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interviewFrance 2 — Les 4 Vérités· 12 juillet 2024 9 min

Renaissance : le camp présidentiel cherche un chef - Sylvain Maillard est l'invité des 4V du 12 juillet 2024

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Bonjour, je suis Thomas Soto et vous écoutez Les 4V, un podcast de France Télévisions. Bonne écoute. En effet, bonjour Sylvain Maillard. Bonjour J.F. Psenakberg. Vous êtes aussi le président sortant du groupe Renaissance à l'Assemblée. Votre poste, pour lequel vous ne concourez pas, il est l'un des plus convoités du moment, puisque, sauf surprise, les candidatures devraient être connues aujourd'hui. Et c'est Gabriel Attal qui tient la corde. Est-ce que vous confirmez qu'il sera le seul peut-être candidat à cette fonction ?

0:30
Sylvain Maillard

Oui, probablement. La fin des candidatures, c'est tout à l'heure à midi. Oui, mais il est fort probable qu'il soit le seul candidat.

0:35
Présentateur

Pourquoi Gérald Darmanin et Elisabeth Borne, qu'on avait annoncé, ont-ils finalement jeté l'éponge ?

0:42
Sylvain Maillard

C'est un choix qu'ils ont fait, et surtout dans un choix d'unité. Nous sommes dans un moment évidemment difficile, difficile pour la France. Nous cherchons une coalition et nous travaillons dessus. Je crois qu'il nous semble important que notre groupe, qui est le deuxième groupe en taille de l'Assemblée nationale, nous serons une petite centaine de députés, doit être uni. Et pour être uni, il nous faut une seule direction. Et c'est le travail que j'ai mené, c'est le travail que chacun en responsabilité fera.

1:10
Présentateur

Mais Gabriel Attal est officiellement candidat ?

1:12
Sylvain Maillard

Il est officiellement candidat et il sera choisi, désigné. Nous c'est un vote électronique demain.

1:20
Présentateur

Est-ce que vous revendiquez aussi la présidence de l'Assemblée nationale ? Vous venez de dire que vous étiez le deuxième groupe le plus nombreux de l'Assemblée nationale, derrière celui du Rassemblement national. Est-ce que Yael Brown-Pivet a envie de se succéder à elle-même ?

1:34
Sylvain Maillard

Et est-ce que c'est votre souhait à vous ? Oui, c'est le souhait de Yael Brown-Pivet qui, je crois, est une très bonne présidente. Moi, j'ai travaillé avec elle au quotidien. Je pense que c'est le meilleur choix pour nous tous, dans la situation dans laquelle nous sommes, de reconduire son mandat. Quand vous dites vous tous, vous pensez à qui ?

1:51
Présentateur

Parce que les Français ne vous ont pas mis en tête de ces élections.

1:54
Sylvain Maillard

Je pense vraiment pour l'Assemblée nationale, dans le travail au quotidien de ce qu'elle fait, le respect des oppositions, le travail avec la majorité. Je crois qu'elle a été vraiment à la hauteur de sa tâche, et donc il me semble normal de la reconduire.

2:07
Présentateur

Mais les Français ont aussi exprimé, à travers leur vote, une volonté de changement. Même s'il n'y a pas de majorité absolue, il y a quand même des blocs qui sont, par exemple le bloc de la gauche, supérieur au vôtre. Est-ce que ce ne serait pas logique que la présidence de l'Assemblée émane plutôt de ce côté-là ? Vous me demandez de mon avis.

2:26
Sylvain Maillard

Mon avis, c'est évidemment de voir quelles sont les forces en présence, et de rappeler que le président ou la présidente de l'Assemblée nationale, elle doit représenter l'ensemble des députés. Et donc il y a une certaine hauteur à avoir, et je pense, et je trouve, qu'Yael Brun-Pivet est la bonne personne. Et un président de gauche ne pourrait pas avoir cette hauteur ? Je ne dis pas ça, je dis juste que je trouve qu'Yael Brun-Pivet, vous me posez la question, je vous y réponds de façon...

2:47
Présentateur

Votre préférence, on l'a comprise, mais votre avis plus objectif sur la situation politique...

2:51
Sylvain Maillard

Je voterai jeudi pour Yael Brun-Pivet.

