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Interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo (sur Site radio)· 13 août 2026 19 minContradictoireActualité / polémiqueSécuritéEnvironnement & énergieTravail & emploiSanté

Grève des pompiers, sécurité civile, canicule... Le "8h30 franceinfo" de Jérôme Boulanger

Source d'origine 5 locuteurs

Audio original de l'émission.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 70 %Attaque 10 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 86 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:30OuverteRéponse directe

    Est-ce que vous la comprenez cette mobilisation des pompiers ?

  • 1:14OuverteRéponse directe

    Elle divise un peu cette grève, selon vous ?

  • 1:50OuverteRéponse partielle

    Qu'est-ce qu'il faut attendre de cette rencontre, sachant qu'il y a urgence ?

  • 2:25RelanceRéponse directe

    Un Beauvau qui n'a débouché pour l'instant sur aucune loi.

  • 3:21RelanceÉludée

    Ça fait quand même deux ans que ça dure. Rien ne s'est passé.

  • 4:04OuverteRéponse directe

    Et il affirme que tout ne repose pas, je le cite, sur les moyens, mais que ça repose aussi sur la réorganisation des services.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:34InvitéFait
    « Je n'ai pas à me prononcer sur la légitimité d'une grève. On sait très bien que la grève c'est un droit qui est constitutionnel. »
  • 2:06InvitéFait
    « On parle beaucoup du Beauvau de la sécurité. »
  • 2:16InvitéFait
    « La synthèse de cette concertation a été présentée par le ministre de l'époque, Bruno Retailleau, c'était en octobre 2025. »
  • 3:02InvitéFait
    « Tout le monde est d'accord pour dire aujourd'hui qu'il faut revoir le financement des services d'incendie. »
  • 4:34InvitéFait
    « Tout n'est pas une question de moyens. »
  • 4:40InvitéChiffre
    « Neuf cas sur dix sont d'origine humaine. »
  • 5:21InvitéFait
    « La dernière loi de modernisation de la sécurité civile, c'était 2004. »
  • 11:22Locuteur 5Chiffre
    « Les pompiers professionnels constituent seulement 17%. »
  • 15:34Locuteur 5Chiffre
    « Entre le 1er mai et la mi-juillet, 274 personnes sont mortes noyées en France. »
  • 17:00Locuteur 5Chiffre
    « En deux ans, on est passé de 1 à 3 millions de Français qui se disent éco-anxieux. »

Temps de parole

  • Invité72 %
  • Locuteur 516 %
  • Présentateur8 %
  • Locuteur 12 %

≈ 4,3 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

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0:11
Présentateur

Bonjour Jérôme Boulanger. Les pompiers professionnels sont en grève aujourd'hui à l'appel de neuf organisations syndicales. On est dans un été exceptionnel. Le risque d'incendie n'est toujours pas derrière nous et ils sont déjà éprouvés. Ils réclament plus de moyens pour les SDIS, les services départementaux d'incendie et de secours, plus de bras, plus de matériel. Est-ce que vous la comprenez cette mobilisation des pompiers ?

0:34
Invité

Je n'ai pas à me prononcer sur la légitimité d'une grève. On sait très bien que la grève c'est un droit qui est constitutionnel. reconnu par le préambule de la constitution de 46. Donc là-dessus, il n'y a aucun problème. Et à la sécurité civile, nous respectons profondément le droit de grève. Maintenant, on est dans une saison qui est particulière, qui est compliquée, qui a été très intense. On enchaîne canicules, feux de forêt et on sait que ça n'est pas terminé. Et dans ces moments-là, et les populations que nous devons protéger nous l'ont montré, on doit rester solidaires. On doit rester vraiment unis. Nous avons besoin plus d'unités que de divisions à l'heure actuelle.

1:14
Présentateur

Elle divise un peu cette grève, selon vous ?

1:16
Invité

Alors, il y a des revendications qui sont portées depuis longtemps par ces organisations syndicales. C'est vrai qu'on souligne quand même le côté intersyndical des choses. À quelques mois d'élections professionnelles, où les organisations ont plutôt tendance à vouloir se mettre en avant chacune séparément, là, il y a vraiment un mouvement intersyndical qui montre l'importance des revendications qui sont portées.

