Édouard Philippe : ce qu’on ne vous raconte jamais sur la vie d’un Premier Ministre
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 65 %Défensif 35 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:36OuverteRéponse directe
Comment est la vocation politique ? Vous préférez conduire ou être conduit ?
- 2:16OuverteRéponse directe
Vos parents étaient professeurs de français, quelles valeurs vous ont forgé ?
- 3:00OuverteRéponse directe
Quelles valeurs ou environnement familial vous ont marqué ?
- 8:28OuverteRéponse directe
Comment est venue votre vocation politique ?
- 12:01OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que le syndrome du conducteur ?
- 13:23OuverteRéponse directe
Quand avez-vous eu le déclic pour la politique ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 19:29Édouard PhilippeFait
« Emmanuel Macron quand il est en campagne en 2017, je fais pas sa campagne. Je suis pas avec lui. Je suis pas contre lui mais je suis pas avec lui. »
- 22:02Édouard PhilippeFait
« Il s'était bien gardé de me dire qu'il allait démissionner. »
- 24:28Édouard PhilippeFait
« Il possible qu'il me nomme premier ministre. »
- 32:34Édouard PhilippeFait
« Un président de la République élu le dimanche prend ses fonctions la semaine qui suit, nomme dans les 24 heures un premier ministre qui doit lui présenter un gouvernement dans les 48 heures. »
- 41:12Édouard PhilippeFait
« Quand vous prenez des décisions, vous exposez à ce qu'il y a des gens qui sont pas d'accord avec vous. »
- 52:14Édouard PhilippeFait
« Il y a pas de vie à sauver. Bah c'est c'est Notre Dame, c'est c'est pas que des pierres hein, c'est c'est autre chose. C'est la France, l'histoire de France. »
- 52:47Édouard PhilippeFait
« Le président de la République a pris une décision courageuse et puis il faut le dire. »
- 1:00:37Édouard PhilippeFait
« On a pris la décision d'imiter le nombre de personnes qui pouvaient assister au funérail d'un proche. »
- 1:02:04Édouard PhilippeFait
« Vous savez que vous allez vous tromper. C'est quand vous prenez beaucoup de décision. »
- 1:03:22Édouard PhilippeFait
« J'ai eu deux maladies autoimmunes. La première c'est le Viligo que j'avais avant d'aller à Maton mais ça se voyait pas. »
- 1:08:52Édouard PhilippeFait
« À 20 ans, bah dans la vous avez perdu tous vos cheveux, vous êtes une femme, vous avez perdu tous vos cheveux, tous vos sourcils, vous devez aller trouver du travail, vous devez trouver un logement. »
Temps de parole
- ?100 %
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Comment est la vocation politique ? Vous préférez conduire ou être conduit ? On préfère toujours conduire soi-même, je crois. Ben voilà, quand je suis à côté du conducteur, j'ai la trouille. J'ai le plaisir d'accueillir aujourd'hui pour la première fois un homme politique, en l'occurrence Édouard Philippe. Pourquoi ce choix ? Tout simplement parce que Édouard Philippe et son équipe m'ont contacté pour parler de ce que c'est que la vie d'un premier ministre, de ce mandat totalement incroyable qu'on peut vivre et de l'impact évidemment qu'on peut avoir sur sa vie personnelle et sa vie professionnelle. À la fin du déjeuner, il m'a dit "Bah écoute, dans un quart d'heure, Alexis ira sur le perron et annoncera ta nomination comme premier ministre." J'ai appelé ma femme, j'ai
appelé ma mère et j'ai oublié d'appeler mes enfants. On n pas parlé de programme, on n' pas parlé de politique, bien sûr, on est revenu sur les événements de son mandat, mais en l'occurrence, il n'a pas essayé de me vendre quelque chose et c'est ça qui a attiré mon attention. L'important, c'est est-ce que vous êtes capable de prendre des décisions ? Faut pas nier ses sentiments. Il ne faut pas les laisser vous submerger au point où vous ne pouvez plus prendre de décisions. En tout cas, moi c'est comme ça que j'essaie de faire. Dans cet épisode, on a parlé des dessous de la vie d'un premier ministre. Comment ça se passe concrètement quand on reçoit les clés de Matignon, les moments les plus fous qu'il ait vécu, les regrets qu'il a pu avoir et enfin un sujet qui me tenait
à cœur, la vocation politique. D'où vient-elle ? Comment se forget-t-elle ? Se développe-t-elle ? Est-ce que parfois on doute ? On a la trouille puis une fois qu'on se lance, on se lance au moment où je suis rentré à Matinon, j'ai arrêté d'avoir peur. C'était parti. Mais je ne vous en dis pas plus et laisse place à ma conversation avec Édouard Philippe. Et puis j'ai pris des décisions pirees que ça hein. Je croise parfois des gens qui m'en veulent encore et je les comprends. Je les comprends.
Bonjour Édouard. Bonjour Pauline. Merci 1000 fois d'avoir accepté cette invitation. Je dois vous dire que vous savez que c'est la première fois que j'accepte d'avoir une personnalité du monde politique sur le podcast. C'est un grand moment pour moi. J'espère que ça ça va pas mal se passer. Je suis sûre que ça va très bien se passer. Je n'ai aucun doute. Et d'ailleurs, pour que ça commence bien, j'aimerais revenir en arrière, si vous l'acceptez pour comprendre ce qui finalement dans votre enfance vous a forgé. Si je me trompe pas, vos parents étaient professeurs de français au Havre, vous savez ? Non, non, non, pas au Havre en fait, à Rand. J'ai je suis né à Rand. C'était un de mes rares points commun avec François Hollande et euh et euh et j'ai grandi dans la banlieue de
Rand parce que mes parents étaient étaient prof là-bas et euh mon père était originaire du Havre et ma mère était originaire de Lille. Euh mais ils se sont rencontrés à l'univers et puis ils ont fait très tôt ma sœur quand ils étaient encore à peu près étudiants tous les deux et puis ensuite moi et donc voilà donc j'ai grandi dans la banlieu de la rive droite de de Ran 10 premières années dans un quartier qu'on appelle la Grandmare et puis ensuite dans la rive gauche dans une ville qui s'appelle Grand CVI euh et voilà. Si je me trompe pas, vous avez déjà dit que vous étiez né donc bah dans ce milieu finalement plutôt humble en tout cas de professeur de français au sein d'une famille aimante si je me trompe pas. Et je voulais comprendre au-delà de ça finalement les valeurs ou cet
environnement. Qu'est-ce que vous pensez qu'il a pu vous apporter qui vous a forgé aujourd'hui ? Je sais que c'est une question très vague mais en réalité je pense que l'enfance évidemment nous apporte tellement. J'avais envie de commencer par là. Bah non, mais je comprends parce qu'on est quand même très très à la fois marqué puis je sais pas s'il faut dire conditionné parce qu'il y a des gens qui arrivent à à ne pas être totalement conditionné parce qu'ils ont vécu quand ils étaient enfants. Mais moi je l'ai été beaucoup. J'ai eu la chance de naître je vous avez raison dans une famille aimante ce qui n'a l'air de rien mais incroyable parce que moi j'ai été je n'ai jamais douté une seconde que mon père et ma mère m'aimaient et s'aimait. Bon c'est c'est extraordinaire. Ça veut
pas dire que quand je faisais des conneries euh j'en prenais pas une. Mais mais il y a toujours eu le avec ma sœur et mes parents une très profonde affection familiale assez pudique s'agissant de mon père qui était un homme qui parlait qui parlait assez peu mais mais sans qu'on ait jamais aucun doute sur le fait qu'il était extrêmement aimant avec ses enfants et avec sa et de sa femme. Et donc ça ça c'est la première chose et je je dois dire que pour moi c'était la norme quand j'étais petit. C'est quand on vit quelque chose, qu'on est enfant, bah on a l'impression que c'est ça la norme. H et je suis frappé évidemment maintenant,
j'ai 55 ans, de voir euh des personnes qui ont vécu dans un environnement familial qui n'a rien à voir avec ça. Soit parce qu'il y avait des crispions, soit parce qu'il y avait des tensions, soit parce que parfois il y avait même des détestations. Bon, moi j'ai été totalement épargné par ça. Je voyais parfois le dans la famille de mon grand-père paternel, les les parents de mon père, là c'était un milieu familial très tendu. Mais mais dans mon cercle familial immédiat avec mes parents, c'était très aimant. Alors ça c'est la première chose qui m'a beaucoup frappé. Puis la deuxième chose, c'est que mes parents ils mon père était né en 46, ma mère est née en 47, donc ils sont ils avaient 20 ans en 68. Euh et ils ont vécu cette période et elle les a marqué. Alors, ils ont jamais
été du genre gauchiste, chevelu, mais enfin ils étaient Non, mais ce qui est ce qui est très respectable, c'est pas le sujet, hein, mais ils étaient probablement pas totalement dans cette dans cette ligne là. Puis accessoirement, il venait d'avoir ma sœur euh qui est née en janvier 68 et donc en fait, il fallait il fallait quand même faire bouillonner la marmite, ce qui limite parfois les ambitions révolutionnaires pour certains et en tout cas clairement pour eux. Euh et donc mais ils ont quand même été marqués par cette période de grande liberté euh de de grands soucis d'émancipation et d'assez grande modernité, il faut bien le reconnaître. Et donc moi, j'ai grandi dans une famille où il y avait très peu de règles. Elles étaient très peu nombreuses et extrêmement strictes.
Comment ça se manifestait ? Bah quand j'étais petit, les règles qui étaient applicables dans la Alors, c'était pas dit comme ça hein. C ils m'ont pas si un contrat quand euh quand j'ai eu 5 ans, hein. Mais mais quand même hein, quand je le quand j'y repense, il y avait quelques règles très fermes. D'abord, on nait pas le droit de dire du mal de ces professeurs, jamais. Euh pas tellement parce que mes parents pensaient qu'ils étaient incritiables, mais parce que l'école était tellement au cœur du projet familial, mes parents avaient tellement la conviction que c'était grâce à l'école qu'il y avait une promotion sociale, que c'était grâce à l'école que on pouvait s'élever, que comme beaucoup de professeurs d'ailleurs hein, ils avaient incroyablement investi dans la je dirais
même pas la réussite scolaire parce que il me il me collait pas une pression de dingue mais il voulait qu'on comprenne que l'école c'était sérieux, qu'on le faisait pour nous et et donc on critiquait pas les professeurs. Mais alors vraiment jamais, ça je peux vous dire que euh un un repas euh où on aurait commencé à expliquer que la prof de math était pas possible euh là ça là ça tournait mal. Donc euh donc ça c'était la première chose. La deuxième chose la deuxème règle c'était que euh on on respectait beaucoup les livres à la maison. On avait pas la télé. Moi, j'ai je fais partie de ces rien d'exceptionnel mais dans ma génération c'était pas si courant. On avait pas la télé à la maison. Mes parents voulaient pas voir la télé et eux ils aimaient les livres. Mon père adorait les livres, ma
mère aussi. Euh et donc il y avait beaucoup de livres partout et on devait les respecter. Et euh si un jour vous mettiez un livre sur la tranche, alors là vous en preniez une là vraiment je me faisais engueuler. Donc il fait voilà ça ça se faisait pas. On respectait les livres. Ils avaient pas beaucoup d'argent. On était pas pauvre mais on était vraiment pas riche. On faisait gaffe à tout. Enfin, il faisait gaffe à tout, sauf au bouquin. Donc quand j'étais petit, euh il y avait on y avait on faisait vraiment faisait gaffe sur les dépenses. Mais typiquement, j'allais dans une librairie avec mon père, je disais "Je voudrais cette BD, je voudrais ce livre." Jamais ils m'ont dit non sur un livre, jamais. Donc il y avait il y avait ce lien particulier qu'on comprend très très tôt hein quand
on est petit avec les livres et et je dois dire que j'ai aimé lire très tôt. Euh la troisième règle c'était que euh il fallait pas trop euh raconter de craq et mentir. Euh et si j'ose dire mais ça je me rendais pas compte à l'époque par action par omission on pouvait on pouvait ne pas tout dire dans les dans les milieux pudiques. Mais en revanche, fallait pas mentir par fallait fallait pas mentir. Voilà, ça ça se faisait pas et et ça ils aimaient vraiment pas. Il y avait une qurième règle, c'est qu'il fallait pas faire trop de bruit. Ils étaient très soucieux d'un calme et d'une sérénité. et mon père met pas le le bruit les les éclats de voix les donc
donc tout ça en fait tout ça c'était une famille assez joyeuse assez aimante assez douce assez calme probablement assez intellectuelle aussi assez modeste et euh et c'est à peu près tout. Donc donc j'ai eu une enfance très heureuse. Mais alors que très très heureuse. Je me permets de vous poser la question comment est la vocation politique ? Je me suis posé cette question. Est-ce qu'il y a eu un déclic, un discours, quelque chose ? Parce que on a l'impression que vous ne veniez pas de ce monde-là. Or, je sais pas si c'est le cas, mais souvent quand même en politique les les hommes politiques aujourd'hui quand même viennent de famille où il peut y avoir un milieu sa rien en fait. J'en sais rien. Et donc dans votre cas euh Non, moi ils étaient eux pas absolument
pas alors d'abord ils étaient intéressés par la politique comme j'allais dire tout un chacun. Ils ont jamais été membres d'un parti, sauf peut-être ma mère maintenant du parti que j'ai créé. Ils ont jamais été euh euh investis syndicalement et et mes grands-parents euh non plus avec du côté de mon grand-père maternel une forme de méfiance instinctive des partis politiques et avec mon grand-père paternel une détestation personnelle très très forte du parti communiste qui qui était idéologique mais qui était aussi familial. Son père à lui était un membre du parti communiste et en fait il s'entendait très mal avec son père. Donc bon bref, passons sur l'histoire familiale. Mais euh mais mais personne ne faisait vraiment de la politique. À part, je vous dis un grand-père que j'ai pas
connu qui lui très tôt dans dans les années 20 avait été au parti communiste français. Mais je donc bon, personne dans ma famille et personne dans les amis de mes parents. Donc c'est pour moi la politique c'était un monde euh théorique d'une certaine façon. Alors comment est-ce que c'est venu ? Et ben, je sais pas très bien mais c'est venu et en fait c'est venu très tôt. C'est ça qui est bizarre. Euh je suis né en 70, je me souviens de la victoire de Mitteran en 81. J'avais 10 ans et je me souviens en fait c'est ma première enfin ma première campagne évidement je l'ai pas faite, j'y comprenais rien mais mais je me souviens du côté de ma famille maternelle qui était plutôt euh un peu bourgeoise et un peu de droite de
l'espèce de de grande angoisse euh à la à à la à la la perspective de voir le la l'union de la gauche communiste et socialiste l'emporter. Je me souviens que mes parents étaient plutôt contents parce qu'ils étaient dans un milieu prof et que au fond, je crois qu'ils étaient assez à l'aise avec ça. Euh donc voilà, j'ai 10 ans en mai 81 et voilà, je je Ah très bien, il se passe quelque chose. Euh ensuite ensuite ce qui est sûr, c'est que j'ai dès le début de ma vie aimé l'histoire. Hm. Que j'étais un petit garçon qui aimait l'histoire, qui aimait les livres d'histoire. Euh j'ai adoré l'histoire et je pense que j'ai très vite pris la politique comme l'histoire en train de se faire. Ce qui est d'ailleurs très réducteur sur
l'histoire he passé parce que l'histoire c'est bien d'autre chose que de la politique mais enfin j'ai je ça j'ai toujours été fasciné par l'histoire et je pense que si je suis venu à la politique c'est par une grande fascination pour l'histoire pour les personnages historiques, pour les enchaînements historiques, pour les transformations historiques. Donc je pense que c'est venu de là pour l'essentiel. Euh et puis euh et puis c'est venu progressivement et je me suis intéressé à la politique bien avant de me dire que je voulais en faire. Hm. C'était un peu comme l'histoire. Vous vous intéressez à l'histoire, vous dites pas que vous allez la faire. Donc euh donc voilà. Donc je pense que c'est un c'est d'abord un intérêt intellectuel qui s'est ensuite complété par ce que
j'appelle le syndrome du conducteur. Alors qu'est-ce que c'est ? Bah c'est-à-dire que vous conduisez. Oui. Vous préférez conduire ou être conduit ? On préfère toujours conduire soi-même, je crois. Bah voilà. Moi quand je suis à côté du conducteur, j'ai la trouille. H enfin j'ai la trouille, j'ai pas la trouille mais je je suis jamais complètement à l'aise. Et je j'appelle ça le syndrome du conducteur, c'est que je préfère avoir le le mains sur le volant. Et euh et donc je me suis dit c'est pas une ambition de commandement, mais je me suis dit j'ai envie euh assez vite euh à la fois de euh de travailler pour mon pays. Avant vouloir faire la politique, j'ai voulu être fonctionnaire parce que ça ça m'intéressait de servir mon pays comme ça. Peut-être d'ailleurs que je me
rendais pas compte qu'il y avait plein d'autres façons de le servir quand j'ai décidé de faire mes études. Mais euh mais voilà. Et puis ensuite, je me suis dit que euh c'était formidable de d'appliquer euh euh les réglementations euh voilà, mais que j'avais envie de prendre des décisions et de participer à la prise de décision. Et je pense que c'est venu comme ça progressivement. Ça a pris des années et puis je euh donc c'est une espèce de fascination pour le débat public et pour l'histoire, pour le débat public, puis ensuite de participer au débat public, puis ensuite de participer à la décision publique. C'est venu progressivement. Je saurais pas vous dire si quand même je saurais dire le moment où je me suis dit bah tiens, il va peut-être falloir que j'en fasse.
