A Lille, "plus de 80 commerces ont été pillés ou vandalisés, le maire Arnaud Deslandes réclame une commission d'enquête
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Attaque 60 %Défensif 40 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 72 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:25OuverteRéponse partielle
Le maire PS de la ville, Arnaud Deslandes, est avec nous ce matin pour revenir sur ces violences. Il répond à vos questions.
- 0:37OuverteÉludée
Qu'est-ce que vous pouvez nous dire de ce climat et d'éventuels nouveaux dégâts ?
- 1:06OuverteRéponse directe
Comment vous avez réagi quand vous avez vu ces scènes de chaos dans la ville ?
- 2:37OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que vous, vous demanderiez ?
- 4:24OuverteRéponse directe
Est-ce que vous allez vous y joindre ? Est-ce que vous aussi vous lancez un appel devant la mairie de Lille ?
- 4:50OuverteRéponse directe
Comment vous expliquez la présence de tout jeune ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:54InvitéChiffre
« notre dernier pointage donne à plus de 80 le nombre de magasins qui ont été vandalisés, dont la moitié littéralement pillés. »
- 1:54InvitéFait
« le prix de l'essence était toujours à 2,30€ le litre, donc ça n'a pas changé. »
- 2:15InvitéFait
« Voilà, c'est une allocution parmi les plus vides de celles que j'ai eu à entendre de sa part depuis maintenant dix ans qu'il est au pouvoir. »
- 3:39InvitéFait
« il n'y avait effectivement pas immédiatement devant la mairie de la police nationale. »
- 4:08InvitéFait
« nous n'avons eu qu'une intrusion finalement assez légère avec très peu de dégâts matériels. »
- 4:12InvitéFait
« le symbole politique de l'intrusion dans cette mairie, comme ça a été le cas à Marseille. Et plus encore, évidemment, à Limoges, qui a été littéralement incendiée. »
- 5:06InvitéFait
« Moi je ne le ferai pas à Lille, d'abord parce que hier, ces groupes de jeunes, ils étaient là à 18-19h. »
- 5:18InvitéFait
« il y a eu une forme d'opportunisme lié à l'ambiance générale et au saccage de samedi soir pour se dire qu'il était possible encore de piller un peu plus. »
- 5:57InvitéChiffre
« on en a repéré plus de 80 aujourd'hui qui ont été vandalisés et ou pillés. »
Temps de parole
- Invité68 %
- Arnaud Deslandes21 %
- Présentateur10 %
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Et à 7h44, c'est l'invité d'Ici Matin. Une cinquantaine de commerces ont été vandalisés samedi en marge de la mobilisation contre la Vichère qui a réuni entre 24 000 et 50 000 personnes dans les rues de Lille. Des scènes d'émeutes ont agité le centre-ville pendant plusieurs heures. Le maire PS de la ville, Arnaud Deslandes, est avec nous ce matin pour revenir sur ces violences. Il répond à vos questions, Stéphane Barbero. Bonjour Arnaud Deslandes.
Bonjour. Il y a eu à nouveau un climat de tension hier en fin de journée dans les rues de Lille. Qu
'est
-ce que vous pouvez nous dire de ce climat et d'éventuels nouveaux dégâts
?
