Boris Vallaud face à Thomas Sotto sur RTL (intégrale)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 94 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:14OuverteRéponse directe
Quelle réponse donner à Donald Trump ? Faut-il sortir ce bazooka ?
- 1:23FerméeRéponse directe
Après les annonces de Sébastien Lecornu, est-ce que vous allez voter ce budget ?
- 2:16FerméeRéponse partielle
S'il y a utilisation du 49.3, est-ce que vous voterez la censure derrière ?
- 3:51OuverteRéponse directe
Est-ce qu'on peut venir un instant au fond des choses ?
- 5:39RelanceRéponse directe
Qui va payer ? Parce que les 8 milliards, ils existaient déjà.
- 6:27FerméeRéponse directe
Est-ce que pour vous, le seuil des 5% c'est fondamental ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:20Invité politiqueFait
« la réaction des Européens de solidarité avec le Danemark et le Groenland en envoyant des troupes a été la bonne réponse. »
- 1:29Invité politiqueFait
« Ce budget, il ne sera pas soumis à notre vote. »
- 1:40Invité politiqueFait
« Il est d'une certaine manière l'addition de 8 ans d'une politique que nous condamnons. »
- 4:11Invité politiqueFait
« avec le gel des pensions, avec le gel de l'allocation adulte handicapée, avec le gel des APL, avec le gel du RSA, avec le gel du barème de l'impôt sur le revenu »
- 5:01Invité politiqueChiffre
« Il y a 7 milliards de mesures annoncées. Le Premier ministre a annoncé hier que ce qu'on appelle la surtaxe IS sur l'impôt sur les sociétés va rester à 8 milliards. »
- 5:20Invité politiqueChiffre
« ce sont des entreprises dont le taux effectif de l'impôt sur les sociétés est de façon chronique 50% inférieur à celui des PME et des TPE. »
- 6:35Invité politiquePromesse
« C'était l'objectif que nous étions nous-mêmes assignés dans les propositions que nous avons faites. D'avoir un déficit qui soit un déficit en baisse. »
- 6:53Invité politiqueFait
« Sur les 5% ? C'est une ligne rouge. »
Temps de parole
- Boris Vallaud81 %
- Présentateur18 %
≈ 2,1 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Thomas Soto, RTL Matin.
C'est le patron des députés socialistes à l'Assemblée, il est aussi le député des Landes, Boris Vallaud, et l'invité d'RTL Matin. Bonjour et bienvenue sur RTL, Boris Vallaud. Bonjour. Je voudrais qu'on se dise quelques mots quand même sur ce que vient de nous dire François. Le risque c'est de capituler. Quelle réponse donner, quelle réponse réaliste, raisonnable donnée à Donald Trump ? Faut-il sortir ce bazooka ?
Je crois que d'abord la réaction des Européens de solidarité avec le Danemark et le Groenland en envoyant des troupes a été la bonne réponse. Maintenant face à la menace en effet des droits de droite américains, il faut répondre avec à la fois la même unité et la même détermination. Et le même niveau œil pour œil, dents pour dents ? Oui, on ne peut pas se laisser traiter comme, j'allais dire, des valets d'une Amérique impérialiste, brutale, instable, imprévisible et qui ne connaît qu'une règle et qu'une loi, la loi du plus fort. Est-ce que Donald Trump est toujours un de nos amis, un de nos alliés ou pas ? Écoutez, manifestement de moins en moins.
De moins en moins.
Il n'agit que, je n'irais même pas dans l'intérêt de l'Amérique, dans son intérêt personnel avec les règles qui ne sont pas celles du droit, pas celles du droit international, pas celles de la démocratie et c'est extrêmement inquiétant en effet.
Bon. Alors on va parler du budget, Boris Vallaud. Tout à l'heure en parlant de vous, Etienne Jarnel disait, c'est lui le Premier ministre. C'est plus un budget d'ailleurs, c'est une négociation de marchands de tapis. Alors on va y aller direct. Une fois pour toutes, après les annonces de Sébastien Lecornu vendredi soir, est-ce que vous allez voter ce budget ?
Ce budget, il ne sera pas soumis à notre vote. Nous n'aurions pas voté parce qu'il est, en dépit de ce que nous avons réussi, et on y reviendra à faire bouger, il n'est pas notre budget. Il est d'une certaine manière l'addition de 8 ans d'une politique que nous condamnons. Mais nous avons, dans un Parlement sans majorité, fait le choix d'être une opposition utile qui se bat pied à pied, depuis des mois et des mois, pour les Françaises et les Français. Et qui ramène tout ce qu'il essaie d'obtenir aux hommes et aux femmes qui n'ont que leur travail pour vivre, à la jeunesse, aux retraités, aux actifs. Et c'est ce que nous avons fait.
