L'intégrale du lundi 2 mars 2026
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Vous écoutez Bonjour Chez Vous, un podcast de Public Sénat. Public Sénat, en partenariat avec la presse régionale, vous propose Bonjour Chez Vous. Bonjour à tous et merci de nous retrouver en ce lundi 2 mars, édition spéciale. Israël et les Etats-Unis ont frappé l'Iran. Samedi qui riposte depuis le guide suprême à l'Iramenei a été tué. Plus de 40 dirigeants également. Le régime d'Emola va-t-il tomber ? L'Iran va-t-elle être soutenue dans sa riposte ? Hezbollah qui a tiré cette nuit vers Israël. Faut-il craindre un embrasement régional ? Analyse pendant une heure et demie de nos experts et les réactions politiques.
Dans 30 minutes, on va recevoir le général Vincent Desportes, l'ancien directeur de l'école de guerre Donald Trump, qui prévoit une opération de 4 semaines ou moins. Que peut-il faire dans ce laps de temps ? Peut-il faire tomber le régime sans troupes au sol ? On lui posera la question dans une demi-heure. On sera en direct de Jérusalem avec Charles Anderlin. Et puis, dans une heure, le grand débat de nos éditorialistes. Elisabeth Martichoux, Valérie Lecable. Et puis, le géopolitologue Pascal Boniface. Quel rôle pour la France ? Emmanuel Macron appelle l'Iran à mettre fin aux attaques inconsidérées. Il envisage des actions défensives contre l'Iran avec l'Allemagne.
Et le Royaume-Uni, faut-il entrer dans le conflit ? Le chef de l'État, doit-il réunir les forces politiques ? Le sénateur socialiste Rachid Temal est notre invité. Bonjour. Bonjour. Et puis, à la une de nos régions, on parlera de la campagne des municipales. Les dernières infos de cette campagne. On est à moins de deux semaines du premier tour. On verra les unes de la presse régionale. Et puis, le duel à distance ce week-end entre Jordan Bardella et Jean-Luc Mélenchon à Perpignan, la plus grosse ville actuellement détenue par le Rassemblement National. Voilà pour le programme. On est ensemble pendant une heure et demie. Bonjour chez vous. Et on commence avec les repères de l'actualité.
Bonjour Stéphane Duguay. Bonjour Auriane. Bonjour à tous. À la une de ce lundi de mars, l'information de la nuit, c'est qu'après l'Iran, le conflit s'étend au Liban. Oui, le conflit au Moyen-Orient s'intensifie avec, en plus des frappes sur l'Iran, l'entrée en guerre du Hezbollah, allié et soutenu par le régime des Mola. Dans la nuit, le groupe chiite a envoyé des missiles sur Israël avant la riposte de l'armée israélienne. Une riposte qui pourrait durer de nombreux jours, dit le chef de l'armée israélienne. Retour sur cette nuit avec Marion Lompageux.
C'est vers 2h30 ce matin que l'État hébreu frappe le sud de la banlieue de Beyrouth, fief du Hezbollah allié à l'Iran. Les habitants de Daryeh fuient.
Cette salve est une réponse au tir effectué plus tôt depuis le sud du Liban en direction d'Israël, revendiqué par le mouvement chiite. Sur X, le Premier ministre libanais s'est exprimé.
« Quelle que soit l'entité qui se cache derrière, le tir de roquette depuis le sud du Liban est un acte irresponsable et suspect
qui met en péril la sécurité et l'intégrité du Liban et donne à Israël des prétextes pour poursuivre ses agressions contre ce pays. Nous ne permettrons pas que le pays soit entraîné dans de nouvelles aventures et nous prendrons toutes les mesures nécessaires pour arrêter les auteurs et protéger les Libanais. »
De son côté, le président américain a l'initiative de l'offensive Führer et Pique aux côtés d'Israël contre l'Iran. Ainsi, toujours les miliciens chargés de protéger le système de la République islamique à se rendre. « J'exhorte une fois de plus les gardiens de la révolution, l'armée iranienne et la police à déposer les armes et à bénéficier d'une immunité totale sous peine d'une mort certaine. » Hier soir, le président français a convoqué un nouveau Conseil de défense et de sécurité nationale sur la situation au Moyen-Orient.
« Dans ce contexte-là, notre priorité, je l'évoquais hier, c'est la sécurité de nos ressortissants, évidemment de nos emprises militaires, diplomatiques, des ressortissants qui vivent ou font séjour dans ces pays partenaires. »
Cette guerre devrait durer quatre semaines ou moins d'après le président américain Donald Trump. « La France a d'ailleurs annoncé, je cite, réhaussé sa posture de défense au Moyen-Orient. Dans un communiqué publié après le Conseil de défense tenu hier soir à l'Élysée, la France, aux côtés du Royaume-Uni et de l'Allemagne, a annoncé être prête à des actions défensives pour, je cite, « détruire à la source les capacités militaires de l'Iran. » Et on est en ligne avec Cédric Perrin. Bonjour Cédric Perrin, merci beaucoup d'être avec nous, sénateur du territoire de Belfort.
Vous présidez ici au Sénat la Commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées après les frappes de ce week-end en Iran. Le Hezbollah a donc frappé cette nuit. Israël qui va répliquer. On est dans un embragement régional.
– Bon ben écoute, bonjour. Oui, je crois que là, cette fois-ci, on comprend bien que tout ça est en train de s'étendre et que ça ajoute un peu plus de chaos encore à l'instabilité du monde qui ne manquait pas. Donc tout cela devient, comme de toute façon,
c'était prévu un conflit régional qui emporte évidemment des conséquences qui pourraient être assez importantes pour l'ensemble du monde. Je crois qu'on a des conflits aujourd'hui qui sont globalisés et qui impactent non pas uniquement les régions dans lesquelles ils se trouvent, mais l'ensemble du monde. On voit bien qu'on revient à une époque d'avant la sécurité collective et désormais, avec la globalisation du monde et des conflits, les impacts sont importants.
On a vu en Ukraine avec les céréales, on voit en Iran avec le pétrole. Et les conséquences sur les voisins. Il y a quelques conflits encore, comme le Soudan, la RDC, auxquels on est peu attentifs parce qu'ils ne remettent pas en cause
les grands équilibres du monde. Mais on voit bien ici que tout ça est en train de s'embraser et d'entraîner potentiellement des conséquences importantes avec la fermeture du détoit d'Orbouz, avec les frappes sur les pays du Golfe voisins de l'Iran qui, j'imagine, ont pour objectif de faire pression sur ces pays pour qu'ils fassent pression eux-mêmes sur les États-Unis et Israël pour qu'ils arrêtent le conflit. Et on verra peut-être rentrer en scène la Chine dans un peu de temps pour, elle aussi, faire pression, j'allais dire, pour que le conflit cesse et pour que le trafic commercial puisse reprendre. C'est le cas aussi de la Corée, du Japon.
Donc tout ça qui tentera, évidemment, de prendre une ampleur beaucoup plus importante qu'elle n'est aujourd'hui. Avec hier, une attaque de drone iranien qui a provoqué un incendie dans une base accueillant des forces françaises à Abu Dhabi, est-ce que vous redoutez que des bases des forces françaises soient visées ? Et comment les protéger ?
Je crois qu'il faut, évidemment, mettre toutes nos bases en alerte maximale pour protéger nos militaires présents sur place et nos matériels. Il était plutôt évident que ça allait se passer de cette manière-là. De toute façon,
l'Iran a décidé immédiatement et rapidement de frapper tout ce qui se trouve à l'entour. Donc les Français ne seront pas exclus du sujet. Donc il faut, évidemment, mettre en œuvre nos moyens pour nous protéger mais aussi pour protéger, j'allais dire, pour assumer nos accords de défense avec ces pays-là qui ont besoin aussi d'une aide pour protéger leurs biens et leurs personnels et leurs habitants. La France n'a pas été prévenue, n'a pas été impliquée. C'est ce qu'a dit encore hier le chef de l'État. Avec le Royaume-Uni et l'Allemagne, Emmanuel Macron dit prendre des mesures nécessaires pour défendre nos intérêts.
Il parle d'actions défensives nécessaires, proportionnées pour détruire la capacité de l'Iran à tirer des missiles. Est-ce que vous êtes d'accord ? Et est-ce qu'en tant que président de la Commission des Affaires étrangères et de la Défense, vous avez plus d'informations de la part du chef de l'État ? Est-ce que vous savez exactement ce qu'il veut dire ? Je n'ai pas plus d'informations que cela. Ce qui est évident, c'est que quand on est attaqué, on doit évidemment se défendre. Et quand on parle de mettre hors d'état de mur les capacités iraniennes, c'est bien évidemment avec pour objectif de défendre nos bases et de défendre nos intérêts,
mais aussi de défendre les intérêts, je le dis, des pays du Golfe qui sont attaqués. donc ça me semble une logique implacable. On est attaqué, on doit répondre.
– Merci beaucoup. Merci Cédric Perrin, merci d'avoir été avec nous. Et vous vous rendez en Bretagne où Emmanuel Macron est attendu évidemment dans ce contexte, le chef de l'État attendu à Lille-Longue cet après-midi. discours sur la dissuasion française, on va en parler dans quelques instants. On sera depuis la Bretagne avec nos partenaires du Télégramme. Mais d'abord, on va revenir sur toutes ces actualités avec vous, Rachid Temal. Merci d'être là, sénateur socialiste du Val d'Oise, vice-président de la Commission des Affaires étrangères, de la Défense, des Forces armées. On va évidemment longuement revenir sur la guerre en Iran, sur ses conséquences.
On va d'abord regarder les unes de la presse régionale. Il y en a trois. La première, elle est consacrée à l'Iran, c'est celle de la Charente Libre, citée après la mort de son guide suprême, Ali Ramenei. Samedi, dans des frappes américano-israéliennes, Téhéran riposte massivement contre Israël et les pays du Golfe. Il y a d'autres titres ce matin à la une de la presse régionale. Il y a des municipales, c'est la une de l'Union, menace, insulte, un climat politique sous tension. À moins de deux semaines du premier tour des municipales, le climat politique est particulièrement tendu au niveau national.
Et puis un peu de légèreté dans cette actualité difficile pour le grand amateur de foot que vous êtes renversant. C'est la une de la Provence, menée deux fois au score. L'OM qui est parvenu à renverser Lyon et qui se replace dans la couste au podium. De quelle une avait-elle envie de nous parler ?
Je pense que vous auriez aimé que je vous parle de celle de la Provence. Mais dans la Provence, il y a aussi le bandeau au-dessus où on voit que Benoît Payan creuse l'écart. Et donc, c'est bien la démonstration qu'il faut voter Benoît Payan à Marseille. Et peut-être que comme...
Il est assez proche de Franck Alizio. Il creuse l'écart.
Il est devant. Il est devant.
C'est un sondage. C'est un sondage IFOP effectivement pour la Provence.
Oui, mais en fait, on ne parle que de sondage. Donc oui. Donc c'est une bonne chose pour Benoît Payan. Et d'ailleurs, comme à Paris, j'ai vu avec Emmanuel Grégoire qui creuse l'écart également sur Madame Dati. On ne va pas parler de football, même si j'aurais aimé. Et vous aussi. On va parler, je crois, de l'Iran après. Donc autant parler peut-être des municipales, peut-être sur la question de la violence.
