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Discours / meetingCentre ReSIS· 19 janvier 2026 18 minAutoproduitFond programmatiqueÉducation & rechercheInstitutions & élections

Colloque "Le Sursaut" organisé par Mme la ministre Anne Genetet - 16/01/2026 : Autorité à l'école

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 95 %Attaque 5 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:53Invité politiqueChiffre
    « Vis 2022 nous apprend que près d'un lycéen sur deux considèrent qu'il y a trop de bruit dans sa classe et que les élèves n'entendent pas ce que dit le professeur. »
  • 4:20Invité politiqueChiffre
    « une enquête de l'autonome de solidarité qui date elle aussi de 2022 qui nous apprend que 40 % des professeurs reconnaissent avoir été insultés principalement par leurs élèves. »
  • 5:04Invité politiqueChiffre
    « une enquête de 2013 disait exactement la même la même chose. »
  • 9:30Invité politiqueFait
    « Aucune liste des infractions n'est définie. Aucun barême des pénalités n'est établi. »

Temps de parole

  • Anne Genetet100 %

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Anne Genetet

Merci. Merci beaucoup euh madame la ministre, mesdames messieurs. Euh très heureux d'intervenir devant vous et vous permettrez à un professeur de philosophie de commencer par une remarque à caractère philosophique à propos de la question de l'autorité. Euh comment se fait-il ? Par quelle confusion de penser en étant arrivé à confondre l'autorité avec la violence, avec la force ? Comment a-t-on pu s'imaginer qu'elle pouvait être compatible ? avec une certaine forme d'humiliation. Que s'est-il donc passé ?

On a quand même un texte ancien il a plus de 60 ans, presque 70, un texte d'harent dans laquelle la philosophe opposait précisément l'autorité à la force pour une raison d'ailleurs qui est très simple. Si l'autorité est là, la force n'a pas besoin d'être là. La force intervient lorsque l'autorité n'a pas eu d'effet. Ou bien la force est là et l'autorité n'y est pas. ou bien l'autorité est là et la force n'y ait pas davantage. Donc l'autorité et la force s'opposent totalement. L'autorité peut être parfaitement courtoise. Je dirais même qu'elle doit être très courtoise. Elle n'a aucunement besoin d'être blessante, humiliante, vexatoire.

Mais dans ce même texte, Anna Rent montrait que l'autorité s'opposait certes à la force, mais qu'il s'opposait aussi à la négociation, à la discussion, à la persuasion. L'autorité peut être très courtoise, mais elle est sans appel, sans discussion. Au fond la forme la plus courante d'autorité que nous rencontrons tous les jours quasiment, ça reste le feu rouge. Le feu rouge, il [raclement de gorge] est pas brutal, il est pas violent, il est pas humiliant, il est juste rouge. Mais il est sans appel, il est sans discussion. Voilà l'autorité, l'alliance entre la plus parfaite des courtoisies et la plus ferme des déterminations.

Voilà l'autorité telle qu'elle devrait s'incarner à l'école sans brutalité, sans force, sans violence. L'acte éducatif exclut toute violence et sans appel, sans discussion, sans palabres interminable. L'acte éducatif n'est pas négociable. Or, qu'a-on fait ces dernières années ? N'a-on pas laissé penser qu'à l'école, tout était négociable ? On a voulu mettre l'élève au centre et on sait bien lorsque le centre est partout la circonférence n'est plus nulle part et dans le cas de l'école c'est le désordre qui est partout [raclement de gorge] et l'autorité nulle part. J'utilise à dessin le terme de désordre.

Il existe à l'école un certain nombre de désordres qui sont préjudiciables aux enseignements et qui sont sources de profondes inégalités. Vis 2022 nous apprend que près d'un lycéen sur deux considèrent qu'il y a trop de bruit dans sa classe et que les élèves n'entendent pas ce que dit le professeur. Épisode 2018 disait déjà la même chose. Ces chiffres commencent à être anciens. Dans combien de classes s'avvertil difficile très difficile voire peut-être impossible d'enseigner tant le désordre qui règne est important ? De combien d'échecs scolaires le chau appelons les choses par leur nom, de combien d'échecs scolaires le chau est-il responsable ?

