L'OTAN face au risque d'embrasement... - C dans l’air - l’invité - 17.06.2025
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 40 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:15OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que vous comprenez de la déclaration de Trump sur l'Iran ?
- 1:30OuverteRéponse directe
Craignez-vous un engagement américain dans le conflit Israël-Iran ?
- 3:00RelanceRéponse directe
F.Hollande considère que Trump porte une responsabilité dans l'embrasement. Qu'en pensez-vous ?
- 4:30OuverteRéponse directe
Que faut-il attendre du sommet de l'OTAN la semaine prochaine ?
- 5:30RelanceRéponse directe
Qu'est-ce qui a été prévu concernant les dépenses militaires ?
- 6:30OuverteRéponse directe
Poutine profite-t-il du désordre au Proche-Orient pour avancer en Ukraine ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 3:00F.HollandeFait
« Il peut y avoir un embrasement du monde. C'est la raison pour laquelle la volonté de la communauté internationale, si elle existe encore, c'est de demander une désescalade. C'est D.Trump, le responsable. »
- 3:30F.HollandeFait
« En arrivant au pouvoir, D.Trump a brisé cet accord, est sorti de l'accord. »
- 4:00F.HollandeFait
« Il y a eu, de la part de l'Iran, une menace nucléaire et une poursuite de son programme. »
- 4:30C.GrandFait
« D.Trump était sorti de cet accord unilatéralement et avait mis un terme à l'initiative diplomatique la plus réussie pour essayer de contrôler les ambitions nucléaires iraniennes. »
- 5:30C.GrandChiffre
« Une décision de principe pour porter les dépenses militaires à 3,5 % du PIB, plus 1,5 % sur des dépenses annexes. »
- 6:00C.GrandChiffre
« Ca répond à la demande explicite de D.Trump de dire qu'il faut dépenser 5 % du PIB pour la défense. »
- 7:30C.GrandChiffre
« On parle de 20 000 hommes, peut-être plus, avec un retour à des chiffres de l'ordre de plutôt 65 000 ou 70 000 hommes en Europe. »
- 8:00C.GrandChiffre
« Ce serait la présence américaine la plus basse depuis 1945. »
Modèle mistral-small-2603 · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
ou 100% remboursé. ... - C.Roux: Bonsoir.
Bienvenue dans "C dans l'air". Le sommet de l'Otan se réunit à La Haye la semaine prochaine pour une réunion capitale au coeur des discussions, l'augmentation du budget consacré à la défense, mais aussi la diplomatie erratique de D.Trump et, naturellement, l'embrasement au Proche-Orient.
Nous en parlons avec C.Grand. Bonsoir.
Vous êtes ancien secrétaire général adjoint de l'Otan, actuellement chercheur au Conseil européen pour les relations internationales. Je voudrais débuter cette interview par l'attitude générale de D.Trump.
Le président américain a quitté précipitamment la réunion du G7 en expliquant qu'il voulait régler définitivement la question iranienne et en appelant à l'évacuation de Téhéran. Qu'est-ce que vous comprenez de cette déclaration? - C.Grand: On a un 1er signal: D.Trump n'est pas très intéressé à l'idée de discuter avec ses plus proches alliés de ce qu'il va faire au Moyen-Orient, en Ukraine ou ailleurs.
Au passage, un petit tacle au président de la République pour dire qu'il n'avait pas compris ce qu'il allait faire. En même temps, il n'explique pas ce qu'il va faire non plus. Ce qui est compliqué, c'est qu'à l'instant où on parle, on est dans l'expectative pour savoir si tout ça était le signal de frappes américaines imminentes ou la volonté de relancer, d'imposer aux Iraniens une sorte de sortie de crise diplomatique en profitant de les trouver en situation de faiblesse. - C.Roux: Evidemment, le monde s'inquiète, notamment quand on voit que les Américains ont détourné leur porte-avions Nimitz, désormais en direction du Proche-Orient.
Est-ce qu'à cette heure-ci, vous craignez un engagement américain dans le conflit entre Israël et l'Iran? - C.Grand: D.Trump s'est fait élire en disant qu'il ne commencerait pas de nouvelle guerre.