Mais dire aussi que sur les municipales, je pense que le plus important, c'est de dire aussi à nos concitoyens que c'est le 15 mars, c'est le 22 mars, mais dès le 15 mars, parce qu'il y a beaucoup d'endroits où ça se jouera dès le 15 mars, et leur dire que finalement, ça prend, allez, six minutes pour aller voter pour six prochaines années pour leur vie quotidienne, leurs enfants, leurs parents, leurs amis, eux-mêmes, la sécurité, que ce soit l'école, etc. Et donc, il faut aller voter parce que je pense que c'est le premier message. On ne le dit plus cela. Il faut aller voter dès le 15 mars.
Ensuite, sur le climat, c'est vrai que certains partis ont fait le choix, mais c'est le cas des extrêmes d'ailleurs, de violenter, on le voit depuis plusieurs années. Donc, moi je le redis, en tout cas avec ma formation politique, nous sommes là pour le partialisme, pour un débat d'idées. L'idée, encore une fois, c'est de faire des propositions aux Françaises, aux Français, chacun dans la ville. C'est par exemple, tiens, je pensais à une commune où j'étais ce week-end, c'est notamment un repas, les repas 1 euro, les repas gratuits dans les écoles. Et ça veut dire que chaque gamin de cette commune-là peut manger au moins une fois un bon repas chaud, complet, de qualité.
Et donc, je crois que c'est important pour qu'ensuite l'enfant réussisse sa scolarité. C'est ça les municipales, c'est ce qu'il y a de plus précieux, c'est-à-dire la vie du quotidien. Et je crois que c'est ça que je veux faire passer comme message.
On va parler de l'Iran évidemment longuement et on va commencer par ce qui s'est passé ce week-end. Est-ce que vous approuvez cette attaque de l'Iran par les États-Unis, par Israël ?
Pour moi, je suis, comme ma formation politique, pour le droit international et le multilatéralisme. Et donc, j'aurais préféré, j'aurais souhaité et je souhaiterais qu'il y ait une logique collective via, par exemple, les Nations-Unis. Ça n'a pas été le cas, ça n'a pas été le choix. Nous en sommes là. Et donc, il faut maintenant, et je crois qu'il faut que les Nations-Unis, c'est le sens d'ailleurs de la demande qui a été faite par la France et c'est une bonne chose par le Président de la République d'avoir un débat au Conseil de sécurité. Maintenant, les choses sont là et la question, c'est comment on en sort ? Comment on en sort ? Et d'abord, quels sont, comme toujours, de ces cas-là ?
Quels sont les objectifs ? Parce que sinon, on se retrouve les uns les autres à commenter et à faire du commentaire de commentaire. Dans les objectifs, il y a plusieurs éléments. D'abord, c'est que je rappelle que le peuple iranien est depuis très longtemps, mais en tout cas, ces derniers mois, ces dernières années, massacré, tué, torturé, violenté, emprisonné par un régime qui est une théocratie, qui est une dictature. Donc, si le régime devait tomber et ensuite laisser le peuple iranien choisir par des élections démocratiques son système politique et ses dirigeants, c'est une bonne chose.
Et puis, un deuxième élément dans cette affaire-là, c'est effectivement le fait de ne pas laisser l'Iran accéder à l'arme atomique puisque, vous voyez bien déjà ce qu'il est capable de le faire avec du conventionnel, c'est-à-dire sans arme atomique, ce qu'il serait capable de faire et sa puissance dans ce secteur-là. Ça, ce sont deux éléments. Troisième élément...
Donc, vous dites, Emmanuel, Donald Trump, pardon, il n'a pas respecté entre guillemets les formes, c'est-à-dire qu'il est allé tout seul,
je l'appelle moi dans une logique...
Mais que sur le fond, vous êtes d'accord avec son but, c'est-à-dire éliminer Ramenei qui a empêché l'Iran de faire un nucléaire. Non, on n'a pas attendu
M. Trump, et on ne sait pas ça. Mais est-ce qu'il y avait d'autres solutions ?
Parce que l'Iran, visiblement, les négociations entre Iran et les États-Unis sur le nucléaire n'aboutissaient pas.
Non, mais il y a plusieurs choses. Quand il y a quelques semaines ici au Sénat, on a demandé, j'ai notamment demandé à ce qu'on mette sur la liste des nations, la liste des organisations terroristes, le corps de la révolution islamique iranienne. Bon, au début, on nous a dit que c'était impossible, puis finalement, on a fait un centre de courrier avec des parlementaires et à la fin, on l'a obtenu de la France et des Européens. C'est une bonne chose parce qu'il fallait, et ce que je disais à l'époque, ici dans cet hémicycle, il fallait démanteler de l'intérieur l'outil en fait qui tient le régime, l'outil policier, mais aussi économique que sont les passes d'Aran, les gardiens de l'évolution.
Voilà, nous, on avait des logiques plutôt pacifistes pour faire l'effondrer. Bon, en sachant qu'il y a aussi de l'opposition en Iran elle-même qui combat. Ne croyons pas que les Iraniens ne sont pas à l'intérieur dans un combat également. On le voit, ils combattent à main nue face à des gens qui les tuent. Donc, moi mon sujet n'est pas, encore une fois, de faire du commentaire de Trump, je vous explique ça. Deuxième, troisième élément si je peux poursuivre, c'est aussi éviter la régionalisation d'un conflit. Et on le voit bien aujourd'hui avec le Liban, alors en sachant qu'il faut préciser que le gouvernement et le président libanais condamnent les tirs du Hezbollah contre Israël.
Je pense que c'est important de le rappeler, c'est-à-dire qu'on voit qu'il y a une logique aussi des États de ne pas régionaliser un conflit.
On va voir ce que dit la France. C'était par la voix hier de Maude Bréjean, la porte-parole du gouvernement, ce qu'a dit notamment de l'élimination d'Ali Ramenei.
Le Mola Ramenei était un dictateur sanguinaire qui a opprimé son peuple, avilie les femmes, les jeunes, les minorités et il est encore récemment responsable de la mort de milliers de civils dans son pays et dans la région. On ne peut donc que se satisfaire de sa disparition. On ne peut donc que se satisfaire de sa disparition et il appartient désormais au peuple iranien de faire le choix de son destin. Est-ce que vous aussi vous félicitez qu'Ali Ramenei ait été tué ?
Est-ce qu'à chaque fois qu'un dictateur disparaît, je ne veux pas me féliciter de la mort de quelqu'un, mais en tout cas, c'est un dictateur et donc moi, je combats toutes les dictatures et je suis pour la démocratie partout dans le monde et le multilatéralisme. Donc oui, que cette personne-là ait disparu, que le chef des guerres de l'évolution, etc., qui ont massacré, je l'ai dit tout à l'heure, leur peuple, moi, très honnêtement, ça ne me fait rien.
Quid de l'après ? Vous en avez un peu parlé. Est-ce que vous pensez qu'avec la mort de Ramenei et de nombreux autres dirigeants, puisque les États-Unis et Israël ont éliminé une quarantaine de dirigeants, est-ce que vous pensez que le régime des Molas peut tomber ?
Là aussi, d'abord, il faut dire ce qui s'est passé depuis. Depuis, ils ont mis en place ce régime-là, ils ont mis en place les dispositions de leur constitution, c'est-à-dire qu'il y a un triumvirat, etc. Donc la question, elle est simple dans ce type d'opération. Soit une partie du régime décide de faire cession et donc renverse et propose de donner une négociation pour arrêter la guerre, arrêter le nucléaire et avoir un processus démocratique, c'est une hypothèse, soit, en fait, je veux dire, il y a une guerre et là, le problème, c'est qu'aujourd'hui, pour l'instant, personne ne s'est fait effondrer ce régime-là. Donc c'est ça, le débat qui est devant nous.
Donc c'est pour ça que je vous l'ai dit, il y a tous ces objectifs-là. Moi, je ne sais pas aujourd'hui, et là, j'ai une interrogation, est-ce que Trump, finalement, avec un accord où il y aurait, notamment sur la question du nucléaire et du balistique, il ne dirait pas « bon, c'est bon, je m'arrête là ».
Est-ce que vous pensez encore que l'Iran peut se remettre autour de la table et discuter d'un accord maintenant ?
Moi, je pense que ils ont… La question qui est posée pour ce régime-là, c'est est-ce qu'il préférera sauver son régime, même s'il doit faire des concessions énormes ou aller jusqu'au bout de sa guerre ? Ça, je ne le mesure pas, je pense que personne le mesure. Tous ceux qui vous voient sur les plateaux vous expliquent ce qui va se passer, très bien, mais c'est la boule de cristal. Donc aujourd'hui, personne ne mesure cela.
Est-ce que vous pensez que le régime peut tomber sans intervention de troupes au sol, avec uniquement des bombardements ?
Il pourrait tomber si jamais il y a deux conditions, qui peuvent être cumulatives ou pas. Il y a d'abord, est-ce qu'il y a un mouvement populaire, un soulèvement populaire, mais ça suppose des armes et avec un risque de guerre civile ? Il faut être honnête, ça s'appelle comme ça, concrètement. Soit, je l'ai dit, une partie du régime, par exemple l'armée, pourrait dire, on vire ce régime-là et on accepte une transition, etc. Moi, je ne sais pas à ce stade ce qui peut se passer. Je crois que c'est encore trop tôt.
Donald Trump, hier, il parlait d'une guerre qui pourrait durer quatre semaines ou moins. Est-ce que vous y croyez ?
Oui, mais attendez. Là aussi, on ne va pas faire commenter toutes les déclarations de Donald Trump. Le matin, il disait que ça serait une semaine, puis maintenant, c'est quatre semaines. Très honnêtement, moi, je n'en suis pas là. La question qu'il nous est posée aujourd'hui, c'est comment…
Vous pensez quoi ? Qu'il navigue à vue ? Qu'il ne sait pas vraiment où il va ?
Non, mais il sait ce qu'il fait puisque la preuve, il a lancé des opérations et ça faisait plusieurs semaines que les États-Unis avaient essayé de mettre des forces, de concentrer un certain nombre de forces à proximité. Ce n'est pas une surprise. C'est-à-dire que cette concentration de forces, elle est là. Ce qu'on sait aujourd'hui, c'est qu'il n'y aura pas d'intervention au sol. Donc, soit vous avez la logique effectivement du continuer le feu et de tirer, tirer jusqu'à ce qu'il se passe quelque chose. Et je crois que nous en sommes là à ce stade.
Quel rôle pour la France dans ce conflit ? Emmanuel Macron assure que le pays n'a été ni prévenu ni impliqué. Une base française aux Émirats arabes unis a été touchée hier par une attaque iranienne de drones. Stéphane, vous allez nous en dire plus. Oui, Auriane, dans sa riposte, tous azimuts, l'Iran a visé la base navale d'Al-Salam qu'on appelle aussi camp de la paix qui est située aux Émirats arabes unis. Elle est située sur le port d'Abu Dhabi. Les dégâts ne sont que matériels et limités, a précisé la ministre des Armées. Il n'y a pas eu de victime, seulement l'incendie d'un entrepôt. Mais voilà ce qu'elle a tweeté, la ministre des Armées.
Mais cet événement rappelle que l'armée française est présente au Moyen-Orient et qu'elle peut être visée même si elle ne participe pas aux tirs américains et israéliens qui visent l'Iran. Combien de militaires français sont présents aux Émirats arabes unis visés par les drones iraniens ? Alors on compte 750 militaires aux Émirats arabes unis. Il y a aussi 150 civils de la défense. Ce sont des gens qui occupent des emplois à la fois dans le numérique, la maintenance de matériel, les ressources humaines. Une présence aux Émirats arabes unis qui est permanente pour la France depuis la signature d'un partenariat stratégique en 2008 avec les Émirats arabes unis.