J'allais vous poser la question. C'était c'était euh c'était c'était dans l'Aud et c'était en 80 quand j'ai travaillé dans l'O c'était en 95. Euh oui, à la fin de l'année 95, je faisais mon stage de Lena et euh et j'étais à la préfecture de l'Aude. Et le préfet m'avait envoyé dans une réunion euh dont il m'avait dit "Edouard, vous allez voir, ça va être un peu sportif." Et de fait, c'est une réunion où où j'allais représenter le préfet, il y avait des maires et ça parlait rentrée scolaire et ça parlait rythme scolaire déjà et et je crois qu'ils étaient tous assez remontés. euh à cause d'une décision qui avait été
prise et franchement je me souviens plus laquelle. Bref, j'étais dans cette salle qui était une petite salle, il y avait 40 personnes ou 30 personnes même, mais un peu chaude, un peu un peu dur. Et et l'idée c'était comment est-ce qu'on prend cette salle et qu'on la non pas la retourne, mais que on essaie de d'expliquer des choses qui sont pour le coup d'une décision publique. J'ai adoré ça, adoré ça. Je me suis rendu compte que euh j'y arrivais à peu près et et voilà. Et je m'en souviens très bien, j'aurais pu complètement oublier cet événement, mais je m'en souviens très bien parce que euh je l'ai raconté ensuite à quelqu'un en me disant "C'est incroyable et c'est ce quelqu'un qui m'a dit "Ben ça veut peut-être dire qu'un jour tu feras de la politique." Hm. C'est marrant.
Vous avez eu peur avant de vous lancer en politique en vous disant "Mais en fait l'implication personnelle, elle est elle est quand même énorme." Enfin, non, j'ai Non, je crois pas avoir eu peur parce que en fait, j'ai commencé la politique au niveau local. Euh j'ai commencé la politique au Havre. Ma première campagne électorale, c'était avec c'est une campagne municipale en 2001. Donc j'avais 30 ans. J'étais pas marié à l'époque, j'avais pas d'enfant. Euh j'avais un métier que j'aimais. J'avais envie de faire de la politique, j'avais envie d'en faire au Havre. Euh je m'étais posé la question de savoir si j'en faisais à Lille ou au Hav parce que le HAV c'était la famille de mon père, Lille c'était la famille de ma mère et j'aimais beaucoup ces deux villes. Euh puis j'avais choisi le Havre
et puis le maire du Havre de l'époque Antoine Rufnac que je venais de rencontrer m'avait dit "Mais venez faire de la politique avec moi, on va voir si vous aimez ça vraiment." Et je me suis pas du tout dit "Je renonce à quoi que ce soit ou ça va être très compliqué." Je voyais bien que matériellement ça pouvait être compliqué parce qu'à l'époque j'avais un job à Paris et que je m'engageais au Havre. Donc ça voulait dire que j'allais faire des allers-retours mais enfin vous savez des allers-retours entre leavre et Paris tout le monde enfin tout le monde il y a plein de gens qui en font de façon très régulière puis des allers-retours entre Paris et puis une autre ville c'est quand même assez euh dans une dans une vie professionnelle c'est pas très original en fait.
Donc je m'étais dit bah je je voilà donc non j'ai pas du tout eu en me lançant le sentiment de me mettre en déséquilibre ou de prendre un risque ou de renoncer à quelque chose. Au contraire je me suis dit c'est formidable c'est une expérience de dingue. On va voir si ça marche. Bon et avec le recul est-ce que vous aviez raison ? Ah bah avec le recul, je regrette pas, je peux vous dire parce que j'ai adoré ça et j'adore ça et la politique locale c'est un c'est un c'est extraordinaire quand on aime sa ville en définition quand on s'engage chez soi c'est qu'on aime sa ville. Enfin ou alors vraiment faut être tordu mais mais mais bon moi je j'aimais cette ville. C'était la ville où j'avais grandi, la ville de mon grand-père, la ville de mon père. J'avais des souvenirs d'enfants.
J'avais des des des espèces de fascinations et parfois aussi d'ailleurs des critiques très fortes sur la ville. Euh parce que bizarre le quand j'étais petit hein, c'est c'est une drôle de ville hein. Et euh et mais l'idée l'idée de euh être élu dans sa ville et puis essayer de la transformer, essayer d'apporter des réponses concrètes aux gens, essayer de la moderniser, essayer de la rendre plus attractive, c'est extraordinaire. C'est J'ai fait plein de métiers très différents. J'ai été j'ai été juge, j'ai été avocat, j'ai j'ai vraiment fait j'ai été premier ministre, j'étais député. C'est pas vraiment des métiers mais c'est des mandats où on peut essayer de transformer la réalité, de changer les choses. J'ai travaillé dans une entreprise industrielle. Bon,
il y a aucun autre aucune autre activité professionnelle entre guillemets qu'il m'a été donné d'exercer qui est plus complète ou plus satisfaisante que que celle de mère d'une d'une ville qu'on aime et d'une ville comme le Havre. Vraiment. Et le plus difficile quand on est mère ? Non, le plus difficile entre toutes ces activités. Ah, le plus difficile. Ah non, ça a pas été le Non, je crois pas que c'est Je dis pas que c'est facile, mais c'est pas le plus difficile. Bon, mon premier ministre, c'est quand même euh c'est c'est extraordinaire. Il faut pas s'en plaindre. D'ailleurs, les les gens qui s'en plaignent en vous en vous disant que vraiment Mathid enfer, j'ai jamais pensé ça. C'est c'est formidable. C'est une chance extraordinaire. C'est c'est un moment.
On sait que c'est un moment mais on sait que c'est un moment extraordinaire. Euh non, le Non, c'est pas le c'est pas le plus difficile mais je en fait quel que soit son métier, c'est difficile de le faire bien. C'est vrai. Donc un bon juge, un bon avocat, un bon député, un bon maire, un un bon directeur des affaires publiques, d'une boîte industrielle, euh c'est jamais totalement simple. Et donc euh mais je crois pas que je non je crois pas que ce mère le job le plus difficile que j'ai pu avoir. Alors le 15 mai 2017 justement Emmanuel Macron vous nomme premier ministre mais avant cela, si je me trompe pas votre nom a circulé pendant une bonne quinzaine de jours en réalité pour le
poste. J'aimerais comprendre qu'est-ce que vous ressentez à ce moment-là quand bah vous sentez que ça va peut-être se faire mais vous êtes pas sûr. C'est une situation assez inconfortable j'imagine. Ouais, j'imagine que toutes les personnes qui sont approchées un jour pour peut-être devenir premier ministre vivent ça de façon un peu similaire mais un peu différente. Moi, c'était très bizarre parce que c'était pas du tout écrit. Ça avait même un côté totalement extravagant l'idée de me nommer premier ministre. Euh pourquoi ? Parce que Emmanuel Macron quand il est en campagne en 2017, je fais pas sa campagne. Je suis pas avec lui. Je suis pas contre lui mais je suis pas avec lui. Je le connais peu. Euh et moi j'avais fait la campagne au
primaire de d'Alain Jupé. Puis ensuite bah comme Alain Jupeté avait perdu la primaire, j'avais fait ce que tout le monde s'était engagé à faire, c'est-à-dire raller François Fillon. Puis François Fill on dit que il sera pas candidat s'il est mis en examen. Puis il est mis en examen puis il dit qu'il est quand même candidat et puis tout ça part en sucette. Bon donc moi je je me retire de sa campagne et puis et puis voilà. Je sais pas ce que je vais faire ensuite. Je suis maire du Havre. Je sais que je je vais rester maire du Havre et que je veux pas me représenter à la à la députation. Bon et puis euh arrive le premier tour de l'élection présidentielle. Il y a de semaines, vous savez, entre le 1er et le deuxème tour de l'élection présidentielle, arrive le premier tour
de l'élection présidentielle et Emmanuel Macron est qualifié contre Marine Le Pen au 2e tour de l'élection présidentielle. Et moi, je dis à l'époque, je suis je suis maire d'une d'une grande ville française, donc qui doit être la 13e ou 14e ville de France et député mais personne me connaît. Tout le monde me connaît mais en France peut-être un peu dans la classe politique et encore personne me connaît vraiment. Euh je dis euh publiquement à la télévision euh le dimanche soir, je suis dans mon bureau AR où j'ai fait les résultats du premier tour. Je dis que non seulement euh il faut euh soutenir Emmanuel Macron euh pour le 2e tour mais qu'en plus il faut l'aider parce que bah il a élu, il faut l'aider. Bon je dis ça, j'ai conscience que je dis quelque chose
qui va un peu au-delà de ce que dit mon parti mais mais j'ai pas l'impression d'aller très très loin quand même en disant ça. Et le président de la République, enfin pas le président de la République mais Emmanuel Macron, il est pas encore président. Euh le lendemain, je reçois un coup de fil de son secrétariat euh et il me dit son secrétaire Emmanuel Macron, il aimerait vous rencontrer. Ah bon ? Très bien. Donc je vais le voir. Je l'avais vu dans ma vie trois fois avant. Ouais. Donc vous étiez pas du tout proche quoi. Ah pas du tout. Non. Je l'avais vu une fois en 2010 ou 2011 dans un dîner à Paris où on avait d'ailleurs pas beaucoup parlé ensemble mais où je m'étais dit il a l'air sympa, il est intelligent, enfin mais mais bon voyez comme comme ça arrive de croiser des gens qu'on connaît
pas et qu'on trouve bien un dîner puis on les revoit pas ensuite. Je l'avais vu une deuxième fois en 2014 au moment où il était euh sur le point de devenir ministre de l'économie, mais il savait pas qu'il allait devenir ministre de l'économie. Donc je l'avais croisé dans la rue et il m'avait dit bah déjeunerons ensemble un jour. Moi, j'étais député maire du Hav. Donc, on déjeûne, on avait déjeuné ensemble et à l'époque il savait pas qu'il allait être nom ministre de l'économie et il s'apprêtait à partir enseigner à l'étranger ou je sais pas quoi. Bon, et donc on avait parlé de politique de façon très générale et on avait passé un déjeuner sympa. Et la troisème fois que je l'avais vu, il était ministre de l'économie. C'était de jours avant sa démission parce qu'il allait se lancer dans sa
campagne. Il s'était bien gardé de me dire qu'il allait démissionner. et j'étais venu lui parler de d'usine d'éolienne au Havre parce que je voulais que le gouvernement prenne des décisions qui nous permettaient de garantir le fait qu'on allait construire ses usines chez moi au Havre. Bref, donc je connaissais pas, j'avais vu trois fois, je évidemment je suivais ce qu'il avait fait mais on peut pas dire qu'on se connaissait. On peut pas dire qu'on était allié politique parce qu'on l'était pas. Euh bon même j'avais dans ma dans dans ma grande naïveté ou dans ma grande dans mon grand enthousiasme, moi je m'étais dit si si par extraordinaire Alain Jupé gagne la présidentielle, il faudrait comme il faudra élargir le champ politique devrait lui proposer de devenir premier
ministre. Bref, je connaissais pas. Arrive ce premier rendez-vous après le premier tour où il me pose plein de questions sur qu'est-ce que la droite va faire, comment ça va se passer. Bon, je lui raconte, je sais pas très bien ce que mais je constate qu'elle est un foutue de savoir s'il faut dire qu'il faut voter pour lui ou pour madame Le Pen, ce qui ce qui me gêne parce que moi je pense qu'il y a pas d'hésitation à voir et qu'il faut le dire clairement. Et puis on parle et puis puis je m'envais et puis je me dis bah c'est sympa, j'ai parlé une heure à quelqu'un qui a une bonne chance de devenir président de la République. Je trouve ça plutôt marrant et le type est sympa. Le type pardon, je dis le type maintenant il est président mais à l'époque je disis le type le type est sympa. Très
bien. Et à aucun moment à ce moment-là rien du tout. Je ne me même pas j'imagine une seconde. Mais mais bien sûr que non. Et puis j'ai reçu un deuxième coup de fil quelques jours après. Il me dit "Ah j'ai oublié de vous parler de deux ou trois trucs, j'aimerais bien enfin c'est c'est son secrétariat qui me dit ça. Voà tant que j'y retourne làà je me dis quand même et puis là on commence à parler, on est tous les deux, on est dans son bureau de campagne et on commence à parler et il m'interroge sur mais alors comment est-ce que vous voyez ça ? Enfin comment est-ce que tu vois ça ? Parce qu'on se tue toi. Comment est-ce que tu vois ça ? Comment est-ce que tu envisages ça ? Puis c'est à ton avis le dans la construction gouvernementale, est-ce que tu penses que ça ça relève de
et puis bon, je suis pas non plus totalement je me dis c'est bizarre ça. C'est c'est des questions qu'on qu'on évoque avec quelqu'un qui pourrait être pressenti pour être premier ministre. Je me dis mais mais ça n'existe pas. Je dire c'est ou alors il il me pose ces questions-là, il se dit que je vais en parler et je vais servir de lièvre et il est en train de parler avec trois autres personnes qui sont elles peut-être plus expérimenté que moi ou peut-être plus vous êtes en train de vous faire tout un montage. Voilà. Bon mais quand même je c'est bizarre ça qui passe 2 heures avec moi, tu as deux fois une heure avec moi alors qu'il est entre les deux tours présidentielles et franchement il a autre chose à faire. Peut-être que il m'envisage sur un poste
