Manuel Bompard, député et coordinateur national LFI à CentraleSupélec
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 56 %Attaque 30 %Défensif 14 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 91 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 3:39OuverteRéponse directe
Qu'est-ce qui vous a motivé à rentrer en politique, alors que votre parcours d'ingénieur semblait éloigné de la politique ?
- 8:38OuverteRéponse directe
Vous portez la transition énergétique dans votre programme depuis longtemps. Comment intégrez-vous les politiques de transition énergétique dans votre vision de la politique ?
- 16:17RelanceRéponse directe
La France a 70% de nucléaire dans son mix électrique. Votre programme prévoit la sortie du nucléaire. N'avez-vous pas peur de vous retrouver dans la situation de l'Allemagne, obligée de rallumer des centrales à charbon ?
- 25:04OuverteRéponse directe
La planification écologique implique de travailler avec des partenaires privés. Comment voyez-vous la relation avec les entreprises, notamment les start-up, dans ce cadre ?
- 34:04RelanceRéponse directe
Vous avez évoqué l'intérêt général des entreprises. Pouvez-vous préciser ce que vous entendez par là ?
- 34:07OuverteRéponse directe
Quelle est votre opinion sur l'intérêt général que peut porter une entreprise pour la France ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 9:24Invité politiqueFait
« on devrait mettre en haut de la pile des critères qui sont pris en compte pour apprécier les politiques publiques, cette idée de règle verte, la règle verte c'est en raisonnement avec parfois des débats qu'il y avait sur ce qu'on appelait la règle d'or, c'est-à-dire des règles budgétaires ou financières, nous l'idée c'est de dire, on met au cœur de la constitution un principe, c'est nos politiques ne doivent pas prendre davantage à la planète chaque année que ce qu'elle est capable de reproduire et de régénérer. »
- 13:03Invité politiqueChiffre
« Sur les derniers objectifs, je crois qu'on a 6 ans de retard. »
- 15:26Invité politiqueChiffre
« Vous avez 50% des gens qui vivent sous le seuil de pauvreté. »
- 18:12Invité politiqueFait
« Il n'y aura pas 1 kWh de nucléaire de plus avant 2038 en France. »
- 21:41Invité politiquePromesse
« Nous, en 2022, on portait dans notre programme un objectif qui était un objectif 100% d'énergie renouvelable d'ici à 2050. »
- 25:55Invité politiqueChiffre
« le prix de production de l'électricité sera deux fois plus important que par rapport aux projets qui sont les projets de plan aujourd'hui d'éoliennes marines qui existent en France. »
- 32:00Invité politiqueFait
« beaucoup de startups quand elles viennent se créer, elles vont voir la BPI, des institutions publiques. »
- 35:01Invité politiqueFait
« le prix des carburants, notamment, a augmenté massivement en France. »
- 35:51Invité politiqueFait
« il y ait des grandes entreprises privées qui s'en mettent plein à les poches. »
- 38:33Invité politiqueFait
« ils déclarent quasiment pas de bénéfices en France. »
- 44:16Invité politiqueChiffre
« sur les dix dernières années, en termes de dividendes versés aux actionnaires, ça se chiffre à plusieurs dizaines de milliards d'euros. »
- 50:36Invité politiqueFait
« nous on propose vraiment de lisser parce que sinon il y a des effets de seuil. »
- 58:28Invité politiqueChiffre
« 50 milliards d'euros d'entre eux viennent des émirats arabes unis »
- 1:03:01Invité politiqueFait
« dans notre pays malheureusement des obsédés de la race et qui cherchent sur n'importe quel sujet venir fracturer la population en fonction de la couleur de peau »
- 1:06:38Invité politiqueChiffre
« en France vous avez une personne sur trois qui a un grand-parent issu de l'immigration »
- 1:11:17Invité politiqueFait
« dans la catégorie ouvrier le rassemblement national fait les scores plus importants que même nous »
- 1:12:30Invité politiqueChiffre
« le total gauche dans les élections au premier tour de l'élection présidentielle il perd 20 points 15 points »
- 1:14:17Invité politiqueFait
« les 15 points qui ont été perdus par la gauche aux élections nationales c'est pas la création de la France insoumise c'est après le quinquennat de François Hollande »
- 1:16:54Invité politiqueFait
« 'est l'oligarchie ou c'est la démocratie »
- 1:17:00Invité politiqueFait
« il y a des points de vue qui s'affrontent et vous avez le droit d'être pour ce point de vue »
- 1:18:40Invité politiqueFait
« le patron qui licencie 200 personnes en signant un petit papier dans un bureau ça c'est pas violent »
- 1:18:54Invité politiqueFait
« pousser 200 personnes au chômage du jour au lendemain et des familles proches du suicide »
- 1:22:11Invité politiqueFait
« Macron »
- 1:22:33Invité politiqueFait
« révolution »
- 1:22:40Invité politiqueFait
« PCF »
- 1:22:48Invité politiqueFait
« les réseaux sociaux mais il faut être vigilant »
- 1:23:07Invité politiqueFait
« Bardella ça fait depuis longtemps que je lui propose un débat il refuse toujours »
- 1:26:15Invité politiqueFait
« le travail d'élaboration programmatique sur la question de l'IA il est encore en cours aujourd'hui »
- 1:33:55Invité politiqueFait
« en France les cotisations sociales le coût du travail il est tellement important que les gens la différence entre le net et le brut »
- 1:39:31Invité politiqueChiffre
« chaque année vous avez des coalitions d'associations qui disent il faut 2,6 milliards d'euros de budget pour un plan de lutte contre les violences sexistes et sexuelles »
- 1:39:50Invité politiqueChiffre
« on est capable de faire 20 milliards d'euros de baisse de cotisation pour les grandes entreprises »
- 1:39:50Invité politiqueChiffre
« on est capable de faire 20 milliards d'euros de baisse de cotisation pour les grandes entreprises »
- 1:39:57Invité politiqueChiffre
« on n'est pas capable de mettre 2,6 ou 2,7 milliards d'euros pour lutter contre les violences sexistes et sexuelles »
- 1:42:25Invité politiqueFait
« la civise elle a formé les 84 recommandations c'était en 2023 »
- 1:42:29Invité politiqueChiffre
« à l'heure où on se parle aujourd'hui il y en a 25% d'entre elles qui ont été suivies des faits il y en a 75% qui ont été oubliées »
- 1:44:10Invité politiqueChiffre
« Darmanin a dit il y a 60 000 70 000 je ne sais plus enquêtes en cours »
- 1:45:10Invité politiquePromesse
« on pense qu'il faut accompagner la Nouvelle Calédonie Kanaki par son indépendance »
- 1:45:42Invité politiquePromesse
« je suis favorable à accompagner la Nouvelle Calédonie vers son indépendance »
- 1:47:57Locuteur 8Chiffre
« le CNRS a subi une coûte budgétaire de plus d'un demi milliard d'euros en deux ans »
- 1:48:22Invité politiqueFait
« les coupes budgétaires successives sur l'enseignement supérieur et la recherche on se positionne en opposition absolue »
- 2:01:03Invité politiqueFait
« la répartition des subventions de la PAC aujourd'hui elle se fait en fonction de la surface de l'exploitation agricole »
- 2:02:22Invité politiqueFait
« ils ont même voulu réintroduire les néonicotinoïdes tueurs d'abeilles »
- 2:02:29Invité politiqueChiffre
« la pétition qui a été signée l'été dernier par plus de 2 millions de personnes »
- 2:02:15Invité politiqueFait
« faut avoir des politiques de réglementation sur les pesticides »
- 2:02:29Invité politiqueChiffre
« la pétition qui a été signée l'été dernier par plus de 2 millions de personnes »
- 2:02:36Invité politiqueFait
« il n'y a pas de planification écologique possible sans une transition de modèle agricole »
- 2:02:44Invité politiqueFait
« sortir d'un modèle agricole basé sur des objectifs d'exportation »
- 2:02:51Invité politiqueFait
« un modèle agricole qui a comme principal objectif de garantir notre souveraineté alimentaire »
- 2:03:40Invité politiqueFait
« tout ça est un projet d'ensemble »
- 2:03:45Invité politiqueFait
« la réorganisation agricole elle est absolument indispensable »
- 2:03:52Invité politiqueFait
« réinstaller des agricultrices et des agriculteurs »
- 2:04:23Invité politiqueFait
« on utilise une consommation d'eau absolument dingue »
- 2:04:28Invité politiqueFait
« on a des problèmes d'usage de l'eau, des pesticides partout »
- 2:04:32Invité politiqueFait
« dire ça c'est pas pointer du doigt les agricultrices et les agriculteurs »
Temps de parole
- Manuel Bompard82 %
- Locuteur 87 %
- ?6 %
- Locuteur 43 %
≈ 54 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Chers
publics,
bienvenue
à ces conférences organisées conjointement par le Forum Ingénieurs Responsables et Symposium.
Monsieur
Bompard,
merci
d'être présent avec nous ce soir.
Si
votre place sur la scène politique française est aujourd'hui indéniable,
votre
parcours académique
ne
laissez pas pourtant présager une telle trajectoire.
Comme
nous, vous suivez d'abord un parcours d'ingénieur.
Monsieur Bompard,
diplômé de l'Institut Polytechnique de Grenoble, vous obtenez en 2011 un doctorat en mathématiques appliquées en soutenant une thèse en aéronautique. Avant de participer au lancement de Adagos, une start-up spécialisée en intelligence artificielle et en apprentissage automatique. Maître Eto, vous entrez en politique.
C
'est à 19 ans que vous faites vos premiers pas militants lors de deux mobilisations majeures.
La
campagne pour le nom au référendum sur le traité constitutionnel européen
en
2005. Un projet qui visait à doter l'union d'une constitution commune, finalement rejetée par les français.
Puis
la lutte contre le contrat première embauche en 2006, un dispositif gouvernemental
qui
aurait permis de licencier sans motif
les
jeunes salariés de moins de 26 ans.
Les
deux combats dessinent déjà vos convictions.
La
défense des droits des travailleurs
et
une méfiance pour une certaine construction européenne.
En
2009, vous rejoignez le parti de gauche, fondé par Jean-Luc Mélenchon après son départ du parti socialiste.
Ce
parti,
qui
deviendra l
'un
des socles de la future France insoumise,
vous
confie le poste de secrétaire national dès 2010
et
vous vous imposez rapidement
comme
un organisateur redoutable. Directeur de campagne de Jean-Luc Mélenchon,
pendant
les présidentielles de 2017 puis de 2022, vous êtes à l'origine d'événements d'ampleur, comme la Grande Marche du 18 mars 2017,
où
le désormais célèbre hologramme permettant à M. Mélenchon d'animer simultanément plusieurs meetings à travers la France.
Élu
au Parlement européen en 2019,
sous
la liste de la France insoumise, vous y siégez dans les commissions
de
l'industrie, de l'environnement et de l'agriculture.
Depuis
juin 2022, vous êtes député de la quatrième circonscription des Bouches-du-Rhône, regroupant les premiers arrondissements de Marseille,
l
'une des circonscriptions
les
plus défavorisées de France. Coordinateur de la France insoumise depuis 2022, reconduit dans ce rôle en juin dernier,
vous
êtes aujourd'hui l'une des figures centrales
d
'un mouvement
qui
place la justice sociale,
la
souveraineté populaire
et
la transition écologique
au
fondement de son projet. M. Bompard, merci d'être présent avec nous ce soir. Attilde et Marie-Ang, merci d'animer cet événement. Chers publics, je vous souhaite une excellente conférence.
Merci, Naël, pour cette présentation. Peut-être pour commencer, à propos de ce parcours qu'on a décrit ici, si vous pouvez revenir vous-même sur ce qui vous a motivé à rentrer en politique,
qui
peut parfois paraître un peu dissonant avec le métier d'ingénieur.
Merci. D'abord, je veux évidemment vous remercier pour votre invitation. Remercier toutes et tous pour votre présence.
Je
pense que c'est toujours bien qu'on puisse avoir des moments qui sont des moments d'échange et je suis particulièrement heureux d'être
avec
vous aujourd'hui.
Je
remercie la présentation qui a été faite tout à l'heure, qui correspond effectivement bien
à
mon parcours.
D
'un point de vue professionnel, effectivement, j'ai d'abord, comme vous, suivi un cursus d'ingénieur, ingénieur en mathématiques appliquées en informatique.
J
'étais diplômé de l'école qui s'appelle NCMAG à Grenoble, que vous connaissez sans doute. Et à l'issue de ce parcours et de ce diplôme d'ingénieur, le choix que j'ai fait à l'époque, c'est de poursuivre ce cursus d'ingénieur par un cursus de recherche scientifique. En parallèle de mon diplôme d'ingénieur, j'ai passé un master de recherche en mathématiques appliquées. Et ensuite, effectivement, j'ai fait une thèse de doctorat en mathématiques appliquées à l'aéronautique
que
j'ai faite notamment à l'ONERA, que vous connaissez peut-être, qui
est
l'Office national des études et recherches aérospatiales.
Et
pour aller vite sur le thème de ma thèse, c'était une thèse en optimisation aérodynamique de forme
et
en utilisation de méthodes d'optimisation. Et c'était les premiers, pas les premiers raisonnements sur le sujet, parce que ça date de plutôt des années 80, mais on va dire les premiers raisonnements applicatifs de l'utilisation des premières méthodes d'intelligence artificielle, notamment des réseaux de neurones, pour accélérer des processus d'optimisation aérodynamique de forme. Ça, c'est pour que tout le monde sache mon parcours initial.
Alors,
vous me posez la question de savoir comment je suis rentré en politique. Alors, moi, je ne me suis jamais vraiment posé la question d'une entrée en politique, c'est-à-dire qu'en parallèle
de
mes études et en parallèle de mon cursus d'ingénieur et ensuite en parallèle de ma thèse de doctorat, j'ai eu un engagement politique. J'étais militant, comme des dizaines de militants
en
France et à la France Insoumise et à l'époque au Parti de Gauche en particulier.
Et
c'est assez progressivement
que,
de militant, j'ai pris des responsabilités à l'intérieur initialement du Parti de Gauche qui était un jeune parti qui venait d'exister. Donc, il y avait besoin de personnes en charge et prenant des responsabilités. Et puis, petit à petit, j'ai suivi, j'ai pris de plus en plus de responsabilités jusqu'à être élu au Parlement européen, puis à l'Assemblée nationale en 2022.
Les
raisons de cet engagement, je pense comme beaucoup de gens, depuis mon plus jeune âge,
disons
que j'étais
en
colère, révolté par l'état de la société dans laquelle on vit aujourd'hui, le sentiment qu'il y
a
des injustices qui sont inacceptables,
qu
'il y
a
des préoccupations légitimes, en particulier environnementales, qui ne sont pas suivies des politiques publiques nécessaires.
Et
à un moment, je me suis dit, plutôt que de râler tout seul dans mon coin
et
de dire que je ne
suis
pas content de ce qui est fait, et que je ne me sens pas représenté par le champ politique tel qu'il est, je me suis dit, je vais peut-être m'y mettre moi-même et essayer de faire avancer les choses et les sujets qui me tiennent à cœur.
Et ça a coïncidé avec la création du parti de gauche à l'époque, je ne me retrouvais pas représenté dans le champ politique tel qu'il existait, et j'ai vu la création de ce parti, je me suis dit, voilà, ça correspond au projet de société dans lequel j'ai envie de m'inscrire, peut-être sans vouloir être trop long sur ce sujet, parce que je ne me retrouvais ni dans l'orientation du parti socialiste dont je considérais qu'il avait abandonné des perspectives de transformation de la société, ni dans les objectifs des formations politiques, on va dire,
à
la gauche du parti socialiste qui existait à l'époque, dont j'avais le sentiment qu'ils n'avaient pas vraiment de stratégie de conquête du pouvoir. Et le concept dans lequel je me retrouvais, c'est l'idée qu'on développe à la France insoumise, ce
qu
'on appelle la révolution citoyenne, qui est l'idée de dire, je veux garder une perspective de transformation, de rupture et de transformation radicale de la société dans laquelle on vit, mais je considère qu'il y
a
une stratégie qui permet de le faire par la voie électorale, pas uniquement par la voie électorale, elle s'appuie aussi sur des mobilisations qui existent dans la société, mais la voie électorale permet de répondre à la question de la conquête du pouvoir, et pour ça il faut une stratégie pour le mettre en place, et c'est la raison pour laquelle je me suis retrouvé dans la création du parti de gauche, et ensuite dans les étapes qui ont suivi jusqu'à la création de la France insoumise.
Voilà,
peut-être pour en dire un peu davantage sur mon parcours.
Merci
beaucoup, là vous avez parlé notamment de transformation de la société, notamment sur la question de l'environnement, à Centra-Supélec aussi on se pose la question de comment intégrer les impératifs environnementaux dans les cours, etc. Vous, vous portez ça dans votre programme depuis assez longtemps,
de
quelle manière vous intégrez les politiques de transition énergétique, environnementale, dans votre programme et dans votre vision de la politique
? Alors
d'abord peut-être dire qu'il
y
a deux idées phares
qui
sont au cœur du programme de la France insoumise.
