LAURENT JACOBELLI : « LFI encourage la violence ! » (LCI)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 21 %Attaque 59 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 69 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:08OuverteRéponse directe
Quels sont les chiffres des lycées bloqués et des blessés ?
- 1:43OuverteRéponse partielle
Valérie Pécresse accuse LFI de rembourser la casse, que répondez-vous ?
- 2:54OuverteRéponse directe
Montrez l'image du lycéen blessé, comment réagissez-vous ?
- 6:51FerméeRéponse directe
Pouvez-vous lancer un message pour que les manifestations restent pacifiques ?
- 9:19FerméeÉludée
Qui va payer les 100 000 euros de dégradations ?
- 17:36OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que vous en tirez, Laurent Jacobelli ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:36Invité politiqueChiffre
« 3 600 milliards de dettes, des impôts à 50% des revenus quand on fait le cumul. »
- 0:48Invité politiqueFait
« Il faut chasser la mauvaise dépense avant d'avoir l'idée saugrenue d'aller chercher un centime d'euros supplémentaire dans la poche des Français. »
- 1:14PrésentateurChiffre
« On est maintenant à 416 lycées bloqués ou perturbés, plus de 30 blessés. »
- 3:53InvitéFait
« Et ça s'ajoute quand même à une série d'autres violences policières. »
- 5:27Invité politiqueFait
« Dire en permanence, la police c'est le mal, la violence est légitime, vous créez un climat où tabasser un policier, insulter un policier, lancer un caillou à un policier devient légitime. »
- 10:40InvitéFait
« Des policiers qui me disaient qu'ils interdisaient à leurs enfants à l'école de donner la profession des parents pour pas que les enfants se fassent tabasser. »
- 11:06InvitéFait
« Il y a des policiers qui sont tués dans l'exercice de leurs fonctions. »
- 15:16Invité politiqueFait
« On a depuis 10 ans des gens qui ne veulent pas agir, qui ne veulent pas réformer, qui disent qu'on verra bien demain. »
- 19:43InvitéFait
« Nous sommes confrontés à un feuilleton. Ce média est un journal d'extrême gauche composé de fanatiques qui useront de tous les moyens, y compris les plus déloyaux, pour nous empêcher de gagner l'élection présidentielle. »
- 21:04InvitéFait
« M. Bardella, on le commente depuis hier, mais enfin, il est l'écume finalement au haut de la vague. »
- 22:09Invité politiqueFait
« Qui a dit qu'en France, il y avait un antisémitisme résiduel ? M. Jean-Luc Mélenchon. »
- 29:01Invité politiqueFait
« C'est de la manip. »
- 33:09Invité politiqueFait
« Il y a aujourd'hui un parti qui ne voit pas l'antisémitisme et c'est le parti du Président de la République qui a refusé d'aller marcher après le pogrom du 7 octobre pour ne pas créer de problèmes dans les banlieues. C'est un acte lâche. »
- 33:23Invité politiqueFait
« Il y a un parti aujourd'hui qui ne parle que de race du matin au soir, qui met une cible dans le dos de nos compatriotes de confession juive, c'est la France insoumise. »
- 33:35Invité politiqueFait
« Moi je vois les faits. Alors les histoires, les machins qu'a vu machin, etc., il faut arrêter. »
- 34:45Invité politiqueFait
« Je pense qu'il a des propos parfois qui peuvent encourager ce type de pensée. »
- 36:07Invité politiquePromesse
« Nous allons faire campagne, nous allons parler du fond, notre ticket est très clair, Marine Le Pen, présidente de la République, Jordan Bardella, Premier ministre, parce que nous sommes unis autour d'eux. »
Temps de parole
- Laurent Jacobelli29 %
- Invité22 %
- Invité 215 %
- Présentateur12 %
- Invité 310 %
- ?7 %
≈ 23,3 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Depuis
des années, les Français font des efforts. Ils font des efforts soit en voyant leur salaire stagner, soit en payant plus d'impôts, soit en ayant à subir toujours plus de réglementations. Et à chaque fois, ils voient effectivement le service public décliner. C'est quand même questionnant de voir à la fois des pompiers, des lycéens, des salariés, des agents du service public. Chaque jour, une nouvelle manifestation. C'est-à-dire que plus rien ne va en France. Et la réponse du gouvernement est qu'on va créer de nouvelles taxes ou alors on va s'en prendre tantôt aux retraités, tantôt aux agents de la force publique. Bref, jamais personne ne pose la bonne question aujourd'hui.
Comment un pays qui est sur-endetté comme le nôtre, sur-taxé comme le nôtre, 3 600 milliards de dettes, des impôts à 50% des revenus quand on fait le cumul ? Comment on arrive à avoir des trous dans la caisse et un service public qui décline ? C'est la mauvaise dépense. Il faut chasser la mauvaise dépense avant d'avoir l'idée saugrenue d'aller chercher un centime d'euros supplémentaire dans la poche des Français, que ce soit directement à travers la taxe ou alors avec le gel des retraites ou le
gel
des salaires. Symptôme le plus brutal de ce que nous vivons, c'est évidemment la colère lycéenne qui est considérable et les chiffres deviennent particulièrement inquiétants. On est maintenant à 416 lycées bloqués ou perturbés, plus de 30 blessés. Et certains, on a vu tout à l'heure des images, on en reverra d'autres, parfois ce sont des blessures qui peuvent être relativement graves en l'État. Le ministère de l'Éducation a recensé ces plus de 400 établissements concernés, les bloqués, les perturbés, les nombreux blessés. Elisabeth Martichoux, on est là dans une situation qui n'est pas loin d'être incontrôlable. D'ailleurs, rebondissement,
vous
le voyez tout à l'heure, c'est Valérie Pécresse qui dit qu'on va faire payer ça au maire de Saint-Denis, à la mairie de Saint-Denis.
Alors effectivement, il y a deux sujets là que vous posez sur la table. Il
y a
l'effervescence étudiante. On va découvrir qu'effectivement, quand on a 18 ans, 19 ans, on manifeste et aujourd'hui on brûle parce qu'on veut créer des images. Par ailleurs, Valérie Pécresse, qui est présidente du Conseil régional d'Ile-de-France, demande à LFI de rembourser la casse qui a été faite parce qu'elle accuse LFI d'avoir mis de l'huile sur le feu et d'avoir encouragé, d'avoir attisé, fait l'apologie de la violence d'une certaine façon. C'est vrai que le maire de Saint-Denis, Bali Bagayoko, on va peut-être en parler, mais a eu... Alors il a modéré dans la deuxième partie de sa phrase, mais il a quand même dit que la violence était légitime.