Il n'y aura donc probablement pas de vote. D'ailleurs, il y a un conseil des ministres cet après-midi, pendant lequel le gouvernement va décider soit le 49.3, soit de passer ce budget par ordonnance. S'il y a utilisation de l'article 49.3, est-ce que vous voterez la censure derrière ?
Ce que nous avons dit, c'est que compte tenu d'un certain nombre d'avancées, mais sur lesquelles j'aimerais qu'on puisse être précis pour dire de quoi il s'agit, nous allons dans le bon sens et nous pouvons envisager, en effet, une non-censure. Mais de quoi parlons-nous ?
Ça veut dire que vous libérez le Premier ministre de la demande solennelle que vous lui avez faite de ne pas utiliser le 49.3.
Mais nous, vous savez, nous avons fait un choix, nous avons formulé une demande, que le Parlement soit respecté, que le débat parlementaire puisse avoir lieu, qu'il n'y ait pas... Mais nous aurions aimé, comme nous avons fait sur le loi de finances et la sécurité sociale, aller au bout de cela. Mais il se trouve qu'il y a des forces politiques qui, depuis le départ, ne l'ont jamais souhaité, ne l'ont jamais même envisagé la possibilité du compromis sur le choix du pire. Donc cette injonction du pas de 49.3 n'existe plus dans votre... Mais on a besoin d'un budget. Si, c'est ce qu'a dit le Premier ministre qui a bien déterminé les responsabilités.
Je veux dire que les socialistes ont depuis des mois assumé leurs responsabilités et le feront depuis le départ. Mais parce que nous, nous ne demandons rien, nous sommes mis devant une forme de fait accompli en ayant fait, je crois, notre devoir de parlementaire depuis le début. Donc je ne veux pas inverser l'ordre des responsabilités. C'est un peu hypocrite. Aujourd'hui, je regarde où nous en sommes. C'est un peu hypocrite, Boris Vallaud. Non, ce qui serait hypocrite, c'est de ne pas considérer que, entre la copie initiale et ce que nous avons obtenu aujourd'hui pour les Françaises et les Français, nous n'avons pas fait œuvre utile.
Et je crois, comme socialistes, nous avons fait œuvre utile. Est-ce qu'on peut venir un instant au fond des choses ?
Oui, il mesure sur le pouvoir d'achat, sur le logement social, 400 millions, sur l'éducation nationale, 2000 postes qui ne seront pas supprimés. Mais ça n'est pas rien. Regardez d'où nous partions. Je ne dis pas que c'est rien.
D'où nous partions au mois de septembre. Mais qui va payer ? Avec l'année blanche. Nous avions des économies qui étaient faites sur le dos des retraités, sur le dos des jeunes, sur le dos des actifs, avec le gel des pensions, avec le gel de l'allocation adulte handicapée, avec le gel des APL, avec le gel du RSA, avec le gel du barème de l'impôt sur le revenu, ce qui revenait à augmenter les impôts pour tous les Français. Donc il vous va très bien ce budget. Je dis que nous avons fait reculer le gouvernement sur un certain nombre des points qui étaient une politique, qui était injuste, brutale, pour les Français, pour lesquels les fins de mois, je l'ai toujours dit, étaient difficiles.
Est-ce que c'est le budget idéal ? Est-ce que c'est notre budget ? Est-ce que c'est celui que nous aurions fait ? Non. Et notamment, vous me posez la question de la fiscalité. Je crois que nous avons dans ce débat, sans l'obtenir comme nous l'aurions souhaité, posé un débat qu'on ne pourra plus esquiver dans les prochaines années, que celui de la justice, de la justice fiscale. Ça vaut pour les personnes physiques. Nous ne l'avons pas obtenu, parce que nous n'avons pas eu la taxe de Gabriel Zupan. Mais qui, pardon, mais toutes ces... En l'occurrence, je veux répondre très précisément. Il y a 7 milliards de mesures annoncées.
Le Premier ministre a annoncé hier que ce qu'on appelle la surtaxe IS, sur l'impôt sur les sociétés, va rester à 8 milliards. Rester à 8 milliards, comme l'année dernière. Pour quelques centaines d'entreprises. Et ça ne suffit pas à ramer le déficit à 5%. C'est 8 milliards d'impôts. Je voudrais juste dire que ce sont des entreprises dont le taux effectif de l'impôt sur les sociétés est de façon chronique 50% inférieur à celui des PME et des TPE. Et donc, nous ne voulions ni que les petites entreprises soient mises à contribution, ni que les ménages, celles et ceux qui travaillent, notamment les plus modestes... Donc, je vous pose ma question. Qui va payer ?
Parce que les 8 milliards, ils existaient déjà. Non, détrompez-vous. Oui, ça devait être... Détrompez-vous. Et pour le Sénat, c'était 0. Donc, c'est 8. Il va y avoir des mesures sur l'optimisation dans les holdings. Il va y avoir le rétablissement de l'IFI qui avait été supprimé par le Sénat. Mais il n'y aura pas d'allègement de charges sur la baisse de la CVAE. Il n'y aura pas de CVAE. Mais vous savez que depuis le début, nous avons combattu la baisse de la CVAE qui, dans la part dont on parle, concernait essentiellement les banques et les assurances qui n'en ont pas besoin. Cotillation sur la valeur ajoutée des entreprises. Et donc, la justice, elle est là aussi.
