuite à son niveau structurel. Ils ont découvert qu'un strict contrôle des mouvements de capitaux devrait être mis en place pour gérer la dévaluation. C'est exactement ce qu'on propose. Ça tombe bien. Je l'ai déjà dit plusieurs fois. C'est ce qui est arrivé au moment de la crise à Chypre.

Ils ont montré que le poids de la dette publique diminuerait rapidement, tandis que le déficit résiduel des dépenses publiques pourrait être parfaitement couvert par l'épargne nationale, avec une redescente rapide à 75%, 80% du PIB. On est actuellement à 88% du PIB. Ils ont découvert que le gain en croissance et en emploi serait spectaculaire selon les 9 scénarios. La croissance s'établirait selon les scénarios entre +8% et +21% en 4 ans. On pourrait atteindre du 5% de croissance pendant 4 années successives. Est-ce que vous vous rendez compte ?

Est-ce que vous vous rendez compte que le nombre de chômeurs actuellement de 3,2 millions, 3,3 millions en catégorie A chuterait selon les différents scénarios qu'ils ont étudiés à 2,2 millions de chômeurs dans le plus mauvais des cas et plus sûrement à 1,2 million de chômeurs ? C'est-à-dire que nous pourrions gagner 1 à 2 millions d'emplois. En sortant de l'euro et en rétablissant le franc, avec un franc qui perdrait 25% de sa valeur par rapport au dollar, par rapport à la monnaie actuelle qui est très surévaluée par rapport à la compétitivité de notre économie, nous pourrions sortir entre 1 et 2 millions de Français du chômage.

Est-ce que ça vaut pas la peine de le regarder d'un peu plus près ? Est-ce qu'on a le droit de dire ça à la télévision française sans qu'aussitôt, quelqu'un vous dise : « Ah, vous êtes d'extrême-droite ! Parce que vous avez été dans un local qui était possédé par un mec qui est d'extrême-droite » ? Voilà le débat qu'il y a maintenant dans les médias français ! C'est une honte ! La France n'est plus une démocratie. Les résultats de cette étude montrent qu'à court terme, la valeur du patrimoine des ménages serait affectée en fonction de la composition de ce patrimoine, mais il retrouverait sa valeur à moyen terme. L'assurance-vie perdrait de 3% à 5% la 1re année, 2% la 2e année.

Faut le savoir. Vos placements en assurance-vie pourraient perdre jusqu'à une dizaine de %. Oui, certes, mais les placements immobiliers connaîtraient quant à eux une hausse. Le taux d'imposition général de l'économie française pourrait baisser de 45% à 43% voire 41% du PIB. Sortir de l'euro et rétablir le franc permettra donc de faire baisser significativement le taux d'imposition. Et quelles vont être les conséquences de la sortie de l'UE et de l'euro sur l'industrie française ? Eh bien les résultats de l'étude Sapir-Murer nous les donnent. Du moins, c'est à discuter. Je ne dis pas que leurs résultats sont incontestables.

Mais en tout cas, c'est une base de travail que les européistes refusent. Ils vous disent qu'il faut continuer la politique actuelle qui nous mène dans le mur. Une dissolution de la zone euro, une forte dévaluation du franc auraient des effets extrêmement bénéfiques pour l'industrie française, avec une augmentation très forte de la production et des exportations, une très forte hausse des investissements français et étrangers en France, et un début de relocalisation d'industries en France.

Bah oui, puisque le travail des Français coûterait 30% moins cher vu de l'extérieur, des entreprises viendraient se relocaliser en France, parce que ça n'a pas que des avantages de se délocaliser, parce que la main-d'œuvre française est considérée généralement comme une excellente main-d'œuvre, avec des ouvriers très qualifiés, quoi qu'on en dise, avec des traditions ouvrières, des traditions industrielles, avec des bons ingénieurs, d'excellents agents de maîtrise. Donc une entreprise, si d'un seul coup, ça coûte 30% moins cher, ils vont se dire : « Finalement, quand on envoie faire nos trucs au Bangladesh, en fait, les produits qui nous sont envoyés, c'est des produits à moitié mal foutus.

