Rachida Dati : "À Paris, c’est pas une dynamique de mixité, c’est une dynamique de ghetto"
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 40 %Attaque 50 %Défensif 10 %
Questions et réponses
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- 0:27OuverteRéponse directe
Le scrutin sera-t-il sincère, quoi qu'il en soit ?
- 1:18OuverteRéponse directe
Comprenez-vous cette décision ?
- 1:42OuverteRéponse partielle
Son intervention est-elle justifiée ? Diriez-vous que le président et le gouvernement sont à la hauteur sur cette crise ?
- 3:27OuverteRéponse partielle
Est-ce que vous diriez, à l'image de Nicolas Sarkozy, que l'écologie, ça commence à bien faire ?
- 4:46RelanceÉludée
Est-ce que c'est vrai ? Est-ce que vous allez casser les pistes cyclables ? Est-ce que vous allez rouvrir les voies sur berge ?
- 5:07RelanceÉludée
C'est les voies sur berge. Est-ce que vous les rouvrez ou pas ? Vous avez dit tout et son contraire sur la question.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:56Invité politiqueFait
« il ne faut pas que les Parisiens se fassent voler leur élection »
- 1:07Invité politiquePromesse
« les bureaux de vote seront équipés en matériel de protection pour pouvoir aller voter »
- 1:37Invité politiqueFait
« les visites sont interdites, les visites sont interdites »
- 3:47Invité politiqueChiffre
« À Paris, il y a 500 espaces verts »
- 4:05Invité politiqueFait
« Bois de Vincennes, Bois de Boulogne, qui sont aujourd'hui le lieu de tous les trafics, y compris la traite des êtres humains »
- 4:34Invité politiqueFait
« Ce n'est pas une espace humide. C'est de la boue. »
- 8:03Invité politiqueFait
« À Paris, ce n'est pas une dynamique de mixité, c'est une dynamique de ghetto »
- 8:11Invité politiqueChiffre
« Vous êtes à 2,1%. »
- 8:33Invité politiqueFait
« Je ne veux pas de ghetto. Je veux de la mixité sociale »
- 10:22Invité politiqueFait
« C'est une erreur. C'est-à-dire que ceux qui ont toujours enjambé le premier tour, eh bien, souvent, ils ne se retrouvent pas au deuxième »
Temps de parole
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La suite donc de notre matinale spéciale municipale à Paris avec Léa Salamé, nous recevons maintenant la candidate engagée pour Paris, soutenue par les Républicains, actuellement maire du 7e arrondissement. Bonjour Rachida Dati. Bonjour. L'épidémie de coronavirus de questions entre dans une phase critique. Il y a des risques que des électeurs n'aillent pas voter, de peur d'être infectés. Plusieurs enquêtes d'opinion l'ont souligné. Le scrutin sera-t-il sincère, quoi qu'il en soit ?
D'abord, c'est une situation exceptionnelle, donc ça nécessite des mesures exceptionnelles. Ça, c'est le premier point. Le deuxième point, moi je pense que la priorité et l'objectif, c'est de protéger et d'informer en toute transparence les Parisiens, et notamment ne pas les faire paniquer. Moi, j'appelle effectivement à la responsabilité des électeurs. Ils sont mobilisés généralement sur une élection municipale. Donc il est important d'aller voter, de mobiliser sur cette élection, parce que, moi je le dis, il ne faut pas que les Parisiens se fassent voler leur élection.
Et puis ceux qui ne peuvent pas aller voter, ils peuvent donner évidemment des procurations, et moi je pense aux plus fragiles et aux plus vulnérables. Et les bureaux de vote seront équipés en matériel de protection pour pouvoir aller voter.
Le gouvernement a décidé de suspendre l'intégralité des visites dans les EHPAD, des visites à nos personnes âgées. Comprenez-vous cette décision ?
Moi, je me conforme aux recommandations des autorités sanitaires. Et donc, si c'est nécessaire pour protéger évidemment les personnes plus fragiles, plus âgées, oui, moi je m'y conforme. Moi, j'ai des résidences de personnes âgées dans le 7ème arrondissement. On va voir si tout se passe bien, s'il ne manque pas de matériel. Mais si effectivement, les visites sont interdites, les visites sont interdites.
Dernière question, Emmanuel Macron doit s'exprimer ce soir à la télévision. Son intervention est-elle justifiée ? Diriez-vous que le président et le gouvernement sont à la hauteur sur cette crise ?