Le
premier, ce qu'on appelle la règle verte,
c
'est l'idée de dire, on devrait mettre en haut de la pile des critères qui sont pris en compte pour apprécier les politiques publiques, cette idée de règle verte, la règle verte c'est en raisonnement avec parfois des débats qu'il
y
avait sur ce qu'on appelait la règle d'or, c'est-à-dire des règles budgétaires ou financières, nous l'idée c'est de dire, on met au cœur de la constitution un principe, c'est nos politiques ne doivent pas prendre davantage à la planète chaque année que ce qu'elle est capable de reproduire et de régénérer. C
'est
un concept, ensuite ça se décline en politique publique. Mais première idée phare c'est celle-là. Deuxième idée phare c'est ce qu'on a appelé la planification écologique,
qu
'on défend de longue date. Les premières fois qu'on a parlé de ça,
dans
le débat public en France, il y avait cette idée, fausse d'ailleurs, que la planification c'était un concept sociétique, et qui était un concept à l'époque très décrié. J'observe que de mon point de vue on a plutôt gagné une bataille culturelle sur le sujet, puisque dorénavant ce terme de planification écologique, de planification tout court, il est repris assez largement, il y
a
même un haut commissariat au plan
qui
a été constitué. Monsieur Bayrou avant d'être premier ministre était haut commissaire au plan, il faisait rien mais il était haut commissaire au plan, ça existait. Donc c'est la preuve qu'on a quand même remporté une victoire idéologique sur cette idée centrale, et cette idée centrale c'est l'idée que, à la dictature du temps court, qui est produite notamment par la financiarisation à outrance de la société, avec l'idée que ce qui rythme les décisions c'est la micro-seconde, la micro-transaction financière, il faut rétablir
des
politiques de temps long, et rétablir des politiques de temps long, ça veut dire se fixer des objectifs sur la base d'indicateurs qui ne peuvent pas être que des indicateurs économiques,
et
ensuite se fixer des politiques publiques qui ont l'objectif de remplir ces objectifs sur une vision de temps qui doit aller au-delà de la seconde, de la minute, de l'heure, de la journée ou du mois, mais sur un certain nombre d'années. Ça c'est peut-être pour résumer les premiers gros concepts qui guident les politiques publiques qu'on veut mettre en place. Alors ensuite évidemment ça pose des questions plus précises, et comme je sais que si on est dans une école où vous vous intéressez en particulier aux questions énergétiques, j'imagine qu'une des questions c'est comment ça se traduit en termes de transition énergétique.
Et pour être clair, je sais que ça ouvre et ça suscite un certain nombre de débats, et c'est bien, et je suis content qu'on puisse avoir ces débats ensemble. Moi mon raisonnement sur ce sujet il est le suivant.
Aujourd
'hui, si on veut être à la hauteur des objectifs,
en
particulier des objectifs signés par la France au moment des accords de Paris,
au
moins de l'objectif de limitation de la hausse de la température à 2 degrés, parce que pour 1,5 degré malheureusement on a déjà perdu.
Si
on veut être à la hauteur de ces objectifs, la première étape c'est avoir une réduction massive
et
une planification de la sortie des énergies carbonées.
Ça
doit être la première étape pour le faire.
On
sait qu'en termes d'échéance temporelle, si on veut respecter les objectifs qui sont les objectifs de la France en matière de baisse des émissions de gaz à effet de serre, cette sortie des énergies carbonées, elle ne peut pas attendre 15 ans, 20 ans, 25 ans ou 30 ans. Et donc de notre point de vue, la première étape c'est de mettre le paquet sur ça.
Pour
mettre le paquet sur ça, il y a 3 leviers politiques qui sont indispensables. Évidemment, il y
a
une montée en puissance des énergies renouvelables.
Et
là, il faut dire que la France ne respecte pas les objectifs qu'elle s'est elle-même fixés.
Sur
les derniers objectifs, je crois qu'on a 6 ans de retard.
Donc
on n'est pas à la hauteur des calendriers que la France s'est fixée en termes de développement des énergies renouvelables. Première priorité politique.
Deuxième
priorité politique. Avoir des politiques
qu
'on appelle d'efficacité énergétique. Par exemple, un exemple très simple des politiques d'efficacité énergétique, c'est de dire qu
'il
y a des centaines de milliers de bâtiments, de logements, qui sont des passoires thermiques, des bouilloires thermiques l'été, dans lesquels il y a des nécessités de plans de rénovation thermique et énergétique des logements
à
hauteur de plusieurs centaines de milliers de logements par an. Et on est à peine à autour de 100 000, 150 000 rénovations énergétiques chaque année. Donc deuxième volet, ce qu'on appelle les politiques d'efficacité énergétique. Comment on ne gaspille pas, comment on est plus efficace du point de vue de l'utilisation de l'énergie qu'on produit. Et puis troisième volet politique de cette transition, c'est ce qu'on appelle des politiques de sobriété, qui sont différentes des politiques d'efficacité, puisqu'elles viennent interroger les modèles de développement, de transport, de production, de consommation, nos habitudes de vie.
Alors
c'est pour ça qu'il faut faire ça de manière planifiée, il faut faire ça en produisant à chaque fois des alternatives. Mais par exemple, les politiques de sobriété énergétique,
c
'est de dire, bah oui, s'il
y
a une alternative sur le territoire national à l'utilisation de l'avion pour faire des vols intérieurs, eh bien on promeut les alternatives, par exemple les alternatives ferrovia. Ça c'est des politiques de sobriété énergétique.
Il y
a certains types, certaines habitudes de consommation. Alors il faut commencer par les catégories
qui
consomment le plus, qui sont le plus responsables de ces politiques-là, et donc c'est en particulier les catégories les plus aisées de la population.
Et
puis ensuite, quand ça doit concerner la société dans son ensemble, il faut produire des alternatives. Sinon vous vous retrouvez dans des impasses,
et
un exemple d'impasse que je peux vous donner, parce que ça a fait débat ces derniers mois à l'Assemblée nationale, ça a été dit tout à l'heure, moi je suis élu d'une circonscription à Marseille, la quatrième circonscription des Bouches-du-Rhône,
dont
on considère parfois, même si je ne peux même pas trop dire ça, que c'est, il
y
a un arrondissement, le troisième arrondissement Marseille, on dit que c'est l'arrondissement le plus pauvre de France. Vous avez 50% des gens qui vivent sous le seuil de pauvreté. Vous avez des politiques publiques qui ont décidé de mettre en place la zone à faible émission, vous savez, où vous n'avez plus le droit d'utiliser certains véhicules s'ils sont trop vieux, dans ce territoire-là. Bah précisément, c'est l'exemple même d'une décision
qui,
de mon point de vue, est une décision qui n'est pas praticable, parce que vous avez des gens qui n'ont pas de transport en commun, qui n'ont pas les moyens de changer de véhicule, et c'est à eux que vous allez demander de faire des efforts, alors que dans le même temps, vous allez avoir le port de Marseille, dans lequel vous avez encore des activités de croisière, qui ne sont pas régulées, pas réglementées, et à qui on ne
va
pas demander de faire des efforts. Donc voilà, juste pour vous donner un exemple de ce qui me paraît être une politique de sobriété,
qu
'on doit être en capacité de mettre en place. Voilà, je ne
vais
pas être plus long, après il y
aura
peut-être des questions sur nucléaire, tout ça, on en parlera.
Mais
en tout cas, voilà en gros le plan sur la transition énergétique tel qu'on l'imagine.
Vous
avez donc parlé du fait que la priorité, c'était de nous passer des énergies fossiles qu'on utilise aujourd'hui, puisque en effet on produit de l'électricité, mais on utilise aussi du pétrole et du gaz, notamment pour les transports. Mais dans cette électrification, qui doit nécessairement être massive, on a aujourd'hui dans notre mix d'électricité 70% de nucléaire. Et cette question fait beaucoup débat justement au sein des écoles d'ingénieurs, enfin, ou plutôt il
y
a un consensus en réalité au sein des écoles d'ingénieurs, mais elle fait débat par rapport à vous, votre programme, puisque vous prévoyez la sortie du nucléaire. Et est-ce que vous n'avez pas peur qu
'on
se retrouve dans le cas de l'Allemagne, qui est obligée de rallumer des centrales à charbon ? Et en plus de ça, le nucléaire, c'est aussi justement ce qui peut être fait une des forces de la France, puisqu'on est capable, en appuyant sur un bouton, de produire massivement de l'énergie si besoin.
Alors
je m'attendais à cette question.
Et
c'est bien qu'on puisse en discuter. La première chose que je vais vous dire, c'est que
moi
je comprends qu'on puisse avoir telle position, telle position, être opposé au nucléaire, considérer qu
'il
n
'y a
pas d'alternative à son utilisation. Mais du point de vue de ce que je viens de dire dans mon introduction,
de
l'urgence qu'il y a aujourd'hui à sortir des énergies carbonées,
je
veux vous dire que, par exemple, les projets de nouveaux réacteurs nucléaires, tels qu'ils sont discutés en ce moment, les nouveaux EPR, tels qu
'ils
sont discutés en ce moment, que le président de la République défend d'ailleurs, c'est des projets qui, s'ils respectent les délais de fabrication, ce dont je doute, vu comment le projet de premier EPR à Flamonville a explosé les délais de fabrication et les coûts de fabrication, n'arriveront pas et ne rentreront pas en service avant 2038.
Donc,
faire croire aujourd'hui dans le débat public
que
la manière de baisser les énergies carbonées dans les 15 ans qui viennent,
c
'est en développant des nouveaux réacteurs nucléaires, c'est mentir.
Il
n'y
aura
pas 1 kWh de nucléaire de plus avant 2038 en France.
Donc,
après, on parlera de qu'est-ce qu'on fait après. Et, effectivement, j'assume ma position. Ma position, c'est qu'à terme, il faut organiser la sortie du nucléaire pour plein de raisons qu'on peut aborder ensuite, notamment parce qu'il y a une problématique qui s'appelle la problématique des défis nucléaires qu'on ne sait pas traiter aujourd'hui, qu'il y a des débats autour de comment la hausse de la température peut produire, je sais que ça fait débat aussi, des difficultés de refroidissement des centrales nucléaires ou en tout cas que ça se traduise par une augmentation de la température des fleuves. Bref, il n
'y
a que la question de l'indépendance énergétique qu'on attribue souvent au nucléaire fait quand même débat parce que, pardon, mais vous avez quand même une dépendance à des productions et notamment à des extractions d'uranium qui se font avec d'autres pays dans le monde. Donc, sur tous ces sujets-là, moi, je n
'ai
pas de problème en débattre. Mais en tout cas, ce qui est certain, c'est que quelle que soit votre position sur le nucléaire,
si
vous voulez sortir des énergies carbonées dans les 10-15 ans qui viennent, parce que ça doit être ça l'objectif, ce n
'est
pas le nucléaire qui va vous permettre de le faire.
Parce
qu'il n
'y
aura pas 1 kWh de nucléaire de plus avant au mieux 2038 et je pense que 2038 ne sera pas respecté. Donc, ce qu'il faut faire, c'est faire monter en puissance les énergies renouvelables, les politiques d'efficacité énergétique, les politiques de sobriété énergétique. Après, une fois qu'on a fait ça, alors là, effectivement, il y a des défis techniques.
Je
ne
dis
pas que c'est facile. Il y a des défis techniques sur comment, après, on organise la sortie avec des réacteurs nucléaires qui ont été construits en France dans les années 70 et 80 qui vont arriver, qui arrivent déjà, en fait, à leur durée de vie,
qu
'on prolonge.
C
'est des investissements budgétaires, c'est des investissements financiers de développement des énergies renouvelables. Alors après, je sais, puisqu'il y a des techniciens ici et des ingénieurs qu'il va y avoir des questions sur, on a besoin d'une énergie pilotable de masse. Or, les énergies intermittentes, elles peuvent produire des difficultés, des questions de gestion de réseau, etc. Je ne l'ignore pas, toutes ces difficultés-là. Mais il y a des choses qu'on peut faire. On peut substituer des énergies nucléaires. Par exemple, une utilisation raisonnable et raisonnée, il ne
faut
pas faire n'importe quoi, de la biomasse.
On
peut utiliser, il y a des projets qui sont dans les cartons depuis des années et des années, de ce qu'on appelle les centrales STEP. C'est-à-dire ces centrales, en fait, ces modalités de stockage de l'énergie, vous savez, c'est les nouveaux projets de barrages hydroélectriques où il y a deux bassins, et puis quand on est en surproduction sur le réseau, on va pomper l'eau pour la monter sur le bassin du haut, et puis quand on est en sous-production, on va turbiner pour maintenir l'équilibre du réseau. Donc
il
y a des solutions techniques, il y a des solutions sur la gestion des réseaux, mais là aussi, on ne
va
pas se raconter d'histoire. On développe des nouvelles méthodes, des nouvelles technologies qui permettent une gestion intelligente des apports sur le réseau. On va électrifier, on va électrifier massivement, on va électrifier les véhicules, il va y avoir des batteries, ça veut dire qu'on va avoir plein de batteries partout. Il y a des projets qui sont engagés aujourd'hui sur comment on utilise ces modalités de stockage disséminées de l'énergie pour stabiliser le réseau. Je ne
dis
pas que c'est facile, je ne
dis
pas qu
'il
n
'y a
pas des défis techniques, il n
'y a
pas des enjeux techniques, il y en a, évidemment. Mais je fais remarquer que dans les scénarios de RTE,
il
y a un scénario sans nucléaire qui existe, dans les scénarios de Négawatt, il y a des scénarios sans nucléaire qui existent. Maintenant, je ne
vais
pas esquiver la question sur la question de l'objectif.
Nous,
en 2022, on portait dans notre programme un objectif qui était un objectif 100% d'énergie renouvelable d'ici à 2050.
Je
vous le dis sincèrement, c'est quelque chose qu'on est en train de re-regarder parce que la vérité, c'est qu'on a perdu 10 ans dans la montée en puissance des énergies renouvelables et que si vous voulez avoir un projet qui est un projet crédible, vous ne pouvez pas faire comme si ces 10 ans de perdu, elles n'existaient pas. Donc on est en train de retravailler sur nos objectifs.
Mais
la perspective,
c
'est priorité numéro un, sortir des énergies carbonées. Une fois qu'on a fait ça, effectivement, se passer du nucléaire. Voilà notre position. Voilà les arguments de cette position. Et j'imagine que ça donnera lieu à des questions tout à l'heure.
Parce qu'ici, vous avez relevé des défis, justement, auxquels fait face le nucléaire. Plein de défauts du nucléaire, finalement. Mais je n
'ai
pas l'impression que le nucléaire soit opposé aux énergies renouvelables. Justement parce que, comme vous l'avez cité, les rapports de RTE font état au maximum de 50% du nucléaire d'ici 2050. Mais le reste va être des énergies renouvelables. Donc dans tous les cas, on va développer de
l
'énergie renouvelable. Mais la question, c'est est-ce qu'on implémente du nucléaire là-dedans ? Et au-delà de ça, si on essaye de faire du 100% renouvelable, ça va forcément poser des besoins de renouvellement du réseau. Parce que c'est le manque de solidité du réseau qui a causé le blackout en Espagne. Et aussi, il y a quand même ce risque de justement faire comme l'Allemagne. Comment est-ce qu'on ne fait pas comme l'Allemagne ? Parce que si on relance des centrales nucléaires,
c
'est que finalement, notre objectif numéro un, on n'y
a
pas répondu.
Ah
bah ça c'est clair. Si c'est pour réouvrir des centrales à charbon, oui, c'est qu'on a loupé quelque chose. Je suis d'accord avec vous. Mais précisément, l'objectif, j'ai essayé de le présenter dans la méthode et dans la manière d'avancer progressivement vers cet objectif, c'est de dire qu'on ferme des réacteurs. Quand on a été en capacité, par les leviers que j'ai utilisés, développement des énergies renouvelables, politique d'efficacité et de sobriété, qu'on considère qu'à ce moment-là, ces réacteurs ne
sont
plus utiles. À ce moment-là, on s'en passe. Mais qu'on ne commence pas, effectivement. Ça veut dire qu'il faut avoir développé les alternatives. Après, sur la question de la contradiction entre les deux, théoriquement, on peut tout faire. Je vous dis juste que les investissements nucléaires, c'est des dizaines de milliards d'euros. Des centaines de milliards même, si on ne
les
prend pas année par année. Et qu'à un moment,
les
priorités budgétaires, elles existent quand même. Je veux dire, moi, je pense qu'on a des capacités d'investissement qui sont beaucoup plus importantes que celles qu'on utilise aujourd'hui dans notre pays. Mais on a des politiques... On a quand même des contraintes budgétaires qui existent et qu'il faut prioriser les choses qu'on veut développer en priorité. Après, vous avez raison. Mais en fait, c'est vrai pour nucléaire ou pas nucléaire. Quelle que soit notre politique en matière de nucléaire, par exemple, des objectifs de rénovation des réseaux, ils vont être indispensables. Dans tous les cas. Dans tous les cas.
Parce que je vais vous dire, même si vous en restez aux 6 EPR qui sont proposés par le président de la République et qui ont été votés l'année dernière à l'Assemblée nationale, si vous restez sur ces 6 EPR et que vous fermez les réacteurs existants aujourd'hui, à terme, parce que ces réacteurs, ils ont une durée de vie. Au bout d'un moment, vous n'allez pas pouvoir les remplacer. Vous produirez moins d'énergie nucléaire en 2050 que ce que vous produisez aujourd'hui. Les 6 réacteurs,
ils
ne
vont
pas... Donc, dans tous les cas, vous allez avoir une place de l'énergie renouvelable qui va être plus importante que celle du nucléaire. Donc, les enjeux d'intermittence de réseau, ils vont exister dans tous les cas. Donc, dans tous les cas, il faut faire ce travail-là. Voilà comment nous, on voit les choses sur ce sujet. Et puis, il y a peut-être un dernier paramètre qui me paraît important parce qu'on entend souvent dans le débat public que l'avantage du nucléaire,
c
'est que ça nous permet un prix de l'énergie qui va être un prix de l'énergie plus faible, plus attractif et que donc, dans la concurrence et la compétition internationale, ça va nous donner un avantage. Moi, je vous invite quand même à regarder le rapport de la Cour des comptes qui a été publié au mois de janvier de cette année sur le développement de l'EPR de Flamanville.
