Le Grand Jury de Jean-Michel Blanquer et David Amiel
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
Taux de réponse directe : 82 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:28OuverteRéponse partielle
Y a-t-il un peu d'argent pour répondre aux crises ?
- 2:05RelanceRéponse partielle
Question très directe : y a-t-il de l'argent pour répondre à leurs revendications cette année et l'année prochaine ?
- 2:56RelanceRéponse directe
1,2 milliard, ou est-ce que sur la masse, finalement, c'est relativement peu ?
- 3:39RelanceRéponse partielle
Est-ce que ça veut dire des moyens en plus ou pas ?
- 4:39OuverteRéponse directe
Si tel est le cas, sur quel autre ministère il faudrait prendre ? Où est-ce que vous trouveriez l'argent ?
- 6:12RelanceRéponse partielle
Vous n'y voyez pas une forme d'égoïsme générationnel ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:14Invité politiqueFait
« 'est précisément la raison pour laquelle il faut pouvoir faire des économies, pour justement pouvoir dégager les financements qui sont nécessaires, à la fois pour répondre aux crises, on avait évoqué certaines, et puis pour pouvoir répondre à la jeunesse. »
- 2:24Invité politiqueChiffre
« Dans le budget que nous présentons, dans le texte initial, après la défense, le budget qui augmente le plus, c'est celui de l'éducation nationale, malgré que le nombre d'élèves diminue, et ça permettra de recruter près de 2000 accompagnants d'élèves en situation de handicap et d'infirmières scolaires. »
- 2:58Invité politiqueChiffre
« Tout à fait, c'est 1,2 milliard avec les pensions de retraite, et ce qui est très important, c'est que c'est 1,1 milliard d'euros en plus, hors pensions de retraite. »
- 3:20Invité politiqueFait
« D'abord, ça n'a rien de classique de choisir comme priorité absolue, après la défense. Parce que les autres ministères, il faut le dire, leur budget est gelé. »
- 3:36Invité politiquePromesse
« Y compris pour pouvoir ne pas léguer à la jeunesse une dette insoutenable. »
- 3:50Invité politiqueChiffre
« J'évoquais la question des accompagnants d'élèves en situation de handicap, d'une part, et c'est très important, parce que quand on regarde les dix dernières années, on a multiplié par près de deux le nombre d'élèves en situation de handicap accueillis à l'école. »
- 4:50Invité politiqueFait
« J'ai été très frappé cette semaine par une hypocrisie collective. J'ai vu les mêmes partis politiques qui allaient sur les plateaux de télévision pour soutenir la jeunesse, qui parfois allaient dans les manifestations avec des banderoles et des pancartes, qui, au même moment, votaient à l'Assemblée nationale contre toutes les mesures qui permettent de réduire la dette, qui permettent d'investir dans l'avenir. »
- 5:17Invité politiqueFait
« C'est précisément cette machine infernale-là. C'est que depuis 50 ans, 80% de l'augmentation de la dépense publique, elle n'est pas allée vers l'école, elle n'est pas allée vers la jeunesse, elle n'est pas allée vers les investissements dans l'avenir, elle est allée vers les retraites et vers la santé. »
- 5:32Invité politiqueFait
« Parce que les enfants et les adolescents, ils ne votent pas. Parce que les jeunes, ils votent peu. Et parce que les retraités votent beaucoup. »
- 5:52Invité politiqueChiffre
« Le gouvernement propose un effort proportionné pour les retraités, puisqu'il propose que les retraités prennent à peu près 10% de l'effort budgétaire qui est proposé alors qu'il représente 25% de la population française, précisément pour que ça ne retombe pas ensuite sur les jeunes. »
- 7:46Invité politiqueChiffre
« Mais beaucoup de choses ont été faites depuis 10 ans. Le taux d'emploi, par exemple, des jeunes... Le taux d'emploi des jeunes a beaucoup augmenté depuis 2017. »
- 8:08Invité politiqueChiffre
« Oui. D'ailleurs, c'est aussi dû aux réformes qu'on a eues en matière d'apprentissage. Le nombre d'apprentis a été multiplié par 3. »
- 8:26Invité politiqueChiffre
« Ils sont près de deux fois plus nombreux à pouvoir désormais être accueillis à l'école. La taille des classes a été réduite. »
- 9:41Invité politiqueFait
« Oui, bien sûr, il faudra le reconstituer. Ça dépendra des prix aussi qui seront ceux du début de l'année 2027. »
- 10:12Invité politiqueFait
« Mais dans l'immédiat, on peut utiliser une partie de nos réserves stratégiques pour soulager le portefeuille des Français, faire baisser le prix du diesel. »
- 10:45Invité politiqueFait
« Vu les volumes dont on parle, il y a beaucoup de raisons d'en douter. »
- 11:26Invité politiqueChiffre
« Tout à fait, ça va concerner plus de 5 millions et demi de personnes. »
- 11:30Invité politiqueChiffre
« Et par exemple, si je compare avec ce qui se passe en Allemagne, ça va être des aides qui correspondent à peu près à 40 centimes par litre pour une consommation en mois d'octobre, au mois de novembre et au mois de décembre. »
- 12:37Invité politiqueChiffre
« Non, vous avez bien donné le chiffrage provisoire que nous avons aujourd'hui. Ce sera un minima de 30 millions d'euros, mais évidemment, le travail se poursuit. »
- 12:52PrésentateurChiffre
« Est-ce que vous confirmez qu'1,3 milliard d'euros supplémentaires seront accordés ou sont envisagés l'année prochaine pour l'agriculture ? »
- 12:55Invité politiqueFait
« Il y a deux piliers dans notre réponse à la crise agricole. Il y a d'abord les aides d'urgence, celles que vous avez évoquées. »
- 13:28Invité politiqueChiffre
« On estime que ça nous a coûté à minima 0,1 point de croissance. »
- 14:21Invité politiqueFait
« Moi, je salue députés courageux qui, en commission des finances, ont défendu les mesures d'économie. C'est le cas de députés de ma famille politique, Renaissance. »
- 14:43Invité politiqueChiffre
« Aujourd'hui, ce qui est ressorti de la commission des finances, ce n'est pas une amélioration du déficit public, c'est une dégradation très importante du déficit public, au moins à hauteur de 8 milliards d'euros, c'est-à-dire quasiment 0,3 point de PIB. »
- 15:13Invité politiqueFait
« On ne peut pas voir après les élections. Parce qu'on a aujourd'hui des taux d'intérêt qui sont à un niveau historiquement élevé. »
- 15:40Invité politiqueFait
« Parce que l'année prochaine, la quasi-totalité de l'impôt sur le revenu ne servira plus qu'à une chose, c'est à payer la charge d'intérêt de la dette. »
- 15:51Invité politiqueFait
« Ce n'est évidemment pas soutenable. »
- 16:16Invité politiqueChiffre
« La hausse d'un point des taux d'intérêt qu'on a eu depuis juillet, c'est 100 euros de plus à payer tous les mois en mensuel. »
- 16:22InvitéChiffre
« On parlait effectivement d'une charge de la dette à hauteur de 91 milliards d'euros l'année prochaine, juste pour rembourser les intérêts. »
- 17:06Invité politiqueChiffre
« Ça nécessite un effort important, 54 milliards d'euros. On n'a pas attendu pour agir, puisque 11 milliards d'euros correspondent à des mesures déjà engagées. 43 milliards d'euros correspondent à des mesures supplémentaires que nous proposons dans le cadre du budget. »
- 17:31Invité politiqueFait
« C'est que face à toutes les économies, il y a toujours un lobby, un groupe d'intérêt, une levée de boucliers qui se manifestent. »
- 17:56Invité politiqueFait
« Le premier problème aujourd'hui des finances publiques françaises, ce n'est pas son économie. Nous avons eu ces dernières années un pays qui a été le plus attractif de l'Europe. »
- 18:21Invité politiqueFait
« Non, le premier problème des finances publiques françaises, c'est la classe politique. Et c'est le refus de prendre un certain nombre de mesures qui n'ont rien à voir avec ce que la Grèce, ce que l'Espagne, ce que le Portugal ont dû prendre. »
- 18:56Invité politiqueFait
« Ce qui nous menace, c'est effectivement une explosion de la charge de la dette. C'est une augmentation très importante des taux d'intérêt qui étrangle la capacité d'action du gouvernement. »
- 19:07Invité politiqueFait
« C'est ce qui aussi fragilisera notre économie parce que quand les taux d'intérêt augmentent, ça veut dire que le crédit à la consommation augmente. »
- 20:06Invité politiqueFait
« En tout cas, ce qui est certain, c'est que c'est déjà des chiffres qui sont beaucoup trop élevés. »
- 20:41Invité politiqueFait
« On n'a pas d'augmentation de l'impôt sur le revenu. Je le rappelle, le barème de l'impôt sur le revenu est indexé à l'inflation. »
- 20:54Invité politiqueFait
« En revanche, oui, bien sûr, il y a la lutte contre un certain nombre de nues fiscales et un certain nombre de réformes en la matière qui sont proposées dans le budget. »
- 21:26Invité politiqueFait
« En l'occurrence, ce que vous évoquez pour les complémentaires, ce n'est pas une augmentation, c'est la reconduction d'un effort qui avait d'ores et déjà été demandé cette année. »
- 22:12Invité politiqueFait
« Le vote positif du budget cette année est très hautement improbable, on est d'accord ? »
- 23:33Invité politiqueFait
« Non, moi, je crois que le compromis, il doit d'abord pouvoir être travaillé. »
- 23:41Invité politiqueFait