Moi, je vais vous dire, je suis maire du 7ème arrondissement, je suis néélu local. Et je l'ai déjà fait comme maire d'arrondissement, quand il y a eu des manifestations de gilets jaunes, quand il y a comme ça des situations très exceptionnelles. Première chose, parce qu'il y a déjà des impacts économiques sur la vie de nos 62 000 commerçants à Paris et sur les PME. Première chose, il faudra effectivement pouvoir les soutenir. Il y a un fonds de soutien pour pouvoir les indemniser. Deuxième chose, il faudra les accompagner, notamment dans leur formalité administrative et fiscale. Obtenir des échelonnements, voire des dégrèvements.
Et l'autre aspect, il faut que la mairie de Paris puisse développer des lieux de co-working, ou en tout cas des lieux où il y a effectivement aussi du matériel de protection, pour ceux qui ne peuvent pas aller travailler à leur bureau. Des lieux de co-working, on risque d'être contaminé. Non, avec du matériel de protection. C'est-à-dire que vous pouvez avoir des espaces pour ça. Mais aussi, moi, je pense à l'ensemble des personnes qui sont au service des parisiens. Je pense aux aides à domicile ou aux personnes soignantes. Effectivement, il faut qu'on puisse...
Parce que moi, j'ai eu hier des médecins généralistes qui n'ont pas forcément du matériel à disposition, ou en tous les cas, ils ne sont pas informés pour les choses à faire. Le dernier point, moi, je ne sais pas ce que va annoncer Emmanuel Macron, mais quand on passe du stade 1, stade 2, stade 3, il faut informer de manière anticipée les parisiens ou les français, plus généralement. Ça veut dire quoi quand on passe du stade 1 au stade 2, ou du stade 2 au stade 3 ? À main d'anticiper. Bien sûr, notamment, par exemple, si on ferme les écoles, pour la garde des enfants, il faut l'anticiper. Aujourd'hui, on ne connaît pas les conséquences de passage d'un stade à un autre.
Alors, ouvrons un chapitre écologie à Paris, pour se fixer un peu les idées et avoir la ligne. Est-ce que vous diriez, à l'image de Nicolas Sarkozy, qui est venu vous soutenir en meeting il y a quelques jours, que l'écologie, ça commence à bien faire ?
Non, parce que l'écologie, ce n'est pas une question partisane, ce n'est pas une question politicienne. L'écologie, la santé, la protection de la santé de nos concitoyens, c'est une question politique majeure, qui structure une société. Moi, j'entendais juste à l'instant, Mme Hidalgo, parler du score trio. Vous savez qu'à Paris, il y a 500 espaces verts. 500 espaces verts. Là, on nous propose, c'est la fuite en avant, une forêt urbaine. Les forêts urbaines, ça n'existe pas. La nature en ville, la nature en milieu urbain, c'est organiser des parcs, des squares, des bois.
Et donc, moi, j'aimerais que, par exemple, on puisse parler des deux bois, notamment Bois de Vincennes, Bois de Boulogne, qui sont aujourd'hui le lieu de tous les trafics, y compris la traite des êtres humains. Et donc, moi, je voudrais qu'on puisse se réapproprier les bois, mais aussi les espaces verts. Attendez, Mme Hidalgo vient de parler du score trio, dans le 11e arrondissement. Moi, j'y suis allée. C'est un espace qui est ouvert jour et nuit. La nuit, il y a beaucoup de nuisances. Il y a un collectif de riverains qui s'en plaint. Il y a un mur dans ce square qui risque de s'écrouler. La moitié du square est condamnée. Il y a un espace humide. Ce n'est pas une espace humide.
C'est de la boue. Non, mais c'est important. Parce que là, on vante un bilan qui ne correspond pas à la réalité. Il faut y aller.
Alidalgo dit aussi qu'avec vous, ce sera le retour de la voiture reine. Est-ce que c'est vrai ? Est-ce que vous allez casser les pistes cyclables qu'elle a construites ? Est-ce que vous allez rouvrir les voies sur berge ? Est-ce que vous allez augmenter le nombre de places de stationnement ?
Non, mais la caricature, c'est trop facile. C'est trop facile. Vous voyez, je viens de vous parler d'un exemple précis. Elle dit, j'ai fait un super square. Il ne correspond pas du tout à la réalité.
Alors moi, je vais vous prendre un exemple précis sur lequel vous n'êtes pas claire. C'est les voies sur berge. Non, mais vous n'êtes pas claire. Est-ce que vous les rouvrez ou pas ? Vous avez dit tout et son contraire sur la question. Ah bon, j'ai dit tout et son contraire.
Vous avez dit en janvier, oui, elles seront rouvertes.
Et après, vous avez dit, j'en appelle à des experts.
