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interviewParti socialiste (sur YouTube)· 17 mars 2025 90 minAutoproduit

Idéologie, programme et langage de l'extrême droite : mieux connaitre pour mieux combattre

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

bien bonjour à toutes bonjour à tous euh merci beaucoup Nino et merci beaucoup à Sarah d'avoir proposé à la Fondation jeanjores d'être partenaire de cette journée on est ravi d'abord parce qu'évidemment ça fait sens d'autre part parce que ça nous permet aussi lors de cette table de mettre en lumière aussi un certain nombre de travaux euh publiés par la Fondation Sur évidemment le sujet du RN sur le sujet de de l'extrême droite euh notre table et je vais faire très court pour vite donner la la parole aux intervenants parce qu'on a déjà pris un peu de retard mais je vais m'arrêter moi au sous-tire euh parce que c'est ça qui va un peu structurer euh la conversation la discussion qu'on va avoir avec nos intervenants et qu'on va avoir avec vous dans quelques instants mieux connaître pour mieux combattre mieux connaître mieux comprendre ça veut dire quoi ça veut dire mieux connaître et mieux comprendre l'électorat du RN et l'électorat euh dont on peut considérer qu'il peut encore progresser dans les années à venir donc ça on va en parler à l'instant mieux connaître les raisons aussi multiples de la poussée du RN et de la poussée de l'extrême droite au cours des 15 et 20 dernières années je pense que c'est un un élément en tout cas important mieux comprendre aussi peut-être la responsabilité que les autres formations politiques et c'est pas un tabou d'en parler que les autres formations politiques et que la gauche aussi peut avoir dans la montée du RN et dans la pousser du RN ça veut dire aussi mieux connaître et mieux comprendre aussi ce que peut faire la gauche et ce que peut faire aussi un parti comme le PS pour éviter la progression du RN dans les années à venir mieux connaître et mieux comprendre c'est aussi mieux connaître et mieux comprendre la nouvelle donne de l'extrême droite et la nouvelle donne du RN dans cette are Trump 2 je pense que c'est évidemment un élément important qu'il faut avoir en tête ça doit obliger aussi à actualiser notre logiciel ça doit obliger aussi à actualiser la façon de combattre ce qu'on appelle l'extrême droite et ce qu'on appelle le RN donc tous ces éléments là ça va faire partie des sujets de de discussion avec aussi un élément je pense que mieux connaître et mieux comprendre notamment l'électorat je pense que c'est important parce que on doit répondre aujourd'hui à deux impératifs quand on s'intéresse à l'électorat du RN on sait on va en parler avec adelite tout à l'heure qu'une partie importante les classes populaires une partie importante de ce qui est considéré a priori comme le public auquel la gauche doit s'adresser à petit à petit basculer vers le RN je pense que c'est important de pas renoncer à les convaincre je pense que c'est important de pas renoncer à les faire revenir il y a de impératifs l'impératif d'abord électoral euh on ne peut pas espérer redevenir majoritaire si on délaisse cet électoral là si on d laisse une partie très importante de l'électorat en l'occurrence l'électorat populaire donc un impératif électoral et le deuxième impératif c'est un impératif moral on ne peut pas moralement euh délaisser les gens auprès de qui normalement on est censé faire de la politique auprès de qui normalement on est censé adresser nos propositions et donc ces deux impératifs là impératif électoral et impératif moral doivent nous obliger à continuer à s'adresser aussi à des gens qui soit sont déjà partis soit qui pourraient partir dans les mois et dans les années à venir donc mieux comprendre et mieux connaître pour mieux combattre c'est aussi parler de de ce sujet-là pour parler de tout ça euh je vais présenter rapidement nos nos intervenants adelit zulfi parcassic directrice générale de BVA xite euh adéid on a t'a notamment fait venir parce que tu es auteur avec Bass Massé qui est là et que je salue euh d'une note en septembre dernier pour la Fondation George Reis qui s'appelle vot RN comment casser la dynamique et euh tu avais également publié avec Christel crappely une petite note qui s'appelait les jeunes emmerd-til le RN quelques mois avant cela euh tout là-bas euh à l'extrême gauche euh absolument mais à mon extrême gauche à moi ce qui n'est pas anodin cher Antoine jardin Antoine jardin docteur en en sciences politiques co-directeur de l'Observatoire des radicalités politiques de la fondation jeanors en juillet dernier tu avais publié pour la Fondation une note qui s'appelait l'extrême droite nouveau centre de gravité de la vie politique française à côté d'adelaïd Raphaël yorka Raphaël tu es co-directeur de l'Observatoire marque imaginaire de la consommation et politique de la fondation georgeorès et pour le lien avec le sujet on te doit notamment la coordination du rapport sur la fièvre la série la fièvre série d'éic benzécr dans lequel une partie des sujets dont on va parler tout à l'heure était était présent on te doit en février 2022 la publication d'un petit essai à la fondation jeanoress et aux Éditions de l'Aube qui s'appelait les nouveaux marques les nouveaux masques pardon du du RN et les nouveaux masques de l'extrême droite et on te connaît aussi parce que tu as mis en place tu as lancé il y a maintenant 3 mois 4 mois une newsletter qui s'appelle lire les barbares qui consacre en tout cas en tout cas qui qui qui te permet d'analyser qui te permet de publier régulièrement des papiers sur des productions des livres des revues tu en parleras tout à l'heure qui sont publié et et diffusés par le RN et par l'extrême droite on te doit notamment un un papier très important et qui a été beaucoup diffusé sur le livre de Jordane Bardella un autre sur Philippe dev Villier enfin tu lis que des trucs sympas pour le coup et tu donnes à voir à ton public la façon dont il faut comprendre tout ça et la façon il faut décrypter tout cela et dernière intervenante Corine narassigin merci beaucoup Corine d'être avec nous Corine narassigin sénatrice de s Sand et tu vas nous apporter ton regard d'élu évidemment et d'élu local sur les sujets qu'on va aborder tout à l'heure on va démarrer avec toi adelit j'ai dit mieux comprendre mieux connaître pour mieux combattre peut-être avoir pour démarrer cette table ronde un premier état des lieux un premier aperçu de l'électorat de qu on parle quand on parle de l'extrême droite donc quand on parle en matière d'électorat quand on parle de l'extrême droite et je disais mieux comprendre et mieux connaître c'est aussi mieux comprendre les raisons pour laquelle aussi peut-être la gauche à euh délaisser un certain nombre de sujets qui parlent aujourd'hui aux électeurs de de l'extrême droite donc on va essayer de synthétiser tout ça en une dizaine quinzaine de minutes euh et je pense que c'est important de de démarrer avec toi c'est cet état des lieux mieux comprendre et mieux connaître entendu bonjour à toutes et tous et ravi d'être avec vous aujourd'hui merci pour l'invitation euh je vais essayer de ma casquette elle est aussi une casquette de sondeuse donc j'ai pas mal de données qui visent à transcrire la voix des Français la voix des électeurs du RN mais pas seulement je vais essayer de pas vous assommer de chiffres mais euh c'est important de revenir sur ces éléments et notamment effectivement comme l'a dit Jérémy la pour commencer peut-être la la sociologie euh Sarah kerich disait l'introduction a parlé de montée inexorable du RN je ne sais pas si elle est inexorable en tout cas elle est effectivement constante et soutenue depuis maintenant plusieurs décennies quelques chiffres quand même pour pour avoir en tête des proportions dont on parle alors cette évolution elle elle fluctue selon les élections et les type d'élection mais néanmoins si on se si on fait un bon en arrière de de 50 ans et qu'on se place à la présidentielle de 1974 Jean-Marie Le Pen au premier tour c'est moins de 1 % des suffrages et 190000 voix Marine Le Pen prier tour de la présidentielle 2022 on est à plus de 23 % des suffrages 8 millions de voix au premier tour et plus de 13 millions au second tour donc vous voyez bien effectivement ce dont on parle et cette progression elle va de per nécessairement enfin cette progression donc cette élargissement de l'assiette électorale si je puis m'exprimer ainsi elle va forcément de paire avec une évolution de la sociologie électorale puisqu'on touche de plus en plus d'électeurs euh si on on essaie de comprendre cette sociologie électorale en en regardant ce qui s'est passé lors des dernières législative on voit que le RN reste fort dans ce qui est devenu maintenant ses bastions traditionnels je pense notamment alors j'aime pas trop l'expression mais on va quand même le synthétiser ainsi les classes populaires euh lors des dernières législatives on était à plus d'un d'un ouvrier sur deux qui a voter pour le RN un employé sur deux donc on est vraiment à une personne sur deux dans les catégories sociales dites inf ailleurs mais le RN a confirmé son avancée dans des catégories qui qui ont été longtemps rétives au rassemblement national notamment les cadres les CSP+ on est désormais en législative on était sur un/4 des cadres ayant voté pour le rassemblement national ça c'est nouveau et c'est remarquable euh on parle tu parlais tout à l'heure de la note qu'on a écrit avec Christelle sur sur la jeunesse ça fait quelques temps déjà qu'on voit que il y a il y a différents types de jeunesse elle est la jeunesse elle est hétérogène et en terme de tranche d'âge ça fait un moment déjà qu'on observait une bascule des 25- 34 ans ceux qui sont dans la vie active qui sortent à des difficultés et qui étaient depuis un petit moment déjà en en grande partie à kyorn on voit aussi qu'on a même si les plus jeunes les 18 24 ans votent encore d'abord à gauche ils sont de plus en plus perméable au rassemblement national la seule catégorie en terme d'âge qui résiste encore ce sont les plus de 70 ans euh et cette résidence cette résistance elle est liée à des questions idéologiques et historiques mais on voit que le renouvellement des classes d'âge amoindr progressivement se rejet et pour le dire différemment il faut être de plus en plus vieux pour être vraiment imperméable au vot erraen et puis surtout on voit que comm on y reviendra plus tard quand on parlera des thématiques mais la question sociale elle entre de plus en plus en considération et elle vient travailler notamment C ces catégorie de retraité où les retraités appartenant plutôt au CSP moin bah votent de plus en plus RN donc on a ce sujet là et dernier point sur sur la sociologie électorale peut-être à avoir en tête c'est un élément important c'est ce qu'on appelle la fin du gender gap pendant longtemps c'était un le vote RN enfin le vote FN pu était un vote surtout enfin davantage masculin encore à la présidentielle de 2012 on observait un écart de 10 points entre le vote des femmes et le vote des hommes plus importants en faveur du RN c'est au dernier législative cet écart était quasiment complètement gommé euh voilà et là aussi on retrouve un paramètre social important que notamment Dona Mayer a mis en exerg qui est une forme de pro de TR prolétarisation merci c'est pire que mon de famille euh d'un certain nombre de femmes euh qui travaillent dans les métiers du soin notamment les l'aide à la personne et qui de plus en plus ont des difficultés sociales et se tournent vers le RN et puis dernier point puisqu'on parlait encore une fois de progression inexorable je sais pas si si elle est mais on a fait une étude donc l'étude que tu mentionnais à partir de laquelle on a fait une note avec bassemass on a posé une question sur voilà au français est-ce que vous avez déjà déjà vooté pour le RN est-ce que vous pourriez voter pour le RN et cetera 9 % des Français nous ont déclaré n'avoir jamais voté pour ce parti mais envisager un jour de de pouvoir voter pour lui à contrario seul 3 % déclaré avoir déjà voté pour lui mais vraiment de se projeter en ne votant ne plus en en ne revotant plus pour lui à l'avenir et si on additionne les 9 % qui imaginent pouvoir voter pour lui sans l'avoir fait jusqu'à présent les 33 % qui