1:39
Locuteur 5

Alors, Jérôme Boulanger, ces neuf organisations syndicales de pompiers professionnels, elles sont reçues ce midi par le locataire de la place Beauvau, le ministre de l'Intérieur Laurent Nunez. Qu'est-ce qu'il faut attendre de cette rencontre, sachant qu'il y a urgence ? Est-ce que, concrètement, il y aura des annonces sur davantage de moyens humains et financiers que réclament les pompiers ?

1:59
Invité

Alors, il y a des travaux qui sont réalisés depuis plusieurs mois, plusieurs années, sur un certain nombre de projets. On parle beaucoup du Beauvau de la sécurité. C'est une consultation, une grande concertation nationale qui a commencé en 2024, à la demande de Gérald Darmanin. Enfin, la synthèse de cette concertation a été présentée par le ministre de l'époque, Bruno Retailleau, c'était en octobre 2025.

2:25
Présentateur

Un Beauvau qui n'a débouché pour l'instant sur aucune loi.

2:28
Invité

Sur aucune loi. Le ministre de l'Intérieur, Laurent Nunez, a rencontré les organisations syndicales quelques semaines après sa prise de fonction. Et on travaille, bien sûr, à la sécurité civile depuis de nombreux mois sur un projet de loi de modernisation de la sécurité civile. Et donc, on voit bien qu'il y a cette nécessité parce que le modèle de sécurité civile, il faut qu'il s'adapte à l'évolution des risques, des risques d'aujourd'hui et surtout les risques de demain. Donc, il y a des travaux qui sont menés. Idem pour les finances, puisque je crois que ce n'est pas un scoop, c'est une surprise pour personne.

Tout le monde est d'accord pour dire aujourd'hui qu'il faut revoir le financement des services d'incendie.

3:14
Locuteur 5

Jérôme Boulanger, ce que vous nous dites ce matin sur France Info, c'est qu'il y aura une loi. Enfin, une loi va déboucher de ce Beauvau de la sécurité civile. Ça fait quand même deux ans que ça dure. Rien ne s'est passé. Vous nous dites que le ministre annoncera un projet de loi dans les prochaines semaines, dans les prochains jours ?

3:29
Invité

Moi, je ne suis pas le ministre. Ce que je peux vous dire, c'est qu'en tout cas...

3:32
Présentateur

Vous serez présent, je le précise, vous serez présent à la réunion de ce midi entre le ministre de l'Intérieur et les pompiers.

3:36
Invité

Je serai présent, puisque je travaille très étroitement avec les organisations syndicales que je rencontre régulièrement, avec qui je suis en contact permanent. Je serai présent. Ce que je peux vous dire, c'est qu'aussi bien à la sécurité civile, à la direction générale qu'au ministère, on travaille sur, effectivement, un projet de loi. Après le calendrier, je ne l'ai pas.

3:55
Locuteur 5

Alors, je voudrais qu'on écoute Jérôme Boulanger, si vous le voulez bien. Jean-Didier Berger, les ministres délégués auprès du ministre de l'Intérieur, il était à votre place hier, ici, dans l'830 France Info. Et il affirme que tout ne repose pas, je le cite, sur les moyens, mais que ça repose aussi sur la réorganisation des services. Écoutez.

4:11
Locuteur 2

Tout n'est pas une question seulement de moyens. Il y a aussi une question d'organisation. Il y a une question aussi de soutien de nos forces de secours qui font un travail exceptionnel. C'est un travail permanent avec les pompiers et avec leurs représentants pour faire en sorte d'améliorer l'organisation.

4:29
Locuteur 5

Vous êtes d'accord, Jérôme Boulanger ? Tout ne repose pas sur les moyens ? Tout n'est pas une question de moyens ?