« Oui, je pense que c'est évidemment tout à fait possible. »
- 24:09Invité politiqueFait
« Si on n'avait pas de budget, ce serait plus de 10 mois sans budget. Et ça, ce serait une catastrophe économique et sociale. »
- 24:27Invité politiqueFait
« Un rapport de l'Inspection Générale des Finances, indépendant, est en ligne. Un avis du Conseil d'État, là aussi indépendant, est en ligne et documente l'impact désastreux que ça aurait. »
- 25:23Invité politiqueFait
« Effectivement, dans les choix budgétaires que nous devons faire, nous devons toujours privilégier les investissements d'avenir. »
- 25:31Invité politiqueChiffre
« 80% de l'augmentation de la dépense publique, je le disais, est allée d'abord vers la retraite et la santé. »
- 26:31Invité politiqueFait
« Quand on regarde une à une, il n'y en a aucune qui tient. Ils nous disent dès l'année prochaine, 11 milliards d'euros d'économies sur l'Union Européenne. »
- 26:44Invité politiqueChiffre
« Il nous propose ensuite 3 milliards d'euros d'économies sur les retraites dès 2027, alors même qu'il propose de baisser l'âge de départ à la retraite. »
- 26:55Invité politiqueChiffre
« Sur les 78 milliards d'euros d'économies proposées par le Rassemblement National, il y en a près de 70 qui sont ou bien contraires à la Constitution et aux traités européens internationaux, ou bien qui sont très largement surévalués, ou bien qui sont carrément imaginaires. »
- 27:50Invité politiqueFait
« J'observe que ceux que vous évoquez se sont opposés systématiquement à toutes les mesures d'économie budgétaire. »
- 27:59Invité politiqueFait
« Emmanuel Macron a fait campagne en 2022 en annonçant son intention de faire une réforme des retraites. C'est pas rien. C'est le premier président de la République à le faire. »
- 28:25Invité politiqueFait
« Quand je vois le Rassemblement national qui promet 3 milliards d'euros d'économie sur le dos des personnes en affection longue durée dans son contre-budget et qui se garde bien de dire ce qui le met derrière, quand il propose 3 milliards d'économie sur les retraites alors qu'il propose dans le même mouvement de baisser l'âge auquel on partira, là, je pense que oui, il y a un gros problème de confiance. »
- 30:09Invité politiqueFait
« Parce qu'il y a des périls objectifs aujourd'hui qui sont importants. On les entend quand on écoute vos actualités, les périls géopolitiques, les périls environnementaux, les questions que pose l'intelligence artificielle. »
- 30:24Invité politiqueFait
« Comme pour toutes les générations, il y a aussi des opportunités dans l'époque actuelle. »
- 30:41Invité politiqueFait
« C'est finalement ce qu'il y avait de plus dans les générations antérieures, et qu'il n'y a pas aujourd'hui. Et donc c'est quelque chose qui, d'une certaine façon, se décide. »
- 31:06Invité politiqueFait
« Pour moi, ce cap, à mon avis, est assez clair. Et ce qui est grave aujourd'hui, c'est que c'est seulement les extrêmes qui donnent le sentiment d'avoir un projet de société. »
- 31:16Invité politiqueFait
« Pour moi, c'est notamment la reconquête du territoire français. C'est-à-dire le fait que nous nous sommes dévitalisés depuis plusieurs décennies. »
- 32:12Invité politiqueFait
« Vous savez, l'éducation nationale obéit à la loi des grands nombres. Si vous avez plus de 12 millions d'élèves, environ un million de salariés, c'est considérable. »
- 32:00PrésentateurChiffre
« 3000 enseignants de sa poche pour effectuer des remplacements. »
- 44:57Invité politiqueFait
« On a créé une discipline qui s'appelle numérique et sciences informatiques dans laquelle on avait déjà pensé à l'intelligence artificielle et à la cybersécurité. »
- 45:37Invité politiqueFait
« Le développement de l'apprentissage avant le baccalauréat et après le baccalauréat à partir de 2018. »
- 46:57Invité politiqueFait
« Le déséquilibre budgétaire est lié à l'absence de cap. »
Temps de parole
- David Amiel38 %
- Jean Michel33 %
- Présentateur19 %
- Invité3 %
- ?3 %
≈ 17,1 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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RTL, face à Fogiel. Je vous donne rendez-vous tous les matins à 8h15 avec celles et ceux qui font l'actu. Témoignages exclusifs, paroles rares, moments de tension, moments de vérité, confessions, émotions. Une interview-événement à retrouver tous les jours sur RTL. Face à Fogiel, votre rendez-vous incontournable avec Marc-Olivier Fogiel, chaque matin à 8h15 sur RTL. Et à retrouver bien sûr en podcast sur RTL.fr, l'appli RTL et toutes vos plateformes habituelles. Présenté par Olivier Bost.
Bonjour
à tous, bienvenue dans ce Grand Jury. Nous sommes en direct sur RTL et nous sommes en direct sur Public Sénat. Un Grand Jury spécial avec deux invités aujourd'hui. Avec à la une bien sûr la crise lycéenne, mais aussi la crise budgétaire, la détresse agricole et la flambée de l'énergie. Notre premier invité, David Amiel, ministre des Comptes Publics. Et notre second invité est Jean-Michel Blanquer, ministre de l'Éducation pendant le premier quinquennat d'Emmanuel Macron. Parcoursup, la réforme du bac, les horaires de cours, c'est lui. Que répond-il aujourd'hui aux lycéens qui manifestent ? Le pays laisse aussi à la jeunesse une dette colossale. Bonjour David Amiel. Bonjour.
Vous êtes ministre du budget. Y a-t-il un peu d'argent pour répondre aux crises ? Comment le budget 2027 qui arrive dans l'hémicycle à l'Assemblée nationale a-t-il une chance d'être adopté ? Bienvenue dans cette première partie du Grand Jury, David Amiel.
A
mes côtés pour vous interroger aujourd'hui, Stéphane Duguay de Public Sénat et Stéphane Vernet de West France. Bonjour.
Le
Grand Jury, sur le terrain.
Et
sur le terrain, cette semaine, nous avons vu des jeunes, des violences, des revendications aussi. Alors avant de parler, David Amiel, de votre perception de cette mobilisation et d'une manière plus large d'ailleurs de la jeunesse et de ses angoisses pour l'avenir, question très directe, y a-t-il de l'argent pour répondre à leurs revendications cette année et l'année prochaine
? C
'est précisément la raison pour laquelle il faut pouvoir faire des économies, pour justement pouvoir dégager les financements qui sont nécessaires, à la fois pour répondre aux crises, on avait évoqué certaines, et puis pour pouvoir répondre à la jeunesse.
Et
dans le budget que nous présentons, dans le texte initial, après la défense, le budget qui augmente le plus, c'est celui de l'éducation nationale, malgré que le nombre d'élèves diminue, et ça permettra de recruter près de 2000 accompagnants d'élèves en situation de handicap et d'infirmières scolaires,
d
'accompagnants de manière plus générale à l'école. C'est aussi ce qui permet évidemment, du côté de
l
'enseignement supérieur et la recherche, de pouvoir poursuivre les repas à 1 euro, et ce qui permet de réduire le nombre d'élèves par classe. Pour
donner
un chiffre sans en donner trop, le budget de l'éducation nationale va augmenter d'1,2 milliard, c'est ce qui est inscrit dans le budget de
l
'année prochaine ?
Tout à fait, c'est 1,2 milliard avec les pensions de retraite, et ce qui est très important, c'est que c'est 1,1 milliard d'euros en plus, hors pensions de
retraite.
Est-ce que c
'est vraiment de l'argent en plus ? Parce qu'à euro constant, finalement, c'est une augmentation classique d'un budget du ministère,
non ?
C'est vraiment une
augmentation ? D'abord, ça n'a rien de classique de choisir comme priorité absolue, après la défense. Parce que les autres
ministères, il faut le dire, leur
budget est gelé.
Justement. Là, c'est pas un gel, mais c'est juste un suivi, quelque
part, un peu de l'inflation, non ? Dans une
période d'ajustement budgétaire important, et on aura l'occasion d'ailleurs d'y revenir, y compris pour pouvoir ne pas léguer à la jeunesse une dette insoutenable, bah oui, on fait le choix de pouvoir
préserver... Est-ce que ça veut dire des
moyens en plus ou pas ? 1,2 milliard, ou est-ce que sur la masse, finalement, c'est relativement peu ?
Oui, c'est ce que j'évoquais à l'instant, c'est ce qui permet de recruter 2000 personnels supplémentaires. J'évoquais la question des accompagnants d'élèves en situation de handicap, d'une part, et c'est très important, parce que quand on regarde les dix dernières années, on a multiplié par près de deux le nombre d'élèves en situation de handicap accueillis
à l'école.
Oui,
mais
il y a des professeurs en plus, justement, pour ces accompagnements du handicap, et parallèlement, il y a des professeurs en moins. Je veux dire, le delta n'est pas positif.
Non, pour les accompagnants d'élèves en situation de handicap, qui ne
sont
pas des enseignants, qui sont des accompagnants qui permettent ensuite d'organiser les
classes supplémentaires.
Mais le nombre d'enseignants
baisse par ailleurs.
Il y a des recrutements d'infirmières scolaires, des recrutements... Oui,
mais le nombre d
'enseignants baisse
par
ailleurs. Le nombre d'enseignants baisse beaucoup moins que le nombre d'élèves, c'est ce qui permet d'augmenter le nombre d'enseignants par élève. Stéphane Vernet.
