VIDÉO - Le nombre d'hectares brûlés dans les Pyrénées-Orientales multiplié par 100 en un an
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 10 %Attaque 30 %Défensif 60 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 88 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:12OuverteRéponse partielle
Est-ce qu'il faut s'attendre à de nouveaux blocages à Perpignan ?
- 0:42OuverteRéponse directe
Qu'est-ce qui a changé par rapport à jeudi et vendredi dernier ?
- 1:26OuverteRéponse directe
La présence de la CGT a-t-elle aidé à l'apaisement ?
- 2:06OuverteRéponse directe
Qui sont les personnes placées en garde à vue ?
- 2:50OuverteRéponse directe
Allez-vous écrire aux parents des mineurs interpellés comme la semaine dernière ?
- 3:06RelanceRéponse partielle
Écrire à des parents dont les enfants ne sont pas condamnés n'est-ce pas s'asseoir sur la présomption d'innocence ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:13Invité politiqueFait
« Ce sont des mineurs, ce sont des lycéens. »
- 3:33Invité politiqueFait
« On ne peut pas s'habituer. Vous êtes dans votre rôle à ce moment-là ? »
- 4:03Invité politiqueFait
« Dès le jeudi matin, les policiers nationaux ont saisi, dans un endroit qui était tenu, caché, des dizaines de mortiers d'artifices, c'est-à-dire des explosifs artisanaux. »
- 6:55Invité politiqueChiffre
« il faut toujours distinguer les hectares parcourus des hectares brûlés. Mais si on parle d'hectares brûlés, c'est 4 380 hectares brûlés en 2026. »
- 7:09Invité politiqueChiffre
« En 2025, c'était 57. »
- 8:51Invité politiqueFait
« C'est énorme. »
- 10:33Invité politiqueChiffre
« Il y a un grand plan qui a été annoncé avec 200 millions d'euros la première année. »
Temps de parole
- Emmanuel Regnault72 %
- Présentateur26 %
≈ 8,2 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Notre invité ce matin, Simon, c'est donc le préfet des Pyrénées-Orientales. Bonjour Pierre-Régnot de Lamotte. Bonjour. Dans un instant, le bilan de la saison des feux de forêt dans le département, mais d'abord, les manifestations des lycéens et des étudiants. D'après vos informations ce matin, est-ce qu'il faut s'attendre à de nouveaux blocages à Perpignan par exemple ?
Alors, il y a notamment une action qui a été annoncée sur l'UPVD à l'université. Je crois qu'il y a l'intention de faire ce qu'on appelle un blocage de l'UPVD. Et
à
ce stade, ça reste plutôt calme. Depuis le début de la semaine, je constate plutôt une tendance à l'apaisement. Et c'est très bien ainsi.
Oui,
hier,
entre 1800 et 2500 personnes ont donc défilé à Perpignan. Plus de monde et moins de violences effectivement que la semaine dernière. Qu'est-ce qui a changé par rapport à jeudi et vendredi dernier
? Je
pense que peut-être que tout le monde a réfléchi. Peut-être aussi que les annonces qui ont été faites sur des chantiers qui ont été ouverts sur la vie lycéenne, sur la rénovation du bâti scolaire, sur un travail sur plus d'efficacité dans le remplacement des enseignants. Le fait aussi qu'on ait proposé aux lycéens des temps d'échange, des conseils.
Vous pensez que c'est
ça sincèrement ?
Ça a pu jouer. Je pense que ça a pu jouer. Et puis, comme dans toute mobilisation, il y a toujours des moments qui sont très actifs et des moments où ça a l'air un peu moins. Donc c'est assez logique.
