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InterviewRassemblement National (sur YouTube)· 14 janvier 2026 22 minContradictoireActualité / polémiqueAgriculture & alimentationEurope & internationalÉconomie & entreprisesSécurité

Thomas Ménagé : "La souveraineté alimentaire est une base d'un pays !" (BFMTV)

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 88 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:00OuverteÉludée

    Le gouvernement annonce 130 millions pour les viticulteurs. Sans budget, comment agir ?

  • 0:11RelanceÉludée

    Allez-vous déposer une motion de censure malgré le risque de bloquer les aides aux agriculteurs ?

  • 0:41OuverteRéponse directe

    La question de l'eau a-t-elle été suivie d'effets concrets ?

  • 1:20FerméeRéponse directe

    Votre président de fédération FNSEA vous dit de voter ?

  • 2:59OuverteRéponse directe

    Qu'allez-vous faire demain à Toulouse avec les agriculteurs ?

  • 3:34OuverteRéponse directe

    Emmanuel Macron avait promis une vision pour l'agriculture. Où est-elle ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:07PrésentateurFait
    « S'il n'y a pas de budget, on ne peut pas. »
  • 7:06Invité politiqueFait
    « Nous, on souhaite passer à une Europe des Nations. »
  • 17:36Invité politiqueChiffre
    « On perd 25 fermes qui ferment la porte chaque jour. »

Temps de parole

  • Présentateur46 %
  • Thomas Ménagé15 %
  • Locuteur 412 %
  • Locuteur 311 %
  • Locuteur 77 %
  • Locuteur 66 %

2,3 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Je vais donner un exemple. Le gouvernement dit, vous voyez le plan qu'on annonce avec notamment les 130 millions pour les viticulteurs. S'il n'y a pas de budget, on ne peut pas. Et là, ça vous revient, Thomas Ménager, d'une certaine manière. C'est-à-dire que, est-ce que vous vous dites, malgré tout, oui, on va déposer une motion de censure, oui, on va voter la censure, pour éventuellement faire tomber le gouvernement, au risque précisément qu'il ne puisse pas y avoir ses aides pour les agriculteurs ? Je vous répondrai bien entendu, mais l'instabilité politique, elle a bon dos. Les décrets d'application, ce n'est pas les députés qui les prennent.

Mais les promesses qui sont faites quand il n'y a pas de budget. Quand il y a des lois qui sont votées, que les décrets d'application peinent à arriver, n'arrivent jamais, excusez-moi, mais ce n'est pas l'instabilité. La question de l'eau, il y a eu, je ne sais pas comment il s'appelait, c'était le varenne de l'eau ? Oui, c'est ça, quel lieu ? Il y a eu des promesses, il y a eu plein de choses, ça n'a pas suivi. Donc après, l'instabilité n'aide pas, vous avez raison, je ne vais pas vous dire le contraire.

0:52
Locuteur 4

Quand on n'a pas de budget, c'est quand même compliqué d'aller faire des plans d'urgence au monde agricole.

0:56
Présentateur

Bien entendu, et ça on est d'accord, mais le problème qu'il y a, c'est que ce n'est pas qu'une question de plan d'urgence, de mettre sous perfusion. Bien entendu que c'est un sujet, mais c'est comme ça qu'on réagit maintenant depuis de nombreuses années. Donc le budget, qu'est-ce que vous faites ? Il faut régler les problèmes de fonds structurels en matière de normes, en matière de concurrence éloyale, en matière du Mercosur. Par contre, sur le budget, moi j'avais, je peux le dire très clairement, j'avais mon président de fédération de la FNSEA, de mon département, qui m'a appelé par rapport à ça, par rapport aux suites. Il vous dit quoi, votez ?

Lui, il dit, on va avoir besoin d'un budget, on est d'accord, mais moi je ne suis pas prêt pour des annonces qui, en plus, comme ça a été dit par monsieur, ne sont en plus pas des réelles annonces, mais souvent des choses qui sont réchauffées, qu'on va avoir dans un budget, et de sacrifier toute la population. C'est-à-dire que si pour sacrifier tous les Français pour des petites mesures qui ne vont rien régler aux problèmes agricoles, d'avoir un gouvernement qui, là, laisse passer indirectement le Mercosur, du moins un président de la République et un gouvernement... Il dit non, mais c'est très faux cul, arrêtez, arrêtez, depuis des mois... Il aurait pu venir, aujourd'hui ?