de ministre. Peut-être même qu'il se dit "Mais c'est pas possible, il doit y en avoir un autre, il doit être en train de parler avec Xavier Bertrand, il doit être en train de parler avec je ne sais qui d'autre." Et puis troisème coup de fil he quand même hein. Euh et cette fois-ci euh le le le la discussion se poursuit et puis d'ailleurs il me demande de voir celui qu'il nommera ensuite secrétaire général de l'Élysée Alexis Colère que je connais bien c'est un un vieux camarade qui me dit non non il faut quand même que tu il bon bref je passe parce que c'est long. Euh il y a un moment au bout de du 3ème rendez-vous, je me dis il il possible qu'il me nomme premier ministre. Bah la question initiale avant faire beaucoup de c'était qu'est-ce que je ressens ? Franchement à ce moment-là
une sacrée angoisse. Pourquoi ? Et même j'allais vous dire bah vous verrez quand on vous proposera. Euh et si on vous propose, dites oui, c'est extraordinaire mais vous allez avoir des sacrés angoisses parce que la la tâche est incroyablement difficile parce que sauf les dingues qui pensent que par nature ils ont été faits pour être les seigneurs de la terre, toute personne raisonnable doit se dire est-ce que je vais être à la hauteur ? Euh donc je commence à me dire "Mais qu'est-ce que ça veut dire pour le pays ? Qu'est-ce que ça veut dire pour moi ? Qu'est-ce que ça veut dire pour ma famille ? Qu'est-ce que ça veut dire pour est-ce que est-ce que je comment je vous voyez, il y a un côté w Bon et lui Emmanuel Macron ne m'en a jamais
parlé explicitement jusque sa prise officielle de fonction, c'est-à-dire une semaine après le deuxème tour où il m'invite à déjeuner à Paris. Alors là, mon nom commençait à circuler. H et il m'invite à déjeuner à l'Élysée en déjeune. Voilà. Et à la fin du déjeuner, il m'a dit "Bah écoute, dans un quart d'heure, Alexis ira sur le Pon et annoncera ta nomination comme premier ministre." Alors là, j'ai appelé ma femme, j'ai appelé ma mère et et j'ai oublié d'appeler mes enfants qui l'ont appris qui l'ont appris à l'école et par la presse qui m'envent encore qui m'envolent gentiment mais qui me qui me vanent encore sur le fait que quand même il j'aurais pu les prévenir. Et comment ça se passe du du jour au
lendemain ? Vous êtes premier ministre quasiment. Ah bah oui oui, c'est ça enfin pas du jour au lendemain. Oui oui du jour au lendemain. Oui. C'estàd qu'à partir du moment où le où votre nomination est annoncée vous avez le le la charge du gouvernement qui vous qui vous saisit. Donc vous avez le dispositif de protection d'abord qui vous prend. C'est la première la première transformation physique du truc. C'est ça. Donc tout d'un coup un service de sécurité qui arrive qui vous que vous moi j'en avais jamais eu. Je savais pas ce que ça voulait dire. Enfin je savais pas ce que je voulais vous dire. J'avais vu autour de Jupé mais je l'avais pas vu autour d'un premier ministre. C'est massif autour d'un premier ministre. Et combien de personnes autour d' Enfin bon dévoilé des secrets mais c'est
au total Ouais au total le service de protection du premier ministre c'est oui c'est 55 personnes. Alors ils sont pas 55 tout le temps en permanence avec vous. Oui. Heureusement d'ailleurs. Mais mais en rotation oui il y a jusqu'à 55 personnes pour le Oui. Donc vous n'êtes plus libre de plus et un peu plus parce que il y a des compagnies de CRS qui parfois accompagnent les défens. être plus libre de vos mouvements. Bah si si on peut pas en parler après, mais c'est bon. Si si, il faut rester libre de ces mouvements. Mais disons que vos mouvements sont il y a du monde autour de vous, mais il faut rester libre de ces mouvements. C'est c'est c'est même vachement important si vous voulez continuer à utiliser les forces de rappel et continuer à avoir une vie non pas
normale parce qu'elle est pas normale mais mais qui n'est pas non plus totalement anormale et totalement bullesque hein si j'ose dire. Euh il faut continuer à à avoir des gens, il faut continuer à à avoir des choses qui vous ramènent Ouais. qui vous ramène à à une forme de normalité. H bon bref, tout ça pour dire que quand vous êtes nommé premier ministre, ouais bah ça s'abat sur vous et en fait toute l'angoisse que j'ai eu avant et elle a été assez considérable, j'ai perdu du poids là. J'ai je je recommande toujours ça aux gens qui se disent c'est si vous acceptez de l'amist, vous allez perdre du poids au début. Et et au moment où vous arrivez à Maton, enfin en tout cas je sais pas si c'est une règle mais au moment où moi je suis arrivé à Maton, vraiment j'ai franchi la porte.
Il y avait Bernard Casneuve qui m'attendait sur le ponron que je connais bien et que j'aime beaucoup. Il est socialiste. Je suis pas socialiste, mais il était maire de Cherbourg quand moi j'étais maire du Havre. On se connaissait. J'avais beaucoup de respect. J'ai toujours un immense respect pour lui et beaucoup d'affection et de l'amitié, je peux le dire. Et donc le fait que ce soit lui et pas quelqu'un avec qui j'aurais des relations difficiles et tout ça. Bon, je suis arrivé, la passation s'est fait. Au moment où je suis rentré à Matinon, j'ai arrêté d'avoir peur, c'était parti. Et en fait c'est le track hein. Enfin je on peut dire le track, on peut dire l'angoisse des responsabilis, j'en sais rien. Mais mais c'est ça c'estàd que il y a une belle phrase tu trembles
carcasse tu trembles encore plus si tu savais où je t'emmène avant la bataille entre guillemets. On a la trouille bien sûr. Puis une fois qu'on se lance on se lance on a plus de temps façon. Bien sûr. Qu'est-ce qui qu'est-ce qui se passe quand vous arrivez ? Donc vous faites cette passation et en fait ce que je trouve assez étonnant c'est vraiment ce changement de vie. Enfin même si vous étiez déjà dans le monde politique mais tout d'un coup vous êtes nommé, vous la prenez quasiment sur le coup, vous arrivez, il y a le passage de relais. Alors, vous en doutiez un petit peu, j'ai compris mais je trouve quand même que donc j'ai compris l'angoisse part, mais qu'est-ce qu'on fait concrètement quand on arrive qu'on a ce bureau comme ça ? On sert la main de Bernard Casneu qu'est-ce qui se passe
? Bernard Bernard m'a accueilli très gentiment dans ce qui était son bureau et ce qui allait devenir le meilleur. Il y avait rien enfin il y avait des meubles bien sûr et pas un papier, il y avait rien. Pas un livre, pas un papier, pas un dossier, il y a rien. C'est c'est fait exprès sans doute euh bah en tout cas c'était comme ça. Mais mais c'est fait exprès d'ailleurs. C'est fait exprès. Bon et donc il y a rien. Et lui a été très gentil. Il m'a dit alors il m'a dit euh il m'a dit euh il y a une partie de choses. Pas deux trois conseils quand même quand on se sert la main. Non pas vraiment. il m' il m'a souhaité bon courage. Il m'a parlé de quelques dossiers euh dont j'ai pas le droit de parler ici parce que il y a un certain nombre de dossiers lié à des choses qui
sont discrètes voir secrètes qu'on se passe de premier ministre en premier ministre en fonction de l'actualité. Voilà. Euh et puis mais très peu et puis vraiment très très peu et puis euh et puis on a une discussion sur la situation politique sur les législative qui suivrai sur et puis euh et puis voilà hein, je l'ai raccompagné, on a fait nos discours et il est parti et là je remonte dans mon bureau et il y a plus rien dans mon bureau. Il y a vraiment rien dans mon bureau. J'ai avec moi un directeur de cabinet parce que je j'avais déjà recruté mon directeur de cabinet parce que je savais que si ça se faisait, je voulais que ça se fasse avec lui. Il y avait deux trois personnes qui sont venues m'aider parce que je les connaissais, ils étaient très compétents et je savais que
ils allaient me filer un coup de main. Et puis euh et puis le le premier truc, alors on vous dit plein de choses sur euh euh sur quelques règles qu'il faut respecter. Vous voyez le chef du cabinet militaire, le secrétaire général du gouvernement, enfin bon bref. Et puis et puis premier 20h h tfin 20h. C'est la première fois que j'y allais moi. Ah oui non mais donc c'était mon premier 20h. Vous vous dites dans le premier 20h qu'est-ce que je vais raconter ? Bah le track revient peut-être un petit peu à ce momentlà. Non non non non, il est parti ensuite et et voilà. Et la première chose que vous devez faire et vraiment c'est la première chose que vous devez faire vous devez composer un gouvernement. Bah c'est ça parce que aussi longtemps que vous avez pas proposé au président de la
République un gouvernement vous êtes tout seul. Hmm. Oui, vous vous devez créer votre équipe. C'est drôle, je fais un petit parallèle avec le monde de l'entreprise que je connais mieux. Bah, un nouveau CEO qui arrive dans une entreprise euh en reprise ou peu importe. Bon bah première chose euh l'équipe. Alors parfois il y a une équipe existante, parfois non. Mais euh c'est mais la comparaison la comparaison est très cruelle parce que s'il fallait définir la façon dont se passe une transition gouvernementale, il y a un truc qui est sûr, c'est qu'on ferait pas comme ça. Hm. Imagine Non mais c'est complètement c'est c'est complètement dingue. C'est d'ailleurs un vrai problème que pour le coup les Américains ont réglé mieux que nous euh parce que ils l'ont fait à un
moment où on pouvait pas faire autrement. Euh mais l'idée de dire qu'un président de la République élu le dimanche prend ses fonctions la semaine qui suit, nomme dans les 24 heures un premier ministre qui doit lui présenter un gouvernement dans les 48 heures. Il y a un côté le roi est mort, vive le roi. Euh il y a un côté continuité de l'État. comprend très bien mais c'est complètement crétin h il y a pas un un si on prend et la comparaison est pas bonne imaginez qu'on prenne la comparaison d'un d'un premier ministre qui est un qui est un patron de boîte encore une fois c'est assez différent mais bon imaginez qu'on prenne ça et des ministres qui sont son comité exécutif c'est même pas son bord he c'est c'est son comité exécutif
il y a pas un patron qui choisirait son comex en 48 he sans connaître toujours très bien les gens sans vérifier plein de choses sur eux et vous n'avez pas les moyens de faire ça. Vous pouvez pas vérifier des choses sur les gens parce que d'abord vous n' avez pas le temps. Ensuite d'ailleurs accellent vous n'avez pas forcément le droit. H euh donc les règles de constitution d'un usages de constitution d'un gouvernement et en plus je vous raconte pas les contraintes. Vous devez définir une équipe de 20 personnes parce qu'en général le premier gouvernement que vous faites, vous essayez de le faire resserrer. Disons une vingtaine de personnes. Si vous additionnez toutes les contraintes que vous devez respecter en en si peu de temps, vous vous mettez toutes les chances de votre côté pour
vous planter, hein. Vous devez avoir évidemment et c'est normal, une parité. C'est c'est pas écrit dans la Constitution, mais enfin ça me paraît bonne politique aujourd'hui. Vous devez faire attention aux compétences, aux équilibres politiques, les vieux, les jeunes, les Parisiens, les provinciaux, euh les les politiques, les sociétés civiles. Donc vous vous avez un nombre de contraintes que vous devez marier en très peu de temps et on peut pas faire abstraction de ces libertés de de ces contraintes. Compliqué. C'est-à-dire bah c'est-à-dire prendre 3 mois pour faire un gouvernement. Ouais. Par exemple, ce serait super. Mais vous pouvez pas rester 3 mois en l'air. Il y a des décisions à prendre. Il y a une rectificative du budget préparé. Il y a une élection législative qui vient. Vous
êtes obligé d'avoir un gouvernement. C'est franchement c'est compliqué de gérer. Alors et puis vous pouvez pas demander aux précédents de rester. Les précédents, ils ont été battus. Euh vous pouvez pas leur dire les gars pendant 3 mois, vous faites comme si tout allait bien, ça marche pas. et vous pouvez difficilement vous vous exonérer de toutes les règles que je viens d'évoquer. Donc vous êtes obligé de proposer au président de la République et d'y travailler avec lui un gouvernement très vite dans des conditions dont moi je considère que elles sont pas géniales. Et franchement si on faisait les choses aujourd'hui, moi j'adorais un système dans lequel le président est élu en mai et il prend ses fonctions en septembre et entre mai et septembre il a le temps un de se reposer
de décompresser après une élection présidentielle qui est hyper usante hyper fatigante. Je dis pas que il doit prendre pr de vacances mais franchement une semaine ça fait pas de mal hein. Deux semaines ça fait pas de mal avant de repartir. Il aurait le temps de consulter beaucoup plus lentement et dans les conditions où on sait que c'est lui qui va devenir les partenaires sociaux, les chefs d'état étrangers, enfin plein de gens. Il aurait le temps de constituer ses équipes, de donner des mots d'ordre pour b début septembre commencer et commencer not. Mais le système fonctionne pas comme ça et il faut faire avec le système tel qu'il fonctionne parce que ce serait très compliqué de faire en sorte qu'il puisse fonctionner autrement sur ces sur ces sujets.
