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Discours / meetingUnion Populaire Républicaine· 24 août 2015 17 minAutoproduitActualité / polémiqueEurope & internationalInstitutions & élections

Les partis politiques respectent-ils l'intelligence des français ? - 4/4

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François Asselineau

(Musique) J'hésite un peu à parler de DLR. Je vais faire très rapidement parce que, bon, DLR... D'abord, DLR ne s'appelle plus DLR. DLR s'appelle DLF, c'est-à-dire Debout la République... Et maintenant, c'est Debout la France, comme si la République, finalement, ne plaisait pas à M. Dupont-Aignan. Alors lui, il utilise quoi ? Il utilise la technique du caméléon, le bobard du fin politique et le stratagème de l'ambiguïté permanente. Alors en avril 2007, M. Dupont-Aignan a fait campagne à l'élection présidentielle en proposant de calquer les institutions européennes sur celles des États-Unis. Il a proposé la création d'une Cour suprême européenne sur le modèle de la Cour suprême américaine.

C'était la proposition 24, je crois. C'est-à-dire que M. Dupont-Aignan ignorait probablement l'existence de la Cour de justice de l'Union européenne. Et puis il a proposé la création d'un Sénat des États européens, avec 2 sénateurs par État. C'est exactement un copié-collé du Sénat de Washington. Fort de ces propositions, qu'il n'avait évidemment proposées à personne d'autre en Europe... Je rappelle que pour que ce soit avalisé, il faut quand même l'accord des 27 autres États et gouvernements. Fort de ces propositions, la presse entière a dit : « Voilà enfin un candidat gaulliste ». En juin 2007, M.

Dupont-Aignan a fait campagne à l'élection législative de la 8e circonscription de l'Essonne en ayant pour programme : « Soutien à Nicolas Sarkozy » et « à la majorité présidentielle ». En mars 2010, M. Dupont-Aignan a fait campagne aux élections régionales en faisant alliance avec le parti ultra anti-gaulliste et ultra droitier le Centre national des indépendants (NDLR : et paysans), l'ancien parti de Jean-Marie Le Pen. Il ne disait pas un mot sur l'Europe et développait un programme typiquement poujadiste, exigeant plus de caméras de surveillance dans les lieux publics, tapant contre les Verts et le matraquage fiscal. Et puis DLR, c'est un peu, en fait, le FN light.

J'ai pas très envie d'y passer beaucoup de temps mais c'est un peu la même chose. « PS, UMP, Modem et Verts... Depuis 20 ans, ils ont signé ou soutenu tous les traités européens. Aujourd'hui, ils prétendent vouloir changer l'Europe qu'ils ont eux-mêmes construite, avec les résultats que l'on connaît. Allez-vous les croire ? Nous, nous défendons depuis toujours une France libre et une Europe différente, une Europe utile ». C'est le coup d'une autre Europe, quoi. Il veut une Europe utile. Alors il met ensuite : « Assez de l'Europe de l'UMP et du PS ! ». C'est la même stratégie que le FN. « L'Europe de l'UMP et du PS »... C'est un peu la même stratégie que celle de « I rise up ».

Mais c'est pas l'Europe de l'UMP et du PS ! C'est l'Europe de Mme Merkel, c'est l'Europe de M. Cameron, c'est l'Europe des dirigeants polonais, estonien, slovaque, lituanien, finlandais. C'est l'Europe de 28 États aux intérêts nationaux divergents. Et c'est l'Europe des États-Unis d'Amérique qui supervisent l'exécution. C'est faire beaucoup d'honneur à l'UMP et au PS que de croire que c'est eux qui ont concocté l'Europe ! Les traités européens, c'est pas comme ça que ça c'est passé. Alors « Leurs échecs »... Ça, c'est la phase 1 de la manipulation : le diagnostic cinglant contre la construction européenne.

« Ils facilitent les délocalisations », « Ils méprisent notre vote », « Ils démantèlent les services publics », « Ils cèdent devant la Turquie », « Ils compliquent tout ». Mais c'est qui, I-L-S ? Pour M. Dupont-Aignan, c'est l'UMP et le PS. Mais c'est pas l'UMP et le PS qui cèdent devant la Turquie. C'est pas l'UMP et le PS qui démantèlent les services publics. Ça, c'est les articles 106 et 109 du TFUE. Les délocalisations, c'est l'article 63. Pourquoi est-ce que M. Dupont-Aignan ne dit pas que ce sont les traités européens ? Pourquoi il incrimine l'UMP et le PS ? « Nous, nous voulons une Europe utile ».