déclare avoir déjà voté pour le RN on voit qu'on est sur un potentiel alors c'est c'est c'est c'est juste du potentiel déclarat on est à 42 % des Français qui pourrai voter pour le RN donc on est effectivement encore sur une logique de progression alors pourquoi c'était la question que tu posait euh je vais pas pouvoir balayer toutes les raisons dans mais je vais essayer d'être d'aller vite sur les thèmes peut-être néanmoins rappeler deux éléments avant de parler des thématiques qui qui raisonnent dans cet électorat euh il il y a quand même un élément à avoir en tête c'est que l'un des ferments du vote pour le rassemblement national c'est le sentiment que les autres partis ont failli euh il y a vraiment un un sujet d'offre et de voilà de déficit d'alternative crédiible au rassemblement national euh et d'ailleurs les Français nous le disent quand on les interroge sur les raisons qui selon eux expliquent cette progression du RN ils citent en première raison la déception vis-à-vis des autres partis et notamment ceux qui ont déjà gouverné et qui n'ont pas été à la hauteur de leurs attentes ça c'est le premier point la deuxème raison massivement cité euh c'est la présidence d'Emmanuel Macron c'est Emmanuel Macron lui-même perçu comme descnectés des Français et cetera et qui a vraiment été qui est vu comme un un accélérateur du du vot terrain il y a un sujet d'offre politique on y reviendra avec les thématiques et un sujet de dédiabolisation c'est une entreprise qui a été initiée il y a longtemps et qui commence à porter ses fruits on voit que l'image du RN dans l'imaginaire collective chez les Français s nettement amélioré ces ces dernières années euh au-delà même de sa crédibilité sur un certain nombre de sujets euh et pas seulement ces sujets de pr élection on voit que enfin voilà le de plus en plus le parti est est perçu comme crédible en capacité d'adresser des dossiers de fond y compris maintenant de plus en plus sur des questions économique eu il y a vraiment une question de d'évolution de sa perception de de fond avec par exemple aujourd'hui 61 % des Français qui nous disent que le RN c'est un parti comme un autre il y a plus cette espèce de mise à distance et alors ça existe encore chez certains électeurs mais dans la dans la majorité des cas les Français considèrent que c'est un parti comme les autres que c'est un parti qui peut euh qui peut gouverner si on regarde le la dernière vague du baromètre de sur l'image du RN qui est réalisé par nos nos confrères de chez verriant c'est un baromètre qui existe depuis 40 ans il y a les mêmes questions qui sont posées depuis 40 ans donc c'est vraiment très révélateur en terme d'enseignement pour la première fois les Français dans la dernière vague sont plus nombreux à penser que le RN ne représente pas un danger pour la démocratie que l'inverse et pour la première fois encore ils sont plus nombreux à considérer le RN comme un parti qui peut pouvant participer à un gouvernement que le contraire donc on voit vraiment qu'il y a des évolutions très marquante et c'est ce qui explique d'ailleurs euh l'effritement progressif du Front républicain qui est encore assez présent à gauche mais on a vu que c'était moins le cas chez les électeur de droite alors sur la question des thématiques euh qui est qui est vraiment importante il y a il y a deux sujets dont dont j'aimerais parler sont des thématiques donc qui raisonnent chez les électeurs eren on va voir pas que pas seulement c'est aussi des sujets qui euh qui rigent l'ensemble des électorats et notamment celui de gauche il y a deux thématiques qui viennent se rencontrer qui est-ce que j'appelle d'un côté alors c'est pas moi qui l'appelle comme ça mais chématique en parlant de la peur du grand du Grand remplacement donc plutôt l'adhésion sur des sujets en lien avec l'immigration la sécurité et qui vient vraiment se s'entrechoquer avec la la peur du grand déclassement et les deux sont en fait très très liés si on reprend un comme point de départ les la hiérarchie des préoccupations des Français alors c cette hiérarchie elle évolue dans le temps dans la dans la durée au fil de l'actualité mais depuis quelques on va dire depuis un an ou deux on a un top 5 avec le pouvoir d'achat la santé et on on retrouve vraiment de manière assez constante la thématique de l'immigration la thématique de la sécurité qui avait un peu disparu des radars ou qui étaient en retrait mais qui ont vraiment fait une une remontée et sur ces sujets-là sur la question de l'immigration et sur la question de la sécurité très clairement dans l'esprit des Français en tout cas d'une majorité de Français le parti le plus crédible en terme de solution en terme de d'action possible c'est le rassemblement national et quand on teste toute une série de candidats potentiels à la présidentielle ou de personnalités politiqu c'est Marine Le Pen qui a paraît comme la plus crédible sur ces sujets loin devant tout autre donc c'est c'est le premier c'est le premier point et il faut savoir que un des grifs qui est fait notamment à la gauche qui est qui est rendu en partie responsable et c'était l'objet de la note qu'on a faite avec Bassem qui est rendu en partie responsable de la Moné du RN c'est que euh les Français en général mais une partie des électeurs de gauche aussi même si dans une moindre mesure ont le sentiment que la gauche ne s'est pas emparé de de ces sujets euh dans la note qu'on a réalisé en septembre 33 % des Français nous disaient la gauche ne parle pas suffisamment de sécurité 27 % la gauche ne parle pas suffisamment d'émigration et donc ce sont aux yeux des Français et des sympathisants de gauche des raisons pour lesquelles la gauche n'arrive pas à convaincre les classes populaires elle ne parle pas suffisamment d'immigration et de sécurité et ces résultats ils font écho à à un constat qu'on avait dressé dans une autre note que tu n'as pas cité qui s'appelait l'immigration ce grand tabout de la gauche où on voilà on on montrait qu enfin plusieurs résultats vraiment euh significatifs et qu'il faut avoir à l'esprit si vous prenez la question de savoir si pour les Français il y a trop d'immigrés en France aujourd'hui vous avez dû la l'entendre elle est posé régulièrement on est à peu près à au 2/3 des Français qui considèrent qu'aujourd'hui en France il y a trop d'immigrés cette ce qui était frappant dans la note qu'on a réalisé je crois il y a 2 ans c'était que cette progression elle est enfin c ce chiffre il est aussi en forte progression chez électeur de gauche on était à 48 % des fr des sympathisants de gauche qui nous déclaraient qu'il y avait il y a trop d'immigrés en France aujourd'hui un bon de 20 points par rapport à notre précédente mesure en 2018 donc il y a vraiment c'est un sentiment qui se diffuse de plus en plus dans l'opinion publique et pas seulement chez les électeurs du du RN et voilà et donc on a vraiment une des une des clés d'explication de la progression du RN c'est c'est l'incapacité des autres partis à répondre aux préoccupations des Français sur sur ces sujets et voilà et quand on questionne les électeurs notamment de gauche sur les sujets dont la gauche devrait s'emparer pour répondre aux préoccupations des électorats renes il nous répondent lutte contre les insécurités du quotidien immigration pouvoir d'achat on y reviendra et lutte contre l'islamisme donc il y a vraiment des attentes très fortes sur ces sujetsl et un sentiment que les autres parties et en parti la la gauche on ont pêché et dernier point donc c'est c'est cette articulation que je voulais faire entre la peur du grand remplacement et celle du du Grand déclassement quand on creuse cette question de de l'immigration pourquoi est-ce que ça pose problème de plus en plus à une voilà à de plus en plus de français on voit qu'il y a différents registres qui structurent cette C voilà ces préoccupations autour de l'immigration il y a ceux qui nous disent très clairement sans ambage il y a trop d'immigrés en France aujourd'hui il y a ceux qui nous disent de façon un petit peu plus nuancé en fait la France n'a pas les moyens d'accueillir tous les immigrés il y a ceux qui nous disent que l'immigration la cause de plein d'autres mots notamment l'insécurité et cetera et puis à ceux qui nous disent et c'est làdus j'aimais m'attarder que les immigrés finalement jouissent de trop de droits en tout cas de plus de droits que que les Français eux-mêmes j'imagine que c'est des choses que vous devez voir vous sur le terrain qu'on vous remonte régulièrement et donc derrière ce dernier registre on perçoit chez de nombreux Français on creux un sentiment d'injustice en fait le problème selon eux ce n'est pas tant que les immigrés a accès à des aides euh c'est vraiment c'est plutôt que ça se fasse au détriment des des Français et ils ont un sentiment du coup d'injustice pour ne pas dire d'abandon je vais vous citer quelques Verbatim tiré des des d'enquêtes qualitativ mais qui peuvent être tout à fait des choses que vous pouvez entendre vous dans euh dans dans vos territoire on nous dit mieux vaut être immigré en France que français on a plus d'aide plus de droit quand on est immigré il y a trop de personnes en en irrégularité sur le territoire qui viennent juste profiter des aides données sans rien en retour alors que nous on travaille et on n pas le droit à toutes ces aides donc il y a vraiment ce sentiment d'injustice qui se mêle à un sentiment parfois d'abandon de dégradation des services publics et donc en en les électeurs ne comprennent pas pourquoi on n' pas les moyens d'entretenir le service public de l'école de donner accès à chacun à des des services de santé dans de bonnes conditions et que ils ont le sentiment qu'on injecte de l'argent pour aider des gens enfin qui viennent de l'immigration et et qu'on ne les aide pas donc ça ça leur confère un sentiment de déclassement collectif qui est nourri aussi par un sentiment de déclassement individuel c'est là qu'entre en en lisse la préoccupation de pouvoir d'achat donc c'est c'est un autre thème très fort du RN que Marine Le Pen a su crané très vite la thématique du pouvoir d'achat elle a pas été toujours présente dans les dans le top 5 de la des préoccupations des Français euh 10 ans en arrière elle n'était pas du tout présente mais elle est monté à bas bruit et elle s'est imposé progressivement comme la préoccupation numéro 1 à la fin de l'année 2021 automne 2021 euh et Marine Le Pen très vite s'est emparé de ce sujet et est apparu comme vraiment la candidate du pouvoir d'achat lors de la dernière présidentielle euh mais on voit bien qu'il y a une espèce de conjonction de ces différentes préoccupations ce ce cette peur du déclassement individuel nourri par la crise du pouvoir d'achat qui vient se mêler à un sentiment de d'abandon de l'État d'injustice et avec ce sentiment que ça se fait voilà que les français sont abandonné au profit des d'autres populations et donc tout ça est très très lié et en fait la force du RN c'est d'avoir fait un petit peu de l'immigration sa sa matrice d'analyse globale on voit bien qu'en réalité ce que nous disent ces électeurs quand il quand ils expriment toutes ces craintes c'est plutôt une demande de sociale une demande et et je pense du coup qu'il y a vraiment un espace à prendre pour la gauche mais voilà il faut à la fois s'emparer de ces questions économique et social pouvoir d'achat servicees public territoire mais ne pas avoir peur d'aborder frontalement les les questions d'immigration les questions de sécurité et ne pas laisser C ces thématiqu là à la droite à l'extrême droite euh je crois que j'en ai fini sur les sur les thématiques merci beaucoup c'était un peu schématique et au pas de charge mais c'était non non c'était super c'était super c'était très bien d'introduire je crois à la fois la journée la matinée et la table ronde avec l'intégralité de ces éléments là ça nous donne honnêtement une image à la fois fois synthétique assez fine quand même de beaucoup beaucoup d'enjeux Antoine j'aimerais te faire réagir sur un des élément je vais te faire réagir sur deux trois points donc garde du souffle pour les deux trois autres questions que je vais te poser un des éléments sur lesquels j'aimerais te faire réagir dans le sous-titre il y a mieux combattre mieux comprendre pour mieux