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Discours / meetingyoutube.com· 11 février 2026 10 minAutoproduitFond programmatiqueÉducation & rechercheInstitutions & élections

[Extrait Séance] Maxime Michelet s'exprime sur le système d''orientation post-bac

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Chapitres

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Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:10Invité politiqueChiffre
    « Dans une récente étude, l'Institut Montigne affirme que 27 % des jeunes de 18 à 24 ans sont insatisfaits de leur orientation proportion considérable qui prouve bien l'existence de problèmes considérables. »
  • 6:51Invité politiqueFait
    « Dans une proposition de loi déposée en 2023, mon excellent collègue et voisin Roger Chudo rappelé à juste titre que le baccalauréat constitue au terme du code de l'éducation le premier grade de l'enseignement supérieur. »

Temps de parole

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Maxime Michelet

Dans le cadre de la présente semaine de contrôle, le groupe UDR a en effet choisi pour thématique de son débat une préoccupation qui se retrouve chaque année au cœur des préoccupations de centaines de milliers de familles. Cette préoccupation, c'est l'orientation postbac. Alors que chaque année, cette préoccupation devrait être l'occasion de discussion d'avenir, perspective constructives, d'ambitions heureuses, elle est devenue malheureusement un sujet d'anxiété et d'inquiétude cristallisé depuis 2018 autour de la plateforme Parcours Sup qui assure la gestion de l'accès à l'enseignement supérieur.

En 2022, en effet, l'IPS indiquait que 83 % des utilisateurs de la plateforme jugaient la procédure stressante tandis que seulement 28 % d'entre eux la jugaient équitable. Son fonctionnement demeure en effet opaque pour nombre d'élèves, pour nombre de familles. Nombre d'entre eux déclarent ne pas comprendre les critères de sélection, les raisons des refus essuyés. Ils nourrissent un sentiment d'arbitraire qui renforce la certitude que leur avenir a été décidé par des algorithmes sans que leur dossier n'a été réellement examiné.

Cette certitude, fondée ou non en fonction des situations, vaut à parcours supune une réputation d'illisibilité, d'injustice que les réformes successives année après année auront bien des difficultés à effacer malgré des ajustements utiles à la clarté de certains critères. 8 ans après sa mise en place pour remplacer APB admission postbac dont le système était arrivé à bout de souffle, il est nécessaire de reconnaître que la procédure parcours sup n'a pas rempli ne remplit pas et ne remplira pas a priori les ambitions qui lui avaient été fixées initialement.

Comme dans tant d'autres domaines de l'action de l'État, la simplification initialement promise aura mené à davantage de complexité, notamment quant au calendrier de parcours sup, quant à la succession des phases et quant à la succession des délais d'attente. Mais parcours sup ne saurait être le seul élément de cette réflexion sur les limites, sur les perspectives d'amélioration du système d'orientation postbaccalauréat. En effet, si parcours supristallise et porte en quelque sorte à incandescence les motifs d'inquiétude et d'incompréhension, il ne serait être tenu pour le seul et l'unique responsable des défaillances d'un système d'orientation qui manque cruellement d'efficacité.

Deux défaillances nous semblent expliquer la crise de l'orientation postbaccalauréat. Je vous les évoquerai successivement. Tout d'abord, la défaillance du système d'information à l'orientation lui-même. Dans une récente étude, l'Institut Montigne affirme que 27 % des jeunes de 18 à 24 ans sont insatisfaits de leur orientation proportion considérable qui prouve bien l'existence de problèmes considérables.

Cette même étude démontre également à contre-courant d'ailleurs de quelques idées reçues sur l'orientation que l'insatisfaction est nettement plus grande chez les élèves issus de la filière générale que chez les élèves issus de la filière professionnelle et j'y reviendrai d'ailleurs en abordant deuxème élément de défaillance majeure que nous identifions. Mais afin de rester dans cette question du de l'information à l'orientation elle-même, c'est-à-dire de l'information reçue en amont par les élèves, il nous faut nous demander surtout comment les jeunes élèves de France se renseignent-ils sur leur orientation.

Et je vais citer une dernière fois cette éclairante étude de l'Institut Montigne qui date de cet automne. Il est particulièrement intéressant d'y constater que les organismes officiels d'information et d'orientation ainsi que les responsables pédagogiques comme les psychologues de l'éducation nationale ou les conseillers principaux d'éducation arrivent en que de ploton tandis que le haut du classement est occupé par les parents, il faut le dire précisément par la mère suivie par internet.

Si les professeurs occupent une place intermédiaire dans ce classement, ils sont au même niveau que les amis et l'orientation semblerait donc être une affaire plus familiale que scolaire dans notre pays avec toutes les conséquences sociales et notamment de reproduction d'injustice que nous pouvons imaginer. Réside ainsi ici un des grands manquements à nos yeux de notre système scolaire. Alors la question des heures occupe une place évidemment prépondérante. 54 heures pour les lycées généraux et technologiques, mais des heures pour le moins volatiles, on le dira. contre 265 cœurs pour les lycées professionnels.

Disproportion qui peut sans nul doute expliquer la disparité de satisfaction que j'évoquais assis avant. Mais la question des acteurs est aussi une question essentielle car la multiplicité d'entre eux explique bien souvent la complexité de notre système d'orientation et notamment le défaut d'identification des acteurs d'orientation. En 2017, la fusion du corps des psychologues scolaires et du corps des conseillers d'orientation psychologue créant le corps de des psychologues de l'éducation nationale des psen a marqué une étape supplémentaire dans le caractère peu lisible de nos dispositifs d'orientation.