On entend souvent déplorer que l'école ne parvienne pas à réduire les inégalités sociales. Mais ne devrait-elle pas en priorité se charger de réduire les inégalités dont elle est elle-même responsable, c'est-à-dire de permettre à chaque élève d'étudier en paix ? Parce que entre deux scolarités, l'une se déroulant dans la paix, on entend ce que dit le professeur, et l'autre qui se déroule dans le chau. Ce sont au bout du compte de très profondes inégalités qui se creusent. Et elles frapperont qui ? Elles frapperont évidemment les élèves les plus fragiles.

Elles frapperont évidemment les élèves qui ne trouveront pas hors de l'école les moyens, le secours, le soutien dont ils auraient dont ils auraient besoin. Il faut renouer avec l'autorité à l'école pour permettre aux élèves d'étudier en paix, mais aussi pour permettre aux professeurs d'enseigner au paix. C'est une enquête de l'autonome de solidarité qui date elle aussi de 2022 qui nous apprend que 40 % des professeurs reconnaissent avoir été insultés principalement par leurs élèves. Et là encore, les chiffres sont entiers puisqu'une enquête de 2013 disait exactement la même la même chose.

Combien de professeurs sont-ils contraints d'exercer leur métier sous les moqueries, les colibés, les insultes de leur ? Combien de vies professionnelles le Chau a-t-il brisé ? J'ajoute au passage que l'insulte d'un élève en direction d'un professeur ruine totalement l'acte éducatif. [raclement de gorge] Alors au centre résis que j'anime avec Marie Cartier, nous avons un principe. Chaque fois que nous mettons en place, mettons en lumière un dysfonctionnement, nous nous efforçons de mettre en place un dispositif de traitement.

Aussi avons-nous fait ces dernières années, vous l'avez mentionné, un certain nombre de de propositions et je voudrais m'arrêter sur tr sur tr les deux premières peuvent être appliquées immédiatement. sans grande modification. Trisème nécessiterait peut-être quelques modifications statutées. Notre première proposition se rapporte aux situations d'incivilité, d'insulte, d'agression. Dans la plupart des administrations, des entreprises qui sont en contact avec le public, les professionnels sont doté de consignes, de formation, de protocoes qui leur permettent de savoir comment réagir en cas d'incivilité, d'insulte, de menaces, d'agression. Qu'en est-il au sein de l'éducation nationale ?

Au cours de leur formation, les enseignants ont-ils simulé une classe bavarde ? chahuteuse. A-t-on simulé une situation d'insulte, de menace, d'agression survenant en classe ? A-t-on simulé la rencontre avec un parent d'élèves véhémment très véhmenton communiqué au professionnel un protocole pour agir face à une classe agitée chauteuse ? Comment réagir face à des interlocuteurs agressifs ou véhém ? Poser toutes ces questions revient à y répondre. Tout se passe comme si aucune situation à risque ne devait se produire dans un établissement scolaire. Mais il y a pire.

Si da un désordre survient en plein cours, il n'est pas rare que le professeur soit tenu lui-même pour responsable de la violence qu'il subit. Mais quoi ? qui ne sait pas tenir sa classe. Nous avons au centre résis élaboré des protocoles. Le premier vise précisément à aider les professionnels pour faire face aux situations d'insulte, d'insolence et cetera. Que faire en amont ? N'y a-t-il pas un certain nombre de de précautions qui sont nécessaires pour éviter que l'incident ne survienne ? C'est pas communication vis-à-vis des élèves. Que faire sur le moment de l'incident ? Comment réagir ? Quelles erreurs éviteres ? Que faire à la suite de euh de l'incident ?