Il aurait dit, on peut la comprendre, mais de dire qu'elle est légitime, ça veut dire qu'on l'autorise. À
partir du
moment où on autorise la violence, eh bien effectivement, on l'encourage. Entendons-le
dans ces mots et vous allez pouvoir réagir. Parlons d'abord de l'image qui a alimenté, disons, ce débat et cette controverse. C'est celle qu
'on
voyait à l'instant. On peut la voir en résumé. On est à Saint-Ouen-aux-Mônes. Un lycéen qui est pris à partie, mais aussi qui prend à partie les policiers, tire de grenades lacrymogènes. Il est blessé gravement. Il a perdu de nombreuses dents. Écoutez d'abord, vous allez réagir,
mais
écoutez d'abord Bali Bagayoko.
Mais ce sont des humains. Mais la violence, à un moment donné,
elle
peut être légitime aussi. Elle peut être légitime. C'est quoi cette affaire ? Bien sûr qu'elle peut être légitime. Le problème que l'on dit à tous ces jeunes-là, c'est oui, elle peut être légitime. Mais chaque fois qu'on peut l'éviter, c'est mieux.
La
deuxième partie de la phrase. Adrien Beclair. Mais bien sûr qu'il faut éviter la violence. Et moi, je suis scandalisé de voir, effectivement, comme vous le montrez sur l'image, un jeune homme,
un
enfant, il est mineur, c'est un enfant sur la tête duquel, sur le visage duquel, on tire une grenade comme ça. Vraiment, à bout portant, en tire droit. Ce jeune homme,
la
mâchoire fracassée, il n'a plus de dents. Et ça s'ajoute quand même à une série d'autres violences policières. Parce que moi, je les ai apportées avec vous, histoire d'en parler un petit peu.
On
a eu, effectivement, le cas dont vous avez parlé, celui-là.
On
voit des enfants qui se font étrangler par l'intervention policière dans leur établissement. Vous avez cette jeune femme. Également, pour prendre des exemples, vous avez des jeunes qui se font recouvrir de gaz lacrymogènes quand ils sont assis à l'intérieur de leur cours. Vous avez qui se font mettre sur le sol plaqué le genou sur le cou. Enfin, on a un niveau de violence
qui
me paraît stupéfiant. Et ça doit concerner tout le monde. Les parents d'élèves, évidemment, les agents aussi de police. Enfin, elles et eux aussi ont des enfants.
D
'ailleurs, il
y a
des enjeux où ça se passe très bien. Et il faut des sanctions exemplaires contre tous les agents qui exercent une violence telle sur des gamins.
La
violence est condamnable. Toutes les violences sont condamnables. Mais il ne faut pas les attiser, monsieur. Quand j'entends le maire de Saint-Denis dire qu'effectivement, il y a des violences légitimes et qu'on voit après ce gamin donner un coup de pied à des policiers, il agite la violence. Quand vous dites que la police tue en permanence, que vous stigmatisez, comme vous venez de le faire, la police, vous cassez le respect naturel que tout citoyen doit avoir envers la police qui est détentrice de l'autorité de l'État. Je veux dire, vous créez un climat susceptible de créer la violence. Et après, vous avez des gamins, et je le regrette, je pense qu
'on
peut tous le regretter ici, qui se font attaquer et blesser. On a la chance d'être dans un pays où la police est contrôlée. Probablement la plus contrôlée d'Europe. Et quand il y a des vidéos, à chaque fois il y
a
eu une enquête. Et quand les policiers se sont mal comportés, ils sont démis de leurs fonctions, ou il y a des sanctions. Quand ils se sont bien comportés, ils sont relaxés. Mais dire en permanence, la police c'est le mal, la violence est légitime, vous créez un climat où tabasser un policier, insulter un policier, lancer un caillou à un policier devient légitime. Pas du tout. Vous soutenez le mouvement lycéen. C'est votre droit. Oui, merci. Non,
non,
mais, et je peux comprendre les raisons, parce qu'il y a des vrais problèmes. Sauf que, quand on voit ces images, on n'entend plus les vrais problèmes. On voit juste des problèmes de maintien de l'ordre et de chaos dans les rues. Or, il y a des classes qui
sont... Un enfant défiguré, c'est un
vrai problème.
Qui sont pas... Je l'ai dit. Mais on verra bien après ce qui s'est passé. Qu'il n
'y ait
pas assez de profs dans les lycées, que le niveau dégringole, qu'il n'y ait pas de filière à la suite, ça c'est des problèmes à traiter. Mais en encourageant la violence, vous rendez le mouvement impopulaire et vous en faites un mouvement violent. C'est dommage pour les jeunes. Vous laisse répondre,
et c'est dommage pour la République.
Non, mais personne n'encourage aucune forme de violence. Je suis au contraire ici en train de la condamner. D'accord ? Ce à quoi on assiste, là, on est à 440 interpellations aujourd'hui. Vous avez des parents qui savent pas où sont leurs enfants. Et vous avez, je le répète, ce sont des enfants qui se font rouer de coups. Est-ce qu
'on
peut accepter, dans un pays démocratique, que des gamins se fassent rouer de coups dans
l
'établissement scolaire ? Moi, je ne l'accepte pas. Et ce n'est pas vrai. Il ne
faut
pas faire une symétrie entre les deux. Vous avez d'un côté des adultes professionnels et de l'autre des gamins. La responsabilité, elle n'est pas équivalente. Lorsqu'on frappe un gamin, lorsqu'on le tabasse à
terre,
on
est responsable. Je parle de votre responsabilité. Il
n
'y
a jamais aucune justification à tabasser un enfant, monsieur Jacobelli.
D'accord. Alors, est-ce qu'on peut dire, est-ce que vous pouvez lancer aujourd'hui un message ? Vos manifestations sont légitimes, ce que vous demandez est légitime, mais je vous demande de respecter le matériel, je vous demande de respecter la police. Est-ce que cette phrase, vous pourriez la prononcer ? C'est ce
qui se passe.
Contrairement au maire de Saint-Denis, apparemment.