4:34
Invité

Tout n'est pas une question de moyens. Et on ne parle pas suffisamment de toute la partie prévention des risques. Là, on a beaucoup parlé des feux de forêt. On dit, oui, il faut plus de moyens, de canadaires, de ceci, de cela. Neuf cas sur dix sont d'origine humaine. Qu'est-ce qu'on fait en termes de prévention pour enlever ces neuf cas sur dix d'origine humaine des incendies ? Mais ça, on le sait depuis longtemps. Et là-dessus, il faut vraiment travailler. La prévention, ça coûte moins cher en plus que l'intervention. Donc, il faut travailler sur la prévention. Ça passe par aussi le développement d'une culture de la résilience en profondeur chez les citoyens.

Et un projet de loi de modernisation de la sécurité civile doit aussi mettre le citoyen au cœur de sa sécurité. La dernière loi de modernisation de la sécurité civile, c'était 2004.

5:25
Locuteur 5

Jérôme Boulanger, comment on réorganise la sécurité civile en France ? Parce qu'on voit bien qu'il y a des problèmes, il y a des lacunes. Sans moyens, comment on fait ? Sans moyens supplémentaires.

5:34
Invité

Mais la question des moyens se posera nécessairement. Là, on voit que l'année 2026, c'est une année sans doute charnière. Une année sans doute de changement d'échelle. S'il y a un projet de loi de la sécurité civile, de modernisation de la sécurité civile, il devra tenir compte de l'évolution des risques. On voit que les risques s'accélèrent, s'intensifient et durent plus longtemps dans le temps.

5:57
Présentateur

Mais en tenir compte comment ? Est-ce qu'on laisse les départements financer l'ESDIS à hauteur de 60% par exemple ? Ou est-ce que l'État doit prendre une part plus importante ?

6:06
Invité

Les financeurs, ça c'est la clé, une des clés. Les financeurs des services d'incendie et de secours, c'est les départements, effectivement, vous avez raison, à hauteur de 60% en gros. Les communes et intercommunalités aux alentours de 40%, sachant que les communes et intercommunalités sont plafonnées. Leurs contributions aux services d'incendie et de secours sont plafonnées. Ce n'est pas le cas pour la contribution des départements, sauf effectivement que les départements sont aussi confrontés à leurs dépenses. Des dépenses sociales qui, on le sait, ont beaucoup augmenté. Et puis il y a la question des recettes. L'ESDIS n'ont pas de recettes propres.

Les services d'incendie et de secours n'ont pas de financement propre. Ils dépendent des départements, des communes. Mais il faut dire aussi de l'État, parce qu'on en parle moins, mais la fameuse taxe spéciale sur les contrats d'assurance qui est collectée par les assureurs au profit de l'État est reversée aux départements.

7:00
Présentateur

Donc à l'État de faire un peu plus ?

7:02
Invité

Alors, c'est toute la question. Et je crois qu'il y a... Enfin, ce n'est pas que je crois, je suis sûr qu'il y a eu déjà une rencontre du ministre au printemps dernier avec les financeurs, justement, pour faire évoluer ce financement des ESDIS. Parce qu'unanimement, nous, les premiers, on sait qu'il va falloir revoir le financement des services d'incendie et de secours.

7:22
Locuteur 5

Alors, Jérôme Boulanger, on parle de réorganisation des ESDIS, justement. Je vous propose d'écouter ce pompier professionnel du Var au sujet de la solidarité nationale qui commence à être mise à mal, selon lui, par les incendies qui se déclarent plus uniquement dans le Sud, mais finalement dans quasiment toutes les régions du pays. Sébastien Janssem, président délégué de la Fédération autonome des pompiers. Écoutez.

7:44
Locuteur 1

Les phénomènes s'intensifient sur leur récurrence. Et donc, ça met aussi sous tension la question des moyens. Parce qu'on va demander des colonnes renforts, mais ils vont venir d'un département qui, finalement, vont être eux-mêmes soumis au risque. On va avoir de plus en plus de mal aussi à compter sur cette solidarité nationale qui peut avoir ses limites si on continue dans cette trajectoire-là.

8:04
Locuteur 5

Vous êtes d'accord avec le témoignage de ce pompier ?