2:53
Présentateur

Bon, eh bien c'est clair. Ce feuilleton, finalement, pour les places importantes à l'Assemblée nationale, la présidence de votre groupe, la présidence au perchoir, quelle impression cela donne aux Français, selon vous, après ce qui s'est passé, et après le vote de dimanche dernier, où beaucoup de Français ont voté, beaucoup d'électeurs ? Est-ce que c'est le plus important aujourd'hui, ces postes à l'Assemblée nationale ?

3:13
Sylvain Maillard

Évidemment que non. Le plus important, c'est de trouver une majorité, et nous y travaillons, dans l'éclatement qu'est devenu l'Assemblée nationale. Mais pour organiser le travail parlementaire, il faut un certain nombre de postes qui soient renouvelés, parce que c'est ces députés-là qui organisent le travail. Sinon, c'est une cacophonie. Donc évidemment, ce n'est pas important pour les Français, mais pour le fonctionnement de l'Assemblée nationale, ce sont évidemment des moments importants.

3:36
Présentateur

Alors, vous y travaillez, mais vous y travaillez dans quelle direction ? Aujourd'hui, on sait qu'il y a des dissensions au sein de votre groupe. Faut-il se tourner plutôt vers la gauche, plutôt vers la droite, les Républicains ? Quelle est, vous, votre position, et vers quoi on se dirige ? Est-ce que vous avez des contacts en ce moment même ?

3:52
Sylvain Maillard

Oui, des contacts, bien sûr. Nous avons commencé dès le lundi, suivant notre élection. Nous, ce que nous avons porté à Renaissance, c'est de dire qu'il faut nous ouvrir, et à gauche et à droite, avec évidemment les Républicains, le groupe ensemble. D'abord, Horizon, Modem et nous-mêmes, les Républicains, mais aussi les socialistes, ceux qu'ils veulent travailler dans l'arc républicain. Nous, c'est notre objectif, c'est de faire en sorte de trouver une majorité stable. Ce n'est pas 200 députés, il nous faut 250, 300 députés pour avoir une majorité stable, pour les 300 qui viennent. Ça va prendre du temps, je l'ai vu, Thunberg. On a besoin de temps.

On voit qu'en Allemagne, ça a duré plus de 4 mois.

4:28
Présentateur

D'accord, mais vous entendez et Laurent Wauquiez à droite, et Olivier Faure, par exemple, à gauche, je ne parle même pas des Insoumis, qui vous disent non, on ne veut pas faire alliance avec vous, donc vous n'en tenez pas compte ?

4:39
Sylvain Maillard

Vous savez, ils vont revenir, comme nous tous, dans leur circonscription, ils sont de retour aujourd'hui dans leur circonscription. Les gens ont peur. Les gens sont effrayés du fait que nous ne trouvions pas une majorité, ou pire encore, de se dire que la France insoumise pourrait être au pouvoir en France. Et donc, je crois que chacun sera appelé à la réalité des choses, et que nous avons besoin de construire une coalition qui est de l'arc républicain, avec des objets politiques parfaitement identifiés. Ça va prendre du temps aux républicains, aux socialistes, aux écologistes. Nous sommes prêts à travailler sur des projets extrêmement précis.

D'ailleurs, c'est ce que nous avions commencé dans l'ancienne mandature, sur beaucoup de lois ont été votées en transpartisans. Et bien, nous devons continuer à accélérer.

5:23
Présentateur

— Mais M. Maillard, vous n'admettez pas que la gauche, qui, sans avoir une majorité absolue, a quand même le bloc le plus important, revendique la direction du gouvernement, et considère qu'elle a quand même une majorité très relative, mais une majorité quand même...

5:36
Sylvain Maillard

— J'ai dit un gars, on peut vivre dans un monde parallèle. Mais en fait, les mathématiques vous rappellent à la réalité. Ils ont moins de 200 députés. Moins de 200 députés. Le moment où ils arrivent au pouvoir, avec des députés LFI devenus ministres, nous voterons une motion de censure. Immédiatement. Nous l'avons toujours dit. — La position du Rassemblement national est moins claire, par exemple. — J'étais président du groupe Renaissance. On avait... Ensemble, nous avions 250 députés. Nous avons vu à quel point c'est difficile de gouverner avec 250 députés. Ils n'ont même pas 200 députés. Ça ne peut pas fonctionner. Il faut être réaliste.