Ce qui explique peut-être pourquoi les 100 premiers jours des des des nouveaux présidents sont souvent euh bon alors on sait qu'on commence toujours avec une bonne côte et assez souvent quand même c'est difficile. Ils sont les 100 premiers jours sont extrêmement bon sont symboliquement et politiquement très importants. Par définition comme c'est les 100 premiers, c'est les 100 où on a le moins d'expérience. Euh donc où ce qu'on fait est susceptible d'être le plus vu alors ou en tout cas de d'imprimer alors même que c'est pour ça qu'il faut arriver bien préparer ce qui est une cageur mais ce qui est indispensable. Alors bien préparer, ça veut dire bien préparer à avoir dans sa tête l'idée de ce que c'est qu'être président de la République ou l'idée de ce que c'est qu'être
premier ministre ministre et puis et puis d'avoir bien préparé le fond pour avoir déjà des textes ou déjà des des éléments ou déjà des noms qui permettent de pas perdre de temps au début et de pas se retrouver écrasé par le nombre de choses à faire qui qui sont objectivement très nombreuses en très très peu de temps. Qu'est-ce qui vous a le plus surpris dans ces dans cette première période quand vous êtes devenu premier ministre ? Bah la première chose qui m'a surprise, c'est que dans un ministère normalement géré, lorsque le ministre s'en va et qu'un nouveau ministre arrive, il y a ce qu'on appelle le dossier ministre. C'est un peu techno hein, mais le dossier ministre, c'est jamais que un dossier où on où où en fait l'administration a préparé
une des notes sur tous les sujets qui sont là, hein. Le gouvernement a peut-être changé, les restent, les sujets, ils sont là. Donc qu'est-ce qu'on fait sur tel truc ? Voilà telle négociation qui est en cours, voilà tel dossier qui est en cours. Euh bon ouais une autre ministre qui qui est un petit peu le pas du tout le passage de témoins de l'un à l'autre parce que c'est mais mais la présentation des sujets dans leur forme la plus précise possible tel qu'ils sont au moment où le ministre arrive. Bah il y a pas ça à Matilan. à Matillon, il y a rien. Et comme il y a pas de ministre nommé puisque par Difien, vous pouvez même assez difficilement appeler le ministre des finances qui en lui disant dit, j'aimerais bien une note pour savoir exactement où est-ce qu'on
en est de la gestion de la dette. Oui, il y a personne. Alors, il y a des directeurs donc vous pouvez les appeler tout ça, mais vous voyez ce que je veux dire. Vous êtes un peu comme si comme si comme si la continuité de l'État en fait, elle avait un petit OK au moment où on où on passait le pouvoir. C'est c'est ça m'a surpris à l'époque. Ça m'a vachement surpris à l'époque. Bon voilà. et le regard, le comportement peut-être aussi des personnes de votre entourage, vos amis, collègues, anciens collègues quand vous passez, vous l'avez dit vous-même en fait de maire du Havre avec finalement assez peu de notoriété nationale. Tout d'un coup, le JT le 20h et là tout le monde vous connaît, tout le monde connaît votre nom et votre
visage. Est-ce que vous avez vu concrètement ça arrive pas tout de suite, vous savez même quand vous faites un 20h et que vous êtes nommé premier ministre pendant 3 qu semaines les gens ils savent pas forcément votre nom. D'ailleurs, moi au début j'ai eu plein de reportages télé radio et les mecs quotidien il enf je sais pas si ça s'appelait quotidien à l'époque mais je crois que s'appelait quotidien à l'époque. Euh il se marrait, il faisait des reportages et vous voyez des gens dis "Ah c'est qui là-bas ? Ah bah c'est le premier ministre, comment il s'appelle ? Oh Gérard Philippe je crois. Non je crois que c'est Louis Philippe. Enfin bon bref. Donc euh au début euh ça prend un petit peu de temps, ça prend plus de temps que ce qu'on croit de d'être ancré dans l'imaginaire d'être
ancré euh je sais pas si dans l'imaginaire mais enfin dans la dans la dans la conscience ça c'est sûr. Euh donc moi au début nationalement personne me connaissait. Alors en fait, j'avais j'avais vécu ça un petit peu au parce que quand je suis devenu maire dans une ville, le maire on le connaît et enfin dans une en tout cas je peux dire que dans une ville on le connaît. Donc j'avais vu le regard des gens qui quand il me croise alors quand il me croisait en costard cravat la mairie, il savait bien que c'était moi le maire. Donc il il quand j'allais faire mes courses en jean ou en chemise euh regarder est-ce que c'est est-ce que c'est lui ? Ouais c'est lui. Bon donc on voit le regard interrogatif. Bon on voit les gens qui observent. Alors c'est bah on s'y fait quoi. Il y a
il y a plein de moments où c'est pas gênant, où ça fait partie du truc. Il y a des moments un peu bizarres quoi quand vous allez acheter quand vous allez acheter votre PQ au Carrefour et que que les gens Bah oui oui, vous savez ça m'arrive aussi moi j'en ai besoin. Et euh bon bref euh je sais pas pourquoi je vous raconte ça. Donc le regard des gens, j'avais vu ce que ça donnait. Euh h quand vous êtes à Matillon, c'est un regard un peu différent parce que quand vous êtes mère, vous êtes tout seul. Quand vous êtes à Maton et que vous vous promenez dans la rue, il y a du monde autour de vous. C'est rare d'être tout seul. Enfin, c'est d'ailleurs ça n'arrive pas. Vous avez au minimum quelques officiers de sécurité autour de vous. Ils sont discrets, il enfin c'est
quand même en général des types assez baraqués, ça se voit quoi. Et et donc bah les gens vous regardent, ils vous regardent tout le temps quoi. Vous apprenez à vivre avec ça euh avec de la curiosité, avec parfois de la gentillesse, avec parfois pas de gentillesse et beaucoup de beaucoup de de véhém. parfois de la colère. Bon ben enfin ça c'est la vie hein. Je me doutais bien que ça arriverait. Enfin je dire si si j'avais voulu vivre un incognito, j'aurais pas choisi de faire de la politique quoi. C'est ça. Et comment vous vivez la critique ? Bah là aussi, je vais vous dire si je si je vivais mal la le fait d'être critiqué, j'aurais fait autre chose parce que vous savez assez vite quand vous faites de la politique, mais enfin vous avez pas besoin d'en faire pour le
savoir que par définition en fait quand vous prenez des décisions et c'est pas propre à la vie politique, c'est vrai dans l'entreprise, c'est vrai dans bah quand vous prenez des décisions, vous exposez à ce qu'il y a des gens qui sont pas d'accord avec vous et c'est bien naturel. Donc je maintenant il y a une certaine véhémance quand même qui est plus forte je trouve dans j'ai l'impression enfin oui ou enthousiasme aussi parce que ça existe. Oui si je vous assure. Et franchement d'ailleurs euh mais mais bon donc vous y attendez. Comment est-ce que vous vivez avec ça ? Bah ça ça en fait en fait c'est très variable. Il y a mais ça vous attend mais ça dépend. Euh vous vivez avec les insultes permanentes dans les réseaux sociaux. C'est ça. Sur les réseaux sociaux, si je poste
quelque chose ou si quelqu'un imposte quelque chose que je reposte, c'est immédiatement un un vomi de insultes, de critiques. Euh alors, il y a parfois des critiques qui sont qui sont qui sont toutes les critiques ne sont pas insultantes oues. Il y a parfois des critiques qui sont il dit ça mais je suis pas d'accord avec lui mais enfin dans l'ensemble allez voir allez voir un un un tweet quel qu'il soit vous verrez en dessous euh une une collection de de trucs qui sont très très durs, très très méchants. Alors là c'est assez facile. Il suffit de ne jamais regarder les commentaires. Et d'ailleurs, je recommande vivement à tout regarder jamais les commentaires. Franchement ça sert à rien. pas c'est je me suis posé la question parce que je me suis dit est-ce que ça permet quand
même de garder un contact terrain mais bon s'il y a une prépondérance les réseaux sociaux c'est pas c'est ça sert absolument pas à garder un contact terrain ça vraiment je je j'y crois pas une second après dans les critiques il y a il y a plein de trucs euh d'abord il y a plein de critiques qui sont extrêmement utiles et il faut rester ouvert. C'est pas parce que on vous critique que et c'est pas parce que vous avez décidé un truc ou vous avez dit un truc que vous avez toujours raison. Donc il y a plein de critiques qui sont utiles. Parfois elles sont désagréables mais elles sont utiles et il faut rester suffisamment ouvert pour les entendre. Bon deuxième chose euh vous vous pouvez pas faire ce métier sans vous taner un peu le cuir parce que je prends un
exemple. Vous êtes merdu enfin moi je suis merduard. Je décide de construire un un tramouet. Je décide de construire un tr je je l'explique on prend une décision pendant les élections. On l'a fait valider. Enfin, vous décidez de construire un tramouet. En 2010 quand je suis devenu maire, les travaux du tramou commençai au avant pendant 2 ans tous les jours. H mais tous les jours, je me suis fait engueuler tous les jours. Mais pourquoi vous faites ça et ça gêne la circulation et ça fait du bruit et ça fait de la poussière et ça coûte cher et on en a pas besoin et d'ailleurs vous mz pas consulter puis pourquoi est-ce qu'il passe ici tous les jours et parfois de façon très véhémentente et parfois de façon pas totalement affondée. J'avais mon commerce ici, vous faites
des travaux devant pendant 6 mois, je peux pas je comprends moi, je comprends vachement que commerçant il laisse somatre quoi. Alors on crée des on essaie de prévoir des mécanismes d'indemnisation pour mais enfin vous avez pas réponse à tout et vous avez pas une réponse satisfaisante à tout le monde. C'est pas vrai et il y a des désagréments. Mais si vous arrêtez aux critiques, vous la faites jamais votre ligne de notre tramour. H et quand vous l'avez terminé, tout le monde est content. Donc vous apprenez en étant élu local que quelle que soit la décision que vous vous allez prendre, il peut y avoir des critiques et que certaines sont fondées et qu'il faut les écouter et corriger quand vous vous rendez compte que vous avez pas suffisamment pris en compte un aspect et
en même temps vous apprenez que vous ne pouvez pas vous arrêter à la critique. Mais d'ailleurs, vous le savez bien. Donc c'est vrai dans la vie de tous les jours. Donc il faut avancer et il faut réussir à faire à se taner suffisamment le cuir parce que les critiques, elles peuvent être parfois méchantes. ell peuvent être parfois fondées mais peuvent être parfois méchantes, insultantes. Donc il faut réussir à se tanner le cuir mais à pas être totalement insursible. Et puis il y a des critiques qui pour moi sont extrêmement pour le coup sur lequel en qui compte énormément pour moi, c'est les critiques des gens que j'aime, que j'estime quand des gens que j'estime beaucoup qu'il soient amis ou qu'il soient pas forcément des amis, mais des gens pour qui j'ai infiniment de respect ou ou
d'estime, je comprends soit parce qu'ils le disent explicitement, soit parce que il le formulent parfois de façon gentille parce qu'il m'aime bien, mais je comprends qu'il y a là quelque chose qui les gêne fondamentalement et qu'il critique. Bon là là ça me ça me ça peut là ça peut me secouer ou ça peut me ça peut m'interroger. Euh vous vous je sais que parfois les en politique vous devez être hyper assertif. Alors on vous dit faut faut dire les choses comme ça mais imaginez que les hommes politiques doutent pas c'est une c'est une dinguerie bien sûr. Enf en tout cas moi je peux vous dire que je doute. Euh voilà mais en même temps euh quand vous avez pris une décision faut avancer. Donc il faut être ouvert, il faut comprendre les critiques, faut les entendre, il faut pas s'y arrêter
complètement. Euh euh voilà et puis après chacun fait un peu ça à sa sauce, hein. Mais mais moi les critiques qui me touchent le plus, c'est quand c'est les critiques de gens pour qui j'ai vraiment beaucoup de d'affection, d'estime et parce que là ça là ça vous scoule hein. dans le dans le domaine justement des choses qui qui touchent qui qui ont un impact émotionnel. Il y a eu aussi des drames que vous avez vécu pendant ce ce mandat et je pense bien sûr au passage à niveau de Milas euh dans les Pyrénées orientales. Si je me trompe pas, ça a été quelque chose qui vraiment vous à titre personnel vous a beaucoup touché. Et ma question au-delà de comprendre ce ce drame humain, c'est de comprendre
pourquoi cette fois-ci ça vous a touché plus. Et finalement en tant que premier ministre, est-ce qu'on peut se prémunir ? Est-ce qu' est-ce qu'on doit se faire toucher émotionnellement ? Est-ce qu'on doit se prémunir ? Enfin, quelle est votre réflexion sur ce sujet ? Je sais pas ce qu'il faut, ce qu'il faut pas, mais de toute façon, il y a un moment où où ça vous saisit. Ce que vous avez pas le droit de faire, c'est être tellement saisi par l'émotion que vous êtes plus capable de prendre des décisions. Mais saisi par l'émotion, ça arrive tout le temps. Euh Mias, c'est dans les Pyrénées orientales et le jour où la catastrophe est arrivée, j'étais à Caor et j'avais une grosse réunion à Caorus locaux. C'est là qu'on on définissait les conditions dans
lesquelles on allait financer les collectivités territoriales. C'était technique, c'était politique, c'était compliqué, c'était tendu. J'étais là et on apprend dans la dans la journée, dans l'après-midi, dans l'après-midi en fin d'après-midi qu'il y a eu un accident absolument terrible à Mias avec un car qui a été euh tamponné par un par un train. Bon, vous imaginez le truc ? Donc, je décide d'aller là-bas. Alors quand vous êtes premier ministre, vous avez des moyens de transport qui sont efficaces. Donc j'ai un avion de la République qui m'emmène de Cor à je sais plus d'ailleurs où est-ce qu'on décolle, je sais plus c'est Toulouse, enfin bref. Et on va à Perpignan puis ensuite on va on va à Mias et là j'arrive et c'est le
chaos. Enfin, vous imaginez quoi ? La nuit est tombée. Euh il y a des parents qui savent pas ce qui est si leurs enfants sont blessés, s'ils sont morts. Ils savent pas où ils sont, ils attendent. Il y a il y a des caméras, il y a il y a donc bon voilà, on apprend, on voit que il y a un bilan qui est lourd, on euh il faut s'exprimer devant la presse, les enfants qui sont ils ont l'âge des miens, hein. Donc probablement ça joue. Bon, enfin je veux dire, ils auraient eu euh j'aurais pas eu d'enfant, je pense que j'aurais été ému aussi. Ils ont l'âge des miens. Hm. Donc faut parler, qu'est-ce raconter ? Je dire mais il faut dire quelque chose au sens où il faut expliquer ce qui se passe, ce que vous faites, où est-ce qu'on en est parce que c'est mais vous êtes totalement saisi par le truc, par