Vous auriez voulu qu'Emmanuel Macron vienne à l'art, enfin, certains réclamaient, c'est bien ça, le cornu, vous vous dites...

1:59
Thomas Ménagé

Mais moi, c'est le président Macron que je voudrais voir. Pourquoi ? Pour lui dire quoi ? Parce que, monsieur le président Macron, donnez-moi une vision. Moi, j'ai un métier, je suis agronome, j'ai besoin d'une vision à long terme. J'ai besoin du Edgar Pisani qu'on a eu après la guerre, qui a donné une vision. Parce que j'ai un métier à long terme.

2:14
Présentateur

Ministre de la Vigeture de De Gaulle, partout le contrôle de Guillaume Narret.

2:16
Thomas Ménagé

On travaille du vivant, animaux, végétal, c'est du vivant. Donc, si je n'ai pas 20 ans de vision, si mes enfants, 24-26 ans, ils veulent s'installer, ils ne s'installent pas. Je leur ai dit non. C'est un drame. Je n'endors pas la nuit, les amis.

2:27
Présentateur

Vous leur dites de ne pas le faire.

2:28
Thomas Ménagé

Non, je les mets en pause. Ça m'empêche de dormir, ce truc. C'est un truc de malade. Avec papa, ça s'est passé direct. Là, c'est non. Parce que je n'ai pas de vision. Parce que mes enfants, ils vont aller voir un banquier, ils vont s'endetter sur 20-25 ans. Eh bien, il y a trop de points d'interrogation. C'est halte là. Mais donc, il faut une vision. Et c'est bien le président Macron qui peut donner une vision. Donc, il peut sortir des rangs et nous le dire en face.

2:48
Présentateur

Vous voyez ces images toujours en direct de l'Assemblée nationale. Encore une fois, 350 tracteurs ont prévu, et agriculteurs, donc, sur les tracteurs ont prévu de dormir là ce soir. Je voulais qu'on accueille en direct Luc Mesba. Bonsoir et merci d'être avec nous. Vous êtes secrétaire général de la FDSEA Haute-Garonne. Et alors, vous, vous organisez demain à Toulouse un grand rassemblement. Je dis vous, FDSEA, mais les jeunes agriculteurs, Confédération Paysanne, Coordination Régale, toute l'intersyndicale qui dit que c'est demain que ça se passe à Toulouse. Qu'est-ce que vous prévoyez à Toulouse ? Tout à fait. Alors, si vous voulez, malheureusement, on n'a pas le droit.

On a fait différentes questions depuis... Je suis désolé, on a un problème de liaison. On va essayer de vous retrouver dans un instant, Luc Mesba, parce qu'il y a donc cette manifestation, cette grande manifestation qui se prépare ce soir. Alors, pardon, Olivier Détroya, vous le disiez, Emmanuel Macron avait promis cette grande vision. Il était allé à la rencontre des agriculteurs, notamment au moment des différents salons de l'agriculture. Cette vision, on ne l'a pas. Il y a, pardon, un chiffre que je redonne qui, moi, m'avait sidéré. Alors, on a fait un forum spécial agriculture la semaine dernière qui m'avait sidéré.

Mais dans le revenu des agriculteurs français, les trois quarts proviennent d'aides en moyenne. Trois quarts des revenus agricoles proviennent notamment de la PAC, mais aussi d'aides nationales, etc. Les trois quarts, c'est un système qui ne peut plus fonctionner.

4:05
Locuteur 4

On a eu, je parlais des généraux de l'alimentation de 2017, cette stratégie de la Ferme France de monter en gamme, qui était portée par Emmanuel Macron à l'époque, qui était de dire, voilà, produisons moins mais mieux, ce qui permettra de défendre nos positions à l'export. Et c'est vrai que cette stratégie-là a été perturbée et percutée par l'inflation assez forte, la guerre en lieu de l'invasion de la Russie, enfin de l'Ukraine par la Russie, et l'inflation qui a entraîné cette recherche du prix, enfin voilà, du prix le plus bas. Et c'est vrai que la Ferme France a perdu ses positions, sa force sur les productions standards.