La présence de la CGT aussi pour encadrer le cortège avec des parents, évidemment ça a aidé, ça a contribué au calme hier dans la manifestation. Je pense que dans ce
type de mobilisation,
on
a besoin de toutes les bonnes volontés. Bien sûr, l'encadrement des manifestations repose sur la police nationale et la gendarmerie nationale. Mais si les organisateurs eux-mêmes apportent leur pierre à ce travail d'encadrement, de sécurisation, c'est très bien. Et puis là, comme on parle de mineurs, que certains parents se mobilisent, c'est, je trouve, une heureuse initiative. Et effectivement, vous avez raison de dire que ça a pu contribuer au
calme et à l'apaisement des choses. Une mobilisation plus calme que la semaine passée, mais il y a eu tout de même des débordements dans l'après-midi. Après la manifestation au nord de Perpignan, un policier a notamment été blessé. 13 personnes placées en garde à vue. Qui sont ces personnes placées en garde à vue
?
Alors, il y a plusieurs profils. En majorité,
ce
sont quand même des mineurs. Ce sont des mineurs, ce sont des lycéens. Et puis, il y a une partie des personnes qui ont été interpellées en garde à vue, qui sont des majeurs, qui n'ont rien à voir avec la vie lycéenne, qui sont venus là sans doute pour casser ou pour commettre des exactions. Donc, évidemment, ça n'est pas acceptable. Et voilà, c'est le travail de la police et de la gendarmerie de permettre que la manifestation puisse se dérouler. Le droit de manifester est garanti dans notre pays et c'est à ça qu
'on
veille. Mais évidemment, on est là aussi pour interpeller et mettre hors d'état de nuire ceux qui sont là pour dégrader, casser ou blesser.
Est-ce que vous allez écrire aux parents de ces mineurs interpellés hier, comme vous l'avez fait la semaine dernière ?
J'ai dit que je le faisais, donc je
pense que je le ferai systématiquement. Je vous pose la question parce que votre courrier, il a surpris beaucoup de monde, il a choqué certains. Vous avez aussi beaucoup de supporters sur les réseaux sociaux, beaucoup de soutien. Mais le fait d'écrire à des parents dont les enfants n'ont pas été condamnés, est-ce que ce n
'est
pas s'asseoir sur la présomption d'innocence ?
Il
ne
faut
pas exagérer. Ma lettre, ce n
'est
pas une lettre de caché. La lettre, elle n'a pas pour effet de condamner quelqu'un. Qu'est-ce qu'elle dit, la lettre ? D'abord, elle s'adresse à une minorité de personnes, elle s'adresse à la petite vingtaine de mineurs, en l'occurrence à leurs parents, qui ont été interpellés pour des faits graves. C'est ça, je voudrais insister, les personnes concernées ont été interpellées pour des faits qui sont très graves, c'est-à-dire jeter un cocktail Molotov sur un policier, détruire un abribus, mettre des feux à des poubelles et à des dizaines de poubelles. On ne peut pas s'habituer. Vous êtes
dans votre rôle à ce moment-là
? Oui, je suis dans mon rôle quand je vois qu'il
y a
une mobilisation qui va durer plusieurs jours, que je suis garant de l'ordre public, que je vois que dès le premier jour, on est sur une tendance où il y a beaucoup de violence. Dès le jeudi matin, les policiers nationaux ont saisi, dans un endroit qui était tenu, caché, des dizaines de mortiers d'artifices, c'est
-à
-dire des explosifs artisanaux. Je suis désolé, ce n
'est
pas une manière normale de manifester. Nous respectons le droit de manifester, bien sûr, mais il ne peut pas s'accompagner de tant de violences. Donc j'ai écrit à ses parents, ne m'attendez pas à
ce
que ça suscite autant de commentaires. Vous
écrirez de nouveau à ses parents, dont les enfants ont été interpellés.
Voilà,
l'idée, pour être très simple, c'est faire réagir, c'est-à-dire dire... Il y a des claques qui se perdent pour dire les choses ? Je ne
suis
pas spécialement fanat des châtiments corporels, mais je pense qu'il y a un rôle que les parents doivent jouer. Par exemple, il y a un fait qui m'a vraiment choqué. Dans les personnes qui ont été interpellées pour feu de poubelle, on a interpellé deux très jeunes filles de 11 et 13 ans. Que font des filles de 11 et 13 ans à brûler des poubelles dans la rue ? Si là, il n
'y a
pas un sujet de parents, je ne
sais
pas ce que c'est.