La France est donc déployée sur trois bases dans le pays, sur trois sites différents. La base navale d'Abu Dhabi, celle qui a été visée par les drones iraniens. Il y a aussi une base aérienne et un régiment qui sont tous les deux situés à peu près à 60 kilomètres de la capitale émiratie. Ces bases, elles peuvent permettre à la fois d'envoyer des avions de combat, mais aussi des chars ou des blindés dans la région. Et c'est pour ça que les Émirats arabes unis, et c'est pour les Émirats arabes unis, pardon Stéphane, mais dans la région, on compte plusieurs milliers de militaires. Oui, parce que la France est engagée dans d'autres opérations.
On peut par exemple parler des 700 militaires tricolores qui participent à la FINUL, la force de l'ONU pour maintenir la paix dans le sud-Liban. On l'a dit, un territoire où le Hezbollah, financé par l'Iran, est présent et où des missiles ont été tirés cette nuit vers Israël et où l'armée israélienne réplique. Il y a aussi 600 militaires français qui font partie de la coalition internationale anti-jihadiste à travers l'opération qu'on appelle Chamal. Dans ce cadre-là, les troupes français sont présentes en Irak, mais aussi en Syrie et au Qatar.
Et il y a aussi une attention particulière qui est portée sur la base H5 en Jordanie, puisque sur place, les militaires français côtoient des militaires américains, cibles privilégiées des ripostes iraniennes. Signalons aussi, Auriane, la présence de quelques 1 500 militaires français à Djibouti qui peuvent aussi intervenir en appui au Moyen-Orient. Rachid Temal, vous êtes vice-président, on l'a dit, de la commission défense ici au Sénat. Est-ce que vous avez eu des contacts avec des personnels ou des personnes qui se trouvent sur ces bases militaires qui travaillent pour l'armée française au Moyen-Orient ?
Alors, elles sont, les personnes sont, comme l'a dit la ministre, elles sont aujourd'hui dans une logique à la fois de défense mais d'observation des lieux de tir. Mais il faut aussi rappeler qu'à côté de tous ces personnels qu'on doit remercier chaque jour de participer à la défense collective française en étant là-bas. Il y a aussi tous les Français qui sont dans la zone, qui habitent dans la zone ou de passage et j'ai eu aussi des contacts avec effectivement des Français dans la zone et c'est vrai qu'aujourd'hui c'est de l'angoisse puisqu'ils reçoivent des alertes, ils doivent essayer de se protéger. Il n'y a pas toujours la même logique d'abri anti-bombardement.
Cette logique-là elle n'est plus présente par exemple en Israël, elle est beaucoup moins dans des pays comme Dubaï et autres et on était d'ailleurs il y a 15 jours maintenant avec Cédric Perrin qu'on avait tout à l'heure au téléphone nous menions une mission en Arabie Saoudite nous avons rencontré notamment le ministre des Affaires étrangères et c'est vrai que ces questions-là à la fois du risque d'intervention à la fois du risque de régionalisation font partie de nos discussions avec le ministre des Affaires étrangères donc c'est un sujet de préoccupation je crois très important on doit l'avoir en tête dans notre pays.
Là on parlait du port d'Abou Dhabi qui a été visé semble-t-il directement en tout cas la France n'est pas la cible privilégiée pour l'instant de l'Iran mais est-ce que l'armée française doit se préparer à être visée nommément par l'Iran ?
L'Iran fait le choix de tirer tous azimuts sur toutes les bases d'abord les bases et je rappelle fait aussi le choix de tirer sur des infrastructures civiles ce qui s'est passé aussi à Dubaï on l'a vu à Abu Dhabi etc.
des immeubles des hôtels ont été visés donc il y a bien logique de faire le plus grand mal possible pour les Iraniens on ne sait pas si c'est parce qu'ils n'ont pas assez de munitions ou est-ce qu'ils veulent les faire perdurer donc ça c'est un vrai sujet ensuite il est effectivement vrai que quand on est dans cette logique-là et je crois que le président de la République l'a dit hier il y a une logique d'augmentation de la sécurisation sur le territoire national effectivement il faut plus faire attention aux possibilités soit d'actes de terrorisme en France ou dans le monde donc l'ensemble de nos disciplines de sécurité l'ensemble de notre outil de sécurité est aujourd'hui à un niveau bien sûr de vigilance accrue depuis ce week-end
alors les Etats-Unis ont autorisé hier les personnels jugés non essentiels présents au Qatar à revenir aux Etats-Unis par mesure de sécurité est-ce que vous demandez à la France de faire la même chose pour à la fois les personnes qui se trouvent aux Émirats Arabes Unis au Qatar au Koweït en Jordanie au Bahreïn en Israël est-ce que vous demandez d'autoriser les personnels à rentrer ?
bien sûr mais ça je crois que déjà il y a des sujets après il faut aussi avoir des moyens de rentrer vous avez vu que Air France a aujourd'hui levé et ce que je comprends parce qu'il y a une question d'espace aérien qui est posée et d'accès et bien évidemment il faut organiser dès à présent là où les Français le souhaitent ou le peuvent le fait qu'on puisse les mettre en sécurité soit en l'indicalant dans la région là où il y a des possibilités soit effectivement en rentrant et là il faut faire preuve mais la cellule de crise de notre ministère le Cadorcet travaille très bien c'est y faire vous avez vu qu'il y a des numéros qui ont été déjà positionnés ce week-end une capacité nous avons une grande tradition et moi je fais confiance à la direction et notamment aux équipes de la cellule de crise du Keller C qui est en contact avec nos citoyens
Conseil de défense hier la France n'a été ni prévenue ni impliquée a répété Emmanuel Macron qu'est-ce que ça dit ?
ça dit que c'est la logique trumpienne il y a deux choses il y a une logique de très très grand de très très grand secret et aussi il y a une forme de défiance du pouvoir américain vis-à-vis après tout ce qui n'est pas américain ou totalement aligné sur les Etats-Unis et il s'est dit que c'est bien une opération totalement individuelle et c'est regrettable
est-ce qu'Emmanuel Macron doit réunir les forces politiques pour les tenir informés c'est ce que demande notamment le patron du RN Jordan Mardella
le partialiste aussi le demande il est normal et d'ailleurs moi ici j'ai demandé à ce qu'on ait une réunion la commission des affaires étrangères et de la défense cette semaine en visio pour qu'on fasse un point notamment cellule de crise un peu les données etc donc moi je l'ai demandé au Sénat le partialiste a demandé effectivement qu'il y ait des échanges ce qui me paraît être sain dans une démocratie parce qu'encore une fois ça risque de durer avec de possibles conséquences il y a dès à présent des navigations fermées donc il y a des questions sur la question du pétrole il y aura des conséquences possiblement donc je pense qu'il est sain dans une démocratie que l'exécutif rencontre les forces au Parlement et échange donne des informations je trouve ça
plutôt simple On est en vacances parlementaires pour cause de campagne municipale pour que nos téléspectateurs comprennent bien est-ce que vu la situation il faut quand même un débat au Parlement exceptionnel ou pas ?
Le débat c'est demain on devait en nous-mêmes entrer dans une logique offensive ce qui n'est pas le cas aujourd'hui donc moi ce que je sais c'est que je pense qu'il faut prioriser les choses j'ai demandé ici pour mon groupe une réunion de la commission ça nous permet voilà le partialiste demande qu'effectivement au niveau national on puisse avoir cette réunion là à ce stade commençons par cela et puis ensuite en fonction de ce que nous aurons comme échange en fonction des évolutions potentiellement sur le terrain nous verrons s'il y a lieu d'avoir un débat avec la représentation nationale
Dans un communiqué commun avec le Royaume-Uni et l'Allemagne Emmanuel Macron hier soir a dit prendre des mesures nécessaires pour défendre nos intérêts il parle d'actions défensives nécessaires et proportionnées pour détruire la capacité de l'Iran à tirer des missiles est-ce que vous êtes d'accord avec ça ? c'est la position que la France doit adopter ?
Oui bien sûr à partir du moment où vous êtes engagé sur le terrain vous l'avez rappelé tout à l'heure et nous avons des compatriotes qui y vivent ou qui y séjournent et que vous avez identifié les points de départ des tirs il y a une capacité de défense c'est normal
Est-ce qu'il faut aller plus loin ? Est-ce que Charles de Gaulle par exemple doit se positionner ?
Alors Charles de Gaulle vous savez qu'il est dans la mer du nord enfin dans l'aspect nordique autour de la Suède attendons de voir encore une fois je crois que comment dire faisons attention à ne pas nous tous nous transformer en chef état-major des armées donc à ce stade nous avons des capacités d'intervention présentes nous avons des échanges avec nos alliés vous l'avez dit notamment les britanniques les allemands mais également les alliés les pays de la région qui sont visés puisqu'il y a eu des échanges entre la France et tous les pays ayons d'abord cette logique de dispositif global regardons avançons protégeons nos compatriotes et faisons en sorte que tout cela s'arrête et s'il faut prendre d'autres mesures nous les prendrons mais ne rentrons pas comme cela de but en blanc en disant bonjour c'est nous il y a aujourd'hui des opérations qui sont menées et je crois qu'il faut faire attention et avoir je le redis puisque la guerre pour la guerre n'a pas de sens donc la question qui sera toujours posée c'est quels sont nos objectifs là le communiqué c'est défendre nos bases et nos troupes
et dans ce contexte Emmanuel Macron se rend cet après-midi en Bretagne pour un discours très attendu sur la dissuasion nucléaire on va justement se rendre dans la région à Morlaix dans le Finistère bonjour Samuel Petit merci beaucoup d'être avec nous vous êtes le rédacteur en chef du journal le Télégramme Emmanuel Macron qui se rend donc dans votre région en Bretagne cet après-midi sur la base de l'île longue d'abord Samuel pourquoi ce choix de l'île longue et que représente cette base opérationnelle c'est un choix très symbolique parce que cette base sous-marine elle est née il y a plus de 50 ans de la volonté du général de Gaulle c'est un endroit très particulier tout près de ce lieu de la marine qu'est Brest elle est nichée au cœur de la rate dans un endroit suffisamment protégé pour y stationner nos quatre sous-marins nucléaires lanceurs d'engins alors quand de Gaulle prend la décision de construire l'île longue on est en 67 on est en pleine guerre froide aujourd'hui évidemment le contexte géopolitique
a totalement changé comme le montraient les événements du week-end et tout à l'heure l'image du président devant l'un de ces quatre sous-marins un de ces quatre mastodontes des mers visera évidemment à montrer les muscles
Qu'est-ce qu'on peut attendre Samuel du coup de cette visite et de ce discours du chef de l'État ?
Clairement à l'île longue il doit nommer ce que doit être notre force de dissuasion nucléaire dans ce contexte nouveau alors que les tensions internationales sont extrêmement fortes les questions sur lesquelles on l'attend elles sont simples quelle est notre doctrine de dissuasion nucléaire notre arsenal est-il aujourd'hui suffisant quelle peut être la place de cette dissuasion au sein de l'Europe aux côtés d'alliés historiques que sont le Royaume-Uni et l'Allemagne ces questions on a tenté d'y répondre ce matin dans le télégramme selon nos informations Emmanuel Macron devrait confirmer que notre dissuasion doit contribuer à la protection du continent mais hors de question de partager avec qui que ce soit la décision de mettre en oeuvre cet arsenal il devrait également insister sur la forte relation qui existe entre les deux États nucléaires d'Europe le Royaume-Uni et la France derrière ces enjeux de dissuasion il y a la question des moyens et du poids de notre arsenal on s'attend à ce que le Président nous en dise plus sur cette troisième génération de sous-marins nucléaires ceux qui vont prendre la place dans une dizaine d'années de nos actuels redoutables et c'est là ma question à Rachid Temal derrière ce volontarisme présidentiel est-ce que la France aura les moyens financiers du renforcement de cette force de dissuasion sans de sévères économies dans d'autres secteurs ?