4:44
Présentateur

D'où ce que disait Bruno Cardo, par exemple, sur la betterave. Je reprends ma betterave ce soir ? On est concurrencés aussi par les Allemands, par d'autres en Europe.

4:50
Locuteur 4

Et même en intracommunautaire, si vous regardez sur le port, par exemple, la volaille, on a parlé beaucoup du Mercosur, mais regardez l'Ukraine, sur le port, aujourd'hui, vous prenez l'Allemagne, les pays du Sud, l'Italie, l'Espagne, sont de redoutables compétiteurs. Donc c'est une bataille qu'on a perdue à la fois sur le plan international, mais aussi en Europe, et qui a cette nécessité-là de se dire quel est le modèle agricole que l'on veut, et comment surtout, ce qui me parle le plus important, on garde la spécificité du modèle agricole français où on a des grandes productions qui sont capables de cohabiter avec des productions plus locales, haut de gamme, etc.

Ça, c'est une des forces de notre...

5:29
Présentateur

Thomas Ménager, qu'est-ce qu'on fait ? Qu'est-ce qu'on fait là ? J'allais dire en urgence, mais il n'y a pas que l'urgence. Bruno Cardo vous dit, j'ai besoin d'une vision à long terme. Non mais cette loi spéciale, cette loi de programmation, on peut bien entendu en débattre. Mais moi je veux revenir quand même un instant sur le Mercosur. Vous dites, ils disent non, voilà, fin du game, on est mini-auditaires, on passe à autre chose. Cette année, dans le budget de la France, la contribution de la France, c'est-à-dire des impôts des Français, des agriculteurs et de tous les Français, augmente.

C'est-à-dire qu'on donne plus d'argent au fonctionnement de l'Union Européenne, on est déficitaire de près de 10 milliards, on perd chaque année 10 milliards. À un moment-ci, le deuxième contributaire net de l'Union Européenne, membre du haut franco-allemand, du groupe franco-allemand, la France, pays fondateur, n'est pas capable de faire ce qu'a fait le général de Gaulle en son temps avec la politique de la chaise vide, ce qu'a fait Margaret Thatcher, c'est-à-dire quand il y a des moments qui sont des moments de bascule pour l'avenir d'un pays.

Et je pense qu'on est à un moment de bascule, quand on n'est plus capable de donner un avenir à ceux qui nous nourrissent, de dire stop et de dire nous, on ne versera pas notre argent. Donc qu'est-ce qu'on fait ? On ne va plus au Conseil Européen ? On ne verse plus l'argent français à l'Union Européenne ? Eh bien oui. Et je pense que Mme van der Reyen, quand elle sera dans l'avion samedi pour le Paraguay, si elle se dit que l'Union Européenne tombe de main parce que la France, à un moment, met son courage, pour ne pas être plus vulgaire, sur la table, je pense peut-être quand même qu'elle va se poser la question. On n'est pas Chypre, on est la France, on est le deuxième contribueur.

Oui, mais on est quand même un parmi d'autres. Et quand on voit par exemple que l'Italie a dit finalement d'accord, que d'autres pays sont très favorables, que l'Allemagne se dit on a tout à gagner dans ce Mercosur, est-ce qu'on ne se fait pas plaisir en disant ça au nom de la France finalement ? Mais vous croyez vraiment que l'Union Européenne peut continuer sans la France ? Après avoir déjà perdu la Grande-Bretagne ? Non, mais ce n'est pas l'objectif. Vous ne voulez plus sortir de l'Union Européenne, corrigez-moi.

Nous, on souhaite passer à une Europe des Nations, où on aurait la capacité sur ce genre de sujet de dire non, de dire que si ça tue notre économie, ça tue notre agriculture, c'est non. Voilà ce que l'on souhaite. Mais à un moment, avec le système actuel, on n'a pas la capacité, on est plus souverain. Emmanuel Macron, oui, il n'a pas le pouvoir. Donc à un moment, il doit y avoir un bras de fer, il n'y a pas d'autre chose.