8:07
Invité

Alors, ce n'est pas nouveau le phénomène des colonnes de renfort. C'est quelque chose qui existe depuis très longtemps en France. Et on sait que le risque, le risque, il concerne tous les départements. Quand on regarde la carte des risques feu de forêt que j'ai sous les yeux, il y a de l'orange partout en France, ce qui veut dire qu'on a un risque élevé de feu de forêt. Cette nuit, hier soir, un feu de forêt dans l'île-et-Vilaine. Hier, dans le Pas-de-Calais. Partout dans le pays. Partout dans le pays. Et si vous regardez notre organisation, puisque vous parlez d'organisation, on avait prépositionné hier deux hélicoptères bombardiers d'eau à Évreux qui sont intervenus dans le Pas-de-Calais.

Donc, tous les jours, nous avons une carte des risques qui nous permet de prépositionner des moyens aériens et terrestres, des colonnes de renfort dont on parle. Et ça, c'est une gymnastique, une agilité que nous avons en France.

8:58
Locuteur 5

Jérôme Boulanger, quand on entend l'inquiétude de ce pompier, qui est d'ailleurs partagé par l'ensemble des pompiers qui interviennent sur le terrain, est-ce que ça ne veut pas dire que ce système, et le système tel qu'on le connaît aujourd'hui, n'est pas un peu à bout ? Est-ce qu'on n'est pas à bout de souffle ?

9:11
Invité

Je pense qu'il faut effectivement moderniser ce système. Il faut reposer la question des moyens, parce que vous avez raison de dire que les deux sont liés, l'organisation et les moyens. C'est l'ambition d'un projet de loi de modernisation de la sécurité civile.

9:28
Présentateur

Ça doit être quoi concrètement, Jérôme Boulanger ?

9:30
Invité

Ça doit être quoi concrètement ? Ça doit être déjà, et j'y reviens parce que vous n'en parlez pas à mon sens suffisamment, c'est déjà mettre davantage le citoyen dans la boucle. Et ça, c'est un vrai travail d'acculturation du citoyen à la résilience, au risque, et ça passe notamment par des politiques jeunesse ambitieuses. Il faut sensibiliser les jeunes, il faut les acculturer au risque. Là, on voit qu'une majorité de feux sont déclenchés par des mineurs, les feux de forêt, ou une grande partie. Eh bien, je suis désolé, c'est qu'il y a un travail qui n'a pas été fait, peut-être par les parents, peut-être par des éducateurs, etc.

Donc il y a un travail en profondeur à faire de sensibilisation de prévention. Donc ça, c'est majeur. Et je pense qu'un projet de loi abordera cette question qui est centrale. Et puis, il y a la question de notre organisation qui a évolué. Alors, je ne vais pas rentrer dans les détails avec vous, mais nous avons par exemple un centre national de coordination avancée des moyens de la sécurité civile à Nîmes, qui existe depuis 2-3 ans, qui coordonne tous les moyens nationaux, aériens, terrestres. Ça, en termes d'organisation, c'est une nouveauté. Il faut aller sans doute encore plus loin en termes de gestion de crise. Nous avons une cellule interministérielle de crise. Nous avons un centre...

10:53
Présentateur

Et vous avez un C2BRA ?

10:55
Invité

Alors, on a des pompiers volontaires, on a des pompiers professionnels. Là, il y a bien sûr beaucoup de gens qui toquent à la porte des casernes pour devenir pompiers volontaires. Il y a peut-être des départements où il y a besoin de pompiers professionnels.

11:09
Locuteur 5

Oui.

11:10
Invité

Mais on ne peut pas dire que, oui, on a besoin de...

11:12
Locuteur 5

Jérôme Boulanger, sapeur-pompier volontaire, représente 78% des effectifs globaux en France. Et les pompiers professionnels constituent seulement 17%. Le reste, 5%, étant formés par les militaires, notamment à Paris et Marseille. Est-ce qu'il ne faut pas, justement, plus de pompiers professionnels ?

11:28
Présentateur

Recruter, c'est possible.