Nous avons également euh conçu un protocole pour faire face aux classes difficiles babardes chauteus. Ces protocoles, nous les avons élaboré avec les professionnels, nous les avons testés dans des établissements avec un certain succès. Voilà ma première proposition dedans les professionnels comme tous les professionnels d'autres métiers de protocole pour faire face aux difficultés de la vie d'aujourd'hui qui est on le sait bien nous sommes dans une société qui est de plus en plus incivile. La seconde proposition se rapporte à la réforme des sanctions. Je suis très heureux que monsieur Gabriel Natal fait mention tout à l'heure. Euh dans le domaine des sanctions, là aussi le désordre règle.

Dans le premier degré, quasiment aucun texte pour permettre aux élèves de faire face aux situations d'indicciplé. Dans le second degré, deux systèmes de pénalité coexistent, les punitions et les sanctions, sans qu'on sache exactement lesquels relèvent du premier, lesquels relèv du second. Aucune liste des infractions n'est définie. Aucun barême des pénalités n'est établi. Ainsi donc, collégiens et lycéens sont placés dans l'ignorance des infractions qui pourraient leur être reprochées comme des pénalités qu'il risqueraient d'encourir. Quant au chef d'établissement, il décide seul de l'opportunité de sanctionner et de la nature de la sanction.

On ne saurait concevoir de systèmes plus arbitraires et moins conformes à une éducation civique et juridique. Alors, nous avons au centre résist élaboré un projet de réforme des sanctions. Nous avons communiqué, nous vous l'avons communiqué madame Je lorsque vous étiez ministre et nous l'avons transmis au ministres qui vous ont succédé. Ce projet de réforme, il serait tout simple. Il viserait d'abord à combler les manques actuels, élaboration précise d'une liste des infractions. Et d'ailleurs, cette élaboration d'une liste des infractions, on peut très facilement la faire. J'ai eu l'occasion de le faire à plusieurs reprises avec les élèves eux-mêmes.

Ils savent très bien ce qui ne doit pas se faire au sein de l'établissement. Élaboration de barê indicatif. On peut quand même arriver à classer les infractions en trois catégories. Il a celles qui sont très graves évidemment toutes celles qui touchent aux personnes. Il a d'autres qui sont peut-être un peu moins d'autres encore un petit peu moins. On peut très facilement donc établir non pas on peut pas arriver à une automaticité de de de la peine. Évidemment ce serait ce ne serait pas conforme au droit mais au moins qu'il y ait des indications.

Tout de même, j'ai eu l'occasion récemment dans la dernière année d'observer deux situations dans lesquelles un professeur était insulté par par un élève. Ça s'est soldé, savez-vous, par quoi ? Par une lettre d'excuse. Ce qu'il faut plus dire même pas une sanction, plus une demande de réparation. Mais il conviendrait aussi de réfléchir au prononcé de la sanction. C'est un exercice très délicat qui doit être fait avec sérieux, avec solennité, sans pour autant blessé ni humilié en veillant à distinguer très précisément l'infraction commise qui est répréhensible. Il y a personne qui l'a commise quielle reste toujours digne de digne de respect.

Prononcer une sanction, c'est assurément incarner une autorité qui dans un établissement scolaire sait faire se charger de cet exercice délicat qui a été formé pour le faire. Est-ce toujours et encore au chef d'établissement de de faire ce travail ? Nous avons réfléchi à quelques à quelques dispositifs. Nous les avons testés là encore dans les établissements parce que centre résist on a aussi un autre principe c'est que ça marche on continue ça marche pas on avance et plaisir en débattre avec tous ceux qui le avec tous ceux qui souhaitent.

Voilà donc ma seconde proposition, réformer les sanctions en élaborant une liste des infractions, en établissement un barê indicatif des pénalités et puis en réfléchissant aux conditions dans lesquelles la sanction peut être prononcée. Ma trè proposition ne sera peut-être pas au goût de tout le monde, je ne sais pas. Moi, je me demande quand même, est-ce qu'on peut redonner aux enseignants de l'autorité en continuant à les traiter aussi mal ? Et je ne parlerai même pas ici de leur salaire sur lequel par ailleurs j'aurais beaucoup. Je veux parler de l'organisation des établissement scolaires. Un établissement c'est [grognement] souvent près d'une centaine de personnels.