C
'est pas Manuel Bompard,
hein
? C'est pas la France Insoumise qui le dit, la Cour des comptes. La Cour des comptes dit
à
ce stade
«
La rentabilité de l'EPR de Flamanville n'est pas garantie.
»
C'est quand même un problème quand on fait des investissements avec des dizaines de milliards d'euros et qu'on dit aujourd'hui « La rentabilité de cet investissement n'est pas garantie.
» Et
quand on voit les nouveaux projets d'EPR, en gros, les études montrent que sans doute que le prix de production de l'électricité sera deux fois plus important que par rapport aux projets qui sont les projets de plan aujourd'hui d'éoliennes marines qui existent en France. Donc l'argument sur la compétitivité du nucléaire en termes de coût de production de l'énergie par rapport aux énergies renouvelables, il a été vrai à un moment, mais il l
'est
de moins en moins et il le sera pas demain. Donc y compris sur cet argument, je trouve pas que ce soit un argument convaincant.
On
m'entend ? Oui. Je vous ai entendu parler de défis technologiques, la planification écologique, c'est aussi une question de comment on relationne avec les partenaires privés pour savoir comment on la met en place, etc. ces mêmes partenaires privés, donc les entreprises, etc. On sait qu'en France, que l'entrepreneuriat c'est assez difficile et que les taxes empêchent son développement. Vous, de quel regard vous voyez ces interrogations ou en tout cas ces remarques
?
Et du coup, quelle place vous mettez de l'entrepreneuriat dans le projet de la France Insoumise
?
Alors, il y a plein de questions dans la question. Peut-être pour poursuivre sur la question de la planification. Dans notre idée, ça veut dire quoi la planification ? Ça veut dire élaborer un plan. Ce plan, évidemment, ça
peut
pas être une planification bureaucratique, étatique.
Donc
c'est un plan qui doit être travaillé, construit avec des partenaires, avec des citoyens, avec des entreprises privées qui doivent avoir une réflexion sur le plan, évidemment, avec des collectivités locales, avec des débats citoyens.
Ça
doit être...
Ensuite,
ce plan, il doit guider les politiques publiques, mais il doit aussi guider le soutien
que
va donner la puissance publique aux entreprises privées.
Je
veux dire, dans le programme de la France Insoumise, on va pas supprimer les entreprises privées.
Je
préfère le dire. Mais par contre, on peut considérer, et en tout cas, nous, c
'est
notre vision des choses, que si le plan, il détermine quelles sont les activités, qui sont les activités qui sont nécessaires du point de vue de l'intérêt général, en termes de besoins sociaux, de besoins écologiques, etc., le plan, il peut dire, toutes les politiques de soutien public aux entreprises, et bien elles vont être fléchées sur la base des objectifs du plan.
Et
donc, en gros, vous êtes une entreprise
qui
veut participer à la mise en oeuvre du plan, alors vous allez être appuyé, aidé, soutenu par la puissance publique.
Vous
êtes une entreprise qui veut faire autre chose,
qui
veut frapper de la crypto-monnaie.
Vous
avez le droit. On va pas vous interdire de le faire. Mais on considère, pardon s'il
y
a des gens qui aiment bien la crypto-monnaie ici, mais on considère que c'est pas un objectif d'intérêt général et qu'il n
'y a
pas de raison que la puissance publique, elle vienne accompagner, aider, soutenir, impulser des activités qui, de notre point de vue, et pas juste du point de vue de Manuel Bompard ou de la France insoumise, mais du point de vue du plan tel qu'il aura été construit collectivement, ne correspond pas aux objectifs qui doivent être les objectifs de la nation. Voilà notre manière d'articuler politique publique,
parce
qu'il doit y avoir des politiques publiques d'investissement, et soutien au secteur privé, mais un secteur, en fait, c'est une manière de traiter ce qu'on appelle généralement dans le débat public la conditionnalité des aides aux entreprises.
C'est
-à
-dire
qu'on ne distribue pas n'importe quelle entreprise, quelle que soit la nature de son activité, quel que soit le nombre d'emplois qu'elle crée, on ne distribue pas, elles n
'ont
pas le droit au même soutien, au même appui, en flèche les politiques d'accompagnement de l'État et du gouvernement, on les flèche vers des activités qui sont des activités utiles d'un point de vue social, écologique, démocratique, etc. Ça, c'est pour,
en
gros, la vision. Après, dans votre question, il y a sans doute l'idée de, ensuite, comment s'inscrivent dans cette logique-là. Vous avez parlé d'entrepreneuriat, j'imagine que
vous
parliez en particulier de start-up, de petites entreprises qui peuvent être créées.
Je
ne
sais
pas si c'est bien ça. Si c
'est
la question.
Bon, là, c'est pareil. Je trouve qu'il y a quand même une manière de considérer que les start-up, c'est quelque chose et que toutes les start-up, ce serait la même chose. Moi, j'applique le même raisonnement vis-à-vis des start-up.
J
'ai moi-même participé à une start-up. Je n
'ai
pas de problème avec les start-up, mais il y a des...
Pardon
de la formule un peu bateau, mais il y a des
start
-up qui, de mon point de vue, contribuent aux objectifs qu'on doit se fixer. Et je pense qu'il y
a
plein de gens qui se lancent dans une démarche entrepreneuriale avec la volonté de créer une petite entreprise parce qu'ils ont envie de faire avancer la société, de faire profiter de leurs innovations la société. Évidemment, il faut les accompagner et les soutenir si ça participe des objectifs d'intérêt général que la société a élaboré et déterminé. Après,
il
y a d'autres qui ont un projet qui, de mon point de vue, ne correspond pas à ces objectifs d'intérêt général. Je ne
vais
pas les interdire. Je ne
vais
pas les empêcher de se créer. mais je trouve ça pas normal qu'elles puissent bénéficier du même appui et du même soutien que les autres. Donc, même politique pour les startups. Ensuite, ça pose la question de quelles sont les difficultés, mais peut-être que vous voulez me relancer, des difficultés auxquelles peuvent être confrontées aujourd'hui des démarches d'innovation de type startup quand elles se constituent. généralement, on lance son projet à quelques-uns et puis, assez vite, on est confronté quand même à une difficulté, c'est l'accès aux capitaux.
On
a besoin d'argent, d'investissement.
La question de l
'investissement. Exactement. Donc, là, effectivement, là, par exemple, je vous propose deux types de réponses
parce
qu
'il
y a quand même un enjeu de souveraineté aussi.
Si
c'est pour qu
'on
crée des startups en France qui se lancent et une fois qu'elles deviennent florissantes, sont toutes rachetées par des fonds d'investissement américains. Excusez-moi, mais on perd aussi notre souveraineté sur de l'innovation, sur des inventions, etc. Donc, comment on favorise au contraire qu'il y
a
des accès aux capitaux
qui
existent en France ? Deux leviers possibles. Premièrement, réorganiser les politiques de crédit. Aujourd'hui, beaucoup de startups quand elles viennent se créer, elles vont voir la BPI, des institutions publiques. Je pense qu'il y
a
besoin d'avoir un vrai pôle public bancaire qui va faciliter l'accès au crédit et là aussi qui va le conditionner sur la base des mêmes critères que je vous ai donnés tout à l'heure.
On
va faciliter l'accès au crédit de tous les projets qui vont dans le sens du plan, dans le sens des objectifs qu
'on
s'est fixés. Ça, c'est la partie publique.
Et
puis après,
vous
avez des gens qui placent chaque année des assurances-vie, du livret A, etc.
Là,
vous avez une politique très simple d'incitation pour que ces capitaux disponibles soient utilisés
en
France. Et notamment, vous avez un avantage fiscal aujourd'hui
quand
vous placez de l'argent sur des assurances vives. Vous pouvez dire que cet avantage fiscal, il n'existe que pour les investissements en France et pas pour les investissements ailleurs. Et alors, immédiatement, vous allez renvoyer des capitaux à disposition à des petites entreprises et des start-up qui se montent en France et alors, vous allez les aider à se développer. Je prends ces deux exemples, il y en aurait plein d'autres.
Je
veux dire, il y a des petites entreprises qui se créent, qui font vraiment de la recherche
et
aujourd'hui, vous avez un instrument qui s'appelle le crédit en pour-recherche qui franchement est capté très largement par des très grands
groupes et
pas toujours pour faire du travail de recherche.
En
gros, c'est de l'optimisation pour aller chercher le crédit en pour-recherche. Ça, c'est pas possible. Je ne
sais
pas s'il faut supprimer cet outil parce qu'il est mal calibré ou réorienter les fonds, mais en tout cas, faire en sorte que les politiques d'accompagnement à la recherche en France, viennent vraiment favoriser la recherche publique et des entreprises qui font vraiment de la recherche plutôt que ça soit des effets d'aubaine pour des grands groupes qui déclarent du travail de recherche qui n'en est pas vraiment. Franchement, j'en ai été témoin. J'ai vu des manières avec lesquelles vous avez des très grands groupes. Je veux dire, quand Sanofi capte des millions d'euros, pardon s'il y
a
des gens qui aiment bien Sanofi ici, de crédit en pour-recherche alors qu'ils ont supprimé par deux le nombre d'ingénieurs de recherche en France, il y a quand même un problème.
Donc
voilà la manière avec laquelle j'envisage les choses.
On
va revenir sur la finance internationale, mais d'abord, j'aimerais revenir sur votre point par rapport à l'intérêt général que peut porter une entreprise ou non pour la France. Et les récents conflits autour du détroit d'Hormuz ont relancé le débat par rapport à la nationalisation ou à la taxation des super profits, notamment de Total. Quelle est votre opinion sur le sujet
? Moi,
je vais vous dire, je vais vous surprendre.
Moi,
je suis... Évidemment, je ne
peux
pas être contre la taxation des super profits total. Mais je considère que
si
on en arrive à l'étape de la taxation des super profits total, c'est qu'on a loupé une étape avant.
C
'est-à-dire qu'on a permis de faire des super profits.
Et
si on a permis de faire des super profits, c'est vous toutes et tous ici qui l'avez subi dans votre vie quotidienne.
Et
c'est ce qu'on vit depuis, vous l'avez dit, au vu de la situation internationale, les tensions autour du détroit d'Hormuz. C'est-à-dire que depuis les tensions autour du détroit d'Hormuz, le prix des carburants, notamment, a augmenté massivement en France. Il n'y
a
aucune politique publique de régulation de cette hausse des prix.
Et
donc, évidemment, que Total va générer des super profits. Mais donc, on va arriver à la fin de l'année et à la fin de l'année,
on
va dire Total a généré des super profits. Donc, on va mettre en place une taxe exceptionnelle sur les super profits. Sauf que cette taxe exceptionnelle sur les super profits,
elle
va venir alimenter le budget de l'État. Et ensuite, vous allez devoir penser, réfléchir
à
des politiques de redistribution des super profits qui ont été captés sur les ménages et les personnes qui ont subi les conséquences de l'augmentation des prix. Les conséquences, elles sont maintenant.
Les
politiques de redistribution, les discussions budgétaires,
c
'est à la fin de l'année. C'est des politiques qui arriveront qu'en 2027. Donc, moi, je ne
suis
pas contre la taxation des super profits. Je pense que personne ne peut accepter qu'alors que tout le monde est en train de tirer la langue, il y ait des grandes entreprises privées qui s'en mettent plein à les poches. Mais je suis plus favorable
à
avoir des politiques de régulation des prix
en
disant, en fait, ce n
'est
pas normal
parce
que ça ne coûte pas plus cher aujourd'hui qu'avant d'extraire un litre de pétrole.
Ça
ne coûte pas plus cher. Donc, c'est parce qu'il y
a
des mécanismes de marché,
qu
'il
y a
des mécanismes spéculatifs, qu'il
y a
des tensions et c'est nous qui en payons le prix. Et donc, il y a des outils, des instruments publics qui existent pour mettre en place des politiques de contrôle des prix. D'ailleurs, les gens ne le savent pas, mais par exemple, ça existe déjà en France, par exemple,
pour
plein d'autres raisons aussi, on peut en parler, mais peut-être que vous ne savez pas que le prix du gasoil à l'heure où on se parle aujourd'hui sur l'île de la Réunion, il est à 1,71 euro. Pourquoi ? Parce qu'il y a chaque mois une réunion entre le préfet, les associations de consommateurs, etc. Et ils déterminent un certain nombre de prix, ils encadrent les marges
et
ils considèrent qu'on ne
peut
pas faire les marges qu'on veut sur le dos des gens. Alors, si c'est possible à la Réunion, parce que quand je défends ça dans le débat public national, on me dit oui, ça va faire une pénurie. Ça va, à la Réunion, ils
n
'ont pas de pénurie.
Donc,
il faut faire ça intelligemment.
Mais
c'est possible d'avoir des politiques qui sont des... politiques de contrôle des prix.
Et
je préfère ça plutôt que la taxation des super profits. Alors après, je sais ce qu'on me dit généralement sur les attaques sur les super profits.
On
dit oui, mais Total ne réalise pas ses profits en France.
Alors
d'abord, c'est pas tout à fait vrai parce que que les profits soient répartis dans la chaîne. En fait, le grand avantage de Total, c'est que c
'est
un groupe totalement intégré.
Il
fait de l'extraction, il fait de la vente sur les marchés, il fait du raffinage. il fait du transport,
il
fait de la distribution.
Mais
pardon, le pétrole qui a été raffiné
en
dehors de France, s'il n
'est
pas vendu
dans
les stations-service en France,
Total
n
'a
pas gagné d'argent. donc quand on dit oui, mais le raffinage, il a lieu en dehors de France. Il y a quelques raffineries en France encore, mais il
y
en a de moins en moins. Alors, on ne peut pas les taxer en France ? Bah si, parce que le chiffre d'affaires, lui, il est réalisé en France.
Et
donc, sur ce sujet-là, nous, on défend la position politique, à mon avis, intelligente, qui a été posée, mise sur la table, notamment, par Gabriel Zuckman,
qui
n
'est
pas la taxe Zuckman dont on a beaucoup parlé à la fin de l'année dernière, qui, là, concernait la question du patrimoine des individus. Un dispositif qui a été proposé aussi par Zuckman qui s'appelle l'impôt universel sur les entreprises, qui consiste à dire
un
groupe comme Total. Pourquoi, en fait, ils déclarent qu'ils payent quasiment pas d'impôts en France ? Parce qu'en fait, ils déclarent quasiment pas de bénéfices en France. Et ils déclarent quasiment pas de bénéfices en France parce qu'ils utilisent une méthode qui, ce qu'on appelle les prix de transfert,
c
'est-à-dire que comme il est une chaîne absolument intégrée,
il
peut décider les prix auxquels il vend de l'extraction au raffinage, du raffinage à la distribution.
Et
comme il maîtrise tout, en fait, il peut vendre
un
peu plus cher qu'à d'autres personnes à l'intérieur dans ses stations-service. Et donc, ces stations-service, elles sont exactement à l'équilibre. En gros, elles produisent pas de bénéfices et lui,
il
dit, moi, je fais pas de bénéfices en France. Ou, pratique de prix de transfert, par exemple, il
y
a un autre débat en ce moment sur ArcelorMittal.
Il
y aura un texte qui sera examiné jeudi à l'Assemblée nationale sur la nationalisation. Il y
a
eu une affaire judiciaire sur ArcelorMittal. Ils ont déposé la marque ArcelorMittal dans une holding qui est posée d'une petite entreprise qui est positionnée, je crois, de mémoire au Luxembourg.
Et
quand vous voulez vendre du produit ArcelorMittal en France, vous payez une redevance de location
à
l'entreprise qui est basée au Luxembourg qui détient la marque ArcelorMittal. Et donc, en fait, chaque année, vous évadez du bénéfice qui, en fait, a été réalisé en France.
Mais
comme vous payez la redevance, vous allez envoyer le bénéfice dans un paradis fiscal et au moment où vous allez payer l'impôt sur les bénéfices, là-bas, ça ne vous coûtera rien et en France, vous allez déclarer 0 euro de bénéfice et vous allez payer 0 euro d'impôt sur les sociétés.
Ce
n
'est
pas normal.
Donc,
la proposition de Zuckman qui s'appelle Impôt universel sur les entreprises, elle est intelligente. C'est vous regarder le bénéfice réalisé par le groupe à l'échelle mondiale,
vous
regardez le bénéfice réalisé en France,
là,
on parle du bénéfice, puis ensuite, vous faites la même opération sur le chiffre d'affaires, vous regardez le chiffre d'affaires réalisé en France, vous regardez le chiffre d'affaires réalisé à l'échelle mondiale
et
vous dites que s'il n
'y
a pas de correspondance entre les deux, c'est quand même qu
'il
y
a
un problème quelque part.
Et
s'il y
a
un problème quelque part, vous allez taxer l'entreprise en France.
