"Il n'a pas été à la hauteur" : sur RTL, le député insoumis Éric Coquerel accuse Sébastien Lecornu "de sombrer dans une manipulation politique"
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 5 %Attaque 85 %Défensif 10 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 69 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:21OuverteRéponse directe
Vous y étiez hier lors de cette séance houleuse à l'Assemblée ?
- 0:26RelanceÉludée
Il a raison Sébastien Lecornu : vous n'avez pas été à la hauteur du moment ?
- 0:52OuverteRéponse directe
La famille de Pingo Bossio-Bongui était présente pour l'hommage ?
- 1:55OuverteRéponse directe
Quand le Premier ministre dit qu'on ne peut opposer un mort à un autre mort, c'est hors de propos pour vous ?
- 2:13OuverteRéponse directe
Vous attaquez Aurore Berger parce qu'elle a tenu des propos sur la théorie du grand remplacement ?
- 3:47OuverteRéponse directe
Et ça, c'est un combat suffisamment essentiel pour faire front commun avec les socialistes ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:31Invité politiqueFait
« Je crois que c'est surtout lui qui n'a pas été à la hauteur du moment et qui a eu des propos absolument nauséabonds. »
- 2:19Invité politiqueFait
« Je rappelle que la théorie du grand remplacement, non seulement une théorie raciste, on a même tué en son nom en Nouvelle-Zélande avec un attentat terroriste. »
- 3:16Invité politiqueFait
« Vous avez vu que M. Chenu, la veille, a encore parlé de Trappes comme une ville djihadiste. »
- 6:13Invité politiqueChiffre
« Le principal adversaire, pour nous, c'est ceux qu'il faut que nous battions, et ceux qu'il faut que nous battions, tous les sondages le battent, le montrent, c'est le macronisme et l'extrême droite. »
- 8:13Invité politiqueChiffre
« Est-ce qu'on imagine deux petites secondes qu'on va s'en prendre à la principale formation de gauche qui a à peu près 400 000 personnes qui soutiennent aujourd'hui son programme ? »
Temps de parole
- Éric Coquerel73 %
- Présentateur19 %
- ?8 %
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7h44, l'invité de RTL Matin. Du recueillement au hurlement, quelques minutes à peine. Sébastien Lecornu a dénoncé une ambiance nauséabonde à l'Assemblée nationale hier après l'hommage rendu aux victimes de l'attentat terroriste de Trappes. Bonjour Éric Coquerel. Bonjour. Député LFI, président de
la
Commission des Finances à l'Assemblée.
Vous
y étiez hier lors de cette séance de questions gouvernement particulièrement houleuse.
Il
a raison Sébastien Lecornu, vous les parlementaires, vous n'avez pas été à la hauteur du moment.
Je crois que c'est surtout lui qui n'a pas été à la hauteur du moment et qui a eu des propos absolument nauséabonds. Il faut bien considérer qu'on a eu quelques minutes,
j
'allais dire, entre guillemets de grâce avec une déclaration
au
niveau de la présidence de l'Assemblée.
La famille était
là
pour
faire applaudir la famille, pour faire applaudir le maire de Trappes à l'Irabet.
La famille de Pingo Bossio-Bongui qui est donc l'homme décédé sous les balles de l'assaillant.
Voilà, et M. Lecornu a pris la parole et au bout d'une minute, il n'a pas pu s'empêcher de sombrer dans une manipulation politicienne pour finalement faire dur en même temps,
c
'est-à-dire à peine une minute consacrée à la tuerie raciste de Trappes.
Il
a fallu qu'il fasse une comparaison
et
un parallèle entre la victime du raciste,
c
'est-à-dire Pongo Bossio-Wang et le néo-nazi mort à Lyon. Voilà, donc on
voit bien qu'il y a quelque chose d'extrêmement choquant. Oui, il est tendu ultra-droite et il est cédé le 14
février dernier. Voilà,
donc si vous voulez, Pingo tué par quelqu'un d'extrême droite, très clairement, raciste. Bon, donc tout ça, évidemment, je vais dire, est d'un niveau consternant.
Tout ça est extrêmement dangereux parce que ça brûle
complètement les
repères.
Quand le Premier ministre dit que dans la République, on ne peut opposer un mort, un autre mort,
c'est
hors de propos pour vous
?
Mais oui, parce que ce qui est hors de propos, si vous voulez, c'est de comparer. C'est rare, vous savez, que M. Lecornu parle de racisme parce qu'il a des membres de son gouvernement qui l'entretiennent. Je pense notamment à Aurore Berger, qu'il nous a en plus envoyé répondre aux questions après, qui, comme
vous le savez, a considéré il y a peu de temps. Alors, vous attaquez Aurore
Berger parce qu'elle a un
jour...