combattre mieux combattre c'est pour éviter que le RN soit majoritaire et en gros fasse 50 + 1 au second tour d'une élection présidentielle c'est quoi aujourd'hui les marges de progression du ARN d'un point de vue de la sociologie électorale pour atteindre justement ces 50 + 1 ah c'est une très bonne question parce que 50 + 1 en général c'est 50 + 1 des suffrages exprimés donc des gens qui sont allés mettre un bulletin avec un choix politique dans l'urne et on évoquait tout à l'heure le fait que dans les enquêtes on trouvait un potentiel autour de de 45 c'est pas tout à fait étonnant puisque si vous regardez le 2è tour de la présidentielle de 2022 on est déjà à 42,5i % des suffrages exprimés 27,5 % des électeurs inscrits ça veut dire quoi ça veut dire que plus d'un/art des gens qui ont leur nom sur des listes électorales en France ont déjà mis un bulletin dans l'URE de Marine Le Pen et ça ça change fondamentalement la donne parce que ça veut dire que c'est un comportement qui a déjà existé chez un nombre vraiment important de français euh parfois qui a existé chez des gens qui ne se sentent pas du tout d'extrême droite qui ne se revendiquent pas d'extrême droite mais qui se sont dit plutôt Marine Le Pen qui Emmanuel Macron et cette dynamique là elle change le rapport à ce parti à ses candidats et elle vient ancré non seulement dans les idées mais aussi dans les pratiques la potentialité à voter pour l'extrême droite et si on regarde ce qui a été la stratégie historique du RN depuis que Marine Le Pen est arrivée à la tête du parti en 2011 ça a toujours été la même ça a toujours été le fait de dire on veut garder nos électeurs traditionnels et on veut élargir autour de ces électeurs traditionnels un cercle qui s'accroit et on va vouloir fidéliser nos électeurs et donc la stratégie du RN ça a toujours été d'aller chercher au plus proche au contact de gens qui votent déjà pour le RN de nouveaux électeurs qui vont s'insérer dans des réseaux d'amitié des réseaux familiaux des réseaux de vie au travail et et on va consolider comme ça progressivement cet électorat donc d'avoir cette enveloppe de personnes qui ont déjà voté au moins une fois dans leur vie marine Le Pen ça leur fait un socle dans lequel ils vont chercher à progresser et ça c'est la dimension fondamentale je crois que ce qui est extrêmement important dans la réflexion deux choses qui m'ont qui m'ont beaucoup intéressé la première c'est que nous on dit on fait plein de sessions sur le sur l'extrême droite et on dit il faut mieux comprendre pour mieux combattre et en fait quand on regarde ce que font les partis d'extrême droite ils font pas des sessions sur la gauche mieux comprendre pour mieux combattre et comment éviter la progression ils disent qu'est-ce que nous on pense comment est-ce qu'on avance nos pions mais ils passent pas leur vie à dire qu'est-ce qu'il faudrait faire qu'est-ce qu'il font les autres et cetera et qu'en fait c'est aussi une question qu'il faut se poser parfois c'est-à-dire que la dynamique du vote pas d'extrême droite c'est pas que dire du mal de l'extrême droite c'est aussi avoir des forces politiques à pososer en face et je pense que c'est un des grands enjeux un deuxième grand enjeu qui vient avec ça et je pense que c'est une difficulté depuis une cinquantaine d'années à gauche mais qui s'est aggravé depuis depuis ces ces dernières années depuis 2022 notamment c'est quand même une croyance largement fausse qui qu'il y a beaucoup d'électeurs qui passent de la gauche à l'extrême droite et viceversa s'il y a des gens qui vont reprendre des voies à l'extrême droite ce sera pas la gauche d'accord et vous avez besoin d'avoir en fait une droite parlementaire forte qui est capable de tenir son terrain et de pas s'effondrer face à l'extrême droite on en parlera tout à l'heure à partir de l'exemple américain mais ce qui s'est passé aux ÉtatsUnis c'est exactement ça vous avz un effondrement de la droite parlementaire traditionnelle qui a été absorbé par l'extrême droite de tout le mouvement Maga et l'entourage de Donald Trump et ce qu'on voit arriver en France depuis 2011 c'est la même chose c'est l'effondrement de l'UMP Nicolas Sarkozi avec toutes ces ramifications judiciaires politique financière et cetera qui tombe progressivement comme un caillou au fond de la rivière et cet électorat il devient un réservoir privilégié pour la croissance du vote d'extrême droite c'est d'abord dans cet électorat là qu'on a un réservoir pour l'extrême droite et c'est d'abord dans cet électorat là qu'en fait on a un problème politique de savoir comme ils vont pas voter pour la gauche qu'est-ce qu'ils vont faire et quand ils sont placés face au choix de l'extrême droite ou pas l'extrême droite de quel côté il tombe et donc est-ce qu'on est capable d'avoir un petit tit peu de capacité à ramasser des électeurs qui viennent de la droite parlementaire traditionnelle dans des duels contre l'extrême droite alors c'est une question qui s'est posé dans plein d'élections territoriales je pense notamment législatif quand il y a des duels extrême droite contre quelqu'un d'autre qu'est-ce qu'on fait c'est ce qu'on a vécu l'été dernier et je pense que c'est une question qui va largement se poser dans les municipales et en fait elle va pas tant se poser dans les grandes villes parce que l'extroite n'est pas très forte dans les grandes villes pour des raisons sociologique mais dans plein de villes de taille intermédiaire c'est une question qui va se poser et il y aura beaucoup d'endroit roit où ce sera également un enjeu pour savoir comment est-ce qu'on fabrique les listes dans toutes les petites communes où il y a un mélange de sans étiquettees extrême droite et cetera et on va voir sans doute beaucoup de mères qui auparavant avent des étiquettes partisanes dire moi j'ai vu que Marine Le Pen a fait 55 % chez moi cette fois-ci j'irai sans étiquette et là ce sera des enjeux aussi très important pour le le poids de la vie politique locale un des éléments dans la présentation à delit c'était pour le moment la assez grande perméabilité des seniors des retraités vis-à-vis du RN vis-à-vis du vote extrême droite je sais que pour toi c'est là potentiellement la marge de progression et c'est là stratégiquement l'électorat vers lesquels potentiellement ils iront dans les prochaines semaines dans les prochains mois avant la prochaine présidentielle ouais il y a de marches de progression alors historiquement en réalité la population des 70 ans et plus d'aujourd'hui hein les cordes qui ont aujourd'hui 70 ans et plus c'est la la population qui est la plus clivée sur la question de l'extrême droite parce que c'est des gens qui ont vécu l'extrême droite traditionnelle de Jean-Marie Le Pen qui ont vécu la croissance du RN et qui ont connu un monde politique dans lequel l'extrême droite était minoritaire et largement rejeté donc pour les gens qui se sont construit un rapport politique dans cette périodelà il y a encore une barrière à aller voter pour l'extrême droite c'est pas du tout le cas pour les nouvelles générations pour lesquelles en fait on l'a vu tout à l'heure le RN n'est plus un parti d'extrême droite dans leur perception il y a peut-être quelques exagérations ici et là mais la vraie extrême droite en gros c'est Eric Zemour c'est peut-être Donald Trump c'est peut-être d'autres partis ailleurs en Europe mais bon le Ren c'est pas des gens extrémistes d'accord c'est ce qui fait que beaucoup de gens qui n'ont pas des idées autoritaires en fait vot pour extrême droite et on a un paradoxe à travers les générations on a des générations âgées qui sont plus souvent hostille à l'immigration plus souvent hostile au liberté sexuelle plus souvent autoritaire mais qui votent moins pour l'extrême droite et les nouvelles générations qui sont plus ouvertes sur tous ces systèmes mais qui sont davantage capables de d'envisager le vote pour l'extrême droite donc il y a une tension entre les représentations les attitudes les opinions d'un côté et les comportements de vote dans l'autre qui sont à front renversé à travers les générations il y a deux dynamiques principales de croissance du R il y a cette dynamique qu'on a évoqué tout à l'heure de récupération d'un électorat de droite traditionnel il y a une dynamique de banalisation auprès de la jeunesse et on voit dans les jeunes génération des gens qui sont pas idéologiquement d'extrême droite mais prêts à voter pour elle ou ses candidats donc tout ce qui a été la banalisation la normalisation du V Jordan Bardella la communication internet et cetera et puis du coup vous avez chez les groupes les plus âgés un réservoir de gens qui se disent bah en fait mes enfants mes petits- enfants mes neveux mes nièes il votent Marine Le Pen moi on m'a toujours dit que c'était pas possible en fait peut-être que si c'est possible et si eux ils trouvent ça cool pourquoi pas donc on voit bien qu'il y a ce bastion qui a été un bastion un peu historique et même si on regarde le vote Macron 2e tour de 2022 il dépend énormément d'un vote massif de ces plus jeunes générations contre Marine Le Pen mais c'est un vote qui s'étiole en tendance et qui reste un espace de croissance après une question territoriale derrière aussi qui est toute la question des zones périurbaines et des zones marginalisées dans le rural où là encore on a en fait faute d'opposition des extrêmes droites qui s'encrent durablement dans l'une des enquêtes que cité adelaï quand on interrogeait le grand public la population sur les raisons pour laquelle la gauche avait petit à petit perdu une partie importante des classes populaires un des éléments qui revenaient c'était la gauche ne parle pas suffisamment de sécurité c'est un sujet que tu as beaucoup travaillé ça a été l'objet de beaucoup d'enquêtes de ta part est-ce que stratégiquement c'est efficient en effet de réactualiser une part de logiciel sur ce sujet et est-ce que c'est électoralement gagnant c'est un bon sujet parce que en fait est-ce que ça marche est-ce que ça marche pas c'est une question de temporalité par exemple l'extrême droite c'est parce qu'ils ont fait 50 ans la même chose et qu'ils ont perdu pendant 50 ans que aujourd'hui ça commence à marcher donc faut être prête à se dire on attaque des sujets et peut-être ça marchera que dans 30 ans ce qui est très dur à accepter pour un parti politique puisque les prochaines élections c'est maintenant et donc la tendance des partis politiques c'est que quand on commence à perdre c'est les espaces où on résiste qui deviennent importants dans le parti qui deviennent important dans la stratégie et qui deviennent important dans le discours donc on a tendance à couper les parties où on se dit bah on va pas y arriver tout à l'heure on parler du Var bon ben ça va être dur demain d'aller gagner le Conseil général du Var alors voilà qu'est-ce qu'on va faire bon et du coup on voit bien l'enjeu de pouvoir continuer à s'implanter continuer à travailler dans des territoires dans des groupes sociaux où on sait que c'est pas pour tout de suite mais si on veut pas abandonner la partie il faut le faire des maintenant donc c'est ça un peu à mon avis l'U qui est derrière très important je pense que la question de la sécurité est en fait une question à beaucoup de facettes et dans la grille de lecture il y a la question de est-ce qu'on en parle oui ou non et ça je pense que c'est une lecture qui est vraiment beaucoup trop simple en fait ce qu'on voit sur la sécurité c'est qu'il y a trois facettes dans le rapport à la sécurité il y a le fait d'être victime donc les gens qui disent je me suis fa cambrioler je me suis fait agresser dans la rue et cetera ou de connaître quelqu'un dans son entourage qui a été victime ce qui est beaucoup beaucoup beaucoup plus fréquent et qui rentre en fait dans l'expérience de la sécurité des personnes il y a le fait d'avoir peur et il y a beaucoup plus de gens qui ont peur que de gens qui sont victimes mais des gens qui disent j'ai entendu dire que dans le quartier dans la rue dans mon entourage des enfants de mes amis et cetera et cetera donc la peur elle devient une expérience sociale beaucoup plus large que le fait d'être victime en tant que tel et puis il y a une troisième chose les gens à qui il n'arrivent rien ils n'ont pas de problème ils n'ont pas peur mais