On
regarde la différence de ce qu'elle aurait dû payer si on avait respecté les mêmes ratios entre guillemets entre le bénéfice national et international et le chiffre d'affaires national et international. Ça, c'est un texte, un amendement qu'on a fait voter l'année dernière à l'Assemblée nationale au moment du budget.
C
'est une recette estimée pour les caisses de l'État entre 20 et 25 milliards d'euros. Je vous rappelle que l'année dernière, ils cherchaient 40 milliards d'économies et que pour les 40 milliards d'économies, ils ont proposé de nous supprimer des jours fériés, on a augmenté le prix des mutuelles, enfin, ils ont été
40 milliards d'euros, on sortait 25.
Dans le budget de Sébastien Lecornu, ce que vous dites.
Oui, avant,
c
'était Bayrou, les jours fériés, et puis après Lecornu, qui ont fait des coupes massives dans les budgets de la santé, de l'écologie, etc. Parce qu'ils ne voulaient pas poser la question des nouvelles recettes. Les 40 milliards qu'ils cherchaient, il y
en
avait 25 qu'on pouvait utiliser, déployer avec cet impôt universel sur les entreprises. Voilà comment on voit les choses sur cette question.
Et
là, vous parliez de ArcelorMittal, il y a eu un texte de loi que vous avez vendiqué comme un succès qui était la question de sa nationalisation. Est-ce que vous pensez qu'il faut ouvrir aussi le débat de la nationalisation autour de Total, aller questionner celle des grands groupes, etc.
Oui,
il
faut être capable d'en parler. Après, il ne
s
'agit pas de dire qu'on va nationaliser l'ensemble de l'économie.
Il
y aura, dans le modèle promu par la France insoumise, il y a un espace, un pôle public, des pôles
publics, qu
'on concentre plutôt
sur
les secteurs de l'économie dont on considère qui nécessitent une maîtrise publique parce que, notamment, ils portent des problématiques de souveraineté, des problématiques vitales, on va dire. Moi, je suis pour un pôle public bancaire. Ça ne
veut
pas dire que je suis pour interdire les banques privées de continuer à exister. Mais ça vous donne un instrument public qui flèche le crédit vers les activités qui sont utiles. Considérez que, dans le domaine de l'énergie, on doit avoir un pôle public de l'énergie parce qu'en fait, c'est vital. Et donc, on peut considérer que ce n
'est
pas un domaine sur lequel il devrait y avoir de la place pour des politiques de rentabilité. Je pense que ça se défend, qu'il
y a
un pôle public du transport. Donc, qui est un pôle public plus nombreux que ce qu'il y
a
aujourd'hui. Mais évidemment, on garde un secteur privé. Et puis,
il
y a un troisième volet qui est important dont personne ne parle jamais, mais c'est qu'il
y
a des entreprises aujourd'hui qui participent à faire émerger ce qu'on appelle l'économie sociale et solidaire. C'est-à-dire, c'est des entreprises privées mais qui se fixent des règles entre elles de fonctionnement avec des chartes. Par exemple, l'encadrement des salaires. Vous avez des entreprises de l'économie sociale et solidaire où il n
'y
a pas d'écart de salaire de plus de 1 à 5 entre celui qui a le plus bas salaire et le plus grand salaire dans l'entreprise.
Ça
n
'a
pas été obligé par la loi. Ils l'ont décidé eux-mêmes. Voilà. L'idée de l'économie qui est la nôtre, c'est celle-là. Est-ce qu'il doit donc y avoir des nationalisations ? Oui, il doit y en avoir. Après, on ne
va
pas nationaliser n'importe quoi. On ne
va
pas nationaliser votre boulangerie.
Ce
n
'est
pas prévu. Par contre, est-ce que la question peut se poser ? S'il y a des enjeux aujourd'hui de transition énergétique, si on pense tous qu'il faut sortir des énergies carbonées, avoir une maîtrise publique du géant du pétrole le français,
ce
n
'est
pas absolument ridicule. Après, ça pose des questions. Ce n
'est
pas si facile que ça. Qu'est-ce que vous nationalisez ? Est-ce que vous nationalisez l'ensemble des activités
?
Est-ce que vous allez nationaliser les stations-services
? La
question peut se poser sur le raffinage, par exemple. Et après, c'est des coûts
financiers,
c'est sûr. Ça coûte cher.
Bon,
après, ça rapporte beaucoup aussi. Une entreprise comme Total, sur les dix dernières années, en termes de dividendes versés aux actionnaires, ça se chiffre à plusieurs dizaines de milliards d'euros.
Donc,
la nationalisation, la totalisation, la capitalisation totale boursière de Total, ça doit être 170 milliards.
Bon,
si vous considérez que pour nationaliser, il faut capter plus de 50% de la capitalisation boursière, vous allez être autour de 80 milliards. C'est beaucoup quand même. Mais à la fin, si ça rapporte des dizaines de milliards d'euros en dividendes, plutôt que dès que ça soit versé aux dividendes, je ne
vous
dis pas que c
'est
ce qu'il faut faire tout de suite, etc. Je dis, moi, je trouve que le débat, il mérite d'être posé sur le sujet. Mais en tout cas, ce n
'est
pas ça qui réglerait le problème urgent de l'explosion des prix des carburants. Là, il faut des politiques de contrôle et de régulation des prix.
Vous
avez parlé de taxer les grandes entreprises. Est-ce que vous pensez que ça peut se faire à l'échelle nationale
?
En fait, comme je vous le disais tout à l'heure, moi, je soutiens les démarches internationales qui existent. Il y a eu ce qu'on a appelé les piliers 1, 2 de l'OCDE, des négociations internationales pour avoir un taux minimum d'imposition sur les sociétés. Tout ça, c'est très bien. Le problème, c'est que là, par exemple, Trump, il est en train de démanteler ces négociations internationales sur la taxation des entreprises. Donc, si on peut faire des choses à l'échelle internationale, c'est bien. Il faut les faire à l'échelle internationale.
Mais
si vous voulez, le problème,
c
'est que ça ne peut pas être en permanence l'argument utilisé. En tout cas, c'est l'argument utilisé en permanence dans les débats à l'Assemblée nationale où dès que vous posez une modalité pour lutter contre l'optimisation ou l'évasion fiscale, on vous dit mais non, non, vous ne pouvez pas le faire dans le cadre national. Il faut attendre que les négociations se fassent à l'échelle internationale. Ah oui, mais parfois, vous pouvez attendre très très longtemps.
Donc
moi, je suis favorable à ce qui est des dispositifs internationaux tant qu'on peut et qu'il faut les pousser, et qu
'il
faut les développer effectivement parce qu'on est dans une économie mondialisée dans laquelle il y
a
une compétition internationale,
c
'est vrai, mais je suis aussi favorable à ce qu'on puisse utiliser des instruments, des outils qui sont unilatéraux à partir du moment où ils sont construits intelligemment
et
à partir du moment où ils s'accompagnent de politiques de protection parce que si vous voulez éviter le dumping fiscal, vous devez, si vous mettez en place des politiques unilatérales, vous devez aussi avoir des politiques de protection pour éviter que vos acteurs économiques aillent tous se réfugier dans les pays dans lesquels la fiscalité est plus basse. Mais les outils unilatéraux, ça existe. Je vous ai donné l'exemple de l'impôt universel sur les entreprises. C'est un outil unilatéral qui permet de régler aujourd'hui le problème du fait qu'il n'y
a
pas de taux minimum d'impôt sur les sociétés à l'échelle internationale. S'il y avait un taux minimum d'impôt sur les sociétés à l'échelle internationale, eh bien, vous n'aurez plus des entreprises qui mettraient en place des mécanismes de prix de transfert parce que ça ne leur servira à rien. Parce que dans le pays dans lequel ils enverraient leurs bénéfices,
ils
paieraient aussi l'impôt sur les sociétés. Donc, voilà, je pense qu'il faut penser les deux concepts en dialectique, si vous voulez. Bien sûr, il
y
a un objectif de faire avancer la législation internationale. Mais pour faire avancer la législation internationale, il faut aussi faire des premiers pas. Parce que sinon, le pouvoir macroniste, il n'utilise que cet argument. Je veux dire, on lui a dit interdire les pesticides dangereux en France.
Il
dit, ah oui, mais tant que ce n
'est
pas interdit à l'échelle européenne ou à l'échelle mondiale, on ne les interdit pas. Moi, je dis, on peut faire autrement. On les interdit et on interdit d'importation les produits qui sont produits avec ces pesticides ailleurs.
Ça,
c'est cohérent.
Ce
qui n
'est
pas cohérent, c'est de dire on va les interdire ici, mais on va continuer à importer. Ça, c'est pas cohérent. Voilà, je pense qu'il faut travailler la dialectique entre les mécanismes internationaux, européens et les mécanismes unilatéraux qu'on peut mettre en place à l'échelle nationale.
Vous
avez parlé de taxation des entreprises, mais on parle aussi de taxation des individus justement par la taxe du Kman, par exemple. Comment est-ce que concrètement, on empêche que les 1800 familles qui sont guidées par la
taxe
partent de la France
? Ça,
c'est très facile. On met en place... Les Etats-Unis ont répondu à cette question depuis des années et des années. Ils ont un mécanisme qui fait que si vous avez la nationalité américaine et que vous partez, on va comptabiliser les impôts que vous payez dans le pays dans lequel vous êtes. on va comptabiliser les impôts que vous aurez payés aux Etats-Unis si vous étiez resté aux Etats-Unis. On va regarder la différence et le fisc américain il perçoit la différence. Ça, on l'a proposé à l'Assemblée nationale. C'est pas du tout difficile à mettre en place. Et ça permet de dire vous partez si vous voulez partir. Vous avez le droit de partir. On va pas vous empêcher de partir.
On
va pas mettre des barrières aux frontières pour vous empêcher de partir. mais quand même
vous
avez été formé en France
donc
vous avez été à l'école publique gratuite française. Vous êtes allé à l'université
de
moins en moins gratuite mais en tout cas vous avez eu accès à l'enseignement supérieur à la recherche financée grâce à nos impôts et à notre solidarité nationale. Si vous avez été malade vous avez été soigné par un système de sécurité de protection sociale d'hôpital même si là aussi ils l'ont beaucoup détruit qui vous a permis d'être soigné. Donc tout ça ça a été grâce à des politiques de solidarité qui passent par l'impôt
et
une fois que vous avez bien réussi et bien profité de tout ça vous décidez de partir. Je peux en penser ce que je veux d'un point de vue moral
du
beaucoup de mal mais si vous décidez de faire ça faites le mais par contre on vous rattrape et on dit vous avez profité de tout ça donc c'est normal que vous continuez à contribuer de la solidarité. Alors on n
'a
pas le droit de faire une double imposition donc ce que vous payez dans votre pays initial
dans
le pays dans lequel vous vivez vous allez le payer là-bas il n
'y a
pas de problème mais par contre la différence elle vient à la France. Ça c'est pas très compliqué à mettre en place. Le principal problème c'est pas vraiment celui-là. Le principal problème c'est qu'aujourd'hui les 1800 personnes dont vous parlez elles ont des mécanismes très travaillés très développés de contournement de la fiscalité. Elles ne payent pas l'impôt qu'elles devraient payer. Pourquoi la taxe Zuckmann elle a été inventée
?
C'est parce que pardon vous me dites si je suis trop long mais ça me paraît important que tout le monde comprenne. C'est parce que
en
fait aujourd'hui quand vous touchez des revenus
du
travail
vous
payez l'impôt sur le revenu
et
il est progressif avec des tranches.
Pas
suffisamment à mon avis pour être plus progressif il pourrait y avoir plusieurs tranches plus de tranches pour que ça soit vraiment les plus riches qui payent.
Vous en proposez
14 à la France Insoumise
pardon
?
Vous
proposez 14 tranches
? Ouais
nous on propose vraiment de lisser parce que sinon il
y
a des effets de seuil et si vous êtes juste au début à la fin d'une tranche et qu'après vous allez passer à la tranche d'après il y a des différences qui sont en faisant plus de tranches vous allez mettre plus de progressivité en fait. Bon
donc
normalement quand vous touchez des revenus et des salaires des revenus du travail vous payez de
l
'impôt sur le revenu. Quand vous touchez des revenus du capital en France
vous
allez avoir une fiscalité là aussi à mon avis elle n'est pas bonne puisque Macron a mis en place ce
qu
'on a appelé la flat tax c'est à dire c'est une fiscalité à taux fixe il n
'y a
pas de progressivité
sur
les revenus du capital
mais
en tout cas vous avez une fiscalité
et
donc les ultra riches qui ne veulent pas payer cet impôt qu'est-ce qu
'ils
font ? Au lieu de toucher les revenus
ils
créent des holdings soi-disant de professionnels
et
au lieu de toucher les revenus ils placent
l
'argent dans ces holdings
ils
ne touchent jamais l'argent donc ils ne payent jamais de fiscalité dessus et en gros par des moyens détournés ou par des dispositifs très favorables de transmission à leurs héritiers etc ils ne payent jamais d'impôt sur ces revenus là ils les ont placés dans une sorte de tirelire et ils vont utiliser les moyens de cette tirelire de temps en temps par des biens professionnels qui sont utilisés aussi à usage personnel exemple caricatural j'ai ma holding elle achète un yacht j'organise deux réceptions d'affaires sur mon yacht donc c'est un bien professionnel et puis le reste de l'année je l'utilise pour mon usage personnel ça c'est pas normal en fait et le principe de la taxe Zuckman c'était de dire bah on va regarder ce que vous avez en patrimoine
et
si la différence entre ce que vous payez en impôt et ce que vous payez et ce que vous détenez en patrimoine est très importante c'est que manifestement vous avez eu des mécanismes
pour
contourner l'impôt et donc on va vous demander qu'il
y ait
un impôt minimal relatif au pourcentage de votre patrimoine
alors
je sais que la mauvaise foi a conduit à ce qu'on prenne trois exemples de grandes entreprises du numérique dans lesquelles les gens n
'ont
pas perçu de revenus pour l'instant mais qui ont des capitalisations boursières tellement importantes que ça les amenait à payer un impôt qu'ils n'étaient pas capables de payer Zuckman a déjà répondu 40 fois à cet argument on est tout à fait capable d'étaler les paiements parce qu'au bout d'un moment si votre entreprise elle vaut plusieurs milliards ou dizaines de milliards d'euros de totalisation boursière au bout d'un moment vous allez en profiter soit parce que vous allez la revendre et que vous allez faire un pactole soit parce qu'au bout d'un moment vous allez toucher de l'argent donc à ce moment là on étale ou on paye en action avec la BPI qui est déjà voilà on peut réfléchir à des mais ça c'est franchement c
'est
l'arbre qui cache la forêt la vérité c'est que les holdings elles sont massivement utilisées aujourd'hui pour contourner l'impôt
et
c'est ça le principe de la taxe Zuckman c'est empêcher ça donc c'est une bonne mesure et une mesure que j'appuie et que je soutiens et on parlait tout à
l
'heure c'est juste pour on parlait tout à l'heure des 40 milliards d'économies qu'ils voulaient faire l'année dernière
l
'impôt universel sur les entreprises c'était 25 milliards de recettes estimées la taxe Zuckman c'était 15 milliards de recettes estimées vous preniez ces deux mesures vous aviez les 40 milliards
moi
je préfère faire ça plutôt que de couper dans le budget de l'écologie couper dans le budget de la santé couper dans le budget de l'enseignement supérieur et de la recherche couper dans le budget de l'éducation supprimer des milliers de postes d'enseignants ne pas avoir d'AESH pour nos enfants en situation de handicap qui sont même pas pris en charge aujourd'hui et qui sont pas aidés moi je préfère faire ça après chacun fait ce qu'il veut mais moi je préfère faire ça voilà
peut
-être sur un autre volet qui est intimement lié avec la question de l'innovation et qui nous concerne particulièrement en tant qu'ingénieur même dans l'éducation etc. dans le rapport au travail celui de l'intelligence artificielle Gabriel Attal candidat à la présidence enfin candidat pardon aux élections présidentielles propose de former jusqu'à 20 millions de personnes sur l'intelligence artificielle dans son mandat vous qu'est-ce que vous en pensez est-ce qu'il faut la réguler fortement promouvoir le développement de data center etc.