Edouard Geffray, le ministre de l'Éducation nationale, laisse entendre qu'il pourrait y avoir une augmentation du budget de son ministère l'année prochaine. Si tel est le cas, sur quel autre ministère il faudrait prendre ? Où est-ce que vous trouveriez l'argent
? Je
crois d'abord qu'on a un choix collectif à faire. Et moi, j'ai été très frappé cette semaine par une hypocrisie collective. J'ai vu les mêmes partis politiques qui allaient sur les plateaux de télévision pour soutenir la jeunesse, qui parfois allaient dans les manifestations avec des banderoles et des pancartes, qui, au même moment, votaient à l'Assemblée nationale contre toutes les mesures qui permettent de réduire la dette, qui permettent d'investir dans l'avenir, et qui s'opposaient en particulier à toutes les mesures qui concernaient, par exemple, les retraités. Or, qu
'est
-ce qui se passe depuis 50 ans
?
C'est précisément cette machine infernale-là. C'est que depuis 50 ans, 80% de l'augmentation de la dépense publique, elle n'est pas allée vers l'école, elle n'est pas allée vers la jeunesse, elle n'est pas allée vers les investissements dans l'avenir, elle est allée vers les retraites et vers la santé. Et on sait très bien pourquoi il y a cette hypocrisie collective. Parce que les enfants et les adolescents, ils ne votent pas. Parce que les jeunes, ils votent peu. Et parce que les retraités votent beaucoup. Et donc il y a beaucoup de partis politiques qui n'ont pas le courage de
dire les choses.
On
appelle la
gérondocratie,
c
'est ça
?
Chacun donne le nom qu'il veut. Moi, je lui donne surtout le nom de la lâcheté collective. Parce que la jeunesse, c'est toujours la variable d'ajustement de nos hypocrisies et de nos lâchetés. Le gouvernement propose un effort proportionné pour les retraités, puisqu'il propose que les retraités prennent à peu près 10% de l'effort budgétaire qui est proposé alors qu'il représente 25% de la population française, précisément pour que ça ne retombe pas ensuite sur les jeunes. Et je crois que là, il faut que chacun puisse maintenant agir et penser en cohérence. Vous
n
'y voyez pas une forme d'égoïsme générationnel
? Je
crois surtout que c'est la lâcheté des partis politiques. Parce que moi, je vois beaucoup de retraités qui sont prêts à prendre leur part dans le redressement des finances publiques. À commencer, évidemment, par le fait que cet effort doit être réparti de manière juste. Et nous ne demandons pas des efforts en stigmatisant les retraités. Mais effectivement, nous demandons retraité des efforts parmi l'ensemble des efforts que nous demandons à la population française. Je crois en revanche que les partis politiques n'ont pas le courage de dire la vérité,
et
en tout cas, beaucoup d'entre eux. Stéphane Duguay.
Une question sur votre perception de ce mouvement, David Amiel. Vous avez 33 ans. Est-ce que vous comprenez l'angoisse de ces jeunes qui manifestent ? Oui, bien sûr. Et je pense
qu'il faut non seulement la comprendre, il faut l'entendre, et il faut pouvoir y répondre. Quand on regarde
la
génération
que
nous évoquons, la génération des lycéens d'aujourd'hui, c'est une génération qui aura connu la crise sanitaire pendant qu'elle était à l'école, peut-être au début du collège. Le Covid. C'est une génération, tout à fait, le Covid. C'est une génération qui connaît maintenant le bouleversement de l'intelligence artificielle, qui va complètement rebattre les cartes du marché du travail, alors même qu'elle va se lancer dans les études supérieures et qu'elle va chercher à avoir un premier emploi. C'est une génération qui se demande si elle aura un système de retraite. On en parlait à l'instant. C'est une génération qui va être aux premières loges du dérèglement climatique.
Donc, bien sûr que je comprends cette angoisse qu'il va d'ailleurs bien au-delà des manifestations que nous voyons aujourd'hui.
La jeunesse, c'était une grande priorité d'Emmanuel Macron, président de la République, de son premier et de son second quinquennat. Qu'on arrive à un tel mouvement et que le second quinquennat d'Emmanuel Macron se termine sur ce mouvement, ce n
'est
pas un constat d'échec
? Non,
mais beaucoup de choses ont été faites depuis 10 ans. Le taux d'emploi, par exemple, des jeunes... Le taux d'emploi des jeunes a beaucoup augmenté depuis 2017.
Aujourd
'hui,
il
y a quand même le taux de chômage chez les jeunes de moins de 25 ans et de 20%, plus de 20% même.
Est-ce que c'est suffisant ? A l'évidence, non. Mais est-ce que ça s'est amélioré depuis 10 ans, le taux d'emploi des jeunes ? Oui. D'ailleurs, c'est aussi dû aux réformes qu'on a eues en matière d'apprentissage. Le nombre d'apprentis a été multiplié par 3. C'est aussi une voie vers à la fois l'insertion professionnelle.
Mais avec un jeune sur 5 qui n'a pas de travail. C'est important parce
que ça permet à beaucoup de jeunes des classes populaires aussi de pouvoir poursuivre des études supérieures. On évoquait les élèves en situation de handicap. Ils sont près de deux fois plus nombreux à pouvoir désormais être accueillis à l'école. La taille des classes a été réduite. Mais oui, il reste évidemment encore beaucoup à faire. Mais pour ça, il faut aussi avoir le courage de faire un certain nombre de choix budgétaires. Et c'est ce que j'évoquais à l'instant. Et moi, je crois que dans tous les choix que nous faisons, ils doivent être faits d'abord pour la jeunesse et pour l'avenir du pays.
Dans les autres crises du moment, David Amiel, il y
a
les prix de l'énergie. Sébastien Lecornu a annoncé cette semaine un déblocage des réserves stratégiques de gasoil pour faire baisser les prix et le versement des aides au carburant dès le mois de janvier. Deux questions. Est-ce qu'il faudra, dès l'année prochaine, reconstituer les stocks ? Et quel coût ça a ? Parce que si on fait le calcul 10 millions de barils libérés, au prix du baril aujourd'hui, ça fait quand même un milliard d'euros.
D'abord,
il
y a plusieurs choses dans votre question.
D
'abord, les aides carburant que vous avez évoquées ne viendront pas en janvier. Elles viendront dès le mois d'octobre. Ce qui sera avancé au mois de janvier, c'est ce qui était traditionnellement attribué quelques semaines après, qui est le chèque énergie pour les ménages les plus pauvres. Les nouvelles aides sur le carburant,
on
aura l'occasion d'y revenir, elles seront délivrées aux Français
dès le mois d'octobre. J'ai
fait deux questions. Concernant le stock stratégique, il faudra le reconstituer et combien ça va coûter
?
Oui, bien sûr, il faudra le reconstituer. Ça dépendra des prix aussi qui seront ceux du début de l'année 2027.
C
'est la raison pour laquelle, d'ailleurs, le gouvernement, à la suite de l'accord international qui a été obtenu par le président de la République, fixe cette cible de 10 millions de barils, parce que c'est ce qui permet de soulager le pouvoir d'achat des Français tout de suite. Et le Premier ministre réunira les distributeurs pour s'assurer que ça se répercute le plus rapidement possible dans une
baisse
du prix du diesel. Ça sera une dette pour les successeurs ?
Non, parce que ça permet de lisser les prix pour les Français.
Parce
qu'il viendra un moment où la crise dans le détroit d'Hormuz se résoudra et où les prix se remettront à baisser. Mais dans l'immédiat, on peut utiliser une partie de nos réserves stratégiques pour soulager le portefeuille des Français, faire baisser le prix du diesel. Et le Premier ministre aura d'ailleurs une attention particulière pour les stations-service indépendantes et isolées, où les prix sont souvent les plus élevés. C
'est
ce
que l'on a annoncé par Donald Trump avec Vladimir Poutine pour débloquer des millions de litres de diesel russe. Est-ce que ça aura un impact sur les prix à la pompe en France
? Vu
les volumes dont on parle, il y a beaucoup de raisons d'en douter.
Est-ce
qu'il y
aura
vraiment un impact sur les prix à la pompe, en particulier les prix du diesel ? C'est cette décision obtenue
par le président de la République
au niveau du G7 qui permet de coordonner des libérations de stocks stratégiques et le travail mené par le Premier ministre pour s'assurer d'une répercussion immédiate au prix à la pompe. Sur
les aides au carburant, elles étaient versées tous les six mois. Maintenant, ça va être trimestriel. Ça veut dire que ce système, qui est un système de chèques, va perdurer et vous avez décidé de le faire perdurer
? D
'abord, on a décidé d'avoir des aides ciblées.
Et
des aides ciblées, ça permet quoi ? Ça permet d'avoir des aides plus importantes, ceux qui en ont le plus besoin. Ça
concerne quand même plus de 5 millions de personnes.
Tout à fait, ça va concerner plus de 5 millions et demi de personnes. Et par exemple, si je compare avec ce qui se passe en Allemagne, ça va être des aides qui correspondent à peu près à 40 centimes par litre pour une consommation en mois d'octobre, au mois de novembre et au mois de décembre. Les Allemands, ils font une mesure fiscale générale, mais qui ne correspond qu'à 17 centimes par litre. Donc, on fait plus de deux fois plus, mais c'est vrai en ciblant vers ceux qui en ont le plus besoin, c'est-à-dire vers les travailleurs grands rouleurs.