C'est la phase 2 de la manipulation : les solutions bidon pour changer l'Europe de l'UMP et du PS. « Une Europe de l'emploi », « Une Europe démocratique », « Une Europe au service de tous », « Une Europe européenne », « Une Europe à la carte ». Je vous l'ai dit tout à l'heure. Pendant l'Europe des 6, Charles de Gaulle n'est pas parvenu à changer l'Europe dans l'esprit qu'il avait, c'est-à-dire d'en faire une Europe à la française. Je vous renvoie à ma conférence : « Qui gouverne la France (NDLR : et l'Europe) ? ». Pendant plusieurs années, Charles de Gaulle, le fondateur de la France libre, l'homme du 18 juin, le fondateur de la Ve République, un des quatre grands de l'histoire mondiale...

À partir de (NDLR : 1965), il a été le dernier survivant. Roosevelt est mort en 1945, Staline en 1953, Churchill est mort en 1965. À partir de cette période, De Gaulle est le dernier géant de l'histoire mondiale. De Gaulle, c'était l'Europe des 6. De Gaulle s'y est cassé les dents. Vous croyez que M. Dupont-Aignan, avec l'Europe à 28, il va changer l'Europe ? (Bruit de crachat). « Nous, nous voulons une Europe utile. Nos solutions »... Bon bah voilà. Tout ça, on a vu, on a compris. Tout ceci, c'est du pipeau. Ce sont des choses qui font parler pour ne rien dire. La seule chose qui est vraiment en notre pouvoir... Nous, nous avons une vision très claire de notre pouvoir.

La seule chose qui soit en notre pouvoir collectif, c'est d'en sortir. C'est tout. Et dire qu'on va imposer... D'ailleurs, moi, je n'ai pas envie d'imposer aux autres mon Europe. Parce que tous ces gens qui réclament la souveraineté française, comme M. Mélenchon qui dit : « La France va taper du poing sur la table »... Mais moi, j'ai pas envie d'imposer aux Allemands, aux Néerlandais, aux Italiens la vision que les Français ont des services publics. Les Français, ils ont leur histoire. Les Néerlandais, ils ont la leur. Les Allemands, ils ont la leur. Les Espagnols, ils ont la leur. Mais que chaque peuple fasse ce qu'il veut chez soi.

C'est d'ailleurs inscrit dans la Charte des Nations unies, la Charte de San Francisco de 1945. Chaque État a le droit inaliénable... Le droit inaliénable des peuples à disposer d'eux-mêmes... Et chaque État peut poursuivre sa voie vers le développement. C'est aussi simple que ça. C'est d'ailleurs le bon sens même, en réalité. Alors ça, je ne résiste pas, quand même, au plaisir de vous faire entendre quand même ce que dit M. Dupont-Aignan de moi. C'était pendant l'élection de 2012 au Cercle des volontaires. Donc il est interviewé. Et on lui demande : « Qu'est-ce que vous pensez de François Asselineau ? », etc. Alors on écoute.

{Moi, par exemple, mon analyse, c'est qu'il faut sortir de l'UE et user de l'article 50. Et le seul candidat qui proposait cela était François Asselineau, qui était complètement occulté des médias et qui, du coup, n'a pas eu ses 500 signatures. Donc qu'est-ce qu'il reste ? — Votez pour moi, voilà. — Oui mais vous ne voulez pas sortir de l'UE. — Je refuse le terme de sortie de l'Union européenne. Vous savez pourquoi ? Parce qu'on n'a pas à sortir du continent où on est. En revanche, je veux renégocier tous les traités pour qu'on refonde une Europe des coopérations respectant les nations. Mais je vais pas me mettre en tort. On est l'Europe. On est au cœur de l'Europe. On n'a pas à sortir.

On va pas sortir la France de son continent géographique}. (Rires). Faut-il commenter ? (Rires). Pour rassurer quand même les partisans de M. Dupont-Aignan, je vais quand même préciser que notre objectif... Non, non. Notre objectif n'est pas de creuser un fossé le long de la frontière avec la Belgique, le Luxembourg, l'Allemagne, la Suisse, l'Italie et l'Espagne. Notre objectif n'est pas de glisser des vérins sous la France et de translater de 3 000 km vers l'ouest la France dans l'océan Atlantique. Ça n'est pas notre objectif. Nous en donnons acte à M. Dupont-Aignan. C'est se foutre de la gueule du monde. Voilà. Oui, la Suisse n'est pas dans l'UE.