Rachid Temal
Alors d'abord il faut rappeler que chaque président de la République dans son mandat enfin chaque mandat présidentiel pour être plus précis il y a un discours du Président sur la question de la dissuasion nucléaire parce que vous vous le rappelez depuis le général de Gaulle c'est effectivement c'est comme disait François Mitterrand la dissuasion c'est une matière inerte c'est la volonté d'un homme donc c'est un discours que nous attendons donc oui effectivement il faut aller continuer à renforcer notre dissuasion nucléaire parce qu'on le voit bien dans ce monde tel qu'il est aujourd'hui il y a le conventionnel mais il y a aussi le nucléaire et le nucléaire fait que la France c'est sa meilleure garantie de défense donc oui il faut moderniser notre outil c'est ce qui est prévu dans la loi de programmation militaire actuelle il y aura des moyens pour la prochaine il faut garder nos deux composantes océaniques et bien sûr aéroportées et faire en sorte qu'on puisse là-dessus se renforcer donc avec ma formation politique bien évidemment nous sommes dans un héritage on veut dire Gaulleau-Mitterrandis et nous sommes pour la dissuasion militaire comme clé de voûte dans le système de défense bien évidemment
Samuel vous avez votre réponse tout est bon pour vous ? Oui la réponse est complète Jean-Marie Merci beaucoup merci Samuel Petit la ligne du télégramme c'est Lille Long un bouclier pour qui juste un mot Rachid Temal parce que c'est vrai qu'il y a eu un débat peut-être un petit peu de fou de la part d'Emmanuel Macron ces derniers temps sur la dissuasion nucléaire hier la porte-parole du gouvernement Maude Bréjon a clarifié les choses il ne s'agit pas de partager notre dissuasion nucléaire Emmanuel Macron qui avait lancé un peu une discussion stratégique avec ses principaux partenaires sur comment la France peut les protéger vous attendez des clarifications sur ce point-là ?
Non mais là aussi ne faisons pas semblant j'ai bien compris que le macronisme tout est nouveau mais notre dissuasion c'est la défense du territoire et des intérêts vitaux dans les intérêts vitaux et je rappelle la défense du territoire c'est l'hexagone mais partout dans le monde puisque nous avons des territoires d'outre-mer ça c'est un premier point deuxième point nous avons des intérêts vitaux et troisième point il y a depuis maintenant de très nombreuses années une logique européenne là aussi il ne faut pas s'en venir de découvrir c'est-à-dire que dans nos intérêts vitaux l'Europe est aussi dans nos intérêts vitaux donc là-dessus il n'y a pas de nouveauté là où le président a ouvert un espace de dialogue avec d'autres puissances c'est une bonne chose mais bien évidemment jamais il faut que nous soyons indépendants de la conception jusqu'à la bombe elle-même et que bien sûr que la décision soit prise uniquement par notre pays par ce programme public là-dessus il n'y a pas de sujet par contre qu'il y ait des échanges des discussions oui qu'il y ait demain la question de la garantie de sécurité offerte à d'autres États ça pose d'énormes questions notamment en nombre de production en termes de sécurité en termes de tout ça est posé alors là vous avez j'ai 10 secondes donc je ne vais pas aller beaucoup plus loin mais il n'y a pas de nouveauté aujourd'hui si ce n'est que nos intérêts vitaux sont européanisés depuis bien longtemps déjà sous Mitterrand ou sous François Hollande ou sous Jacques Chirac ou Nicolas Sarkozy là aussi de grâce notre dissuasion nucléaire et sa doctrine elle est posée clairement posée elle évolue au gré bien sûr des choses mais structurellement elle est posée depuis bien nombre d'années et c'est une bonne chose
et le discours d'Emmanuel Macron sera donc cet après-midi
le centre de commandement des forces aériennes qui s'occupe de ces questions-là sont intervenus dans mon département dans ma ville puisque c'est la base des frères Mahé
cet après-midi en Bretagne Emmanuel Macron Stéphane on se retrouve dans une vingtaine de minutes pour la revue de presse et on parlera sans surprise de l'Iran qui est à la une de beaucoup de quotidiens les quotidiens régionaux qui donnent la parole aux Iraniens en France et aux Français bloqués au Moyen-Orient dans quelques instants on verra l'analyse du général Vincent Desporte analyse sur ce qui s'est passé ces dernières heures mais d'abord Rachid Temal on va aller à Jérusalem bonjour Charles Anderlin merci beaucoup d'être avec nous journaliste, écrivain spécialiste du Proche-Orient auteur de nombreux ouvrages sur Israël et le Proche-Orient le dernier c'est le grand aveuglement d'Israël face à l'islam radical Charles Anderlin je le disais vous êtes à Jérusalem vous y vivez depuis plus de 50 ans quelle est ce matin la situation à Jérusalem et autour de vous ?
Eh bien d'abord je vous parle depuis la pièce renforcée de mon appartement c'est du béton armé autour donc effectivement je n'ai pas besoin d'aller à l'abri mais simplement de rentrer dans ma pièce à chaque alerte ce matin 7h oui il y a eu une alerte il y en a eu plusieurs la matinée a été assez agitée dans la région et à Jérusalem hier soir effectivement un blessé pas très loin d'ici un missile des fragments de missiles sont tombés à côté d'une voiture voilà à peu près la situation pour le reste l'aéroport Ben Gurion l'aéroport international de Tel Aviv est toujours fermé et le restera au moins jusqu'à mercredi pas de vol civil en tout cas et le pardon et le gouvernement a décidé de prolonger l'état d'urgence au moins jusqu'à 12 mars
Quel est l'état d'esprit de la population israélienne Charles Landerlin ? Est-ce que vous vous attendiez à ce qui s'est passé samedi ? Est-ce que vous vous attendiez à cette attaque sur l'Iran ?
Ben écoutez vendredi matin l'ambassadeur des Etats-Unis à Jérusalem a fait une annonce qui m'a immédiatement envoyé faire des provisions au supermarché à côté de chez moi il a déclaré au personnel de son ambassade toutes les personnes parmi vous qui veulent partir doivent partir maintenant tout de suite aussi longtemps qu'il y aura des avions donc ça veut dire qu'il y aura bientôt plus d'avions civils sur l'aéroport à Tel Aviv donc il fallait se préparer et puis le ton montait on discutait depuis quelque temps est-ce que Trump allait dire oui ou non on avait plutôt l'impression qu'en coulisses l'accord a été conclu ce sera et c'est arrivé une opération conjointe israélo-américaine où l'armée israélienne est complètement intégrée dans le système américain ce sont des avions ravitailleurs américains qui fournissent en l'air le ravitaillement des appareils israéliens il y a une répartition des tâches en Iran les américains s'occupent d'un secteur les israéliens d'un autre les israéliens ont également procédé à des attaques contre le régime ce que les américains n'ont pas fait
comment elle a été accueillie cette opération en israël par la population est-ce que les israéliens attendaient espéraient cette attaque et la mort de Raménaï
écoutez la mort de Raménaï bien entendu n'est pas condamnée bien au contraire à l'exception d'une toute petite minorité de gauche qui pensaient qu'on avait la possibilité de conclure un accord mais vous savez depuis pardon depuis 1979 et l'arrivée de l'ayatollah Khomeini à Téhéran le fondamentalisme iranien le fondamentalisme chiite n'a cesse de répéter qu'Israël doit être détruit matin midi et soir dans une place de Téhéran vous avez une horloge qui tourne pour les ayatollahs Israël doit être détruit d'ici l'an 2040 entre parenthèses pour le Hamas le calcul du Coran de prévoyer la destruction d'Israël en 2027 vous savez le fondamentalisme c'est une lecture actuelle du livre saint pour qui ce qui est écrit est en fait de la prophétie et par exemple une sourate décrit le combat du prophète Mohamed avec les tribus juives du Hejaz et évidemment Dieu a punu les tribus juives les juifs ont été dispersés dans le monde et pour les fondamentalistes musulmans ce n'est pas une histoire passée c'est une histoire qui doit se dérouler maintenant qui est prévue donc tout cela effectivement on le sait et vous avez ces grands discours où depuis Téhéran au cours des dernières décennies vous avez le grand Satan c'est l'Amérique le petit Satan c'est Israël et puis les autres petits Satan c'est la France et les autres
Charles Anderlin vous qui connaissez parfaitement Israël jusqu'où selon vous ira Benyamin Netanyahou et jusqu'où les Israéliens vont soutenir cette opération ?