On fait plus simple, puisque dès le 16 octobre, toutes les personnes qui avaient d'ores et déjà obtenu une aide pendant les premiers mois de l'année se verront verser de manière automatique 100
euros
supplémentaires sans avoir besoin de faire une démarche nouvelle. Et dès le 22 octobre, tous ceux qui n'avaient pas demandé l'aide pendant les premiers mois pourront désormais le faire avec un versement qui interviendra ensuite sous une dizaine de jours. Une fois le dossier déposé, 5,5
millions
de personnes sont concernées. Par exemple, pour un couple avec deux enfants, ça va jusqu'à des niveaux de revenus d'à peu près 6100 euros net par mois.
Deux, trois chiffres encore sur les crises que nous connaissons. Le coût des dégâts commis lors des mobilisations lycéennes, c'est chiffré pour l'instant à 30 millions d'euros seulement pour les bâtiments. Est-ce que vous avez une idée un peu plus large du coût de ces
manifestations ? Non, vous avez bien donné le chiffrage provisoire que nous avons aujourd'hui.
Ce
sera un minima de 30 millions d'euros, mais évidemment, le travail se poursuit.
Autre question, est
-ce
que vous confirmez qu'1,3 milliard d'euros supplémentaires seront accordés ou sont envisagés l'année prochaine pour l'agriculture ? Là,
il
y avait déjà eu 1,3 milliard de débloqués cette semaine.
Il
y a deux piliers dans notre réponse à la crise agricole. Il y
a
d'abord les aides d'urgence, celles que vous avez évoquées. Canny Gennevard a d'ailleurs pu détailler ces derniers jours et encore aujourd'hui dans un grand journal dimanche. Et ensuite, il
y
a évidemment le travail à pouvoir bâtir maintenant avec les agriculteurs pour pouvoir construire un plan de rebond dans le cadre aussi des débats budgétaires que nous aurons.
Et dernière question, autre coût imprévu cette année, alors au-delà des lycéens, au-delà des carburants, c'était les canicules de cet été. Est-ce que vous, vous avez fait un chiffrage de ce que nous avait coûté les canicules
? On
estime que ça nous a coûté à minima 0,1 point de croissance. C'était le chiffrage que nous avions donné dès la rentrée. Donc c'est cet impact-là que cela a
eu
sur la croissance économique. Maintenant, évidemment, il y a aussi un coût budgétaire et c'est normal pour pouvoir accompagner. On parle évidemment des agriculteurs qui ont été les premières victimes de la sécheresse.
Le
Grand Jury, ça se passe au Parlement. David Amiel, vous êtes le ministre du Budget. Il sera examiné ce budget à partir de mardi dans l'hémicycle à l'Assemblée nationale. On rappelle les grandes lignes de votre copie.
C
'est 54 milliards d'euros d'économie, un déficit public à 5% du PIB l'année prochaine. Les députés, quasiment toute famille politique, et vous avez commencé à l'aborder, ont envoyé un signal clair cette semaine en commission. Ils ne veulent pas faire 54 milliards d'euros d'économie. Est-ce que vous allez y parvenir
? D
'abord,
ce n'est pas le cas de tous les députés ni de toutes les familles politiques. Moi, je salue députés courageux qui, en commission des finances, ont défendu
les
mesures d'économie. C'est le cas de députés de ma famille politique, Renaissance. C'est le cas de très nombreux députés du socle commun, du groupe Liotte. Ce qui
n
'empêche qu'ils étaient minoritaires. C'est très important. Mais vous avez raison de le dire. Aujourd'hui, ce qui est ressorti de la commission des finances, ce n'est pas une amélioration du déficit public, c'est une dégradation très importante du déficit public, au moins à hauteur de 8 milliards d'euros, c'est-à-dire quasiment 0,3 point de PIB. Ce n'est évidemment pas tenable. Je vois bien ce qui est en train de se passer. Évidemment, l'élection présidentielle arrive. Évidemment, il y
a
une tentation de mettre la tête dans le sable, de dire une minute de plus, monsieur Le Bourreau, on verra après les élections. On ne peut pas voir après les élections.
Parce
qu'on a aujourd'hui des taux d'intérêt qui sont à un niveau historiquement
élevé.
Ce que vous dites, c'est que les marchés sont en train de regarder, ils vont regarder ce qui se passe à l'Assemblée nationale. Va dépendre donc le coût auquel on finance notre dette. Ça s'appelle les taux d'intérêt. C'est ça que vous êtes en train de dire. Soyez responsable parce qu'on nous regarde. Et
pour se rendre compte de ce qui est en train de se jouer, moi, j'appelle toutes les personnes qui nous écoutent ou qui nous regardent à prendre leur bulletin de paye.
Et
à la ligne impôts prélevés à la source, l'année prochaine, il faudra lire transfert au créancier. Parce que l'année prochaine, la quasi-totalité de l'impôt sur le revenu ne servira plus qu'à une chose, c'est à payer la charge d'intérêt de la dette. Pas à la rembourser, pas à financer l'école, puisqu'on en parlait en début d'émission, pas à baisser les impôts. Non, uniquement à payer les intérêts que nous devons aux créanciers. Ce n'est évidemment pas soutenable. Et la hausse des taux d'intérêt, ce n'est pas qu'une question de finances publiques. Ce n
'est
pas qu'une question d'impôts et de dépenses. C'est aussi une question immédiate de pouvoir d'achat. Quand vous empruntez 200 000 euros aujourd'hui, par exemple, pour faire un crédit immobilier, la hausse d'un point des taux d'intérêt qu'on a eu depuis juillet, c'est 100 euros de plus à payer tous les mois en mensuel. On
parlait effectivement d'une charge de la dette à hauteur de 91 milliards d'euros l'année prochaine, juste pour rembourser les intérêts. Vous l'avez très bien dit. C'est plus que le budget de l'éducation nationale. C'est plus que le budget de la défense. Et pourtant, en fait, l'État prévoit l'an prochain, pour se refinancer, d'émettre 340 milliards d'obligations. C'était 310 milliards l'année dernière. Est-ce qu'il
n
'y
avait
pas moyen d'établir un budget qui permette d'infléchir un peu ces chiffres, qui sont quand même délirants ? Nous infléchissons les chiffres,
puisque c'est la raison. C
'est la raison.
On continue à créer, à creuser
le
déficit. Le déficit se réduira l'année prochaine, selon ce qui est présenté par le gouvernement, puisque nous avions un déficit public que nous estimons aujourd'hui à 5,4% du PIB en 2026. Objectif,
c
'est
5.
Nous
voyons
une baisse à 5% en 2027. Ça nécessite un effort important, 54 milliards d'euros. On n'a pas attendu pour agir, puisque 11 milliards d'euros correspondent à des mesures déjà engagées. 43 milliards d'euros correspondent à des mesures supplémentaires que nous proposons dans le cadre du budget. Et maintenant, je le dis évidemment très clairement, si les parlementaires souhaitent aller plus loin, proposer des économies supplémentaires, notre porte sera évidemment grande ouverte et nous en serions les premiers satisfaits. Mais ce que nous voyons pour l'instant, c'est plutôt le contraire.
C'est que face à toutes les économies, il y a toujours un lobby, un groupe d'intérêt, une levée de boucliers qui se manifestent. Mais effectivement, j'appelle au ressaisissement collectif, parce que ce que vous disiez est très vrai, il faut qu'on enraye cette machine infernale. Stéphane Duguay.
Est-ce que vous dites aujourd'hui que si la France n'arrive pas à se doter d'un budget avant Noël, on va vers un scénario à la grecque où personne, plus personne ne voudra acheter de la dette française ?
Je
crois qu'il faut
raison
garder. Le premier problème aujourd'hui
des
finances publiques françaises,
ce
n'est pas
son
économie. Nous avons eu ces dernières années un pays qui a été le plus attractif de l'Europe. On a un taux d'emploi qui s'est considérablement amélioré. Il est à son plus haut niveau depuis 50 ans. On a une balance courante qui est équilibrée.
C
'est très différent de la situation de la Grèce que vous évoquez au moment de la crise de la zone euro. Non, le premier problème des finances publiques françaises, c'est la classe politique. Et c'est le refus de prendre un certain nombre de mesures qui n'ont rien à voir avec ce que la Grèce, ce que l'Espagne, ce que le Portugal ont dû prendre. Je rappelle que c'est des pays où on n'a pas gelé un certain nombre de pensions de retraite, où on a dû les baisser massivement. Ce n'est pas des pays où on a gelé, par exemple, le point d'indice des fonctionnaires.
C
'est des pays où on a dû les baisser massivement. Et justement, pour qu'on n
'en
vienne jamais là, il faut qu'on puisse prendre aujourd'hui un certain nombre de mesures.
Est-ce que vous dites que la France n'a pas de soucis et n'aura pas de soucis pour financer sa dette ou pas ?
Ou
c'est de plus en plus compliqué ?
Ce
que je dis aujourd'hui, c'est que ce qui nous menace, c'est effectivement une explosion
de
la charge de la dette. C'est une augmentation très importante des taux d'intérêt qui étrangle la capacité d'action du gouvernement. Vous évoquez à l'instant ces 91 milliards d'euros. C'est ce qui aussi fragilisera notre économie parce que quand les taux d'intérêt augmentent, ça veut dire que le crédit à la consommation augmente.
Tout le scénario noir
que vous êtes en train de décrire est
directement
lié à la discussion du budget à l'Assemblée nationale.