7:25
Locuteur 4

Si vous sortez l'agriculture de la PAC et du système européen, là vous provoquez l'effondrement total, pur et simple et demain. À un moment, quand le général de Gaulle a fait la politique de la chaise vide,

7:35
Présentateur

l'Union Européenne, ce n'était pas l'Union Européenne à l'époque, mais ce qu'il en était n'est pas tombé. Quand Margaret Pelschard a dit « Aguante my money back », l'Union Européenne à l'époque et la Grande-Bretagne est restée dans l'Union Européenne, c'est juste qu'à un moment, il faut utiliser les armes qu'on a en notre possession, et la seule arme que l'on a, c'est l'argent que l'on verse. – J'entends, mais ça, ça ne fait pas une vision. – Non, mais ça ne répond toujours pas à l'action de Bruno Cardo. – C'est juste qu'à un moment, il y a quand même un empinement. – J'entends que vous dites « Voilà notre méthode pour taper du poing sur la table et pour que les choses s'entendent ».

– Mais après, qu'est-ce qu'on fait ? – Parce qu'il y a quand même une urgence, et parce qu'on a aujourd'hui un gouvernement qui est en train de dire « On va trouver d'autres mesures » parce que clairement, le Mercosur, c'est fini. Mais c'est sûr qu'aujourd'hui, il y a un problème de prix, il y a un problème de normes. Il y a un problème aussi de concurrence déloyale et de normes. C'est-à-dire qu'à un moment, on ne peut pas mettre en concurrence nos agriculteurs avec d'autres pays qui ont d'autres intrants, d'autres produits phytosanitaires.

8:19
Locuteur 10

– Mais ça veut dire qu'au premier Conseil européen de juin 2027,

8:22
Présentateur

si Marine Le Pen ou Jordan Bardel a été élu président de la République, ils n'iront pas à ce Conseil européen, par exemple ? – Alors si l'avenir de notre pays, notre souveraineté alimentaire, l'avenir de notre agriculture, c'est quand même la base d'un pays, c'est-à-dire à un moment, c'est quand même l'une des bases. Je ne sais pas si vous levez les yeux au ciel, madame, par rapport à ce que je dis, mais quand même, sans agriculture, c'est peut-être ça ce qui vous fait les yeux au ciel. Mais moi, je suis élu d'un territoire rural. – Non, mais on ne parle pas d'être sans agriculture.

8:45
Thomas Ménagé

Le pourcentage de produits qui sont concernés, c'est quand même, on est en dessous de 10% pour tous les produits agricoles concernés. Donc, on n'est pas en train de parler du savoir de l'agriculture.

8:54
Présentateur

– Non, on ne peut pas avoir un pays qui est avec des services, madame. On ne peut pas avoir un pays qui est avec des services. – C'est ce que je dis, on n'a déjà plus d'industrie, on n'aura plus d'agriculture. – Ce n'est absolument pas ce que je dis, je dis juste qu'on n'est pas en train de faire face à la disparition de l'agriculture française. – Vous savez, l'argument qu'on me sert le plus, on me dit,

9:08
Thomas Ménagé

ouais, mais t'inquiète pas, Volo, le Mercosur, c'est un mistake par européen, c'est un truc comme ça. Mais je m'en fous que ce soit un mistake, un kilo ou cent mille tonnes, ce n'est pas les mêmes règles. On me demande de gagner la coupe du monde, mais la coupe du monde de foot, on me demande de la gagner, j'ai les crampons, j'ai les sacs à dos, c'est une concurrence, c'est non… – Je comprends votre argument et le problème de cette concurrence déloyale, je veux juste dire qu'on ne parle pas de la disparition totale de l'agriculture française et qu'il faut replacer le débat dans de plus justes proportions et ce n'était pas…

– Mais quand bien même, dans la balance commerciale, on était bien contents d'avoir l'agriculture depuis 1978. – Absolument, et les agriculteurs étaient contents d'avoir le soutien. – Ça y est, on n'a plus l'agriculture dans la balance commerciale, c'est quand même important.

9:47
Présentateur

– S'il vous plaît, on va continuer, on poursuit évidemment cette émission spéciale, on va continuer à en parler tous ensemble bien sûr, mais on va accueillir Lisa Def parce qu'il y a d'autres images qu'on voulait vous montrer sur ce qui s'est passé, tout ce qui s'est passé aujourd'hui autour de cette colère agricole, les images à avoir à tout prix, c'est maintenant avec vous Lisa dans cette mise à jour. Et d'abord, on y revient parce que c'est une des images marquantes de la journée, le corps à corps, façon mêlée de rugby entre agriculteurs et gendarmes sur l'autoroute A64, donc dans le sud-ouest.