les par la par la douleur, par l'angoisse. Enfin, vous imaginez quoi ? Vous savez pas où sont vos enfants parce qu'en plus il y a du désordre parce que il y a ceux qu'on a on a dit "OK, on les envoie là". Puis en fait, on s'est rendu compte que c'était plus sérieux, donc les envoyer dans un autre hôpital et puis vous avez les parents qui appellent dans l'hôpital. "Mon fils, il s'appelle, ma fille elle s'appelle mais ah bah non, on sait pas où il est." Non mais vous rendez compte le truc quoi. Et puis après j'ai fait un truc, j'ai été voir les pompiers qui avaient était sur le site qui avait ramassé les corps. Les pompiers c'est c'est un métier dur les pompiers. Ils ont l'habitude des décès, ils ont l'habitude des c Etc pleuraient devant moi. H tellement c'est horrible ce qu'il av. Bref,
ouais, c'était c'était émouvant. C'était très émouvant et c'était très très dur. et il y a forcément une partie de d'émotion qui vous submerge. Bon et puis et puis le métier fait que l'émotion vous submerge mais vous avez quand même des décisions à prendre et il faut les prendre. C'est ça. Vous avez pas le choix. Non. Alors je suis navrée, je reste dans le domaine des difficultés. Alors pour le coup sans décès, heureusement l'incendie de Notre Dame. Ça aurait pu tout à vous dire que ça aurait pu hein, ça aurait pu. Alors, c'est merveilleux parce que à la fin, bon la cathédrale brûle et il y a des dégâts considérables. Mais en même temps, c'est une c'est une c'est aussi
une une merveilleuse un merveilleux épisode euh de courage des pompiers. Pas seulement des pompiers d'ailleurs parce que on on oublie qu'il y a eu aussi des gens qui quand le feu s'est déclaré ont été cherché des choses qu'il pouvaient récupérer dans l'église alors que ça commença à devenir vraiment très dangereux. Il y avait pas que des pompiers qui ont fait ça. Et puis ensuite, ça a été une une ça a été un exercice absolument incroyable de de calme, de maîtrise, de la part. Les pompiers, moi j'ai une j'ai puis j'auraiis toute ma vie jusqu'au dernier de mes jours une admiration mais à la fois pour les pompiers mais pour leur chef hein, pour le général Galet qui commandait la la brigade de sapeur pompiers et qui commandait les opérations sur place. Il était pas tout
seul, hein. Mais euh mais mais c'était incroyable. Et c'était incroyable parce que là aussi d'une certaine façon, vous êtes submergé par l'émotion parce que Notredame c'est c'est c'est quelque chose dans l'histoire de France. C'est quelque chose dans c'était quelque chose dans mon histoire personnelle parce que j'y allais avec mon père quand j'étais petit. Mon père, il croyait pas en Dieu, mais il aimait les cathédrales, il aimait les églises. Donc on rentait au début pour moi Paris c'était quand on allait à Paris, on allait au Louvre et puis on allait à Notred Dame et puis je montais sur les tours et puis c'était extraordinaire et puis c'est Victor Hugo et puis c'est euh et puis c'est la Libération et puis enfin c'est c'est Notre Dame quoi et vous voyez brûler
Notre Dame. Je bon et puis quand vous on vous dit que ça va s'écrouler parce qu'il y a un moment on a vraiment cru qu'elle allait s'écrouler. Enfin le risque était là. Vous êtes totalement saisis, quoi. Bon et en même temps, les pompiers ont pris on on se sont battu avec un courage incroyable, avec une avec une compétence à mon avis extrêmement impressionnante. Et puis le président de la République a pris une décision courageuse et puis il faut le dire. Euh et puis je peux vous dire que moi j'étais dans le bureau quand enfin c'était à la se passait en face à la préfecture de police dans la salle de crise là. Euh, il y avait le général Galet qui expliquait comment est-ce qu'on pouvait faire le risque la nature du risque qu'on était en train de prendre, le fait que si on y arrivait
pas dans l'heure qui venait, on était sûr que ça allait s'écrouler. Bon, il y avait autour de lui, il y avait plein de gens, hein. Puis autour du président, il y avait moi, puis il y avait plein de gens aussi, hein. Bah, n'empêche que le général, il regardait le président de la République parce que c'est lui qui prenait la décision, puis regarder le premier ministre parce que le premier ministre, il allait l'endosser politiquement la décision et que j'ai vu le président de la République turbiner sur est-ce qu'on prend le risque d'envoyer 20 30 40 pompiers sur une mission extrêmement dangereuse où il y a pas de vie à sauver. Bah, c'est c'est Notre Dame, c'est c'est pas que des pierres hein, c'est c'est autre chose. C'est la France, l'histoire de France. Mais il y a pas de vie à sauver.
Il y a pas une vieille dame un nourrisson à sauver. Donc on envoie des gars et il a pris la décision hein et il a pesé. Il a pris son risque et il a pris une remarquable décision. Donc mais on est passé on est passé tout près quand même il faut faut se le dire. On est passé tout près de la la destruction complète de la cathédrale et on est passé tout près de il a vraiment pris un risque et chapeau hein honnêtement. Chapeau. Ce qui est frappant c'est là aussi j'ai eu peur après là. J'ai pas eu peur avant, j'ai eu peur après. Et vous avez eu peur de quoi après ? Et ben je me souviens donc là le le les pompiers ont réussi à éteindre le truc. On est rentré avec l'incendie. On est rentré avec le président dans l'église le soir même. J'ai raconté ça déjà dans
un dans un livre. Je l'ai raconté parce que c'est on rentre dans l'église, il y a de l'eau partout, ça pue le cramé évidemment, il y a de la lumière mais qu'on voit pas, c'est très sombre mais il y a de la lumière et puis comme il y a un trou en haut, on voit la lumière à l'extérieur. H et je vous jure que c'est vrai, depuis l'entrée de l'église, on voit tout au fond. Donc dans le dans la dans la pénombre avec de l'eau, de l'odeur de cramé, tout ça, on voit du plomb fondu qui coule depuis le la voûte qui s'est écroulé. Donc du plomb fondu, c'est les toit hein, donc du plomb fondu orange comme ça comme comme des petites gouttes. C'est très très beau. C'est c'est un désastre mais c'est très très beau. Et derrière le plom fondu, au fond de l'église, il y a une croix et je sais
pas pourquoi il y a de la lumière dessus. Il y a un et donc vous avez une croix éclairée et du plomb fondu. Et h je crois pas en Dieu mais je suis très impressionné par tout ce qui est sacré. J'aime les églises, j'aime les lieux de culte. Je trouve ça je trouve des endroits fascinants. Et même quand vous croyez pas en Dieu, vous rentrez là et que vous voyez cette croix qui est éclairée alors que c'est dans la pénombre générale, vous dites il y a un truc quand même. Vous dites il y a un truc quand même. Cit un sacré moment. Et ensuite, on était tous très contents parce que mais vraiment très contents parce que on avait sauvé enfin on avait sauvé les pompiers ont sauvé notre âme et la décision de sauver notre âme avait été la bonne. Et on est je suis rentré euh je suis
rentré à Maton, je suis resté à Maton et le lendemain après l'Assemblée nationale, tout le monde était debout, applaudissait. merveilleux moment de communion nationale et de et de fierté grâce au courage des pompiers, grâce à je suis rentré chez moi, je suis passé devant les invalides et les invalides, c'est là où on a les cérémonies militaires quand il y a des quand il y a des morts. Et je sais pas pourquoi en passant devant les invalides, j'ai je me suis dit mais les 40 pompiers s'ils étaient ils auraient été là en cercueil et j'ai commencé à avoir ma main qui a tremblé. Je me souviens, j'ai vu ma main trembler en disant "Putain, mais" et ça a duré 10 15 minutes de de je sais pas comment dire de d'angoisse à postériori. Et là encore,
je sais qu'il y a plein de gens qui disent "On doit être inflexible, on doit pas parler de ses sentiments." L'important c'est est-ce que vous êtes capable de prendre des décisions mais que vous soyez saisi par des sentiments, euh bah c'est la vie. Faut pas nier ces sentiments. Il ne faut pas les laisser vous submerger au point où vous ne pouvez plus prendre de décisions. Voilà. En tout cas, moi c'est comme ça que j'essaie de faire. Vous avez fait le choix, je crois pendant cette période de d'essayer de continuer à avoir une vie de famille normale. Je sais pas si c'est possible d'ailleurs quand on est premier ministre, mais en tout cas, je sais pas ce que c'est qu'une vie de famille normale, vous savez familles différentes quoi. C'est bien vrai. Mais mais notamment, si je me
trompe pas, votre famille continue à vivre en dehors de Matignon pendant toute cette période. Ouais. Et à la maison, c'est et donc en fait ça sous-entend, on va dire peut-être une envie de garder une forme de normalité, d'équilibre de vie dans cette période. Est-ce que c'est possible en fait quand on est une ma question c'est est-ce que c'est possible d'avoir une vie normale et une vie d'équilibre familial pendant cette période ? Bah, je pense que la réponse, elle est pas absolue, quoi. Je je non, vous pouvez pas maintenir une vie normale comme si vous étiez pas premier ministre. Vous êtes rarement là, vous avez une pression de ma boule. Euh, il y a plein de soirs où vous pouvez pas être à la maison. Euh
donc non, vous pouvez pas maintenir une vie euh familiale normale entre guillemets. Et en même temps euh vous pouvez essayer de prendre des décisions et de respecter un certain nombre de petites règles qui font que vous avez des forces de rappel qui euh qui qui font que vous êtes pas non plus tot. Donc moi, j'avais la possibilité, mais c'était une chance, d'avoir un appartement à Paris où ma femme et mes enfants vivent. Et donc, j'y passais trois nuits par semaine et et ça me faisait du bien de rentrer chez moi, de voir mes livres et de voir mes voilà, de voir mes enfants chez moi. Bon, et puis parfois bah ils venaient manger à Matignon et ça les faisait marrer, ils étaient contents. Euh et le seul moment où mes enfants sont restés à Matignon, où mes garçons
sont restés à Matignon, c'est pendant le Covid. h pendant le covid comme euh ils sont ils sont ils sont venus s'installer euh ils sont venus s'installer à Mation et j'ai eu mes deux garçons, simplement mes deux garçons. Ma fille était pas là et ma femme non plus et mes deux garçons et et ça m'a aidé. Il était ils étaient petits à l'époque mais ça m'a aidé. Hm. Alors justement le Covid euh les grèves, les gilets jaunes, il y a eu quand même un paquet de sujets à gérer pendant ce mandat et et je voulais savoir euh finalement qu'est-ce qui pour vous a été le plus difficile dans toute cette période au-delà de ces sujets là, mais qu'est-ce qui pour vous Édouard a été le plus difficile, le plus
gros challenge de toute cette période de ce mandat ? Bon, le Covid quand même, ça a été bizarre, hein. Euh, et ça a été rude pour tout le monde, ceci dit. Ouais, bien sûr. Non, non, mais alors là, mais vous avez parfaitement raison. Je vous avez parfaitement raison. Je pense même que en terme de de vie quotidienne, de façon de supporter cette période, il y a des gens pour qui c'était beaucoup plus dur que moi. Euh moi, j'étais premier ministre, j'étais à Matignon, euh je pouvais sortir dans le parc. Euh puis d'ailleurs si quand je devais aller au Sénat, je pouvais aller à pied au Sénat. Hm. Euh, je peux vous dire que il y a des gens auavre, ils ont passé le Oui, ailleurs, ils ont passé le confinement à 5 dans un T2. Euh h
pas drôle hein, vraiment pas drôle hein. Euh donc euh bon euh après il y avait un stress terrible parce que on était confronté à des trucs euh où il y avait pas de précédent enfin peut-être la grippe espagnole mais c'était il y a 100 ans et donc j'ai jamais rencontré quelqu'un qui s'en souvienne. Mais euh mais donc voilà quand vous vous êtes amené à prendre des décisions parce que la situation l'impose o vous avez une forme de vertige. Quand quand j'ai annoncé qu'on allait euh fermer tous les restaurants, tous les bars le samedi soir pour le pour le dimanche, hein. Ou ouais. Bah si vous voulez, je savais que c'était une décision avec des un impact pour plein de gens absolument euh terrible quoi. Et puis j'ai pris des
décisions pire que ça hein. Quand quand on on a considéré que la meilleure façon de protéger les personnes qui étaient hébergées dans les épades, c'était de qui étaient les plus fragiles, c'était de limiter au maximum les visites et donc de fermer les épades aux visites des de la famille. Mais c'est une décision. Bon, on savait que c'était c'était terrible. On savait que c'était d'ailleurs c'est terrible, je Mais on le savait. Et en même temps, dès lors que l'objectif c'était de casser les chaînes de contamination et de préserver les salles de réanimation des hôpitals, bah il fallait euh on a considéré que c'était la décision qui qu'il faut prendre. Je croise parfois des gens qui m'en veulent encore
et je les comprends. Je les comprends, je les comprends. On a pris la décision d'imiter le nombre de personnes qui pouvaient assister au funérail d'un proche. Mais vous enfin je c'est c'est et euh bon et en même temps, c'est c'est une c'est une c'est une question éternelle, hein. C'est euh faut-il enterrer mon frère alors que la règle de la cité c'est qu'il ne peut pas l'être. Enfin, je veux dire, c'est on a rien inventé, hein. Bon, mais et donc bah moi, j'étais premier ministre, donc j'ai formulé la règle parce que je pensais que c'était l'intérêt général, même si je savais que la règle était très dure et je peux parfaitement comprendre que il y a des gens qui qui la critiquent et qui la supportent mal et qui considèrent qu'elle était scandaleuse à leur regard. Je je le
comprends. Ça leur fait de belles jambes d'ailleurs malheureusement que je la comprenne mais parce que eux ils l'ont vécu et et voilà. Vous doutiez ? Bah tout le temps. Ouais, tout le temps. Mais alors là aussi hein euh le doute c'est important hein. Non mais le doute c'est vachement important. Vous pouvez pas je vais vous dire c'est comme les émotions. Si vous laissez le doute vous interdire de prendre des décisions, ça va pas. Mais si vous avez pas de doute avant de prendre les décisions ou si vous doutez pas un peu, c'est un problème hein. Évidemment que je doute souvent même hein. Et puis et puis c'est naturel. C'est ça. On a le droit de se le dire. Ce qui ne peut pas exister quand vous êtes premier ministre, c'est que le doute vous interdise de prendre une décision. H
ça c'est dangereux. Vous devez prendre des décision quand vous êtes premier ministre. Beaucoup tous les jours ou sur des sujets extrêmement variés. Vous savez que vous allez vous tromper. C'est quand vous prenez beaucoup de décision. Mais c'est pareil pour tout le monde. Vous savez quand vous prenez beaucoup de décisions que vous allez que vous prenez le risque de vous tromper souvent. Enfin si vous prenez aucune décision, vous avez un risque relativement limité de vous tromper. Si vous prenez beaucoup de décisions, surtout quand elles interviennent dans des domaines très variés, dans des contextes très variés et qu'elles sont pas forcément délicate à prendre parce que si elles avaient été faciles à prendre, quelqu'un d'autre les aurait prises avant vous. Hm.