Écoutez d'abord on est en plein dedans maintenant c'est Netanyahou et Donald Trump si Donald Trump qui a la main sur le robinet de l'approvisionnement en munitions et l'opération dans le secteur si Donald Trump décide on arrête et bien tout le monde s'arrêtera y compris Netanyahou pardon en tout cas le public aujourd'hui suit avec assez de résilience entre deux alertes on va au supermarché tout est fermé à l'exception des administrations indispensables quelques dispensaires magasins d'alimentation un peu de transport en commun les gens sont chez eux font du télétravail ça peut durer encore 10 15 20 jours pour le reste à quel moment le public israélien ou au moins l'opposition à Netanyahou qui aujourd'hui soutient l'opération à quel moment ils se poseront des questions sur les décisions qui ont été prises par le gouvernement le gouvernement et les américains parce que d'après ce que l'on sait un accord était possible avec les iraniens avant le déclenchement de l'offensive en Iran
Charles Anderlin le sénateur Achitemal a une question pour vous
Bonjour monsieur Anderlin ma question vu de votre connaissance de la région et vous avez raison de le dire c'est qu'en Trump il ne sera d'arrêter que cela s'arrêtera je parle de cette opération de bombardement mais quel est pour vous ce que serait pour vous le lendemain parce que si le régime s'effondrait il y aurait une option s'il ne s'effondrait pas comment voyez-vous finalement l'après de cette guerre si à ce stade là c'est possible
écoutez avec le fondamentalisme iranien la seule chose qui est possible c'est un cessez-le-feu plus ou moins longue durée ce que pardon ce que le prophète appelait à l'époque Ahudna un cessez-le-feu de plus ou moins longue durée et à certains moments par exemple le Hamas a proposé un cessez-le-feu avec Israël 10, 15, 20 ans mais c'est tout ça n'ira pas plus loin en parallèle il peut y avoir des accords commerciaux ou autre c'est vers ça que l'on va si le fondamentalisme chiite reste au pouvoir à Téhéran sinon écoutez tout peut à devenir vous avez une grande jeunesse formidable en Iran qui eux qui elle veut vivre différemment maintenant aussi longtemps que ceux qui ont l'arme dans les rues de Téhéran et ailleurs sont des fondamentalistes la seule chose possible c'est à cesser le feu maintenant je crois que les services de renseignement occidentaux américains et même israéliens n'ont pas compris le résultat possible les conséquences possibles de l'assassinat de Khamenei Khamenei est un grand chef religieux l'homme qui au nom du chiisme donnait des fatwas pour l'ensemble de la région et on va vers quelques semaines extrêmement difficiles d'un véritable combat avec le fondamentalisme chiite dans toute la région depuis la nuit dernière le Hezbollah au Liban a lancé des missiles sur Israël et maintenant l'armée israélienne se prépare à des opérations beaucoup plus importantes au Liban et ce n'est qu'un début on attend également du Yémen les Houthis et les milices chiites de l'Irak donc on va vers la région alors que l'Iran et les autres ne se contentent pas d'attaquer Israël
Merci beaucoup merci infiniment Charles Anderlin d'avoir été avec nous depuis Jérusalem pour nous livrer votre précieux éclairage et votre témoignage de la situation sur place merci à vous également Rachid Temal merci d'avoir été notre invité on poursuit évidemment cette édition spéciale on va accueillir maintenant le général Vincent Desportes Bonjour général Vincent Desportes merci beaucoup d'être notre invité ancien directeur de l'école de guerre vous êtes professeur des universités on est ensemble pendant 20 minutes pour un entretien avec Stéphane Vernet qui représente la presse régionale Stéphane Vernet de Ouest France bonjour Stéphane Bonjour Auriane Général bonjour Général Desportes ce week-end d'Israël les Etats-Unis ont donc frappé l'Iran cette nuit le Hezbollah a frappé Israël qui réplique au Liban des explosions ont été entendues ces dernières heures à Jérusalem à Abu Dhabi Doha Dubaï est-ce qu'on est dans une guerre régionale est-ce qu'on pouvait la prévoir de cette manière et à ce moment-là alors on est dans une guerre régionale oui mais on est dans une guerre beaucoup plus large que ça vous avez en fait on doit bien comprendre que la France est en guerre depuis ce matin puisque la France a décidé dans une posture défensive d'aller réduire les armes qui tirent depuis l'Iran ce qui veut dire de manière très concrète que nos avions vont monter en l'air et puis aller tirer leurs missiles scalp en particulier en Irak c'est-à-dire que pour nous défendre nous allons prendre part à cette guerre donc certes c'est une guerre régionale tout le Moyen-Orient est enflammé mais ça dépasse largement le Moyen-Orient un pays européen a été frappé c'est Chypre vous connaissez l'article 42 je ne sais pas s'il sera appliqué mais enfin on est dans une guerre on est dans une guerre théorique c'est-à-dire qu'on est dans une recomposition totale à la fois du Moyen-Orient et avec une décomposition une recomposition à venir dans un monde qui était largement décomposé déjà depuis le 24 octobre Mais quand vous dites que la France est entrée en guerre pour préciser elle mène des actions défensives c'est ce qu'a dit hier le chef de l'État Oui absolument qui se traduiront par des ripostes offensives c'est-à-dire que demain tout à l'heure on va avoir des pilotes de la mer de la française qui vont monter dans leur rafale et qui vont tirer des scalps sur l'Irak donc simplement je crois qu'il faut le comprendre on est dans un séisme un séisme qui nous touche on a parlé tout à l'heure du fondamentalisme chiite on sait que l'Iran est spécialiste des attentats etc beaucoup de français sont morts dans des attentats provoqués par l'Iran on est bien donc nous partie prenante qu'on ne le voulait pas mais on est partie prenante de cette guerre nous ne nous trompons pas est-ce que vous avez une idée claire des cibles des américains cette nuit et des israéliens en fait qu'est-ce que les frappes cibles en ce moment en Iran plus particulièrement alors vous savez un plan de campagne c'est toujours la même chose au début on va chercher à détruire non pas la puissance mais le cœur de la puissance c'est même ça a déclenché cette guerre puisque c'était la frappe contre Ramény ensuite on va on va nettoyer le théâtre pour pouvoir lancer les armes et faire en sorte que les avions puissent passer c'est-à-dire qu'on va acquérir la maîtrise du ciel donc détruire les radars et détruire les armes anti-airiennes et ensuite dans cette affaire-là on va détruire toute la puissance et la puissance c'est en particulier les capacités de gouvernement et les capacités d'encadrement de la population c'est-à-dire là très clairement les lieux de commandement des passes d'Aran et de l'armée alors quelles cibles ont été touchées je n'en sais rien mais la logique on la connaît il y a trois lignes d'opération le commandement la capacité de défense et ensuite la capacité de mettre en œuvre tout ce qui reste de la puissance iranienne ça c'est valable pour les Iraniens enfin pour l'Iran mais il faut aussi s'occuper des proxys de l'Iran en même temps en fait le Hezbollah a attaqué Israël cette nuit il y a la question des outils est-ce que ces forces alliées sur lesquelles pouvait compter l'Iran est-ce qu'elles sont encore opérationnelles aujourd'hui ?
Alors est-ce qu'elles sont opérationnelles ou pas ? On ne sait pas ce qui est sûr c'est que hier la question se posait on sait que le Hezbollah avait été très réduit par les forces armées israéliennes que le Hamas l'est encore plus et que les outils a souffert donc la question se posait au bout de deux jours ils n'avaient rien fait on se disait vont-ils y aller ?
Or on voit ce matin que le Hezbollah est effectivement entré en action et il est clair qu'Israël sa cible existentielle c'est l'Iran c'est le combat d'ailleurs de Netanyahou mais il va évidemment en profiter pour continuer le nettoyage tout autour de lui Mais est-ce que le Hezbollah est-ce que l'Iran ont les moyens de riposter à Israël et aux Etats-Unis et combien de temps ?
Alors ils ont les moyens oui ils le font combien de temps c'est la question alors on sait qu'ils ont un stock comme les Américains aussi ils ont un stock de munitions qui est limité on sait qu'ils disposent encore on évalue mais c'est très difficile à évaluer au moins encore un millier de missiles capables de frapper un millier c'est pas beaucoup c'est pas beaucoup je crois qu'ils ont déjà tiré 400 donc en deux jours on voit que c'est pas beaucoup et puis il y a les missiles et puis il y a les lanceurs et dès qu'un lanceur de missiles tire un missile il est repéré et là pour répondre aux premières questions il devient la première cible des frappes des frappes de la coalition au-delà de ça il y a tous les drones Shahed là on parle de dizaines de milliers donc on a une capacité de nuisance qui est importante et puis pour se défendre regardez ce que font les chiites en Irak en train de faire le siège de l'ambassade américaine on voit donc qu'il y a beaucoup de moyens il y a encore des capacités de fermer le détroit d'Hormuz puisqu'en fait il est fermé aujourd'hui de facto il y a la marine iranienne a été une des premières cibles et est toujours une des premières cibles de l'armée de l'air enfin des avions des avions américains il ne doit pas en rester beaucoup mais il en reste sûrement encore suffisamment pour conduire un certain nombre de manœuvres dans le golfe Pourquoi à votre avis pourquoi les Iraniens en fait répliquent et attaquent tous azimuts y compris des pays voisins qui au départ n'étaient pas impliqués dans le conflit quelle est leur stratégie ?
Il y a une volonté délibérée de créer un embrasement régional en faisant ça est-ce que l'Iran ne risque pas de s'attirer des ennemis supplémentaires en fait qu'il n'avait pas au départ ?
Si Bien sûr Non mais vous avez raison la preuve c'est que la France l'Allemagne la Grande-Bretagne qui pour l'instant étaient calmes on dit bon on ne va pas prendre des claques ça on s'en rende quoi donc évidemment quand on va attaquer Oman qui était le pays qui aidait les négociations évidemment c'est une erreur donc effectivement on peut se poser la question de savoir quelle est la stratégie on dirait que l'Iran veut rentrer en guerre contre le monde entier avec des moyens dont on vient de parler qui sont quand même limités alors peut-être que la stratégie au fond on sait bien que les pays du Golfe ne soutenaient pas n'étaient pas favorables à cette attaque Dubaï en particulier qui souffre qui est une espèce de perle du Moyen-Orient la Suisse du Moyen-Orient l'espoir peut-être probablement c'est peut-être ça la stratégie c'est que les pays du Golfe disent aux Etats-Unis bon on va arrêter parce que vous deviez nous défendre mais au fond être votre ami maintenant c'est plus dangereux que de ne pas l'être l'autre réaction ça peut-être pour les pays du Golfe qui se sont réunis hier soir ça veut dire on va rentrer pleinement dans cette guerre donc on ne sait pas exactement ce qui va se passer quant à la stratégie iranienne effectivement alors l'autre question c'est il y a évidemment une stratégie mais c'est les frappes qui ont eu lieu à Mascat par exemple ont été le gouvernement iranien pour ce qu'il en reste elle dit mais en fait on ne voulait pas vraiment il y a eu une erreur c'est parti trop vite etc donc le problème dans ces pays qui devient chaotique comme l'Iran qui commande quoi si vous voulez les choses ne sont plus coordonnées non elles ne sont plus totalement c'est pas le plan de bombardement américano-israélien qui lui est évidemment extrêmement organisé alors puisque vous parlez du plan de bombardement américano-israélien est-ce qu'Israël et les Etats-Unis poursuivent les mêmes buts de guerre ?
C'est une question fondamentale et vos téléspectateurs doivent bien comprendre qu'au fond ce sont deux guerres et pas une guerre alors elles ont été préparées ensemble elles sont planifiées ensemble mais les buts de guerre ne sont pas les mêmes les populations ne sont pas les mêmes et c'est peut-être le point le plus important aujourd'hui 95% des Israéliens souhaitent que Netanyahou aille jusqu'au bout aux Etats-Unis la très grande majorité des Américains ne sont pas favorables voire opposées et même dans la base MAGA du président Trump donc Juste pardon Général Desportes quand vous dites jusqu'au bout c'est quoi ?
Est-ce que jusqu'au bout pour Donald Trump c'est-à-dire empêcher l'Iran sur son programme nucléaire et pour Benyamin Netanyahou c'est faire tomber le régime ou est-ce que le jusqu'au bout il est le même pour les deux ?
Mais non il n'est pas le même du tout il n'est pas le même du tout justement et on sait bien quand même que c'est Netanyahou qui a poussé Trump qui s'était mis dans un piège a frappé donc pour Netanyahou c'est détruire de manière définitive la capacité de nuisance de l'Iran et en profiter pour nettoyer ce qui reste du Hezbollah et du Hamas voire des outils pour Trump il y est allé il est dans un piège il ne peut pas dire maintenant qu'il veut détruire toute la capacité nucléaire de l'Iran parce qu'il a dit il avait déjà dit en juin qu'il l'avait déjà fait ce qui va arrêter la guerre du côté américain c'est comme d'habitude toutes les guerres américaines sont arrêtées par le peuple américain ça a été vrai du Vietnam ça a été vrai de l'Irak ça a été vrai de l'Afghanistan et encore ces guerres-là avaient été justifiées pas celles du Vietnam mais Irak-Afghanistan avaient été justifiées par des faits majeurs de Milan ou faux c'est l'affaire du ministre Powell mais il y avait une justification et là le président américain est allé à la guerre sans la justifier et donc c'est pour ça qu'il essaie de se rattraper maintenant sa justification c'est de dire on va venger les bords quand on parle de vengeance à la guerre on n'est pas très bien Stéphane Juste une question une des stratégies en tout cas parmi les déclarations de Donald Trump ce qu'on comprend c'est qu'il y a la volonté de changer le régime de faire tomber le régime et d'installer notre régime est-ce que d'un point de vue militaire, tactique il est imaginable de changer un régime uniquement par des frappes aériennes est-ce qu'à un moment ce but-là va devoir passer par un engagement de soldats au sol en Iran ?