Pas trop de dégâts hier soir pour le coup, mais un groupe de 200 à 300 personnes manifestement venus là pour le coup pour ne faire que des pillages qui ont sévi dans une partie du centre-ville, notamment sur la rue Basse et qui ont été repoussés par les forces de l'ordre. Donc à ma connaissance, à l'heure où je vous parle, pas de pillages supplémentaires, mais je corrige déjà les chiffres qui ont été donnés puisque notre dernier pointage donne à plus de 80 le nombre de magasins qui ont été vandalisés, dont la moitié littéralement pillés. Oui, ça s'est
déroulé samedi. En effet, comment vous avez réagi quand vous avez vu ces scènes de chaos dans la ville et comment vous l
'expliquez
? Alors,
il
y a déjà une chose à savoir, c'est que moi je n'étais pas à Lille samedi puisque j'étais auprès de ma mère souffrante et je pense que quand on est loin, c'est encore pire. C'est-à-dire que j'étais absolument catastrophé, bouleversé, les mots peuvent manquer même tellement j'étais atterré par ce que je voyais et très triste, très triste pour la ville bien sûr, pour les commerçants qui se sont touchés, très triste pour les Français qui regardaient ces images incrédules et très triste pour le mouvement social aussi. Parce qu'en fait, on a oublié de dire que près de 50 000 personnes, entre 25 et 50 000 sont les pointages, ont défilé samedi dans la rue, c'est historique,
c
'est inédit, telle ampleur à Lille pour manifester contre la vie chère. Et tout ce que je remarquais, c'est que dimanche matin, quand je reprenais la route pour rentrer sur Lille, le prix de l'essence était toujours à 2,30€ le litre, donc ça n'a pas changé. La question de la vie chère, du pouvoir d'achat est toujours au cœur des préoccupations et ça, il faut continuer à militer, à travailler au-delà des saccages et des pillages qui ont eu lieu, qui nous ont tous fait beaucoup de mal.
Emmanuel Macron s'est exprimé à la télévision hier soir, vous disiez ne pas en attendre grand-chose avant même qu'il
s'exprime. Je n
'ai
pas été déçu, il
n'a
rien dit. Voilà, c'est une allocution parmi les plus vides de celles que j'ai eu à entendre de sa part depuis maintenant dix ans qu'il est au pouvoir, j'ai déjà eu l'occasion de le dire, mais je pense que le crépuscule du macronisme est lent et pénible. Il est temps que ça s'arrête.
L'Elysée annonce ce matin avoir refusé la démission de Laurent Nunez, le ministre de l'Intérieur, tout en lui demandant de déployer au plus vite sur le terrain de nouveaux modes d'action contre les casseurs. Qu'est-ce que vous, vous demanderiez ?
Moi, j'aurais accepté la démission du ministre de l'Intérieur. Je trouve que vu ce qui s'est passé dans tout le pays samedi soir,
c
'était la moindre des choses. Maintenant, nous nous réclamons avec les parlementaires, notamment Audrey Lincoln et Patrick Cannaire, qu'il y ait une commission d'enquête
qui
soit établie sur ce qui s'est passé samedi soir. Pourquoi une telle sous-estimation initiale du mouvement ? Pourquoi une telle faillite des renseignements territoriaux ? Où et comment ont été affectées les forces de l'ordre dans la soirée de samedi ? Pour que dans toutes les grandes villes du pays, on ait pu assister à de telles scènes de pillage qui ont donné peut-être l'impression, parfois, d'une forme d'abandon. Donc là, on a quand même des réponses à attendre et j'espère que nous les aurons rapidement.
Ici Nord, il est 7h47. Nous sommes en direct avec le maire PS de la ville de Lille, Arnaud Deslandes.
Parce que quand l'entrée de la mairie de Lille, côté porte de Paris, est attaquée, il n
'y a
pas de police nationale pour aider les agents municipaux, la police municipale qui résiste aux
casseurs
? À
la première tentative d'intrusion, qui a malheureusement été couronnée de succès, il n'y avait effectivement pas immédiatement devant la mairie de la police nationale. C'est une des interrogations qu'on peut avoir. Ils sont arrivés après, ils ont empêché que d'autres intrusions se fassent. Et là, je veux quand même saluer d'avoir le courage des policiers municipaux. Et puis aussi des élus qui étaient là samedi, qui sont venus, qui ont sauvegardé la mairie, si je puis dire, pour repousser les casseurs. Et donc, nous n'avons eu qu'une intrusion finalement assez légère avec très peu de dégâts matériels.
Mais je reconnais le symbole politique de l'intrusion dans cette mairie, comme ça a été le cas à Marseille. Et plus encore, évidemment, à Limoges, qui a été littéralement incendiée, est lourd et fort et interroge beaucoup. Il y
a plusieurs appels à manifester justement devant des mairies aujourd'hui, dans la région y compris.