ils sont préoccupés parce qu'ils savent qu'il existe ailleurs dans la société des phénomènes de violence des phénomènes qui leur paraissent menaçant des situations dans le quartier ou la ville d'à côté qui leur paraissent pouvoir arriver dans leur lieu de résidence et donc cette préoccupation elle est largement indépendante du vécu de la sécurité mais elle compte énormément dans le rapport aux politiques et je je crois que ce qui est très important c'est de pouvoir déjà présenter les choses et je vais le dire d'une façon un peu un peu brusque mais un certain nombre de collègues parfois qui disent bon benah comme l'insécurité on la mesure bien à peu près et qu'on sait qu'elle a pas vraiment augmenté alors tout va bien c'est comme si on disait bon le chômage il est à 10 % il a pas vraiment augmenté donc on est bon voilà ça moi ça me paraît un peu dangereux et je pense qu'il y a un vrai argumentaire qui est c'est pas parce que le narratif d'extrême droite est faux que il y a pas un sujet à atteindre et en fait peu importe la réalité sur ces sujetsl de la victimation ou des peurs c'est il faut adresser les perceptions des individus sinon on fait plus de politique et donc la capacité à prendre en charge ces questions et avoir une réponse qui est une réponse crédible et pas seulement une réponse de principe du genre voilà ce qu'il faut en penser théoriquement et voilà comment est-ce qu'on va faire en pratique c'est un sujet extrêmement important et c'est un sujet particulièrement important dans les espaces où il s'agit pas seulement de gagner des nouveaux électeurs mais il faut arrêter d'en perdre et donc je pense que c'est aussi une logique défensive d'être capable de neutraliser des terrains sur lesquels c'est pas forcément des lignes de force mais on veut pas que ce soit des de faiblesse merci beaucoup Antoine on reviendra je pense vers toi tout à l'heure pour la partie question raphaë je me tourne vers toi je disais dans l'introduction mieux comprendre mieux connaître c'est aussi mieux comprendre l'extrême droite dans la nouvelle ère qui est la nôtre la nouvelle è c'est Trump 2 en quoi ça doit nous obliger à actualiser le logiciel en quoi ça doit nous obliger à actualiser aussi les stratégies de combat en quoi ça do nous obliger à à actualiser aussi le combat culturel vis ave du de l'extrême droite je crois que là on est dans un moment où une part du logiciel eff fait être actualisé pour part en tout cas il y a des dimensions historiques des dimensions classiques qu'on a abordé et qui restent importantes et et qui demeurent évidemment dans l'analyse de extrême droite mais je crois que là on est dans un moment quand même nouveau qui nous oblige à regarder tout ça avec quand même des nouveaux yeux bah absolument bonjour à tous sauf coup de théâtre on est à à 2 ans de la prochaine élection présidentielle ce matin on a beaucoup parlé élément de structure électoral en terme de comportement d'expérience moi il me semble qu'il y a un risque qu'il faut tout de suite identifier c'est de projeter que 2027 serait au fond la même bataille politique que celle qui se sont déroulé dans les élections présidentielles précédentes vis-à-vis de l'extrême droite précisément parce qu'il me semble que ce qui est en train de passé aux États-Unis euh comporte un certain nombre d'éléments de rupture alors il faut être et je vais l'ettre très modeste et très prudent parce que en fait la photo elle est pas nette du tout elle bouge tous les jours moi tous les matins je me réveille j'apprends les C dingrés de la veille et qui change déjà la situation par rapport à 2 jours avant mais voyez je pense que certains d'entre vous onont la même expérience matinale donc en étant très prudent sur l'état des rapport de force il me semble qu'il y a un certain nombre de choses qui se passent aux États-Unis qui sont en train de faire bouger des ligne au sein de l'extrême droite française en fait c'est ça qui m'intéresse euh de vous présenter ce matin euh c'est les effets de Trump 2 parce qu'on s'est tous rendu compte que la contrairement à ce qui se passe dans les séries dans les films la saison 2 est en rupture nette par rapport au à la première saison les effets de Trump 2 sur l'extrême droite française et je vais m'efforcer de d'être autant que possible combatif voir plutôt le verre à moitié plein qu'à moitié vide parce que je pourrais et ma tentation de grand pessimiste m'y entraînerait très largement je pourrais vous faire la liste et la litanie d'exemples et de raisons pour lequel ce qui est en train de se passer aux États-Unis va irrémédiablement inexorablement pour reprendre t adjectif de tout à l'heure Sarah euh faire tomber un certain nombre de domino d'ici 2 ans bon moi il me semble et je vais prendre à dessin ce parti prix ce matin devant vous que ce qui se passe aux États-Unis pose des problèmes à l'extrême droite française en tout cas fragilise certains de ses acquis et certaines de ces façons de faire et sur lequel il me semble qu'à gauche on peut mettre le doigt dessus et pourquoi pas appuyer leur faiblesse il me semble qu'il y a trois éléments de fragilité et c'est le ce plan que je vais ce matin un élément de stratégie politique sur le rapport la radicalité premier point deuxièmement en terme de politique publique et le rapport à l'État et la puissance publique et troisème point en terme de doctrine politique à savoir le rapport au patriotisme il me semble que sur ces trois points là il se passent des choses profondes et je vais essayer de vous vous le montrer alors premier point de stratégie politique sur le rapport à la radicalité je vous refais pas le dessin Trump 2 en tout cas c'est mon analyse à moi moi c'est pas juste une un changement de degré par rapport à Trump 1 c'est un changement de nature très profond qui d'ailleurs a surpris y compris les observateurs les plus avisés qui avait suivi quand même tout ce qu'il avait dit pendant la campagne il y a quand même dit un certain nombre de dingerie mais au fond il y avait toujours cette idée sur laquelle il ne ferait pas forcément tout ce qu'il a dit et puis d'ailleurs il a rajouté un simple d'élément qui n'ait pas du tout dont il nit pas du tout parler pendant sa campagne il y a une stratégie de la radicalité qui passe à la fois sur le fond c'est là la changement de nature c'est qu'on est vraiment en face d'une cont révolution un certain nombre d'historiens je pense à à à Timothy Schneider qui a parlé d'un retour enfin d'une forme de nouvelle d'un fascisme américain donc je trouve que c'est un point quand même extrêmement intéressant à souligner et ensuite sur la forme je disais tout à l'heure avec cette façon de faire qui n'était pas exactement la sienne en entre 2016 et 2020 c'est-à-dire d'annoncer tous les jours deux trois points et deux trois mesures deux trois prises de position extrêmement radical et qui en fait fait que l'opposition en face alors la gauche américaine en parl même pas c'est vrai qu'elle elle est étonnamment absente mais même en tant qu'analyste de l'autre côté de l'Atlantique on se trouve bien en peine d'attraper tous les ballons je vous donne juste un dernier exemple que j'ai lu ce matin sur Twitter j'apprends que Trump dans une déclaration de presse dans une conférence de dans un je sais pas si céit une conférence de presse d'ailleurs mais en tout cas il parlait à des journalistes a dit la chose suivante CNN 97 % de ses propos sont contre moi c'est-il légal il faut interdire CNN bon voyez évidemment le chiffre de 97 % il en a l'habitude il vient de l'inventer mais voyez là ça y est il commence à à s'attaquer au médias qui lui serait pas àquis bon donc on a compris merci la précision très bien absolument merci pour le le complément qui agrave enc son cas alors Trump stratégie de la radicalité moi ce qui m'intéresse c'est que précisément ça vient heurter frontalement ce que a dit adelï tout à l'heure c'est la stratégie de dédiabolisation de Marine Le Pen depuis 2011 c'estd que toute la stratégie de l'extrême droite française version rassemblement nationale ça a consist à dire on va essayer de faire la force cent tripète en physique rappelle les cours de physique force centripè c'est on par on parle de la marge et on essaie de retourner vers le centre c'est ça tout ce qu'on a appelé la stratégie de la cravate à l'Assemblée vous avez tous suivi le les épisodes précédents bon et donc là moi ce qui m'intéresse c'est que ça pose des questions de Dilemme stratégique parce que le RN se pose quand même la question et d'ailleurs ça explique les raisons pour lesquell ils sont quand même extrêmement prudents dans la période Marine Le Pen en fait on elle a quasiment disparu du paysage elle a fait une longue interview dans le Figaro surtout sur la situation internationale mais on voit bien que elle-même se pose un certain nombre de questions de positionnement vis-à-vis de cette nouvelle donne radical parce que on et moi qui suis beaucoup l'extrême droite dans ses publications dans ses il y a une énergie il y a une je vais même utiliser un terme psychanalytique il y a une libido radicale on le sent ça frétille non mais sincèrement on parlait tout à l'heure avant d'entrer sur scène de delleuse et gatari ils avaient une formule que je trouvais géniale dans antiudip il disait vous savez au sens propre Hitler faisait bander les fascistes et je pense que c'est exactement ce qui se passe avec Trump et il faut le prendre au sérieux c'està-dire que il y a une il y a une énergie que l'on sent chez les militants alors duurn alors l'état-major voit bien ça il y a des remontées et donc ça leur pose un certain nombre de dilemmes stratégiques et le moment où ça s'est vu de façon publique c'est le voyage totalement foireux de bardela à Washington que Bardella on le dit jamais assez à mon avis mais qui quand même beaucoup plus radical que Marine Le Pen sur tout un tas de sujets qui le masque tant qu'il peut joue la carte transatlantique va à Washington lors d'un grand congrès avec tous les conservateurs et cetera et fait piteusement demi-tour parce que Steve Bannon fait son fameux je vais pas le faire devant vous fait son son son salut nazi bon et là c'est intéressant parce que Banon va le traiter de petit garçon va lui dire que en gros et je reprends ces mots he il n'a pas les couilles d'être vraiment d'extrême droite donc ça veut dire qu'il est mis en porte à fau vis-à-vis de sa propre famille politique élargie qui est l'extrême droite internationale et donc ça je trouve que c'est un point très important c'estd que au fond jusqu'à présent le RN est en situation d'être un peu à l'écart je dirais pas isolé mais à l'écart vis-à-vis de ce que déclarait Emmanuel Macron et je trouve que sa formule est très bonne de cet internationale réactionnaire qui est en train de se constituer on voit bien que les mélonies les Mill sont beaucoup plus proches de Trump et mus que le sont que ne l' l'étatmajur du RN bon toute la question est de savoir si vis-à-vis de cette cette cette radicalité nouvelle aux États-Unis est-ce que ça ringardise le RN qui se ferait dédoubler peut-être par sa droite ou est-ce que au contraire ça les centrise je vais oser ce ce ce au fond ça les fait apparaître en prenant la distance avec ce qui passe avec Trump ça l' fait apparaître comme justement bah nous on est une droite beaucoup plus chirakienne ils ont osé ce type de stratégie pour législative he on est au fond le nouveau RPR et toute cette Radic radicalité nous intéresse pas mais ce n'est pas sans risque c'est là où je veux en venir donc c'est un vrai dilemme stratégique qu'è l'énergie la libido radicale dont je vous parlais à l'instant alors je sais pas si ça all ringardise ou si au contraire ça les ça les fait paraître plus cent Trux en terme de baricentre je constate en tout cas que ça fait réémerger les Identitaires qu'on avait fait à mon avis qu'on a trop tôt fait disparaître du paysage Éric Zemour a fait un score bien en de ça de ce qu'il espérait et de ce que laissait apparaître les sondages à l'automne 21 donc ce score à l'élection présidentiel 7 % autour de 78 évidemment législative 0 la tête à totau Z0 députés bon ce qui m'intéresse c'est que dans cette période de retour la radicalité on voit du Sar NAFO qui réémerge on voit du sirianuna qui réémerge sur une ligne en fait Trump musque trusque