Il a toujours été assez hésitant sur l'usage de la force. C'est une de ses constantes en politique étrangère. Cela dit, dans l'affaire d'aujourd'hui, c'est vrai qu'il a laissé les Israéliens frapper l'Iran et frapper de manière assez massive.
C'est ce qui distingue d'échanges précédents. On s'interroge sur le degré d'implication des Etats-Unis. Est-ce qu'il s'agit simplement d'un soutien par la livraison d'équipements, d'un soutien pour du ravitaillement en vol ou est-ce que les Etats-Unis vont s'engager dans ce conflit, notamment en déployant des bombardiers américains avec des bombes pouvant frapper des cibles que les Israéliens n'ont pas réussi à détruire? - C.Roux: Pendant des années, vous avez été le numéro 2 de l'Otan, un très bon poste d'observation des désordres du monde.
Avec le retour de D.Trump, certains considèrent, dont F.Hollande, qu'il a une part de responsabilité dans ce qui est en train de se passer entre Israël et l'Iran. - F.Hollande: Il peut y avoir un embrasement du monde.
C'est la raison pour laquelle la volonté de la communauté internationale, si elle existe encore, c'est de demander une désescalade. C'est D.Trump, le responsable.
En arrivant au pouvoir, D.Trump a brisé cet accord, est sorti de l'accord. Il y a eu, de la part de l'Iran, une menace nucléaire et une poursuite de son programme. - C.Roux: Il est responsable? - C.Grand: F.Hollande fait référence à l'accord qui devrait encadrer les activités nucléaires de l'Iran, qui avait été signé par B.Obama et F.Hollande et qui était né d'une négociation avec les Européens, les Russes, les Chinois, les Américains et les Iraniens.
D.Trump était sorti de cet accord unilatéralement et avait mis un terme à l'initiative diplomatique la plus réussie pour essayer de contrôler les ambitions nucléaires iraniennes. D'une certaine manière, il porte une très lourde responsabilité, d'autant plus que l'accord qu'il essayait de négocier avant les frappes israéliennes ressemblait à s'y méprendre à cet accord précédent.
On est vraiment dans quelque chose d'assez ambigu, avec un D.Trump comme un Janus à 2 faces. Il veut négocier, faire des deals et, en même temps, il utilise la force et bouscule ses adversaires et partenaires. - C.Roux: Quand la loi du plus fort commande...
Le sommet de l'Otan est prévu à La Haye la semaine prochaine. Que faut-il attendre de ce sommet, dans un contexte international d'extrêmes tensions? - C.Grand: C'est le 1er sommet de la nouvelle administration Trump.
Mais ce n'est pas le 1er sommet de D.Trump. On a des souvenirs du sommet de 2018 où il avait fait un clash avec ses alliés sur la question de la dépense militaire.
Tout a été préparé pour essayer d'épargner à l'Otan une crise de ce type. - C.Roux: Qu'est-ce qui a été prévu? - C.Grand: Une décision d'augmenter les dépenses militaires, une décision de principe pour porter les dépenses militaires à 3,5 % du PIB, plus 1,5 % sur des dépenses annexes.
Ca répond à la demande explicite de D.Trump de dire qu'il faut dépenser 5 % du PIB pour la défense. C'est un jeu de calcul assez malin parce que ça clôt temporairement le débat sur le partage du fardeau entre Américains et Européens.
D.Trump va pouvoir déclarer une sorte de victoire. "J'ai gagné, grâce à moi, les Européens dépensent davantage." Mais ça ne résout pas tout.
La guerre continue en Europe. On en parle moins ces jours-ci, mais Kiev est sous les bombardements russes. Il y a eu beaucoup de morts dans les villes ukrainiennes.
Il y a la vraie question de savoir si les Américains et Européens vont être alignés sur le dossier ukrainien. - C.Roux: On sait qu'ils ne le sont pas. - C.Grand: Les Américains cherchent une paix à n'importe quelle condition.