Bien sûr, c'est lié à trois choses. C'est lié à une augmentation générale des taux d'intérêt qu'on observe dans le monde. Enfin, il
y a
une augmentation spécifique des taux d'intérêt français parce qu'il y
a
une inquiétude
concernant
l'élection présidentielle et parce qu'il
y
a une inquiétude concernant le budget. C'est la raison pour laquelle, autant nous serons toujours très ouverts sur le comment, c'est-à-dire sur les mesures qui permettent de réduire le déficit public, autant nous serons très fermes sur le combien, c'est-à-dire cet objectif de réduction du déficit public à au moins 5% du PIB.
Là, les taux auxquels la France emprunte sont montés à 4,8%. C'est la moyenne de ces derniers jours. À partir de quels chiffres on peut parler de crise obligataire pour la France
? Non,
mais en tout cas, ce qui est certain, c'est que c'est déjà des chiffres qui sont beaucoup trop élevés. Cet été, ils étaient un point en dessous. Une augmentation d'un point du taux d'intérêt pour qu
'on
se rende compte des ordres de grandeur, ça veut dire à terme 36 milliards d'euros supplémentaires à payer tous les ans. 36 milliards d'euros, c'est trois fois le budget du ministère de la Justice. Donc, d'ores et déjà, les taux sont beaucoup trop élevés. C'est la raison pour laquelle on a besoin d'avoir un budget. On a besoin d'avoir un budget qui réduise le déficit pour précisément que ces taux d'intérêt n'étranglent ni l'activité économique, ni la capacité de l'État à agir. Vous êtes ministre du budget, vous dites toujours que vous n'augmentez pas les impôts. C'est l'objectif qui a été fixé par le Premier ministre. On n'a pas d'augmentation de l'impôt sur le revenu.
Je le rappelle, le barème de l'impôt sur le revenu est indexé à l'inflation. On n'a pas d'augmentation des taux généraux de TVA. En revanche, oui, bien sûr, il
y
a la lutte contre un certain nombre de nues fiscales et un certain nombre de réformes en la matière qui sont proposées dans
le budget.
Je vais
prendre
un
exemple
concret dans le budget. Vous voulez par exemple taxer davantage les mutuelles, les mutuelles de santé de tous les salariés. Les prix des mutuelles vont donc augmenter. C'est la logique classique puisqu'ils vont être taxés. Est-ce que ça, ce n'est pas une forme d'impôt indirecte
? Non,
mais j'ai dit qu'il n'y avait pas d'augmentation d'impôt sur le revenu, qu
'il
n
'y
avait pas d'augmentation de la TVA. En revanche, oui, il
y a
un certain nombre d'efforts ciblés qui sont demandés. Et en l'occurrence,
ce
que vous évoquez pour les complémentaires, ce n'est pas une augmentation, c'est la reconduction d'un effort qui avait d'ores et déjà été demandé cette année.
Il y a deux hypothèses de scénario pour le budget 2027. Il y
en a
peut-être trois même, mais où le gouvernement est censuré, dans ces cas-là, il n
'y a
pas de budget. Où on arriverait, il peut y avoir des 49-3 avec une censure. Et puis il
y
a l'autre scénario, c'est d'arriver aux 70 jours de débat budgétaire sans avoir eu de vote. Et dans ces cas-là, le gouvernement peut procéder au budget par ordonnance. Est-ce que vous avez déjà un autre scénario
? Ou
pas ? Vous avez évoqué les différents scénarios constitutifs. Il peut y avoir un vote positif, je dirais, de l'Assemblée nationale et du Sénat. Il y
a
le 49-3.
Vous avez les
ordonnances ? C'est les différents dispositifs qui sont prévus dans la Constitution. Le vote positif du budget cette année est très hautement improbable, on est d'accord ? Non, mais ce qui compte, c'est qu'on puisse obtenir un compromis pour avoir un budget et un budget qui permette, je le disais, de réduire le déficit public. Est
-ce
que ce
compromis,
il n
'est
pas conditionné qu'il
y a
une seule chose, c'est que le Rassemblement national ne vote pas une censure ?
Non, parce que j'observe ce qui s'est passé en 2025 et en 2026.
En
2025 et en 2026, la gauche républicaine a commencé par le Parti Socialiste. Oui, mais elle ne semble pas disposer
à le repaire. Le bloc central,
la droite républicaine, ont réussi
à
trouver des
compromis
qui
ont permis à la France de se doter d
'un budget.
La gauche, en l'occurrence, le Parti Socialiste, ne semble pas très disposé, c'est le moins qu'on puisse dire, à repartir sur ce principe-là. Mais
nous verrons, le Parti Socialiste est un parti qui a gouverné ce pays. Un parti, d'ailleurs, qui, à plusieurs reprises, a réduit le déficit public. Il serait quand même paradoxal. Il serait quand même paradoxal que ce qu'on a réussi à faire en 2025 et en 2026,
on
ne parvienne pas à le faire aujourd'hui, alors même que la situation internationale et la situation financière exigent encore plus de gravité
qu
'à l'époque. Vous pensez que ce compromis pourrait être trouvé en jouant les prolongations, en dépassant les dates, en allant au-delà du 31 décembre, en passant par une loi spéciale, comme on l'a fait l'année dernière et l'année d'avant, alors que ça coûte de l'argent, ça coûte plusieurs milliards d'euros de différer, en fait, le vote du budget aux finances publiques ? On n'a plus, cet
argent ?
Non, moi, je crois que le compromis, il doit d'abord pouvoir être travaillé. Ce sera le cas des
débats en séance. Vous pensez que le compromis peut être
trouvé avant le 31 décembre ? Oui, je pense que c'est évidemment tout à fait possible. Si vous
croyez
vraiment ? Ce serait d'ailleurs très utile pour que l'élection présidentielle puisse se dérouler sereinement. Parce que je ne comprendrais pas que ceux qui aspirent à présider le pays, en tout cas, ils feront campagne pour, se mettent dans le même mouvement à le déstabiliser. Or, on sait que l'absence de budget en 2027, qui ne serait pas pour quelques jours ou quelques semaines, le temps d'élaborer le compromis,
ce
qui s'est passé effectivement en 2025
et en 2026,
si on n'avait pas de budget, ce serait plus de 10 mois sans budget. Et ça, ce serait une catastrophe économique et sociale. Et il n
'y a
pas besoin de me croire sur parole, parce
qu
'il
y
a eu beaucoup de débats, parole contre parole, concernant cette question-là.
Un
rapport de l'Inspection Générale des Finances, indépendant, est en ligne. Un avis du Conseil d'État, là aussi indépendant, est en ligne et documente l'impact désastreux que ça aurait, nous privant de notre capacité à soutenir les agriculteurs, par exemple, la Nouvelle-Calédonie, beaucoup de secteurs qui sont en première ligne et dégradant considérablement le déficit public.
Le
Grand Jury, quel président à l
'Élysée ? Alors,
c'est une autre question, mais David Amiel, vous soutenez bien Gabriel Attal, pour l'élection présidentielle. Gabriel Attal a proposé hier dans son meeting à Lyon une double règle d'or, c'est-à-dire qu'en plus de l'équilibre des comptes imposés par la loi, il propose que les dépenses de fonctionnement ne puissent plus excéder nos dépenses d'investissement pour l'avenir. Les dépenses sociales, qui sont de loin le premier poste, vous les mettez dans le fonctionnement ou dans les investissements d'avenir
? Non,
mais je ne suis pas sur ce plateau le porte-parole d'une campagne présidentielle.
Non, mais c'est une idée intéressante. Vous pouvez vous renoncer dessus. Non,
mais c'est normal. Il y
a
des candidats qui font des propositions, ils auront l'occasion évidemment de le détailler. En tout cas, moi, ce que je crois, et ce que j'ai eu l'occasion d'évoquer dès le début de cette émission, c'est qu'effectivement, dans les choix budgétaires que nous devons faire, nous devons toujours privilégier les investissements d'avenir. Quand je regarde ce qui s'est passé depuis 50 ans, ce n'est pas le cas. 80% de l'augmentation de la dépense publique, je le disais, est allée d'abord vers la retraite et la santé. Et ça, ça explique quoi ? Ça explique la question que tout le monde se pose, qui est où va l'argent ?
Comment ça se fait qu'on paye autant d'impôts en France et qu'on a l'impression qu'il y
a
autant de services publics à l'os ? La réponse est malheureusement très simple, c'est que depuis 50 ans, en très grande partie, la dépense publique n'est pas allée vers les services publics, elle est allée d'abord vers la retraite et vers la santé.
Beaucoup
de candidats ont des idées de réduction de budget, 125 milliards, 140 milliards, 150 milliards d'euros. Le Rassemblement National notamment a présenté son projet cette semaine. 140 milliards d'euros d'économies pour revenir au 3% très rapidement, au 3% de déficit. C'est une bonne façon de voir les
choses ? Non
mais j'observais les propositions du Rassemblement National. Il nous parlait de règle d'or avant cette conférence de presse. La réalité des chiffres, c'est que la règle d'or, elle est en contreplaqué, parce que toutes les économies proposées par le Rassemblement National sont en carton. Quand on regarde une à une, il n'y
en
a aucune qui tient. Ils nous disent dès l'année prochaine, 11 milliards d'euros d'économies sur l'Union Européenne. Bon, ça nécessite l'unanimité des États membres pour pouvoir le faire. C'est donc d'ores et déjà que c'est du flanc. Il nous propose ensuite 3 milliards d'euros d'économies sur les retraites dès 2027, alors même qu'il propose de baisser l'âge de départ
à la retraite. Sur le
fonctionnement de l
'État,
sur l'immigration...