certains ont inventé ce ce nélogisme et ils le font sur quelle ligne et ben c'est mon deuxième point les transitions sont bien travaillé ils le font sur la question du rapport à l'État et c'est mon deuxième point parce qu'il me semble que ce qui est en train de se passer aux États-Unis pareil heurte frontalement le logiciel de politique publ installé par le RN depuis l'air Philippo à savoir le RN se construit sur une doctrine de retour d'un État fort d'une puissance publique de service public et on connaît tous les études tel gare qui ferme tel bureau de porte qui ferme entraîne mécaniquement enfin statistiquement statistiquement une hausse du vote eren dans les territoires quand on regarde dans les focus group tu tu me dis si je me trompe dans les focus groupes les électeurs RN parle beaucoup de ça aussi il parle bien sûr d'immigration il parle bien sûr de d'insécurité il parle aussi de d'une d'une perception mais aussi d'une réalité d'un éloignement et d'une disparition des services publics euh bon ce qui se passe aux États-Unis c'est un mouvement euh radicalement différent enfin là c'est l'opposé total c'est que musk à la tête du doge est en train d'inventer alors Rane à côté c'était un petit garçon quoi c'est-à-dire que là il est en train on n'est même pas dans le néolibéralisme on est dans une nouvelle doctrine qui était encore pas si longtemps que ça to tout à marginal qui aujourd'hui en train de prendre la tête de de la puissance américaine savoir le libertarianisme réussi à prononcer et deuxième point et j'insiste sur truc parce que je l'ai découvert il y a quelques mois et en fait j a repensé en en préparant ce ce matin ça correspond à et là on va on va on va reboucler avec ce que je vous raconé sur l'énergie radicale la libido radicale une étude américaine il y a quelques mois a mis au point une nouvelle catégorie psychologique d'individus qu'ils ont caractérisé par je cite le need for chaos le besoin de chaos ce sont des individus qui répondaient massivement à des affirmations du type le système ne peut plus se réformer il faut tout péter des choses du type je prend beaucoup de plaisir lorsque le personnel politique en général est en difficulté à des scandale et c'estd au fond une tentation du chaos donc là c'est le cran au-dessus du dégagisme c'est au fond il faut tout péter tout faire brûler pour reconstruire quelque chose d'autre ils estimaient ce potentiel dans l'étude il y a quelques mois autour de 20 % la population américaine qui au fond était tentée par cette rad ce besoin de chaos bon au fond musk obéit à ça et c'est ce qu'il c'est c'est c'est ce qu'il fait au fond tous les jour avec ses coupes massives à la tronçonleuse he son son AlterGo argentin c'est exactement la même solution alors là ce qui est intéressant pour nous à gauche c'est qu'il y a un énorme risque pour l'extrême droite d'être en contradiction avec leur électorat et c'est ce qu'a très bien compris un historique du trumpisme Steve Bannon celui qui a fait le salut fasciste Steve Bannon dans une longue interview ou plus plus exactement dans un long podcast retranscrit par le New York Times en fait a explicitement et très radicalement pris position contre musque contre Trump 2 le raisonnement étant le suivant Banon disant je suis un trumpiste historique je suis le populiste de 2016 je sais pour qui je me bats je me bats pour l'ouvrier du Michigan je me bats pour le chômeur de la rosbell c'est tous ces dectorat là qui a qui est à l'essence à l'origine du trumpis numéro 1 il a cette phrase que je trouve géniale en parlant de musk et consort j'ai fait la traduction juste après sauf si vousavez déjà dans vos oreillettes en direct when it comes to the little guys they are not with us maloitement traduit quand on parle des petites gens en fait ces gens-là ne sont pas avec nous c'est qu'ils ont il a tout de suite mis le doigt sur la contradiction sociologique majeure de Trump 2 à savoir tout ce qui est en train de faire musk en terme de rapport la puissance publique de coupe brutale dans tout un tas de trucs en fait ils sont en train de se Siller la jambe c'est c'est l'analyse en tout cas de St Banon et il me semble que c'est précisément sur cette ligne là pas épouser du Banon c'est pas le sujet mais Banon l'a compris dans son propre camp il me semble là que c'est un angle d'attaque énorme et que plus que jamais la gauche doit s'emparer chez services public je sais que m'avez pas attendu pour le faire mais voyez là il y a véritablement une brèche une différenciation stratégique de politique publique au sein d'extrême droite et il faut appuyer dessus il me semble que là ce rapport à l'état c'est intéressant et dernier dernier point rapidement de doctrine politique de patriotisme le RN ces dernières années s'est construit une vision des relations internationales qui est allé jusqu'à réemprunter la formule du golomitérandisme nous sommes les les descendants j'en sais rien mais au fond les les successeurs d'une voie de la France indépendante équilibrée qui parle sur la scène internationale bon là ce qui est en train de se passer on voit bien ils sont pris à revers totalement on et alors je suis peut-être optimiste en disant ça mais Trump peut être à Marine Le Pen en 25 ce que Poutine a été à Zemour en 2022 c'est-à-dire qu'on a tout un tas de déclarations inamouré de Marine Le Pen et qu' sort sur Trump est formidable Trump parle au peuple Trump ceci Trump cela bah là le truc s'est retourné et on voit bien qu'ils sont très mal à l'aise Jordan Bardella sur Inter la semaine dernière bon il y acisément langage il est très bon à l'oral et cetera malheureusement les journalistes en face sont pas assez pouchis il est à poil il est totalement à poil et ils le savent donc sur cette question du patriotisme bah en fait il y a la thématique pardon de le dire comme ça et je suis le premier à faire attention parallèle historique et cetera mais au fond s'il faut y aller un peu salement et faire du mettre du rouge c'est la thématique des nouveaux collabo c'est de ça n-til les question en réalité et se ressaisir de cette question du patriotisme à gauche avec au fond cette idée de savoir en fait les intérêt de la France sont en jeu et presque si je pousse le raisonnement jusqu'au bout indépendamment de la grille lecture idéologique en fait simplement sur cette grille lecture stratégique d'intérêt de la France et ben en fait on ne peut pas s'aligner avec le trumpisme avec ce qui se passe aux États-Unis alors que faire très modestement quelques recos euh et de là où je parle évidemment c'est très simple hein bon enfin c'est plus simple de de de vous donner quelques éléments bon je pense qu'il faut travailler ces trois points radicalité puissance publique patriotisme sur la question de la Radic ité je pense sincèrement que il y a un boulevard pour que le Parti socialiste invente une sorte de troisème voix sur la radicalité qui ne soit ni je commence par C parti-là par cette extrême là ni une synthèse très molle au fond la réforme amendée ni la radicalité et les fill euh avec deux points jamais de radicalité sur la forme ça c'est ce que nous ont appris la période 2022- 2024 toutes les études l'ont montré la radicalité sur la forme ça déplaî ça fait peur ça éloigne donc jamais radicalisé sur la forme quand on est élu quand on est sur le terrain et cetera en revanche et c'est là où je trouve que c'est fertile choisir ces champs de radicalité il y a des choses à inventer et il faut pas faire la radicalité sur l'immigration il faut faire la radicalité sur notre univers idéologique sur le social sur l'écologie parce que je pense qu'il y a qu'on le veuille ou non une aire de la radicalité dans lequel on baigne et notamment vis-à-vis de ce qui se passe aux États-Unis donc il faut répondre là-dessus mais sur des points très précis où ça crante des choses avec lesquelles on est extrêmement à l'aise là ce qui s'est passé l' ttaque zuukman à l'Assemblée nationale est un très bon exemple ça c'est radical en tout cas vous voyez il y a une rupture il y a quelque chose bon premièrement sur la radicalité bon deuxièmement je vous l'ai dit tout à l'heure sur défendre l'état plus que jamais là vraiment il y a une opportunité de différencier et de pointer les contradictions du ration national et de l'extrême droite à l'échelle internationale sur cette question de la puissance publique j'y reviens pas 3è élément jeêtre un peu plus critique n'exagérons rien mais je pense qu'il faut se muscler sur la doctrine du parti socialistechînne internationale franchement moi j'étais très déçu que sur France interre ce soit Jean-Luc Mélenchon qui soit invité face à Dominque de Villepin et de fait il est audible il produit la doctrine alors pas d'accord ou d'accord peu importe moi je suis pas du tout aligné avec qui raconte un poiv international et au-delà bon mais remuscler euh le discours politique du parti socialiste sur les intérêts de la France et c'est quoi au fond la nouvelle doctrine inventée dans ce monde qui est en accélération totale et en changement totale par rapport à ce qu'on connaissait depuis 45 je crois qu'il est urgent de le faire et c'est là-dessus cette question du patriotisme à gauche et des intérêts de la France qu'on pourra à mon avis regagner des des marges de manœuvre [Applaudissements] merci beaucoup Raphaël euh Corine tu as écouté tu as écouté attentivement les les trois interventions peut-être alors je te laisserai évidemment réagir avec beaucoup de liberté je te relancerai peut-être sur quelques points peut-être sur le dernier point de Raphaël parce que là c'est à la fois une analyse critique du parti auquel auquel tu appartiens euh est-ce que en effet il y a un déficit de doctrine sur les questions internationales sur les questions géopos d'une part ça c'est le premier élément surtout il dit de l'urgence de remuscler la doctrine sur les questions de patriotisme économique en tenant compte évidemment de la nouvelle donne pas seulement économique mais en tenant compte en fait de la nouvelle donne internationale est-ce que là déjà c'est une proposition très concrète qu'il fait qu'il vous adresse est-ce que là il y a pas déjà un axe euh dans lequel on peut s'enouffrer alors déjà bonjour à tous et bonjour à tous ceux qui sont dans la salle et à toutes celles et ceux aussi qui nous suivent en visio parce je crois qu'ils sont assez nombreux effectivement on on a je crois d'abord et avant tout un un problème de passer le mur du son en réalité parce que je pense que et peut-être que c'est pour ça qu'on invite Mélenchon face à à Villepin plutôt que un socialiste par parce qu'en réalité sur les les questions internationales la France y compris dans dans dans l'air mitérandienne ou dans l'ergeospinienne était capable de parler d'une seule voix avec la droite quand c'est l'intérêt de la France on a toujours eu des des doctrines qui étaient assez claires sur la place de la France dans l'Europe et la place de l'Europe dans le monde je crois que la question c'est comment est-ce que effectivement on est capable de réaffirmer cela de manière beaucoup plus forte et en prenant en compte ce que sont les enjeux actuels qui est vraiment il y a vraiment là des bouleversements internationaux je pense que alors moi je je je connais bien les États-Unis pour avoir vécu avoir vécu longtemps et et même si je suis je les ai quitté il y a bien avant leur Trump Trump puisque j'ai quitté quand Obama commençait son 2uxè mandat euh je je ne suis pas moi surprise de ce qui s'est passé dans le bureau Val avec Zelenski euh et je mais je pense que l'Europe la la France et l'Europe ne réagissent pas encore avec suffisamment de vigueur à ce qui s'est passé pour parce qu'il y a reste une léthargie et et donc un besoin aussi de comprendre que s'affirmer ça veut dire aussi aujourd'hui accepter de affirmer en opposition avec les États-Unis ce qui est complètement nouveau internationalement et et et pour la France et pour l'Europe et ça ça reste compliqué parce qu' il y a encore beaucoup trop de gens qui pensent que bah quand même c'est quand même nos amis américains à un moment donné ils vont se réveiller ça va changer ben peut-être j'espère moi j' j'ae c'est un pays que dans lequel j'ai vécu longtemps et donc que pour lequel j'ai je garde une beaucoup de d'affection et d'admiration pour pour