Est
-ce que vous allez vous y joindre ?
Est
-ce que vous aussi vous lancez un appel devant la mairie de Lille ? Nous serons présents
dès midi, devant l'hôtel de ville, côté porte de Paris, avec les agents et avec tous ceux qui voudront nous rejoindre pour redire notre attachement. D'abord à notre hôtel de ville, évidemment, qui a été vandalisé en partie très légèrement samedi. Mais surtout pour redire notre attachement à la République et à ses valeurs.
Je
reviens sur hier, ce qui s'est passé aussi en fin de journée à Lille. Il y avait beaucoup de jeunes, parfois très jeunes, 14, 15 ans. Comment vous expliquez la présence de tout jeune ? Est-ce que Alnice Dufour-Coligny, la maire de Denain par exemple, un collègue socialiste, elle a annoncé, a mis en place dès hier soir un couvre-feu pour les mineurs. Est-ce que c'est envisageable
? Moi je ne le ferai pas à Lille, d'abord parce que hier, ces groupes de jeunes, ils étaient là à 18-19h.
Donc
le couvre-feu généralement commence à 22h
ou
23h, donc ça n'aurait pas eu d'effet par ailleurs. Là je pense juste qu'il y a eu
une
forme d'opportunisme lié à l'ambiance générale et au saccage de samedi soir pour se dire qu'il était possible encore de piller un peu plus. Donc les choses n'ont heureusement pas plus dégénéré que ça,
mais
j'espère que ça ne se reproduira pas et que nous aurons les forces de l'ordre dont nous avons besoin pour assurer la sécurité dans le cœur de ville, pour assurer les commerçants, que nous verrons aujourd'hui autour d'une cellule de crise que nous mettons en place avec l'adjoint en charge, Franck Hano.
Oui, pour finir c'est ça, évoquons peut-être les commerçants qui ont besoin d'être assurés dans le centre-ville de Lille, j'imagine. Qu'est-ce qui va se passer pour eux ? Qu'est-ce que vous mettez en place ?
Non, mais ils ont en place une cellule de crise. Dès aujourd'hui, avec les commerçants qui sont touchés, donc je vous ai dit, on en a repéré plus de 80 aujourd'hui qui ont été vandalisés et ou pillés, on va faire en sorte aussi d'avoir autour de la table ce qu'on appelle les autorités consulaires, c
'est
-à-dire la CCI, la Chambre de commerce, la Chambre des métiers. L'État est aussi, là pour le coup, c
'est
la seule chose qu'a pu dire le Président de la République hier soir, prêt à être avec nous autour de la table, donc on va essayer de les aider d'abord dans le montage des dossiers auprès des assurances, les aider notamment pour assurer la sécurisation des magasins pour ceux qui pourraient encore présenter une forme de fragilité.
On
a déjà mis
beaucoup
d'aides avec les services de la mairie pour mettre les planches de bois, etc. Donc on va essayer de lancer toute une série d'actions auprès d'eux, leur dire qu
'ils
ne sont pas seuls et abandonnés, et je comprends en tout cas qu'ils soient pour une partie traumatisée. Moi j'ai vu, comme tout le monde met à distance les images notamment du McDo sur la Grand Place qui brûlait, et je reconnais que tout ça est traumatisant. Et il aurait pu
bien dégénérer avec des magasins emblématiques juste à côté le furet du Nord notamment. Merci Arnaud Deslandes, socialiste de Lille, d'avoir été invité d'ici Nord ce matin. Bonne journée.
Et vous alors à la maison, qu'est-ce que vous attendez pour la suite après l'allocution du Président de la République hier ? Est-ce que vous êtes convaincu ou pas ? Qu'attendez-vous ? Est-ce que vous pensez que Laurent Nunez, ministre de l'Intérieur, doit démissionner ? Vos réactions, vos témoignages ? 0-3-20-55-89-89.