alors
franchement je vais répondre à votre question mais je sais pas ce que ça veut dire former 20 millions de personnes à l'usage de l'IA
parce
qu'en fait ici vous êtes ingénieur je pense que vous connaissez quand même un petit peu le sujet c'est est-ce que si j'interroge chat GPT sur mon téléphone portable
je
suis formé à l'usage de l'IA
ou
est-ce que être formé à l'usage de l'IA c'est développer des réseaux de neurones profonds pour développer des algorithmes d'intelligence artificielle vous voyez c'est quand même deux concepts assez différents que l'IA se développe
et
qu'il y
a
point d'avoir
un
nom
qui
est compatible avec les limites planétaires je vais y revenir
et qui
développe des usages
qui
sont nécessaires du point de vue de l'intérêt général et qui au contraire interdit aux règlements des usages qui sont des usages dangereux
en
fait pour répondre à votre question je suis un peu énervé ou agacé
de
voir que dans le débat public j'ai l'impression qu'il y
a
deux positions il y
a
ceux qui disent IA, IA, IA alors ils mettent IA partout comme si ça allait être la solution à tout donc tout ce qui vient de l'IA c'est parfait c'est génial on va faire de l'IA partout et puis il
y a
ceux qui disent oh non attention l'IA c'est dangereux ça va nous remplacer etc
la
vérité c'est que ça dépend de quoi on parle développer des nouvelles techniques de détection précoce du cancer en enregistrant des batteries d'images de scans d'organes et pouvoir détecter des prémices de détection de développement de cancer pour pouvoir les prendre en charge plus tôt et pour pouvoir mieux les soigner qui peut être en désaccord avec cette utilisation de l'intelligence artificielle personne utiliser l'IA pour renforcer nos prévisions météorologiques ou pour avoir une bonne une bonne cartographie des évolutions climatiques et être capable de mieux piloter nos politiques publiques qui peut être en désaccord avec ça personne utiliser l'IA pour que l'ensemble des compagnies d'assurance ait accès à tous vos dossiers médicaux pour qu'au moment où vous allez chercher un contrat d'assurance on va faire un contrat d'assurance personnalisé pour vous parce qu'on a détecté que vous aviez quelques fragilités donc on veut pas trop vous indemniser si vous êtes malade ça je suis pas d'accord utiliser l'intelligence artificielle pour se substituer à des métiers et à des tâches qui sont des tâches usantes pénibles dures et qui produisent des maladies professionnelles
on
parlait du nucléaire tout à l'heure utiliser de l'intelligence artificielle pour faire en sorte que dans les centrales nucléaires on puisse faire des jumeaux numériques pour que l'entretien des centrales nucléaires elle se fasse pas dans un environnement radioactif mais dans un environnement protégé qui peut être en désaccord avec sa personne utiliser l'intelligence artificielle pour que dans vos entrepôts logistiques vos salariés vos travailleurs ils répondent à des consignes qui sont données toute la journée dans l'oreille par une intelligence artificielle avec des risques de troubles psychosociaux moi j'ai rencontré des travailleurs qui faisaient ça où pendant toute la nuit ils dorment pas parce qu'ils entendent des consignes qui leur sont données toute la journée bah ça je suis pas d'accord avec ça je veux juste imager le fait qu'il y a des usages de l'intelligence artificielle qu'il faut non seulement défendre mais promouvoir et encourager
et
puis il y
a
des usages de l'intelligence artificielle qu'il faut bannir et qu'il faut proscrire utiliser l'intelligence artificielle pour automatiser des processus industriels je suis absolument d'accord développer l'intelligence artificielle pour se substituer au processus de création dans l'art et dans la culture je suis absolument en désaccord
et
donc
plutôt
que de parler de l'IA c'est bien l'IA c'est pas bien bah faut dire quel modèle d'IA on veut développer premier paramètre
deuxième
paramètre le président de la république annonce a annoncé il
y
a quelques jours 110 milliards d'investissement dans l'intelligence artificielle en France génial 50 milliards d'euros d'entre eux viennent des émirats arabes unis on va faire des data centers pour entretenir pour entraîner les modèles d'open AI sur lesquels on a aucun moyen de contrôle et on est très content de ça bah moi pardon mais les data centers qu'on doit développer en France bah c'est des data centers qui doivent être des data centers au service de la souveraineté sur lesquels on entraîne des algorithmes qu'on développe en France et sur lesquels on a une maîtrise publique on a une maîtrise des algorithmes
et
qui sont pas utilisés on est pas une colonie numérique au service des géants américains surtout que tout le monde parce que ça personne ne le dit jamais la vérité c'est que si vous prenez aujourd'hui
les
perspectives de développement du secteur de l'intelligence artificielle
les
quantités de données
qui
doivent être stockées dans les prochaines années dans les prochaines décennies au regard de ces objectifs là
et
que vous mettez l'infrastructure matérielle qui y correspond c'est à dire le nombre de data centers que vous devez développer pour stocker l'ensemble de ces données
et
que vous regardez les usages énergétiques de ces data centers en termes de captation d'électricité et de captation d'eau nécessaire au refroidissement
vous
allez pas vous en sortir en fait il
y
a une contradiction fondamentale entre le développement exponentiel
de
l'intelligence artificielle et donc des données stockées et les limites planétaires
et
donc
est
-ce que ça veut dire qu
'il
ne
faut
pas faire d'intelligence artificielle non alors certains vont vous dire vous avez tout à fait raison et donc il faut qu'on ait des data centers ou réutiliser la chaleur produite pour réchauffer des logements etc très bien je suis d'accord avec tout ça il n
'y a
pas de problème mais ça ne
va
pas régler votre problème vous ne de mon point de vue vous ne réglerez pas le problème si à un moment vous ne commencez pas à avoir une réglementation des usages
il
y a
des
données qu'on doit stocker il y a des données qu'on ne doit pas stocker
et
ce qui permet de choisir entre les données qu'on stocke et les données qu'on ne stocke pas c'est les usages des algorithmes des modèles qui sont entraînés sur ces données donc stocker l'ensemble des données météorologiques de ces 10 dernières années pour faire des modèles de prédiction du climat je suis absolument pour stocker l'intégralité de votre historique de navigation sur internet depuis 10 ans pour pouvoir vous faire des offres promotionnelles commerciales qui correspondent à vos recherches je suis absolument contre
et
donc il doit y avoir une réglementation des usages des données qui sont stockées sinon vous ne
vous
en sortirez pas
et
d'ailleurs il y a déjà des endroits aujourd'hui où il y a des conflits d'usage de l'énergie des conflits d'usage de l'eau par le développement des data centers et des giga data centers
et
si vous voulez un modèle qui soit un modèle souverain modèle numérique qui soit soutenable du point de vue de nos objectifs climatiques
vous
ne vous en sortirez pas que par l'optimisation la baisse de l'utilisation énergétique des data centers je crois que de la même manière que je parlais tout à l'heure de politique de sobriété et de politique d'efficacité vous devez avoir la même chose de mon point de vue dans le développement de l'intelligence artificielle notre politique c'est une promotion politique de l'intelligence artificielle sur la base d'usages qui sont définis au service de l'intérêt général une politique et une politique souveraine avec une puissance publique un réseau de cloud public de data center public et le fait de ne
pas
être une colonie numérique des Etats-Unis ou d'autres grandes puissances internationales et ça se fait au détriment de notre souveraineté mais ça mériterait quasiment une conférence à part entière le débat sur l'intelligence artificielle mais à mon avis c
'est
comme ça qu'il faut l'avoir et ensuite des protections
des
protections sur les données qui peuvent être utilisées celles qui ne peuvent pas être utilisées sur les secteurs dans lesquels on est d'accord pour qu
'il
y
ait
de l'intelligence artificielle et les secteurs sur lesquels on ne veut pas qu'il y
en
ait
et
sur le droit du travail
parce
qu'il n
'est
pas question que l'usage de l'intelligence artificielle se fasse au détriment de travailleurs et des travailleurs qui vont se retrouver dans des conditions de travail absolument inacceptables et qui vont se traduire par des nouvelles maladies au travail il faut être prudent là-dessus voilà ma vision du développement de l'IA
le temps frais peut-être que j'aimerais bien que vous reveniez sur un des grands concepts qui vous a valu certains procès en racialisation etc le concept que j'aimerais parler c'est celui-là de Nouvelle France que vous avez créé il me semble à l'encontre de celui du grand remplacement théorisé par des figures de l'extrême droite qu'est-ce que c'est pour vous la Nouvelle France et pourquoi c'est si important d'en parler et pourquoi ça suscite autant de débats dans le débat public
ça suscite autant de débats parce qu'il y a dans notre pays malheureusement des obsédés de la race et qui cherchent sur n'importe quel sujet venir fracturer la population en fonction de la couleur de peau de la religion de l'identité de la sexualité etc donc en fait dès que vous portez un sujet il y
a
des gens qui vont dire c'est pas très important nous on a jamais racialisé mais je vous remercie d'avoir posé la question parce que c'est comme ça qu'elle est posée dans les médias on a jamais racialisé le concept de Nouvelle France on n'a jamais dit la Nouvelle France ce sont telles et telles personnes qui vont remplacer telles et telles personnes qui étaient présentes jusque là sur le territoire national on n
'a
jamais dit ça on a dit pourquoi on a parlé de Nouvelle France parce qu'on a dit que le peuple français il avait changé
qu
'il a changé sur plein d
'aspects la
société elle a changé sur plein d'aspects
et
que l'idée du concept de Nouvelle France c'est de dire nous on veut défendre un programme qui en gros répond à ces changements et c'est pas tout à fait nouveau parce
que
c'était pas formulé comme tel mais si vous réfléchissez bien en 1945 après la seconde guerre mondiale d'un certain point de vue il y avait une Nouvelle France et cette Nouvelle France elle s'est traduite par un programme politique on a développé le Conseil National de la Résistance le programme des jours heureux la sécurité sociale etc.
on
vit aujourd'hui dans une constitution la constitution de la 5ème République qui a été écrite en 1958 votée en 1958
de
mémoire il fallait avoir à peu près 21 ans pour voter à l'époque donc en gros pour avoir participé aujourd'hui dans notre pays au choix de la constitution française dans laquelle on vit et qui régit nos pouvoirs publics il faut avoir plus de 90 ans
on
peut quand même considérer que la population elle
a
changé je vais dire sur quoi que ça pose des questions politiques qui sont des questions politiques nouvelles et que c'est normal que le peuple français il se redéfinisse de ce point de vue là
sur
quoi il a changé sur plein d'aspects on a une population qui a une population beaucoup plus urbanisée aujourd'hui que ce qu'elle était il y a 50 ou il y a 100 ans
on
a une population qui est beaucoup plus interconnectée avec le développement des réseaux des outils numériques enfin en 1958 quand on a voté la constitution de la 5ème République internet n'existait pas
il
y avait une seule chaîne de télévision l'homosexualité était considérée comme un délit les femmes venaient tout juste d'avoir le droit de vote mais elles n'avaient pas le droit à l'IVG
elles
n'avaient pas le droit d'ouvrir un compte bancaire
sans
l'autorisation de leur mari en 1958 personne ne parlait de la problématique écologique
enfin
tout ça c'est des éléments c'est des mutations de la population française qui posent des questions politiques nouvelles il y a internet donc il y
a
la question de la liberté du net de la neutralité du net de la protection de nos données c'est des questions qui n'existaient pas avant il
y
a l'écologie donc il y a la règle verte etc
la
nouvelle France c'est ça c'est le peuple français tel qu'il est aujourd'hui et le peuple français tel qu'il est aujourd'hui il est plus urbanisé
il
n
'est
pas plus féminisé qu'avant mais en tout cas
et
heureusement la condition féminine elle a progressé pas suffisamment il faut continuer
mais
elle a progressé par rapport à ce que c'était dans les années 50
vous
avez un peuple qui est
plus
métissé que jamais
moi
je réduis pas la nouvelle France à ça mais ça participe de la nouvelle France il y
a
eu un rapport de l'institut national d'études démographiques qui est sorti il
y
a 15 jours à peu près qui vous dit qu'aujourd'hui en France vous avez une personne sur trois
qui
a un grand-parent issu de l'immigration donc le mélange pardon pour les adeptes du grand emplacement des peurs etc mais ils ont perdu en fait
parce
qu'il y a quelque chose qui est plus fort que toutes vos théories c'est l'amour en fait les gens ils arrivent ils se rencontrent ils viennent pas du même endroit ils font des enfants ensemble et puis leurs enfants font d'autres enfants avec d'autres personnes et à la fin ça crée le peuple français tel qu'il est il est comme ça vous avez perdu
et
donc comment vous êtes capables de mettre en place un programme politique qui répond à ces défis nouveaux c'est ça notre idée de Nouvelle France mais après moi ça me dérange pas que tout le monde se soit jeté sur le sujet pour essayer parce qu'en fait ça a produit un concept dont
je
dis pas que tout le monde ici a déjà entendu parler mais beaucoup de gens ont entendu parler alors que si on avait dit c'est la France telle qu'elle est aujourd'hui personne n'en aurait parlé bon là tout le monde en a parlé maintenant ça nous permet d'avoir ce débat entre nous et de dire aux gens mais attendez on n'a jamais dit que la Nouvelle France elle va se substituer à une ancienne France qu'on va vous remplacer jamais vous êtes là le métissage il se fait avec les gens qui sont là depuis avec les familles qui sont là depuis 20 siècles avec celles qui sont plus là depuis 5 avec celles qui sont là depuis 1 et puis avec celles qui sont là depuis quelques années
là
le métissage
une
fois sur un plateau de télévision j'ai dit à Jordan Bardella mais
vous
savez quand il a dit où trouve-t-il toute cette énergie là
une
fois je me suis posé la question si j'étais sur cette émission et qu'on m'avait donné une affiche de Jordan Bardella quelles questions vous lui auriez posé la question que je lui aurais posé c'est si je lui ai dit une fois en débat je lui ai dit mais
franchement si
vous avez été au pouvoir quand vos ancêtres sont arrivés
comment
ils auraient été traités
ces
gens là eux-mêmes
sont
issus de ce métissage
on
est tous issus de ce métissage c'est comme ça c'est pas un problème
donc
voilà il est pas identitaire il est pas racialisé il est le peuple français tel qu'il est aujourd'hui et le peuple français tel qu'il est aujourd'hui bah il y a des défis nouveaux il y a une dimension économique et sociale aujourd'hui le capitalisme de notre époque c'est pas le capitalisme des années 60 et des années 70
dans
les années 60 et dans les années 70 vous aviez des grands centres ouvriers dans lesquels vous aviez 30 000 ouvriers qui faisaient à peu près tous le même boulot tous le même métier
et
donc il y avait une question de conscience de classe qui émergeait plus facilement parce que chacun avait le même statut les gens se sentaient proches et donc il y avait des catégorisations politiques
qui
étaient faciles aujourd'hui vous avez le développement de la sous-traitance de l'auto-entrepreneuriat les parcours sont beaucoup plus individualisés beaucoup plus atomisés c'est pas la même société et c
'est
pas grave c'est ni bien ni pas bien c'est pas la même société c'est tout c'est comme ça et donc on essaye de porter un programme politique qui répond à la société telle qu'elle est aujourd'hui voilà c'est ça notre idée
vous
avez parlé des ouvriers et aujourd'hui un ouvrier sur deux vote le rassemblement national alors que historiquement la gauche est censée porter les revendications du peuple pauvre elle représente le vote contestataire et populaire comment est-ce que quelle est la responsabilité de la gauche dans ce changement et comment vous expliquez cela
alors d
'abord je veux dire pardon mais c'est pas tout à fait vrai quand même de dire qu'un ouvrier sur deux
vote
rassemblement national le principal comportement politique
des
ouvriers en France aujourd'hui malheureusement c
'est
l'abstention après vous avez raison parmi ceux qui votent l'extrême droite il fait des scores importants la première nuance avant de répondre à votre question sur les responsabilités il y en a évidemment deuxième nuance la catégorie ouvrier telle qu'elle a été définie telle qu'elle est elle apparaît dans nos dans nos classifications me semble quand même de plus en plus contestable précisément pour la raison que je vous avais indiqué que
je
viens de vous indiquer à l'instant c'est que le capitalisme il a changé de forme aujourd'hui
et
que vous allez avoir dans la même catégorie des ouvriers par exemple de l'industrie qualifiés
qui par
le résultat de longues luttes syndicales ont gagné un statut une protection je dis pas que c'est très facile pour eux ils se battent encore ils ont raison et puis vous allez avoir des livreurs ubérisés
qui
n'ont à peu près aucun statut aucune protection ils sont considérés
dans
une même catégorie sociale ou employés ou ouvriers peut-être ça se discute sur les livreurs ubérisés c
'est
juste pour donner
une
métaphore
donc
en fait c'est des catégories très amples aujourd'hui
qui
à mon avis ne veulent pas dire grand chose d'ailleurs c'est assez intéressant parce que à la fois c'est vrai ce que vous dites si vous prenez les dernières élections présidentielles de 2022 dans la catégorie ouvrier
le
rassemblement national fait les scores plus importants que même nous ça c'est vrai mais par contre si vous prenez les villes par richesse des villes et que vous prenez les villes les 10% les plus pauvres c'est Jean-Luc Mélenchon en 2022 qui fait largement un score plus important c'est juste pour dire que la catégorisation sociale ouvrier qu'on a parfois tendance dans le débat public national à corréler avec le niveau de richesse à mon avis c'est pas tout à fait vrai ceci étant dit une fois qu'on a dit ça vous avez raison
et
il y a une partie du peuple des catégories populaires des ouvriers des employés qui ont été
à
juste titre de mon point de vue très largement déçus par la gauche au pouvoir et qui à un moment ont considéré que si la gauche et la droite c'était la même chose et qu'ils se succédaient au pouvoir élection après élection ben on allait essayer autre chose
enfin
si vous prenez le total des voix de gauche en France depuis 1995 par exemple
il
y a
à
la fin du quinquennat 2012-2017
le
total gauche dans les élections au premier tour de l'élection présidentielle il perd 20 points 15 points
bah
oui parce que vous avez un quinquennat une personne qui dit moi vous allez voir ce que vous allez voir qui va voir les ouvriers d'ArcelorMittal et qui nous dit je vais vous protéger mon ennemi ça sera le monde de la finance et une fois qu'il arrive au pouvoir aux responsabilités il fait l'inverse
il
faut pas s'étonner qu'au bout d'un moment les gens ils disent bah ça va on s'est fait avoir une fois on va pas se faire avoir une deuxième fois
moi
je comprends absolument pourquoi il y a ça
et
le travail que nous on essaye de mener maintenant bah c'est de récupérer du terrain en disant non non mais nous on est pas comme eux
nous
on est pas comme eux c'était pas la gauche c'était autre chose
et
on essaye précisément de reproduire de regagner de la confiance populaire dans des secteurs dans lesquels malheureusement la gauche elle en a perdu parce qu'elle en a perdu parce qu'elle a tourné le dos aux catégories populaires parce qu'elle les a trahis parce qu'elle a pas respecté sa pagrolle parce qu'elle a pas respecté ses engagements faut être capable de dire les choses telles qu'elles sont c'est ça qui s'est passé et donc au bout d'un moment Einstein disait une des caractéristiques de la folie c'est de faire plusieurs fois la même chose en espérant avoir un résultat différent bah les gens ils sont pas fous ils ont voté une fois ils ont été trahis bah la deuxième fois ils se disent bah pourquoi je vais faire pareil alors que j
'ai
donc vous devez regagner de la confiance populaire et c'est difficile
il
y a eu une politique où on a laissé l'industrie se faire délocaliser nos usines fermées les ouvriers abandonnés
et
au bout d'un moment bah les gens ils ont dit bah si c'est ça la gauche moi je vote plus à gauche voilà donc c'est ça qu'on essaye de rebâtir et de reconstruire
et
on le fait avec cette difficulté et quand j'entends dans le débat public national des gens qui disent bah la gauche elle est trop faible c'est à cause de la France insoumise franchement je trouve que c'est d'une injustice absolue parce que les 15 points qui ont été perdus par la gauche aux élections nationales c'est pas la création de la France insoumise c'est après le quinquennat de François Hollande et depuis la création de la France insoumise on a plutôt regagné du terrain pas suffisamment pas suffisamment vite on peut faire mieux on peut faire plus on a regagné du terrain qui est le terrain qui avait été perdu par les déceptions de François Hollande voilà comment je vois les choses sur ce sujet après les gens se font manipuler
je
veux dire après si vous me demandez est-ce qu'ils ont raison d'aller voter pour le rassemblement national ils ont raison d'être déçus est-ce qu'ils ont raison de voter pour le rassemblement national absolument pas parce que le rassemblement national va être un piège absolu c'est à dire que ils font miroiter l'idée qu'ils vont porter les intérêts des catégories populaires pour faire absolument l'inverse au pouvoir et au fort responsabilité c'est une caractéristique longue de l'histoire qu'à un moment il y
a
un secteur qui se détache des dominants parce que les dominants sont contestés et qui crée une forme d'illusion d'alternative pour maintenir la domination des dominants enfin je veux dire c'est pas nouveau c'est exactement à ce à quoi on assiste en France ces derniers temps et d'ailleurs il y a une partie des secteurs économiques dominants
qui
petit à petit sont en train de se tourner vers le rassemblement national en disant vous êtes notre voie de recours
et
ça conduit à ce que monsieur Bardella il fasse toutes les semaines des dîners avec les gens du MEDEF le patron de Total etc.