10:11
Locuteur 3

– Oui, blocage emblématique de la colère des agriculteurs gérés par ce que l'on appelle les ultras de l'A64 au niveau de carbone. Ce matin, la préfecture ordonne de lever le barrage. Les agriculteurs bloqueurs doivent donc s'activer sur le champ pour tout déblayer, pour tout ranger, entourés de centaines de gendarmes pour sécuriser les opérations. À ce moment-là, notre correspondant Jean-Wilfrid Forkest s'apprête à approcher du camp, bientôt levé, en compagnie de Jérôme Bayle, le leader du mouvement. Ils sont en direct, c'est sur BFM TV.

10:40
Locuteur 7

– Eh bien, écoutez, nous sommes en train de nous rendre tout simplement sur le blocus. Alors, écoutez, je suis sévèrement encadré, voilà. Nous sommes à proximité du blocus et nous sommes avec Jérôme Bayle. Jérôme, c'est la fin de ce conflit ? – Non, mais là, je ne comprends pas si ça passe. En fait, on nous demande de lever le camp et en fait, on ne peut pas y aller, on ne peut pas les bloquer. – Eh bien, nous, on nous empêche de travailler depuis ce matin, c'est assez compliqué.

11:05
Locuteur 3

– L'attention est déjà palpable, pourtant, une consigne, une consigne a été donnée par la préfecture et elle est très claire, surtout, surtout pas d'affrontement.

11:15
Locuteur 7

– Qu'est-ce qu'il faut là ? Qu'est-ce qu'il brâle là ? Il nous empêche de revenir au truc. – Voilà, des scènes qu'on ne souhaitait pas voir, mais a priori, il y a une nouvelle, une première altercation ici entre les forces de l'ordre. – Les agriculteurs sont empêchés d'aller sur place par les forces de l'ordre.

11:36
Locuteur 3

– S'en suivent donc des altercations, comme le disait Jean-Wilfrid Forkest, pendant une vingtaine de minutes, 200 agriculteurs face à environ 300 gendarmes et les tracteurs, vous le voyez, face aux centaures blindés des forces de l'ordre. Et en plus, la presse qui veut montrer tout ça, il fallait y penser en termes d'organisation du côté de la préfecture. Et soudain, voilà justement la directrice de cabinet du préfet qui s'invite discrètement sur le barrage.

11:58
Locuteur 7

– Vous êtes en direction au BFMTV, madame la directrice de… – Bon, écoutez, laissez-moi gérer aussi. – Mais pour l'instant, vous ne gérez pas, j'ai l'impression. – Si, si, monsieur.

12:06
Présentateur

– Alors justement, à propos de gestion, la gestion justement de ce barrage, on a entendu Jean-Wilfrid dire « on nous empêche de travailler ».

12:12
Locuteur 3

– Oui, parce qu'à 300 mètres du barrage, les gendarmes n'empêchent pas seulement les agriculteurs d'aller jusqu'au camp, jusqu'au blocage, ils bloquent aussi la presse. Résultat, agriculteurs trop énervés, gendarmes presque débordés et journalistes exfiltrés, pas vraiment, vraiment ce qui était prévu au programme.

12:28
Locuteur 7

– Impossible de faire notre travail de journaliste, on a dû passer systématiquement avant chaque direct des coups de fil aux ultras qui étaient à l'intérieur, à la préfecture. Mais en fait, il a fallu que je ruse au dernier moment. Ah, la presse ne passe pas, me dit-on. – On va essayer d'enjamber, tout simplement, là. Ah, mais messieurs, vous êtes en direct, on va essayer de passer quand même pour faire notre travail, s'il vous plaît. Pourquoi vous nous bloquez ? Manifestement. – On va vous accompagner vers la partie, s'il vous plaît. – Ça s'appelle… ça s'appelle une exfiltration, voilà.

13:01
Locuteur 3

– Exfiltration réussie après les tensions, l'évacuation finalement, après un mois et un jour de blocage.