Ça vaut peut-être le coup de payer un tout petit peu plus cher, mais que ça soit fabriqué en France. Mais un tout petit peu plus cher, pas beaucoup plus cher ». Donc si d'un seul coup, c'est 30% moins cher, on assistera à une relocalisation d'industries en France. Sortir de l'euro permettra de faire renaître l'industrie française moribonde, et ceci d'autant plus que le retour du contrôle des mouvements de capitaux, c'est-à-dire la sortie de l'article 63 du TFUE, permettra d'empêcher pour de bon les délocalisations. Et puis enfin, quelles vont être les conséquences de la sortie de l'UE et de l'OTAN sur la diplomatie française ?

La diplomatie française comme toutes les diplomaties doivent s'intéresser à la géopolitique. Or, ceux qui gouvernent la géopolitique, malheureusement, c'est souvent des choses très très matérielles. C'est notamment l'accès aux hydrocarbures : la clé de la croissance et de la richesse, la clé de l'énergie. Donc pour savoir ce qui attend le monde de demain, il faut savoir quelles sont les réserves mondiales prouvées de pétrole. Un spécialiste m'a dit : « C'est pas des réserves mondiales prouvées. Ce sont des réserves mondiales officialisées, rendues publiques. Il y a beaucoup d'autres réserves qui sont cachées ». C'est possible.

Il n'en demeure pas moins que, comme le montre ce graphique ou celui-là, tout le monde sait qu'à horizon de 30, 40 ou 50 ans, c'est encore au Moyen-Orient qu'il y aura plus de la moitié des réserves en hydrocarbures, et puis en Afrique, et puis en Amérique centrale, et puis en Russie. On a ici une courbe qui a été contestée. C'est la courbe du pic pétrolier. Cette courbe du pic pétrolier donne à penser que nous aurions atteint un pic vers 2010 et que désormais, inéluctablement, la production pétrolière devrait se raréfier. C'est contré par d'autres analyses qui parlent non pas d'un pic mais d'un plateau pétrolier qui durerait beaucoup plus longtemps.

Je vais vous montrer le graphique dans un instant. Mais ce qu'il est important de comprendre, c'est de faire un agrandissement et de voir qu'en 2020, 2030, c'est-à-dire demain, il n'y aura pratiquement plus de pétrole aux États-Unis hors Alaska. Puis de toute façon, les États-Unis conservent ça pour eux. Ce sont leurs réserves stratégiques. En Europe, c'est terminé. On va assister à la fin de ce qui se passe en Norvège et en Écosse. En Russie, en revanche, il y aura encore du pétrole en 2050. Et encore, ce sont les réserves prouvées. Mais sans doute, il y a beaucoup d'autres réserves qui ne sont pas encore annoncées.

Il y aura les autres, c'est-à-dire le Moyen-Orient, l'Afrique, l'Amérique latine. Ça veut dire qu'à horizon de 2050, ceux qui posséderont les hydrocarbures, ça sera la Russie, l'Afrique, le Moyen-Orient, l'Amérique latine. Et le graphique avec non pas le pic pétrolier mais le plateau pétrolier. En fait, vous voyez, c'est la même chose. Sauf qu'on reporte non pas à 2050 mais à 2125 la fin du pétrole. En gros, c'est un peu la même chose.

Ça ne vient pas polluer la conclusion qui est que c'est en Afrique, au Moyen-Orient, plus exactement au [Moyen-Orient 1], et puis également en Amérique latine, en Afrique et en Russie qu'il y aura les réserves en hydrocarbures vitales pour la vie en société, la vie contemporaine telle que nous la connaissons. Dans ces conditions, à votre avis, d'un point de vue géopolitique, qu'est-ce qui est intelligent ? C'est être ami des pays qui auront des hydrocarbures ou être ennemi ? C'est évidemment être ami. Charles de Gaulle nous avait laissé en 1969 une France rayonnante qui était acclamée en Russie. Il avait entamé la politique de détente au Moyen-Orient.

Il avait lancé la grande politique arabe de la France. En Afrique, c'est lui qui était l'auteur des décolonisations. Il avait procédé... Pas défendre la Françafrique, bien entendu, mais il avait procédé à une profonde rénovation quand même des rapports franco-africains. En Amérique latine, il avait fait son grand déplacement en Amérique latine. Tous ces atouts exceptionnels : la politique arabe de la France, la politique en Amérique latine, la politique africaine, la politique de détente vis-à-vis de la Russie, ont été sabotés par ses successeurs, qui nous ligotent avec l'UE dans un choix dramatiquement erroné. Au lieu de faire alliance avec les pays...