Alors poser la question c'est y répondre parce que l'histoire du monde montre que ça n'est pas possible le deuxième élément de réponse va-t-on engager les troupes au sol ?
la réponse est non la réponse est non quand les américains sont partis en guerre en Irak en 1991 et 2003 ils ont mis plus de 6 mois à assembler les troupes parce que c'est pas des avions c'est pas un porte-avions c'est des troupes c'est compliqué 6 mois là il n'y a pas un soldat américain capable de rentrer et évidemment 6 mois ça nous amène au mi-terme Trump ne va évidemment pas le faire et c'est bien toute l'ambiguïté de cette guerre c'est qu'au fond le peuple iranien tout le monde s'en fiche dans cette affaire-là tant les américains que les israéliens ça n'est pas le problème et c'est bien ça le drame c'est que oui il est possible il est probable que le pouvoir iranien s'effondre mais alors derrière est-ce que ce sera le chaos ou pas la guerre en Irak et là il y avait des troupes et bien 23 ans après cette guerre en Irak n'est toujours pas terminée et donc et elle a engendré elle a engendré Daesh en fait elle a engendré Daesh elle a engendré le Bataclan et c'est pour ça qu'on est rentré dans une période de chaos et qu'on comprend très bien du côté israélien ce qu'Israël cherche à faire moi je pense que l'Amérique dans cette affaire-là est rentrée dans un piège mais non seulement l'Amérique est piégée mais le reste du monde et tous les alliés du grand Satan et nous en sommes sont tombés dans un piège on est dans un chaos qui est loin d'être C'est lequel le piège ?
Est-ce que Donald Trump il s'est piégé tout seul déjà quand en janvier il lance aux Iraniens tenez bon on va vous aider est-ce que le piège il a commencé là pour lui ?
Mais bien sûr le piège il n'a pas commencé là il a commencé le 8 janvier ou le 6 janvier exactement au Venezuela à partir de ce moment-là on a une espèce d'hubris qui existait déjà chez Trump qui dit écoutez la guerre c'est formidable on balance quelques avions quelques bateaux un porte-avions et en 6 heures on a fait le job et donc il s'est lancé dans certains rappelez-vous il l'a dit vous avez raison c'est Witkoff son envoyé qui le dit écoutez mon président ne comprend pas qu'avec deux porte-avions à côté de vous vous ne pliez pas c'est-à-dire qu'il n'a pas compris il était effectivement dans un piège finalement il ne pouvait que frapper que frapper il ne pouvait pas renvoyer le Ford à Norfolk et le le Franklin le Lincoln à San Diego puisque c'est leur deux portes d'attache sans que rien ne se soit fait donc il était piégé Netanyahou qui lui veut détruire depuis 40 ans l'Iran en a tiré parti l'a poussé donc on en est là aujourd'hui Mais du coup est-ce qu'il se retrouve piégé sur le plan intérieur ?
Vous l'avez un peu dit son électorat il n'est pas favorable aux interventions extérieures Donald Trump d'ailleurs c'était aussi l'un de ses thèmes de campagne est-ce qu'il y a déjà eu des morts côté américain est-ce que s'il se multiplie ces morts Donald Trump va se retrouver en difficulté sur le plan interne et est-ce que du coup ça va changer sa stratégie guerrière ?
Alors ça n'est pas une interrogation c'est une certitude les américains ne sont pas sortis de la fatigue de la guerre de la fatigue c'est bien une des raisons de l'élection de Trump qui dit je ne vous amènerai plus à la guerre et c'est pour ça qu'une partie même de ses plus fervents défenseurs disent non vous nous avez trompé et à chaque fois je le rappelle c'est le nombre de bodybags revenant avec le drapeau américain aux Etats-Unis qui a obligé les présidents à arrêter et très vite on va arriver sur les mi-termes je pense que Trump a pensé que s'il avait un succès rapide alors ça allait redorer son blason quand même un peu terni par l'inflation et par l'affaire Epstein et là il est dans un piège donc mais jusqu'où l'opinion américaine peut suivre ?
pas très longtemps moi je pense pas très longtemps si vous voulez bon après il y a l'opinion et quand hier il parle de 4 semaines Donald Trump il dit 4 semaines ou moins c'est pour assurer son opinion ou est-ce que c'est crédible sur le plan militaire ?
écoutez non ce qui est sûr c'est que les campagnes de bombardement ça dure longtemps et 4 semaines c'est assez intéressant c'est la durée de la campagne de Irak 1 17 janvier 24 février 1991 mais à côté de ça vous avez la guerre au Kosovo le bombardement dure 78 jours avec les outils ça dure un an et demi donc vous ne savez jamais vous savez c'est la guerre la guerre quand vous commencez à mettre les doigts vous ne savez pas jusqu'où vous allez être mangé la guerre de Vietnam on a quelques conseillers qui arrivent au début des années 60 on a 500 000 hommes sous Westmoreland en 68 ce qui va amener vous vous en rappelez la démission de Johnson donc on ne sait pas au moment où on se parle une désescalade un retour une solution diplomatique c'est mort c'est totalement inenvisageable c'est ce qu'espérait Emmanuel Macron au tout début des frappes en disant il faut revenir à la raison est-ce que là maintenant c'est terminé ou est-ce qu'il y a encore une chance que finalement il y ait Moi je ne crois pas que c'est terminé parce que Trump s'il arrive à la jouer à nous refaire une Maduro il va le faire si vous voulez j'ai tué J'ai tué Ramini Maduro est parti maintenant je vais essayer de m'arranger avec les gens qui aimeraient bien conserver leur pouvoir et leur argent quand même et Dieu sait qu'on a de l'argent puisque la guerre d'un de la révolution contrôle 75% de l'économie iranienne donc il n'est pas impossible qu'ils cherchent à faire ça évidemment aujourd'hui les Iraniens Il peut y avoir des pressions des Russes des Chinois aussi pour que les choses se calment Je ne crois pas trop aux pressions des Russes mais vous savez ce qui fait marcher Trump c'est l'argent d'abord on savait que cette guerre l'a enrichi encore donc c'est l'argent c'est le pouvoir et puis c'est ses élections donc je pense que s'il trouve un bon deal comme il dit avec le pouvoir qui va se mettre en place indubitablement on va avoir le pouvoir n'est pas encore effondré donc s'il arrive à faire un deal avec eux je pense qu'il le fera pour se sortir de ce piège et il annoncera à la Maison-Blanche qu'il a réussi et il a gagné ses liens Est-ce que la Russie est-ce que la Chine peuvent se mêler de ce conflit qui prendrait alors une autre dimension encore ?
Alors très honnêtement la Russie elle a autre chose à faire elle est en train de régler le cas Zelensky qui est quand même assez compliqué pour elle et que quant à la Chine ce n'est pas son moment ce n'est pas son moment qu'est-ce qu'elle viendrait faire dans cette galère il n'y a que des coups à prendre pourquoi voler au secours de quelqu'un qui va évidemment être finalement qui va s'effondrer donc ils ne viendront pas et quant au soutien lui-même c'est compliqué parce qu'il faudrait pouvoir poser les avions ce n'est pas possible il faudrait pouvoir envoyer des bateaux par le golfe ce n'est pas possible donc je pense que l'Iran est aujourd'hui seul en dehors des milices chiites qui existent à droite et à gauche et qui ne manqueront pas de porter des coups autant qu'ils le pourront Une dernière question Stéphane Dernière question oui le président de la République fait un discours aujourd'hui à l'île longue il parle de l'évolution de la dissuasion nucléaire française c'est un discours qui était prévu de longue date de très longue date il tombe à un moment très particulier est-ce que la situation internationale peut amener le président de la République à modifier son discours ou atténuer son propos qu'est-ce qu'il va annoncer ?
Non je ne crois pas ça m'étonnerait qu'il ne parle pas de cette situation internationale au début mais vous savez les présidents font un discours sur le nucléaire par mandat on est à la fin du deuxième mandat on n'est pas surpris mais c'est des discours qui se préparent sur des mois voire des années on ne touche pas et la dissuasion française ne se trouve pas modifiée façon au concept par le conflit actuel Merci beaucoup merci Général Desportes de nous avoir apporté votre éclairage Stéphane la une de Ouest France l'avenir incertain de l'Iran après la mort d'Ali Ramenei et la guerre en Iran qui fait la une d'une partie de la presse régionale on voit ça tout de suite et Stéphane on va commencer en regardant les unes de la presse régionale consacrées à l'Iran après les frappes quelle suite pour le régime en Iran la presse régionale pose la question une aujourd'hui Oui beaucoup de une ce matin dont celle de l'Est républicain Ramenei éliminé qui à la tête de l'Iran pose la question le quotidien pose cette question la une de la Voix du Nord et maintenant point d'interrogation parce que les attaques américaines et israéliennes sur l'Iran ont permis selon Donald Trump de tuer plus de 40 aux dignitaires du régime dont le guide suprême Ali Ramenei dans les colonnes de la Voix du Nord la Voix du Nord donne la parole au neveu de l'ayatollah tué dans les frappes de ce week-end Mahmoud Moradkhani médecin dans la ville de Croix à côté de l'île lui dit se réjouir de la mort de son oncle et appelle à l'avènement d'une république laïque en Iran le quotidien du Nord détaille aussi la transition censée assurer la continuité du régime iranien et le profil du trium Mouira constitué en attendant la désignation d'un nouveau guide suprême on y retrouve l'actuel président Massoud Pézeskian le chef du pouvoir judiciaire Gola Mohsen Mosheni Eji et un dignitaire religieux membre du conseil des gardiens de la révolution Alireza Arafi et on voit aussi Stéphane ce matin dans la presse régionale qu'elle se fait l'écho de ces Iraniens qui vivent en France oui je vous parle à l'instant du neveu de l'ayatollah Khamenei qui vit en banlieue de l'île mais il y a aussi le témoignage de Payman installé au Mans qui suit les événements avec effroi il en parle dans les colonnes du Maine Libre ce matin les quotidiens comme le courrier Picard s'intéressent aussi à ces français qui sont actuellement bloqués au Moyen-Orient pris au piège des différents bombardements Elodie Gossuin animatrice télé radio ancienne Miss France qui elle et Picard est en vacances en ce moment à Dubaï et le courrier Picard raconte ce qu'elle a publié sur Instagram elle a cherché à se mettre à l'abri après avoir vu des missiles interceptés dans le ciel je ne pensais pas voir ça un jour et on va reparler de l'Iran dans quelques secondes avec nos éditorialistes avec Pascal Boniface qui sera également avec nous ce sera à suivre mais d'abord petite parenthèse puisqu'on est maintenant à moins de deux semaines des élections municipales elles font aussi ce matin la une de la presse régionale on va faire un petit point sur les dernières informations de la campagne d'abord à Perpignan puisque Perpignan était le théâtre ce week-end d'un affrontement à distance entre Jordan Bardella et Jean-Luc Mélenchon Oui, samedi le président du Rassemblement National est venu soutenir le maire sortant Louis Alliot maire RN dans son discours Jordan Bardella a visé nommément le fondateur de la France Insoumise
Je le dis solennellement à Jean-Luc Mélenchon on ne peut pas prétendre incarner la République et tolérer que prospère autour de soi un climat d'intimidation de menaces et de violences
à Jean-Luc Mélenchon qui prétendait incarner la République nous lui répondons vous n'êtes pas la République
Le lendemain c'est Jean-Luc Mélenchon qui a tenu un meeting pour soutenir le candidat LFI à Perpignan Michael Hydra que c'était donc dimanche et il s'est posé en rempart contre l'extrême droite en installant d'ores et déjà un duel entre sa formation et le RN Pour Jean-Luc Mélenchon les élections municipales de 2026 traduiront un choix politique fondamental écoutez
Nous avons 15 jours avant le premier tour les élections municipales ont changé de sens la question qui est posée et de savoir si le peuple français dans les 500 ou 550 villes sur les 37 000 qu'il y a vont décider de nous aider de nous porter et de mettre en avant leur propre conviction antiraciste leur propre conviction pour le partage et l'égalité ou bien s'ils vont récompenser de misérables politiciens qui font leur laine sur leur dos se moquent des promesses qu'ils leur font et font ensuite exactement le contraire