Il faut trouver une coalition avec beaucoup plus élargie. Ça va prendre du temps.

6:15
Présentateur

— Alors ce temps-là, vous estimez que les Français se satisfont d'un gouvernement qui va expédier les affaires courantes ? Par exemple, Gérard Larcher dit pourquoi pas jusqu'à septembre. C'est du jamais vu en France. Est-ce que ça, c'est acceptable pour les électeurs qui, encore une fois, se sont déplacés en masse dimanche dernier ?

6:29
Sylvain Maillard

— Moi, ce que me disent mes concitoyens, c'est qu'ils veulent que ce gouvernement, au moins pour les Jeux olympiques... Alors je suis en plus député de Paris... — Il n'y a pas que les Jeux olympiques.

6:35
Présentateur

Il y a des décisions à prendre, notamment.

6:36
Sylvain Maillard

— Vous avez raison. Mais au moins pendant le moment des Jeux olympiques, qui a été un moment extrêmement fort, le gouvernement qui a l'habitude, qui a travaillé les dossiers, soit en responsabilité. C'est ce qui va être le cas. Ensuite, ça va prendre quelques semaines pour trouver un nouveau gouvernement, une nouvelle coalition. Mais ce que nous voulons, c'est une coalition stable pour les trois prochaines années. Pas quelque chose qui va durer trois jours. — Et Gabriel Attal, il peut rester Premier ministre

6:58
Présentateur

et diriger le groupe parlementaire de l'Assemblée nationale. — Oui, quand on est... — Là, il y a un petit problème de double casquette.

7:03
Sylvain Maillard

— Non, en fait, Premier ministre ou ministre, en expédiant les affaires courantes, en fait, vous redevenez député automatiquement. Et donc, évidemment, vous pouvez cumuler les deux fonctions. C'est transitoire. Et donc, ça ne pose absolument qu'un souci. — Ça ne pose pas de souci, dites-vous.

7:18
Présentateur

Est-ce que vous souhaitez que le Rassemblement national, qui est quand même devant vous, le premier parti, le premier groupe à l'Assemblée nationale, dispose, par exemple, d'une vice-présidence, comme il l'avait avec Sébastien Chenu, et de postes, puisque c'est le moment où, aujourd'hui, on décide qui va occuper ces postes-là, dispose de postes au sein de la direction de l'Assemblée ?

7:38
Sylvain Maillard

— Ce sera une des premières discussions et décisions que devra prendre notre prochain président de groupe. Et avec l'ensemble des députés, nous aurons une réunion... — Vous l'avez donné tout à l'heure. — Nous avons une réunion mardi prochain pour discuter tous ensemble. Il y a deux options différentes, vous l'avez dit. Moi, je pense que c'est important que nos députés puissent s'exprimer dessus et qu'on puisse avoir une position majoritaire. C'est assez impactant pour la suite. Chacun a une histoire, aussi, par rapport à cela. Est-ce qu'il faut faire fonctionner comme d'habitude et représenter tout le monde, ou bien avoir une position politique ?

— D'ailleurs, vous avez donné votre avis sur Yael Brond-Pivet, que vous souhaitez voir reconduire au perchoir. Quel est votre avis sur... — J'ai mis un maire, je suis très respectueux. Vous savez, j'ai présidé ce groupe pendant plus d'une année. Je suis très respectueux d'entendre les députés sur cette position-là, parce que c'est une position qui sera évidemment extrêmement impactante pour la suite. — Mais vous, ça vous choquerez qu'il y ait encore un vice-président RN à l'Assemblée nationale ? Ou vous seriez d'accord ? — Permettez-moi, vraiment. Je veux absolument... Non, je ne sais pas que je ne veux pas vous répondre.

Je pense que c'est important que chacun de nos députés se prononce là-dessus. Je suis encore président pendant quelques heures. C'est la moindre des choses que je laisse les députés. J'ai toujours respecté cela. Je le continuerai jusqu'au bout.

8:44
Présentateur

— Merci pour vos réponses, Sylvain Maillard.

8:46
Sylvain Maillard

C'est la suite de Télématin. Merci beaucoup.

8:48
Présentateur

C'était Les 4V, un podcast de France Télévisions. S'il vous a plu, n'hésitez surtout pas à vous abonner. Vous pouvez également retrouver tous les replays en vidéo sur france.tv.

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