pour
petit à petit nouer des relations avec eux
voilà vous
avez parlé de ce qui vous différencie des autres parties de gauche et vous avez notamment pas le même statut dans les médias traditionnels puisqu'on vous accuse de conflictualiser voire de brutaliser le débat public est-ce que vous assumez cette stratégie agressive
? le
conflictualiser oui le brutaliser non
en
fait la démocratie c'est quoi
?
la démocratie c'est la confrontation entre des points de vue différents
et
ce qui produit de la réflexion là ce qui nous amène à réfléchir ensemble ce soir c'est qu
'on
soit pas d'accord sur tout vous dites sur ça il a peut-être raison sur ça franchement je suis pas d'accord sur ça il a dit n'importe quoi c'est ça qui produit du débat et de la réflexion
il
y
a
eu une vision pendant des années et des années que finalement la démocratie c'était
la
fin des antagonismes le fait qu'on devait être tous d'accord et ça c'est une logique qui est une logique très dangereuse parce qu'en fait elle conduit
à
l'inverse de la démocratie c'est à dire elle conduit à défendre l'idée que finalement il y a
il
y a des bonnes solutions
mais
on les a pas encore tout à fait trouvées et qui devraient rassembler tout le monde et donc en fait il faut mettre en place un gouvernement des meilleurs des plus intelligents des plus forts et c'est eux qui vont trouver les solutions et ça va contenter tout le monde mais ça c'est pas la démocratie ça
c
'est l'oligarchie ou c'est la démocratie il n'y
a
pas de vérité il y
a
des points de vue
qui
s'affrontent et vous avez le droit d'être pour ce point de vue pour ce point de vue puis il y
a
une élection et à la fin de cette élection il y a un point de vue qui l'a emporté sur l'autre et ça veut pas dire que les autres points de vue disparaissent ça veut dire qu'ils consentent à ce que c'est le point de vue qui l'a emporté qui va être mis en oeuvre pendant quelques années jusqu'à la prochaine élection
c
'est ça la démocratie donc oui je suis pour la conflictualisation et l'antagonisation du débat politique parce que c'est la condition de la démocratie il faut dire quand on est d'accord pas d'accord il faut montrer qu'il y
a
des projets différents après la brutalisation c'est autre chose la brutalisation ça consiste à dire on voudrait se substituer au débat
et
on voudrait passer à des méthodes d'affrontement qui seraient des affrontements violents mais à quel moment la France Insoumise a défendu l'idée qu'on allait régler les questions politiques et démocratiques par des affrontements violents jamais
on peut
avoir des mots durs
la
parole elle peut être ferme
mais
vous savez quand vous êtes dans une assemblée nationale
dans
laquelle
vous
avez une forme de mépris social tel que vous avez l'impression qu'il
y
a des gens qui n'existent pas dont on parle jamais donc on raconte jamais l'histoire leur vie n'existe pas
bah
c'est révoltant de violences aussi
mais
c'est une violence qui est une violence moins visible et pourtant le mépris il est vraiment terrible vous savez il y a une formule
il
y a une formule de Jean Jaurès
que
je vous invite à retrouver elle est extraordinaire qui dit qui est justement sur la violence et Jaurès il dit
c
'est vrai que une grève un mouvement dur il est repeint comme un mouvement violent alors que le patron qui licencie 200 personnes en signant un petit papier dans un bureau ça c'est pas violent mais où est vraiment la violence est-ce qu'elle est dans l'expression d'une colère face à une décision injuste ou est-ce que la violence elle est dans la décision de signer le papier et de pousser 200 personnes au chômage du jour au lendemain et des familles proches du suicide elle est où la violence voilà donc moi je me sens pas porteur d'une violence parfois j'utilise des mots qui sont des mots fermes des mots durs aussi parce que j'en ai assez de la langue de bois en politique si on est pas d'accord on est pas d'accord c'est pas grave mais on dit les choses on fait pas des phrases qui veulent rien dire à la fin mais par contre
on
a toujours voulu régler et on réglera toujours les problèmes politiques par la voie démocratique par le vote par l'élection on a toujours refusé par exemple la violence dans les manifestations toujours été contre ça parce que et contre ça pas que pour des raisons théoriques pour des raisons théoriques mais pas que pour ça mais parce qu'à la fin on perd toujours
on
perd toujours
parce
que ceux qui détiennent le pouvoir ils ont plus de force que vous sur ce terrain là de la violence et que si vous voulez transformer la société vous ne le ferez jamais par le coup de force vous le ferez toujours en convaincant une majorité politique de s'engager au service d'un programme et d'un projet politique voilà pourquoi je défends une stratégie qui est une stratégie non violente
et
voilà pourquoi je suis contre la brutalisation mais par contre je suis pour la conflictualisation et tout à l'heure on a parlé de Nouvelle France qui est exactement une illustration du fait que la conflictualisation c'est une stratégie efficace et pertinente on a mis un mot il produit du débat tout le monde en parle et ça permet d'éclairer le débat sur ce sujet et là vous m'avez posé une question sur ça et ça m'a permis de préciser ce qu'il y
a
dans Nouvelle France ou pas la conflictualisation elle permet de faire réfléchir les gens
donc
voilà je rassure tous les gens qui seraient inquiets ici
s
'il y en a
je
suis pas sûr parce que je pense que c'est beaucoup une construction médiatique
vous
savez on a dit oui la France insoumise vous conflictualisez à l'Assemblée Nationale vous mettez la pagaille franchement mais
c
'est juste une plaisanterie je veux dire il y a 50 ans à l'Assemblée Nationale quand il y avait des conflits entre députés ça se réglait en duel à l'épée il y a 20 ans à l'Assemblée Nationale un président de l'Assemblée Nationale de droite a été poursuivi dans les couloirs il a été obligé d'aller se réfugier dans son bureau
il
n
'y
avait pas d'insoumis
à
l'Assemblée Nationale à l'époque
en
fait moi je vous invite juste à quelque chose soyez vigilants sur les traitements médiatiques les images médiatiques qu'on donne sur les uns ou sur les autres vous n'êtes pas obligés d'être d'accord avec tout ce qu'on défend évidemment mais par contre allez voir ce qu'on défend vraiment allez voir ce qu'on dit vraiment et allez pas voir ce que les gens disent de nous
parce
que ce que les gens disent de nous c'est souvent très orienté et très au service d'une propagande politique
merci merci beaucoup on va passer à un petit échange informel sur 60 secondes on va vous poser des questions avec du fond ou non le but c'est que vous y répondez assez rapidement
oui ou non c'est ça
?
non pas forcément oui ou non mais vous y répondez assez rapidement ok
je
vais essayer
ouais
parfois ce sera peut-être un peu dur on sait pas et après ça on passera un temps d'échange avec le public si vous avez des questions etc on viendra avec nos micros
voilà
je sais pas si il
y a
le compteur qui commence si tout marche
il
est là tu le vois donc peut-être sur la première question quel est le pire président de la 5ème république
? le
pire président de la 5ème république
?
rapidement
Macron
vous prenez du temps là
Etats-Unis ou Russie
? Etats
-Unis ou Russie
? ni
l'un ni l'autre non aligné
entrisme ou révolution ? entrisme ou révolution
? c
'est-à-dire est-ce qu'il faut s'insérer ou est-ce qu'il faut
plutôt être ? entrisme ou
révolution ? bah révolution
PCF ou PS
?
PCF
pour s'informer réseaux sociaux ou médias traditionnels
? les
réseaux sociaux mais il faut être vigilant
la
personne avec qui vous souhaiteriez débattre
?
elle doit être vivante ou pas
?
si vous voulez ou non
?
non mais Bardella ça fait depuis longtemps que je lui propose un débat il refuse toujours il se cache
j'aimerais bien débattre
avec lui en tête à tête
dernière question
peut-être vous êtes premier ministre ou pas en 2027 ? moi
premier ministre ? d'abord pour ça il faut gagner les élections présidentielles ensuite gagner les élections législatives ensuite on aura un gouvernement et dans ce gouvernement vous allez voir il y aura des ministres qui sont des ministres de qualité
sans
doute j'en ferai partie premier ministre ou pas franchement ça m'importe peu parce que je sais que dans tous les cas ça sera quelqu'un de super fort qui le fera
merci beaucoup
s
'il y a des questions
bonjour bonjour j'aurais une question par rapport au cinéma
donc
suite à la tribune de Bolloré il y
a
eu pas mal d'acteurs actrices qui ont été censurées du milieu
est
-ce que vous pensez que les acteurs et actrices doivent être neutres politiquement pour préserver leur carrière ou non
? moi
je préfère quand ils le sont pas pour être clair je préfère les actrices les acteurs les autrices les auteurs les personnalités engagées
dans
le monde du cinéma comme ailleurs après moi je donne de leçons à personne
il
y a des positions qu'on occupe dans la société qui nous permettent plus facilement d'occuper et d'assumer des positions publiques et politiques que d'autres maintenant je trouve que c'est bien qu'il y
ait
eu cette tribune c'est bien qu'il y
ait
des gens qui aient pris la parole sur ce sujet
et
ce que je peux vous dire moi en tant qu'acteur politique
c
'est que
si
on arrive au pouvoir clairement l'une des premières décisions qu'on prendra et je suis capable d'expliquer pourquoi ça sera de démanteler l'Empire Bolloré c'est une des premières décisions politiques qu
'on
prendra
bonjour je voudrais revenir sur la question de
l
'intelligence artificielle vous avez expliqué qu'il
y a
des bons usages et des usages moins bons et étant donné qu'Internet les data centers c'est un réseau mondialisé je voulais savoir si vous aviez réfléchi ou si vous aviez déjà des pistes sur le contrôle de l'usage de l'IA puisque aujourd'hui si on veut utiliser l'intelligence artificielle pour produire une nouvelle édition de ce qu'il dit dans un fruit
on
n'est pas empêché et pourtant c'est pas l'usage le plus intelligent qu'on pourrait en faire
alors sincèrement je comprends la question d'abord je veux juste dire c'est pas une manière d'esquiver et de pas répondre à la question mais quand même par prudence
qu
'on est en train de travailler sur la réactualisation du programme qu'on a défendu en 2022 que évidemment ces questions d'intelligence artificielle que j'ai exploré là moi dans mon intervention je vous ai dit une position sur certains aspects qui peut être une position personne sur d'autres aspects je pense que c
'est
déjà une position collective et le travail d'élaboration programmatique sur la question de l'IA il est encore en cours aujourd'hui donc les choses que je défends pour l'instant elles sont pas à l'intérieur de notre programme et dans notre programme quand on produit notre programme après on sort toujours ce qu'on appelle des livrets qui viennent compléter le programme donner plus de détails parce que votre programme vous pouvez pas ça peut pas être exhaustif et on a un livret qui est consacré à la question du numérique et de l'IA en particulier dans lequel les sujets sont abordés avec davantage de précision
après je
comprends la question mais je vois aussi les dangers
et
les risques qu'une forme de réglementation parce que si j'ai bien compris votre idée ce serait une forme de réglementation de l'utilisation des outils d'intelligence artificielle qui sont pas donc les outils qu'on aurait développé nous et comment ils pourraient être utilisés pour des usages qu'on trouverait pas performants ou pas utiles bon
le
problème c'est qu'après il faut quand même avoir un programme politique et un programme politique qui est respectueux des libertés individuelles moi je peux pas empêcher quelqu'un d'utiliser un logiciel qui est produit ailleurs
par
contre moi je peux avoir une politique de développement de nos propres outils d'intelligence artificielle
de
nos outils souverains
je
peux décider et on peut décider collectivement de quelles sont les données qu'on va stocker dans nos data centers à nous là on a un contrôle sur un espace de souveraineté qui est le nôtre le reste ça nécessite c'est un peu le débat qu'on avait tout à l'heure sur l'imposition ça nécessite des négociations internationales ça nécessite je peux pas tout on peut pas décider
ou
alors on devient sur des mesures autoritaires type vous avez pas le droit d'utiliser le chat de GPT voilà je suis pas sûr que ça soit la bonne manière de traiter le problème je pense que c'est plutôt développer nos propres outils et ensuite avoir un travail de formation d'apprentissage à l'IA aux opportunités que ça offre aux risques que ça produit aux dangers pour faire en sorte que progressivement les gens aillent justement davantage utiliser les outils que vous développez vous mais je suis pas sûr que la mesure d'interdiction si vous voulez soit une bonne mesure d'interdiction on a eu un peu ce débat sur un sujet différent au moment de la proposition de loi qui a été déposée à l'Assemblée nationale sur l'interdiction des réseaux sociaux pour les moins de 15 ans vous avez peut-être entendu parler de ce débat qui a eu lieu à l'Assemblée nationale
quasiment
tout le monde a voté pour et nous on a voté contre
pas
parce qu'on trouve ça super bien
qu
'un petit de 11 ans soit addict aux réseaux sociaux évidemment personne ne peut être d'accord avec ça
mais
parce que bien souvent les mesures d'interdiction elles apparaissent comme étant des solutions à un problème alors qu'elles n'en sont absolument pas or quand vous dites que vous allez interdire l'utilisation aux réseaux sociaux pour les gens de moins de 15
ans la
vérité qu'il suffit que le grand frère il ait 17 ans et que lui il ait ouvert un compte sur les réseaux sociaux pour que le petit frère ou la petite soeur de 11 ans elle puisse utiliser son compte pour aller sur les réseaux sociaux qu'on a inventé quelque chose qui s'appelle les VPN et que assez facilement si on n
'est
pas trop bête on est capable de contourner ces réglementations et qu'en fait ces mesures d'interdiction elles produisent une illusion de protection qui exonère de faire d'autres politiques qui sont des politiques d'éducation de sensibilisation et qui à mon avis ne produisent pas le résultat escompté je vous réponds de la même manière moi je préfère qu'on introduise de l'enseignement à l'usage des outils d'intelligence artificielle aux bonnes pratiques
de
manière générale d'ailleurs un enseignement à l'utilisation du numérique à une bonne utilisation du numérique plutôt que des mesures d'interdiction que je trouve à mon avis attentoire aux libertés individuelles et donc dangereuses dans le projet de société qu'on veut développer
bonsoir
monsieur Moumpard
je
vous vois pas mais c'est pas grave
ouais
ok
ce que j'ai trouvé intéressant c'est qu'on retrouve que je suis assez d'accord avec certaines grandes idées que vous avez évoquées que ce soit les sujets d'écologie de souveraineté
pourquoi
pas de réindustrialisation j'avais deux questions pour vous ce soir
comment
en fait-on pour favoriser l'innovation êtes-vous donc ma première question c'est êtes-vous favorable donc à l'implémentation de fonds de pension à la française avec de l'épargne du coup qui se réfléchit vers l'innovation et les secteurs dont vous parliez précédemment
et
ma deuxième question comment fait-on pour garder une souveraineté et une certaine indépendance en rajoutant toujours plus de réglementations qui sont favorables finalement non pas aux start-up
qui
ont très peu d'équipes dans le juridique
qui
ont très peu de moyens comment en fait-on pour simplifier la réglementation pour faire en sorte mais garder finalement ces grandes idées
auxquelles
nous sommes favorables et en même temps pousser vers plus d'amélioration pour les start-up et d'innovation pour le futur
merci
beaucoup
merci
bon sur la première question je pense que
j
'ai un petit peu répondu tout à l'heure j'ai dit que la position qui était la nôtre c'était plutôt plutôt que des fonds de pension c'était plutôt d'inciter en gros d'utiliser l'épargne qui est massive pour venir servir et fournir des capitaux à des entreprises qui se développent en fléchant cette épargne sur des investissements nationaux notamment en supprimant les avantages fiscaux qui existent aujourd'hui pour cette épargne quand elle est utilisée pour des investissements étrangers plutôt ce système là ce schéma là plutôt qu'un schéma de fonds de pension
sur
la deuxième question
en
fait
vous
avez raison mais le problème aujourd'hui c'est que
vous
êtes une petite entreprise
une
start-up ou même une PME
en
fait vous avez des contraintes qui pèsent sur vous
des
contraintes administratives des contraintes financières des contraintes dans la chaîne de dépendance qui vous lie bien souvent à la grande entreprise qui est au dessus de vous c'est pas toujours le cas mais c'est assez souvent le cas dans une chaîne de sous-traitance
qui
vous met dans une position d'infériorité
qui
fait peser sur vous beaucoup de contraintes
vous
ne disposez pas des équipes internes et des ressources pour pouvoir trouver les bonnes manières de la législation de la fiscalité pour payer moins d'impôts etc
à
tel point que vous vous retrouvez aujourd'hui dans une situation en France où l'impôt sur les sociétés qui normalement est à 25% sur toutes les entreprises en moyenne il est à 23-24 pour les petites et les moyennes entreprises et à 15% pour les grandes multinationales