11:30
Invité

Alors, engager des volontaires, c'est possible. Recruter, ça dépend, puisqu'on a parlé des financements. Ce sont les financeurs locaux. Ce n'est pas l'État qui paye les sapeurs-pompiers professionnels. Ce sont les employeurs locaux que sont les conseils d'administration des services d'incendie et de secours. L'État ne paye pas directement les sapeurs-pompiers. Ce qu'il faut dire sur la question du nombre de sapeurs-pompiers professionnels, c'est qu'il faut aussi interroger le volontariat. Parce qu'on voit qu'il y a des évolutions sociétales desquelles il faut tenir compte. Est-ce que le volontaire de demain est le même que celui d'aujourd'hui et celui d'hier ?

Les pompiers volontaires qui s'engageaient, je me suis engagé comme pompier, comme volontaire à l'époque, c'était un engagement de 30, 35, 40 ans. Est-ce qu'aujourd'hui, les gens qui s'engagent vont s'engager pour 40 ans ? Est-ce que demain, ils s'engageront ? Il y a une crise d'évocation, ce que vous dites ? Il n'y a pas de crise d'évocation. Parce qu'on voit qu'il y a vraiment un engouement pour cet engagement citoyen qui fait sens. Mais il faut que ça dure. La question, c'est celle de la durée de l'engagement.

12:37
Présentateur

Vous restez avec nous, Jérôme Boulanger, officier des sapeurs-pompiers, porte-parole de la sécurité civile.

12:41
Locuteur 1

Le 8.30 France Info, Antoine Comte, Solène Cressant.

12:47
Locuteur 5

Toujours avec Jérôme Boulanger, officier de sapeurs-pompiers et porte-parole de la sécurité civile dans le 8.30 France Info. On l'a dit, les pompiers souffrent, sont fatigués. La saison des feux est loin d'être terminée. Et pour autant, ils refusent d'être considérés comme des héros. Ce sont leurs termes. Est-ce que vous êtes d'accord avec ça ? Les pompiers ne sont pas des héros ?

13:10
Invité

Les pompiers sont des gens qui ont vraiment chevillé au cœur un engagement au service de la population. Ce ne sont pas les seuls. J'allais dire que tous les agents du service public ont ce sens du public, ont ce sens de la vocation. Mais les sapeurs-pompiers l'ont peut-être plus que les autres. Et c'est le sens de l'engagement et du métier ici qui est central. Héros ? Non. Le sapeur-pompier, qu'il soit professionnel ou volontaire, il essaye de faire son travail de manière la plus professionnelle possible pour aider les autres. Il n'y a pas d'héroïsme. Il n'y a pas d'héroïsme de la part du pilote de Canadair qui fait un largage sur un feu.

Il n'y a pas d'héroïsme de la part d'un bénévole d'une association agréée de sécurité civile qui apporte un repas à une personne qui a été évacuée en Gironde. C'est un travail de solidarité, un travail d'engagement qui a le sens de la mission au cœur vraiment de l'engagement.

14:15
Présentateur

Jérôme Boulanger, nous sommes déjà dans la cinquième vague caniculaire depuis la fin du mois de mai. 80 départements aujourd'hui en vigilance orange à la canicule. Il faut rappeler une fois de plus les conseils de prudence face à la chaleur.

14:29
Invité

Oui, parce qu'on parle de la fatigue des sapeurs-pompiers. Et c'est vrai, elle est là puisqu'ils sont sur les feux de forêt, ils sont aussi sur les canicules. Et donc ne pas sur-solliciter les sapeurs-pompiers, ça passe par appliquer les bons gestes qu'on peut rappeler. Effectivement, c'est bien sûr se mettre dans des lieux rafraîchis, dans des lieux frais. C'est ne pas faire d'activité physique intense aux plus fortes périodes de chaleur de la journée. C'est bien s'hydrater, bien entendu. Et au-delà de ce qu'on fait habituellement, c'est ne pas consommer d'alcool.

Et puis c'est surtout prendre soin des personnes âgées isolées et plus généralement des personnes vulnérables, les personnes handicapées, les femmes enceintes, les nourrissons, de manière à pouvoir prendre de leurs nouvelles, leur apporter ce qu'il faut pour s'hydrater plus que nécessaire et vraiment signaler des personnes qui sont isolées aux mairies, de manière à pouvoir les prendre en charge plus facilement.