pour beaucoup de raisons mais mais aujourd'hui ils sont dans une dérive terrible et on ne peut pas attendre queil revienne qu'il retrouve la raison il faut que nous on soit beaucoup plus fort euh et donc ça effectivement et Anna qui est devant moi je vois qui nous a rejoint qui s'occupe notamment des questions de défense à l'Assemblée nationale et porte aussi cette cette voielà à l'Assemblée je je crois qu'il y a il y a vraiment pour nous une question effectivement de de mieux structuré euh c'est ce ce qu'on ce qu'on pense historiquement mais par rapport aux enjeux d'aujourd'hui et d'être ble et ça c'est être audible pour nous depuis quelques années déjà c'est le grand c'est le grand sujet et sur la question du patriotisme plus généralement moi je pense que effectivement moi je fais partie de de celles et ceux au sein de ce parti qui pense que nous devons nous réapproprier complètement toutes les questions régaliennes et toutes les questions de la République et de pas avoir peur d'aller sur le la question l'identité mais mais par par la République et donc par l'affirmation l'identité républicaine voouà cé c'était la question que je voulais te poser beaucoup de choses sont revenues durant les les trois interventions et adéide a introduit en partie aussi son intervention ainsi il y a un problème d'offre en fait vis-à-vis du RN c'est que stratégiquement on a on l' fait l'habitude de faire des séminaires des colloques pour combattre pour attaquer pour décrypter et cetera en effet il faut le faire il faut continuer à le faire mais l'autre pendant en effetune partie de son intervention c'était il y a aussi un problème d'offre sur un certain nombre de thématiques la façon dont on les formule la façon dont on se positionne sur un un certain nombre de de sujets que tu as évoqué est-ce que ça tu es d'accord avec l'analyse parce que là pour le coup il y a des marches de manœuvre s'il y a un problème d'offre oui oui je je crois que on a et et sur ce qui est le cœur de ce qu'on porte sur les questions social bien sûr sur les questions d'éducation sur les questions des services publics sur les questions de lutte contre les inégalités territoriales ce sont des sujets qui sont qui sont depuis longtemps en cœur de ce qu'on pororte malheureusement il y a eu il faut le dire il y a eu une rupture de confiance euh il y a quelques années maintenant avec les socialistes et que tout cela c'est un long travail de reconstruction de cette confiance avec les électeurs et donc de savoir démontrer que on est capable d'avoir cette radicalité sur le fond mais qu'on garde le le fait d'être socialiste et donc et donc de proposer des solutions qui soient crédibles qui soient des solutions sérieuses qui peuvent être mises en œuvre qui sont de de de de gouvernance euh réaliste ancré dans dans le terrain mais qui soit pas la technocratie parce que c'est ça qui fait que on a perdu aussi cette confiance c'est que on a oublié que quand on est de gauche il faut changer la vie des gens il faut pas juste gérer et améliorer l'existence à la marge et et on est tombé là-dedans à un moment donné c'était une lente c'est pas c'est pas la faute d'un seul quinquena ce quinena de François Hollande c'est l'aboutissement d'une longue dérive he il y a a des responsabilités partagées de longue date euh et et et donc il faut se reconstruire il faut reconstruire come cette en restant fidèle à tout ce qu'on a toujours porté reconstruire effectivement cette radicalité sur le fond il y a beaucoup de travail qui est fait au parti depuis longtemps je crois qu'aujourd'hui il y a un récit à construire autour de ça il y a il y a pour pour qu'il soit entendu et pour que ça porte véritablement une une vision de la République jusqu'au bout pour rester fidèle à à nos racines et je crois qu'il faut pas du tout effectivement éluder les questions de sécurité c'est pour ça qu'on a une convention de sécurité qui est en train de s'achever sur laquelle on va nos camarades vont voter début avril euh euh c'est pour ça que quand on a traité avec avec Sarah la question de la convention retrouvons le peuple on s'est intéressé non seulement à la à la question sociale mais aussi donc aussi aux questions de ses assign territoriale C assignation sociale C assignation territoriale cette peur du déclassement mais aussi à la manière dont la question de l'immigration et la peur de l'étranger vient percuter tout ça et donc je crois qu'effectivement et sur les questions de sécurité et sur les questions d'immigration il faut qu'on assume de porter un discours de gauche qui est un discours où on peut on peut dire oui il y a des sujets il y a des il y a des il y a des vrais sujets à résoudre là-dessus on va pas faire semblant que il y a aucun problème même si effectivement il y a beaucoup de fantasmes beaucoup d'inexactitude à à à démonter et ça c'est le problème aujourd'hui c'est qu'on vit dans un monde post vérité où tout le monde affirme des choses et en plus on a des journalistes qui font pas toujours bien leur travail et et que et que et et et c'est très difficile de de de toujours rétablir le vrai du faux et donc le niveau réel d'insécurité le le le la réalité de ce qui est l'immigration en France la réalité de ce qu'apporte euh les étrangers aussi à notre économie et et à notre brassage et notre enrichissement culturel tout ça c'est du travail qu'on doit savoir faire mais euh on doit aussi savoir parler euh de l'immigration irrégulière mais mais avec avec des valeurs de gauche euh quand on a travaillé sur le bah sur la loi immigration qui a été votée à la fin de l'année 2023 promulgué euh à la fin au début 2024 de la loi d'armanin euh les Français étaient massivement pour alors que c'était une loi qui liait beaucoup immigration et insécurité qui était une loi de stigmatisation des étrangers mais étrangement sur le le point spécifique malheureusement où euh on n pas beaucoup avancé qui était qu'on était censé faire une meilleure intégration par travail et y compris la régularisation des travailleurs son papier par le travail les Français étaient majoritairement pour et donc on voit bien qu'il y a des chemins où on peut parler de ces choses-là à partir de nos valeurs sans trahir ce qu'on porte et mais sans avoir peur d'aller sur ces terrain là évidemment ça peut pas être le cœur de ce qu'onorte on va pas parler toute la journée de de sécurité et d'immigration parce que là ça nourrit d'abord l'extrême droite mais on doit porter d'abord ce qui est le le le le cœur le cœur de la gauche mais il faut aussi voir justement que les électeurs de gauche ont aussi des inquiétudes par rapport à ces sujets et donc on peut pas les éluder et on peut pas juste dire c'est pas bien et et vraiment moi je je vois au Sénat euh on a pas beaucoup d'extrême droite mais on a une droite retaillot et des fois on se demande quelle est la différence euh voilà et donc et donc et ça et ça on voit bien que on a on doit pas avoir peur d'aller frontalement contre eux sur ces sujets-là euh mais mais mais justement il faut à la fois pas avoir peur d'en parler mais il faut trouver le le chemin pour en parler à partir de ce qu'on est Raphaël a décidé de en effet de de voir le le verre à moitié plein ce qui faisait du bien aussi en disant ce qui se passe aux États-Unis va poser un problème à l'extrême droite française toi qui connais bien les États-Unis et qui connaî aussi bien évidemment l'extrême droite française est-ce que tu es d'accord avec cette analyse qui en effet là donne aussi des motifs pour avancer sur des sujets en étant un peu plus optimiste peut-être qu'on ne l'ai habituellement oui je suis absolument d'accord avec cette analyse alors je je pense que aujourd'hui ça pose problème la question c'est comment est-ce que les choses vont évoluer aux États-Unis et est-ce qu'à un moment donné justement c'est la ligne Banon qui va prévaloir même si on voit bien la Banon il est capable de faire le salut Naas et et dire en même temps la question sociale et la question importante quoi mais donc donc c'est c'est aussi une extrême droite enfin le trumpisme même version 2016 c'était quand même une extrême droite quand même beaucoup plus décomplexée et et qui a et qui euh et qui n'a pas cherché justement la dédiabolisation qui au contraire cherché la radicalité à l'extrême droite euh qui n'est pas la même que que que que que la l'extrême droite enfin l'évolution de l'extrême droite française avec Marine Le Pen mais mais mais c'est vrai que ils avaient gagné en 2016 parce que ils avaient gagné chez les ouvriers qui bah étaient victimes de la mondialisation c'est les mêmes phénomènes finalement que ce qu'on voit sur la progression de de l'extrême droite en France et Trump a gagné là à la fois parce qu'il a gardé cette base très solide euh mais aussi parce que il y a effectivement plein de gens qui n'ont pas voulu prendre au sérieux le Project 2025 le projet en fait tout ce qu'il est en train de faire maintenant c'est exactement ce qu'il y avait dans ce projet il y a pas de surprise sauf que tout le monde a voulu croire qu'en fait comme sur le Trump 1 il y a plein de gens autour de lui qui sont hyper idéologue mais à la fin lui bon il va juste gérer les choses à la Trump les trucs qu' arrangent de manière un peu populiste mais enfin ça ira pas voilà et et et et donc comme il a promis qu'il allait faire baisser l'inflation et ben la marge dans les swing States qui a fait la différence c'est d'abord sur ces questions d'inflation c'est d'abord sur les questions de pouvoir d'achat et donc et donc là il y a on va voir ce qui se passe Paris qu'il y a quand même un un phénomène intéressant c'est qu'il y a des des élus parlementaires républicains qui font comme ils font habituellement euh vont bah dans leurs circonscription font des réunions publiques et ils se font chahutter par leur électorat sur ce que fait Trump sur l'état sur le fait que bah ils sont en train parce qu'il y a quand même enfin il y a quand même des millions de gens qui qui travaillent qui sont des employés fédéraux il y a qui qui bénéficient aussi tes programmes et ils sont chahutés à tel point que le parti républicain conseille à ces parlementaires d'arrêter de faire des réunions publiques euh et et et on on voit aussi que il y a des gouverneur républicain qui explique parce que ils veulent pas trop se fâcher avec Trump parce qu'ils ont peur de ce qu'il est capable de faire qui disent oui oui bien sûr tout ça ce qu'il faiton bu c'est bien mais par contre je voudrais des exemptions pour mon état voilà donc donc on voit bien on sait pas si ça va durer et donc on voit bien que là il y a du il a il y a il y a des conflits à l'intérieur même du parti républicain mais c'est c'est sûr que nous on a intérêt à coller l'image de Trump à à Marine Le Pen et à l'extrême droite française on a absolument l'intérêt à ça Antoine je sais que tu dois filer pour aller t'occuper de tes enfants donc juste je voulais te faire réagir avant que tu avant que tu partes euh à la fois sur effectivement la façon dont ce qui se passe aux États-Unis est en train potentiellement de faire bouger et de mettre en difficulté l'extrême droite française mais sur un élément qu'a évoqué Raphaël c'est les nouveaux collabos euh est-ce que là tu penses que on eff faet c'est un qualificatif stratégiquement efficient dans le moment dans lequel on est je pense que ça joue assez peu dans la perception des gens qui ont déjà un regard et une opinion structurée sur le RN et ses principales figures donc je pense que c'est pas quelque chose qui va changer fondamentalement la grille de lecture de la plupart de l'électorat français je pense que l'expérience Trump en revanche est quelque chose qui bouscule beaucoup de gens qui envisageaient pas sérieusement que en fait Trump prouve une chose c'est que il en a je pas disait l'État ne peut pas tout mais l'État peut faire plein de trucs apparemment si on veut assez fort et si on est prêt à s'en servir beaucoup euh et euh je pense que ce qui est en train de se passer et qui change par rapport à la stratégie du RN c'est qu'en fait Trump il est au pouvoir et il a pas l'enjeu de prochaines élections parce que soit il respecte la Constitution et il sera plus candidat soit il la respecte pas et en fait il y a une perspective de sortie de la démocratie des États-Unis qui a