Parce
que, j'allais l
'expliquer, parce qu
'elle a expliqué que la théorie
du grand remplacement était finalement une opinion comme nous. Je rappelle que la théorie du grand remplacement, non seulement une théorie raciste,
on a même
tué en son nom en Nouvelle-Zélande avec un attentat terroriste. Il a déjà des membres de son gouvernement qui, dans la période,
c
'est-à-dire ceux qui, par leur parole, finalement arment les armes d'un tueur comme celui de Trappes, et il ne peut pas passer une minute. Au bout d'une minute, il faut absolument que...
Donc
l'indécence, elle était dans
le camp du gouvernement pour vous ?
Bien sûr. Je pense que chacun comprendra qu'on ne peut pas du tout mettre en parallèle, une victime d'une théorie raciste et un néo-nazi à Lyon.
C
'est quelque chose... Enfin, je veux dire, il y a quelque chose d'indécent qui, encore une fois, je veux dire, à la fin, on ne sait plus très bien où on en est avec ce gouvernement. La seule chose qu'on sait, c'est qu'à chaque fois, il prend des positions qui, finalement, relativisent, y compris les attaques de l'extrême droite, le racisme entretenu par l'extrême droite. Vous avez vu que M. Chenu, la veille, a encore parlé de Trappes comme une ville djihadiste. Donc le mot qu
'on
peut dire, c'est qu'il persiste et signe dans la manière dont ils ont pointé une population, une ville, de manière scandaleuse. Et vous avez un Premier ministre qui n'est pas capable, à un moment donné, d'avoir un positionnement clair. Bon, voilà, c'est tout le brouillage d'un gouvernement qui, à la fois, sombre dans l'autoritarisme sur la façon de gérer la situation actuelle.
Et
malheureusement, malheureusement, entretient lui aussi cette atmosphère de racisme.
Vous serez à Trappes, Éric Coquerel, à l'hommage rendu, justement, aux victimes de cette attaque vendredi. Vous appelez les politiques de tous bords à venir
?
Tous ceux qui, de manière honnête et sincère, sont du côté de la République contre le racisme.
Les socialistes, par exemple, sont les bienvenus à vos yeux
?
Oui, je pense que les socialistes seront là, bien évidemment. Ils ont été, bien évidemment. Enfin, je veux dire, je ne vois pas, ça me semble évident.
Je ne
sais
pas, je vous demande ça parce qu'Emmanuel Grégoire, le maire de Paris, a été hué lors du rassemblement antiraciste organisé en mémoire de ces mêmes victimes avant-hier à Paris. Il a répondu sur scène en rappelant qu'il arrive parfois à la gauche de préférer se huer elle-même plutôt que de parvenir à se réunir sur quelques combats essentiels.
Je
vous
dis
très clairement que tous les antiracistes sincères sont bienvenus. De toute façon,
ce
n
'est
pas à moi de décider qu'il est bienvenu. C'est le maire de Trapp qui organise cette initiative.
Il
faut être le plus nombreux possible pour faire masse. Et je pense qu'il ne faut pas commencer à diviser le camp antiraciste.
Donc ça, c'est un combat suffisamment essentiel pour faire front commun avec les socialistes.
D'ailleurs, je peux
remarquer que c'est ce qui s'est passé parce que récemment, alors ce n'était pas sur la question du racisme, c
'est
la question des libertés, il y a eu un référé qui a été fait au Conseil d'État contre les manifestations interdites qui a été signé par tous les partis de gauche ensemble, sauf un, place publique
de
M. Glucksmann, mais tous les autres l'ont signé.
Alors justement, par rapport aux libertés et
à
la
question du racisme,
c'est
des choses tellement importantes que nous, c'est un combat qu'on mène de manière très forte depuis qu'on s'est créé et que les socialistes se mobilisent là-dessus, je ne
vais
pas m'en plaindre.
Vous parliez de Raphaël Glucksmann, il explique qu'il ne peut pas manifester le candidat à la présidentielle parce qu'il
y
a une campagne de harcèlement de LFI contre lui, notamment en manif. Est-ce que vous balayez ces accusations ou est-ce que vous dites à vos militants ce matin qu'il faut peut-être changer
de cible, notamment dans la contestation sociale du moment
? Y compris qu'à un certain moment, pour regarder à gauche, il faut un peu trop se tourner à droite. Je parle de M. Glucksmann, on prend pour cible la droite et l'extrême droite, le macronisme et l'extrême droite. Nos coûts, on les réserve là-dessus. Quoi qu'on pense, après l'éclaration de M. Glucksmann, je vous fais remarquer qu'en termes, j'allais dire, de critique, en termes d'attaque, M. Glucksmann, le moins qu'on puisse dire, y compris quasiment en renvoyant dos à dos Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen, ce qui explique peut-être pourquoi d'ailleurs, à certains moments, et ce n
'est
pas nous qui l'organisons, il n
'est
pas très bien reçu dans les manifestations.