Monsieur le Préfet, un mot aussi ce matin sur le policier national qui a été filmé, c'était vendredi à Perpignan, près du IC Mayol, filmé en train de tenir des propos racistes, avec aussi sur le torse de ce policier des emblèmes, des blasons de groupuscules d'extrême droite. D'abord, est
-ce
que ce policier a été mobilisé hier pour gérer la manifestation à Perpignan ? Non,
d'abord, le comportement de ce policier m'a beaucoup choqué, comme je pense beaucoup de Perpignanais. Son comportement n'est absolument pas représentatif de l'excellent travail qui est fait par les 920 policiers de la police nationale des Pyrénées-Orientales. Je ne cautionne pas du tout ce qu'il a fait, dit, porté.
Donc il est mis à pied là ce matin ? On
l'a sorti de la voie publique, évidemment. On l'a écarté de la voie publique, évidemment. Hors de question que ce monsieur...
Mais il continue à travailler au commissariat ?
Alors, il est en cours de procédure disciplinaire. Donc à mon avis, il est surtout en train de préparer sa défense, puisqu'il est convoqué pour un entretien disciplinaire. Donc, moi, j'ai pris connaissance de cette vidéo, un peu comme tout le monde. D'abord, j'ai été choqué. Ensuite, j'ai tout de suite demandé à ce qu'on identifie ce policier. Au début, on ne savait pas qui c'était. Pour vous dire les choses, c'est un fonctionnaire de police qui est arrivé à la police nationale de Perpignan il y a trois semaines. Donc, il est tout récent. On ne le connaissait pas plus que ça. Et dans son dossier, il n'y
avait
rien qui pouvait laisser entendre qu'il se comporterait comme ça. On l'a tout de suite sorti du service de voie publique. Il y a une procédure disciplinaire qui est en cours. Il y aura évidemment une sanction.
7h51, notre invité ce matin, c'est Pierre Regnaud de Lamotte, le préfet des Pyrénées-Orientales. L'autre actualité ce matin qu'on voulait aborder avec vous, c'est évidemment le bilan de la saison d'été pour les feux de forêt. Il y a eu les feux de Canet, de Trévillac, Saint-Estèvres, Thuès, Perpignan aussi avec le feu du Maspalégris récemment. Au final, est-ce que vous savez combien d'hectares ont brûlé ces derniers mois chez nous
? Alors,
il faut toujours distinguer les hectares parcourus des hectares brûlés. Mais si on parle d'hectares brûlés, c'est 4 380 hectares brûlés en 2026. Évidemment, le chiffre est fait principalement par le feu de Trévillac, malheureusement. C'est beaucoup plus qu'en 2025. En 2025, c'était 57. Donc vous voyez, il
y a
une explosion. On trouverait
quasiment x100.
Voilà, mais c'est du fait de Trévillac. Mais en fait,
c
'est un peu moins, 2026, c'est un peu moins que 2022. C'est
une année noire, on peut parler de l'année noire.
Oui, on peut parler d'une année noire. Mais sur longue période, vous voyez, même avec le feu de Trévillac, il y a moins de surface brûlée en 2026 qu'il y
en
avait en 2022. Donc on peut quand même dire que toutes choses égales par ailleurs, c'est-à-dire y compris avec les paramètres météo tout à fait exceptionnels qu'on avait cet été, le travail de sensibilisation qui est fait par les pompiers, par les élus, par les associations, par les services de l'État, il a quand même des résultats.
Mais
alors, pourquoi est-ce que ces chiffres ont explosé ?