Les Européens insistent pour préserver les intérêts de sécurité de l'Ukraine et de l'Europe dans cette affaire. - C.Roux: Est-ce que Poutine profite de la situation et du désordre au Proche-Orient pour avancer ses pions et multiplier les frappes en Ukraine? - C.Grand: Evidemment, il tire profit du fait que l'attention du monde se focalise sur le Moyen-Orient pour amplifier sa campagne en Ukraine.
Il y a des doubles frappes sur les villes et les infrastructures et une offensive terrestre qui essaie de prendre de l'ampleur. - C.Roux: Est-ce que vous pensez que les Américains pourraient se désengager de l'Otan?
C'est-à-dire, par exemple, retirer des troupes basées sur le territoire européen...
Aux alentours de 100 000 hommes sont positionnés sur les bases de l'Otan. Pourraient-ils se désengager? - C.Grand: Non seulement ils pourront, mais ils vont le faire.
Ils l'ont annoncé. C'est problématique. Ils ont dit qu'ils allaient annoncer l'ampleur du retrait américain après le sommet.
Une partie du deal, c'est-à-dire que les Européens dépensent davantage, va être annoncée. L'autre partie du deal, à savoir la présence américaine, n'est pas claire. Les Américains restent en Europe mais vont significativement réduire leur présence militaire en Europe.
L'ordre de grandeur n'est pas connu. On parle de 20 000 hommes, peut-être plus, avec un retour à des chiffres de l'ordre de plutôt 65 000 ou 70 000 hommes en Europe. Ce serait une réduction considérable.
Ce serait la présence américaine la plus basse depuis 1945. C'est un vrai signal pour dire aux Européens qu'ils sont en charge de la sécurité européenne, pour ce qui est conventionnel, du moins. - C.Roux: Est-ce que Le pas de deux entre D.Trump et V.Poutine, plus le retrait, le désengagement progressif des troupes américaines en Europe, peut encourager V.Poutine à tester notre capacité de résistance?
Est-ce que l'Otan s'y prépare, doit s'y préparer et où est-ce que ça va se passer? - C.Grand: C'est toute la question.
L'ordre n'est pas la meilleure qualité de D.Trump. Il y aurait une transition dans quelques années pour que les Européens s'occupent légitimement de leur sécurité.
Il y a une autre hypothèse où les retraits américains ne sont pas coordonnés, brutaux. Ca va être tentant pour V.Poutine de tester la solidité de cette alliance dans ce contexte, que ce soit dans les pays baltes, dans le Grand Nord ou en mer Noire.
On voit les différentes zones possibles. Les pays baltes, c'est la cible la plus souvent citée. Il y a une vraie inquiétude de la part des chefs militaires en Europe de dire que peut-être dans 2 ans, 3 ans, 5 ans, une armée russe qui serait libérée du front ukrainien et qui aurait reconstitué ses forces viendrait tester la solidité de l'Otan.
L'armée russe, ce n'est pas l'armée russe de l'époque de la guerre froide. En Ukraine, elle est à la peine. Il ne s'agit pas de dire qu'ils vont d'un coup vers l'Europe.
En revanche, faire un test pour voir... - C.Roux: Qu'est-ce qui se passerait à ce stade?
S'ils faisaient un test dans un des pays baltes en disant "on est chez nous", même si c'est un territoire de l'Otan, qu'est-ce qui se passerait? Est-ce qu'on a la certitude que les Américains seraient là et qu'on ferait bloc pour dire qu'il faut arrêter la Russie? - C.Grand: J'espère que l'attaque d'un pays de l'UE et de l'Otan aurait une réponse ferme et claire de la part de tous les alliés, y compris les Etats-Unis.
Ce qui me semble absolument indispensable, c'est que les Européens soient capables d'offrir la réponse, d'envoyer la cavalerie au moment où cette crise va se dérouler. Ca suppose que Français, Britanniques, Allemands soient en mesure d'apporter ce que les Américains apportent aujourd'hui, c'est-à-dire les premières troupes qui se déploieraient sur le terrain. - C.Roux: Sommes-nous en train d'assister à un embrasement du monde?