Alliance, mais une alliance amicale, fructueuse, une vraie coopération fondée sur l'amitié, la connaissance mutuelle, l'appréciation mutuelle. Au lieu de faire alliance avec les pays d'Afrique, d'Amérique latine ou du Moyen-Orient, qui seront les principaux détenteurs de pétrole dans 40 à 100 ans, la France s'est enfermée avec la construction européenne, et elle va s'enfermer davantage encore avec le grand marché transatlantique dans une alliance avec les États-Unis d'Amérique et les pays d'Europe, qui seront les États qui n'auront plus de ressources. Mais vraiment, chapeau ! Chapeau, en matière stratégique ! On s'allie avec ceux qui ont rien.

La conséquence de ça, c'est que sortir de l'UE permettra de mettre un terme à cette stratégie suicidaire et de nouer des partenariats stratégiques avec les États détenteurs de réserves, parce que sinon, eh bien sinon, nous allons faire ce qui est en train de se passer. Nous allons être entraînés dans la politique néocoloniale d'appropriation, de rapines et de vols menés par les États-Unis d'Amérique, qui veulent s'approprier par la violence, par la force, les ressources énergétiques du Moyen-Orient, de l'Afrique, de l'Amérique latine et de la Russie.

Nous avons donc le choix entre être du côté de la justice, des rapports pacifiques avec l'ensemble des pays du monde, ou faire le choix d'être avec les gangsters qui veulent piquer aux autres par la force leurs réserves. C'est ça, le vrai choix qui s'offre à nous. Je signale qu'un sondage (Gallup International et WIN) qui est sorti le 13 janvier 2014, qui a été fait dans 65 pays du monde, a révélé que pour la population de la planète entière : « À votre avis, quel pays représente la plus grande menace pour la paix mondiale ? », en 1, de très très très très loin devant tous les autres, les États-Unis d'Amérique, avec 24% de la population interrogée.

Nous faisons alliance avec le pays qui est le plus honni du monde. Comme disait Charles de Gaulle : « À la fin des fins, les Américains finiront par se faire détester par tout le monde ». Et nous sommes en train de passer sous les fourches caudines de ce pays-là. La sortie de l'UE et de l'OTAN permettra de rompre avec la logique guerrière et belliciste du choc des civilisations. La France renouera avec sa diplomatie indépendante et non alignée, telle qu'elle est ardemment désirée par la quasi-totalité des peuples du monde. Rappelez-vous les années 60, avec le président de la République française en Équateur, au Venezuela, au Cambodge, en Russie, au Mexique ou au Québec.

La priorité que nous voulons donner, c'est la priorité à la francophonie. Nous proposerons à nos partenaires de la francophonie un parlement de la francophonie. Rappelez-vous... Vous savez, je vous avais dit que nous avions une idée pour le parlement de Strasbourg. L'idée que nous avons, c'est que le parlement de Strasbourg, qui sera libéré par les députés européens... Nous allons proposer à l'Unesco, l'office des Nations unies pour la science, la culture et l'éducation, qui actuellement craque dans ses petits bureaux parisiens, puisqu'il y a 180 pays alors que c'était fait pour 50...

On va proposer de transférer l'Unesco à Strasbourg, qui montrera notre volonté de paix entre le monde latin et le monde germanique, et qui permettra d'ailleurs à nos compatriotes de Strasbourg de voir arriver non pas des représentants de 28 pays du monde, mais des représentants de 170 pays du monde, qui donnera à Strasbourg un rayonnement international excellent. Et nous, en France, à Paris, dans la capitale, eh bien nous proposerons de transformer l'Unesco en un parlement de la francophonie, pour changer complètement (l'eau du bocal de la francophonie). Parce que la francophonie... Faut arrêter de faire la francophonie de grand-papa pointilleux sur l'imparfait du subjonctif.

La francophonie, ça doit désormais être autre chose. Ça doit être une vision du monde, une vision partagée, une autre vision que le monde anglo-saxon, une autre façon de concevoir la vie en société, qui ne soit pas uniquement fondée sur l'adoration du veau d'or, parce que la langue française, la civilisation française a d'autres valeurs que celle-là. Et nous pouvons proposer à nos partenaires francophones de se rallier à ce parlement afin de contrecarrer la théorie racialiste et guerrière du choc des civilisations promue par les think-tank américains et dont la construction européenne n'est qu'une application régionale.