Est
-ce que c'est juste la météo ou est-ce qu'il y
a
eu un relâchement général après, effectivement, un été 2025 ? On va dire plutôt tranquille, en tout cas chez nous. On rappelle qu
'il
y
a
eu un feu énorme du côté de Ribot chez nos voisins de l'Aude, mais effectivement, 50 hectares l'ont passé seulement de brûler dans les Pyrénées-Orient.
Je pense que ça s'explique surtout par la météo très compliquée qu'on a eue. Vous vous souvenez qu'au printemps, il avait beaucoup plu, donc on a eu une végétation qui a eu tendance à pousser. Par-dessus ça, on a eu, vous vous souvenez, de la canicule, de la chaleur. Donc cette végétation, elle est morte sur pied, et elle s'est transformée en un combustible tout à fait...
Il n'y
a pas eu une baisse de moyens, pour bien comprendre.
Les moyens au début de l'été
étaient les mêmes qu'au début de l'été 2025.
Ils
étaient
même plus importants. Alors justement, parmi les nouveautés de cette année, vous aviez annoncé, et ça avait été mis en place, ces caméras équipées d'intelligence artificielle pour détecter les feux le plus vite possible, pour pouvoir intervenir encore plus rapidement. Quel bilan vous en faites ? Est-ce
que
ça a fonctionné ? Ça a donné des très bons résultats. Qu'est-ce que ça aurait été sans les caméras ?
Oui, mais en fait, il faut bien avoir en tête qu'il y a eu 366 départs de feu cette année. C'est énorme. Mais l'intérêt de ces caméras, qui sont couplées à de l'intelligence artificielle, c'est que dès qu'il
y
a le début du commencement d'un départ de feu, il est immédiatement détecté. Et donc, on peut tout de suite faire intervenir, par exemple, l'hélicoptère bombardier d'eau 1066, et appliquer ce qu'on appelle la doctrine d'attaque massive des feux naissants. C'est ça, la doctrine française sur les feux de forêt. On met le paquet sur les départs de feu pour éviter qu
'ils
ne se propage pas. Et donc, dans ce contexte général où on a réussi à tuer dans l'œuf l'essentiel des feux naissants, il y en a un qui a pris des proportions énormes, c'est celui de Tréviac. Et c'est vrai qu'une fois qu'un feu part prendre l'importance,
ça
devient plus difficile de le traiter. On a eu tous les obstacles possibles et imaginables sur le plan météo. Mais non, les moyens étaient au rendez-vous. Vous savez que le 1066 a même recruté beaucoup de pompiers.
Alors, les moyens, justement, vous avez peut-être entendu dans les infos de cette heure la fierté, mais aussi la fatigue d'un représentant syndical des pompiers du département, après cet été particulièrement compliqué. Un représentant syndical qui explique aussi qu'il n'y a pas de protection face aux fumées toxiques. Ça paraît fou. Comment c'est possible, ça
?
Ça fait partie, effectivement, des raisons pour lesquelles, au niveau national, les sapeurs-pompiers sont très mobilisés. Je sais qu'ici, dans les Pyrénées-Orientales, le directeur du SDI, c'est très attentif à ces sujets de sécurité des personnels. Donc, c'est des sujets sur lesquels on travaille. Et le ministre de l'Intérieur a fait récemment des annonces pour répondre à ce mécontentement qui a été exprimé par les sapeurs-pompiers. Il y a un grand plan qui a été annoncé avec 200 millions d'euros la première
année. Donc,
ils auront ces protections pour l'été prochain, nos pompiers ?
Vous
y engagez, là, ce matin
?
Alors, vous savez que c'est une responsabilité partagée avec le directeur de l'établissement, le conseil d'administration. Mais je pense qu'on est tous d'accord pour dire qu'il faut investir pour la sécurité de nos sapeurs-pompiers. Merci
beaucoup,
M.
le
Préfet. Pierre Regnaud-Lamotte, vous étiez
l'invité d'ici matin. Merci d'être passé par ici. Merci.
Merci.