une perspective réaliste sur la base de ce qui s'est passé le 6 janvier 2020 euh et que donc dans cette logique là il y a pas besoin de s'embarrasser de ce que pensent les gens véritablement on n pas besoin on a plus besoin de faire 50 % si on a cette logique là et je crois que c'est ce qui explique en grande partie parti la différence de stratégie entre Trump 1ière version et Trump 2e version qui correspond à la dynamique du 6 janvier 2020 qui a une dynamique dans laquelle on considère que on utilise les moyens de l'État y compris contre le corps social et c'est ça la dynamique de glissement autoritaire qui vient signer en fait la caractéristique du positionnement de Trump comme étant mouvement d'extrême droite alors évidemment c'est pas une grille de lecture qui est favorable à présenter pour l'extrême droite européenne donc on peut dire on a des amitiés et cetera mais à bas bruit il n'empêche que à mon sens c'est largement la nature de l'extrême droite comme courant politique et c'est le risque que pose en réalité l'arrivée au pouvoir de l'extrême droite dans un certain nombre de territoire ou d'état et que ce qui se passe aux États-Unis actuellement et qui surprend beaucoup d'Américains ça peut tout à fait être un exemple très réaliste de ce que serait l'arrivée au pouvoir de l'extrême droite dans des pays européens et qui surprendrait sans doute beaucoup de gens dans les pays européens concernés alors qu'il y a quand même des signes assez forts on pense à la FD en Allemagne on pense à Georgia Meloni et quand même des attaques sur les médias assez fortes sur les processus politiques assez puissants donc je pense que c'est un élément de de de réalisation et de prise au sérieux de ce que représente ces forces politiques on te libère si tu dois être libéré adélite je vais te faire je voulais te faire réagir sur un élément Raphaël et Corine en ont parlé c'est changement applaudissement d'un joueur qui sort et et d'un joueur qui va rentrer je voulais te faire réagir avant de donner la parole à salle sur sur un élément qu'on évoqué à la fois Corin Alf Raphaël la radicalité euh ça peut être parfois difficile de bien aborder en effet cette notion de bien l'intégrer à la fois sur le fond d'une part et sur la forme d'autre part raphaë a bien distingué les deux non pas sur la forme mais sur le fond c'est quoi toi ton regard d'observatrice et de sondeuse sur cette notion et le regard que les français portent justement vis-à-vis de la la radicalité je me suis interrogé en écoutant Raphaël sur est-ce que j'étais d'accord avec lui ou pas alors là où je suis complètement d'accord c'est sur la question de la forme je pense que effectivement c'est euh c'est pas je pense que la forme est à bannir sur la question de la radicalité il y en a assez notamment si on regarde du côté de de LFI qui peut être extrêmement clivant de ce fait là justement donc je pense qu' c'est il faut il faut l'éviter en revanche alors peut-être que c'est une manière de de de le formuler sur ce que ce que la gauche peut faire et sur le effectivement la la voie qu'elle doit chercher mais je sais pas si c'est une voie radicale en fait moi je suis absolument convaincu qu'il y a un espace très clair et qui vient vraiment marier les différentes thématiques qu'on a qu'on a abordé ce matin et Corine le disait très bien effectivement il faut il faut pas détourner le regard de des questions de sécurité d'immigration sans pour autant en faire l'alpha et l'oméga sans renier les valeurs de la gauche mais il faut réussir à à articuler ces ces enjeux avec les questions social et quand je quand je parle de social c'est au sens large la question des services publics qui qui est déterminante Raphael en a parlé aussi euh la question de du sentiment dans les territoires et cetera tous ces sujets-là il il faut les lier il faut les appréhender donc je sais pas si c'est avec une forme de radicalité il me semble que c'est tellement ce qu'attendent les Français enfin en tout cas dans dans leur grande majorité euh que pour moi c'est presque ce serait pas radical ce serait juste c'est une sorte de normalité de de sujet qu'on a qu'on a éludé mais il y a enfin pour moi il y a un grand vide une grande une grande absence et il faut s'emparer de ces sujets là donc avec ou sans radicalité je sais pas mais en tout cas il faut y aller il y a un chemin un chemin qui permet de de mer ces différentes dimensions et compris avec l'écologie qu'évoqué Corine mais je pense qu'il y a voilà il y a il y a une voix très très très bien délimité et peut-être que justement il y aller avec plus de sovriété de raison de rationalité je pense que c'est ce qu'attendent les Français donc pas forcément avec radicalité mais bon c'est peut-être une manière de le raconter de le marqueter mais voilà alors on va donner la parole à ça juste Corine je voulais te faire réagir sur un élément on a peu parler de ça ce matin alors que c'est un sujet euh qui revient souvent dans le décryptage et l'analyse de l'extrême droite c'est les clivages territoriaux euh en gros c'est le clivage entre la France des Bours et la France des tours pour reprendre l'expression de de François Ruffin euh c'est quoi ton regard sur ce clivage là et est-ce que effectivement stratégiquement l'enjeu là des mois et des années à venir c'est pas justement de trouver et est-ce qu'ils existent et s'ils existent quels sont-ils les quelques points en effet commun qui nous permettent de relier en effet la France des Bours et la France des tours que souvent on ose alors que par définition il y a des classes populaires et dans la France des Bours et dans la France des tours oui effectivement alors moi je suis en scène Saint-Denis donc on n pas exactement les mêmes problèmes que dans dans d'autres département avec euh avec du on a du Péré urbain mais on a surtout de l'urbain on n pas on a pas du tout les mêmes problématiques que dans le rural et même dans le monde rural il y a une grande diversité euh de problématiques euh mais à la fin des fins alors effectivement bah chez nous il y a pas vraiment de risque d'extrême droite même si l'extrême droite est aussi en progression euh et c'est c'est là où on voit qu' en réalité chez nous il y a un vote Mélenchon qui s'est exprimé sur les élections présidentielles 2022 par exemple qui est extrêmement élevé ou même sur la la les européennes manonc la liste Manon obri qui était aussi très élevé et donc on voit que les les difficultés les les assignations territoriales qui sont en réalité les mêmes mécanismes mais prennent des des des des expressions politiques différentes dans la recherche de radicalité donc quand on est en milieu plus rural ou quand on est en milieu plus plus urbain mais à la fin je pense que justement c'est la même chose c'est la même problématique à laquelle nous on doit répondre en tant que socialiste qui est justement comment on réduit ces inégalités territoriales comment on redonne des perspectives en particulier à la à la jeunesse parce que aussi c'est c'est Antoine qui en parlait tout à l'heure je crois sur le fait que quand il y a les les grands-parents s'inquiètent aussi pour leurs enfants et donc le vote de la situation des des enfants aussi une influence sur le sur le vote des des grands-parents donc la perspective de la jeunesse c'est évidemment un énorme un énorme sujet il y a c'est un département extrêmement jeune euh la scène Saint-Denis et et on voit bien que euh finalement c'est aussi euh on pourrait penser parce qu'il y a plus d'interconnexion on est proche de pareil et cetera mais il y a il y a la même euh le même sentiment chez beaucoup de jeunes de de de pas avoir de possibilité de d'avenir en dehors de d'un petit quartier de la même manière que certains jeunes dans dans des dans des zones plus rurales ont l'impression que ils pourront jamais sortir de leur village ou voilà et euh et et ça ça je crois que c'est vraiment enfin la question de l'interconnexion la question du développement économique de de de d'ouvrir aussi des horizons de permettre à des à des étudiants enfin à des jeunes d'aller étudier aussi dans d'autres territoires mais pas trop loin de chez eux parce que le lien familial reste important enfin bon il y a il y a il y a plein de sujets sur lesquels nous on peut avoir des choses à dire évidemment l'accès à la culture le tissu associatif toutes ces choseslà qui font que le la la question de comment est-ce qu'on vit euh ensemble en société en plus dans un moment ou dans une période où le numérique prend le dessus et où les communautés se forment de manière virtuelle sur des choses qui nous enferment dans des questions très identitaires euh et et donc être avec des gens qui pensent que comme nous et donc retrouver des lieux où on est confronté à des opinions différentes je pense que c'est extrêmement important et toutes ces problématiques là que ce soit sur les services publics que ce soit sur la manière le rapport à l'autre que ce soit sur les questions de solidarité finement c'est les c'est les mêmes problématiques partout mais ça demande des solutions et moi je su je pense que la question de la décentralisation et même de la différenciation est importante ça demande des solutions qui sont différentes adaptées à chaque territoire alors on va ouvrir la la partie question alors on est méga labour évidemment donc on va prendre une série on va en prendre TR qu on va répondre on essaie d'en prendre une deuxième bah tiens on va démarrer devant merci beaucoup on on essaie de faire des questions courtes on les note on en prend trois quatre on répond et et après on y va allez-y ça marche première question sur la comparaison avec la dérive américaine et la capture du coup de de la démocratie par une élite économique parce que c'est aussi en fait c'est surtout ça cette victoire je pense de Trump 2 en gros est-ce que il y a des soutien de ces forces économiques à l'extrême droite française d'un point de vue financier on l'a vu aussi avec musque sur l'AFD en Allemagne est-ce qu'on observe le même phénomène et quel est du coup nous le enfin pour le PS les alliances économiques qu'il faut éventuellement construire pour pouvoir faire face à cette contre ce contrefinancement hyper concret hyper clair merci beaucoup on n' pas du tout abordé le point donc c'est super ben juste derrière oui merci beaucoup par rapport à la radicalité changer le monde versus juste gérer les choses qui étaient vu un peu comme comme pas pas grandchose qui donneent pas envie peut-être il y a aussi une question de maturité qui consiste à se rendre compte que juste bien gérer les chos c'est-à-dire qu'il y ait la santé l'éducation et la sécurité pour chaque citoyen français c'est pas facile à faire dans le monde d'aujourd'hui le monde d'aujourd'hui est suffisamment compliqué pour que juste gérer les choses de façon compétente et on a tous les jours le témoignage que c'est très mal géré soit par dessin soit dessin soit par incompétence c'est pas peu c'est pas peu de chose voilà c'est juste une merci beaucoup encore derrière on va je vais faire là après je ferai là après onà exactement on va faire ligne par ligne comme au rugby allez vas-y merci je vais essayer de ne pas être trop long j'avais quatre questions moi pour être franc alors c'est c'est c'est 20 secondes par question mais vraiment très court euh écoutez pour l'immigration il y a un sujet dont on ne parle pas c'est c'est euh en réalité pourquoi on ne parle pas des raisons pour lesquels on a de l'immigration en France et j'en viens parfois aux interventions occidentales qui serait sage quand même de rappeler et le résultat dans certaines régions du monde parce que ça comme on en parle pas assez ça donne du grain moudre à l'extrême droite qui qui vient dire ensuite l'immigration et cetera comme vous l'aviez dit ensuite j'envens ensuite au mot islamisme qui est un mot qui n'existe pas qui officieusement veut dire la visibilité de l'islam n'y a-t-il pas un travail à faire là-dessus sans parler de tout ce qu'il y a de musulman dans dans le patrimoine français je pensais notamment à la langue française combien de mots sont issus de la langue arabe ça c'est la lutte contre l'extrême droite précisément l'idéologie de de l'extrême droite la guerre de civilisation si vous voulez ok j'avais une troème question mais je passe ok merci euh