Euh dans la chaîne de décision de l'État, dans le bon bah vous savez que vous allez vous tromper mais si la peur de vous tromper vous interdit de prendre ces décisions, c'est pire. Hm. Donc euh il faut vivre avec ça. Je je En général ça vous amène à une plus grande humilité et notamment une plus grande humilité à l'égard de vos prédécesseurs. Hm. Je dois dire que en général l'exercice du d'un mandat Matignon produit chez ceux qui s'y collent et qui s'y collent vraiment pendant un vrai bout de temps une très très grande mensuétude et une très grande humilité à l'égard de leurs prédesseurs. qui se rendent compte que ce qu'ils Voilà, ça c'est vrai et c'est euh si vous l'acceptez, j'aimerais
parler de cette maladie autoimmune si je me trompe pas, le Vitilgo euh que vous avez vécu parce que ce qui est intéressant pour moi, c'est le changement d'image qui a été tellement publque, commenté et ça bon, vous avez pas le choix, vous allez me dire vu ce qui se passe à l'époque puisque vous êtes encore premier ministre quand ça commence. Mais mais ça arrive de manière assez brutale. Et donc je voulais comprendre là, je parle à l'homme comment vous le vivez en fait ce fait d'être en permanence en plus l'objet de ces de ces discussions quoi. En fait, il y a eu j'ai j'ai eu j'ai eu deux maladies autoimmunes. La première c'est le Viligo que j'avais avant d'aller à Maton mais ça se voyait pas. D'accord. J'avais des Vous savez le
vitigo c'est la dépigmentation euh de la peau. Bon donc ça fait des taches blanches. Moi j'en avais sur les pieds, j'en avais euh un peu sur le torse. Ça se voit pas par définition quand ça se voit pas. Bon donc euh donc je savais que je savais que j'avais ça de façon d'ailleurs très limitée. J'en ai un peu sur les mains. J' un peu plus maintenant mais j'en ai un peu sur main. Et puis quand j'étais à Matignon, ça a commencé à dépigmenter sur la barbe. Bon alors évidemment ça se voyait. J'avais une barbe noire à l'époque puis elle est devenue blanche et elle est devenue de plus en plus blanche. Ma fille m'appelait kung fu panda, c'était rigolo. Bon euh et et au fond euh la la tache blanche ça me ça m'a absolument pas dérangé. Je trouvais
ça bizarre au début, un peu moche au début. Puis finalement au fur et à mesure que quand c'était une petite tâche, c'était moche. Puis au fur et à mesure que ça s'est développé, bah je me suis dit c'est marrant et puis c'est comme ça. De toute façon, c'est comme ça. Bon, j'allais pas la cacher, j'allais pas la j'avais la barbe qui se dépigmentait. Il y avait des gens qui viennent qui qui ont les cheveux gris rapidement. C'est franchement pas grave hein. Donc ça ça m'a pas dérangé. Ça s'est vu. Il y a des gens qui sont dit "Est-ce que c'est bon ? Ça s'est vu." C'est comme ça. C'est pas très grave. Ce qui a été beaucoup plus dur pour moi, c'est ce qui est arrivé 2 ans après en 22 quand j'ai commencé à perdre mes mes cheveux et mes poils. C'est que quand la lopie a commencé, une
deuxième maladie autome. Euh alors là, j'ai vu assez rapidement mes sourcils euh tomber, hein. Euh que je dis toujours, on sait pas très bien à quoi ça sert les sourcils. Bah ça sert à à se faire remarquer quand ça tombe, je peux vous dire parce que quand vous les avez plus, vos sourciles, ça se voit. Hm. Et puis ensuite ça a été les poils surtout les les bras, les jambes partout et puis les cheveux. Alors les cheveux, j'en ai gardé quelques-uns de blanc là mais pas beaucoup. Et euh et et donc je savais ce que c'était puis qu'on me l'avait expliqué, je savais que c'était pas grave du tout. Hm euh visible mais pas grave. Je savais que c'était pas douloureux, pas contagieux, pas dangereux hein. Bon donc déjà on se calme he c'est pas grave.
C'est c'est pas grave. C'est pas dangereux, pas contagieux. douloureux. Franchement, il y a des gens qui vivent des trucs pir mais si vous me demandez comment moi en tant que bonhomme je l'ai vécu super mal évidemment. Enfin, je veux dire vous vous levez le matin, vous regardez dans la glace, vous vous reconnaissez pas et vous trouvez une sale gueule parce que vraiment vraiment ça fait une sale gueule euh différente en tout cas. Bah mais non mais pas seulement différente. C'est gentil de dire différent mais c'est pas seulement différent. H vous avez l'air malade. Vous rentrez dans un restaurant, les gens vous regardent et et vous voyez très très bien que la première question qui se pose, c'est mais il en a pour combien de temps quoi. H donc c'est super désagréable.
Bon alors plus je fais un métier public euh un métier où c'est mieux d'avoir l'air en bonne santé que quand vous quand voilà donc c'est très très pénible. Vous voyez bien les regards des gens, vous voyez le regard des autres qui est pas d'ailleurs un regard nécessairement agressif ou méchant, qui est un regard curieux, un regard apitoyé parfois un regard dégoûté parfois h dégoûté parfois euh bah non, vous le vivez pas bien. C'est ça enfin ou alors mais en même temps, vous faites bonne figure si j'ose dire parce que bon vous avez une sale gueule mais vous faites une bonne figure et puis vous savez que c'est pas grave et puis bah comme moi je fais un métier public, ça se voit. Je il y a il y a même pas d'hypothèse où je vais dire non non non c'est pas vrai.
Alors évidemment, j'aurais pu m'acheter une perruque, me faire des des des faux sourcils et puis et puis et puis faire semblant que je m'étais coupé la barbe alors qu'en fait je m'étais pas coupé, elle est tombée quoi. Ouais. Euh mais il y a un moment où c'est quand même tellement plus simple de dire le truc quoi. Bah oui, j'ai cette maladie, elle est autoimmune et puis et puis donc j'ai vu donc c'était très désagréable pour moi sur le moment. Très désagréable pour moi. Euh très désagréable dans le regard des autres. Accessoirement, je vous rappelle que je fais un métier politique où tout le monde n'est pas totalement bienveillant, hein. Donc, j'ai en mémoire un certain nombre de commentaires fait par le petit monde politique sur en fait, il est très
malade, tu sais, je bonnes informations, il en a pour 3 semaines ou il y en a pour 3 mois, il pourra jamais terminer son mandat. Je les ai entendu ceux-là, hein. Je garde quelque part dans mon cerveau et dans mes tripes toute une série de gens, je les garde bien. J'ai je leur dis bonjour, je les oublie pas. Euh mais voilà, c'est arrivé. Et en même temps, j'ai vu des trucs extraordinaires parce que comme toujours dans la vie, on voit des trucs extraordinaires. J'ai vu des grands-parents qui m'appelaient parce que leur petitfils ou leur petites fille avait la même maladie. Sauf que quand vous l'avez à 10 ans ou à 20 ans, hein, ça a rien à voir avec quand vous l'avez à 50. Moi, j'ai eu ça à 52 ans. J'étais ancien premier ministre, j'étais
déjà maire du Havre, je euh marié des enfants. C'était extrêmement pénible pour moi. Mais ça m'a mais ça n'a pas changé ma vie. Hm. À 20 ans, bah dans la vous avez perdu tous vos cheveux, vous êtes une femme, vous avez perdu tous vos cheveux, tous vos sourcils, vous devez aller trouver du travail, vous devez trouver un logement. Bon courage he accessoirement vous vous êtes moins sûr de vous probablement parce que vous avez c'est super dur donc en parler pour dire que c'était pas dangereux que c'était pas honteux euh donc moi j'ai appris plein de trucs et au fond comme toujours hein quand on traverse une difficulté on peut s'arrêter en se disant que c'est terrible où on peut se dire bah c'est pénible mais on va quand même avancer et puis on va apprendre quelque chose. Et
moi, j'ai appris beaucoup plus que je le savais avant ce que c'était que le regard des autres, ce que pouvait vivre une femme qui avait plus de cheveux parce qu'elle avait un cancer ou parce qu'elle avait une alopie, ce que pouvait vivre un gamin parce que il était très très différent des autres sur des sujets qui sont très très importants quand on a cet âge. Et donc ceux qu'ils le vivent mal et c'était important pour moi et et je me souviens je me souviens d'un moment que j'ai vécu à Périlleux dans une campagne, je sais plus si c'était en 22 ou 24. Je crois que c'était c'est en 24 et oui c en 24, je suis sûr que c'était en 24 où j'avais
été soutenir un candidat et on s'était installé sur un café sur une place pour faire une espèce de réunion publique l'extérieur où il y avait je sais pas une centaine de personnes qui écoutaient ce que je racontais. un micro, il y avait des gens qui étaient qui prenaient leur café un peu plus loin puis il y avait cette espèce d'atroupement et donc je parle à à une centaine de personnes en disant voilà formidable candidat Clément Tolon extraordinaire bref et puis et puis vous regardez et puis je vois quelqu'un une dame qui s'approche sur le côté gauche hein qui me regarde qui sait pas qui qu qui ce qui se passe qui vient voir elle était pas elle vient elle elle voit et puis elle me voit elle me regarde je vois qu'elle du vtiligo. Hm. C'est visible sur son visage. Moi, c'est
pas visible sur mon visage. H elle c'est visible sur son visage. Je le vois, elle me regarde, elle me fait un grand sourire et elle s'en va. Hm. Et bah ça c'est aussi des sacrés moments. Comment est-ce que vous décidez euh qu'une chose mérite de votre temps euh quand on est premier ministre ? Mais benah dans la vie en fait, le temps ça reste l'une de nos ressources les plus précieuses, les plus rares. Quand on a autant de responsabilité, on peut se dire légitimement en fait il faut prendre la mesure du temps qu'on passe. Et donc je me questionnais philosophiquement un peu si vous voulez comment vous dites à un
moment surtout que vous êtes peut-être parfois quand vous êtes premier ministre pas très libre finalement parce qu'il les agendas, les machins tout ça. Enfin, j'imagine. Mais donc comment est-ce qu'on décide où est-ce qu'on met son temps et son temps de cerveau, d'énergie, euh tout ça ? Euh c'est vaste question. Je euh quand j'étais euh étudiant et que j'étais très déterminé à réussir mes examens, réussir mes concours et à bien me marrer aussi hein d'ailleurs. Mais j'ai beaucoup fait la fête quand j'étais étudiant, mais j'ai aussi beaucoup travaillé. J'étais très organisé dans mon temps. Je je j'avais des routines. Je savais que j'avais je travaillais 1hure et demi, puis ensuite je faisais autre chose pendant une demi-heure, puis ensuite je retravaillais. J'ai essayé de
justement pas perdre mon temps et le consacrer. Donc je progressivement, j'avais mis au point un truc euh qui était pas qui qui était très organisé, même s'il y avait déjà la nécessité de après 1 heure et demi de travail d'aller boire une bière et puis d'aller jouer au baby foot et puis ensuite recommencer à travailler parce que je savais que il fallait quand même un peu de respiration. Euh quand vous êtes premier ministre, là vous êtes dans une lessiveuse, c'estàd que ça tourne vite, ça chauffe fort et vous avez pas beaucoup de liberté dans la construction de votre temps. Vous avez, je sais pas, 60 70 trucs par semaine. Enfin, c'est dingue. Bon et en même temps il faut donc là vous avez des gens qui vous aident à construire votre agenda et et c'est un exercice
professionnel de construction d'un agenda où vous devez voir du monde vous déplacer garder un petit peu de temps pour préparer la séquence d'après ou la réunion qui va venir des réunions des courtes des longues, des des des têtes à tête des réunions d'équipe des donc donc là c'est vraiment un truc la la d'un premier ministre c'est sportif hein c'est vraiment c'est vraiment très impressionnant et il faut que vous réussissiez à dire bah il y quelques moments que je veux préserver. Ça peut être le dimanche matin, ça peut être euh le dîner avec vos enfants une fois par semaine, ce que j'ai à peu près toujours réussi à faire, mais une fois par semaine. Enfin, bravo chapeau, c'est bien. Euh pas été un père toujours très présent. Euh mais enfin au moins vous le
gardez et vous savez qui compte parce que vous allez pouvoir le Bon maintenant là je suis euh c'est peut-être avec l'âge hein, je je pense que c'est vachement bien de perdre aussi un peu son temps. C'est que je suis beaucoup moins hystérique sur la maîtrise complète de chaque minute. Je je pense qu'il y a un moment qu'il y a des moments dans la vie quand on peut quand on n'est pas dans le stress total ou dans la suroccupation totale et peut-être même quand on est dans le stress total et la suroccupation totale il faut se laisser le temps de perdre son temps, le temps de divaguer, le temps de marcher avec un pote en lui parlant pas forcément de boulot parce que ça va être probablement du temps
perdu par rapport à plein de choses mais ça va être du qui fait du bien. Donc je je suis j'ai encore un agenda de campagne, c'est pas mal hein, je vous garantis, j'imagine. Ouais. Mais j'essaie de laisser d'abord, j'essaie de me laisser la possibilité de réagir, donc d'avoir à l'avance des plages libres et puis j'essaie de garder un petit peu de temps pour pour perdre mon temps, pour marcher, pour lire, pour discuter, pour discuter avec quelqu'un en marchant. J'aime beaucoup discuter en marchand en fait. Je trouve que c'est je trouve c'est une la discussion en marchand c'est pas la discussion que vous avez à table. Est-ce que faisaient beaucoup les philosophes ? Mais à juste titre à juste