Sur les 78 milliards d'euros d'économies proposées par le Rassemblement National, il y en a près de 70 qui sont ou bien contraires à la Constitution et aux traités européens internationaux, ou bien qui sont très largement surévalués, ou bien qui sont carrément imaginaires. J'évoquais les
3 milliards d'euros sur les retraites.
Et donc les 150 milliards de Gabriel Attal, eux, en revanche,
sont crédibles
?
J'ai observé le contre-budget qui a été déposé par le Rassemblement National. Évidemment, les candidats détailleront aussi leurs propositions. Ce qui est très important, ce ne sont pas les chiffres que l'on donne, c'est les mesures que l'on est prêt à porter. Et en la matière, quand on propose de revenir sur l'âge de départ à la retraite, je crois qu'en matière de finances publiques,
c
'est évidemment nous envoyer dans le... Stéphane Duguel.
Sur
ces finances publiques, il y
a
une question de confiance qui est posée, que ce soit Marine Le Pen,
que
ce soit Jean-Luc Mélenchon. Tous pointent du doigt que votre gouvernement, Emmanuel Macron, a créé 1 400 milliards d'euros de dettes en 10 ans. Comment, qu'est-ce que vous répondez aux gens qui n'ont pas confiance en ce que vous dites aujourd'hui
? D
'abord, j'observe que ceux que vous évoquez se sont opposés systématiquement à toutes les mesures d'économie budgétaire. Emmanuel Macron a fait campagne en 2022 en annonçant son intention de faire une réforme des retraites. C'est pas rien. C'est le premier président de la République à le faire. Pas à
faire.
Mais on est revenu
aussi.
Pas à faire une réforme des retraites. Ça, Jacques Chirac en avait fait une. François Hollande en avait fait une. Nicolas Sarkozy en avait fait une. Mais jamais il ne l'avait dit dans leur campagne électorale. Emmanuel Macron l'avait dit dans sa campagne électorale. Et donc, vous me parlez de confiance. Je pense que la première des choses pour obtenir la confiance des Français, c'est de dire dans une campagne présidentielle ce qu
'on
compte faire. Et quand je vois le Rassemblement national qui promet 3 milliards d'euros d'économie sur le dos des personnes en affection longue durée dans son contre-budget et qui se garde bien de dire ce qui le met derrière, quand il propose 3 milliards d'économie sur les retraites alors qu'il propose dans le même mouvement de baisser l'âge auquel on partira, là, je pense que oui, il y a un gros problème de confiance.
Merci David Amiel, ministre de l'Action et des Comptes Publics. Premier invité de ce grand jury. Dans un instant, d'autres réponses à la jeunesse. Parcoursup, c'est lui, les emplois du temps à trous et le contrôle continu. C'est ce qu'on lui reproche aujourd'hui. Jean-Michel Blanquer, l'ancien ministre de l'Éducation, est le deuxième invité de ce grand jury. A tout de suite.
Suite
du grand jury, présenté par Olivier Bost.
Jean
-Michel Blanquer, ancien ministre de l'Éducation, ancien ministre pendant 5 ans, pendant le premier quinquennat d'Emmanuel Macron, est le deuxième invité de ce grand jury exceptionnel. À mes côtés, Stéphane Duguay de Public Sénat et Stéphane Vernet de Ouest France pour vous interroger.
Jean
-Michel Blanquer, avec le recul que vous avez aujourd'hui, mais une fine connaissance du milieu éducatif, quel regard tout d'abord portez-vous sur ce mouvement lycéen ? Est-ce que vous vous dites, il faut bien que jeunesse passe, ou est-ce que les angoisses sur l'avenir des lycéens vous semblent justifiées
?
Mon premier regard sur la jeunesse, c'est évidemment un regard sur une crise de la jeunesse.
C
'est-à-dire qu'il y a évidemment une angoisse qui sourd, notamment dans la jeunesse française, mais pas seulement dans la jeunesse française,
et
qui est due un petit peu à tous les discours gris que nous tenons en permanence sur l'avenir. Parce qu'il
y
a des périls objectifs aujourd'hui qui sont importants. On les entend quand on écoute vos actualités, les périls géopolitiques, les périls environnementaux, les questions que pose l'intelligence artificielle.
Tout
ça fait que cette génération a intégré beaucoup d'angoisse sur l'avenir.
Mais
comme pour toutes les générations, il y a aussi des opportunités dans l'époque actuelle. Et je trouve que le monde adulte, dont nous faisons partie, accentue le premier point, ne développe pas le deuxième point. Et donc nous devons aujourd'hui définir un projet de société pour la jeunesse, dont la jeunesse sera la priorité. C'est finalement ce qu'il y avait de plus dans les générations antérieures, et qu'il n'y a pas aujourd'hui. Et donc c'est quelque chose qui, d'une certaine façon, se décide. Lorsque j'étais ministre de l'éducation, j'ai tenté d'être dans cette ligne-là, c'est-à-dire de dresser un avenir à long terme.
Évidemment, ça va plus que loin que la simple éducation nationale, c'est le monde politique, et bien au-delà du monde politique, le monde culturel, le monde économique, qui doivent ensemble fixer ce cap. Pour moi, ce cap, à mon avis, est assez clair. Et ce qui est grave aujourd'hui, c'est que c'est seulement les extrêmes qui donnent le sentiment d'avoir un projet de société. Alors qu'en fait, il peut y avoir un cap pour la jeunesse. Pour moi, c'est notamment la reconquête du territoire français. C'est-à-dire le fait que nous nous sommes dévitalisés depuis plusieurs décennies.
Ça
crée beaucoup de désespoir dans la population en général,
dans
la jeunesse rurale en particulier, mais dans toutes les jeunesses qui sont un peu cloisonnées, qui sentent l'avenir fermé. Et donc, il faut ce projet de société. Bien sûr, après, il y a plusieurs sujets précis, mais ça, c'est-à-dire se dire, on va vers un cap défini, vers un objectif, vers un horizon où moi, jeune, j'aurai ma place, ce point-là, il est absolument fondamental. Et ça doit être le projet, je l'espère, qui gagnera en 2027. Nous
allons reparler
d
'avenir et de 2027. Mais pour être très concret, en fin de semaine, votre lointain successeur, quelque part, Édouard Geffray, a sorti, entre guillemets, 3000 enseignants de sa poche pour effectuer des remplacements. Ça veut dire que 3000 professeurs n'étaient pas affectés. Est-ce qu'il faut en conclure qu'il y a un sérieux problème, toujours un sérieux problème de gestion des ressources humaines dans l'éducation nationale ?
Vous
savez, l'éducation nationale obéit à la loi des grands nombres. Si vous avez plus de 12 millions d'élèves, environ un million de salariés, c'est considérable. Donc,
des
chiffres comme ceux-là peuvent paraître importants. Et dès qu'on raisonne en pourcentage, c'est différent. Lorsque vous avez des remplaçants pour les remplacements de long terme, c'est de cela qu'il s'agit avec votre question, vous avez fatalement une partie des remplaçants qui ne sont pas devant élèves à certains moments de l'année. Mais vous êtes bien content de les avoir au moment où vous en avez besoin. Si vous avez besoin d'un professeur d'allemand à Dax, il faut que cette personne existe. Et justement, on se plaint souvent du manque de personnes, mais précisément parce que les troupes ne sont pas si nombreuses que ça pour remplacer. Donc,
simplement,
là, ce que le ministre a fait, c'est une souplesse. Ça peut se comparer à quand on déstocke quelque chose. C'est-à-dire, quand on essaye de résoudre à court terme des problèmes avec des ressources que
l'on a sur le long terme. Justement, Stéphane Verdet. C'est ce
déstockage parce qu'on voit des enseignants, par exemple, des profs de maths qui disent qu'ils sont envoyés remplacer des profs de français ou l'inverse. Est-ce que c'est bien sérieux, en fait ?
Votre question répond à la précédente question d'une certaine façon.
C
'est que, justement, ce n'est pas pour rien qu'il y a une réserve qui correspond à des disciplines. Donc là, je pense que le ministre a raisonné en situation de crise en disant qu'il peut y
avoir un polyvalent
qui justifie ça.
Comment ? C'est
l'urgence qui justifie ça ? Sans aucun doute.
Il
y
a
une crise. Il s'agit d'y répondre. Parfois, vous pouvez aussi faire plus d'heures de mathématiques pendant une ou deux semaines. Et puis après, lorsque le professeur de français reviendra, il fera plus d'heures de français. C'est aussi cette souplesse qu'il faut savoir avoir dans la pratique. Vous savez, la réforme du lycée, parmi ses caractéristiques,
c
'est une réforme de l'autonomie des lycées. Et ce qui est très frappant, parfois, c'est de voir à quel point tous les acteurs réclament toujours plus d'autonomie. C'est un mot qu'on entend, par exemple, dans la campagne présidentielle. Mais quand l'autonomie concrète arrive, il y a finalement des
difficultés
à ce qu'elle se passe. Parmi les difficultés, il y a la question des emplois du temps. Beaucoup de lycéens se plaignent des emplois du temps à trous et qui font le lien direct avec la réforme des lycées, les spécialités. Vous prenez votre part dans cette difficulté ? Je pense
que lorsqu'on se pose cette question-là,
il
faut faire une sorte de mise en perspective d'ensemble. à quoi a servi la réforme du baccalauréat
?