Donc elle n'existe pas, semble-t-il, pour M. Dupont-Aignan. Bon, enfin bref, voilà. Vous avez compris. Retenons bien la grande manip. Avant, je faisais quelque chose de plus long sur DLR. Mais ça n'en vaut pas la peine. Retenons bien la grande manip de tous les opposants bidon au système européiste, de tous. FN, FG, DLR devenue DLF, extrême-gauche... Finalement, j'ai presque un petit peu... Pas de sympathie mais presque un petit peu d'indulgence pour l'UMP, le PS et le MoDem, parce qu'au moins, c'est clair. Au moins, on sait que c'est des trucs européistes. On n'est pas trop trompés sur la marchandise. Bon. En revanche, il faut être beaucoup plus précis, vigilant...

Et en fait, moi, j'en veux beaucoup plus au FN, au FG, à DLR, à l'extrême-gauche, aux écolos, à tous ces partis qui prétendent être des partis d'opposition mais qui en réalité servent le système qu'ils prétendent combattre. La grande manip de tous ces prétendus opposants... Premièrement, ils dénoncent de façon virulente et superficielle l'Europe, les questions européennes. Ils font tous un diagnostic cinglant, très méchant mais souvent très bien vu. Ils dénoncent tous. Nous disons à peu près la même chose qu'eux, c'est vrai. Ou eux disent à peu près la même chose que nous quant aux conséquences visibles. Ça, c'est exact.

Mais ils en imputent tous – tous – la responsabilité aux autres partis politiques français et non à l'irréductible divergence des intérêts nationaux qui rend intrinsèquement non viable le projet européen. C'est l'une des différences essentielles. Nous, nous disons que c'est le principe même de base qui ne peut pas marcher ! Et parce que ça ne peut pas marcher, c'est justement ce pour quoi les Américains ne cessent de le promouvoir. Et ils nous demandent de faire entrer la Croatie, maintenant. C'était le 28e État. Et il va falloir faire entrer la Bosnie-Hergézovine. Et puis il va falloir faire entrer la Turquie. Et puis il va falloir faire entrer la Moldavie.

Et puis il va falloir faire entrer, peut-être, la Géorgie, et l'Azerbaïdjan, et l'Ukraine, et puis la Macédoine, etc., etc. Et à chaque fois, à chaque fois qu'il y a un nouvel État, ça complexifie le système, qui devient totalement ingérable et en fait qui permet à l'oligarchie euro-atlantiste de piloter l'affaire. Ils gardent tous, par ailleurs, le silence absolu sur la stratégie des États-Unis en Europe. Demandez au FN, à DLR, au FG, à l'extrême-gauche, aux écolos : « Au fait, qu'est-ce que font les États-Unis avec la construction européenne ? ». (Bruit de bouche). Alors voilà donc un État : les États-Unis d'Amérique, l'hyperpuissance mondiale, qui se préoccupe...

Lorsque d'un seul coup – je sais pas –, le président du Burkina Faso a un cor au pied, aussitôt, Washington réagit. Réagit à n'importe quoi... À ce qui se passe au Népal, ce qui se passe au Paraguay. À chaque fois, Washington a son mot à dire, intervient. Puis pour la construction européenne, qui aurait vocation à s'opposer à eux, les États-Unis resteraient les bras ballants et ne s'y intéresseraient pas ? Ça, c'est la première chose : la dénonciation virulente mais superficielle de ces pseudo-opposants. Et la phase 2 : des solutions bidon qui ne dépendent pas des Français. Tous, autant qu'ils sont : FN, FG, DLR, extrême-gauche, écolos... Ils proposent tous de changer cette Europe.

Sous-entendu, il y aurait une autre Europe possible. Tous se refusent à expliquer par quel miracle ils pourraient convaincre l'unanimité des 27 autres États plus Washington d'approuver leur projet. Jamais ils n'évoquent ce léger détail ! C'est que tout leur projet ne pourrait marcher qu'à la condition que les 27 autres États plus les États-Unis d'Amérique aient donné leur feu vert. Autrement dit, rien. Jamais ça ne se produira. Et puis enfin, la phase 3 de la manipulation, c'est le bobard du fin politique, parce qu'évidemment, l'UPR se développe.