Ce qui
se passait, par exemple, ce matin, j'étais au lycée Éluard à l'ouverture. Tout se passait très bien. Les enfants étaient réunis. Les ados, avant tout, c'était des lycéennes et des lycéens. Ils avaient une assemblée générale. Ils faisaient le point sur tous les problèmes qu'ils avaient, les raisons pour lesquelles ils se mobilisaient. Pas d'AESH, pas de profs. Une centaine d'heures par an ne sont pas remplacées. Des profs qui partent en congé maths, et du coup, ils perdent six mois de cours de biologie ou de mathématiques. Parcours sub derrière, qui fait qu
'ils
n'ont pas d'accès à l'université derrière. Bon, enfin, c'est un désastre absolu. Même ce bahut, je vais vous dire, Paul-Éluard, il
y a
des profs qui viennent nous dire, il y
a
des coupures de courant
dans
l'établissement. On va entendre
les discerneurs, mais il
y
a
une personne responsable des blocages, c'est le ministre. Vous parlez des responsabilités. La violence peut être légitime, dit M. le maire de Saint
-Denis. Mais il faut l'éviter dans tous les cas.
Oui, absolument. Il faut l'éviter. La violence peut être légitime. En fonction de quoi
?
Si jamais, par exemple, quelqu'un vient vous frapper, vous vous défendez.
C'est ça qu'a dit le
maire de Saint-Denis. C'est tout. Il a dit
que lorsque quelqu'un
se fait frapper et se défend, ce n
'est
pas bien. Il ne
faut pas violence. Il y a trois sujets.
Merci, Darius. Il y a trois sujets. Un, la loi ne
dit
pas exactement ça sur la question de la légitime défense. C'est pourquoi il y a toujours des débats, notamment quand les personnes sont cambriolées, se défendent,
etc.
Je referme cette parenthèse. Deux sujets. Un, Valérie Pécresse, pardonnez-moi l'expression, je trouve qu'elle est couillue d'envoyer la facture au maire de Saint-Denis. Effectivement, le matin, ça se passait bien. Le maire de Saint-Denis, qui est une figure...
On va mettre en sous-titre, vous allez voir, Valérie Pécresse, deux points.
Marlène Schiappa, elle est couillue.
Absolument, parce qu'en fait, elle, je suis conseillère régionale d
'Ile
-de-France, par ailleurs, élu de Paris, et c'est vrai qu'au conseil régional d'Ile-de-France, Valérie Pécresse fait en sorte que les lycées soient financées. Vous disiez qu'à Paul-Éluard, il y a peu de moyens, c'est probablement vrai, et il faut probablement y répondre. 100 000 euros pour le portail, 100 000 euros de dégradation, aujourd'hui, qui est-ce qui va payer ? Donc si ce ne sont pas les contribuables qui payent, dans ces cas-là, on adresse la facture au maire, qui a estimé que c'était légitime de détruire le portail. Et encore une fois,
et
ça, comme l'a dit Gabriel Attal très justement, ces images-là, elles viennent complètement annuler les revendications, sans doute parfaitement légitimes. Maintenant, sur la police...
Alors laissez-le répondre, vous
lui demandez de payer. Attendez, vous demandez à Adrien Clouet de payer 100 000 euros. Moi, je ne peux rien, par
ailleurs, soit très clair sur ce plateau. Alors
laissez-le répondre, laissez-le
répondre sur ce point-là.
Juste sur la police, parce que ça me semble très
important. Mais laissez-le juste répondre
là-dessus,
puis on continue. Très bien, vous ne voulez
pas
se
passer de la police. Si jamais il y a une mobilisation aujourd'hui, c'est parce que des responsables politiques, je pense au ministre de l'Éducation nationale d'abord, puis à Mme Pécresse à la tête de la région Île-de-France, ont sous-investi dans ces établissements. Un bahut
comme celui d
'Éluard qu'on a là... Attendez,
les toilettes
ne fonctionnent pas. Franchement, on est en 2026, les toilettes ne marchent pas. Il y avait des enfants ce matin qui montrent,
ils ont des attelles, ils ont des attelles, ils ne
peuvent pas monter au troisième étage pour
avoir
des cours.
Donc on
augmente le déficit
de l'établissement. Qui
sont les responsables d'établissement ? Ce sont les lycéennes lycéens ? Ce sont leurs parents ? Non. Ce sont leurs responsables politiques. Donc M. Geffray, le ministre de l'Éducation nationale, pour ceux qui ne le connaissent pas, c'est-à
-dire
à peu près tout le monde, M. Geffray est l'homme qui est responsable de tous les blocages qui existent aujourd'hui. Sur la police, parce que ça me semble fondamental, moi j'ai été pendant trois ans ministre déléguée auprès du ministère de
l
'Intérieur, et j'ai vu de l'intérieur les souffrances de la police. Donc effectivement, quand il y a des actes commis par la police qui ne doivent pas être commis, l'IGPN donne des sanctions absolument drastiques. La police,
c
'est... Non, c'est vrai, je suis désolée. La
police,
c'est
un des
métiers les plus contrôlés. Et c'est l'un des métiers les plus formés, les plus contrôlés, les plus sanctionnés. Et je vais vous dire, moi j'ai eu le cœur brisé d'écouter des policiers qui me disaient qu'ils interdisaient à leurs enfants à l'école de donner la profession des parents pour pas que les enfants se fassent tabasser. Des policiers qui ont un taux de suicide absolument épouvantable parce que tous les jours, quand vous allumez la télé et on vous explique que vous êtes violents, que vous êtes des meurtriers, qu'on dit que la police tue, la police ne tue pas, la police défend, la police protège.
Et je pense qu'on doit soutenir les policières et les policiers qui dans leur immense majorité mènent un travail absolument remarquable pour maintenir l'ordre dans des conditions difficiles et y compris au péril de leur propre vie. Il y a des policiers qui sont tués dans l'exercice de leurs fonctions. C'est une particularité de ce métier qu'aucun de nous autour de cette table n'a affronté et n'a à vivre.
Je suis d'accord avec ce que dit Madame Schiappa. Il y
a
quelques semaines, les policiers ont eux-mêmes défilé parce qu'ils n'arrivaient plus à joindre les deux bouts alors qu'ils ont un métier extrêmement difficile. Ce qui veut bien dire qu'aujourd'hui, le problème social est généralisé en France. C'est-à
-dire
qu'on peut travailler sans gagner sa vie et donc ça commence à poser un sérieux problème. Et moi, je suis choqué par ceux qui ont la fibre sociale à géométrie variable. C'est-à-dire qu'elles s'appliquent aux étudiants et aux lycéens mais pas aux policiers. Comme si la police était l'ennemi. Je pense qu'il faut arrêter de diviser, arrêter d'encourager la violence.