c
'est à dire que normalement il devrait y avoir une progressivité dans l'autre sens vous êtes une petite structure une petite entreprise vous devriez payer moins c'est ça le principe de l'impôt progressif aujourd'hui en réalité vous payez davantage parce que les grands groupes ils ont des flopés d'avocats fiscalistes qui connaissent la législation par coeur qui vont optimiser tel truc utiliser telle niche fiscale pour payer moins d'impôts
et
donc moi sur les petites et les moyennes entreprises et les start-up en particulier dans l'investissement mais même dans les autres domaines d'ailleurs on a souvent ce débat qui à mon avis n
'est
pas la bonne manière de poser le problème en disant le problème c
'est
les charges les charges les charges
alors
d'abord ce qu'on appelle charges ça s'appelle des cotisations et quand on travaille dans une entreprise peut-être qu'on est content que si notre salarié il est malade il puisse être soigné
peut
-être qu'on est content qu'une fois qu'il aura fini sa carrière professionnelle il puisse avoir je l'espère un droit à la retraite si Edouard Philippe Gabriel Attal ou Jordan Bardella ne gagnent pas la prochaine élection présidentielle donc
si
oui alors on
accepte
des modèles souvent on compare dans le débat on dit oui mais en France les cotisations sociales le coût du travail il est tellement important que les gens la différence entre le net et le brut mais en fait c'est un débat d'une mauvaise foi absolue parce que la vérité c'est que si vous êtes dans un autre pays et que peut-être que vous allez payer moins de cotisations sociales sur votre salaire et que par rapport à votre brut vous allez toucher plus de net mais si vous n'avez pas de protection santé qui est inclue par vos cotisations sociales et que vous êtes obligé d'aller souscrire à une assurance privée pour vous soigner si vous êtes malade que vous êtes obligé d'avoir un plan de capitalisation sur les retraites pour pouvoir partir à la retraite quand vous avez atteint l'âge auquel vous pouvez plus travailler vous avez remplacé des cotisations sociales par des charges privées obligatoires alors si vous voulez faire des comparaisons entre les modèles internationaux comparez le modèle français avec les modèles internationaux au même niveau de prestation moi je suis content de la sécurité sociale en France et donc je trouve normal qu'on paye des cotisations sociales et je trouve donc normal que dans notre salaire il y a une partie qu'on ne touche pas directement parce que ça va financer le système de santé parce que ça va financer notre système de retraite donc souvent on dit c'est ça le problème extérieur mais c'est pas vrai le problème pour les petites et les moyennes entreprises c'est les charges là les vraies charges qu'ils subissent et qui sont des charges obligatoires pour une petite entreprise c'est les beaux commerciaux c'est les locaux
qui
sont très chers c'est les frais bancaires c'est la difficulté d'accès au crédit c'est le prix de l'énergie
donc
sur tous ces sujets là c'est les délais de paiement
aujourd
'hui vous êtes dans une chaîne de sous-traitance
vous
avez une grande entreprise qui vous confie des activités de production la grande entreprise elle a tellement de la trésorerie que ça ne lui pose pas de difficultés mais elle va vous payer très en retard vos délais de paiement vous n'avez pas assez de trésorerie vous êtes en difficulté vous êtes obligé d'aller voir les banques et vont vous mettre des frais bancaires qui sont des frais bancaires insupportables et à la fin ça pèse sur la santé économique de votre entreprise donc moi je suis pour qu'il y
ait
un plan de soutien aux start-up aux petites et moyennes entreprises mais je ne suis pas d'accord pour qu'on utilise les petites et les moyennes entreprises et les start-up pour continuer la gabegie des grands groupes et des grandes entreprises qui se cachent derrière la forêt des petites entreprises pour dire moins de réglementation moins de charges moins de normes etc alors qu'elles ont les reins très solides et elles les utilisent pour se cacher derrière elles voilà je pense qu'il faut avoir une politique qui est une politique différenciée
une
grande entreprise elle doit payer un impôt sur les sociétés qui n
'est
pas de 15% parce qu'elle bénéficie de plein de niches et d'exonérations fiscales il faut faire en sorte que les petites entreprises et en particulier dans l'innovation elles soient davantage appuyées davantage soutenues davantage protégées contre les gros groupes qui souvent exercent sur elles un rapport de force qui est un rapport de force très important c'est pourquoi on distingue petites et moyennes entreprises grandes entreprises dans notre logique et donc ça s'applique en particulier pour les jeunes entreprises innovantes et les start-up
voilà
peut-être ce que je peux vous donner comme quelques éléments de réponse même si là aussi ça ne sera pas exhaustif et ça mériterait qu'on en discute plus en détail
oui
au milieu
à
votre
droite
un
peu plus à droite
et
voilà j'ai une question assez courte
est
-ce que vous avez parlé d'un gouvernement potentiel insoumis est-ce que dans un gouvernement insoumis un ministre qui est accusé d'agression sexuelle de viol
de
couvrir un scandale d'état je pense à François Bayrou notamment est-ce qu'il pose sa démission dans la journée et du coup c'est plutôt pour ouvrir aussi plus généralement
la
gestion on voit le scandale du périscolaire à Paris
il
y
a
une jeune fille qui a été retrouvée dans un silo la semaine dernière
comment
on traite ces violences-là sexuelles sur les femmes sur les enfants
comment
on donne des moyens à justice
c'est une bonne question évidemment vous la prenez par le bout de la responsabilité politique moi ça me paraît assez évident
que
enfin je veux dire si vous voulez avoir une crédibilité dans la politique publique
pour
lutter contre ces fléaux vous ne pouvez pas avoir des ministres qui sont directement concernés pour répondre à votre question ça me paraît évident mais entre nous sans négliger l'importance de cette question on est face à un problème qui est un problème d'une autre ampleur aujourd'hui
qui
sont des problèmes systémiques
je
ne
sais
pas si vous avez peut-être pas eu l'opportunité de le voir mais il y
avait
le débat un peu cet après-midi à l'Assemblée nationale en question au gouvernement la manière avec laquelle on répond
même
en disant il y a eu des dysfonctionnements
c
'est déjà une manière de contourner le problème le problème ce n
'est
pas des dysfonctionnements individuels dans un dossier comme si l'ensemble des autres dossiers étaient traités parfaitement aujourd'hui
aujourd
'hui il y a 72% des plaintes pour relatifs à des viols contre les enfants qui sont classés sans suite
en
France 72%
ce
n
'est
pas un problème d'une situation individuelle dramatique une tragédie un drame absolu
ce
n
'est
pas un problème d'une situation individuelle c'est qu'il y
a
un problème systémique
il
y
a
un problème systémique dans les violences sexistes et sexuelles il
y
a une omerta organisée il
y a
une culture patriarcale qu'il faut combattre et il y a un problème systémique dans les violences contre les enfants avec des mêmes caractéristiques et parfois des continuités entre les deux c'est qu'en gros on considère que quand la parole de la femme on la met en doute on la met en cause et on considère que la parole d'un enfant on la met en doute et on la met en cause
donc
la réponse elle doit être systémique
et
une réponse systémique ça veut dire une réponse
d
'abord qui nécessite contrairement à ce qu'a dit le président de la république qui a dit je ne veux pas entendre parler de moyens s'il va falloir entendre parler de moyens écoutez moi depuis que je suis élu député à l'assemblée nationale chaque année vous avez des coalitions d'associations qui disent il faut 2,6 milliards d'euros
de
budget pour un plan de lutte contre les violences sexistes et sexuelles chaque année toutes les associations elles ont travaillé ensemble sur ce sujet
et
chaque année vous avez un gouvernement qui dit on n
'a
pas les moyens on ne
va
pas le faire etc
pardon
mais on est capable de faire 20 milliards d'euros de baisse de cotisation pour les grandes entreprises qui soi-disant devaient créer un million d'emplois et qui en ont créé à peu près 100 000 et on n'est pas capable de mettre 2,6 ou 2,7 milliards d'euros pour lutter contre les violences sexistes et sexuelles bien sûr qu'on est capable de le faire le problème c'est la volonté politique et pourquoi je dis c'est systémique parce que bien sûr qu'il
y a
la question des moyens dans la justice bien sûr qu
'il
faut plus de juges bien sûr qu'il faut plus de procureurs bien sûr qu'il faut plus de greffiers que les dossiers la justice elle est clochardisée aujourd'hui elle est embolisée c'est clair
c
'est clair
et
donc il faut des moyens pour ça mais les moyens c'est pas que des moyens humains au sens plus de gens etc il y
a
un problème de culture du viol de culture patriarcale qu'il faut combattre et ça ça commence dès le plus jeune âge ça commence par l'éducation ça commence par exemple pour vous donner un exemple j'entendais Marine Le Pen à l'Assemblée Nationale cet après-midi venir donner des leçons sur ce sujet ces gens ces gens s'opposent
à
l'éducation à la vie sexuelle et affective à l'école au nom de de visions absolument fantasmées mais précisément si vous voulez qu'un enfant
qui
est victime d'un comportement qui a un comportement inacceptable dans son cadre familial parce que contrairement à ce que dit l'extrême droite l'essentiel des violences sexistes et sexuelles ou des violences contre les enfants en France elles sont dans le cadre familial
donc
avec des gens bien français vous voyez
dans
le cadre familial
c
'est ça et ça ils en parlent jamais bon si vous voulez qu'un enfant dans sa famille s'il est victime de violences ou d'agressions sexuelles il soit capable de comprendre que ce n'est pas normal d'aller en parler à des gens il faut qu'il ait appris il faut qu'il ait une éducation à ce qui est acceptable ce qui ne l'est pas etc
quand
vous allez aujourd'hui devant les enquêteurs et que vous n'avez pas d'enquêteurs pas suffisamment d'enquêteurs qui sont formés à recueillir la parole d'un enfant
en
fait la parole d'un enfant ça ne se recueille pas de la même manière que la parole d'un adulte donc il faut des gens qui soient formés pour faire ça
quand
vous êtes une femme et que vous allez au commissariat pour déposer plainte
et
qu'on vous dit ah ça va c'est bon c'est pas grave il a juste mis ses mains sur
et
en gros on vous envoie chier on vous dit bah non bah allez ça ne mérite pas une plainte ah ça va on en a déjà beaucoup des plaintes etc
bah
après vous n'y revenez pas donc il faut des formations dans la police il faut des formations dans la justice pour que les sujets soient pris au sérieux je veux dire on n
'est
pas en train de
on
n'a pas besoin d'inventer les réponses politiques tout le monde les connait sur la question des violences contre les enfants il y a eu une commission indépendante qui s'appelle la civise elle a formé les 84 recommandations c'était en 2023 à l'heure où on se parle aujourd'hui il y en a 25% d'entre elles qui ont été suivies des faits il y en a 75% qui ont été oubliées
je
ne
dis
pas peut-être qu'elles ne sont pas toutes bonnes ça se discute
mais
les solutions les propositions politiques elles ont été mises sur la table
et
donc vous allez avoir comme d'habitude dans le débat ceux qui vont arriver avec les propositions les plus démagogiques du monde alors ça va aller jusqu'à il faut rétablir la peine de mort pour les violeurs ou il faut leur faire un moment à perpétuité obligatoire pour les agressions sexuelles
mais
comme si c'est ça qu'allait dissuader et réduire des problèmes de violences sexistes et sexuelles c'est ne rien comprendre en fait aux logiques qui existent dans la société qui produisent ces situations
moi
je vous dis soyez vigilants toutes les réponses qui vont être les réponses durcissement des peines quantum des peines aujourd'hui pour une situation de viol ou d'agression ou de meurtre avec une agression sexuelle dans le quantum des peines la perpétuité c'est déjà possible
mais
si on croit que c'est juste en augmentant le quantum des peines qu'on va régler les problèmes de violences sexistes et sexuelles pardon on n
'a
rien compris
on
n'a pas compris le caractère précisément systémique de ces violences
donc
voilà en fait les réponses elles sont
globales globales
et
donc
nous on propose une loi globale qui traite tous ces aspects éducation formation meilleure prise en charge aide aux victimes accompagnement libération de la parole évidemment plus de rapidité dans l'enquête
c'est
ça qu'on qu'on propose et beaucoup de gens vont parler vous allez voir de loi globale ou de loi intégrale
le
gouvernement la redit il faudra la loi intégrale pourquoi pas mais la loi globale intégrale vous pouvez faire ce que vous voulez si vous ne mettez pas les financements nécessaires elle ne servira à rien
vous
savez Darmanin a dit il y a 60 000 70 000 je ne
sais
plus enquêtes en cours je demande à tous les procureurs de les examiner avant de partir en vacances
c
'est démagogie absolue parce qu'en fait le nombre de personnes qui sont en charge de ces dossiers et le nombre d'enquêtes et le nombre de jours qui restent avant les vacances d'été je voyais un magistrat hier à la télévision qui disait en gros ça nécessite de passer une à deux minutes par dossier
vous
croyez qu'on va prendre en charge sérieusement des plaintes et des dossiers liés à des agressions sexuelles contre les enfants en passant deux minutes par dossier
c
'est de la démagogie absolue en fait faites attention aux réponses démagogiques sur ces sujets à mon avis mais voilà moi en tout cas quelles sont les réponses que nous on promeut et qu'on mettra sur la table dans cette élection présidentielle
est-ce que vous pensez que la Nouvelle Calédonie devrait être indépendante de la France
que
le quoi pardon la Nouvelle Calédonie
oui nous
on pense qu'il faut accompagner la Nouvelle Calédonie Kanaki par son indépendance oui on pense que c'est un territoire qui est inscrit
dans
un processus qui est un processus de décolonisation
que
la Nouvelle Calédonie par rapport à d'autres territoires en France
a
une spécificité absolue c'est que le peuple français part
a
reconnu qu'il y avait deux peuples
en
Nouvelle Calédonie c'est
à dire
qu'il y avait un peuple premier un peuple qui était là avant et qu'il y
a
eu une colonie
une
colonisation de peuplement des gens qui sont arrivés après
et
donc on était dans une situation de décolonisation donc moi oui je suis favorable à accompagner la Nouvelle Calédonie vers son indépendance après
ça
doit évidemment se discuter avec la population
à
quel rythme sous quelle forme
et
avec quelle relation
ils
veulent maintenir avec la France
et
moi personnellement je trouve que c'est absolument irresponsable
de
tendre la situation comme l'a fait Macron et avant lui Édouard Philippe puisqu'il y avait eu deux référendums il devait y en avoir un troisième
entre
les deux premiers référendums le oui à l'indépendance a progressé mais c'est le non qui l'a emporté
il
devait y en avoir un troisième
et
il a été organisé pendant le Covid
au
moment où les indépendantistes disaient nous on ne veut pas le référendum pendant le Covid ça va poser des problèmes et tout pour mobiliser nos électrices et nos électeurs
or
le principe des accords de Nouméa et de Matignon c'était un principe de consensus c'est à dire on prend des décisions avec toutes les parties
c
'est un processus extraordinaire ce processus sans doute unique au monde un processus de décolonisation dans lequel on a avancé progressivement ils ont cassé ça
en
passant en force sur l'organisation du troisième référendum il a été boycotté par les indépendantistes donc forcément le non l'a emporté après ils ont dit c
'est
bon il y
a
eu trois référendums le non l'a emporté il n
'y aura
pas d'indépendance ça a produit des violences ça a produit des morts
ça
a produit une situation inacceptable et vous avez plutôt intérêt à tenir compte de la volonté indépendantiste
et
de l'organiser justement pour rester dans un cadre les indépendantistes ils ont défendu ce qu'ils ont appelé l'indépendance association on est indépendant mais on est associé avec la France
moi
je préfère ça
qu
'une indépendance qui se fasse
dans
une situation qui est une situation de violence et une situation qui est après une situation de rupture parce qu'on a envie de garder des liens
des
liens positifs pour les deux
donc
oui moi je suis favorable à ça évidemment je suis favorable à cet accompagnant c'est pas à moi de le décider tout seul c'est le peuple qui doit le décider mais en tout cas on ne doit pas l'entraver
on
ne doit pas l'empêcher
voilà
ma réponse Bonjour
je ne
vois rien avec la lumière pardon c'est pas que je suis aveugle
donc moi je voulais me rapprocher d'un domaine plus proche c'est à dire la recherche vous avez parlé de coûte budgétaire notamment du gouvernement Macron récemment le CNRS a subi une coûte budgétaire de plus d'un demi milliard d'euros en deux ans malgré le programme de relance recherche annoncé par Macron donc je voulais savoir comment LFC se positionner par rapport à ça et aussi comment comptez-vous remettre la recherche au centre du débat public ou en tout cas plus proche du débat public en général merci