La réforme du baccalauréat a servi à mieux préparer l'avenir des jeunes. Et je commencerai par vous donner un chiffre qui est le chiffre fondamental qui a tout commandé dans les réformes du lycée, du baccalauréat et de Parcoursup
et
qui était mon point de repère.
C
'est qu'il y avait en 2017 60% d'échecs en fin de première année de licence en France. C'est un scandale national. C'est le gâchis français par excellence. Ça signifiait, et je le disais à l'époque, que nous acceptions que les élèves passent de classe en classe en ayant parfois des savoirs mal consolidés, qu'il n'y avait jamais d'heures de vérité et que la première heure de vérité arrivait lorsqu'on avait 19 ans à la fin de la première année. Et là, c'était souvent trop tard et je pense que parmi ceux qui nous écoutent, certains voient très bien de quoi je parle.
Et
ce gâchis français, si j'ai bien eu une mission, c'était de l'empêcher et d'y remédier. Évidemment, en prenant les choses très à la racine, c'est toutes les mesures qu'on a prises à l'école primaire,
mais
aussi par ces réformes cumulées que je viens de mentionner. Et aujourd'hui, vous savez où est ce chiffre
?
Il est aujourd'hui presque à 50%.
De taux d'échec.
De
taux d'échec en fin de première année de licence. Et c'est aussi lié d'ailleurs à des évolutions dans l'enseignement supérieur et à des mesures qui ont été prises
par
une combinaison de choses. C'est très rare, vous savez. D'habitude, on reproche aux responsables politiques d'être impuissants, de ne rien faire. Deuxièmement, d'avoir aucune vision de long terme. Et troisièmement, de ne pas avoir une évaluation de ce qu'ils font. Là, vous avez le cas où nous avons eu le courage de prendre à bras-le-corps un sujet. Nous avons des résultats. Le chiffre que je viens de dire, personne n'en parle. Je pense que
c'est
la première fois qu'il est dit dans un média.
Et
pour autant, on va aller chercher ensuite évidemment tel effet pervers, tel problème qui existe bel et bien. Le cas des emplois du temps, puisque c'était le cœur de votre question, les emplois du temps ont toujours été compliqués à faire dans les lycées. C'est un exercice d'ailleurs qui est plus ou moins bien fait d'un endroit à l'autre. Et qui renvoie à l'autonomie il
y a
encore des lycées. Votre réforme de 2018 n'y est pour rien.
Elle
a accentué un peu le problème. Bien sûr, à partir du moment où vous avez... Elle est le revers, le petit revers d'une amélioration que très peu de lycéens ont envie de voir disparaître. Parce que n'oublions pas que ce dont nous parlons, c'est le fait qu'ils ont désormais le choix d'entrer des enseignements de spécialité. Et je peux vous dire, interrogez les lycéens autour de vous, demandez-leur s'ils ont envie de revenir au système antérieur. Ce système, rappelons-le, je veux juste dire, parce que parfois on a l'impression qu'on fait des réformes pour faire des réformes. J'entends souvent la phrase un ministre passe, il fait sa réforme pour laisser son nom.
Dans ce cas-là, on ne peut pas dire ça. D'abord, je suis resté 5 ans, j'ai tenu bon tout en consultant pour faire cela et tout ceci avait un sens. Ça n'a pas été fait pour rien. Et quel était ce sens ? C'était faire réussir davantage les élèves après le baccalauréat grâce à leur préparation du baccalauréat. Et avec le chiffre que je vous ai donné il
y
a un instant, vous avez la preuve qu'en effet, on est allé dans la bonne direction. On va revenir sur les chiffres de
l'enseignement supérieur. Parce que
si vous voulez, on peut prendre les choses par le petit bout de la lorgnette. Mais que se passe-t-il actuellement avec ces enseignements de spécialité ? Eh bien, on a tout simplement des élèves qui approfondissent davantage. Là aussi, on entend tout le temps qu
'il
y a moins d'exigences, qu
'on
a le baccalauréat n'importe comment, etc.
On va
traiter toutes
les questions, Jean-Michel Blanquer.
Oui,
mais
les points sont liés, si vous voulez. La question des emplois du temps, je vais vous répondre et je me tais. C
'est là, je vais vous répondre et je me
tais. C'est-à-dire, oui, les emplois du temps sont sans doute trop chargés pour les élèves. Oui, des remèdes doivent être portés. Oui, ça peut être un des petits effets pervers de la réforme, même si le problème existait auparavant. On va reparler de l'enseignement
supérieur après, mais avant, sur Parcoursup. Un autre point qui crispe pendant les mobilisations, c'est Parcoursup que vous avez participé à mettre en place. Qu'est
-ce
que vous répondez à ceux qui disent que c'est une plateforme qui est stressante, qui manque de clarté ? Un rapport du Sénat en 2019 pointait justement que les algorithmes étaient opaques.
Il
y a certainement des améliorations à apporter et ne déduisez pas de ce que j'ai dit avant que je dis que tout va très bien et qu'il n'y a aucun problème. Je dis qu
'il
faut toujours saisir le sens des choses. Pourquoi est-ce qu'on fait les choses ? Comment elles se relient les unes entre elles ? On a parlé au début de l'angoisse de la jeunesse. Si on ne donne pas le sens des choses, si sans arrêt, on est à regarder les choses par le petit bout de la lorniette sans voir pourquoi elles existent, alors on ne peut pas les améliorer. Et c'est par rapport à un objectif qu'on doit améliorer les choses. L'objectif, c'est le bien de la jeunesse, la faire réussir dans ses études supérieures qui peuvent être de tous ordres d'ailleurs, qui ne sont pas seulement à l'université.
Et donc, lorsque vous regardez Parcoursup, l'objectif de Parcoursup, c'était tout simplement de mieux affecter les élèves. Vous aviez auparavant, par exemple, un élève qui avait fait S qui ne pouvait pas entrer en médecine parce que le tirage au sort avait mis un élève de bac pro qui était sûr de rater ses études de médecine l'avait affecté là.
Mais Jean-Michel
Blancard, en raisonnant par l'absurde, est-ce que le fait d'avoir avec Parcoursup ouvert 25 000 possibilités, ce n
'est
pas justement ce qui est vecteur de frustration ?
C
'est-à-dire qu'avant, il
n
'y avait pas forcément conscience qu'on pouvait avoir accès à tout ça. Et aujourd'hui, on se rend compte que les accès sont plus difficiles.
C'est une grande et bonne question. C'est-à-dire que vous posez le problème démocratique par excellence.
C
'est-à-dire, que dans ce cas-là, il faudra revenir à des choix plus restreints. Mais c'est une réforme profondément juste de ce point de vue-là. C'est-à-dire qu'on a ouvert des opportunités qui auparavant ne se voyaient pas. Pour ceux qui sont, qui ont plus de 30 ans aujourd'hui, ils savent très bien de quoi je parle et comment étaient les systèmes antérieurs. On a tous connu le fait qu'il y a des opportunités d'enseignement supérieur que nous ne connaissions pas quand nous avions 18 ans.
Parcoursup vous
permet d'offrir ça. Alors, on peut toujours trouver un défaut à une cuirasse.
Et
en l'occurrence, on peut dire qu
'il
y
a
trop de choix. D'accord. Qui serait d'accord pour maintenant revenir à moins de choix, si vous voulez ? Donc, quand même, j'invite chacun à réfléchir à ça. C'est-à-dire, c'est tellement facile de tomber à bras raccourcis sur chaque réforme tout en se plaignant qu'on n
'est
pas capable de faire des réformes. Là, on en a fait une qui est d'ailleurs, c'est même plusieurs réformes en une, cohérentes entre elles. Quels sont les inconvénients qu'il puisse y avoir des améliorations ? Je suis le premier à le penser. Je trouve ça très bien que Parcoursup soit sur la table et qu
'on
discute parce que ça permet d'être
rationnel.
Et le contrôle continu ? Parce que, par exemple, Gabriel Attal dit qu'il veut mettre fin à la pression du contrôle continu. C'est aussi votre œuvre.
Alors, il faut voir ce qu'on disait sur le contrôle terminal avant la réforme.
Si
vous voulez, ça me fait penser au légionnaire d'Astérix quand il arrive en Corse et qu
'on
lui dit elle est jolie ma sœur, elle n
'est
pas jolie ma sœur. Donc, si vous voulez, on peut toujours trouver un inconvénient à une situation. Avant la réforme, on disait que le contrôle terminal seul produisait du stress pour les élèves parce que tout se jouait sur une épreuve.
Et
c'est pour ça qu'on n
'a
pas mis d'ailleurs le contrôle continu à la place du contrôle terminal mais une part de contrôle terminal qui reste majoritaire et une part de contrôle continu. Et vous aviez du contrôle continu avant cette réforme. comment se passait et se passe encore la sélection des élèves dans les filières qu'on appelle sélectives dont je rappelle qu'elles représentent le cas d'un élève sur deux en enseignement général. C'est vous envoyer je parle à l'imparfait vos bulletins vers le mois de janvier et février par exemple si vous alliez dans une classe préparatoire ou dans un DUT et c'est sur la base de votre
contrôle
continu
que
vous étiez admis ou pas dans
la classe préparatoire. Donc
si vous voulez
toute
cette démagogie qu'il y a dans les commentaires en fait ne va pas dans le sens du débat démocratique puisque nous avons besoin aujourd'hui de mettre à plat les choses.