C
'est nuisible pour tout le monde. Une fois encore, attiser les braises. On a vu M. Boyard faire le tour des lycées. On a bien vu qu'il y avait derrière une volonté d'agitation, de chaos. Je pense que notre société, elle a besoin aujourd'hui de mesures concrètes. Oui, il faut changer les priorités budgétaires. Le régalien, et j'y incule, l'éducation, c'est prioritaire. Il y a d'autres choses sur lesquelles on doit faire des économies comme le millefeuille territorial. Mais la violence n'arrivera à rien. C'est les élections qui changeront les choses parce qu'on a subi, là pour le coup, je ne suis pas d'accord avec M. Chiappa, 10 ans de macronisme. 10 ans de macronisme. Et ça a mis la France
à
genoux. Écoutez, s'il vous plaît, les lycéens eux-mêmes, certains d'entre eux en tout cas, qui font état de pourquoi ils sont dans cet état de colère.
Le ministère de l'Éducation, il ferait pour nous. Il met des règles, ils sont inutiles. Tous les lycéens ici, vous diront qu
'on
manque de moyens. Dans un deuxième temps, je pense qu'il
y a
un manque d'écoute. Aucun, aucun politique n'est prêt de nos jours à venir nous voir,
à
venir nous écouter et comprendre les besoins qu'on a. Ici, on est combien ? 32, 33 par classe. Pour des classes qui peuvent en accueillir combien ?
25.
Il faut qu'on choque l'État pour qu
'on
puisse se fasse entendre. Parce que si on ne choque pas, on ne sera jamais à entendre. Il y a des discours politiques qui sont prémâchés. Cela dit, si on jugeait l'état d'une démocratie par l'état des toilettes dans les établissements scolaires, on serait très, très, très, très en bas des classements mondiaux. C'est un scandale, la façon dont les élèves parfois travaillent. L'éducation nationale est un des budgets les plus importants. Et Dieu sait si ça pèse lourd. Il y a beaucoup d'argent. Une fois de plus, il vaudrait une réforme considérable pour revoir l'éducation
nationale,
du sol au plafond, l'organisation. Il y a énormément d'argent qui se perd et qui n'arrive pas ni aux profs, ni à l'état des établissements scolaires, que ce soit les collectivités locales qui en assument le prix ou l'État directement.
Soyons honnêtes, cela dit, s'ils ne faisaient pas, évidemment, je n'encourage pas les violences, je ne les justifie pas, mais s'il n'y avait pas un mouvement un peu visible, on ne parlerait pas de la situation de ces lycées, qui visiblement est très compliquée.
Oui,
mais
cela dit, encore une fois, on peut comprendre l'état de nervosité au-delà. Encore une fois, je parlais d'ébullition des jeunes. Mais la violence, non. Voilà, la violence, non.
Est
-ce
que c'est un
symptôme d'un pays qui n'a plus d'argent ? En réalité, on va reparler plus tard de
la
situation économique, c'est la dèche. C'est la dèche économique qui fait qu'on voit des lycées où effectivement il y a des rats, où il y a des lycéens qui, c'est ce que disait M. Bagayoko, et je crois que c'est
partagé de tous les partis. Mais il y en a à New
York aussi.
Oui, d'accord, mais dans les écoles... Il y
en a
aussi à Paris 16e, des rats, mais en attendant, il y a des gens qui
payent l'ISF à côté.
D'ailleurs, il
y
a
un problème d'un pays qui n'a plus de cap, qui n'a plus de stratégie, qui n'a plus de volonté. Une fois encore, l'argent, on en a, on en a beaucoup. L'État dépense énormément. Je l'ai dit, nous sommes un des pays les plus fiscalisés, les plus endettés. L'argent existe, il est mal dépensé. Il n'y
a
pas le courage de prendre des décisions. Oui, il faut revoir l'éducation nationale du sol au plafond. Il faut réapprendre les fondamentaux. Il faut que ce qu'on apprend à l'école soit réutilisable après professionnellement. On a aujourd'hui des filières complètement décalées. Il faut revaloriser les métiers dits manuels ou techniques par rapport aux métiers universitaires, parce qu'on en a besoin et parce que c'est tout aussi noble. Il y a beaucoup de choses à faire. Donc les signaux, on les a. Je veux
dire,
on voit tous les classements qui concernent le niveau scolaire de nos jeunes. On voit tous l'inadéquation aujourd'hui d'un certain nombre de facultés avec le marché du travail. On voit tous qu'en France, le premier travail stable d'un jeune, c'est à 27 ans, alors que c'est 23 ans en Allemagne. Donc les signaux rouges, ils sont partout. Simplement, on a depuis 10 ans des gens qui ne veulent pas agir, qui ne veulent pas réformer, qui disent qu'on verra bien demain,
on
laissera faire les successeurs. Et effectivement, on en arrive à des situations bloquées.
Moi d'abord, je veux dire à nouveau bravo et toute mon admiration pour les lycéennes et les lycéens qui se mobilisent, parce qu'effectivement, s'ils n'étaient pas aujourd'hui en train d'opérer ce mouvement social, personne n'en parlerait. Et vous auriez un ministre qui vous dirait la rentrée scolaire se passe très bien, alors que vous avez de l'eau qui tombe à travers les toits des AGECO, vous n
'avez
pas les AESH pour les enfants en situation de handicap, vous n
'avez
pas les profs, etc. Donc, heureusement qu'ils sont là, heureusement. Et il faut arrêter avec le discours de la manipulation généralisée. Enfin, pardon, mais...
Non,
non, mais... Non, non, franchement, c'est vraiment un manque de respect que je trouve d'une violence absolument insoutenable. On a des enfants qui ont des cours d'EMC, quand même, des cours d'éducation civique, pendant toute l'année. Et la conclusion de ces cours, c'est de se dire qu'on n
'est
pas traité correctement, on n
'est
pas traité à égalité avec ce qu'il
y a
dans d'autres établissements scolaires. Et donc, en fait, c
'est
la conséquence logique de l'expression citoyenne que de se mobiliser lorsqu'il...
Il peut y avoir un peu des deux.
Il peut y avoir de la sincérité, mais aussi une forme de récupération.
On
vous a vu en ring d'oignons avec nos écharpes, tous les députés de la France.
Ah oui, pour les élus, ils viennent
dire « Allez-y,
on s'est chauffé,
etc.
»
Non, mais attendez, pourquoi on y va ? Parce que lorsqu'on est là, il n
'y
a pas de violence policière. Parce que lorsqu'on est là, il n
'y a
pas de tir de gaz lacrymo sur les jeunes et que du coup,
il est sur
une...
Si, si, si, c'est exactement ce qui s'est passé. Il n'a pas joué le rôle de la paiseur. Bien sûr qu'on a joué
le
rôle de la paiseur.