bah tiens juste juste derrière toi après on va faire derrière et après on répond ouais oui bonjour juste une toute petite question vous faire réagir aussi sur pourquoi opposer émotion et pardon pourquoi opposer émotion et rationalité vous parliez de la radicalité du fait qu'il faut l'éviter sur la forme alors je dis ça c'est peut-être une une déformation professionnelle moi je je suis psychiatre et je suis pas militant PS aussi donc ne me jugez pas euh l'extrême droite a très bien compris que l'émotion est le produit d'appel euh aujourd'hui et l'extrême droite est parfaitement rationnelle dans ce qu'elle déploie par ailleurs je crois que si on prend pas ça en compte et qu'on oppose émotion et rationalité on ne fait que tomber dans les travers euh bien connus chez la gauche à savoir une forme de de moralisme de condescendance qui euh fait fuir donc est-ce qu'il faut pas finalement euh prendre en compte le cette donnée émotionnelle et parler des sujets de sécurité et d'immigration comme des portes d'entrée vers les propositions de la gauche qui adressent les causes profondes de ces sujets là euh voilà ok hyper hyper clair merci beaucoup euh il y avait une il y avait une madame juste derrière et on et on répond et après on repassera allez-y et évidemment il y aura plein d'autres questions donc les intervenants resteront après pour répondre parce qu'on pourra pas tout prendre je vous le dit d'entrée de jeu allez-y oui merci de me donner la parole et bah bonjour à tous et merci donc moi deux remarques la première adélaïd je je trouve dommage que vous n'ayez pas projeté certain nombre des éléments et en particulier je voulais revenir sur la carte euh du premier tour des élections qui était quand même je suis allée vérifier qui était quand même toute bleue si on regarde le premier tour des élections législatives 2024 euh et aujourd'hui le l'aspect spatial du développement du RN est quelque chose qui doit nous heurter et moi qui viens d'un département extrêmement rural puisque je viens de Lindre euh aujourd'hui je note que les relais et on sait le le titre de la Table Ronde c'était mieux connaître pour mieux combattre je vais rebondir sur la remarque de la première dame qui a parlé tout de suite dans les questions ce sont les relais or on a vu quoi on a vu les élections aux chambrre d'agriculture avec la Coordination rurale et les bolets jaunes qui a fait une véritable percée voire dans certains cas une radia 14 chambes d'agriculture c'était totalement inattendu deuxième élément on voit également un discours qui monte dans la sphère économique et c'est là où je rebondis sur la question alors on n'est pas sur les gros riches on est sur les PME on est sur de la demande de retour sur de la normal isation on est sur de la demande de dérégulation on est sur de la demande de détaxation parce qu'on est tous très méchants donc il y a je pense quelque part dans ces relais là quelque chose qu'il nous faut construire en réutilisant effectivement le social et et l'État comme comme Raphaël l'a dit mais de façon positive et là moi cette partie relais me manque un peu je suis désolé dans vos présentations ok merci beaucoup c'est c'est l'avantage des questions c'est que ça permet d'aborder des choses qu'on a pas abordé alors je vais vous attribuer un peu arbitrairement mais évid vous répondre à ce que vous voulez rapë peut-être sur la question alliance économique entre le RN et le monde économique français Les nouvelles alliances d'une part ça c'est la première question si jamais tu veux en dire un mot et la deuxième question pourquoi opposer émotion et rationalité démarre sur la première parce que tu seras plus longue sur la seconde en fait ce qui me frappe pour répondre très rapidement je suis pas du tout un spécialiste du financement donc je je suis un peu mal à l'aise mais euh il y a de l'argent à l'extrême droite euh typiquement des gars comme moi euh bah ce terrain les finances ça qu'il y a du mescena à l'extrême droite pour que des gens passent à temps plein leur temps non pas en grapillant des missions et se leur et et le matin avant d'arriver le samedi matin à Bellevilloise gratter deux trois trucs sur un papier non il travaille à temps plein sur des analyses de com euh construire des sites euh bon donc c'est vrai que la question du l'argent c'est souvent le l'IR de la guerre et moi je constate empiriquement que à l'extrême droite qui pendant très longtemps était assez éloigné des m des milieux justement économiqu patronaux et cetera bah il commence à y avoir accès et bon et ça change singulièrement la donne bon peut-être c'est modestement le tout premier tout petite chose que je vais vous dire je répond à Monsieur le psychiatre euh non non mais c'est je je je je reprends votre expression de d'émotion comme produit d'appel je la trouve je la trouve excellente et et je suis tout à fait d'accord avec vous et pardon si j'ai donné le sentiment d'opposer émotion et rationalité je pense qu'il faut surtout pas ce qui me donne l'occasion de préciser juste un point parce que vous avez fini votre intervention sur le thème au fond abordons avec rationalité des questions qui sont traitées sur le point d'unprit émotionnel à savoir l'insécurité et l'immigration adelï tout à l'heure a exposé très rapidement une sorte de panorama de typologie de réaction vis-à-vis de l'étranger ce qui m'intéressait moi j'ai j'ai noté ça dans les focus group d'électeurs en sympathisant de gauche mais votant RN ça existe et ça existe beaucoup c'est que en fait spontanément ils ont un logiciel culturellement la famille ils sont de gauche mais en fait ils ont voté Ren la question de l'immigration il ne le traite pas du tout sur une grille idéologique ou ethnique raciste il le traite et c'est là où on retombe sur nos pates c'est intéressant pour nous sur la question du service public c'est que le rejet de l'immigration c'est interprété comme au fond la question du moratoire qu'a posé à un moment donné sur la table François Ruffin parce que lui je pense qu'il a mis les doigts dans les dans les dans dans dans son électorat dans sa circonscription c'est à savoir on rejette l'immigration non pas en tant que telle mais parce que on a le sentiment que la puissance publique n'arrive pas à absorber donc c'est pas un sujet de rejet voyez ethnique c'est un sujet de capacité la puissance publique bon B attendez on n pas les mêmes solutions voyez si si à cette question du problème enfin les réponses socialistes on voit bien comment les adapter bon donc ça ça me permet de d'approcher ce point-là voilà adélite sur la question bien gérer les choses bien gérer les choses ça peut prendre du temps ça peut-être hintant fatiguant oui je trouve que c'est très juste la remarque qu'a fait madame euh d'ailleurs c'est assez réducteur de dire juste bien gérer les choses que quand on parle d'éducation quand on parle de service public quand on parle de santé c'est pas juste bien gérer les choses euh et c'est effectivement essentiel et il faut y revenir avec effectivement ce sujet de la temporalité parce qu'on voit bien que que enfin les les individus et euh et les citoyens en général sont pris en en en étau entre les sujets qui leur sont propres et immédiats et ce qui est plus ce qui relève du collectif et du durable et ont tendance à regarder ce qui est là maintenant tout de suite et attendre des polies politique et de l'état une une enfin une gestion dans une logique un peu servicielle d'avoir tout tout de suite des réponses à leur à leur demande maintenant et en même temps on sait que juste gérer le quotidien ça prend du temps en fait juste gérer le quotidien ça veut dire décider de politique publique ça veut dire mettre en œuvre des moyens et le résultat la question de laemporalité c'est aussi le le à quel moment ça devient visible des des Français des administrés et ça prend du temps donc c'est compliqué de d'articuler ces différentes temporalités la temporalité de ce que veulent les gens ici tout de suite maintenant la réponse politique qui peut prendre un certain temps et sans pour autant laisser de côté la question du récit plus global de quelle quelle histoire je raconte pour quand même réussir à proposer un projet de société et à se projeter dans un collectif et voilà donc il faut réussir à articuler toutes ces temporalités effectivement l'exercice est est compliqué Corine il av une question sur les nouvelles alliances les nouvelles alliances et spécifiquement lesagances entre le PS entre la gauche et le monde économique ou avec d'autres relais par ailleurs on a parlé de fédération fédération professionnelle notamment oui alors on a on a déjà un un travail dans le monde économique à reconstruire avec avec tous les avec tous les syndicats ce qu'on ce qu'on fait ces dernières années mais c'est c'est je pense qu'il y a encore beaucoup de travail à faire pour pour consolider tout cela et et aussi sachant que le syndicalisme lui-même a aussi d'autres questions à se poser sur ces sur son fonctionnement et et et sa et sa structuration et et son manque d'attractivité aussi euh donc c'est pas les mêmes c'est c'est pas le même niveau de rejet que pour les partis politiques mais ils ont aussi quelques sujets d'inquiétude mais je je pense aussi qu'il faut complètement assumer le fait qu'on doit aussi avoir des liens beaucoup plus forts avec bah tous ceux qui représentent les petites et les moyennes entreprises qui soit qu' que soit on soit capable aussi parce qu'il y a aussi des grands patrons qui sont de gauche de pouvoir aussi montrer qu'on est capable de travailler avec avec certains grands patrons euh et puis pour sur la question des financement euh je crois qu'il y a ça tjours été un tabou à gauche on a on a on a peur de dire qu'on va chercher de l'argent moi je crois qu'il faut pas avoir peur de d'assumer le fait que bah oui euh un parti politique des campagnes électorales ça doit se financer et que on peut pas compter uniquement sur l'argent de l'État et euh parce qu' en plus maintenant on n'est jamais sûr du remboursement et euh euh et et euh et et on peut pas non plus compter évidemment que sur les cotisations des des camarades euh donc et donc ça euh ça il faut pouvoir pouvoir l'assumer alors je je je je vais pas respecter ce à quoi je m'étais engagé parce que on doit arrêter pour enchaîner sur la table juste parce que juste parce que il y a un il y a un mot qui a été prononcé tout à l'heure c'est sur l'islamisme et quand on parle d'extrême droite et on a pas du tout parlé d'islamisme je trouve qu'effectivement c'était important de le mettre le mettre sur la table parce que dans les sujets aujourd'hui qui font des sujets de de de clivant et qui font les sujets où on fait de la démagogie du populisme et on fait tous les des amalgames immigration insécurité terrorisme islamiste et puis bien sûr sur l'idée queon est plus en France chez nous c'est parce qu'en fait on attaque toute personne qui est soupçonnée d'être musulmane euh qu'elle soit française ou pas ça c'est aussi un un vrai sujet pour nous sur euh sur la manière dont on parle aussi de la laïcité dans ce pays et euh et et et et de comment nous en tant donc socialiste on n'a pas peur aussi de d'être peut-être les écl les éclaireurs de la gauche sur ce sujet alors deux choses très court les intervenants restent dans le coin pour répondre aux questions au interrogations que vous pouvez avoir je l'ai remercie beaucoup je vous remercie beaucoup Corine Raphaël adéide et Antoine jardin pour cette table ronde de très grande qualité je pense que tout le monde a à apprécier merci beaucoup pour les éclairages les enseignements les propositions aussi que que vous avez faites je appelle notamment Raphaël et adélite qu'on peut retrouver beaucoup de vos production sur le site de la Fondation jeanoress gratuitement et en partie ce que vous avez dit ce que vous avez raconté je sais que raphaë il y a des choses aussi qui vont arriver demain je fais un petit teasing une grosse note très importante qui que que Raphaël publie demain dans un journal important du soir vous pourrez le découvrir et ça va faire un peu de bruit je pense dire que juste après la Table Ronde des informations de Mass fake news comment contrer et reposter donc ne partez pas mais merci beaucoup à toutes et tous c'était passionnant bonne journée bon séminaire