Non, non. Où j'ai dit que j'allais rouvrir les voies sur berge ? Jamais. Je n'ai jamais dit ça. Pourquoi je ne dis pas ça ? Les Parisiens ont souffert de 6 ans de travaux. Non-stop. C'est pour ça que je dis, je ne serai pas, moi, le maire des travaux jamais finis. Ce n'est pas, effectivement, ma conception d'un maire. Simplement, le schéma de mobilité fait par Mme Hidalgo a été fait dans la radicalité. Il n'a pas été fait à l'échelle de Paris. Il a été fait par tronçon. La preuve, la preuve en est, les pistes cyclables, elles ne sont pas en continu. Une piste cyclable, ça nécessite un cheminement long. Ça n'est pas le cas à Paris. Ça a été fait en dépit du bon sens.
Alors vous faites quoi sur les pistes. Je vous le dis, l'autorité de l'environnement a rappelé à l'ordre Mme Hidalgo sur ce sujet, en disant, vous faites un schéma de mobilité, vous fermez les voies sur berge, sans aucune étude d'impact. Moi, je souhaite aujourd'hui, évidemment, avoir, faire un schéma de mobilité avec des experts, des élus, y compris les élus du Grand Paris, qui n'ont jamais été associés au schéma de mobilité. Donc attendez. Donc là, aujourd'hui, il faut déjà rectifier ce qui a été fait pour favoriser une mobilité, une fluidité à Paris. Et moi, je ferai un schéma de mobilité que je soumettrai aux Parisiens.
Est-ce que la question des voies sur berge, parce que ça n'a jamais été évaluée, est-ce que ça a fait diminuer la pollution ? Oui ou non ? Allez demander sur les quais aux bouquinistes, aux commerces, les quais hauts. Allez leur demander si ça a fait baisser la pollution.
Mais donc, c'est un chantier possible que vous pourriez rouvrir ces voies sur berge qui sont aujourd'hui des espaces piétons ?
La réponse est dans votre question. Chantier. Je ne rouvre pas de chantier. Donc elles restent comme elles sont. Non, mais Paris, c'est 105 km². Si vous figez des schémas de mobilité, vous tournez le dos au progrès à l'innovation. Moi, le schéma de mobilité va évoluer. Forcément que ça va évoluer. Paris ne va pas rester figé dans 105 km². C'est ça que vous n'entendez pas. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, tout est figé. Tout est figé.
C'est-à-dire qu'on a du mal à comprendre si vous arrêtez les pistes cyclables,
si vous en remettez, si vous voulez... Non, les pistes cyclables, il faut les faire. Moi, Paris-en-Sel, qui est une association que j'ai reçue, moi, je suis favorable au schéma qu'ils ont indiqué. Eux-mêmes contestent les pistes cyclables telles qu'elles ont été conçues.
Allez, on avance. Singularité de votre programme, vous voulez défendre la préférence locale. Par exemple, sur les logements sociaux, il y a 250 000 personnes en liste d'attente. Vous dites, je veux privilégier les Parisiens. Ça veut dire quoi ? Ceux qui travaillent à Paris, mais qui n'ont pas le moyen de se loger à Paris, n'auront pas de logements sociaux ? Ça veut dire quoi, la préférence locale ?
D'abord, le parc social. Moi, c'est un choix politique que je fais, qui n'est pas le même que celui de Mme Hidalgo. Le parc social, moi, le logement social, je trouve ça très utile. Bon, je suis un enfant du logement social. Quand il y a de la mixité, Mme Salamé, mais quand le logement social, c'est du ghetto, c'est comme ça. Vous savez, il y a beaucoup de villes qui en sont revenues, du logement social ghetto. À Paris, ce n'est pas une dynamique de mixité, c'est une dynamique de ghetto. Le parc social, vous savez, le fameux quota des 25%. Vous êtes à combien dans le 7e arrondissement ? Vous êtes à combien de logements sociaux ? J'ai 631 logements sociaux. Vous êtes à 2,1%.
Il en faut entre 20 et 25%. Oui, d'accord. 20-25%, vous les mettez où ? Le logement social, place du Palais Bourbon, dans l'Assemblée nationale, sur la tour Eiffel ? 2% dans le 7e, c'est suffisant ? Mais parce qu'il n'y a pas de foncier. J'ai été favorable au logement social. Je vous renvoie à une délibération de décembre 2017. J'ai été favorable. Mais pourquoi j'ai été favorable ? Parce que moi, je ne veux pas de ghetto. Je veux de la mixité sociale. Dès lors, on m'a donné l'assurance qu'il y aura des militaires, des policiers, du personnel soignant, des gardiens et gardiennes. Évidemment, je suis favorable. Je ne suis pas pour du ghetto. Le Nord et l'Assemblée nationale.