D'ailleurs, toutes les interpellations qui ont eu lieu, elles ont eu
lieu
à chaque fois en marge, toujours à 15-20 mètres de l'établissement, parce qu'on était là et que, oui, la police n
'est
pas venue effectivement opérer des formes de violence sur ces jeunes lorsqu'on était présents. Donc,
je le redis, et c'est la raison pour laquelle on est là. Vous
avez vu
cette vidéo
du policier qui fait un concours
de
pompe avec un lycéen.
On peut faire trois minutes de
ce qui est mignon et positif aussi dans notre pays et qui donne un peu d'espoir.
Le
lien police
-population, c'est quelque chose qui existe. Ça ne va
pas réparer le gamin. Ça ne
va
pas réparer le
gamin qui s'est fait décidurer
par un tir
policier. En soi,
évidemment,
c
'est deux sujets différents. Là, ce que vous faites en termes de rhétorique, c'est un petit peu malhonnête, si je peux me permettre. Mais ça donne un petit peu d'espoir. Le lien police-population, il existe. Et des policiers qui viennent rigoler, des policiers qui ont été applaudis lors de la visite du pape, il n
'y a
pas deux jours sur les Champs-Elysées. Et des policiers
qui se disent « Eh bien, écoutez, on comprend.
Vous êtes des jeunes, vous êtes en colère. » On comprend.
Qu'est-ce que vous en tirez ? Qu'est-ce que font des policiers qui se mobilisent ? Qu
'est
-ce
que vous en tirez, Laurent Jacobéli ? Faites la comparaison avec la visite du pape.
Oui, un moment de paix, un moment de cohésion, un moment
d'espoir, un moment de
sourire, un moment où les policiers ont été applaudis. Et là, on voit, à l'inverse, des images de violence. Et il y a aussi des policiers qui se sont fait malmener. Excusez-moi, peut-être que la différence, c'est que pour accueillir le pape, il n'y avait pas la France insoumise.
Mais c'est intéressant que vous disiez ça parce que je me suis fait la réflexion. Finalement, quand on a vu les trois journées, quatre journées du pape en France et dit « Voilà, la France réconciliée. » Mais non, en fait, c'est une France assez irréelle qui a, pendant quatre jours, a suspendu. Si, a suspendu, le temps s'est suspendu. Et puis immédiatement après, sans accuser qui que ce soit, je ne dis pas qui a fait quoi, mais immédiatement après, les manifestations, les violences, un sentiment de frustration considérable, du ressentiment. Et finalement, le mal français qui revient à la surface tout de suite.
Donc, le moment, beaucoup en communier, pardon, communier, au sens propre, ou figuré, pendant cette vacance, ce jour du pape, pardon. Et puis, ça s'est évanoui très vite. La concorde, l'esprit de concorde,
s
'est évanoui très vite parce que la réalité française, elle est en fait extrêmement éloignée de ce qui s'est passé.
Quelles sont vos réactions à ce qu'on va voir maintenant ? C'est-à-dire, le site Mediapart accusant Jordan Bardella d'avoir tenu par écrit des échanges, y compris de nature antisémique, entre 2013 et 2015, et les suites de ce qu'on apprenait hier, vous l'avez là sous les yeux, c'est la réunion des députés du Rassemblement national à l'Assemblée nationale. Vous étiez, Laurent Gatobéli, vous étiez là-bas. Vous allez pouvoir en dire quelque chose. Jordan Bardella qui conteste absolument ces allégations et vous allez entendre qu'il parle d'une tentative d'assassinat politique mais aussi de guerre totale.
Là
encore, on entendra les deux ou peut-être davantage de points de vue à ce sujet.
Que
l'on soit extrêmement clair, nous allons nous battre. Je vais me battre sur le terrain judiciaire. Il est évident que, parce que j'ai un peu d'expérience, que nous sommes confrontés à un feuilleton. Ce média est un journal d'extrême gauche composé de fanatiques
qui
useront de tous les moyens, y compris les plus déloyaux, pour nous empêcher de gagner l'élection présidentielle. Ils sont dans une guerre qui est une guerre totale. J'ajoute, parce que je vois depuis plusieurs heures, non pas seulement une tentative d'assassinat politique parce que, en fait, l
'objectif,
c'est de tuer ma carrière politique. Laurent Gatobéli, explication et on entendra les réactions, évidemment, de vos adversaires.
Non, mais Jordan Bardella clame son innocence, je le connais. Je sais qu'il est sincère. Je crois qu'il a été en pointe dans la lutte contre l'antisémitisme en France, lorsqu'il a fallu défiler après le programme du 7 octobre, lorsqu'il faut dénoncer ceux qui, à l'Assemblée nationale, ont des propos qui flirtent avec l'antisémitisme. Il est allé en Israël à un congrès pour réfléchir à la lutte contre l'antisémitisme. Moi,
je
crois à la sincérité de son combat et entre des racontards qui ont un biais idéologique évident, qui veulent casser le débat dans la campagne électorale et la vérité des actes d'un homme, je crois à la vérité des actes d'un homme. Adrien
Cloué.
Moi,
j'ai d'abord
une pensée, évidemment, pour nos compatriotes juives et juives qui redécouvrent peut-être ce soir
que
sous la stratégie de la cravate, oui, il y a effectivement des crapules antisémites et nazis dans les rangs du Front National. Et M. Bardella, on le commente depuis hier, mais enfin, il est l'écume finalement au haut de la vague. Parce que, par exemple, à côté de vous, M. Jacobelli, siège Mme Parmentier, Mme Parmentier, députée FN, qui écrit des textes à la gloire du maréchal Pétain,
qui
a organisé l'occupation nazie en France.
À
côté de vous, siège M. Boccaletti, qui a tenu une librairie où on vendait des ouvrages négationnistes.
Et
je ne vais même pas aller sur l'ensemble des candidatures que vous présentez à chaque élection. Ludivine Daoudi dans le Calvados, cette dame qui pose avec une casquette nazie avec une croix gammée. On pourra en parler également. Agnès Pajar, à la mairie de Paris, pardon, dans Paris aux législatives, qui fait campagne pour abroger la loi Guesso, c'est-à-dire qui prohibe le négationnisme et le révisionnisme. Sophie Dumont en Côte d'Or qui parle de financement juif de certains partis politiques. Iris Biondo dans les Alpes-Maritimes qui tient des propos sur les juifs, je cite, « nuisibles et tout-puissants ». Enfin, au
bout d
'un
moment,
ce ne
sont
pas des brebis galeuses que vous avez, c'est le troupeau entier. Et là, ce qu
'on
voit ce soir,
c
'est que visiblement, la chaîne berger est rattrapée par la patrouille.