titre parce qu'en fait en marchant d'abord vous discutez sans regarder l'autre non pas que ce soit désagréable mais parce que c'est du coup c'est pas le même rapport c'est vrai vous parlez vous vous n'écoutez pas de la même façon vous ne vous concentrez pas de la même façon que sur moi il y a une forme d'activité physique je trouve ça très agréable donc j'aime j'aime bien faire ça bon je peux pas faire que ça non plus mais mais en tout cas je je milite beaucoup pour l'idée et voyez le le mythe du surhomme qui dort jamais euh m'emmerde je crois pas à ça. D'abord, je pense d'abord je vais vous dire, il faut dormir dans la vie. Euh, il faut se reposer un peu, même quand on a un métier très prant, c'est franchement j'ai j'ai un métier, j'ai eu des moments
très très prenants dans ma vie, mais il faut dormir, il faut euh voilà, on peut pas prendre de meilleures décisions aussi sans doute et puis peut-être pour durer pour durer plus longtemps. Ouais, on peut pas être branché en permanence. On peut pas être tout le temps à 220, c'est pas possible. Vous pensez que le fait de réussir à prendre ses moments de pause, de dormir un peu plus et cetera, prendre un peu soin de sa santé, je sais que vous faites du sport aussi, ça contribue euh au fait de euh réussir à prendre peut-être déjà premièrement des meilleures décisions mais aussi des décisions un petit peu plus long terme, un peu moins en réaction. Je pose la question parce que bien sûr là je m'adresse à vous, vous avez été premier ministre, vous êtes mauva donc il y a beaucoup de
responsabilités mais même quand on est dirigeant d'entreprise, manager et cetera, en fait d'une certaine manière, on a ces sujets-là tous bien sûr dans une autre mesure. Mais mais donc je trouverais ça intéressant d'avoir votre votre avis. Bon là aussi, je suis pas sûr qu'il y a une règle qui s'applique à tout le monde parce que on est on est c'est tant mieux, assez différent chacun. Euh donc l'importance l'important c'est de se mettre en fait je trouve que la responsabilité qui est la vôtre c'est de vous placer dans les meilleures conditions pour prendre les décisions quand votre métier c'est de prendre des décisions. Enfin votre métier votre mandat pardon c'est pas toujours un métier mais c'est par faciliter le langage que dit votre métier. L'objectif c'est comment est-ce que vous
placez quelqu'un dans les dispositions d'esprit qui lui permettent de prendre les meilleures décisions ? Pour certains, ça va être après des réunions très longues de préparation, d'hésitation de machin de truc. pour d'autres, c'est pas comme ça qu'il faut préparer. Et donc la responsabilité qui est la vôtre, mais qui est celle de chacun, c'est d'organiser les choses de façon à ce que vous soyez au moment important dans les meilleures conditions pour prendre une décision. Et et je pense qu'il y a des il y a des rythmes différents sans doute, qu'il y a des organisations différentes sans doute. Ce que je sais c'est que il faut garder du temps de réflexion et que il y a des sujets qui demandent des réflexes et c'est vachement important les réflexes hein. L'expérience ça aide pour
les réflexes mais c'est vachement important les réflexes. C'est des réflexes. H il y a ça attention il faut faire ça attention tac tac tac attention à ça bar. Mais il y a des choses qui demandent pas que des réflexes h et qu'il faut pas traiter avec des réflexes. Il faut les murrir un peu. Souvent quand on m'amenait à maintenir une décision, on me disait bah il faut trancher dans l'heure qui vient. Je leur disais mais pardon mais si vous m'amenez cette décision et qu'il faut la trancher dans l'heure qui vient d'abord pourquoi vous me l'avez pas amené il y a 2 jours hein ? Vos retards sont pas mes urgences. Vos retards sont pas mes urgences. Donc il y a des décisions sur lesquelles il faut retarder l'urgence. Parfois vous devez les prendre encore une fois
parfois vous avez pas beaucoup de temps pour les prendre, il faut les prendre mais il faut il faut voilà, il y a parfois des moments où il faut accepter de mûir une décision et de pas aller trop vite et et puis parfois il y a des moments il faut la prendre. Donc je vous pardon, je vous je vous dis ça comme je le vis. Il y a des choses sur lesquelles je peux décider très vite et d'autres sur lesquelles je sais qu'il faut pas décider vite. Et il faut se laisser le temps de murir. Il faut garder dans son état d'esprit suffisamment de jus pour être très réactif et suffisamment de de liberté pour murir quelque chose. Hm. Mais c'est vrai dans tous les domaines euh et quand je parle avec mes potes qui sont qui sont euh euh patron de boîte,
qu'elle soit petite ou grande d'ailleurs parce qu'en fait les responsabilités s'expriment différemment mais enfin les décisions elles sont pas plus faciles parce que vous êtes patron d'une petite boîte hein. Alors ça c'est pas plus facile d'être maire d'une petite ville que d'être maire d'une ville. C'est même beaucoup plus difficile d'être maire d'une petite ville à certains égards. Euh donc les décisions, elles sont pas plus faciles à prendre parce qu'elles concernent moins de gens. en fait euh et ben et ben je constate que ceux qui ont ceux qui ont l'habitude et qui réussissent bien euh ils essaient de se laisser du temps quand même sur des choses qui sont pas immédiatement productives mais qui comptent pour eux. On arrive à mes questions signature. La
première, je suis curieuse d'avoir votre réponse. Est-ce que vous avez vécu un grand échec ou un grand moment de doute dont vous pourriez me parler parce que vous en avez tiré un réel enseignement ? Bah plein plein. Quand j'étais quand j'étais euh quand j'étais étudiant, j'ai subi des grands échecs amoureux. C'est comme ça hein. Euh c'est pas c'est pas drôle hein. Moi j'étais très triste. Non mais vraiment j'étais très très triste. Non je dis ça maintenant marrant mais mais je me maris pas du tout à l'époque. Et ça compte les grandes déceptions amoureuses ou les grandes déceptions amicales sont très sont très dur à enfin pas dur à vivre. formatrice sans doute formatrice c'est ce qu'on se
dit quand on se dit c'est dur mais bon au moins ça sert à quelque chose. Bon enfin elles sont dures surtout euh et des échecs bah il y a des choses que j'ai pas réussi à faire ou il y a des choses que j'ai pas réussi à bien faire et d'ailleurs de nature assez différente. Il y a des choses sur lesquelles je me dis que j'avais que j'ai bien fait de les engager d'autres sur lequels je me dis j'aurais mieux fait de le faire autrement. Bon c'est c'est assez désagréable de se tromper. ou ou de perdre ou euh de reconnaître un échec, enfin pas de le reconnaître mais de le vivre. Mais je suis pas euh comment dire je je c'est pas du tout de la désinvolture mais je suis pas tétanisé par ça. Euh je je crois pas que l'échec soit
euh euh une impasse. Et alors en France, on en France, on a tendance à surval enfin il y a il y a c'est vrai qu'il y a des pays où l'échec est infiniment plus acceptable ou accepté et on se dit bah voilà tu es tombé, tu vas te remonter et puis puis c'est on apprend à chaque échec et puis le succès c'est quand on a appris suffisamment ou bon je je crois ça alors bon ça n'empêche que c'était désagréable de se de se planter et ça m'est arrivé bien sûr plein ple fois, plein de fois et et dans des registres assez variés, dans des registres de de
d'amitié, dans des registres de boulot. Euh voilà, je plein de fois en fait. Alors, s'il y avait quelque chose à refaire, qu'est-ce que vous referiez différemment ? Bah ah dans les dans les voulez dire dans les décisions que j'ai prises ou dans les les choix que j'ai fait dans ma vie, peu importe. Ouais. Bon alors je regrette dans dans mes choix personnels de vie, j'en regrette aucun, vraiment aucun. Euh et souvent je me dis si j'avais 15 ans ou 20 ans et que je recommencer mes études, qu'est-ce que j'aimerais faire ? Je je pense que il y a plein il y a plein d'autres choses que je j'aurais adoré faire une partie de mes études supérieures à l'étranger. J'ai passé mon bac en
Allemagne, je vais que deux en Allemagne, mais j'ai pas fait d'études supérieures à l'étranger. Je je regrette, j'aurais adoré ça. Bon, enfin, c'est pas un grand regret. Hm. Euh, j'aurais pu faire d'autres choix professionnels mais j'ai adoré ce que j'ai fait et donc je les regarde pas mais j'aurais pu en faire d'autres mais je me rends compte que j'aurais pu en faire d'autres notamment. Je pense que je je pense que j'aurais euh probablement si j'avais mieux connu ces métiers et pensé qu'ils étaient accessibles, j'aurais aimé être commissaire de police. J'ai j'ai beaucoup de je trouve que c'est je trouve que je trouve que la police la gendarmerie aussi mais de la police c'est un c'est un monde assez étonnant. et euh et euh assez extraordinaire et je dur hein, très très dur. Euh je j'aurais
bien passer ces concours-là euh si euh le même mois mais mes 30 ans avant ou 40 ans avant ou 35 ans avant, j'aurais peut-être passé le concours de commissaire. J'aurais peut-être pas eu d'ailleurs, mais mais alors pour moi, c'était inenv enfin j'ai même pas pensé, je me suis jamais posé la question. Euh euh je regrette pas une seconde de m'être engagé en politique au Havre, mais pas une seconde. Euh non, je j'ai j'aime pas trop les j'aime pas trop les regrets. Je suis pas un homme de regret. Je suis pas un homme de regret. Je je peux parfaitement admettre mes mes échecs sur un certain nombre de sujets, mais je suis pas un homme de regret. Je je trouve que quand on a pris une
décision euh en en y songeant sérieusement, on peut se tromper mais il faut pas avoir de regret de l'avoir prise. H je je trouve que le le l'angoisse je je l'angoisse de pas avoir fait un truc à fond, le le regret de pas avoir fait quelque chose sérieusement est un des trucs qui me qui j'aimerais pas à la fin de ma vie me dire j'ai raté ça parce que je l'ai pas fait sérieusement. Mais vous avez pas ce sentiment ce good Édouard. Qu'est-ce que vous trouvez beau ? Qu'est-ce que vous trouvez beau au sens métaphorique, esthétique, littéraire peut-être, je sais pas. Mais tu une question qui me touche beaucoup en tant que joyeur. Évidemment,
qu'est-ce qui vous touche ? Euh bah d'abord beaucoup de choses. Euh peut-être comme ça spontanément, c'est marrant, je je dirai la musique. Je trouve que je trouve que voilà, ça va. Là aussi, ça va. Vous avez vos gens qui nous écoutent, vont penser que je suis un vieux chok. Plus plus je vieillis, plus je suis euh totalement fasciné par la musique de bac. Je vraiment je trouve que c'est d'une beauté. Alors, c'est totalement géométrique, hein, comme musique. C'est c'est une bonne assez particulière, mais je suis euh voilà, alors je n'écoute pas des heures mais mais vraiment. Donc donc la musique, alors pas simplement la musique classique, hein, mais la musique, il y a quelque
chose qui me qui me secoue, euh qui me qui élève. Je trouve ça très beau. J'ai fait beaucoup de musique quand j'étais petit. Du violon, d'abord, des percussions ensuite et j'ai toujours beaucoup écouté de musique que ce soit rock. euh punk classique variété. Enfin non, mais j'ai toujours je travaille en écoutant de la musique. Je suis toujours en fait en train d'écouter de la musique et euh et ouais, il y a il y a vraiment des moments de de musique là où vous êtes. Voilà. Euh il y a il y a des lieux et notamment des lieux sacrés où vous dites que vous êtes pas très loin de la perfection et de la de de l'absolue beauté, quoi. Alors, où est-ce que j'ai eu ça ? J'ai eu ça à la chapelle
Palatine à Palerme euh dans le palais des Normands. C'est un truc mais c'est et vous êtes écrasé par la beauté. enfin écrasé, pas écrasé d'ailleurs, mais élevé tellement c'est à mes yeux parfaits. C'est une espèce de de lieu incroyable d'une à la fois serein, puissant, intime, c'est merveilleux, c'est beau, c'est Mais euh la dernière fois que j'ai ressenti ça dans un lieu, c'était en Égypte dans les dans les tombes de la vallée des rois. Hm. J'ai été euh Et alors c'est marrant parce que tout le monde vous dit "Tu vas voir, c'est très impressionnant." Alors bon ben j'y étais parce que j'y allait don autant le voir. C'est sans doute très impressionnant. Mais
c'est incroyable cette espèce de Ça vous saisit. Alors vraiment ça, je suis très saisi par ça. Et et il y a toujours un peu dans ces moments-là une dimension de sacré euh pour moi en tout cas pour moi. Bon voilà. Et il y a il y a d'autres endroits où j'ai eu ça mais je vous dis chapelle Palatine tombe de la vallée des rois. Monsint-Michel aussi incroyable ce Montsaint-Michel. En plus il est en Normandie, je le dis pour vos auditeurs bretons. Mais mais assez formidable. Euh qu'est-ce que je trouve très beau ? Alors il y a évidemment de la de la littérature bien sûr parce que j'aime ça et parce que mais je suis il y a il y a il y a parfois de la de la de la beauté dans une formule mais je je suis pas sûr que je il y a il y a des formules qui sont très belles. Il y a une langue qui