Ça veut dire quoi du ghetto ? Parce que le parc social, tel qu'il est conçu aujourd'hui par Mme Hidalgo, le parc social, c'est 25% de logements qui doivent être sociaux. Dans ce parc social, vous avez du très, très, très social et puis vous pouvez avoir de la classe moyenne. Mme Hidalgo a fait le choix que majoritairement, ce logement sera très, très social. C'est une erreur ? Donc, la classe moyenne ou la classe intermédiaire n'y a pas accès. Moi, je veux rééquilibrer ce pourcentage. Être plus favorable pour la classe moyenne et la classe intermédiaire. C'est un choix politique que je fais, qui n'est pas celui de Mme Hidalgo.
Rachida Dati, vous vous êtes emporté lors du dernier débat sur France Info en reprochant à Agnès Buzyn ses conditions pour faire alliance avec vous. On n'est pas à Koh-Lanta, lui avez-vous dit. « Là, ce n'est pas des alliances à qui vous donnez le collier d'immunité. » Ceux qui ne regardent pas Koh-Lanta, en fait, n'ont pas compris. Qu'est-ce que vous avez voulu dire ? Est-ce que vous pourriez nous le traduire en français courant pour qu'on sache ce qui va se passer au soir et au lendemain du premier tour ?
Je vais faire la publicité à TF1. En fait, c'est une épreuve, honnêtement, sur le mental, sur l'épreuve physique. Donc là, nous, on fait campagne, on fait campagne sur le terrain. Enfin, franchement, en fait, vous vouliez dire quoi, Agnès Buzyn ? Je ne comprends pas bien. Je trouve parfois Koh-Lanta, il ne récompense pas ni le mental, ni le travail, ni l'effort. Et donc, pourquoi ? Parce qu'à un moment donné, celui qui a fait le plus d'efforts, qui a le plus de mental, qui est plus déterminé, des alliances tactiques, et on l'élimine. Donc, ce n'est pas juste.
Elle a confirmé qu'il n'y aurait pas d'alliance avec vous au soir du premier tour. Est-ce qu'on a passé le premier tour ?
C'est une erreur. C'est-à-dire que ceux qui ont toujours enjambé le premier tour, eh bien, souvent, ils ne se retrouvent pas au deuxième. Donc, moi, je dis que c'est une erreur de parler d'alliance, de parler de tactique. Est-ce que l'élection, est-ce que le désespoir, l'exaspération des Parisiens trouveront une solution dans la tactique ? Non, ils trouveront une solution dans le projet.
Pour être maire de Paris, si vous voulez être maire de Paris, vous le savez, Rachida Dati, il y a un troisième tour. Pour ça, il faut faire des alliances. Vous ne pouvez pas gagner maire de Paris toute seule. Aucun candidat. Aucun candidat. Oui, mais c'est le cœur de votre problème, c'est que vous n'avez pas beaucoup d'alliés. Parce que les autres, ils ont des supers alliés. Ben, Hidalgo devrait avoir les verres. Ah, d'accord. Non, je ne sais pas.
Si vous ne savez pas, donc moi non plus. Voilà. Et vous, c'est qui vos alliés ? Si vous ne savez pas, c'est que ce n'est pas automatique, comme les antibiotiques. Mais, non, mais ce que je veux dire, c'est que, non, mais ce que je veux dire, c'est que, non, mais ce que je veux dire, c'est que, non, mais je vais vous dire une chose, madame, je vais dire madame Hidalgo, madame Salamé. Je suis la seule candidate qui est dans la clarté. Moi, je veux tourner la page de l'ère de madame Hidalgo. Je veux tourner cette page avec un projet. Je suis déterminée à changer la vie des Parisiens. Aucun autre candidat n'est dans cette clarté. Les autres candidats, les verts, sont déjà dans l'alliance.
Ils font partie de la majorité de madame Hidalgo. Ils vont se retrouver. Les uns et les autres ne cherchent que des alliances tactiques. Ça n'est pas mon cas. Moi, mon programme a été fait pour les Parisiens et avec les Parisiens.
Allez, dernière question marrante, comme à chacune d'entre vous. Quel est le pire défaut des Parisiens ?
Le pire défaut ? Est-ce que c'est un défaut de vouloir changer leur vie ? Peut-être qu'ils sont très exigeants. Et moi, je trouve que ce n'est pas un défaut. Je ne vais pas leur reprocher d'être exigeants, non ? Rachida Detti. On en reste là. Merci Rachida Detti.
Engagé pour Paris, soutenu par LR, maire du 7e arrondissement. Merci Rachida Detti.
Mes mails ? Merci Rachida Detti.
Rachida Dati