Qui a dit qu'en France,
il
y avait un antisémitisme résiduel ? M. Jean-Luc Mélenchon. Mme Rima Hassan, elle fait partie de quel groupe politique ? Le vôtre. La caricature avec un four présenté par M. Delogu sur les réseaux sociaux, c'est chez vous. Ils sont députés, ces gens. Il y
a
une différence entre vous et nous. Vous savez, des antisémites,
il
y
en
a partout. C'est horrible, mais c'est un fait. Et puis, il y a ceux qui les chassent de leur mouvement, comme nous. Il y a ceux qui en
font des
députés. Il
y a ceux qui en font
des députés, M. Mélenchon, qui fait des blagues vaseuses sur des hommes ou des femmes politiques qui ont des noms à connotation. Connotation,
ce
n
'est
pas le mot que je cherche, mais ce n
'est
pas grave. A
consonance.
A consonance, merci. Juive, c'est chez vous. Vous en avez fait un attrape tout électoral de l'antisémitisme au moment où nous, on le combat. Je n'ai pas de leçons à recevoir de vous. Et vous partez du principe que Jordan Bardella est coupable, que Mediapart a raison. Mais c'est étrange, puisque vous avez d'un côté un homme qui clame son innocence, qui d'ailleurs montre bien que c'est un coup fourré politique, et en face des gens dont, je suis désolé de le rappeler, le CV devrait les mettre à l'abri de toute leçon de lutte contre l'antisémitisme et Louis Plenel en tête. Donc, une fois encore, qui
a
créé votre parti,
une
fois encore, prenez vos distances, monsieur. Qui a créé votre parti,
monsieur
Jacobi. Non, mais l'antisémitisme actuel, c'est vous. Moi, je veux bien qu
'on
parle du passé. Vous êtes aujourd'hui le parti officiellement
anticédié.
Qui a créé votre parti politique. des résistants, des gens de partout.
Monsieur
Bousquet, un résistant ? Il y avait aussi
des résistants. Il
y avait de tout, monsieur. Non, mais vous êtes au courant que les résistants, ce n'étaient pas les nazis.
Vous avez manqué
ce
moment-là dans l'histoire.
Non,
non,
le successeur de Jean Moulin a co-créé le Rassemblement
National. Oui, bien sûr. Jean-Marie Lecaine et
Bousquet. Étudiez vos cas, mais surtout, regardez bien qui milite chez vous, monsieur, regardez bien. Écoutez bien, sous couvert de défendre la Palestine, les discours antisémites de certains de vos députés.
Alors,
je vais tout de suite donner la parole, c'est juré, promis,
croix
de bois, croix de rire, mais nous allons marquer une courte interruption et évidemment, vous interviendrez et on verra aussi comment parle Marine Le Pen elle-même, puisque, il
faut
rappeler, ce que vous présentez depuis le début, c'est une sorte de ticket présidente et premier ministre. Comment cela évolue dans ces circonstances ? A tout de suite. Bonsoir. Les suites des accusations qu'autre jour dans le Bardella et sa réponse et celle de Marine Le Pen, on va l'entendre dans un très court instant avec Marlène Schiappa, avec Adrien Clouet, avec Elisabeth Martichoux, avec Laurent Jacobelli. Écoutez, Marine Le Pen parlons d'une manipulation et contestant les accusations de Mediapart.
On
ne
va
pas se laisser faire. Nous n'allons pas nous laisser faire.
Nous
allons contre-attaquer et saisir, bien entendu, la justice, mais nous allons démonter cette manipulation et nous saurons qui est derrière cette manipulation. Donc, du coup, d'un mal, le mal qui est fait à l'honneur et à la considération de Jordan qui assume cette attaque avec beaucoup de calme et beaucoup de dignité.
La
justice tranchera en l'état, personne ne peut aller vraiment beaucoup loin, la justice tranchera le cas échéant, mais votre réaction politique sur les effets politiques de ce qu
'on
vient d'entendre
?
Plusieurs choses. D'abord, en France, il y
a
un grand principe à mes yeux, c'est que la presse est libre. Moi, j'ai été attaquée Dieu sait combien de fois, y compris par Mediapart, y compris avec des choses qui étaient fausses. Je n'ai jamais attaqué la presse, sauf quand ça concernait mes enfants, parce que j'ai considéré que la presse était libre, y compris de se tromper. C'est la première chose. Quand on entend exercer le pouvoir, je pense que c'est fondamental de respecter ce droit, y compris ce droit à l'erreur de la presse. C'est la première chose. La deuxième chose, c'est que je pense que très sincèrement, le problème du programme du Rassemblement national, ce n
'est
pas les tweets que Jordan Bardella a fait quand il avait 17 ans. Et je pense que ce n
'est
pas faire du bien au débat, y compris pour ceux qui veulent contrer, combattre le Rassemblement national, que d'amener le débat aussi bas que de savoir est-ce que Jordan a 17 ans oui ou non à publier ses tweets. Ils sont antisémites,
ils
sont graves, ils sont grossiers et orduriers, ces textes. Nous sommes tous d'accord pour le dire, y compris au Rassemblement national, semble-t-il. Donc maintenant, nous avons tous condamné cela. Peut-être peut-on laisser un peu de répit à nos compatriotes juifs qui en ont peut-être marre d'être la variable d'ajustement de tous les débats et de ressusciter la haine antisémite historique, hélas, dans notre pays et qui existe en profondeur. Et peut-être peut-on parler des vrais problèmes. Moi, ce qui me dérange beaucoup plus, c'est que Jordan Bardella, conseiller régional, ait quitté l'hémicycle quand Valérie Pécresse a mis au vote le fait de baptiser l'hémicycle Simone Veil et qu
'il
soit sorti pour ne pas avoir à voter. Moi, j'aimerais l'entendre là-dessus. Ça, ça me dérange davantage que de savoir si oui ou non à 17 ans, il a posté tel ou tel tweet qu
'on
lui attribue parce qu
'on
n'aura jamais le fin de mot de
l
'histoire.
Et
je vais vous dire, il n'y a pas un électeur.
Vous
voulez dire que ça restera en suspens, version contre version
? Bien sûr, Mediapart va dire voilà, il lui va dire non et en fait, on n'a pas moyen de les déterminer. C'est intéressant.
Vous pensez que
Mediapart ne sera pas en mesure d'apporter des preuves irréfutables qui condamnent
et qui
confondent ? Bardella. Je n'en sais rien.