Vous dites
à vos
militants que le
principal adversaire, il n
'est
pas là aujourd'hui
?
Le principal adversaire, pour nous, c'est ceux qu'il faut que nous battions, et ceux qu'il faut que nous battions,
tous les sondages le battent, le
montrent, c'est le macronisme et l'extrême droite. Si on arrive à les battre, Jean-Luc Mélenchon sera président de la République, on gouvernera le pays. Donc regarder derrière nous et regarder en plus vers la gauche, c'est du temps un peu perdu, j'allais dire.
Comme les lycéens et étudiants, vous appelez en tout cas à poursuivre
la mobilisation. Maintenant,
par rapport à M. Gluckman, qu'on ne nous demande pas quelque part, quand on nous donne une gifle, de regarder en disant, bah oui, c'est bien, vas-y, je te mets l'autre joue. M. Gluckman n'arrête pas de cibler les filles depuis, c'est même son fonds de commerce, il y avait quelques autres. Donc voilà, il est à un moment donné, il ne
faut
pas s'étonner que les gens réagissent, mais pour vous répondre, ce n
'est
pas des consignes des filles du
tout.
Comme les lycéens et étudiants, vous appelez à poursuivre la mobilisation dès samedi
?
On appelle à les soutenir, on appelle à soutenir à partir du moment où les syndicats étudiants, et j'espère que les syndicats salariés, se mobiliseront samedi. On regarde, pour tout vous dire, pour être honnête, on regarde surtout la date du 5 novembre qui nous semble
être là. Et vous leur
dites de rentrer en cours, de revenir en cours lundi ou pas ? Lundi prochain
? Vous pensez que c'est à nous de faire des consignes pareilles ? C'est eux qui décident de la suite de leur mouvement par rapport à ce qui leur a été proposé, qui à mon avis, d'après ce que j'ai entendu de leur part, et je pense qu'ils ont raison, est bien trop faible par rapport à leurs revendications de décider de la suite du mouvement.
Ce
n
'est
pas à nous de décider soit qu'ils restent mobilisés, soit qu'ils rentrent dans les lycées. Mais par contre, nous, on soutiendra leur mouvement.
Vous
vous sentez solidaire des casseurs, Éric Coquerel
?
C'est une question
stupide.
Non, des casseurs qui cassent...
Une question stupide,
si vous le souhaitez, non, il n'y a pas de problème. Non, mais je vous la pose parce que le patron des députés
Horizon, Laurent Marc-Angéli, estime que vous l'êtes, que vous êtes la vitrine égale de l'ultra-gauche et qu'il faudrait peut-être utiliser la dotation publique de votre mouvement pour rembourser les dégâts.
Vous avez vu ça ?
Je préfère cette question parce que ça va me permettre de dire quelque chose d'important là-dessus. Que ça soit sa déclaration ou celle du deuxième personnage de l'État qui imagine nous interdire, c'est des gens qui
attisent
les braises et mettent le pays en tension. Est-ce qu'on imagine deux petites secondes qu'on va s'en prendre à la principale formation de gauche qui a à peu près 400 000 personnes qui soutiennent aujourd'hui son programme, qui, bon en ballant, à peu près un cinquième à minimum de l'électorat en France, sans que c'est des effets ? Ils cherchent quoi ces gens-là ? Ils cherchent à développer une guerre civile dans le pays ? Ils cherchent à développer des
impôts ? Vous les accusez
de ça, Gérard
Larché et Laurent Marc-Angéli ?
C'est de la division, de la tension, en plus d'avoir des réactions liberticides. On imagine qu'on va interdire ou qu'on va pénaliser financièrement au point justement de le mettre en danger, la principale formation de gauche dans ce pays. Mais tout ça, c'est n'importe quoi. Moi, je les appelle à revenir à la raison. Et je vais même vous dire des choses. Il y
a
des gens de droite qui viennent me voir en me disant qu'ils sont honteux de ce qui se passe. Parce que, est-ce que c'est le moment de tendre dans le pays ? Est-ce que c'est le moment d'agiter la tension de ce point de vue-là, alors que c'est un gouvernement qui est incapable de faire face à une crise sociale, économique, à la mobilisation de la jeunesse ? Bon, je sais bien que c'est des méthodes de diversion. Mais franchement, ce n
'est
pas au niveau.
Eric Coquerel, député LFI, merci d'avoir été l'invité d'RTL.
Éric Coquerel