De plus en plus d'adhérents, de sympathisants vont voir les autres partis politiques, participent à des réunions à DLR, au FN, au FG et chez les écolos, parce qu'il y a des gens qui sont quand même sensibles à ce qu'on dit, parce que ce qu'on dit n'est quand même pas totalement stupide. Je suis désolé de le dire. Et donc il y a beaucoup de gens qui viennent nous écouter puis, après, qui vont dans leurs réunions puis qui disent ça. Et à ce moment-là, en général, presque tout le temps, on leur dit... Outre les méchancetés d'usage sur l'UPR, on leur fait le coup du bobard du fin politique, c'est-à-dire : « Oui, mais c'est beaucoup... Asselineau, ça va pas du tout. Il est beaucoup trop...

Il comprend rien à la politique ». Il y a quelqu'un qui s'est fait une spécialité de dire que j'étais un excellent conférencier et que j'étais pas un homme politique. Bon. En attendant, je suis peut-être pas un homme politique mais j'ai créé avec rien, sans argent, sans médias, sans aucun soutien... J'ai créé un mouvement politique qui a maintenant plus de 7 600 adhérents, qui gagne à peu près 9 à 10 adhérents par jour spontanément. C'est le parti en plus forte croissance de France, et sans aucun média. J'ai peut-être quand même quelques – peut-être – qualités en matière politique, j'en sais rien. C'est peut-être une hypothèse à envisager. En attendant, on dit derrière nous que...

Oui, mais nous, on serait... On n'y connaîtrait rien, etc. Il est beaucoup plus malin de ne pas le dire. Vous avez entendu, ça ? Je m'adresse ici à ceux qui vont chez DLR : « Oui, oui. Mais c'est beaucoup plus malin. Faut pas le dire ». Des gens qui se prétendent gaullistes, par exemple, qui disent : « Mais non, faut pas le dire ». C'est comme si quelqu'un était allé voir De Gaulle le 17 juin en disant : « Chutttt ! Demain, on dit rien. C'est beaucoup plus malin de ne pas faire d'appel à la résistance ». Eh bah c'est pas vrai. Ceux qui vous disent qu'il est beaucoup plus malin de ne rien dire...

Face à leurs adhérents qui demandent pourquoi leur projet reste si flou et inconstant, tous, en interne, répondent que ce serait beaucoup plus malin d'avancer masqué, qu'Asselineau et l'UPR ne seraient pas assez fins politiques. Sauf que les autres partis sont tous sur le déclin rapide et que nous, on est en ascension exponentielle. Voilà. Parce que tout simplement, les Français, c'est le peuple de De Gaulle, c'est le peuple de Clémenceau, c'est le peuple des Soldats de l'an II, c'est le peuple de Zola. C'est un peuple qui encaisse beaucoup de choses, qui se laisse un peu aller, qui accepte plein de trucs. Et puis c'est un peuple qui d'un seul coup se réveille.

Et il a des explosions, des éruptions volcaniques. Et c'est un peuple – les Français – qui se rappelle deux choses. La première chose, c'est que ce qui se conçoit bien s'énonce clairement et les mots pour le dire arrivent aisément. Si l'UPR se développe si rapidement, c'est parce que nous disons la vérité. Je crois, au cours de cette conférence, vous avoir déballé tout ce que j'avais à vous dire. Je ne pense pas, à aucun moment dans cette conférence, avoir tenu des propos abscons, difficiles à comprendre. Sinon, vous me le direz. Mais je crois que tout ce que j'ai fait, c'est quelque chose d'extrêmement clair. Et les Français, ils aiment la clarté. C'est un peuple quand même cartésien.

Et la deuxième chose, c'est qu'il ne faut jamais dire aux Français qu'ils ne peuvent pas faire quelque chose et les prendre pour des enfants ou des imbéciles. Au contraire, toute l'histoire de France a montré que lorsque l'on prenait les Français pour des gens intelligents, des gens responsables, des gens qui devaient sauver leur pays, c'est à ce moment-là qu'on obtient des Français un miracle : le miracle du redressement de la France. Comme le disait Napoléon : « Impossible n'est pas français ». Merci beaucoup de votre attention. (Applaudissements)