Je leur souhaite que oui, mais
quelle serait une preuve irréfutable ? Aujourd'hui, on peut faire des deepfakes, avec des captures d'écran à moins d'avoir le téléphone, d'avoir un film, encore que. Donc je pense qu'on va rester dans cette chose. Mais ce qui est important pour moi, c'est les Français. Et je vais vous dire, dans un déplacement, dans l'Aveyron ou dans la Sarthe, je crois qu'il
n
'y
a
pas un Français électeur RN qui va dire ah, j'ai changé d'avis puisqu'il
y
a cette polémique sur les tweets, je vais changer d'avis. Et nous, on va dire mais non, regardez, peut-être que c'est vrai. Et il
n
'y a pas un électeur inversement qui va dire ben moi, du coup, je vais voter RN. Donc parlons peut-être des sujets qui concernent les Français. Peut-on peut-être parler des idées dans cette campagne ? Enfin, Edouard Philippe a fait des propositions pour
les répéter.
On reviendra à ça, mais j'aimerais quand même votre réaction sur ce que dit Marine Le Pen quand elle dit on verra d'où vient le coup, je la cite à peu près. Mais enfin, c'est cette idée qu'il y a eu une vengeance, c'est ce que disait aussi Jean-Philippe Tanguy à Mélique Arouère ce matin, qu'il
y a
eu un acte vengeur venant de quelque part. Ça veut dire quoi ?
Vengeur, je ne sais pas. Peut-être, c'est une hypothèse ou simplement quelqu'un qui espère casser une dynamique de campagne. Vous voyez, ce soir on en parle et c'est votre invitation, c'est un sujet qui fait de
l
'actualité. Si je rejoins Marine Chappard, je pense que les Français aimeraient qu
'on
débattre d'autres choses. Mais on en parle, personne ne parle ce soir de l'arrivée d'un groupe au Sénat de 15 sénateurs du Rassemblement National, ce qui veut dire qu'il y a des centaines, peut-être même plus d'un millier de grands électeurs, c'est-à-dire de maires, de conseillers municipaux non-RN, de LR, de diverses droites qui ont voté pour nous. Et c'est historique.
–
Encore, attendez,
avec votre roi de réponse, on va des élus RN
sur tous les places de
ce
matin.
– Je me permets de terminer. – Pardon, je vous pose la question à vous et à vous, ça veut dire que pour vous, cette affaire,
quoi qu'il en soit, que ce soit vrai, faux, quoi qu'il en soit, il n'en restera pas grand-chose si je vous entends.
– C'est de la manip. Les Français veulent un vrai débat et qui croient honnêtement que Mediapart est un journal
neutre.
–
Adrien Clouet. – Oui, je pense que le rapport
à
l'extrême droite et au nazisme comme forme particulière, c'est un vrai débat politique.
La
place qu'on accorde et le rapport qu'on a à la forme la plus radicale du racisme biologique au XXe siècle en Europe, c'est un sujet politique qui concerne des citoyennes et des citoyens. On le voit d'ailleurs en Allemagne avec les succès électoraux d'un parti néo-nazi qui désormais est revenu d'ailleurs dans les bonnes grâces du Rassemblement national. C
'est
marrant parce qu'apparemment ils ne
font
pas les tweets de liens nazis mais ils félicitent leurs homologues néo-nazis dès qu'on franchit
le Rhin. – C'est totalement faux d
'ailleurs même sur
cette chaîne. – Dès qu'on franchit le Rhin. – Je
suis mis à dire l'inverse de ce que vous voulez dire. –
Oui, et
Jean-Philippe Tanguy
a dit qu'il ne fallait pas les
diaboliser.
–
Sur ce point, Adrien Clouet, c'est vrai que le RN n
'a
pas félicité, je crois, le
AFD.
– Jean-Philippe Tanguy a dit
qu'il ne fallait pas diaboliser l'AFD. – Non, non, vous sortez une semaine après
leur rédition. – Tout le monde ira
voir l'extrait. – Moi aussi.
– Alors, vous
dites, « Tony » n'est pas soupçonnable de cela et « tout le monde ira voir l'extrait
». Vous avez sorti une phrase, il
a dit l'inverse en fait. Mais documentez-vous parce que ça
ne
tient pas à votre truc. Oui, mais il a dit un truc
avant, il a dit un truc après. – Une règle
simple, c
'est
que
je
finis ma phrase et vous avez une suivante. C'est une manière généralement convenable qui
permet ce qu'on appelle l'échange communément à forcerie lorsqu'on parle à même.
– Vous dites des bêtises.
– Il
avait aussi dit qu'il était sorti terrorisé
de rencontre avec des membres
de l'AFD. J'apporte ça aussi. –
Oui,
visiblement, il s'en est bien remis puisque le jour même des élections où l'AFD est arrivé en tête en sacs annalte,
eh
bien,
le
jour même, Jean-Philippe Tanguy a dit qu'il ne fallait
pas – Est-ce que vous pensez que c'est intéressant que
ça va nuire électoriellement au rassemblement de
l'AfD ? – Je ne sais pas qui vous a écrit vos notes mais c'est faux. – Il
n
'y
a absolument rien sur le papier parce qu'on a eu le débat justement deux heures après qu'il l'a dit avec plusieurs de vos
collègues. – Votre adversaire c
'est le rassemblement national.
–
Complètement.
–
Jean-Luc Mélenchon
et la France Insoumise. – C'est une raison historique, éthique et morale.
– Est-ce que cette affaire qui peut être grave si elle est vraie, qui peut être très grave pour le journaliste si elle est fausse, est-ce que cette affaire pourrait nuire ou pas à la dynamique extraordinaire, irrésistible du rassemblement national pour le premier tour ? – D'abord, évidemment, je le souhaite. Je souhaite que le débat politique,
– Vous demandez votre
analyse. – Oui, mais je vous la donne. C'est-à-dire que je souhaite que le débat politique conduise évidemment à la diminution des voix du rassemblement national pour plusieurs
raisons. – Je suis d'accord avec Marlène Schiappa
qui dit non, ça ne fera pas bouger une voix.
–
Mais ça arrive à des gens très bien d'être d'accord avec moi, ce n
'est
pas très grave.
Mais ce que je peux vous dire, c'est qu'on
constate qu'il y a en tout cas un sinistre concours d'antisémitisme entre des élus LFI et des élus RN. Pardon, peut-être pas sur ce plateau ce soir, mais vous avez dans vos rangs des gens qui manient les propos et les invectives antisémites y compris graves et vous également au rassemblement national. –
Nous,
on
a cette espèce de
tenaille identitaire comme l'appelait Laurent Bouvet avec deux partis extrémistes qui font un concours d
'antisémitisme. – Attendez, mais je n'en ai – Je me fais des amis ce soir. – Madame Schiappa, – Je voudrais bien
finir
une
phrase.