Nous allons permettre l'élaboration de positions communes de la francophonie sur les grands sujets planétaires. On essaiera. Puis si on n'y arrive pas, on le fera pas. Il s'agit pas de faire une union africaine, une union francophone comme il y a une Union européenne. Il s'agit d'avoir des pays souverains qui pourront peser de tout leur poids s'ils sont plus nombreux, s'ils sont d'accord pour avoir une même vision des choses par exemple sur la situation au Moyen-Orient. S'il y avait 30 pays francophones qui (disaient) la même chose, ça pèse de tout son poids. Ou bien sur le système financier international ou sur la réforme du FMI.

En fait, c'est donner à la francophonie une vision politique, en finir avec la Françafrique, les liens de domination néocoloniaux, mais nouer un vrai partenariat avec ces pays dont, en fait, nous sommes beaucoup plus proches qu'il n'y paraît parfois. En réalité, nous sommes beaucoup plus proches du Maroc, de la Tunisie, du Sénégal, de la Côte d'Ivoire, du Bénin, de Madagascar, du Vietnam, de Haïti que nous ne sommes proches de la Slovaquie, de l'Estonie, de la Lituanie, de la Finlande. C'est ça, la vérité. Et puis c'est pas seulement la francophonie. C'est aussi la priorité à l'universel.

La France a été championne tout au long du XIXe siècle et du XXe siècle par ce bel adjectif que nous voulons remettre au goût du jour : l'universel. C'est les Français qui ont inventé les expositions universelles. « Universel », ça veut dire que la France ne fait pas le distinguo entre des pays serviettes et des pays torchons. Ça, c'est une vision d'apartheid. Nous, nous disons qu'au IIIe millénaire, tous les peuples du monde sont égaux. Justement, il faut en finir avec le IIe millénaire. Il faut désormais considérer que toute l'humanité est égale. Il faut considérer que tous les pays doivent défendre leur identité nationale, parce que rien ne serait pire...

Le pire cauchemar – je crois – qui pourrait arriver, c'est que nos arrière-arrière-petits-enfants, au XXIIIe siècle, aient une planète qui ne soit couverte que de Kentucky Fried Chicken et où tout le monde parle l'américain. C'est l'horreur. Nous devons donc défendre la biodiversité des espèces végétales et animales, mais aussi la biodiversité des peuples et des nations. Et en même temps que nous devons défendre ça, – c'est dans une relation dialectique et dynamique – nous devons nouer des partenariats avec tous les peuples du monde sur la base de l'égalité sans faire de distinguo sulfureux et suspect selon l'appartenance à tel ou tel continent.

En réalité, nous réorienterons une partie de nos versements à l'UE en une aide à destination des pays de la francophonie et plus généralement de tous les pays du monde en développement. Nous développerons un système d'échange d'étudiants important de type Erasmus. On vous bassine sans arrêt : « Erasmus, c'est formidable ». Non, c'est pas formidable. Pourquoi est-ce qu'on devrait développer des échanges entre des jeunes étudiants français et espagnols et pas entre des étudiants français et ivoiriens, ou brésiliens, ou japonais ?

En vertu de quoi il faudrait développer des échanges entre les jeunes Français et les jeunes Estoniens et pas entre les jeunes Français et les jeunes Vietnamiens, Cambodgiens, Indiens, Pakistanais ou Mexicains ? Qu'est-ce que c'est que cette histoire ? En fait, la mondialisation n'est pas une mondialisation. C'est une américanisation. Et nous, nous sommes contre l'américanisation du monde. Je ne suis pas contre le peuple américain. On fait bien le distinguo entre le peuple américain et les dirigeants qu'il subit. Nous, nous sommes en faveur de l'universel. Tel est notre programme, le programme, celui que nous proposons : « Les jours heureux ».

« Les jours heureux », c'était le titre du programme du Conseil national de la Résistance de 1944. C'est celui que nous avons repris à notre compte 70 ans après, en le modernisant. Nous vous appelons à une véritable révolution politique qui consiste tout simplement à faire que la France redevienne la France. Merci beaucoup de votre attention. (Applaudissements)