13:07
Présentateur

– On est en direct avec Bertrand Lou, bonsoir Bertrand Lou, vous êtes vice-président des ultras de la 64, vous bloquiez depuis un peu plus d'un mois maintenant, j'espère que vous êtes avec nous en direct, je vous vois. Ce blocage-là, c'est terminé Bertrand Lou, c'est terminé sur la 64 ce soir ?

13:22
Locuteur 6

– Oui, ce soir c'est terminé, on nous a pris un peu par surprise, on avait entendu quand même qu'on allait être délogé, on avait eu des formations un peu en offre, mais on ne s'attendait pas à un tel dispositif avec plusieurs centaines de venteurs mobiles, du blindé, des hélicoptères, on aurait dit qu'ils venaient en offre à la mort. Si on avait été seulement contactés par la préfecture, je pensais qu'on aurait pu s'entendre sur un protocole de sortie, et apparemment on ne faisait pas confiance, donc à ce moment-là, les tensions se sont montées, parce que l'inocontiel qu'on avait, les communications avaient été rompues.

14:06
Présentateur

– Là vous dites c'est terminé, c'est sur la 64, mais on sait deux choses, d'abord qu'il y a une manifestation prévue demain à Toulouse, je ne sais pas si vous y serez, et l'autre question c'est est-ce que vous avez prévu avec les ultras de la 64 de vous remobiliser ailleurs, plus tard, la semaine prochaine, est-ce qu'il y a des choses de prévues ?

14:23
Locuteur 6

– Oui, tout à fait.

En fait là, demain il y a une intersyndicale qui manifeste sur Toulouse, une manifestation qui n'est pas autorisée d'ailleurs, mais nous on n'a pas été conviés, justement parce que nous sommes une association et pas un syndicat, et puis nous avons nos propres façons de faire, c'est-à-dire que nous sommes toujours dans le respect des biens et des personnes, et surtout pas des dégradations, donc nous sommes un mouvement pacifiste, constructif, et dont nous partirons sur d'autres actions la semaine prochaine, sans doute, en attendant les résultats déjà des réunions que l'on va faire de la semaine, la semaine prochaine, sur le dossier qu'on va présenter à l'État et à la région.

15:04
Présentateur

– Et avec d'éventuelles nouvelles manifestations, on verra ce qui se passera la semaine prochaine. Merci Bertrand Lou d'avoir été en direct avec nous ce soir. Bruno Cardo, comment vous réagissez face à ces images-là, ce matin ? Honnêtement, depuis le début de ce mouvement, on a l'impression que le gouvernement essaie quand même de ménager, de ne pas envoyer les forces de l'ordre. Bienveillance, Guillaume Daré a raison. Bon, ce matin, ça s'est un peu tendu.

15:30
Thomas Ménagé

– Ça s'est un peu tendu. Enfin, je vous rappelle quand même qu'on a envoyé des gros blindés pour la DNC qui ont attrapé des voitures dans le moment les pâtures, la Dermato. Ouais, c'était un peu mal parti.

15:40
Présentateur

– Notamment le premier soir, en Ariège, effectivement, avec les vaccinations, ça s'est pas mal passé.

15:43
Thomas Ménagé

– Enfin, je l'ai plaint un peu, les collègues qui ont vécu ça. – De toute façon, la violence ne résout rien. Je crois que Jérôme Baye réagit super bien, là. Il maîtrise le truc. Voilà. Pas de violence, ça a toujours été le mot d'ordre. Par exemple, là, il y a plein de gens, je suis sur les réseaux sociaux, il y a plein de gens qui me disent « Vous avez fait une manif aujourd'hui avec la police, on vous ouvre la route et tout ça. » En fait, c'est manif déclaré. Et il y a quelques jours, il y a eu une autre manif qui n'était pas déclarée.

16:08
Locuteur 4

– C'était pas le cas la semaine dernière.

16:09
Thomas Ménagé

– Et interdite. Donc, il faut déjà faire la différence entre les deux. Donc, du coup, c'est deux boîtes, deux ambiances, comme on dit, ça n'a rien à voir. Donc, ça, il faut le dire aussi, il faut l'expliquer. Mais maintenant, j'aurais bien aimé, surtout sur le Mercosur, qu'on se fasse une unité syndicale comme on sait le faire dans tous les domaines économiques.