– Qui
de la France insoumise a été condamné pour ça ? Pour antisémitisme ?
–
On entend les propos, vous savez.
– Non, mais attendez, c'est pas on entend et on invente et on hallucine. La question, c'est simple.
Qui a été condamné ? Parce que moi,
je
peux faire
je
peux faire une liste. On a quand
même démarré par le créateur de
votre parti. Jean-Marie Le Pen, pardon.
–
On l'a viré. – On l'a viré.
–
Mais vous n
'avez
pas viré Mélenchon. – Jean-Marie Le Pen, vous l'avez viré ?
– Vous n'avez pas viré
Rina Hassan
? – Attendez, il est où
Bardella ? Avec qui M. Bardella a démarré sa carrière politique ? Avec un de vos eurodéputés qui a vu des propos révisionnistes. Donc, M.
Bardella a conduit cette activité de bout en bout. Quant
aux différents…
Attendez, non mais, vous dites n'importe quoi. Qui à la France insoumise a été
condamné au même titre que, par exemple, chez vous Le Pen ou qu'une flopée de vos candidats de
l'Université ? – Alors, laissez-le répondre. – Donnez-moi un nom.
– Écoutez, je ne
sais
pas, Mme
Hassan… – Bah voilà, vous ne savez pas. Je crois que c'est qu'il est réglé.
– Mme Hassan n'a pas été inquiétée pour complicité de terrorisme ?
– Non. –
Ah si
? –
Elle n'a jamais été condamnée. – Bon, qui
se
réjouit de l'attentat du Hamas ?
– C'est marrant parce que vous avez besoin
de…
– Mais non, mais c'est terrifiant. – Moi j'aimerais dire, simplement, il
y a aujourd'hui
un
parti qui ne voit pas l'antisémitisme et c'est le parti du Président de la République qui a refusé d'aller marcher après le pogrom du 7 octobre pour ne pas créer de problèmes dans les banlieues. C'est un
acte lâche. –
La loi Yadon, elle
vient de faire une chérie qui se protége de la République. Il y a un parti
aujourd'hui qui ne parle que de race du matin au soir, qui met une cible dans le dos de nos compatriotes de confession juive, c'est la France insoumise. Et il y a un parti qui très clairement dit à nos compatriotes « Nous vous protégeons ». Moi je vois les faits. Alors les histoires, les machins qu'a vu machin, etc., il faut arrêter. – Les histoires ?
–
Mais je crois maintenant…
–
Nier la Shoah, vous dites les histoires ? – Non, je parle de vos histoires à vous, monsieur. Vous vous racontez n'importe quoi. – Jean-Marie Le Pen, n'importe quoi ?
–
Mais vous dites n'importe quoi. –
Vous
dites n'importe quoi. – Nous, monsieur, l'antisémitisme, je le répète, est un mal, est une gangrène qui atteint tous les partis politiques. Il y
a
un maire socialiste qui a été viré de son parti pour des propos antisémistes il y a quelques mois. Il y a les partis qui virent les antisémites et ceux qui les applaudissent, monsieur Clouet, c'est
les gens. – Pourquoi il n'y a que chez vous que des gens
posent des casquettes nazies à croix gammées
?
Non mais c'est une question simple. Pourquoi ça n'arrive que chez vous ? – Monsieur, arrêtez. Élevez le débat.
–
Mais
élevez le débat. – C'est très
simple.
Est-ce que c'est une
raison idéologique ? C'est une appétence personnelle ? Est-ce que ce sont des réseaux de gens qui se connaissent ? Pourquoi ?
– Pourquoi M. Mélenchon fait des blagues avec les noms à consonance juif ? Vous
lui
avez demandé ? – Mais M. Mélenchon ne fait pas des blagues
avec les noms à consonance juif. – Si, si,
il n'arrête pas d'ailleurs. Alors il n
'y a
pas besoin de porter une casquette, vous le savez, pour être un nazi. Il suffit de parler de race et de juif toute la journée. Donc allez voir M. Mélenchon.
– Alors avançons et laissons de côté les accusations en disant
hors de propos.
Je ne pense pas que vous traitez Jean-Luc Mélenchon de nazi.
–
Je
pense qu'il a des propos parfois qui peuvent encourager ce type de pensée.
–
Moi je ne parle que de condamnation en justice. Pour qu
'on
soit très clair, les cas auxquels je fais référence sont des cas de condamnation.
–
Mme Yann Brod-Pivet qui va faire un camp en Israël, c'est moyen.
Comme
blague.
– Arrêtons de renvoyer les... J'aimerais vous entendre sur les conséquences politiques. Quoi qu'on pense encore une fois, ceux de la justice s'y approcés jusqu'au bout tranchera dans cette affaire. Mais écoutez, Louis Alliot, il était notre invité, il est un pilier de votre parti. Oui ou non, le ticket Marine Le Pen, Jordan Barnela est-il à terme affecté par les conséquences de cela.
– Jordan,
il est dans la campagne présidentielle, il est annoncé comme Premier ministre, il n
'y a
aucune raison qu'il se retire. Mais pendant qu'on parle... – Il est toujours votre candidat, Premier ministre, assurément. – Bien sûr, mais pendant qu'on parle d'hypothétiques mails il y a 13 ans qui auraient été écrits par Bardella, il y a des manifs dans la rue, il y a des... – On en reparlera
aussi.
– Il
y a
des manifs dans le lycée, il y a M. Bakayoko qui fait le clown à la sortie des lycées. Il y a beaucoup de choses qui se passent dans le monde, il y a des guerres importantes, il y
a
un pouvoir d'achat qui... Mais ça, ça a l'air de ne pas passionner le monde médiatique en général, mais les Français, eux, tous les jours, c'est ce qu'ils vivent et c'est ce qui est important.
– Laurent Jacobelli, là-dessus, sur les conséquences, encore une fois, quelle que soit la véracité ou non, quelles que soient les conséquences politiques pour votre parti ?
– Nous
allons faire campagne, nous allons parler du fond, notre ticket est très clair, Marine Le Pen, présidente de la République, Jordan Bardella, Premier ministre, parce que nous sommes unis autour d'eux et comme le dit Louis Aliot, parlons des vrais problèmes. Les Français vont mal, la France va mal, il
y
a des élections présidentielles qui peuvent changer les choses, qui peuvent améliorer ou au contraire laisser en l'état, voire aggraver, et bien c'est ça le débat.
–
Moi je vous
en prie
Laurent Jacobelli