Victoire sur l'aide à mourir : intervention émouvante de Sandrine Rousseau
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 80 %Attaque 10 %Défensif 10 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:11Fait
« Trop souvent, la fin de vie est synonyme de souffrance que la médecine n'est plus à même de soulager, d'une ultime soumission aux cellules cancéreuses, à la maladie dégénérative, à un système qui ne vous reconnaît pas le droit à disposer pleinement de votre corps. »
- 2:55Fait
« Il y a des morts clandestines en France. »
- 3:40Fait
« L'accès à l'aide à mourir ne repose pas sur une simple demande. Il est soumis à des conditions strictes toutes cumulatives qui devront être vérifiées par un médecin dans le cadre d'une procédure rigoureuse. »
- 3:40Promesse
« Nous avons choisi de ne pas ouvrir l'accès à l'aide à mourir sur le seul fondement des directives anticipées. »
- 3:40Promesse
« Nous avons choisi de ne pas étendre ce droit aux mineurs. »
- 3:40Promesse
« Nous avons refusé l'accès à l'aide à mourir aux personnes atteintes de maladies limitant les capacités cognitives et par conséquent non à même d'exprimer un consentement libre et éclairé. »
Temps de parole
- ?100 %
≈ 1,8 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Puisse la laïcité dans son sens le plus noble, le plus universel entrer dans cet hémicycle. Puisse la République accompagner les derniers moments de celui qui croyait au ciel comme de celui qui n'y croyait pas. Il est en effet des jours comme celui-ci où notre vote en tant que parlementaire représentant du peuple dépasse le seul exercice de la loi. Des jours où il nous est donné de créer de nouveaux droits. Ici l'aide à mourir. Des jours où notre vote permet d'accompagner avec plus de liberté, d'égalité et de fraternité les personnes en fin de vie.
des jours où nous avons l'opportunité de faire advenir le combat mené de longue haleine par celles et ceux qui ont porté avec force et courage une cause qui nous concerne tous et toutes. Je pense ici aux associations, aux militants et en premier lieu bien sûr à Olivier Falorni, mais je vois aussi Jean-Luc Romero, Jonathan Denis évidemment ainsi que tous les membres de la de la convention citoyenne et Jean-Louis Toren des jours où il nous a et Jean-Louis Touren des jours où il nous appartient de mettre de permettre à notre société de se préoccuper d'une question à la fois profondément intime. et éminemment universel, celle de la fin de vie, des derniers jours de l'existence et de la mort.
Ces jours sont rares, ils sont précieux, ils nous obligent. À celles et ceux qui nous écoutent aujourd'hui, à celles et ceux qui ne sont plus parmi nous, mais dont la mémoire demeure présente dans cet hémicycle, je voudrais dire que nous pensons à vous. Trop souvent, la fin de vie est synonyme de souffrance que la médecine n'est plus à même de soulager, d'une ultime soumission. aux cellules cancéreuses, à la maladie dégénérative, à un système qui ne vous reconnaît pas le droit à disposer pleinement de votre corps. Grâce à ce texte, la fin de vie sera le moment du choix en conscience, de la sérénité, de l'amour exprimé à celles et ceux qui ont compté.
Pouvoir dire les mots, tenir les mains si chères, se noyer une dernière fois dans le regard des gens que nous avons aimé est une manière d'alléger pour celles et ceux qui le souhaitent, pour celles et ceux qui vont mourir ces derniers instants. Oui, aujourd'hui on meurt mal en France et il est temps de regarder en face la réalité. Aujourd'hui, il y a ces médecins qui débranchent les patients ou qui forcent un peu la dose à la demande des patients. Il y a ces patients qui arrêtent leurs soins et dont les douleurs explosent. Il y a ces personnes qui partent en Belgique ou en Suisse. Il y a celles et ceux qui se suicident.
Il y a celles et ceux qui cherchent un un moyen d'avoir accès au médicaments interdits. Oui, il y a des morts clandestines en France. Avec cette proposition de loi créant l'aide à mourir, le législateur ne détourne plus le regard. Il choisit d'affronter avec lucidité la question de la fin de vie, de lui donner un cadre exigeant. Nos débats en séances publiques et en commission ont permis de renforcer encore les garanties qui entourent ce dispositif afin de prévenir toute dérive et de protéger les personnes les plus vulnérables. L'accès à l'aide à mourir ne repose pas sur une simple demande.
Il est soumis à des conditions strictes toutes cumulatives qui devront être vérifiées par un médecin dans le cadre d'une procédure rigoureuse. Cette loi est le fruit d'un équilibre, un équilibre difficile, parfois douloureux, qui nous a conduit à faire des choix et à accepter certains renoncements. Nous avons choisi de ne pas ouvrir l'accès à l'aide à mourir sur le seul fondement des directives anticipées. Nous avons choisi de ne pas étendre ce droit aux mineurs. Nous avons refusé l'accès à l'aide à mourir aux personnes atteintes de maladies limitant les capacités cognitives et par conséquent non à même d'exprimer un consentement libre et éclairé.
Mes chers collègues, nous arrivons au terme des débats. Nous avons nous savons qu'aucune loi ne pourra jamais minimiser la douleur de la fin de vie pour les personnes qui partent comme pour celles qui restent. Mais une loi comme celle-ci offre un cadre légal. Juste cela, rien que cela, mais tout cela. un cadre légal aux patients, aux soignants, aux proches. Nous ne votons pas aujourd'hui une loi magique sur les conditions de fin de vie. Nous mettons juste à distance les dogmes et les croyances pour les pour les respecter tous dans leur diversité. Telle est laïcité. Celui qui croyait au ciel et celui qui n'y croyait pas. Chacun aura les le choix des conditions de sa fin de vie.
Mes chers collègues, nous voterons majoritairement ce texte et je me permets de remercier tous les collègues qui m'ont accompagné depuis le début, Julie Laernaud, Sébastien Petavi, Daniel Simonet et tout le groupe écologiste. C'est avec responsabilité mais aussi beaucoup d'émotions qu'à titre personnel, je voterai ce texte et permettez que mes derniers mots lors de ma dernière lecture reviennent à ma chair, à m'attendre, à mon aimé maman.
[applaudissements]
Merci beaucoup madame la députée.
Sandrine Rousseau