15:28
Locuteur 5

Jérôme Boulanger qui dit fort chaleur, qui dit canicule, dit baignade, envie de se rafraîchir et donc risque de noyade. Un bilan a été donné entre le 1er mai et la mi-juillet, 274 personnes sont mortes noyées en France. Nous sommes à la mi-août. Est-ce que vous avez un nouveau bilan à nous communiquer ?

15:44
Invité

C'est Santé publique France qui communique le chiffre des noyades parce que nous, sapeurs-pompiers, nous intervenons sur tout type de noyades et pas forcément des noyades liées simplement à l'épisode de canicule. Et c'est pour ça que nos chiffres, si vous voulez, ne sont pas révélateurs de l'intensité de la saison. Et donc c'est Santé publique France qui communique ces chiffres.

16:04
Présentateur

Ça vous inquiète quand même cette augmentation qu'il y a eu cette année ?

16:07
Invité

Nous, on prend en compte ça très clairement parce qu'on parle effectivement du risque canicule, du risque feu de forêt, mais le risque noyade, et là aussi, il faut rappeler les conseils, c'est se baigner dans des lieux de baignade qui sont surveillés, c'est ne pas aller au-delà de ses forces, c'est ne pas mettre des enfants à l'eau seuls, sans surveillance, même s'ils ont boué et brassard. Et puis c'est toujours être vigilant et appeler les secours. Dès qu'on voit qu'il y a une personne en difficulté, ne pas se mettre soi-même en difficulté si on n'est pas capable d'aller porter secours. Les sapeurs-pompiers ont des moyens spécialisés, sont formés pour ce type d'intervention.

Il faut appeler rapidement les secours en composant le 18-112.

16:49
Locuteur 5

Jérôme Boulanger, beaucoup de Français, et notamment de jeunes Français, partagent un sentiment d'éco-anxiété. Avec ce chiffre qui a été publié très récemment, chiffre donné par l'Observatoire de l'éco-anxiété, en deux ans, on est passé de 1 à 3 millions de Français qui se disent éco-anxieux. Est-ce que vous, vous en faites partie de ces 3 millions de personnes ?

17:08
Invité

Donnez-moi la définition de l'éco-anxiété, je pourrais vous dire.

17:11
Présentateur

Stress, difficulté à s'endormir, stress lié aux conditions climatiques qui se dégradent, inquiétude pour l'avenir.

17:17
Invité

Je ne parlerai pas de moi, mais des sapeurs-pompiers, bien entendu. Ça fait partie des problématiques qu'on prend en compte au niveau de ce qu'on appelle l'Observatoire national de la santé, des agents des services d'incendie et de secours, des travaux auxquels participent les 9 organisations syndicales. Et je dois saluer le travail très sérieux qui est fait par ces organisations syndicales au sein de cet observatoire. Le premier thème qui a été abordé, c'est celui de l'exposition aux risques, notamment aux fumées, notamment à l'amiante, avec un certain nombre de problématiques liées à la traçabilité de ces expositions, à la protection aussi.

On parle beaucoup de la protection respiratoire des sapeurs-pompiers, notamment sur les feux de forêt. Et puis le deuxième thème qui monte, c'est celui de la santé mentale et de l'épuisement professionnel. On a bien conscience que dans notre corporation, ce n'est pas qu'une question de génération, qu'il faut vraiment prendre ce thème de la santé mentale et de l'épuisement professionnel vraiment à bras-le-corps, de manière à pouvoir déjà bien comprendre comment ça fonctionne, quelles sont les causes, et puis d'apporter des solutions, bien sûr, à ces problèmes-là.

18:30
Présentateur

Merci beaucoup, Jérôme Boulanger, d'avoir été l'invité du 830 France Info ce matin. Je rappelle que vous êtes officier des sapeurs-pompiers et porte-parole de la sécurité civile. Bonne journée.

18:38
Invité

Bonne journée, merci.