16:24
Présentateur

– Ah oui, ça a été très compliqué. On a arrêté tous les syndicats agricoles la semaine dernière en plateau pour le forum. – Tous les syndicats agricoles sont contre.

16:29
Thomas Ménagé

– Ça a été un pugilat pendant deux heures. – Ah oui, mais ma position personnelle, je suis désolé. – Entre agriculteurs. – Ah oui, mais c'est assez nul. Tous les syndicats sont contre, tous les partis politiques sont contre, pratiquement, je dois pas me gourette beaucoup. Pourquoi on n'a pas fait une unité sur un sujet ? On n'est plus que 390... – Est-ce que vous arrivez à l'expliquer, ça, Olivier Troya ?

16:45
Locuteur 4

– C'est parce que les attentes et les sujets de frustration sont tellement nombreux et tellement multifactoriels qu'on ne peut pas... C'est difficile de construire une unité sur un seul sujet. – Ça aurait été un beau symbole. – Ça aurait été un beau symbole, mais regardez la dermatose. On avait sur la réponse sanitaire à apporter à cette maladie une division stricte entre les syndicats.

Et effectivement, cette fracturation du paysage syndical aujourd'hui en France, il attise aussi ces difficultés, la difficulté de répondre à cette crise, c'est-à-dire que les attentes sont tellement différentes entre le projet de la FNSEA et celui de la Confédération paysanne qu'il est compliqué de répondre à tout le monde et qu'il y a tellement de problèmes que trouver une unité sur tous les sujets, c'est extrêmement compliqué.

17:24
Thomas Ménagé

– Je n'ai pas dit sur tout, j'ai dit sur le Mercosur, ça aurait été bien.

17:27
Locuteur 4

– Sur le Mercosur, pour le coup, il y avait une unité plutôt...

17:29
Thomas Ménagé

– Je rappelle quand même qu'on est plus que 380 000, on fait des projections de chiffres à 250 000, 260 000, très vite, on perd 25 fermes qui ferment la porte chaque jour. Il y aurait ça dans n'importe quel domaine économique, on aurait déjà fait un Grenelle ou je ne sais pas quoi. – Vous vous souvenez quand même

17:42
Locuteur 4

que la surface agricole de la France ne diminue pas d'autant, c'est-à-dire que c'est la... – Mais on perd des agriculteurs, c'est une concentration.

17:48
Thomas Ménagé

– C'est une nouvelle quand même.

17:49
Locuteur 4

– Non, ce n'est pas une bonne nouvelle, mais c'est-à-dire que si le modèle agricole se transforme et qu'on brise peut-être le tabou de la petite ferme française qui a besoin de se structurer pour être un peu plus compétitive...

18:00
Thomas Ménagé

– Je n'aime pas le mot petit et grand, enfin...

18:02
Locuteur 4

– On a un modèle agricole qui se transforme.

18:04
Thomas Ménagé

– Il faut arrêter de nous mettre des étiquettes sur le front et de nous enfermer dans des boîtes. On a tous la même mission, tous, quelle que soit la taille d'exploitation, on nourrit, voilà, on nourrit les gens, on bosse, on fait du mieux, on fait le maximum sur le sanitaire parce que le sanitaire, c'est le premier critère. Et voilà, et... – Après, je suis un idéaliste, je rêve un peu à vouloir... – Alors Bruno Cardo, on va le voir,

18:22
Présentateur

on va le voir, tout le monde, tous les élus, tous les politiques viennent à votre chevet, vous vous avez assisté au quasiment, l'ISA-DEF aujourd'hui, à une espèce de séance de speed dating à l'Assemblée où les politiques sont à deux doigts de venir, comment dire ça, draguer les agriculteurs.

18:35
Locuteur 3

– Exactement, après, on peut le dire, oui, on peut le dire comme ça, draguer, c'est le bon terme. Après la balade des tracteurs dans Paris, ce soir, c'était le défilé des politiques devant l'Assemblée nationale pour une opération séduction. Bruno Retailleau ou Michel Barnier pour Les Républicains ou encore Marion Maréchal, une parade de personnalités de tous bords politiques, de tous horizons, mais avec la même stratégie. Visiblement, chaque point commun avec les agriculteurs est mis en avant de façon manifeste. À les entendre, ils sont tous à fond derrière les agriculteurs qui manifestent. C'est le festival de l'empathie. – J'ai 55 ans, j'ai 55 ans.