merci bon d'abord pour répondre rapidement les coupes budgétaires successives
sur
l'enseignement supérieur et la recherche on se positionne en opposition absolue on s'est battu contre
à
chaque discussion budgétaire et malheureusement elles sont passées souvent en force par 49-3 on a déposé des motions de censure on n
'a
pas toujours réussi à renverser le gouvernement
après
vous avez raison que alors il y a deux choses dans votre question il y
a
comment on redonne toute sa place à la recherche et comment on la met au coeur du débat public si j'ai bien entendu pour la mettre au coeur du débat public je vous donne un exemple c'est un exemple mais j'ai parlé de planification tout à l'heure
ce
travail de planification si on ne
veut
pas que ce soit l'élaboration du plan si on ne
veut
pas que ce soit un processus bureaucratique
qui
émane de 3-4 personnes dans un bureau au ministère de l'écologie vous devez organiser un débat de la société pour élaborer ce plan
et
dans ce débat de la société pour élaborer ce plan il doit y avoir une
voix
une parole une place pour les scientifiques qui vont éclairer ces débats et ces discussions
je
ne
suis
pas en train de parler de conventions citoyennes qui ne servent à rien
parce
que malheureusement elles n
'ont
pas servi à rien elles ont fait un super travail la convention citoyenne sur le climat elle a fait un super travail mais si à la fin vous ne prenez aucune de ces préconisations ça ne sert à rien donc voilà moi je dirais que dans le pilotage des objectifs par exemple j'ai parlé de planification aussi j'ai dit les planifications c'est se fixer des objectifs sur du temps long et vous auriez pu m'interroger sur quels sont ces objectifs
et
notamment ça nécessite de créer des nouveaux indicateurs de développement
est
-ce que nos objectifs de la planification c'est le PIB
ah
non
le
PIB c'est juste la croissance du pays demain je vais là sur le terre plein de vent je creuse un trou
et
trois jours plus tard je rebouche le trou
j
'ai augmenté le PIB
bah
oui j'ai fait de l'activité économique pour creuser le trou et après j'ai fait de l'activité économique pour reboucher le trou et du point de vue de l'utilité pour le pays
j
'ai rien changé donc
ça
pose la question de comment on définit aussi des nouveaux indicateurs et je pense que la recherche par exemple elle a sa place sur ce sujet mais de manière plus générale si votre question c
'est
quelle politique vis-à-vis de la recherche mon sentiment moi ça fait maintenant quelques années que j'ai quitté le monde de proche de la recherche en tout cas mais je crains malheureusement que ce soit aggravé
je
pense qu'il y
a
un mépris aujourd'hui pour la recherche fondamentale en France
qu
'on travaille sur l'innovation qu'on travaille sur comment on concrétise des innovations de recherche j'ai aucun problème là-dessus mais par contre moi je suis de l'école des mathématiques appliquées je sais que les innovations dont on parle aujourd'hui
elles
viennent de travaux de recherche dans les années 70 dans les années 80 où à l'époque elles n'avaient pas des volontés applicatives immédiates
et
il faut regarder aussi ça sur le temps long et donc un sortir un peu de ce mépris pas tout mettre dans la recherche applicative et dans comment ensuite ça se traduit en politique d'innovation et puis sortir des logiques permanentes d'appel à un projet enfin un chercheur il est là pour faire de la recherche il n
'est
pas là pour remplir des dossiers pour aller chercher des financements pour pouvoir faire de la recherche
voilà
et franchement moi je connais maintenant des gens qui font de la recherche ils font plus de recherche quoi on passe leur temps à remplir des dossiers pour aller chercher des financements pour faire de la recherche
moi
j'aimerais bien qu'on revienne aussi à des budgets qui soient des budgets je sais qu'à Paris le printemps maintenant mais à des budgets qui sont des budgets garantis et qui permettent de faire un travail de recherche est-ce que garder cet indicateur de nombre de publications comme étant un critère d'excellence d'une université dans la recherche
est
-ce qu'au moment du monde de l'IA la publication est le bon indicateur d'un travail utile de recherche personnellement j'en suis pas sûr j'en suis pas certain
donc
voilà je dirais remettre redonner de sa place la centralité respecter aussi le travail de la recherche on parlait d'intelligence artificielle tout à l'heure l'intelligence artificielle les premiers réseaux de neurones excusez-moi mais ça date des années 80 en France
avec
des chercheurs français
et
les applications elles sont arrivées des dizaines d'années plus tard donc c'est bien la preuve qu'on a eu de la recherche plus fondamentale d'abord avant de pouvoir passer à l'état des applications
donc
voilà je sais pas si ça répond à cette question mais là aussi je vous renvoie parce que je ne sais pas tout j'aurais dû le dire en introduction je vous renvoie au livret programmatique qu'on a produit en plus de notre programme sur l'enseignement supérieur à la recherche qui donne davantage de détails sur notre politique en matière de recherche
merci
il nous reste le temps pour une dernière question rapidement bonjour monsieur Monta je suis ici devant vous merci beaucoup déjà d'avoir fait ce trajet c'est amusant de vous voir faire une conférence là où on a pu voir des répétitions de fanfare et autres vous avez devant vous des étudiants qui vont bientôt chercher un stage de fin d'études un métier etc et ce qu'on nous raconte très rapidement ce qui séduit beaucoup sur cette école et ce qui peut même nous faire passer pour des enfin bref
ce
qui est raconté sur cette école c'est qu'on a des scores d'employabilité magnifiques et direct après l'école on a un taf aucun souci en claquant des doigts
et
il y a un mais c'est que qui recrute voilà c'est souvent du privé militaro-industriel on a vu un bâclage écologique pas dans le peuple mais dans le secteur de l'emploi privé récemment et donc en fait il y a cette situation où des gens engagés qui disent bah moi j'ai j
'ai
une marge de manœuvre j'ai un rapport de force et je veux avoir un métier à sens je refuse de travailler pour des entreprises qui ne sont pas alignées avec mes valeurs et bah ils attendent deux mois quatre mois huit mois en recherche d'emploi pas au chômage puisqu'on touche pas le chômage au premier emploi
et
on se dit bon bah zut alors qu'est-ce que je fais donc
ça
peut paraître comme un caprice parce que d'un côté métier alimentaire d'un point de vue métier alimentaire je veux dire il y a beaucoup de gens qui n'ont pas le privilège de dire je veux un métier aligné avec mes valeurs et il faut s'en rendre compte
mais
il
y a
cette situation très délicate où à 25 ans on peut être cadre on peut être le nouveau bras armé de reproduction des forces du capital et c'est pour ça que l'école a les sponsors qu'elle a et donc c'est une décision assez importante au final que de se dire bon bah j'ai quand même envie de dénager chez mes parents je prends le taf ou je le prends pas et donc je vous pose la question pardon je m'y suis un peu étalé mais qu'est-ce que vous recommandez à ces jeunes ingénieurs qui n'ont pas le marché du travail privé avec eux faut-il faire essayer de changer les choses par intérieur faire de l'entrisme faut-il bifurquer faut-il saboter que sais-je voilà merci beaucoup monsieur Montard
merci à vous pour votre question qui est bon c'est une bonne question
mais
honnêtement au risque de vous décevoir c'est quand même une question qui je trouve à une dimension très personnelle et très individuelle et moi je me permettrais pas de juger entre les différentes attitudes c'est-à-dire
il
y a des gens qui vont considérer que du point de vue des valeurs qui sont les leurs
ils
considèrent que l'exercice de certains emplois de certaines activités leur est impossible et qu'ils ont l'impression de trahir leurs propres valeurs s'ils font ça
et
je le respecte absolument
il
y a des gens qui vont considérer et j'en connais aussi il y en a même à la France Insoumise vous savez des fois vous êtes surpris moi j'ai fait un meeting une fois avec quelqu'un qui était dans la finance et qui était candidat de la France Insoumise à une élection municipale
et
lui il assumait de dire que lui il faisait ça parce que c'était le travail qu'il y compris il y trouvait un certain bonheur et une certaine satisfaction mais en même temps que ça l'empêchait pas de défendre une vision de la société qui était une autre vision de la société
que
celle qui était portée par l'entreprise dans laquelle il travaillait
moi
je me permettrais pas de vous dire en gros si vous allez dans des grands groupes vous êtes des traîtres à la cause ou à l'inverse si vous refusez d'y aller ça c'est chacun qui est libre avec sa conscience je pense par contre
je
salue parce que je l'ai observé
je
trouve une prise de conscience de l'impasse du modèle économique dans lequel on vit aujourd'hui qui je pense gagne de plus en plus y compris les écoles d'ingénieurs les grandes écoles alors qu'avant c'était quand même des espaces où c'était assez difficile d'avoir ce type d'échange ce type de discussion moi je veux pas jeter le discrédit sur les personnes qui faisaient des études d'ingénieurs en même temps que moi mais je peux vous dire qu'on était moins politisés je crois moins sensibles à ces sujets là moi quand j'étais à l'ENCIMAG il y avait au moins la moitié de la pro qui partait en mathématiques financières c'était avant la crise des subprimes ensuite je crois que ça leur a fait un peu mal aux mathématiques financières la crise des subprimes et moi par exemple je peux vous donner mon expérience personnelle mais encore une fois je prétends pas être un modèle à suivre
moi
j'ai considéré à ce moment là que je me sentirais pas utile dans ce domaine que je me sentais pas
je
trouvais pas que c'était compatible avec l'idée que je me faisais de la société d'aller mettre ma formation mon enseignement au service de cette filière là et c
'est
la raison pour laquelle je me suis tourné plutôt vers la recherche avec l'idée que j'avais l'impression que c'était une filière qui correspondait qui me permettait davantage de faire une activité qui était compatible avec ma vision de la société
mais
je crois que c'est une démarche très personnelle maintenant la question qui devrait nous être posée plutôt c'est de savoir comment le fait qu'il y ait cette prise de conscience
de
plus en plus importante
est
-ce que d'un certain point de vue c'est pas plutôt une aubaine et une opportunité pour transformer la société parce que les compétences qu'on apprend dans nos écoles on va en avoir besoin pas tout ce que j'ai décrit aujourd'hui là la planification écologique la transition énergétique là je parle ici énergie en particulier mais il y a des écoles d'agronomie si on veut faire la souveraineté alimentaire et la transition vers l'agriculture paysanne il y a des qualifications des compétences qui vont être indispensables pour faire ça
donc
ma réponse avec un brin d'ironie elle va être soyez un petit peu patient
parce
que si vous êtes un petit peu patient dans quelques mois si on arrive à faire en sorte de réussir ce qu'on a prévu de faire on aura besoin de toutes vos compétences au service d'un programme qui sera un programme qui je l'espère sera compatible avec les principes les valeurs et la vision de la société qui est la vôtre parce que alors franchement vos savoir-faire ils seront indispensables
ils
seront indispensables pour mettre en place un programme comme celui-là donc voilà pardon à vous répondre peut-être de manière très franche mais parce que franchement j'aurais pas le
j
'ai pas l'arrogance de vous dire c'est comme ça qu'il faut faire et
voilà
je comprends que chacun puisse avoir une position un peu différente vis-à-vis de ce sujet après on peut avoir une activité professionnelle qui est celle-là et garder un engagement qui est un engagement intact dans la société chacun fera comme il veut mais par contre on aura besoin de vous après la victoire pour mettre en place notre programme
il
nous reste une minute pour une toute dernière question
bonjour
vous avez parlé donc de planification écologique mais pas concrètement du complexe agro-industriel et de l'agriculture est-ce que vous comptez redonner du pouvoir aux plus petits agriculteurs et agricultrices avec un soutien économique
et
est-ce que vous comptez démanteler ce gros complexe agro-industriel qui accapare les terres et pollue notre terre et l'eau
bah
oui
vous
avez à peu près résumé ce qu'on a l'intention de faire alors évidemment en utilisant des instruments publics mais pour prendre un exemple par exemple aujourd'hui la politique agricole
commune qui
est quand même pour à peu près tous les agriculteurs et toutes les agricultrices en France malheureusement parce que c'est pas une bonne chose je pense mais on vit moins de sa production
que
des subventions de la PAC la répartition des subventions de la PAC aujourd'hui
elle
se fait en fonction de la surface de l'exploitation agricole
c
'est à dire que
si
vous avez une immense surface
où
il y a trois personnes qui travaillent dessus parce que tout était motorisé vous avez fait des investissements extraordinaires que vous utilisez à fond de la chimie des pesticides partout etc vous touchez
le
plus de soutien de la politique agricole commune donc de la politique publique parce que la PAC c'est financé avec le budget de l'Union Européenne donc avec notre budget à la fin enfin des contributions
si
vous avez une toute petite exploitation agricole peu mécanisée dans laquelle vous avez trois fois plus de travailleurs que l'exploitation dont je vous ai parlé avant mais que vous avez une petite surface vous touchez moins de subventions de la politique agricole
commune donc
par exemple une des batailles qu'on mène chaque année enfin chaque année c'est pas chaque année mais à chaque fois qu'il
y a
une nouvelle politique agricole commune
c
'est de dire il faut changer les modalités d'attribution des subventions de la politique agricole commune il faut le faire en fonction de nombre de personnes qui travaillent sur l'exploitation et pas en fonction de la surface de l'exploitation
donc
c'est pour dire c'est une autre manière de dire oui il faut favoriser les petites exploitations et défavoriser au contraire les grands groupes
il
faut avoir des politiques de réglementation sur les pesticides enfin ils ont toujours des bonnes excuses mais ils ont même voulu réintroduire les néonicotinoïdes tueurs d'abeilles pour l'instant c'est le conseil constitutionnel qui l'a censuré vous vous rappelez de la pétition qui a été signée l'été dernier par plus de 2 millions de personnes
et
là vous avez raison je n
'ai
pas parlé de ça je suis venu directement sur l'énergie mais il n'y a pas de planification écologique possible
sans
une transition de modèle agricole
pour
sortir d'un modèle agricole basé sur des objectifs d'exportation et de le transformer par un modèle agricole qui a comme principal objectif de garantir notre souveraineté alimentaire de garantir notre santé et d'être compatible avec nos objectifs climatiques et nos objectifs environnementaux parce qu'on a beaucoup parlé à juste titre tout à l'heure des émissions de gaz à effet de serre du réchauffement climatique mais la planification écologique elle doit à la fois tenir compte des objectifs climatiques mais aussi des objectifs environnementaux préservation de la biodiversité préservation de nos ressources naturelles les deux vont ensemble et vous ne pouvez pas y arriver sans transition du modèle agricole
de
la même manière que vous ne pouvez pas y arriver là aussi sans modification des habitudes alimentaires sans réduction de la consommation de carnés de produits carnés enfin tout ça est un projet d'ensemble et oui la réorganisation agricole elle est absolument indispensable et après si on est honnête vous n'y arriverez pas sans reproduire des installations
sans
réinstaller des agricultrices et des agriculteurs
parce
que votre modèle basé sur des petites exploitations avec moins de chimie c'est un modèle qui est peut-être moins productif du point de vue des quantités à produire donc vous allez mettre davantage de gens aussi
dans
des exploitations agricoles sur ce sujet
mais
vous aurez un modèle qui ne sera pas exclusivement tourné sur l'exportation qui produira quelques produits qu'on peut exporter ensuite ça c'est le modèle actuel on réfléchit à l'export l'export l'export
on
utilise une consommation d'eau absolument dingue on a des problèmes d'usage de l'eau des pesticides partout
et
dire ça c'est pas pointer du doigt les agricultrices et les agriculteurs ils sont enfermés dans un modèle agricole certains on peut les pointer du doigt mais certains sont enfermés dans un modèle agricole duquel ils ne peuvent pas sortir en fait si vous n'avez pas des politiques publiques pour les sortir
donc
oui c'est au coeur
de
la planification écologique de faire la transition agricole
et
au risque de me répéter je vous invite à consulter le livret agriculture de notre programme
merci
beaucoup à tous c'est la fin de cette conférence merci Mathis Marion
merci à vous merci monsieur
Bompard
et
vous pouvez tous profiter d'un buffet en haut en sortant merci à tous
merci
bonne soirée bon courage
Manuel Bompard