Vous savez, il y a une mesure pour laquelle on s'est battu qui est extrêmement importante. Qui est la mesure pouvoir d'achat. L'augmentation pour un peu plus de 3 millions de ménages de la prime d'activité.
Je vais vous reciter Etienne Jernel. Il lâche de l'argent qui n'existe pas. Est-ce que pour vous, le seuil des 5% c'est fondamental ? De ne pas être au-dessus des 5% ?
Mais M. Jernel, évidemment, il est l'adversaire résolu de toute espèce de fiscalité sur les grandes entreprises et sur les riches. Bon, ben, il défend son point de vue. Sauf que la réalité, c'est que les grandes entreprises dont je parle payent structurellement moitié moins d'impôts sur les sociétés en proportion. Sur les 5% ? C'est une ligne rouge.
Est-ce que vous dites qu'il ne faut pas que ce budget dépasse 5% ?
C'était l'objectif que nous étions nous-mêmes assignés dans les propositions que nous avons faites. D'avoir un déficit qui soit un déficit en baisse. Et comment nous voulions l'atteindre ? Par plus de justice. Et certainement pas en faisant des économies sur les personnes âgées, sur les actifs, sur les jeunes. Les jeunes, pardon, ont obtenu le repas à 1 euro pour tous. Vous savez que les rangs des banques alimentaires n'ont pas désempli depuis la fin du Covid. Et donc, oui, nous avons des mesures de justice qui sont pour nous très importantes.
J'ai une autre question de cuisine, on va dire. C'est soit le 49.3, soit les ordonnances. Si le gouvernement décide de passer par des ordonnances, question très claire, est-ce que vous censurez le gouvernement ?
Est-ce que les socialistes censurront le gouvernement ? Je pense que cette hypothèse-là est sans objet dès lors qu'on s'achemine vers la possibilité d'une non-censure. Et je pense que cette mesure-là, elle serait inédite sur le plan des pratiques.
Il vous l'a dit ou pas ? Il vous l'a dit qu'il n'y aura pas d'ordonnances, ça sera le 49.3 ?
Je crois que c'est ce vers quoi on s'oriente. Il vous l'a dit ? Je crois que c'est ce vers quoi on s'oriente. Est-ce qu'il vous l'a dit avec sa bouche et vous l'avez entendu avec vos oreilles ? Avec sa bouche, il sait qu'il serait hasardeux d'utiliser les ordonnances qui en plus de ça renverraient à une nouvelle loi. Parce que vous pourriez censurer ? Si c'est les ordonnances, vous pourriez censurer ? Je veux aujourd'hui prendre pour les Françaises et les Françaises ce que nous avons obtenu pour eux dans une discussion, une négociation qui a été âpre, difficile, qui relève du rapport de force, du bras de fer. Si vous pensez que les choses ont été simples, elles ne l'ont pas été.
Mais Boris Vallaud, c'est un rapport de force permanent.
J'ai l'impression que tout le monde se fait triturer. Est-ce qu'il ne serait pas plus simple et plus démocratique de demander une remise des compteurs à zéro avec une nouvelle dissolution ? Vous entendez tous ceux qui disent les socialistes, les LR, ils soutiennent le budget pour une raison simple ? C'est que s'il y a des élections, ils perdent leur job.
Est-ce qu'ils seront battus ? D'abord, vraiment, je ne crois pas que ce soit du tout la motivation. Vous avez vu la situation dans laquelle nous sommes, d'instabilité économique, d'insécurité sur le plan des relations internationales. Nous avons fait aussi la démonstration que finalement, la démocratie parlementaire, ce n'était pas totalement inutile. Et ceux qui ne font pas le pari de la démocratie parlementaire, qui ont refusé depuis le début, depuis des mois, depuis le mois de septembre, le principe même du parlementariat, ceux-là sont ceux qui véritablement affaiblissent le débat démocratique et ceux que nous sommes.
Bon, on se résume, c'est un 49-3, vous ne s'en suerez pas.
Écoutez, nous attendons encore quelques réponses, on a demandé la copie finale, je pense que nous l'aurons, mais que chacun mesure d'où nous partons et où nous en sommes. Ça n'est pas idéal, mais enfin, les Français, au moins, ne seront pas passés, pour ceux qui n'en peuvent déjà plus, à la tondeuse de ces économies, et c'est important.
Merci beaucoup, Boris Vallaud, d'être venu ce matin sur... Merci beaucoup, Boris Vallaud,
d'être venu ce matin sur... ... ... ... ...
Boris Vallaud