Alors certes, il faut faire preuve de psychologie pour accompagner les jeunes français sur la voie de l'orientation, mais avoir choisi de donner la priorité à la psychologie sur l'orientation dont le mot même a disparu de l'intitulé de la fonction nous apparaît comme une erreur. Contrairement au conseillers d'orientation, les psychologues de l'éducation nationale ne nous semblent pas suffisamment identifiés par les élèves en vue de mission d'orientation.

Il est inutile de souligner également que dans le désert pédopsychologique, pédopsychiatrique qui est devenu notre pays, ces psyen qui sont déjà en bien faible nombre sont bien souvent amenés à palier d'abord les défaillances de notre prise en charge de la santé mentale des jeunes avant de s'occuper de des défaillances de notre système d'orientation. Alors que l'orientation a besoin de clarté, de lisibilité d'acteurs identifiés, la fusion de 2017 a donc nécessairement entretenu la confusion. L'orientation a besoin d'agent, de dispositifs clairement identifiés par les élèves. Elle a besoin donc d'une clarification des acteurs, elle a besoin d'une clarification des missions.

Elle a besoin en somme de simplification et de lisibilité comme tant et tant de politique publique. Si cette première défaillance de notre système d'orientation postback aura peut-être les honneurs de faire consensus, je doute que la seconde défaillance que nous identifions soit aussi consensuelle car cette seconde défaillance c'est la défaillance de la sélection. Pour nous, il n'y a pas d'orientation sans sélection. Affirmer le contraire relève au mieux de l'idéologie, au pire de la de la démagogie. en tout cas, c'est mentir à notre jeunesse et ne pas lui faire un cadeau. L'orientation mobilise d'ailleurs deux sélections.

évidemment, celle de l'élève vis-à-vis des formations qu'il choisit, des établissements qu'il choisit, mais aussi celle du système d'enseignement et de ces établissements qui doivent pouvoir, en toute clarté, en toute honnêteté, sans algorithme mais avec un jugement rationnel et fondé, indiquer les formations désirées sont que les formations désirées sont en adéquation avec les compétences acquises prébac mais aussi avec le projet professionnel poursuivi. Or, cette sélection n'est plus possible aujourd'hui.

Dans une proposition de loi déposée en 2023, mon excellent collègue et voisin Roger Chudo rappelé à juste titre que le baccalauréat constitue au terme du code de l'éducation le premier grade de l'enseignement supérieur qui l'autorise l'accès à celui-ci qu'en somme, il serait bien acrobatique de vouloir parler d'orientation postbac sans parler du bac lui-même. Car au-delà des dysfonctionnements de parcours sup, des défaillances de notre système d'information à l'orientation, le principal écueil que rencontre aujourd'hui nos élèves, nos familles, nos établissements, c'est bien l'écueil d'un baccalauréat vidé toute substance par plusieurs choix délétaire.

Alors, je sais que je parle ici pas au ministre en charge de du baccalauréat, mais je je vous l'évoque tout de même. Dans une simultanéité qui n'est d'ailleurs pas innocente, le déploiement de parcours supué à partir de 2018 en parallèle de la réforme du baccalauréat. Une réforme qui a anticipé, amplifié les angoisses liées à l'orientation par la nécessité de faire dès la fin de l'année de seconde des choix très déterminants et parfois très compliqué pour les familles qui déterminent leur rotation postbac.

une réforme qui a également affaibli la lisibilité des dossiers scolaires par un combo assez explosif entre la suppression des filières, un système de spécialité qui autorise toutes les tactiques et puis un rôle accru surtout donné au contrôle continu. Le nouveau calendrier des épreuves aussi de ce baccalauréat a poursuivi la dynamique déjà à l'œuvre avec APB qui fait de cet examen pourant fondateur un rendez-vous désormais moins important que la procédure parcours sup elle-même. Et je veux souligner que le rôle accru n'est pas à minorer dans ces dysfonctionnements car désormais la notation est devenue l'objet d'un marchandage entre professeurs, entre avec les familles.

Chaque note étant considérée non plus comme le témoignage d'un parcours scolaire mais bien comme un élément prépondérant du sacre sain dossier parcours sup qui a pris toute la place du baccalauréat. Ce baccalauréat qui devrait être en toute logique la clé d'accès à l'enseignement postbaccalauréat est devenu en fait un élément secondaire. euh de cette orientation. Un élément secondaire en regard de la primauté de la procédure parcours sup. Un élément secondaire aussi car ce diplôme désormais largement distribué ne joue plus son rôle de validation des compétences.

Alors au début de mon propos, j'avais évoqué la différence de satisfaction entre les bacheliers professionnels et les bâcheliers généraux. J'ai dit que cela s'expliquait évidemment par la différence de quasiment de 1 à 5 entre les heures attribuées. Mais une autre différence me semble nécessaire à souligner. En 2025, 96,4 % des candidats du bac général sont devenus bâcheliers. 84,1 % des candidats du bac pro sont devenus bachelier. Ce bac pro est plus professionnalisant dans l'accès à l'information. Il est aussi plus sélectif. Il mène donc à une orientation plus satisfaisante.

Au regardes différents constats, il nous apparaît que les mesures nécessaires à l'amélioration du système d'orientation postbaccalauréat reposeraient sur trois piliers. Premièrement, la suppression de parcours supueseur d'autant de sentiments d'angoisse que d'injustice.

Deuxièmement, le renforcement des dispositifs d'information à l'orientation en les rendant plus identifiables et moins facultatifs, mais enfin surtout par la restauration du baccalauréat comme véritable outil de validation des compétences nécessaires à la poursuite d'étude comme véritable clé d'accès à l'orientation postbac et cela tant par la réforme de son calendrier que par la simplification de la scolarité au lycée mais surtout et je veux insister là-dessus par l'abandon du contrôle continu qui a faussé la philosophie de cette orientation. Je vous remercie. Yeah.