C
'est pour ça que moi démocratiquement je pense que c'est très bien et ma réponse à la jeunesse c'est mettons parcoursure sur la table par exemple c'était le sens de la question précédente en donnant sans doute plus d'autonomie encore aux universités dans leur manière de faire. Je pense que d'ailleurs si vous interrogez les présidents d'université ils ne
vous
diront pas que Parcoursup c'est une mauvaise réforme l'université en tire des bénéfices quant à la bonne adéquation des étudiants qui sont là et de l'offre qui est proposée mais maintenant on peut faire mieux et notamment je pense qu'on peut aussi créer des places mais dans les endroits qui correspondent à des débouchés pour les élèves par exemple
justement est-ce que pour élargir le sujet est-ce qu'il n
'y
a pas aujourd'hui trop de bacheliers trop de gens qui ont le bac et qui font des études supérieures est-ce que c'est une question qui peut se poser on
est passé de 2 millions d'étudiants à
3 millions d'étudiants en
une vingtaine d'années la question est très légitime sachons bien la poser on dit 80% d'une génération le baccalauréat c'est vrai mais le baccalauréat c'est plein de choses sur ce 80% la moitié une petite moitié c'est le bac général mais le reste c'est bac technologique bac professionnel donc il s'agit surtout de certifier chaque génération mais de manière très diverse une bonne partie vont ensuite aller soit au travail pour une partie des bacs pro soit dans les
BTS et
les DUT et
donc si vous voulez
l'idée un peu trop facile de dire on a l'impression que 80% d'une génération va aller à l'université pour des enseignements qui ne mènent à aucun emploi c'est ça le sous-jacent de cette question en réalité c'est heureusement pas exactement comme ça mais par contre
je suis d'accord il
y
a
aussi l'idée de faire travailler plus tôt les jeunes d'une manière générale et aussi de les faire travailler un peu plus tard sur la question des retraites mais justement pour permettre de sauvegarder les retraites par exemple c'est une idée de Marine Le Pen est-ce que cette idée là elle est bonne ou pas c'est-à-dire de se dire on entre sur le marché du travail bien trop tard en France
alors ce qu'il faille augmenter le taux d'emploi en France c'est évident il a d'ailleurs il s'est amélioré ces dernières années il doit il est encore trop faible par rapport au reste du monde mais ça vaut pour tous les âges pas spécialement pour les jeunes ça vaut aussi pour les plus âgés donc on a besoin de produire en France et on a besoin de taux d'emploi on doit être ultra pragmatique sur ces questions et ne pas chercher à être trop général et avec des slogans et donc être pragmatique c'est en effet amener les jeunes c'est un problème qui se pose à l'échelle du monde entier amener les jeunes vers les formations qui les amèneront à un emploi est-ce
qu'il faut supprimer
une part des formations qui n'amènent pas à l'emploi bien sûr
je l'ai d'ailleurs en bonne partie fait c'est à dire évidemment de manière encore largement incomplète mais en tout cas le processus a été amorcé nous avons fermé beaucoup de formations qui ne mènent pas à l'emploi et ouvertes d'autres qui mènent à l'emploi de même que dans la réforme du baccalauréat vous avez eu la naissance de nouvelles disciplines qui mènent à l'emploi dès 2018 on a créé une discipline qui s'appelle numérique et sciences informatiques dans laquelle on avait déjà pensé à l'intelligence artificielle et à la cybersécurité
et
pour préparer les jeunes à ces métiers là donc si vous voulez cette tendance c'est évidemment celle qu'il faut avoir est-ce qu'on l
'a
fait suffisamment est-ce que c'est suffisamment efficace non est-ce que les fruits se cueillent du jour au lendemain non plus c'est pour ça qu'il faut de la continuité et que je déplore l'absence de continuité qu'il y
a
eu ces dernières années mais il est certain que ce problème qui se pose encore une fois à l'échelle du monde et particulièrement à l'échelle de la France c'est ce pragmatisme dans notre capacité à orienter les élèves je signale au passage que le développement de l'apprentissage avant le baccalauréat et après le baccalauréat
à
partir de 2018 qui est d'ailleurs le fruit d'une grande collaboration entre le ministère du travail et le ministère de l'éducation nationale apportait des fruits importants avec beaucoup plus d'apprentis en France c'est ce type de mesures qu'il faut savoir prendre
Stéphane Duguay Vous parliez de la continuité justement il y a eu 8 ministres de l'éducation en 10 ans vous vous y êtes resté 5 ans est
-ce
que c'est la faute d'Emmanuel Macron s'il n
'y a
pas eu de continuité
?
Ça
chacun peut en juger ce qui est certain c'est que Emmanuel Macron a battu deux records un record du ministre qui a la plus grande longévité de l'histoire de la République votre serviteur et d'autre part le record de la plus grande instabilité des ministres au cours du deuxième quinquennat donc
on
ne peut pas comparer le premier quinquennat et le deuxième quinquennat de ce point de vue là je regrette de le dire j'aimerais vous dire autre chose mais
il
y avait un cap
c
'est précisément parce que ce cap est devenu moins clair dans le deuxième quinquennat qu'aujourd'hui vous pouvez avoir une révolte de la jeunesse puisqu'on ne sait pas où on veut mener les gens et c'est vrai d'ailleurs dans d'autres domaines donc c'est dommage que ce cap soit perdu je pense que la crise sanitaire a joué un rôle dans la perte du cap mais évidemment il faut le retrouver pas exactement le même d'ailleurs mais en tout cas ce cap qui est d'abord de dire notre territoire notre jeunesse notre espace notre temps il y a des choses assez simples à dire pour le futur
et
vous savez je pense même que le déséquilibre budgétaire est lié à l'absence de cap quand vous avez un cap c'est vrai dans une famille dans une entreprise dans un pays quand vous savez où vous voulez aller les choses après vous ne
faites
pas un chèque à tous les enfants qui viennent vous dire je veux ceci je veux cela vous ordonnez les choses à partir d'une priorité et donc notre pays a besoin aujourd'hui qu'on lui dise où il va et notre jeunesse en a encore plus besoin et c'est le sens de ce qu'on a fait à Sens justement dans la ville de Sens lorsqu'on a fait l'université d'été du laboratoire de la République où on a rassemblé une bonne partie de responsables politiques mais aussi d'experts et de citoyens pour définir ce cap qui pour moi je le redis parce que c'est pour moi la priorité des priorités c'est revitaliser le territoire français c'est pas normal et les jeunes en souffrent aussi qu'on ait la crise démographique la crise du logement et tant d'autres crises parce que nous nous concentrons sur 10 points du territoire que sont les grandes métropoles il faut réhabiter notre territoire ça c'est un projet de société on doit dire à une famille à un jeune qui a 20 ans et qui veut fonder une famille dans quelques années tu pourras te réinstaller dans un petit village nous allons y remettre de l'énergie parce que nous allons avoir par exemple racheté les logements en déshérence par les bailleurs sociaux parce qu'il y aura des franchises fiscales pour créer son entreprise parce qu'on va avoir un plan de rénovation de l'agriculture etc etc il faut remettre de la vie de l'espérance de l'optimisme je pense que c'est possible et c'est pourquoi cette crise est à repositionner dans une crise plus générale
je reviens un instant sur la crise lycéenne et les images qu'on a vu cette semaine notamment des images de violence est-ce que vous ministre de l'éducation vous auriez approuvé l'ordre de déblocage des lycées avec l'usage de la force est
-ce
que vous êtes interrogé sur les images que vous avez vu cette semaine
c
'est difficile de porter un jugement parce qu'il faut être vous savez j'ai eu parfois affronter des situations de ce genre au moment de la crise des gilets jaunes il n
'y a
pas eu de révolte lycéenne contre la réforme du baccalauréat directement au contraire on avait fait une grande consultation en revanche nous avons eu la crise des gilets jaunes qui avait débordé sur les lycées et dans ces moments-là il y avait eu finalement un maintien de l'ordre qui avait sauvé l'essentiel c'est-à
-dire
qu'il
n
'y
avait
pas eu de blessés parmi les lycéens et évidemment c'était le plus important mais je me garde bien de porter un jugement là-dessus parce que la critique est facile mais l'art est difficile Jean
-Michel Blanquer un dernier mot sur le livre que vous sortez cette semaine La démocratie et la fureur c'est aux éditions Plon alors vous pour analyser quelque part les ressorts de la conquête et de
l
'exercice du pouvoir par Donald Trump vous vous mettez dans la peau de Tocqueville est-ce que c'est d'abord l'analyse d'une démocratie qui dérive mais surtout est-ce qu'il faut y lire et je vous demande en quelques mots un avertissement pour la France
Oui
bien sûr et pour le monde vous savez il y a des choses dont nous jouissons comme l'air que nous respirons et nous pensons que nous les avons pour toujours ça est le cas de la liberté de la démocratie pour autant ce sont en fait les acquis des siècles nous sommes les chanceux d'avoir hérité la démocratie la république et parfois les gens ont l'impression que c'est des mots creux mais en réalité c'est quelque chose de très fragile et il y a une grande situation de faiblesse de la démocratie aujourd'hui parce que d'abord c'est les démocraties vis-à-vis des pouvoirs autoritaires on le voit bien avec certaines grandes puissances d'aujourd'hui mais c'est aussi à l'intérieur des démocraties parce que les non-démocrates utilisent des outils que les démocrates n'utilisent pas
et
bien ça sera à découvrir dans la démocratie et la fureur votre livre que vous sortez cette semaine merci beaucoup Jean-Michel Blanquer merci à vous c'est un ministre de l'éducation qui était le deuxième invité de ce grand jury bon dimanche à tous on se retrouve la semaine prochaine on
se retrouve
David Amiel