Allez à lire ce matin dans le journal La Provence un sondage sur Marseille justement et il confirme la dynamique de la campagne avec un duel qui se dessine entre le maire sortant Benoît Payan et Franck Alizio Oui c'est un sondage IFOP qui donne au premier tour le maire Benoît Payan à 35% suivi de près par le candidat RN Franck Alizio avec 32% ensuite on retrouve la candidate de la droite Martine Vassal à 18% et puis le candidat La France Insoumise Sébastien Delogu à 13% l'IFOP teste aussi 3 cas de figure pour le second tour une quadrangulaire avec les 4 candidats dont je viens de parler une triangulaire avec le retrait de Sébastien Delogu ou encore un duel en cas de retrait et de Sébastien Delogu et de Martine Vassal dans ces 3 hypothèses Benoît Payan est donné devant Franck Alizio le candidat RN mais avec une avance très légère dans le cas où les 4 candidats seront sur la ligne de départ pour le second tour C'est un débat très attendu ce soir à Nice le premier qui opposera Éric Ciotti Christian Estrosi et là aussi il y a un sondage qui donne Éric Ciotti gagnant dans tous les cas de figure Un nouveau sondage un sondage élabe pour BFM TV le Figaro et Nice Matin il donne au premier tour le maire sortant Christian Estrosi derrière son rival Éric Ciotti Éric Ciotti avec 41% des intentions de vote Christian Estrosi 31% deux autres candidats pourraient aussi atteindre le second tour la candidate de l'Union de la Gauche or LFI l'écologiste Juliette Chesnel-Leroux avec 13% et la candidate LFI Mireille Damiano avec 11% là aussi un des hypothèses de deuxième tour sont testées Éric Ciotti l'emporterait avec 51% des intentions de vote en cas de duel avec Christian Estrosi et même une triangulaire avec un retrait de la candidate LFI ou de la candidate écologiste ne permettrait pas à Christian Estrosi de l'emporter Éric Ciotti récolterait dans tous les cas 45% des intentions de vote Allez on fait un dernier point sur la campagne on va à Strasbourg où on retrouve Frédéric Vézard Bonjour Frédéric merci beaucoup d'être avec nous et d'accord en chef des dernières nouvelles d'Alsace et de l'Alsace comment se passe Frédéric la campagne du côté de Strasbourg quels sont les principaux candidats les principaux enjeux politiques
Écoutez les enjeux politiques sont un peu similaires à ceux qu'on peut avoir à Lyon par exemple avec une candidate je dirais âgée ancienne une figure rassurante
qui est Catherine Trottmann ancienne maire de Strasbourg dans les années 90 ancienne ministre de la culture de François Mitterrand
qui a une confortable avance de l'ordre de 10 points sur la candidate sortante l'écologiste Jeanne Barséguian
et avec cette logique aussi qu'on va retrouver un petit peu à Lyon avec des écologistes qui sont confrontés à des limites aux limites de leur bilan dans une métropole et une volonté je dirais un souci des électeurs quelque part de se rassurer voilà et en écoutant la séquence précédente je me disais d'ailleurs que ces élections municipales n'ont pas beaucoup de chance parce qu'il y a 5 ans en 2020 elles ont été totalement impactées par le Covid et là elles risquent d'être également perturbées par le contexte international qui n'a peut-être pas une influence très directe mais je pense qui induit une volonté de se tourner vers des candidats je dirais rassurants des figures
un petit peu rassurantes qui amènent un peu de la stabilité voilà par rapport à une période qui est de plus en plus agitée
comment on se donc on est dans cette configuration-là à Strasbourg et je pense qu'elle est relativement relativement figée pour le moment il n'y a pas de il n'y a pas de gros mouvements sur les derniers sondages et après
il y a la logique de second tour et puis les logiques d'alliance ou de maintien en second tour qui vont être évidemment fondamentales
un mot là-dessus Frédéric comment ça se présente pour le second tour ?
le second tour on pourrait avoir soit une cadre angulaire soit une alors 5 c'est qu'un qu'agulaire je ne sais pas comment on dit qu'un qu'un qu'un qu'un qu'un on peut avoir 4, 5 voire même 6 candidats puisqu'on a même un candidat centriste macroniste qui est à 6% dans les derniers sondages avec la marge d'erreur on n'est pas très loin de la barre des 10 donc on a effectivement on a un candidat de droite qui est autour de 20% Jean-Philippe Wetter une candidate qui est assez haut pour l'instant dans les sondages en tout cas à l'échelle de Strasbourg où le règne est faiblement implanté mais elle est autour de 10% donc elle pourrait se maintenir et puis le candidat et les filles Florian Cobrin qui est également autour de 10% voilà et c'est lui qui représente à mon avis la seule possibilité pour Jean-Philippe de pouvoir être réélu c'est effectivement c'est un petit peu comme à Marseille on l'a vu tout à l'heure c'est son retrait et un accord politique entre écologistes et assoumis qui pourrait éventuellement sauver la mise
de la mère sortante
et merci beaucoup merci beaucoup Frédéric Wetter d'avoir été avec nous pour ce point sur la campagne à Strasbourg qu'on suivra évidemment avec attention notamment le débat de l'entre-deux-tours qu'on fera ce sera le 18 mars merci beaucoup d'avoir été avec nous on voit la une des dernières nouvelles d'Alsace sur Amenei et on va évidemment reparler de ce qu'il s'est passé ces dernières heures mais d'abord on fait le point sur les dernières informations de la nuit avec Marion Lompage
C'est vers 2h30 ce matin que l'état hébreu frappe le sud de la banlieue de Beyrouth fief du Hezbollah allié à l'Iran les habitants
de Darié fuient cette salve est une réponse au tir effectué plus tôt depuis le sud du Liban en direction d'Israël revendiqué par le mouvement chiite sur X le premier ministre libanais s'est exprimé
quelle que soit l'entité qui se cache derrière le tir de roquette depuis le sud du Liban est un acte irresponsable et suspect
qui met en péril la sécurité et l'intégrité du Liban et donne à Israël des prétextes pour poursuivre ces agressions contre ce pays nous ne permettrons pas que le pays soit entraîné dans de nouvelles aventures et nous prendrons
toutes les mesures nécessaires pour arrêter les auteurs et protéger les Libanais
De son côté le président américain à l'initiative de l'offensive fureur épique aux côtés d'Israël contre l'Iran incitent toujours les miliciens chargés de protéger le système de la république islamique à se rendre J'exhorte une fois de plus les gardiens de la révolution l'armée iranienne et la police à déposer les armes et à bénéficier d'une immunité totale sous peine d'une mort certaine Hier soir le président français a convoqué un nouveau conseil de défense et de sécurité nationale sur la situation au Moyen-Orient
Dans ce contexte-là notre priorité je l'évoquais hier c'est la sécurité de nos ressortissants évidemment de nos emprises militaires diplomatiques des ressortissants qui vivent ou font séjour dans ces pays partenaires
Cette guerre devrait durer quatre semaines ou moins d'après le président américain Donald Trump Et on va en parler avec vous Bonjour Merci beaucoup d'être avec nous Elisabeth Martichoux Éditorialiste politique Merci d'être là Valérie Lecâble Merci beaucoup d'être avec nous le journal.info Et on est en duplex en visio avec le géopolitologue Pascal Boniface Peut-être un mot d'abord avec vous Pascal Boniface Bonjour Merci d'être là On voit ce qui s'est passé ces dernières heures avec un conflit qui s'étend au Liban avec des explosions entendues dans plusieurs pays de la région Est-ce qu'on est dans un embrasement régional et jusqu'où peut-il aller ?
Alors embrasement oui enfin régional mais ce ne sera pas une guerre générale Disons que l'Iran a fait le choix de s'attaquer aux pays arabes qui hébergent des bases américaines pour les faire un peu céder pour qu'ils viennent demander aux américains d'arrêter leurs frappes mais du coup le risque c'est que ils solidifient l'alliance entre ces pays iras il se fait des ennemis des pays qui n'étaient pas forcément mal disposés à son égard peuvent se sentir atteints et donc cela a plutôt renforcé le système d'alliance autour des Etats-Unis mais on voit effectivement que le fait
que le régime a été décapité n'a pas mis fin au régime ce n'est pas une monarchie ce n'est pas le scénario Maduro et donc ce conflit n'est pas réglé en 48 heures il y a effectivement l'élargissement au Liban avec le risque qu'il y ait beaucoup plus de morts et que très vite les cibles militaires ne suffisent pas il va y avoir très probablement des dégâts parmi les civils c'est déjà d'ailleurs le cas et ça risque d'augmenter le tout c'est de savoir
combien de temps Trump pourra tenir parce qu'il n'a pas été élu pour ça et qu'à défaut d'avoir une victoire rapide des voix vont commencer à s'élever
aux Etats-Unis pour se dire qu'est-ce que l'on fait des deux côtés à la fois sa base maga qui refuse d'être entraîné dans des guerres coûteuses inutiles et qui ne sont pas dans l'intérêt national des Etats-Unis et puis les démocrates les jeunes démocrates l'aile gauche du parti démocrate qui va s'élever contre la guerre donc en fait Trump a besoin d'une victoire rapide ou sinon il devra sortir et c'est un pari risqué qu'il a fait soit il fait tomber le régime et il aura un succès historique qu'aucun de ses prédécesseurs n'a eu c'est ce qu'il bise certainement mais il n'est pas certain que des frappes aériennes suffisent à faire tomber
un régime
Elisabeth il a pris un risque politique c'est un véritable pari pour Donald Trump pari risqué
Ah oui alors c'est vrai que c'est assez c'est assez contradictoire avec évidemment toutes les positions qu'il a eues antérieurement Donald Trump puisqu'il s'est fait lire notamment sur la dénonciation de ce qu'avaient fait ses prédécesseurs c'est à dire des interventions à l'iraquienne qui ont abouti à un chaos régional il avait promis de ne pas le faire il avait aussi déchiré l'accord sur le nucléaire lors de sa première présidence donc aujourd'hui si vous voulez il est dans une position tout à fait contradictoire avec ses prises de positions antérieures cependant il essaye je crois de faire une opération d'après ce que j'en crois les spécialistes américains au format Venezuela c'est à dire la possibilité de faire basculer un régime par une intervention brève il fait le pari que ça ne sera pas un Irak bis évidemment que c'est risqué pour lui mais je me permets d'introduire quand même une réalité hier je suis allée rencontrer des Iraniens la manifestation qui s'est organisée spontanément à la Bastille la diaspora iranienne qui se réunissait pour célébrer ce jour de libération après la mort d'Ali Ramenei c'était évidemment extrêmement poignant et émouvant de rencontrer des Iraniens de toute génération qui entrevoyaient la perspective d'un retour d'un pays après des années et des années d'exil il faut il faut être évidemment en communion avec les Iraniens et les Iraniennes qui voient enfin une libération après plus de 45 ans de joues islamistes ils étaient soumis à une dictature évidemment insupportable maintenant on verra mais ça nous met dans une situation inconfortable parce qu'à la fois nous sommes en communion avec les Iraniens et les Iraniennes comment faire autrement encore une fois ils subissaient une situation de dictature religieuse absolument épouvantable 30 000 morts encore récemment dit-on et par ailleurs nous subissons aussi la loi de la force trumpiste qui nous pour des Européens nous met dans une situation compliquée parce que ce ne sont pas nos valeurs
oui Elisabeth a tout à fait raison ce qui nous choque dans l'action de Donald Trump c'est qu'il ne respecte pas le droit international ce fameux droit international auquel nous sommes tellement attachés ceci étant dit si on essaie de comprendre et de mettre en perspective il y a 15 jours Netanyahou va à Washington et qu'est-ce qu'il fait ce jour-là il convainc Donald Trump que c'est le moment d'intervenir en Iran pourquoi ?