Ce sont en comptant les élèves et les parents. Centes voire des milliers d'usagers. Imaginerez-vous une entreprise ? Imagineriez-vous une entreprise composée d'une centaine de personnels et concernant un millier d'usagers mais qui serait géré par un directeur, un adjoint et un responsable financier sans aucune ligne d'environnement ? Imagine-t-on les professionnels recrutés sans que la direction a été consultée et sans qu'elle ait examinée si leur profil convenait aux besoins du poste ? Imagine-on des personnels recrutés sans avoir pris connaissance des conditions dans lesquelles ils allaient travailler ni des habitudes de la culture d'entreprise ?

On reconnaîtra sans peine qu'une telle organisation ne saurait être efficace. On pourrait même se demander si elle est simplement viable. C'est pourtant le mode actuel des établissements scolaires. C'est le mode de fonctionnement des établissements scolaires ainsi que des conditions de recrutement et d'affectation des professionnels de l'éducation. L'actuel mode de gouvernance des établissements place les personnels de direction dans une situation proche de l'épuisement professionnel.

Ils doivent être constamment présents pour répondre aux attentes, aux exigences à la fois des autorités de tutelle, des personnels, des élèves, des parents contraints de faire face seul à toutes les difficultés et conflits qui peuvent surgir quotidiennement dans un état. Les enseignants ne sont pas associés à la gestion de l'établissement, ils sont même souvent placés dans une situation totalement infantilisante. Il suffit d'avoir assisté une fois à une réunion de prentrée pour se rendre compte de la de l'état de déresponsabilisation dans lesquels les enseignants sont maintenou. Je vous préciserai tout à l'heure.

Comment des professionnels épuisés pour les uns, infantilisés pour les autres serait-il à même d'incarner une quelconque forme d'autorité ? Quant aux conditions actuelles de recrutement et d'affectation des enseignants, elle contraignent tous les professionnels du système éducatif à travailler dans des conditions qu'ils n'ont aucuneement choisi. Personne n'y trouve son compte. [grognement] Tout le monde est mécontent mais personne n'ose élever la moindre critique à l'égard d'un système aussi absurde qu'inefficace.

Nous avons là aussi fait quelques suggestions à renforcer les équipes de direction et en y associant très largement les enseignants mais aussi des propositions direant à modifier les modes de recrutement et d'affectation des professeurs. Rendre de l'autorité aux enseignants suppose qu'on les recrute et qu'on les affecte dans des conditions dignes de professionnel qualifiés. Pourquoi ces questions demeureraient-elles tabu ? Est-ce qu'il est impossible de les examiner sérieusement ? Alors, renouer avec l'autorité au sein des établissements scolaires, c'est assurément une priorité absolue pour tout citoyen soucieux de l'avenir des jeunes gens.

Mais on l'a dit et répétons-le, l'autorité ça n'est pas l'autoritarisme. Renouer avec elle ne signifie nullement revenir à on ne sait quel ordre ancien. L'école n'a pas besoin du retour du surveillant général ou de celui des blouses grises, des rôes de montagne et des coups de menton propre à flatter l'opinion. pas plus que d'une judiciarisation systématique de toutes les pratiques scolaires. L'école n'a pas besoin non plus de grandes réformes descendant sinon du ciel du moins du ministère et imposé au personnel. L'école n'a-t-elle pas prioritairement besoin [raclement de gorge] qu'on libère localement les énergies et les talents ?

Pourquoi ne pas oser l'expérience de quelques établissements qui pourraient être pilote au départ ? dans lesquels les professionnels seraient recrutés sur la base de l'adhésion à un projet dans lequel les professionnels seraient associés à la gestion de l'établissement. un établissement où toutes les situations de chau, de briade, d'incivilité, d'insultes seraient toutes systématiquement traité où les professionnels disposaient de recommandations, de protocoles pour faire face aux situations difficiles où le système des sanctions serait réformé dans le sens de plus d'efficacité et de justice. Pourquoi ne pas tenter l'expérience ?

Pourquoi ne pas oser l'expérience d'établissement dans lesquels serait garanti le droit fondamental de tout élève d'étudier ? Je vous remercie.