19:11
Locuteur 10

– C'est pas d'aujourd'hui que je suis aux côtés des agriculteurs. Moi, j'habite là où je suis né, dans une commune de 1 600 habitants.

19:17
Locuteur 2

– Je voulais juste vous dire, en tout cas, que cette détresse dans la dignité, vous l'avez dit, on l'entend et on la ressent.

19:23
Locuteur 10

– Ils savent que je suis avec eux. – Mes amis, ce sont des agriculteurs. – On est assez alignés avec le rendement des questions. Il peut y avoir des nuances, mais enfin, on est assez alignés sur l'idée de ce qu'on veut. – J'ai toujours été voté, mais aujourd'hui, je n'ai plus confiance en vous. Je n'ai plus confiance.

19:38
Présentateur

– Mais alors, qui essaie-t-il de séduire ?

19:40
Locuteur 3

– Arnaud Rousseau, le président de la FNSA, Fédération nationale des syndicats agricoles. C'est à lui que tous ces politiques survendent leur rapprochement avec le monde agricole, avec les mêmes formules, les mêmes promesses répétées encore et encore. Arnaud Rousseau l'a bien compris et il adopte l'effet miroir.

19:56
Locuteur 5

– Quoi qu'on pense des différents partis, je dis la même chose à tout le monde, M. Retailleau. Je trouve que c'est important que vous entendiez ce qui bout à l'intérieur des gens. On réclame un texte de loi d'urgence agricole parce qu'il y a plein de sujets dans lesquels on nous dit « En fait, le politique ne peut rien, c'est la loi, c'est machin, on ne peut pas, on aimerait bien, mais on ne peut pas ». Ce qui nous intéresse, ce n'est pas les photos et les Barnum et tout ça.

20:15
Locuteur 3

– Et Arnaud Rousseau dit vouloir travailler un programme à proposer à tous les candidats qui vont se présenter à la présidentielle parce que, dit-il, le changement de logiciel viendra de là.

20:23
Présentateur

– Bon, Thomas Ménager, face à ces images-là, comment vous réagissez, vous ? – Vous êtes allé les voir aujourd'hui ? – Oui, j'y suis allé. On était une centaine, je pense, de députés du Rassemblement national. Je pense que les agriculteurs, ils jugeront aux actes et à la réalité. C'est-à-dire qu'il y avait notamment des Républicains qui ont soutenu Mme van der Leyen qui sont membres du même parti européen, braune pivée alors qu'Emmanuel Macron peut tout dire. Aujourd'hui, il y est opposé mais il n'y a pas toujours été opposé à la question du Mercosur. Nous, on a toujours été opposé à la question du Mercosur. On a toujours défendu nos agriculteurs.

Et voilà, donc après, ce n'est pas de la séduction, c'est juste un élément important de notre pays, l'agriculture, et qu'il est normal qu'on aille échanger avec nos agriculteurs. On n'a pas attendu qu'il soit dans la société nationale. – Je vais balancer Bruno Cardo qui, pendant les images montées par Lisa, disait qu'ils ont tous un cousin ou une cousine agriculteur ou une agricultrice. – Parce qu'avant, on a perdu 75% de nos fermes depuis les années 70, je crois, c'est ça ? – Un peu moins, la moitié. – Un peu moins, la moitié. Dans tous les cas, on est tous issus, je pense, d'une famille. Mais vous, nous tous, je pense sur le plateau, quasiment. Non, pas vous ?

– Non, je n'ai pas d'agriculteurs. – Mais on est quand même nombreux quand on est... Enfin, moi, mes grands-parents étaient agriculteurs, désolé, ben voilà, j'en fais partie. Mais je ne pense pas que ce soit surjoué même des opposants politiques. Il faut être sincère. Enfin, je pense que c'est le cas pour M. Retailleau.

21:41
Locuteur 4

– En tout cas, il y a une récupération.

Thomas Ménagé : "La souveraineté alimentaire est une base d'un pays !" (BFMTV) — Thomas Ménagé · Pourquijevote