parce que l'Iran n'a jamais été aussi faible en réalité c'est-à-dire que à la suite des attaques qui ont déjà eu lieu les 12 jours au mois de juin à la suite des manifestations internes et à la suite de cette réprobation internationale envers l'Iran que l'on rencontre en particulier à cause des 30 000 morts du mois de janvier l'Iran est cerné personne personne ne peut ne pas se réjouir du fait que Ramenei a été tué donc ça c'est le contexte global psychologique de Donald Trump qu'il faut bien comprendre et par ailleurs si vous voulez en Israël Israël a attaqué à Gaza et a considérablement fragilisé le Hamas si ce n'est davantage l'a quasiment éradiqué le Hezbollah est lui aussi extrêmement fragilisé il y a eu ce changement de régime en Syrie et là il se dit quoi il se dit il faut terminer le travail il faut aller taper à la tête parce que la tête c'est l'Iran avec ses 92 millions d'habitants et c'est eux qui avaient cette influence considérable sur toute la région et il se dit en tapant l'Iran je vais taper en même temps Poutine parce que Poutine on n'en parle pas beaucoup mais en train de perdre tous ses alliés au Moyen-Orient qu'il s'agisse du Hamas du Hezbollah et peut-être de l'Iran on va voir et par ricochet son ennemi juré qui est le président chinois Xi Jinping donc en fait on est sur un quelque chose qui doit aller vite qui doit taper fort et dont l'objectif ultime est très dur effectivement et qui est de changer la donne au Moyen-Orient Pascal Boniface vous êtes d'accord c'était le bon moment pour Donald Trump pour le faire et est-ce qu'il peut terminer le travail je reprends l'expression de Valéry et est-ce qu'il peut le faire comme il le dit en quatre semaines ça on n'en sait rien on verra d'ici quatre semaines ou peut-être avant est-ce qu'il y aura un effondrement total du régime pour l'instant malheureusement l'histoire des bombardements aériens montre qu'aucune guerre ne s'est terminée que par des bombardements aériens avec un régime qui tombe donc c'est pas du tout certain effectivement le régime est faible il n'a jamais été aussi faible ça c'est indéniable il est contesté
il n'a plus de légitimité interne il ne se maintient que par la répression le problème c'est que l'on peut continuer à réprimer et que les gens ne vont pas manifester sous les bombes
et que ceux qui ont les partisans du régime sont très minoritaires en Iran mais ils ont les armes et ça c'est un peu compliqué et évidemment ça serait une très grande surprise que les États-Unis envoient des troupes au sol ça c'est vraiment la ligne à ne pas franchir pour Donald Trump et donc le pari c'est que le régime s'effondre de lui-même c'est un pari qui peut réussir mais qui peut aussi échouer alors Trump trouvera toujours les moyens de trouver une porte de sortie en disant qu'il est parvenu à ses objectifs mais ça peut tout à fait déboucher sur le chaos regarder ce qui s'est passé en Libye regarder ce qui s'est passé en Irak et ça ne plaide pas pour une issue heureuse
de ce conflit parce qu'on a quand même le sentiment que Trump n'a pas tout à fait prévu le jour d'après et que le scénario vénézuélien dont Elisabeth Martichoux parlait ne marche pas parce qu'au Venezuela on a trouvé des gens qui étaient prêts qui négociaient depuis longtemps avec Trump pour dire on se débarrasse de Maduro et on garde le même système là il n'est pas certain que ça marche et si le même système reste en place toute l'opération de Trump ne sera pas légitimité parce que ce qu'il veut c'est pas qu'il y ait quelqu'un d'autre à la base de Ramény c'est qu'il n'y ait plus ce régime iranien or pour l'instant même affaibli
par la répression il est toujours assez fort pour se tenir par la seule répression y compris à la tête d'un pays tout à fait défait Bachar el-Assad est tenu 14 ans avant d'être renversé par quand même une opération armée c'est pas des manifestations qui ont renversé Bachar là ça veut dire juste Pascal Boniface pour vous qu'il n'y a pas d'alternative crédible le fils du chat par exemple c'est pas crédible il ne va pas être rédiporté en Iran le fils du chat c'est une opération crédible pour beaucoup aux Etats-Unis ou dans les milieux occidentaux comment on va l'installer il faut quand même qu'il vienne sur place et en fait je crois qu'il est plus populaire à l'étranger qu'en Iran même si effectivement je crois que beaucoup d'Iraniens en ont tellement assez de ce régime qu'ils sont prêts à prendre n'importe quelle option pour beaucoup quand même le fait de revenir 50 ans en arrière n'est pas tout à fait un progrès et il n'est pas aussi démocrate qu'on veut bien le dire mais le problème c'est qui va l'installer au pouvoir
c'est à dire qu'il faudrait une opération il faudrait une opération choc et qu'on le mette mais il n'est pas certain
que le régime iranien actuel même affaibli accepte qu'il arrive à Téhéran
Une grande partie de la diaspora que j'ai rencontrée hier mais on le voit aussi dans les autres capitales souhaite que pour une période de transition à minima le fils du chat revienne ce qui est très frappant c'est que Donald Trump manifestement ne veut pas l'installer il n'a pas choisi il ne le cite pas encore pendant le week-end et encore prédécédemment quand ça lui a été demandé il n'a pas dit oui le fils du chat sera celui qui assurera la transition vers une démocratie en Iran d'ailleurs la démocratie en Iran ça n'est pas le but premier de Donald Trump quand il y a eu les 30 000 morts la répression terrible de janvier dernier il ne s'est pas précipité pour bombarder il a attendu effectivement cette période la fenêtre de tir la CIA dit qu'il y en a eu une samedi matin donc ça a été décisif mais ce que je veux dire par là c'est qu'il y a toujours il y a quand même une fenêtre d'incertitude énorme effectivement c'est pour ça que les occidentaux sont mal à l'aise d'abord parce que c'est en contradiction avec c'est même en contravention avec le droit international mais ça Donald Trump s'en fiche complètement de la même façon qu'il se fiche totalement des Européens l'Europe pour lui ne compte pas on l'a bien vu et puis par ailleurs que va-t-il se passer Donald Trump lui-même ne le sait pas il espère avoir un prix Nobel pour avoir effectivement renversé la dictature en Iran est-ce qu'il va y parvenir personne ne peut le dire ce matin
et avant de donner la parole Valérie on va juste écouter Gabriel Attal justement sur cette question de la transition pour lui la France doit y participer il était ce matin sur France 2
moi je pense que la France et l'Europe ne peuvent pas rester sur le côté de cette transition démocratique je l'ai dit il y a un instant une fois que vous avez
fait cette déclaration
d'intention que personne ne contestera ça veut dire quoi ? ça veut dire qu'on doit être impliqué dans les efforts qui vont être menés par la communauté internationale en tout cas par un certain nombre d'États pour assurer effectivement que le pouvoir soit rendu aux Iraniens et aux Iraniens
Isabelle a extrêmement bien expliqué toutes les incertitudes qui pèsent actuellement sur ce qui va se passer là-bas mais d'après un très bon article que je vous recommande du correspondant du Monde sur place qui a des informations dans la prochaine édition apparemment Donald Trump aurait discuté pas Donald Trump mais les services américains bien évidemment qui sont sur place aurait utilisé la même méthode quand même qu'au Venezuela c'est vrai que l'Iran n'est pas le Venezuela mais il y a un certain nombre de personnes qui sont plus modérées que Ramenei avec lesquelles apparemment il y a déjà
la Rijimi par exemple non ? la Rijimi
exactement qui lui est en train de prendre la figure de l'interlocuteur alors est-ce que c'est l'équivalent de la vice-présidente au Venezuela on va voir mais de l'interlocuteur qui serait prêt à mettre un peu d'eau dans son vin à discuter avec les américains et à assurer quand même la poursuite de ce régime mais sous une version différente de celle plus douce moins totalitaire que celle qui était mise en place jusqu'à maintenant est-ce que c'est le scénario qui va arriver ?
mais ce que je veux dire c'est qu'il y a une chose qui était très frappante justement et vous l'avez dit c'est que quand il y a eu les 30 000 morts les Etats-Unis n'ont pas bougé les Etats-Unis n'ont pas bougé parce qu'ils n'étaient pas prêts je pense ils avaient encore besoin de temps c'était trop tôt et cela dit il faut dire que Donald Trump a été partie prenante de tous ces morts il a incité la population à aller se révolter etc.
et il recommence encore aujourd'hui mais la différence c'est que là ils ont l'air d'être plus préparés ils ont l'air effectivement d'avoir des interlocuteurs vous savez que quand il y a une personne qui est tuée ou qui disparaît en Iran il y en a 4 successeurs l'organisation c'est qu'il y a 4 successeurs qui sont déjà prêts à le remplacer donc est-ce qu'il y a déjà eu des échanges des discussions et est-ce que les choses vont se passer de façon moins violente ou moins radicale que ce qu'on imagine parce que l'effondrement du régime paraît extrêmement très compliqué mais est-ce qu'il y a sur place des gens pas très connus moins connus que le fils du char effectivement
mais qui sont en train de tirer les manettes de la suite c'est ça la question qui va se poser aujourd'hui on a du mal à percevoir vraiment une opposition interne ce qui est très frappant sans entrer dans les arcades c'est une évolution oui absolument mais c'est très difficile d'avoir quand on n'est pas spécialiste non bien sûr une vision très claire de la construction politique en Iran mais la presse américaine avait fait savoir la semaine dernière et c'est pour ça que le nom de Larry Jani a émergé c'est qu'il y a eu il y aurait eu un tentatif de putsch contre Ali Ramenei il y a une dizaine de jours et voyant cela Larry Jani s'était opposé au putscher putsch ou pupuch en tout cas ça avait échoué et Ali Ramenei de son vivant donc avait désigné Larry Jani comme son successeur il n'est pas religieux c'est un civil mais il l'avait désigné l'ancien président du parlement voilà est-ce qu'on peut imaginer que cet homme désigné par Ali Ramenei de son vivant puisse assurer une transition plus douce à la demande des américains bon pour l'instant l'Iran rejette toutes les tentatives toutes les propositions de négociation que Trump aurait fait il y a quelques heures en disant on peut négocier si vous voulez etc on ne sait pas donc tout est incertain jusqu'où veut aller Trump est-ce qu'il veut négocier quand même frappant d'entendre la Maison Blanche faire une proposition de négociation alors que entre guillemets Pascal Boniface il l'a dit hier soir Pascal Boniface pour rebondir non mais sur ce que dit Elisabeth
Pascal Boniface il nous reste 30 secondes est-ce que Trump est-ce que l'Iran peuvent encore négocier oui bien sûr Trump est toujours prêt à négocier il hésite toujours entre frapper et négocier mais s'il négocie pour avoir le même régime un peu moins répulsif ça ne sera pas un grand succès et donc ça sera quand même un échec pour lui bien sûr il pourra le masquer en disant qu'il a fait mi-faire en programme nucléaire iranien mais si le régime reste en place on pourra se demander tout ça pour ça merci beaucoup merci Pascal Boniface merci à tous les trois d'avoir été avec nous pour cette analyse on va évidemment y revenir longuement demain merci à tous de nous avoir suivis très bonne journée Public Sénat en partenariat avec la presse régionale vous a proposé Bonjour Chez Vous Retrouvez l'intégralité de nos podcasts sur la plateforme Public Sénat
Rachid Temal