est très belle. Bien sûr, évidemment. Mais pour moi, je suis pas écrasé par la beauté de la littérature. Pour moi, c'est plus un intérêt ou une admiration ou une excitation que le registre de la beauté. Peut-être un peu dans la poésie, plus moins. Je comprends en peinture, moi, vous me mettez devant euh devant Egon Chile et je suis euh je suis heureux quoi. Vraiment très heureux. Bon, pourtant c'est pas Oui, c'est pas c'est pas les thématiques les plus heureuses. Déchargé pas toujours. Il y en a mais euh mais pas toujours, bien sûr. Ben, faut dire que sa vie n'est pas toujours très heureuse. Non, mais euh mais ouais, la la peinture peut me Il peut y avoir une beauté aussi les mains qui me beauté visuelle, une beauté
formelle ou une une intensité qui me prend. C'est marrant parce que je autant je peux être amoureux de la langue d'un ou d'une formule ou de l'intérêt qu'il y a une en littérature, mais c'est je suis en train de me dire que je je mets je mets pas ça sur le registre de la de la beauté. Et alors à l'inverse, qu'est-ce qui vous irrite ? Qu'est-ce qui vous énerve ? Qu'est-ce que vous n'aimez pas observer ? Ça peut être dans des comportements, mais ça peut être aussi des choses que vous trouvez tout simplement l'aide. Plein de choses, hein. Euh, j'aime pas les gens qui parlent fort au téléphone sans faire gaffe aux autres. Ça me ça m'insupporte. en mettant la vidéo en plus. Oh c'est pardon, je veux dire Oh, c'est Non mais vraiment c'est en fait en fait c'est marrant parce
qu'on a l'impression qu'avec les les nouveaux instruments technologiques, on fait des bons en arrière dans la dans la civilité. Euh vraiment, je trouve ça alors bon, je je peux vivre avec mais mais euh mais ouais, ça me ça me ça me gonfle ça ça m'énerve. Je trouve que euh quand on fait pas attention à ce qui se passe autour de soi euh c'est euh pour moi c'est le le contraire de la sociabilité. H on a le droit ar de faire du bruit. Ça m'arrive de faire du bruit. C'est pas c'est pas ce que je suis en train de dire. Mais euh mais voilà ça ça m'énerve. C'est bête mais ça m'énerve beaucoup. Ça m'énerve beaucoup. Euh d'ailleurs en général euh je me rends compte que l'incivilité m'énerve
beaucoup euh parce que c'est tellement facile d'être civil, d'avoir la la petite discipline consistant à dire euh je sors mes poubelles le bonjour et ouais je fais attention à pas balancer par terre mono quand je fume. Moi je fume pas mais ah vous voyez cette je vous je dis pas ça du tout en disant moi je suis parfait tout ça je suis pas je suis pas jeune voix Elvette Suisse mais ça serait tellement plus facile pour tout le monde si chacun faisait un petit effort quoi. Et je trouve ça très agaçant quand on fait pas ce minuscule effort. H et encore une fois je dis ça, je suis pas parfait. Ça m'est arrivé sans doute
de pas être totalement exemplaire. Je j'en ai bien conscience. Euh alors, je dis ça et par ailleurs, je suis heureux en Sicile euh qui est un pays assez largement incivil, il faut bien le reconnaître ou alors vous pouvez trouver des décharges d'ordure un peu partout et et ou et ou un sens assez euh particulier du respect de la norme. Bon voilà, mais c'est comme ça, chacun ses contradictions. Est-ce que vous avez une opinion, une croyance qui est controversée ? Ce que je veux dire par là, c'est que vous constatez que le public autour de vous large n'est plutôt pas en phase. Alors là, je pense qu'on va pouvoir faire un podcast entier sur ce sujet. Ça, on pourrait dire beaucoup de choses. On pourrait dire bien des choses ensemble. Tenez par exemple. Euh, c'est une bonne question.
C'est ma c'est ma question la plus poétiquement non correcte. Et ben alors je vous je sais pas si ma réponse est politiquement correcte ou pas. Très souvent en ce moment, les gens me disent "Mais euh vous vous tenez un discours euh qui est souvent très rationnel et nuancé dans une période où les gens ont envie de radicalité et d'absence de nuance et de vo et ben euh ma conviction et qui est controversée, c'est que euh le bon sens existe encore, que la rationnalité existe encore et qu'il faut le faire confiance aux français pour euh ne pas euh les avoir perdu du tout. Un sujet sur lequel vous avez déjà changé d'avis ? plein vient à l'esprit. Vous avez pas de mal à changer d'avis déjà ? Non non non, je dis
on a le droit de changer d'avis d'abord parce que le monde change, ensuite parce qu'on peut être convaincu, ensuite parce qu'on peut faire des expériences qui changent notre façon de regarder leonde. On a le droit de changer d'avis. C'est pas honteux de changer d'avis. Quand on change d'avis, il faut expliquer pourquoi. Hm. Si si euh si on a besoin de rendre des comptes parce qu'apprès tout on a pas besoin de rendre des comptes sur tous les changements d'avis. Mais il y a des choses que je perçois beaucoup mieux aujourd'hui que je ne les percevais avant. Euh et il y a des choses il y a des goûts que j'ai que je détestais avant parce que parce que avec l'âge on change. Une dernière question. Alors celle-ci me tient à cœur puisque étant littéraire forcément j'ai très envie d'avoir votre
réponse. Le ou les livres qui vous ont le plus marqué que vous recommandez peut-être que vous offrez autour de vous et pourquoi pourquoi en fait ils ont été importants pour vous à un moment euh dans les livres qui m'ont marqué ou que j'offre ? Il y en a beaucoup hein. Puis je vais en oublier hein, parce que vous me prenez de C'est terrible cette question d'ailleurs. Ouais, vous me prenez de cours. Alors, je vais je vais les dire et je peux vous expliquer pourquoi. Euh le voyage au bout de la nuit euh est un livre que j'aime beaucoup. Euh je crois que c'est le premier livre que mon père a offert à ma mère quand ils sont rencontré parce que mon père aimait beaucoup et je
pense que ma mère l'avait pas lu ce stade là et que c'était pas ça. On disait pas ça chez elle. Et moi je l'ai lu tard, enfin je l'ai lu à une vingtaine d'années et j'ai été je me souviens très bien, j'ai été scotché scotché scotché. C'est vraiment un livre qui m'a scotché dans sa lecture. Bah le texte et et donc voilà, ça c'est un livre qui a compté pour moi, qui compte encore d'ailleurs euh dans les livres qui m'ont scotché où où je me souviens il y en a il y en a plein je me souviens de la lecture des faux monayeilleurs. Ah ouais et c'est d'ailleurs passé en lien avec mon prénom Édouard. Euh et euh ça m'avait je très très bien que j'avais j'avais été très impressionné parce qu'en lisant j'avais compris que la construction c'est quand même une construction incroyable les faonilleurs
euh était euh en fait je trouve que les fauxur ça donne l'exemple de la puissance euh que peut prendre un texte euh simplement par sa construction pas simplement par sa langue. Bien sûr que c'est bien agr sa construction qui est dingue je trouve la façon dont c'est intriqué. Bon euh qu'est-ce que je qu'est-ce que dans les livres qui m'ont euh sirano, beaucoup sirano la cité tout à l'heure. Ouais ouais beaucoup sirano sirano. Je sirano je le je le je le lis régulièrement et qu'est-ce qui vous plaît dans sirano ? Bon la langue est sublime bien sûr. Tout tout tout le panache tout me plaît et je ne peux pas lire la l'acte 5 sans pleurer à la fin tu sais et je le fais régulièrement. Ça me fait le truc à
chaque fois. C'est dingue hein. C'est dingue. Donc ouais, c'est un autre bergerac extraordinaire. Euh après, il y a après il y a il y a plein de livres Les fous du roi. Euh exceptionnel ce livre, All the Kings Man. H livre exceptionnel qui a qui a beaucoup compté pour moi, des essais, pas simplement de la littérature. Euh enfin voilà, moi je je lis je lis beaucoup et je suis pas du tout un spécialiste de littérature. Il y a des gens qui font étalage de leur culture littéraire. Je je c'est pas du tout ce que je prétends. Voilà, mais je sais que j'aime lire. Je lis beaucoup, j'aime lire, j'aime les livres d'histoire, j'aime les romans, j'aime du ma que je lis euh très régulièrement euh avec
l'objectif de lire tous les 10 ans les trois mousquetaires 20 ans après le 10 compte de Brajolon. Et ça c'est extraordinaire parce que ils vieillissent avec moi et moi je vieillis avec eux surtout. Mais euh mais voilà euh mais mais j'aime beaucoup du maa. J'aime vraiment beaucoup du parce que je trouve que le j'étais j'ai Vous aimez la littérature ? Il y a un auteur américain que j'aime beaucoup qui s'appelle Daniel Mendelson que vous connaissez peut-être qui a écrit un livre qui a écrit plusieurs livres extraordinaires, les disparus livres extraordinaire et puis un livre merveilleux qui s'appelle une odyssée. Alors en l'occurrence ça mais vraiment c'est un auteur exceptionnel Daniel et il se trouve qu'il le connaît un petit peu et et que et que c'est un très très grand
connaisseur de la littérature française. Il est très cultivé. Il enseigne d'ailleurs aux États-Unis dans l'université américaine à Princeton la littérature et et il a une grande passion pour du ma et je me souviens, on s'est fait souvent cette réflexion et je me fais souvent cette réflexion avec les gens qui aiment du ma que c'est incroyable parce que du ma il est hyper célèbre, hyper adulé et on ne peut pas s'empêcher de constater qu'il est toujours un peu méprisé par les intellectuels. C'est vrai. Toujours. C'est vrai. C'est tristement vrai. Et c'est et c'est pour moi incompréhensible parce qu'il y a une puissance littéraire, il y a une agilité, il y a un sens de la formule, il y a un tonus, il y a un rythme, il y a une maîtrise. C'est incroyable. C'est incroyable. Et ben pourtant
h on a quand même l'impression que pour beaucoup beaucoup de de d'amoureux de la littérature ou de d'intellectuel, ça passe au deuxième rang. Bon, moi je le mets très très largement dans la première catégorie, dans le top tier et même tout en haut. Euh qu'est-ce que je peux vous raconter sur la littérature moi ? Non, ben une belle une belle sélection qui qui donne envie et qui j'espère enfin qui moi me donne envie de redécouvrir parfois ces livres que j'ai lu parce que je trouve que Dumain aussi c'est un livre qu'on lit un peu trop tôt, un peu trop jeune bien souvent sur les trois mousquetaires ça va avec. On pense que c'est la On pense que c'est le le livre de l'adolescence voir même de avant l'adolescence de la fin de l'enfance. C'est super il font des grands
sentiments et puis ils se battent à l'épée. C'est merveilleux. C'est totalement noir. Je regarde la fin la fin du tr mousquetaires que d'ailleurs on on c'est totalement noir. C'est c'est et puis puis c'est le puis c'est le grand livre de l'amitié quoi. Bê euh et 20 ans après c'est merveilleux. Enfin je veux dire c'est une révolution c'est euh et vi compte de Brageolon. C'est alors c'est long, c'est on peut tout n'est pas égal chez Duma. C'est vrai. Donc c'est bien dans le Vicondan tout n'est pas égal. Le dernier là qui décrit le sphinx rouge extraordinaire. C'est merveilleux le sphinx rouge le début après c'est merveilleux parce que mais c'est pas finou ça donne envie. Edward, je vous remercie 1000 fois d'avoir pris le temps avec moi et d'avoir partagé finalement ces
réflexions sur sur la vie, sur vos mandats, sur tout ce que vous avez vécu et je suis sûr qu'il y a encore beaucoup de choses à dire bien sûr. Est-ce qu'il y aurait peut-être un dernier message que vous auriez envie de faire passer aux personnes qui nous écoutent à l'autre de tout ce qu'on s'est dit ? Mais on on s'est dit on s'est dit beaucoup de choses Pauline. On s'est dit énormément de choses. Bah oui, il paraît que normalement en plus vous parlez un petit peu moins. Vous m'avez un peu Non non non, je je j'aimis bien le temps d'échanger. C'est un des trucs qui manque le plus dans le dans le débat public où on est sursollicité et on est suractif et on parle souvent beaucoup et souvent trop. On a très peu le temps d'exprimer des nuances. On a très peu le temps d'exprimer des doutes ou de
revenir en arrière en se dire "Attends, j'ai dit ça mais en fait je veux dire ça." Euh et je trouve ça très dommage parce que de la même façon que la conversation entre individu est une merveilleuse façon d'échanger, la la démocratie ça devrait être une conversation. D'ailleurs, il y a beaucoup de gens qui considèrent que la la République, c'est une conversation démocratique. C'est pas seulement ça, mais et et dans le débat public, il y a tellement de d'anathèm et de brutalité, de segmentation, de d'obligation formelle de balancer des trucs en une capsule de 2 minutes parce que après paraît-il on zap qu'en fait on perd on perd les sujets sur lesquels au fond on pourrait se mettre d'accord. on insiste toujours sur ce qui divise alors que il y a plein de choses sur
lesquelles on peut se mettre d'accord. Pas surtout, c'est normal. D'ailleurs, c'est très simple d'avoir des et je trouve que le collectivement hein et c'est difficile encore, j'en prends ma part hein, je donne de leçon à personne, euh favoriser les moments où on peut échanger euh autrement qu'en se lançant des arguments qui n'ont vocation qu'à être formulé plutôt que à être discuté ou entendu, c'est dommage. Et donc cette conversation là, elle est elle est utile parce que même si elle parle pas sur des aspects programmatiques, mais très bien, elle permet de d'échanger des choses qui sont à mon avis importantes. Je vous remercie 1000 fois. Merci à vous.
Édouard Philippe